Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

21 octobre 2014

"La vie volée de Jun Do" de Adam Johnson

"La vie volée de Jun Do" de Adam Johnson

la vie volée de jon do

Résumé :

"Citoyens, rassemblez-vous devant vos haut-parleurs! Dans votre cuisine, votre bureau, votre atelier, partout où vous pouvez nous entendre, montez le son, et écoutez l'histoire de la plus grande nation du monde, la République populaire démocratique de Corée !"

Jun Do grandit bercé par la voix de la propagande nord-coréenne. Devenu soldat, il exécute sans ciller les ordres criminels du leader Kim Jong-il. On le fête comme un héros. Mais sous les cieux du "royaume ermite", la disgrâce est aussi terrible qu'imprévisible : Jun Do est torturé et doit changer d'identité. Hanté par son passé, mais porté par sa rencontre avec l'actrice Sun Moon, il décide alors de réaliser son rêve. Epopée littéraire aux accents orwelliens, La Vie volée de Jun Do nous immerge au coeur d'une nation bien réelle jusqu'alors cachée de tous, terre de violence et de corruption. Adam Johnson, parti enquêter dans ce "pays interdit", nous en restitue les échos dans ce roman époustouflant qui lui a valu le prix Pulitzer en 2013.

Mon avis :

Saisissant ! Un mot pour décrire ce livre ? Ça serait celui-là, saisissant. Il vous saisit du début à la fin, tout est hallucinant dans ce bouquin. Personnages, ambiances, péripéties, tout est à couper le souffle. Bien que le portrait politique de ce pays reste sans nul doute le plus marquant pour moi.

Bien sûr le régime dictatorial de la Corée du Nord n’est pas une découverte pour moi, d’ailleurs personne ne l’ignore je pense, mais là le vivre de l’intérieur, le vivre avec les personnages, c'est une expérience différente. Honnêtement, quand j’ai lu ce livre plus aucune distance n’existait entre les personnages et moi. Je vivais avec eux. J’avais peur avec eux. Je m’inquiétais pour eux. Je me révoltais même pour eux ! Parce que pour moi c’était juste impossible de rester de marbre face à ce régime monstrueux, qui prône le culte de la personnalité, qui est vicieux, qui est injuste, qui est mensonger, qui ne devrait pas exister. J'insiste peut-être, mais malgré le fait que ça soit un roman j’ai ressenti comme si j’y étais cette ombre menaçante et oppressante qui pèse sur chaque habitant, qui les empêche de s’exprimer librement, et qui instaure un climat délétère, d’hypocrisie, même au sein d’une même famille. Un noyau censé être sûr !

A côté de ça, la multitude des personnages fait aussi vivre cette histoire. Les différentes personnalités et les différents niveaux de la population qu’ils représentent, aide bien sûr à l’ambiance de ce roman, mais pas seulement, puisque là ils donnent vie à l'intrigue. Il n'y a aucune page qui ressemble à une autre grâce aux milles vies des divers personnages. L’histoire prend certes du temps, 608 pages en l’occurrence, mais c’est tellement fluide, tellement riche qu’on ne les voit pas passer, à la différence des personnages qui ne cessent de défiler.

Bon je dis  : "mille vies", mais j'exagère un petit peu, toutefois si je prends le personnage principal pas tant que ça. C'est juste fou comme dans ce pays du jour au lendemain tout change, comme on peut être personne à quelqu'un, ou être quelqu'un et devenir personne. Un seul regret dans ce bouquin finalement, c’est la fin. J’aurai aimé qu’elle se finisse autrement, même si autrement elle aurait sûrement gâché tout ce qui avait avant. (Jamais contente cette fille ^^)

Pour résumer c'est un excellent livre que je recommande, si vous voulez vivre quelque chose de différent et découvrir de l'intérieur un pays très fermé.

Merci aux éditions de l'Olivier.


17 octobre 2014

"Esprit d'hiver" de Laura Kasischke

"Esprit d'hiver" de Laura Kasischke

esprit d'hiver

Résumé :

Lorsqu’elle se réveille ce matin-là, Holly, angoissée, se précipite dans la chambre de sa fille. Tatiana dort encore, paisible. Pourtant rien n’est plus comme avant en ce jour de Noël. Dehors, le blizzard s’est levé ; les invités ne viendront pas. Au fil des heures, ponctuées par des appels téléphoniques anonymes, Tatiana devient irascible, étrange, inquiétante. Holly se souvient : l’adoption de la fillette si jolie, treize ans auparavant, en Sibérie… Holly s’interroge : « Quelque chose les aurait suivis depuis la Russie jusque chez eux ? »

Un huis clos glaçant entre une mère et sa fille. L’une des histoires les plus fortes et terrifiantes de cette romancière pas si tranquille. Baptiste Liger, Lire.

