Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

14 avril 2018

"Un assassin de première classe" de Robin Stevens

Un assassin de première classe une enquête de Wells & Wong de Robin Stevens

wells et Wong enquête jeunesse

Résumé :

«Nous étions au milieu du wagon, trop loin de la porte pour partir en courant. Nous devions nous cacher, sinon ils nous surprendraient! Nous n’avions pas le choix. J’ai plongé sous la nappe et Daisy s’est enfoncée près de moi comme un lapin dans un terrier.»

Hazel et Daisy partent en vacances à bord de l’Orient-Express avec M. Wong. Une seule interdiction : jouer les détectives.
Alors qu’un espion se cache dans le train, une riche héritière est assassinée dans une cabine verrouillée de l’intérieur. Le club de détectives est obligé de reprendre du service! Attention, elles ne sont pas les seules sur l’affaire...

Mon avis :

Encore une enquête trépidante et passionnante des Miss Wells & Wong et dans l’Orient Express s’il vous plaît !
Sentez-vous, cet air suranné délicieux et chic qui plante une ambiance des plus exquises ? Même si pour ma plus grosse honte je dois reconnaître que je ne connais pas le roman d’Agatha Christie à qui ce livre se veut être un hommage. (Va falloir que je répare cela très vite.)

Pour en revenir au livre on retrouve ce qui fait le succès des histoires précédentes, deux jeunes filles téméraires, logiques, qui agissent en cachette des adultes pour résoudre les problèmes. Dans ce livre, nos deux jeunes filles n’ont quasiment pas changé, à part peut-être Miss Wong qui s’affirme un peu plus face à sa collègue détective, on retrouve aussi un personnage connu dans le précédent roman, mais pour le reste tout est nouveau. On découvre le père d’Hazel, les enquêtes ont lieu dans un endroit dépaysant et qui réserve bien des surprises, et pour couronner le tout l’ambiance mondiale se mêle à cette atmosphère pesante faisant de certain suspect des héros et d’autres non…

Des trois enquêtes, je dirais que cette-là est la plus passionnante. (Je sais je dis cela à chaque fois.) Grâce au décor déjà, l’Orient-Express ça fait rêver et c’est un autre temps, une autre ambiance, mais aussi parce que nos pauvres jeunes filles ne sont pas aidées, elles ont là encore plus qu’ailleurs des obstacles à franchir et ceci dans un lieu exigu où c’est difficile de fausser compagnie à des gens qui vous surveillent. Néanmoins elles recevront aussi de l’aide à moins que ça soit de la concurrence…

Bref ! Comme toujours je vais vous dire d’acheter ce livre pour vous ou vos enfants. Pour moi c'est toujours un régal et même de mieux en mieux.

Merci aux Éditions Flammarion jeunesse et en vente chez votre libraire. :)


06 avril 2018

"Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues" Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues. Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

le vrai visage du MA

Résumé :

Que la violence y ait régné sans partage, que les puissants y aient exercé une impitoyable domination sur les faibles, que la justice y ait été cruelle et expéditive, qu'une religion fanatique y ait régenté la vie des hommes, à peine tempérée par les superstitions les plus extravagantes, qu'on n'y ait eu que de très approximatives connaissances dans les domaines de la science, de la médecine ou de l'hygiène, qu'on y ait méprisé les femmes et méconnu tout ce qui était étranger aux frontières de l'Occident, pour la majorité d'entre nous, cela ne fait aucun doute : le Moyen Âge, interminable parenthèse entre les accomplissements de l'Antiquité et les merveilles de la Renaissance, est le point de référence obligé lorsqu'on veut dénigrer les temps obscurs auxquels nous avons échappé pour accéder enfin à la modernité. Autant d'idées reçues que les plus grands spécialistes français de la question contestent avec force.

Contributeurs : Dominique Barthélemy, Colette Beaune, Ziad Bou Akl, Alain Boureau, Boris Bove, Nicolas Carrier, Franck Collard, Philippe Contamine, Patrick Gautier Dalché, Danielle Jacquart, Philippe Josserand, Didier Kahn, Gabriel Martinez-Gros, Laurence Moulinier, Marilyn Nicoud, Jacques Paviot, Valérie Toureille, André Vauchez, Jacques Verger, Catherine Verna, Laurent Vissière et Nicolas Weill-Parot.

Mon avis :

J’ai mis du temps - étude oblige – mais je l’ai fini ! Et malgré le temps à le lire je peux dire que j’ai été ravie de lire ce livre. Un gros coup de cœur.

Loin du politiquement correct, de la réécriture comme des louanges, ce livre est une mine d’or d’information sur le Moyen Âge. Déjà pour les étudiants, pour ma part je trouve qu’il complète bien mes cours, ce qui est un peu logique car certains sont mes profs comme Monsieur Collard mais pour ceux qui ne sont pas mes profs ça marche aussi - et je regrette d’ailleurs que certains ne soient pas mes profs, ça aurait évité quelques catastrophes… Ensuite, il est aussi parfait pour le lecteur lambda qui veut se cultiver et sortir des clichés que l’on entend sans cesse sur l'époque médiévale habituellement vu que ce livre a pour mission de bousculer les idées reçues et qu'il temporise les ardeurs des discours.

Par ailleurs comme il est écrit par des vrais historiens ce bouquin est aussi une mine d’or sur ce qui fait le sel de ce métier, à savoir : la méthode, la vue d’ensemble, la relativisation, la déduction, la projection… Quand on lit ce livre on voit bien qu’être historien ne s’improvise pas, qu’il faut du temps et de la recherche et que ça va plus loin que répéter une liste de faits comme ça, sans réfléchir.
En effet, les faits s’analysent et comme le montre ce bouquin ça prend du temps pour les analyser et aussi les partager, d’où le fait qu’on peut franchement critiquer ces gens à la TV, à la radio, dans les journaux… qui tentent de donner des leçons d’histoire en 5 minutes et qui se veulent être exhaustifs en plus de ça - même s'ils ne sont pas tous ainsi faut bien l'admettre.
Ce genre de programme c’est très bien pour avoir une première approche, ouvrir sa curiosité, mais pour l’approfondissement et pour une bonne vue d’ensemble ça ne suffit pas, et ce livre le met particulièrement bien en lumière. Il montre vraiment que dans les discours souvent politiques (l’histoire est très politique) on fait usage de trop de raccourci et d’idée fausse qui suffisent hélas pour beaucoup de personne et de ce fait entretient les fausses légendes et facilite la déconstruction...
Outre la méthode, ce livre est aussi une bonne critique sur l’historiographie comme des discours sur l’histoire qui s’inscrivent dans un cadre politique.
Et moi, toutes ces qualités et connaissances me laissent rêveuse… J’aimerai être aussi douée que ça un jour. (Ce qui n’arrivera jamais.)