Une trame minimaliste, presque douce, point de départ d’un thriller mental asphyxiant. Emily Barnett, Les Inrockuptibles.

Mon avis :

La petite note de Baptiste Liger du magazine Lire sur la quatrième couverture dit en parlant de ce livre que c’est : « L’une des histoires les plus fortes et terrifiantes de cette romancière pas si tranquille ». Pour « la romancière pas si tranquille » je suis entièrement d’accord avec lui, mais je n’emploierais pas le mot « terrifiant » pour décrire l’histoire. Non. Plutôt le mot, oppressant.

Ce huis-clos entre une mère et sa fille, un jour de tempête de neige et de noël, est avant tout asphyxiant. Mais attention ! Asphyxiant autant pour les personnages que pour le lecteur, sachez que si vous avez une sensation d’étouffement en lisant ces pages c’est normal ; vu que Laura Kasischke cherche à jouer davantage sur les perceptions, qu’en mettre plein la vue.  

A côté de ça, c'est aussi un livre très incertain. On ne sait pas où on va.

Du début la situation est embrouillée. Les personnages sont irritables et confus. La mère a un pressentiment mais on ne sait pas trop si c’est une psychose ou si c’est la réalité. Il se passe bien sûr des choses bizarres, mais là idem, on ne sait pas si tout est réel ou pas. Bref, c’est un livre douteux, avec une équation inconnue. Qui même à la fin, à la différence des équations mathématiques, n’apporte pas tous les éclairages que l’on attend. Alors je ne dirais pas qu’il m’a laissée sur ma faim, mais voilà il y a des choses que je n’arrive pas encore à cerner dans ce bouquin comme par exemple Sally. Sur ce côté-là d’ailleurs il me fait penser au Horla de Maupassant, où on ne sait pas trop quand s’achève l’histoire si cette ombre est réelle ou pas. Pour moi ce livre fait typiquement partie des livres que j’appelle : livre brouillard. Un livre où petit à petit du jour qui défile, les lueurs du soir font apparaître des réponses, mais en garde dans le secret de leur nuit, dans le secret de leur brume...

Toutefois c’est vrai que venant de cette auteure je ne suis qu’à moitié surprise, car il faut bien dire que ses livres sont souvent étranges, en tout cas ceux que j’ai lu. Bon bien sûr cette recette donne un petit côté « sueur froide », mais ici c’est assez minime je trouve, voilà donc pourquoi le mot "terrifiant" me paraît un peu gros. Un bémol dans tout ce charme cependant, c’est un livre un peu répétitif. J'ai trouvé que l’auteure répétait trop certaines choses, ce qui fatigue un peu, néanmoins je ne vais pas enlever l’utilité de ces répétitions, puisqu'elles servent l’intrigue - oui c'est un des rares romans où ça sert - car elles apportent petit à petit la réponse.

Bref. C’est un petit livre à lire dans les frimas de l’hiver qui approche, si vous voulez frissonner de plaisir et de doute aussi.

Je remercie en passant et chaleureusement les éditions du Livre du Poche.

10 octobre 2014

"Le fils" de Philipp Meyer. Une saga américaine !

"Le fils" de Philipp Meyer

le fils meyer

Résumé :

Roman familial, vaste fresque de l’Amérique des années 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux Prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages – trois générations d’une famille texane, les McCullough – dont les voix successives tissent et explorent avec brio la part d’ombre du rêve américain.
Eli, le patriarche que l’on appelle " le Colonel " est enlevé à l’âge de onze ans par les Comanches et passera avec eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu à la civilisation, il prend part à la conquête de l’Ouest avant de s’engager dans la guerre de Sécession et de devenir un grand propriétaire terrien et un entrepreneur avisé.
À la fois écrasé par son père et révolté par l’ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.
Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouve à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l’œuvre du « Colonel ». Mais comme ceux qui l’ont précédée, elle a dû sacrifier beaucoup de choses sur l’autel de la fortune.
Et comme tous les empires, celui de la famille McCullough est plus fragile qu’on ne pourrait le penser.

Mon avis :

C’est une saga familiale parmi tant d’autre. C’est une saga qui se déroule sur plusieurs générations, comme plein d’autres ; mais c’est une saga étonnante. Ce n’est pas pour autant un coup de cœur car le livre souffre de quelques longueurs, comme quand par exemple l’auteur raconte sur des pages entières la manière de dépecer un bison ou de fabriquer des outils. Mais excepté ça je dois reconnaître que cette saga est servie par une écriture fluide, qui fait quand même que les pages défilent sans vraiment qu’on s’en rende compte. Mais l’histoire n’est peut-être pas étrangère à cela non plus. Car l’aventure, la famille, l’argent, les guerres, les jalousies, les désaccords, l’amour –alors ça c’est ce qui m’a le moins intéressée j’admets – vont pimenter cette fresque dans un état encore balbutiant, le Texas.

Ici on va trouver d’une part le côté historique comme la révolution mexicaine, les indiens, les blancs, la justice un peu arbitraire, etc… qui est raconté cependant sans parti pris, - en tout cas je n’ai pas remarqué quoi ce soit, pour moi l’auteur raconte juste froidement une histoire. Et d’autre part, dans les turpitudes de l’Histoire, on va découvrir cette famille puissante qui va donner toute la vie de ce roman par sa variété de membre ; elle est pleine de conflit, de jalousie, d’incompréhension, d’envie différente, qui conduiront parfois à des choses étonnantes.

Alors j’ai dit un peu plus haut que l’auteur raconte une histoire sans parti pris, froidement malgré le fait que ses personnages ressentent des choses. La variété des scènes et des personnages me pousse à croire cela, de mon point de vu ce mélange ne pousse pas à prendre parti pour quoi que ce soit. Cependant ce bouquin n’en reste pas moins une réflexion sur l’homme, sur la construction de son histoire, de sa richesse, etc… D’ailleurs on remarquera que pour tous les hommes elle reste assez semblable, sans être identique pour autant.

Quoi qu'il en soit même si parfois certains passages paraissent un peu fastueux, c'est un livre que je recommande si les pavés ne vous font pas peurs.

Je remercie en passant grandement les éditions Albin Michel. :)

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06 octobre 2014

"Un jeune homme prometteur" de Gautier Battistella

"Un jeune homme prometteur" de Gautier Battistella

un jeune homme prometteur

Résumé :

« J’ai découvert l’existence du mal un samedi matin. Je m’en souviens, il n’y avait pas école. »

Tout commence à Labat, petit village des Pyrénées. Orphelin rêveur et blessé par un premier amour déçu, le narrateur quitte son frère et leur enfance buissonnière pour monter à l’assaut de la capitale. Que cherche ce Rastignac en herbe démangé par la vocation romanesque ? Une mère inconnue, la liberté, une revanche, la gloire peut-être. Mais au lieu du noble parnasse littéraire dont il avait rêvé, il découvre un univers de faux-semblants : celui des grands imposteurs du monde des lettres. Bien décidé à s’en débarrasser, le voici embarqué dans une quête dangereuse qui l’entraînera au-delà de lui-même, au bout du monde et au bord de la folie.

Un premier roman d’une ambition peu commune, tour à tour émouvant, sarcastique et cruel, porté par une écriture dont le souffle évoque les grandes fresques initiatiques.

Mon avis :

[ ATTENTION RISQUE DE SPOILIER ! ]

Ce livre est un premier roman, et pour un premier roman c’est juste extra. A part un seul point qui ne me convainc pas, tout le reste est parfait. Gautier Battistella possède une maîtrise évidente dans l’art de raconter des histoires. Rien n’est laissé au hasard, chaque mot joue avec chaque image, chaque image joue avec chaque mot. Il y a vraiment de la recherche, et je trouve que ça donne une note très poétique et folle à l’ensemble. On voit que l’auteur cherche à rendre le décor aussi vivant que les personnages, voyez plutôt :

« Je me suis habitué à Paris, et j’ai laissé Paris s’habituer à moi. Pourquoi hâter les choses ? Les premiers temps, la ville a montré les muscles. C’est comme ça dans les relations, amicales ou amoureuses. Un réflexe. La greffe pouvait ne pas prendre : moi l’homme crotté, plein de fierté, elle la divine, forcément susceptible. »

Ensuite, car l’écriture ne fait pas tout, l’histoire est juste grandiose. Bon elle n’a rien d’exceptionnelle non plus, mais elle a quand même cette touche de jamais vu. Un jeune homme talentueux au passé tragique, et qui cherche à réduire à néant la médiocrité littéraire en employant les moyens les plus radicaux, ce n’est pas très courant dans les livres faut bien le dire. Bon après c’est vrai que le côté schizophrène n’a rien de très nouveau, et c’est un peu ça qui m’a gêné d’ailleurs.

Alors ce n'est pas tant le fait qu'il se soit servi de cette ficelle qui me dérange, mais en fait j'ai trouvé ce côté-là un peu gros à avaler par rapport à tout ce qui se trouve avant, qui fait que tout paraît très réel aux lecteurs. Ensuite le petit truc qui déçoit aussi, c'est que cette révélation est prévisible. Celle du père aussi d'ailleurs. Et ces derniers points font que cette lecture n'a pas été un coup de cœur pour moi, cela dit tout le reste j'ai adoré. Les personnages font autant l'histoire que l'intrigue elle-même. L'écriture de même.