Enfin, le dernier atout de ce bouquin collectif, c’est la pluralité des thèmes abordés ; de la médecine à la ville, en passant par la femme, la science loin d'être irrationnelle contrairement à ce qu'on pense généralement, les seigneurs, l’hygiène, l’université (je ne digère toujours pas mon mauvais cours sur ce sujet), les traductions beaucoup du fait des chrétiens et des juifs dans le monde islamique, etc., etc. tout passe à la lumière de l’historien, et ceci pour le plus grand bonheur du lecteur qui veut apprendre et sortir des clichés ou compléter ses connaissances.
Le seul défaut qu’on pourrait éventuellement trouver à ce livre - et encore que pour moi ça n’est pas un défaut -, c’est la manière un peu enfantine d’aborder les pistes de réflexion sur cette période par le jeu des questions-réponses, mais personnellement je trouve que ce procédé a au moins le mérite d’être clair et de faciliter la lecture et je n’y vois rien à redire même si beaucoup ne trouveront pas cela sérieux.

En résumé, c'est un livre à lire, c'est un livre fabuleux, c'est un livre nécessaire que tout le monde doit lire. Vraiment j'insiste.

Extraits : (Difficile de choisir !)

"Parleriez-vous d'un sentiment national français au Moyen Âge ?

L'expression "sentiment national" ne se rencontre pas à l'époque. Si l'on considère que, pour qu'une idée existe, il faut qu'elle ait une expression linguistique, alors il faudrait conclure cette idée n'existe pas au Moyen Âge. Mais peut-on être aussi catégorique ? Je retiens un élément : le roi de France passe pour une incarnation de la France, indépendamment de ses qualités propres ; donc s'il est chassé, supplanté, la France elle-même est menacée dans sa survie. L'idée était admise et ancrée que le roi de France devait être un Français. Des textes produits au XIVème siècle dans l'entourage de Charles V le disent expressément, cela pour ruiner les prétentions des rois d'Angleterre, présentés comme des étrangers : "Nul de succède [à la couronne de France] qui est d'étrange pays." Christine de Pizan dit très nettement que les français ont la chance d'avoir toujours été gouvernés par des gens de chez-eux. Il y a donc bien une sorte d'identification entre le roi et ceux qui lui sont soumis dans les limites de sa souveraineté, de son ressort et de son hommage ; et d'un point de vue émotionnel, effectivement, la présence anglaise a été vécue comme une invasion suivie d'une occupation

La France existait donc bien au Moyen Âge...

Il ne paraît pas absurde, en effet, de parler de France et de Français dans les derniers siècles du Moyen Âge. C'ets dire que je suis loin de blâmer les historiens du XIXème siècle, de Michelet à Lavisse, qui ont comme on dit maintenant, crée et raconté le "roman national". Pour eux, ce n'était pas un roman, c'était un récit, composé de bonne foi. Ce n'était pas l'histoire d'un mythe, c'était l'histoire d'une réalité. Il se peut qu'ils aient surestimé tel élément et qu'ils aient volontiers retenu des textes ou des faits répondant ç leur attente et à celle de leur public, mais ils ne les ont pas inventés. Lorsque Jeanne d'Arc déclare dans sa fameuse lettre au roi d'Angleterre (mars-avril 1429) qu'elle veut le "bouter hors de toute France", il ne s'agit évidemment pas simplement de la région parisienne. Entendons-nous bien : être Français, être bon Français, à l'époque, c'est une détermination géographique, mais c'est aussi l'adhésion à la lignée des Valois. En disant tout cela j'ai l'impression de proférer de évidences, mais apparemment, cela mérite encore d'être dit." Pages 20-21. Historien : Franck Collard.

"Selon une idée générale très répandue, dans les médias, dans la classe politique, parfois dans les manuels scolaires, il y aurait eu au coeur de ces conflits de civilisation une oasis de paix et de tolérance : al-Andalus.

Jacques Berque a écrit un livre pour tenter de rapprocher les deux rives de la Méditerranée, un de ses derniers, qui s'intitule Andalousies. Comme se ce mot magique suffisait, un peu comme la lecture d'Avérroès, à rapprocher les civilisations. C'est malheureusement totalement faux. Ce qu'on présente comme la tolérance andalouse, c'est la tolérance du monde islamique à l'égard des religions qui ne sont pas l'islam mais qui font partie des "religions du livre" citées dans la Coran ; cependant, cette tolérance, la dhimma, implique une forme de soumission, un statut d'infériorité. Ce qu'on mesure mal dans notre civilisation moderne, où la tolérance date de la fin du 17ème siècle, c'est que, lorsque la tolérance s'est exercée dans le monde ancien, y compris dans l'Empire romain, mais surtout dans le monde islamique, elle ne signifiait jamais l'égalité. Au contraire, la condition de la tolérance est l'inégalité. En d'autres termes, vous tolérez un inférieur,celui qui vous prête son concours, qui vous donne ses impôts, son travail. [...]" Pages 79-80. Historien : Gabriel Martinez-Gros.