Pour résumer, c’est un roman qui annonce un écrivain prometteur. Je le suivrai de très près.

Je remercie les éditions Grasset.

 

01 octobre 2014

"Aristote mon père" d'Annabel Lyon

"Aristote mon père" d'Annabel Lyon

aristote mon père

Résumé :

Pythias, la fille d'Aristote, a été élevée à l'égal des hommes. Elle fait figure d'exception à Athènes, puis en Macédoine où elle est contrainte de s'exiler : c'est elle, et non son frère cadet, qui assiste Aristote dans ses travaux, provoque les collègues de son père par ses remarques pointues, et se rêve en philosophe, scientifique ou sage-femme. La mort d'Aristote disperse ses biens et sa famille à travers la Macédoine, laissant Phytias seule, en décalage avec cette société qui nie l'existence d'une conscience féminine, et l'oblige à se confronter à la réalité d'un monde dont elle s'était toujours tenue écartée.

Après Le Juste Milieu, qui évoquait la relation entre le jeune Alexandre le Grand et son précepteur Aristote, Annabel Lyon renouvelle le défi ambitieux d'écrire l'Antiquité d'une plume actuelle et spontanée. Aristote, mon père exhale le soufre des temples, le sang des femmes et les larmes de la tragédie.

Mon avis :

J’ai découvert cette auteure en même temps que ce livre, et la première chose que j’ai à dire c’est qu’il n’est pas mauvais mais il n’est pas forcément parfait à mon sens. Je m’explique.

L’histoire en elle-même n’est pas mauvaise. Elle est même plutôt agréable à lire, et c’est très sympathique de pouvoir vivre un quotidien grec. De vivre à côté des personnages, de cerner les mentalités de l’époque, d’aller dans les temples et les villes. Néanmoins j’ai buté sur deux ou trois petites choses qui fait que ce n'est pas la lecture agréable que j'ai imaginé. Déjà au niveau de l’écriture. C’est facilement lisible, mais parfois les enchaînements sont beaucoup trop rapides, et quatre fois j’ai dû relire des passages pour comprendre les actions.

Ensuite sur le récit lui-même, je suis assez mitigée. J’ai préféré la première partie quand Aristote était encore vivant à celle où il n’était plus, car à partir de là tout va beaucoup plus vite d’une part, et d’autre part ça devient un peu fou. Pythias atterrie dans des endroits bizarres, elle fait des choix que je n’ai absolument pas du tout compris, elle perd ce côté calme et réfléchi qu’elle avait au début pour se transformer en personne un peu impulsive. Bref, on quitte le côté solennel du départ, pour atterrir dans un vrac de comportement excessif qui étonne quand même beaucoup.

Pour toutes ces raisons, la seconde partie n’est donc pas vraiment la partie que j’ai le plus apprécié, même si elle ne fut pas mauvaise pour autant ; car il y a quand même cette magie divine qui arrive et qui accompagne Pythias, il se passe des choses très intéressantes malgré tout, et en plus on voit Pythias évoluer dans un cadre qui est nouveau pour elle. Elle se retrouve seule, sans argent, sans rien, et du coup j’ai passé mon temps à me demander ce qu’elle allait faire et comment elle allée s'en sortir. Finalement même si ce n’est pas la partie que j’ai apprécié le plus, elle contrebalance celle du début qui était entièrement rationnelle, ce qui donne du souffle au roman.

En fait mon seul vrai regret dans ce bouquin, c’est que Pythias devient dans cette partie comme tout le monde. J’aurai préféré la voir donner des cours, philosopher, plutôt que de la voir faire des choses insensées - même si elle ne perd pas ce côté intellectuel, car elle a la chance d’avoir un mari qui n’a rien contre. En fait sur la fin, Pythias devient pour moi un peu décevante, mais après peut-être que c'est sa vie, vu que je ne la connais pas. D'ailleurs va falloir que je cherche pour connaître cette fille.

En résumé ce n’est pas une lecture mauvaise mais ce n’est pas non plus un coup de cœur, cela dit ça reste un agréable livre à lire. Ca change. Et c'est une auteure à suivre.

Je remercie grandement les éditions de la Table Ronde.

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28 septembre 2014

Tag livresque de A à Z

 

Salut à tous !

J'ai trouvé ce petit TAG livresque sur la toile (plus exactement ici), et du coup pour faire un peu bouger le blog j'ai bien envie de l'essayer. Mais comme je ne fais de vidéo, ben je le fais là ! ^^

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Pour une fois qu'elle est contente celle-là.

nuagepas content

Toujours aussi charmante...  Bref ! Commençons.