05 avril 2018

"Les pires batailles de l'Histoire" de Nota Bene (Benjamin Brillaud)

Les pires batailles de l'Histoire de Nota Bene (Benjamin Brillaud)

nota bene

Résumé :

Dans l'esprit qui a fait le succès de son site Nota Bene, Benjamin Brillaud, mêlant sérieux des informations et humour, s'attaque ici aux quinze pires batailles de l'histoire mondiale, de l'Antiquité à nos jours. Au Ve siècle avant notre ère, les Perses débarquent à Marathon où ils seront écrasés par une armée athénienne pourtant largement inférieure en nombre ; au début du XIVe siècle, Philippe le Bel lance la crème de l'armée française pour mater la rébellion, composée de simples artisans sous-équipés, qui décime l'essentiel de la noblesse du royaume ; durant la Seconde Guerre mondiale, neuf chasseurs alpins français résistent héroïquement à plusieurs milliers de soldats italiens. Malgré sa puissance, son avance technologique ou encore ses effectifs en surnombre par rapport à l'ennemi, une armée n'est jamais à l'abri d'une défaite majeure quand la loi de Murphy, dite de « l'emmerdement maximum », décide de s'en mêler. Ordres mal transmis, infériorité numérique flagrante, conditions climatiques désastreuses. ce livre reconstitue ces batailles désespérées ou incongrues qui ont marqué notre mémoire par leurs issues inattendues. Autant d'épisodes tragi-comiques qui nous font regretter les cours d'histoire. Passionné d'histoire, Benjamin Brillaud a créé, en août 2014, la chaîne Nota Bene - dont il réalise toutes les vidéos, de A à Z - qui rassemble une communauté de 370 000 fidèles.

Mon avis:

J’ai lu ce livre dans un état second, ce n’est jamais facile de lire un livre quand son animal est malade et que tout ce qu’on a fait n’a servi à rien… Donc je vais être vraiment vague pour cet avis et j’en suis d’avance désolée.

Pour être tout à fait franche j’ai lu les deux premiers chapitres, les 2 premières batailles, dans un état normal et je me souviens que j’ai apprécié ma lecture sur ces deux batailles antiques. C’était de la découverte pour une, une meilleure vue d’ensemble pour l’autre, et tout ça sans prise de tête et raconté de manière très simple même si je trouve ses vidéos plus avantageuses dans le ton.

Mais ça se gâte ensuite…

Je ne sais pas si c’est mon moral ou l’inquiétude qui a joué sur la lecture, ou si c’est les batailles qui ne m’intéressaient pas vraiment, mais j’ai moins accroché par la suite. En fait, il y a une ou deux batailles où j’ai accroché comme Zanzibar, Cortès, Myong-Yang, Helder, sauf Cortès les autres étaient des pures découvertes, mais pour les absentes de la liste c’était plus difficile… Probablement beaucoup le moral, mais aussi probablement qu’elles ne m’intéressaient pas plus que ça. C’était bien raconté, toujours de manière simple, ça je ne l’enlève pas, mais Azincourt c’est connu et les autres je n’étais que partiellement dedans si on enlève les quelques une qui ne m’intéressaient pas du tout comme Isandhlwana, Hattin… où là je n’étais pas du tout dedans.

Cela étant, j’ai particulièrement apprécié les batailles qui ont été choisies, déjà parce qu’elles font le tour du monde et ensuite parce que Nota Bene a souvent choisi des situations désespérées où tout est perdu d’avance, mais qui par un homme, le courage, le calcul, la stratégie, la météo… deviennent des victoires éclatantes où on n’aurait pourtant pas parié un kopeck à la base. Ce qui laisse quand même admiratif.
En effet et même si je n’ai pas tout aimé, je trouve qu'il y a quand même eu un excellent choix dans les batailles et je pense qu'on ne pouvait pas choisir mieux, maintenant je précise que niveau historique je ne sais pas ce que ça vaut, s'il y a des erreurs ou autre, car les batailles ce n'est pas trop mon dada en histoire.

En conclusion, j'ai apprécié certaines batailles et d'autres pas, mais pour la curiosité et la découverte je conseille ce livre.

Merci à Babelio et les Editions Tallandier.

26 mars 2018

"Femme de robe" de Michèle Dassas

Femme de robe de Michèle Dassas

Source: Externe

Résumé :

« Robe sur robe ne vaut », voilà comment un grand nombre de ses confrères avocats accueillirent la prestation de la première femme à avoir plaidé. Les railleries, le mépris traduisaient l’angoisse des hommes de voir des représentantes du sexe dit faible, accéder à des fonctions qui leur étaient jusqu’alors exclusivement réservées.

Combien avait-elle dû se battre, Jeanne Chauvin, avant de pouvoir en n prêter serment, trois ans après avoir essuyé un humiliant refus, alors qu’elle était pourtant munie de tous les diplômes nécessaires ! Femme de robe retrace le parcours de cette femme remarquable, ses combats, son humanité, ses espoirs. Aux côtés d’une mère d’exception et d’un frère, aussi déterminé qu’elle, qui fut député de Seine-et-Marne, et secrétaire du Grand Orient, Jeanne laisse le souvenir d’une femme digne, résolue, charismatique, une pionnière éprise d’équité. Mais Femme de robe est aussi un roman qui, au-delà des faits historiques, ressuscite une Jeanne plus intime, avec ses passions et sa sensibilité toute féminine.

Mon avis :

Ce livre est à lire, non parce que c'est d'actu mais parce que le parcours et les combats de cette femme valent le détour rien que pour la connaissance.
Jeanne Chauvin fait partie de ces femmes peu connues mais qui ont toutes leur place au Panthéon comme le souligne joliment l'autrice à la fin de ce roman.

"Jeanne Chauvin, humble et laborieuse pionnière, a ouvert la voie et tracé le chemin que des milliers de femmes ont depuis emprunté. N'a-t-elle pas gagné, elle aussi, sa place dans ce temple dédié aux personnages illustres, au coeur du Quartier Latin, si près de là d'où elle vécut, étudia et livra ses combats."


Roman, alors que je parle d'un parcours réel ? Oui, roman. Mais roman vrai, biographie romancée si vous préférez. Romancée sur la vie privée de la dame pas/peu connu des archives, mais pour le reste je vous direz bien que c'est proche de la réalité, et ce qu'on peut en dire c'est que cette femme a eu un parcours étudiant étonnant. Deux bacs, le littéraire et le scientifique, deux licences, une en droit et une philosophie, et enfin un doctorat en droit où elle soutient sa thèse Étude historique des professions accessibles aux femmes, véritable mise en bouche de son combat pour la liberté de la femme.