 

A pour Auteur – Auteur dont tu as lu le plus de livres.

Devant Alexandra David-Néel et Nicole de Buron, c'est Emile Zola !


B pour « Best » – La meilleure « suite » de sérié.

Je passe, car les séries ce n'est pas mon truc. Maintenant si on peut considérer que la Trilogie des Dieux de Bernard Werber est une suite des Tanathaunotes et de L'empire des anges, ça serait ça.


C pour « Current » – Lecture en cours.

Et bientôt terminée ; Un jeune homme prometteur de G. Battistella.


D pour « Drink » – La boisson qui accompagne tes lectures.

Le thé ! Je suis fanatique de thé. Je dois en avoir à peu près 80 sortes.

E pour « E-book » – E-books ou romans papier ?

Papier ! Mais j'aimerais bien avoir un E.Book pour lire en espagnol, parce que même si je comprends cette langue à l'écrit, niveau vocabulaire ce n'est pas encore ça. Et je sais que les E-Book ont parfois des dico. intégrés, ce qui serait très pratique.

F pour « Fictif » – Un personnage fictif avec lequel tu serais effectivement sorti(e) au lycée.

Aucun. Je ne bloque jamais sur les personnages fictifs. J'avoue que je ne bloque déjà pas sur les gens réels, donc, imaginaires faut pas déconner. Je crois que là vous lisez la personne la moins sentimentale du monde. ^^

G pour « Glad » – Un roman auquel tu es contente d’avoir donné une chance.

Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé. Et Harry Potter que j'ai lu carrément par hasard.

H pour « Hidden » – Un roman que tu considères comme un joyau caché.

Je ne sais pas.

I pour « Important » – Un moment important dans ta vie de lectrice.

Fréquenter les forums de lecture, bien que les sites que je fréquente aujourd'hui n'en ont pas réellement ou ils ne sont pas des très actifs (Myboox, Lecteurs.com, Babelio), après je fréquentais Livraddict mais j'ai arrêté pour diverses raisons. Et ça, même si je n'ai pas du tout attérri que c'était pour les Inrock sur le net.

J pour « Juste » – Le roman que tu viens juste de finir.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon.

K pour « Kind » – Le genre de romans que tu ne liras jamais.

Les Bit-lit. Pas assez mûrs pour moi, ça peut paraître pédant ce que je dis, mais je trouve ça vraiment trop niais d'après ce que je voie, j'entends, ce que j'ai pu feuilleter. Déjà les histoires d'amour me font chier, mais à ce niveau-là, c'est trop me demander. Pour que j'apprécie une histoire d'amour faut vraiment que ça soit super, super, super, bien écrit. Genre un Mishima, un Beigbeder... Après pour l'aventure, faut vraiment qu'il y est matière.

L pour « Long » – Le roman le plus long que tu aies jamais lu.

Peut-être Un monde sans fin de Ken Follet, 1286 pages en grand format. Je n'ai pas encore fini Les misérables, donc je ne compte pas ^^

M pour « Major » – Le roman qui t’a causé le plus gros « book hangover » (« trop plein » livresque – tu ne pouvais plus rien lire après ça).

Le dernier en date A l'ombre des arbres millénaires de V. Ratner. Et je le conseille vivement !

N pour « Nombre » – Le nombre de bibliothèques (meubles) que tu possèdes.

6 ! Mais il faut que j'en rachète une ! Voilà les meubles, mais depuis il y a eu beaucoup de livre en plus du coup ça traîne de partout.

O pour « One » – Un roman que tu as lu plusieurs fois.

C'est une bio pas un roman, et c'est Dalida de Catherine Rihoit. Sinon petite, mon p'tit frère adoré que je lui lise Oui-Oui et le clown mécanique, après plus de 20 ans je me souviens encore de l'histoire !

P pour « Préféré » – Ton endroit préféré pour lire.

Mon liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit !

Q pour « Quote » – Une citation, d’un livre que tu as lu, qui t’inspires ou qui te fait ressentir plein d’émotions.

Plein, plein, plein. Entre autre : "Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre... Mieux vaut s'accommoder des choses, ou les briser que de pleurer à la lune." (Alexandra David-Néel) ; "Être perché sur tes hauteurs spirituelles ne t'autorise pas à déféquer sur nos têtes." (Dans la BD Histoire de la Belgique pour tous) ; "Les hommes,"espèce supérieure", doivent se rendre compte qu'ils n'ont pas un droit de vie et de mort sur les animaux, mais au contraire le devoir de protéger, de gérer le capital aussi bien animal que végétal de leur planète..." (Jean Pierre Hutin) ; "Quand tu te crois perdue dans le chaos, m'avait dit mon maître, tu reviens à l'origine à partir de laquelle on peut créer." 'Fabienne Verdier) ; "La compassion n'est pas dissociable de la sagesse : ouvrir son cœur ne signifie pas fermer les yeux, mettre entre parenthèse sa capacité d'entendement, devenir un idiot généreux." (Grazyna Pearl) ; et j'en ai encore plein d'autre (notamment celles visibles en couverture sur mon blog ou dans la catégorie proverbe).