Une femme de tête, intelligente, combattante, qui pourtant dérange beaucoup par sa remise en cause de l'ordre établit. Dérange les élèves qui la conspuent par exemple le jour de sa soutenance qui sera ajournée. Dérangent les journalistes et les politiques, qui pour beaucoup n'hésitent pas à lui rappeler le rôle qui doit être sien. Dérange aussi, toute cette population hommes et femmes qui refusent la remise en cause de l'ordre établit. Non ne soyez pas choqués, des femmes qui se contentent de jouer les bonniches à l'époque il y en avait et pas qu'en France.
Mais Jeanne c'est aussi des soutiens, via des rencontres hommes ou femmes avec qui elle se battra pour la femme ; il y aura des politiques comme son frère Emile qui deviendra député, des journalistes qui ont les mêmes rêves qu'elle, des amis...
Néanmoins et malgré ces derniers, elle devra attendre pour avoir le droit de plaider, car la loi n'est pas de son côté. Qu'à cela ne tienne, elle fera modifier la loi avec ses soutiens. Deuxième femme avocate de France, elle sera la première à plaider !

Mais plus qu'un parcours romancé, ce livre décrit très bien cette époque où tout est en changement. C'est une bonne description des mentalités de cette époque et des paysages, des progrès qui fascinent et inquiètent aussi, et de cette société avec les combats qui l'anime.

En résumé, c'est un livre à lire car cette femme c'est une image merveilleuse, un modèle à connaître et inspirant, pleine d'esprit et d'intelligence, en plus d'être une véritable féministe qui a combattu toute sa vie efficacement pour des combats utiles à toutes (loin des féministes d'aujourd'hui qui pour beaucoup tombent dans le ridicule).

Merci aux éditions Marivole et à l'autrice de m'avoir fait connaître cette femme.

20 mars 2018

"Charles VIII" de Didier le Fur

Charles VIII de Didier le Fur

Source: Externe

Résumé :

Moins prestigieux que son père Louis XI ou que son épouse Anne de Bretagne, Charles VIII  est généralement considéré comme un prince sans intérêt. Didier Le Fur démontre qu'il eut au contraire un rôle capital en sachant conclure la reconstruction de la France ruinée par la guerre de Cent Ans et mener vers l'Italie une politique que ses successeurs François Ier et Henri II s'employèrent  à prolonger.

Couronné à l'âge de 13 ans en 1484, accueilli par la population comme un espoir après le règne tyrannique de son père Louis XI, Charles VIII fut d'abord un prince-enfant, enjeu d'un pouvoir qu'il n'exerçait pas et que se disputaient les diverses factions en œuvre autour de lui : le parti des princes mené par Louis d'Orléans, et le parti Beaujeu, qui finira par l'emporter.

L'arrestation du duc d'Orléans en juillet 1488, la mort de François II duc de Bretagne en septembre de la même année et la fin de la guerre de succession en Bretagne en 1491 conclurent cette période au bénéfice du jeune roi. Dès lors, le pouvoir est entre ses mains. En épousant Anne de Bretagne, fille de François II, il rétablit la paix dans le pays et fit de la France le plus riche et le plus puissant royaume de la chrétienté. A 24 ans, reprenant à son compte un projet offert à Louis XI et inabouti, il entreprend la conquête du royaume de Naples. Ses premiers succès sont éclatants, mais brutalement interrompus par sa mort prématurée, à 27 ans, en 1498. Didier Le Fur porte un regard nouveau et original sur ce roi au destin fulgurant, et sur son règne d'une particulière richesse, fondateur d'une ère de prestige pour la France, qu'on appellera Renaissance.

Docteur en histoire, Didier Le Fur a récemment publié chez Perrin : Louis XII, un autre César et Marignan.

Mon avis express :

Très intéressant, plus facile à lire que celui sur Diane de Poitiers, mais parfois un peu fastidieux et tout particulièrement les entrées dans les villes très expliquées. Sinon, j'ai bien aimé voir les décisions politiques, les rapports avec les Beaujeu et Orléans (futur Louis XII), la personnalité de ce roi, mais parfois c'était très long dans le détail (entrée et guerre d'Italie). Je n'en demandais pas autant pour mon cours.
Enfin, maintenant je visualise mieux l'histoire du duché de Bretagne, les rapports avec Louis XII, et les débuts de son règne. Le plus important pour mon cours.

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11 mars 2018

Vivre avant qu'il ne soit trop tard

La chambre des merveilles de Julien Sandrel

 julien sandrel

Résumé :

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère,  Thelma, qu’il est  amoureux pour la première fois, il voit bien  qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part,  fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion  le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas  d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.  En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet  sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de  toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait  vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles,  elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures,  il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à  revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers  elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on  a presque quarante ans…

Mon avis :

La chambre des merveilles est un roman qui faisait déjà grand bruit avant de sortir, parce qu’il a plu à tous les éditeurs et même à un cinéaste ! Et mon avis est que oui et non je ne comprends que partiellement cet engouement. Oui par instant ce livre donne quelques beaux passages notamment assez drôles, et non car c’est assez convenu ce qu’on trouve dedans. Je ne suis pourtant pas familière de ce genre, mais vraiment pas, pourtant avant de lire le bouquin je savais ce qu’il allait comporter en matière de crise existentielle. J’entends par là niveau réflexion profonde, du genre : « j’ai donné toute ma vie à mon travail et je n’ai pas profité de ma famille », « je n’ai pas de réel ami car j’étais trop accaparée par mon travail », « si jamais il se réveille, promis, je passerai plus de temps à vivre pour lui et moi », etc., etc., vous avez compris.  

Alors, je n’ai rien contre ce genre de réflexion, surtout que je suis tout à fait le genre de personne à prendre le temps de vivre et à prendre le temps d’être bien, mais pour ma part je trouve ces phrases pas franchement réalistes, car elles ne font jamais dans la demi-mesure. Certes dans ce cas on comprend pourquoi elle dit ça, sa vie s’écroule et vu la vie qu’elle mène ça colle parfaitement à ce genre de réflexion, mais voilà… la vie c’est aussi la vie et il faut bien vivre, donc travailler, de ce fait on ne peut pas chaque instant de chaque jour passer son temps à vivre 100% pour sa famille et pour soi. La vie n’en laisse pas le loisir, du coup quand je vois ce genre de réflexion dans un ouvrage ça a une tendance à m’horripiler parce que ce n’est pas la vie. Oui dans un moment de détresse on peut penser cela, mais dans le même temps on peut aussi se dire que c’est la vie et qu’on ne peut pas toujours être disponible pour ceux qu’on aime.