R pour « Regret » - Un regret de Lecteur.

Ne pas pouvoir acheter tous les livres que je désir.

S pour « Série » – Une série que tu as commencée mais jamais finie (et dont tous les livres sont sortis).

La série Ewilan de Bottero, je ne sais plus lesquels j'ai lu, mais je sais que je n'ai pas lu toutes les séries de ce monde. Mais je vais les finir un de ces quatre car je les ai.

T pour « Trois » – Trois de tes livres préférés de tous les temps.

Proverbes d'Asie (celui que j'ai en photo sur ma page FB du blog) ; La vie sur-humaine de Guésar de Ling d'Alexandra David-Néel (encore ^^) ; Une soif d'amour de Yukio Mishima. Dure comme question, parce qu'il y en a d'autres.

U pour « Unapologetic » – Quelque chose dont tu n’éprouves absolument aucun remords d’être fan(girl).

Dragon Ball Z et Saint Seiya. Alors j'ai connu ça petite avec le Club Dorothée, mais quand je peux les lire, je les lis avec grand plaisir. D'ailleurs je pense me les acheter rien qu'à moi, parce que j'en suis vraiment une fan ! Quant au Donjon de Naheulbeuk, je les ai déjà en livres et BDs (j'ai aussi les CDs) et j'adore !!! Et je n'ai aucun regret !

V pour « Very » – Un roman dont tu attends la sortie avec grande impatience, plus que celle des autres.

Ca va vous faire rire, mais je vous jure que je attends ce livre avec impatience. Hitler et les sociétés secrètes : enquête sur les sources occultes du nazisme de René Alleau, et ce n'est pas un roman.^^

W pour « Worst » – Ta pire habitude livresque.

Du mal à me concentrer, je peux être vite préoccupée par d'autres choses ou penser à autres choses. Mais j'ai pire ! Souvent je refais carrément l'histoire du livre que je lis. >_<

X pour « X » – Commence à compter en haut à gauche de ton étagère (la plus proche) et prends le 27ème livre.

Benoîte Groult La touche étoile. Que j'avais moyennement apprécié.

Y pour « Your » – Ton dernier livre acheté.

Ceux-là :

S7301744


Z pour « ZzZ » – Le livre qui ta volé ton ZzZ (le dernier livre qui t’a tenue éveillée bien trop tard la nuit).

Big brother de Lionel  Shriver.

 

FIN

 

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25 septembre 2014

"Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder

"Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder

oona et salinger roman

Résumé :

« Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O’Neill, 15 ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant... quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood.
Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant. »

Mon avis :

Comme vous le savez j’adore Beigbeder, et si j’ai voulu lire ce livre c’est bien à cause du nom de l’auteur, car pour être entièrement honnête je n’aime pas Salinger. Je n’ai vraiment pas aimé L’attrape-cœur. D’ailleurs généralement j’ai du mal avec les écrivains classiques américains, mais bref car là n’est pas le sujet de cet avis. Non le sujet de ce livre et « Onna et Salinger », et avec ce genre romanesque, mélangé à du biographique et de l’historique, je dois dire que Beigbeder a fait un très bon cru, même si parfois les passages historiques m’ont un peu étonnée.

Alors niveau écriture par contre ça ne change pas, ça reste du Beigbeder. C’est tour à tour cruel, étonnant, profond, superficiel, drôle, ou encore terriblement terre à terre comme le prouve ce  passage : « Je suppose qu’un romancier professionnel décrirait ici le paysage océanique les entourant, et le vent, les nuages, les pelouses couvertes de rosée, mais je ne le fais pas pour deux raisons. Premièrement parce qu’Oona et Jerry n’en avaient rien à foutre du paysage ; deuxièmement, parce qu’on y voyait rien, le jour n’étant toujours pas levé. » Ce qui à défaut de rajouter de la poésie, rajoute de l’humour, et finalement allège même un peu ce roman assez sombre.

Parce qu’en effet et c’est le premier point important de ce bouquin, même si ce livre parle d’amour, de Oona O’neil, Chaplin, Salinger, qui font partie d’un monde de paillette, de talent et de reconnaissance, faut savoir que ce roman reste malgré tout assez pesant dans l’ensemble. La seconde guerre mondiale et l’horreur du terrain que Salinger a vécu et retranscrit dedans, l’abandon de Oona par son père aussi, ainsi que le rejet de Chaplin par les Etats-Unis. Vraiment l’ambiance n’est pas cool, même si il y a parfois un côté léger, un côté fabuleux parce qu'on rencontre Truman Capote ou encore Ernest Hemingway. Alors certes les libertés sont prises avec les sentiments de ces personnages, mais on se doute bien qu’il y a du vrai dedans.

En plus cet effet obscur est vraiment appuyé par le fait que Beigbeder a vraiment fait ressortir le côté sombre des personnages. Salinger est très sévère avec lui-même à propos de la guerre, il est désespéré de cet amour sans retour pour Onna, et il a en plus pour elle une espèce d’obsession qui l’apaise, surtout lors de la guerre. Oona est de son côté quelqu’un de très sombre, déprimée, elle a un côté enfant perdu, qui plaît d’ailleurs beaucoup à l’auteur. Quant à Chaplin, même si Beigbeder s’attarde bien moins sur lui, on se doute que le rejet des Etats-Unis l’a sûrement affecté, et du coup ça rajoute du dramatique à l’histoire. D’ailleurs sur Chaplin il a écrit un très beau passage quand il dit qu’il fallait visiblement mieux être nazi que communiste (je le dis en gros car j’ai perdu le passage). Par contre j’avoue je n’ai aucune fascination pour Oona, question de genre peut-être ?

Mais malgré tout ce roman empreint de désespoir mais aussi d’amour, reste agréable à lire. Frédéric Beigbeder a vraiment bien écrit cette histoire, il l’a vraiment bien romancée. Il a vraiment bien fait ressortir l’amour fou, l’amour calme des personnages. Les ténèbres qui les entourent. La nostalgie qui pince le cœur. Je recommande vivement ce livre, qui change du Beigbeder extravagant et expansif habituel.

Je remercie les éditions Grasset.

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20 septembre 2014

Un diplôme ça se fête !

 

Salut tout le monde dans le monde !

 

Ce mois de septembre est un grand mois pour moi. J'ai enfin mon DAEU A !!!

Je sais ce n'est rien pour beaucoup, ce n'est que l'équivalent d'un BAC littéraire, mais voilà quand on a qu'un CAP fleuriste qui n'a jamais servi à rien - comme quasiment les 3/4 des CAP à l'heure actuelle (sauf bâtiment peut-être), d'ailleurs je ne conseillerai à personne de faire un CAP -, faut savoir que ça représente beaucoup. Surtout que se remettre aux études après plus de 10 ans d'arrêt ça n'était pas gagné. C'était vraiment un challenge.

Alors certes je l'ai eu au rattrapage, mais comme l'université annulait toutes les mauvaises notes de la première date (car ce n'est pas comme au BAC où on doit juste rattraper des points), je considère que c'est finalement kif-kif et que mon rattrapage ne compte pas pour un vrai rattrapage, vu que dans ce cas-là être au rattrapage signifie repartir de zéro, ou presque... Bon je ne vais pas vous mentir, c'est vrai que j'aurai bien aimé l'avoir au premier coup, mais voilà la première fois je n'avais pas prévu de tomber malade et d'avoir le ventre tout détraqué pendant une journée, et la plus importante en plus ! (Croyez-moi cette journée je m'en souviendrai car je n'ai pas eu que ça comme merde ^^)

Bref je l'ai, et je suis contente à l'idée de pourvoir m'inscrire l'an prochain à l'université pour essayer de faire une licence d'histoire par correspondance, car voilà j'adore l'histoire et la découvrir toujours plus.

Donc, tout ça pour dire qu'il fallait bien que ça se fête. Et comment je l'ai fêté ? En achetant des livres bien sûr !

 

nuage pochtron

 

Sauf elle qui a bu 10 bouteilles de champagne....

Alors les deux premiers ont été acheté avant l'obtention de mon dîplome (du coup je vous les mets), la "BD" je vais vous expliquer, et les trois autres sont bien des achats pour fêter mon DAEU.

 

Vous êtes prêts ?

Alors voici pour toi public et en image mes derniers achats !

Mes deux achats qui n'ont rien à voir avec mon DAEU. Jacob, Jacob de Valérie Zenatti j'en avais déjà parlé dans le bilan de septembre mais comme je ne l'avais pas reçu je vous le mets en photo avec le deuxième livre Saint Louis de Gérard Sivéry. Comme ça Saint Louis se sentira moins seul. ^^ 

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Joséphine de Beauharnais c'est le même genre que celui de Marie-Antoinette sur le bilan de septembre. Et idem c'est ma mère qui me l'a pris (perso je ne mets jamais les pieds dans une presse) parce qu'il n'était pas très cher.