Pour le reste cependant je vais être plus souple. Certes on retrouve la sempiternelle liste des envies à faire avant de mourir. On retrouve le cliché de la mère et de la fille qui sont opposées et qui se réconcilient après tant d’années passées à se côtoyer sans se comprendre. On retrouve encore la rencontre entre la mère triste et un homme à l’histoire tragique ; la première rencontre ratée, la fuite, la culpabilité… Bref ! On retrouve beaucoup de lieux communs, mais bon ce n’est pas grave car je conçois qu’on ne puisse pas toujours être original et ma foi si c’est un peu agaçant d’en voir en si grand nombre dans si peu de pages, ça passe néanmoins plutôt bien si on lit ces lignes rapidement. (Ce que j’ai fait.)

Alors finalement qu’est ce qui m’a plu ? Ben je vous répondrai, la drôlerie. Ça c’était original. En effet, ces sujets ne sont jamais abordés de manière très drôle, et pourtant malgré le sujet grave et tragique Julien Sandrel a su mettre dans ces pages une belle dose d’humour bien faite et bien écrite, tout cela sans pour autant passer en plus par des situations abracadabrantes. Effectivement, ici l’humour vient de la manière dont les personnages vivent la scène et non spécialement de la scène, ce qui rend le récit plus réel au final, et ça j’aime. Et j’aime doublement quand en plus on essaye de voir le bon dans le mauvais, comme le fait cette femme dans son malheur via notamment la liste d'envies de son fils.

En conclusion, ce n’est pas toujours réaliste dans la réflexion, ça manque de distance, il n'y a pas vraiment de surprise non plus, mais les quelques scènes du journal et ce qui en ressort, valent leur pesant d’or. Je pense donc qu'il plaira à beaucoup.

Merci aux éditions Calmann Lévy.

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03 mars 2018

"Une confession" de Maxime Gorki

Une confession de Maxime Gorki

une confession

Résumé :

Ce court roman (1908), considéré par Gorki comme son oeuvre «la plus mûre», salué à sa sortie par un immense concert d'applaudissements - et de sarcasmes (Lénine condamnera sans appel son «mysticisme») -, traduit en français dès 1909 (mais de façon scandaleusement amputée), sera exclu des Oeuvres complètes de l'écrivain par la censure marxiste... et condamné, par le fait, à près d'un siècle d'oubli.
C'est donc un quasi inédit que l'on propose aujourd'hui aux lecteurs de langue française. Et un inédit de la meilleure eau...
Raconteur-né (comme Jack London à qui il fait souvent penser), Gorki empoigne dès les premières pages les rênes de sa troïka pour un galop picaresque de sa façon... et fouette, cocher!... Matveï, son héros - qui lui ressemble comme un frère -, fait ses classes sur la route avec les vagabonds, pratique tous les métiers, et finit par trouver la Voie - celle d'un christianisme social parfaitement hérétique - au fil de rencontres hautes en couleur.
La sainte Russie est vaste, et vaste aussi ce court roman qui contient la terre immense. Cette générosité-là, seuls les Russes de la grande espèce savent la pratiquer. Et peu importe, dès lors, qu'on adhère ou non aux idées de l'écrivain, aussi sympathiques qu'irréalistes. Il nous suffit d'aller avec lui sur ces chemins perdus semés d'embûches et de merveilles.

Mon avis :

C’est l’histoire d’un enfant pas gâté par la vie. Abandonné par sa famille à la naissance, recueillit plusieurs fois, la mort frappant, Matveï découvre la vie et commence à approcher Dieu.
C’est l’histoire d’un jeune homme qui s'éloigne de Dieu, qui se marie mais qui perd sa femme en couche et son premier fils.
Finalement c'est l'histoire d'un jeune homme qui s’en va sur les chemins pour apaiser son âme et trouver des réponses à ses questions.
Ici, commence l'histoire d’une quête.
Mais le plus important dans ce livre ce n’est pas la vie de cet homme, mais ses questionnements sur Dieu comme ses rencontres.

Du religieux qui honnit la femme à cause de sa propre faiblesse, du religieux qui accuse le diable derrière toutes questions déplacées et derrières toutes vérités, du religieux qui pense que la police est le bras armé du divin, de la femme qui affirme que dieu n’existe pas, du bas peuple qui répugne Matveï par son comportement… Ce livre est une succession de rencontres. Des rencontres qui vont être autant de chance que de portrait religieux intéressant à interroger pour notre vagabond – et oui dedans je mets aussi ce bas peuple qui n’a pas le temps de verser dans la philosophie biblique car vivre leur prend toutes leurs forces et la misère aussi. Même si Dieu n’est pas au centre de leur vie, on comprend leur place dans ce bouquin, car il est légitime pour notre personnage de s’interroger sur ce qui guide leur vie, sur leur âme, dans le contexte du livre où le protagoniste cherche désespérément l'âme fuyante de Dieu. D'ailleurs, est-ce que le fait que Dieu ne soit pas leur vie fait d’eux des êtres méprisables comme le pense au début Matveï ?

Peu importe ! Revenons-en à notre personnage.

Comme vous le voyez ce livre est une suite de rencontre et de portrait dans la religion ou la non-religion, et une chose en entraînant une autre on va forcément voir notre personnage évoluer. Et pour moi c’est cette évolution qui est intéressante, car on va finalement  le voir évoluer et quitter son monde céleste pour des êtres, des choses plus terre-à-terre, ce qui va le rendre moins pédant à la fin – oui il y a des passage où je l’ai trouvé très pédant vis-à-vis des autres – et donc plus agréable à suivre dans sa quête divine, dans sa quête d’absolu. En effet, il va devenir plus intéressant à suivre car en fonction de ce qu'il voit, vit et entend, il va deviner en Dieu un être qu’on cherche, un être silencieux, un être absent, un être imaginaire, un être qu’on est certain d’avoir trouvé et qui un jour n’est plus là.
En ça il est un peu le portrait de beaucoup de personne, voire de tout le monde, car je doute qu’une personne au monde ait vécu une vie entière sans s’interroger sur ces questions métaphysiques.

Bref ! Ce personnage est très intéressant à suivre dans sa quête, mais finalement ce qui est plus marquant pour moi dans ce livre, outre la fin où il abandonne un Dieu céleste pour une humanité divinisée, c’est son questionnement sur comment les hommes voient Dieu et comment ils l’utilisent. J’en ai vaguement approché le concept au début du billet, mais le personnage a des réflexions parfois étonnantes pour un croyant. Est-ce croire c’est être forcément un mouton ? Est-ce que croire justifie le mépris de la femme ? Est-ce que croire c’est une excuse pour ne pas voir la réalité ? Est-ce que la croyance est une fuite ? Est-ce que le Saint c’est vraiment le gars dans une église qui pratique le pêché et prie ou un paysan qui retourne son champ et vie dans l’alcool pour oublier son malheur ? Etc., etc.
Et moi ces questions c’est ce que je retiens avant tout de cette lecture, parce que finalement avec ces interrogations il a une approche réelle de la croyance, de son utilisation et aussi de l’impiété ; finalement qu’est-ce qui est mal ? Qu’est-ce qui est bon ? Et même et surtout a-t-on vraiment besoin d’un Dieu pour améliorer le sort de l’humanité ? Et si l’humanité c’était Dieu ? En plus d’une mémoire et d’une histoire.

En conclusion, je me rends compte que j’ai très mal abordé ce livre ici, je n’ai même pas abordé du silence imposé par le pouvoir ou encore de la lutte de conscience entre le désir intérieur et les gestes que nous sommes amenés à faire dans la vie, car la vie ne répond toujours pas aux principes de Dieu. J’avoue, c’est un livre tellement riche que j’en ai fait une approche imparfaite et même probablement fausse d’un point de vue professionnel en littérature. Mais qu’à cela ne tienne ! Car c’est ma façon de voir les choses, de les ressentir, et même si dans la forme le livre ressemble à un livre avec une histoire banale, dans le fond l’histoire en est une autre, et juste pour ce fond je conseille la lecture.

Merci Babelio et Libretto.

Quelques phrases :

"Saint est l'homme tant que les diables dorment"

"Je me rappelais l'union avec Dieu que j'éprouvais naguère dans mes prières : il était si bon de disparaître de sa propre mémoire, de cesser d'exister ! Mais dans cette fusion avec les hommes, je ne m'éloignais pas de moi, je semblais au contraire grandir, m'élever au-dessus de moi, et la force de mon esprit se trouvait multipliée. Là aussi, il y avait oubli de soi, cependant cet oubli ne m'anéantissait pas, il éteignait seulement mes pensées amères, et l'inquiétude d'être isolé"

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19 février 2018

"Jésus, une encyclopédie contemporaine" de Collectif

Jésus, une encyclopédie contemporaine de Collectif

jésus

Résumé :
Ce livre, exceptionnel, tant par son aspect que par la richesse de ses textes et de ses illustrations, constitue un formidable panorama des connaissances actuelles sur Jésus.
Y sont présentés, par les plus grands exégètes, biblistes et historiens les découvertes archéologiques majeures et les points de vue historique, théologique et artistique les plus récents.
Les textes prennent des formes variées : récits, encadrés, tableaux, interviews et les illustrations sont nombreuses (environ 400).
Un foisonnement de savoirs passionnants sur le Christ, qui unit et oppose les trois monothéismes et qui demeure une figure spirituelle fondatrice de notre monde occidental.

Mon avis :
Croyez-moi la couverture de ce livre n’est en rien trompeuse ! Car ce livre est tout bonnement magnifique. Magnifique à regarder ; des photos, des peintures, des décors de feuillage sur les pages parcourent ce livre, mais aussi magnifique à lire. Je ne suis pas croyante mais je constate qu’on en aura jamais fini de creuser le christianisme et à chaque lecture je découvre encore et c’est toujours un plaisir.
Ceci n’est en rien étonnant, vu que je n’ai encore jamais lu la Bible qui m’attend sagement sur une étagère et que je ne suis pas théologienne, mais dans ce livre j’ai été étonnée de voir que toutes les facettes ont été abordées –du moins il me semble. En même temps c’est une encyclopédie rien d’étonnant, mais ça change des livres plus restrictifs que je lis habituellement. Certes ici c'est abordé rapidement mais quand même assez rigoureusement, et finalement le jeu en vaut la chandelle ;  la géographie de la Bible, Jésus, la crucifixion, sa nature, dans les autres religions mais aussi dans les divers courants du christianisme, le contexte historique de l’époque, l’art, la femme, etc. voyez la vision d'ensemble ! Bref, on fait un gros tour du monde antique et du christianisme via sa sagesse et son premier représentant bien malgré lui. Fonder une nouvelle religion n’était pas son but.

Pour en revenir à ce que je disais et en toute franchise, je suis moi-même étonnée de parler de sagesse, depuis longtemps je considère le christianisme comme une religion d’idiot, mais d’idiot trop généreux et trop cons. Ce livre ne fera pas de moi non plus une croyante et ne changera pas l’opinion que j’en ai, mais quand même pour la première fois j’ai été saisie de la dimension « sagestique » qu’on peut voir dedans. J’en avais déjà bien sûr une vision avant, mais là elle est un peu mieux abordée et j’ai remarqué surtout qu’on la retrouve dans les idéaux de notre société. Ça saute aux yeux !
Oui, même athée, même laïque, ça ressemble beaucoup aux droits de l’homme, à la devise française, ou encore à la définition même de l’homme ou de la femme libre mais qui devra répondre de ses actes devant un juge. Alors dans ce cas chrétien Dieu, mais on pourrait la transposer aisément à notre société cadrée et réglementée où chacun des mauvais gestes, des mauvaises paroles sont condamnés (souvent avec abus quand même) et qui te rappelles que tu ne devrais pas faire à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. Bref. Une espèce de « vivre-ensemble » avant la lettre. Et cela est un point parmi d’autre à remarquer, bien sûr on le sait tous plus ou moins mais c'est un exemple.

Ensuite, en lisant ce livre j’ai été aussi étonnée de voir que finalement l’église n’a pas spécialement suivi l’idéologie visible dans les faits et gestes de Jésus. Ce n’est pas une découverte, Jésus qui prêchait l’abandon de soi et de toute richesse, n’a jamais été suivi par la tête de l’église on le sait tous.
Mais là je pense particulièrement aux femmes, sujet rarement abordé à part pour discuter sur le fait que de Marie-Madeleine serait ou pas sa femme (Merci Da Vinci code) et enfin de compte l’image de toutes les femmes (La Vierge Marie est une image inaccessible alors que Marie-Madeleine est plus proche des gens). En quelques pages la femme est donc abordée et j’ai été surprise de découvrir que Jésus traitait d’égale à égale avec les femmes et tout ça dans un contexte religieux juif (religion de Jésus) peu favorable aux femmes. Ce mec prêchait déjà à l'époque pour moi l’égalité homme-femme et la libération de la femme, un homme finalement précurseur, en avance sur son temps même si personne n'en a saisi le sens profond à l'époque et même après.

Je ne vais pas aborder tous les côtés de ce livre, il est trop vaste pour cela. Il aborde beaucoup trop de question, de découverte, de recherche, pour que j’en parle ici. Mais comme vous l’aurez deviné c’est un livre que je conseille. Certes il est gros, certains passages sont moins intéressants que d’autres (la géographie de la Bible par exemple), mais on apprend beaucoup sur Jésus, sur Marie, sur les évangiles, sur le christianisme ailleurs, les religions antiques, sur le contexte politique de l’époque - qui d’ailleurs me fait penser, qu’un de mes prof n’a pas tout à fait raison quand il dit que les chrétiens ont tapé sur les juifs en les accusant de la mort du Christ pour dédouaner l’Empire Romain, afin de ne pas être trop « persécuté » par ce dernier vu que Jésus avait été perçu comme un rebelle. Enfin bon, je sens que je n’ai pas fini de m’interroger et c’est tant mieux, même si l'idéologie chrétienne actuelle prêchée par un pape abruti est trop nocive à mon goût.

En conclusion, c’était une belle lecture autant à regarder qu’à lire. Même long, même lourd à porter, je conseille ce livre qui ouvre autant de perspectives qu’il y a d’auteurs.

Merci à Babelio et aux éditions Bayard.

Extrait : "Les miracles opérés sur la nature enfin - que l'on pense à la "multiplication des pains", à la transformation de l'eau en vin, à la marche sur la mer ou à la tempête apaisée - expriment la certitude que Dieu règne sur le cosmos et que le dernier mot prononcé sur le monde n'appartient pas au mal, mais à Dieu. Le Jésus qui marche sur les eaux déchaînées est la figure même de l'autorité de Dieu sur la création qui ne bascule pas dans le chaos. Les miracles de prodigalité, qui évoquent le pain ou le vin abondant, signalent que le but de la création est d'être l'espace d'une vie marquée par le sceau de la joie, l'abondance et de la plénitude." Page 200.

livre jésus 1 Jésus (2)Livre Jésus 2 Livre Jésus

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18 février 2018

Ces livres qui marquent les étapes de ma vie de lectrice


Ai-je besoin d'en dire plus ? Le titre est assez éloquent, alors commençons :

 

Le premier livre qui marqué la première étape dans ma vie de lectrice est forcément un livre d'enfance, je ne l'ai plus depuis fort longtemps mais je m'en souviens encore. Je me souviens aussi que je n'avais pas aimé.
C'était Oui-Oui à la ferme que ma mère m'avait achetée au CP. Mais de tous, mon préféré est Oui-Oui et le clown mécanique et je ne suis pas à l'abri d'une découverte vu qu'aujourd'hui encore j'en lis quand je lis des livres qui me font flipper.

oui oui à la ferme

 

Arrive ensuite le livre qui m'a fait ouvrir les classiques mais aussi ouvrir la porte en grand sur la lecture. J'ai toujours aimé lire, mais avant je n'étais pas assidue dans cette activité, avec cette lecture tout va changer. Zola mon amour <3.
L'assommoir.

zola


Pas mes premières BDs, mais avec Garfield j'ai un peu plus regardé ce genre. Et encore aujourd'hui j'avoue que j'ai du mal à ouvrir une BD en dehors de ce que j'aime. (Naheulbeuk, Astérix, Noob...)

Garfield

L'auteur qui a fait que je me suis mise à ce genre policier.
Sir Arthur Conan Doyle avec Sherlock Holmes.

Sherlok


Le premier livre qui fait que je me suis intéressée aux légendes, aux contes du monde.

Richard Bessière avec Traditions, légendes et Sorcellerie.

contes

 

Le premier livre que j'ai détesté et que j'ai lu il y a quasiment 20 ans, mais je n'ai jamais osé dire que je n'aimais pas ce livre jusqu'il y a quelques années... Cette "peur" non parce que c'est Le journal d'Anne Frank - je pars du principe que le devoir de mémoire ne doit pas uniformiser les goûts (surtout quand il s'agit d'un livre vide) -, mais parce que j'ai mis très longtemps à accepter l'idée que les livres sont inégaux et aussi à déculpabiliser sur le fait de ne pas aimer un livre.

Anne Franck

 

Le premier livre qui fait que j'ai écouté les avis des autres ; Mordre le ciel de Gudule, en plus c'était une excellente lecture ! Mais ça ce n'est pas tout le temps... même si une ou deux fois il y a eu de belles découvertes grâce aux autres.

Gudule


Le premier livre qui parle d'histoire de manière étudiée que j'ai lu, fut L'affaire Jeanne d'Arc de Marcel Gay & Roger Sanzig.

C'est le premier livre qui m'a fait remarquer que l'Histoire c'est l'affaire de tous, qu'elle appartient à tout le monde, et qu'il en n'existe pas qu'une version ! Depuis je suis passée aux livres sérieux, plus ou moins chiants et universitaires, mais je garde aussi cet intérêt pour les livres plus simples. Et depuis m'instruire par tous les livres c'est devenu une passion.

jeanne d'arc

 

J'en avais déjà lu avant sur l'environnement, mais finalement aujourd'hui ceux que je lis encore beaucoup se sont ceux qui fâches !
Un des premier ; Le langage de la vérité : Immigration Intégration de Malika Sorel-Sutter

sorel malika

 

Ceux qui m'ont ouvert sur l'Asie, qui depuis ne me quitte plus.
Alexandra David-Néel que j'ai découvert grâce à ma tante et le premier était La vie surhumaine de Guésar de Ling.

david-néel

 

Le livre qui m'a ouvert à la fantasy, aux mondes magiques et inexistants, même si c'est un genre que je n'aborde pas beaucoup, mais quand même plus depuis que j'ai lu lui. De zéro, je suis passée à zéro et demi.^^
Le Seigneur des Anneaux de J.R.R Tolkien

SDA


Les premiers livres qui fait que j'ai un peu écouté ma mère pour la lecture. Le premier était Le pays du Dauphin Vert d'Elisabeth Goudge mais même si j'ai apprécié l'histoire c'était mine de rien très plat, mais j'en garde malgré tout un bon souvenir. Le deuxième Ambre de Kathleen Winsor suivi de peu la lecture première et là j'ai été conquise ! Pour autant, faut pas rêver je ne vais pas aller lire Autant en emporte le vent faut pas déconner maman.

mère


Et enfin, le premier livre où j'ai eu raison de ne pas m'arrêter sur une première mauvaise impression, autrice que j'ai découvert grâce à mon frère. Fred Vargas L'homme aux cercles bleus.

vargas

 

 

Voilà quelques étapes de mon évolution de lectrice.
Et vous ?

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05 février 2018

"Le seigneur de Charny" de Laurent Decaux

Le seigneur de Charny de Laurent Decaux

Source: Externe

Résumé :

Champagne, 1382. Quand, après six années de croisade, Jacques de Charny regagne enfin ses terres, il découvre, stupéfait, une foule immense massée devant l’église du château.

De toute l’Europe, des pèlerins affluent pour prier devant la relique extraordinaire détenue par la famille : le saint suaire, sur lequel apparaît le corps martyrisé du Christ. Pour sauver le domaine de la faillite, Jeanne, la mère de Jacques, a décidé d’exposer publiquement cette relique cachée aux yeux du monde depuis des décennies.

Alors qu’il espérait être accueilli à bras ouverts, Jacques se heurte à la défiance et l’hostilité de tous. Sa mère, la première, lui reproche d’avoir ruiné la seigneurie avec ses voyages en Orient. Pierre d’Arcis, l’implacable évêque de Troyes, veut interdire l’exposition du drap sacré. Et même sa promise, la ravissante Hélène, s’est mariée à un barbon…  Seuls ses deux amis d’enfance, Miles, le bouillonnant comte de Brienne, et Arnaut, le fougueux chevalier de Jaucourt, semblent se réjouir de son retour.

C’est alors qu’un jeune seigneur et sa suite arrivent en Champagne pour admirer la sainte relique. Pour Jacques, cette visite inattendue va s’avérer providentielle…

Mon avis :

Le seigneur de Charny est le premier roman de Laurent Decaux. Ce livre n'apporte rien de neuf sous le soleil, pour autant il se lit bien. Descriptif d'une époque - avec des arrangements - son histoire se déroule au sein d'une seigneurie en ruine suite à la croisade entreprise par le fils de Charny.
Seigneur désargenté certes, mais riche du Saint Suaire autour duquel il existe un désaccord et qui sera source de pas mal d’ennui. Via ce linceul pourtant, le livre montre comment à l’époque on tentait d’attirer les pèlerins pour faire rentrer quelques argents afin de relancer ou d’enrichir la seigneurie, ou pour donner un écrin à quelques reliques rares afin de s’attirer quelques faveurs du ciel.
Ce ciel dont les représentants menacent d'excommunication ceux qui vénèrent des faux et menacent la vie de toute une bourgade par leurs positions. Positions qui peuvent dépendre des rois comme des papes, comme dans ce livre où notre histoire du Suaire se passe lors du grand schisme de l’église d’occident et se base sur une opposition véritable de Pierre d’Arcis.

Bref ! Toute cette histoire du Suaire apporte déjà beaucoup d’intrigue, de description et de rebondissement à ce livre, c’est même la principale ; mais pour être honnête… pas la meilleure.
En effet, pas la meilleure… du coup heureusement que ce livre compte dans ses pages la présence de Charles VI (avant qu’il ne soit le roi fou) et les intrigues qui l’entourent pour mettre un peu de piment dans cette langueur campagnarde. Effectivement et même si finalement ce n’est pas si présent, les quelques aventures avec ce roi et son entourage font un bien fou ! Comme cette histoire de Suaire est finalement assez molle et tire en longueur, - ce qui peut vite devenir lénifiant, sauf sur la fin où elle devient vraiment intéressante - voir ce roi vivre dans un panier de crabe, opposer un refus et entreprendre la guerre, réveille fortement l’intérêt du lecteur et donc l'intérêt du livre vu qu'on s'éloigne un peu du sujet principal qu'est le Suaire.

Mais que serait ce livre sans son personnage Jacques de Charny et ses amis coureur de jupons et bons vivants ? Amis qui lui remontent le moral vu que le retour n’est pas celui escompté, puisqu’il est accueilli froidement par sa mère et qu’il est délaissé par sa promise qui a épousé un riche barbon.
Pour être franche, là aussi ce ne sont pas les personnages du siècle, mais leur compagnie, leurs coups et leur amitié rajoutent de l’agréable au roman qui sans ça serait encore plus long à lire, surtout au début.
Le plus cependant avec ces trois personnages, c'est qu'ils ne sont pas invincibles, ils ne sont pas les meilleurs, ils ne sont pas les plus forts, ce qui met quand même une touche de réalité agréable dans ces portraits, parce que c'est chiant mine de rien ces chevaliers qui s'en sortent à trois contre cent !

En conclusion, j’ai apprécié ce livre et surtout la fin qui est terrible, mais le début a été un peu difficile, ça devient vraiment intéressant pour moi dès le départ de Charles VI et l’action de l’évêque sur le Suaire. Avant, pour moi, ça colle au décollage, mais je sais qu’à d’autres il n’a pas fait cet effet-ci, donc à tenter pour ceux qui veulent, car au fond il est vrai que l’on ne passe pas un trop mauvais moment non plus. Il y a quand même des choses agréables en plus de l’époque médiévale. Et en plus l'auteur est assez bien renseigné, ce qui est indéniablement un plus.

Merci à XO Editions.