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Maintenant je ne pense pas faire la collection entière, car je viens juste de finir toute la collection du National Géographique Histoire ; et il ne faut pas déconner, ça fait quand même beaucoup de sous à l'arrivée. Les 30 livres en question voilà quand même ce que ça donne, pour environ 300€ quand même.

 

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Et ça c'était pour fêter mon DAEU smilies (170).gif (Oui je le fête au milieu des feuilles).

Alors il y a Wicked : la véritable histoire de la sorcière de l'ouest de Gregory Maguire - (pas mon genre comme vous le savez, mais j'ai envie d'essayer). Ensuite il y a 12 femmes d'Orient qui ont changé l'histoire de Gilbert Sinoué - (lui je le veux depuis des années !). Et enfin Histoire du Taoïsme d'Isabelle Robinet.

 

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Et comme je m'aime et que j'aime mes achats je m'envoie plein de bisous. ^^

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Bonne fin de septembre à tous !

Et en passant je vous laisse le programme lecture de cette fin de mois (ça peut toujours changer).

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19 septembre 2014

"J'aurai dû apporter des fleurs" d'Alma Brami

"J'aurai dû apporter des fleurs" d'Alma Brami

alma brami

Résumé :

«N'apporte rien, Gérault, on a tout !» Toujours cette générosité qui écrase. Ben tiens, c'est vrai, qu'est-ce que je pourrais bien leur apporter, moi, dans leur foyer parfait ! Une pauvre bouteille de pinard ? Qui sera bu le nez bouché avant d'entamer les grands crus de leur cave à vin personnelle. Des fleurs ? Qui se retrouveront dans l'évier, humiliées par tous les bouquets qui, eux, auront eu le privilège de trôner dans des vases. Mieux vaut des mains vides et l'honneur sauf, qu'un «oh, mais fallait pas» qui accable. Fallait pas, vraiment pas, tu nous déranges avec ton cadeau minable, remporte-le. Je viendrai avec rien. Rien et mon manteau et malgré tout, peut-être qu'ils auront droit à mon sourire, peut-être, si je suis grand seigneur. Gérault tente d'offrir une image idéale de lui-même, mais quand on est seul, au chômage à cinquante ans, ce n'est pas chose facile. Homme empêché, il s'interdit de dire ce qu'il pense et retient en lui sa colère, sa violence. Sa voix intérieure prendra-t-elle peu à peu le dessus ? Ironique et tendre, Alma Brami révèle un personnage lucide, terriblement humain, reflet des travers de notre société tout entière.

Mon avis :

Ce n’est pas un livre qui rend très bavard, du coup ça va être un peu difficile pour moi de vous faire un avis  même si j’ai beaucoup apprécié ce roman.

Alors je préviens de suite ce n’est pas un coup de cœur pour autant parce que faut bien dire que c’est un peu répétitif, mais comme c’est terriblement humain et vrai, c’est un livre qui se lit très bien malgré sa simplicité, voire même sa banalité. Parce que oui voilà, ce livre est banal ; puisqu’il raconte juste la vie d’un mec mangé par la vie, sa famille (sa mère plus précisément), ses peurs, ses doutes, ses lâchetés…. Enfin bref, rien de très nouveau et de folichon comme vous le voyez.

Néanmoins au-delà de ça, et c’est la première chose qui m’a plu dans ce livre, c’est que le personnage Mr. Gérault est très sarcastique. Mais pas moqueur pour être moqueur, mais plutôt moqueur pour montrer son dégoût de la médiocrité du quotidien, de la normalité, alors que chose étrange, d’un côté il n’aspire qu’à ça.

Personnage un peu girouette, et même si parfois ses envies et ses attentes me restaient incomprises, j’ai apprécié suivre cet individu terriblement humain fait de paradoxe, de colère, de dégoût, d’envie… pour voir son évolution dans le temps et la finalité qu’il donnera à cette histoire, car cette dernière n’est pas vraiment prévisible. Et d'ailleurs la finalité est sûrement ce qui a de meilleure dans ce livre.

Alors j’avoue, sur le coup je l’ai trouvé un peu rapide. Mais après coup je m’aperçois que cette fin violente, ce changement de position brutal, se révèle parfait. Ça claque comme une porte que l’on ferme d’un geste décisif. La promesse au personnage d’une vie meilleure…

Maintenant beaucoup pourront penser que c’est peut-être un peu salaud de la part de l’auteure de critiquer cette situation via son personnage, car vu de l’autre on possède tous des défauts de la société - et beaucoup pourraient se sentir viser -, mais personnellement je ne l’ai pas mal pris, et c’est vrai qu’on ne peut pas non plus nier qu’il existe des quotidiens tristes à mourir, qui finalement n’appellent pas autre chose que la moquerie. Le seul petit hic à ce roman finalement, c’est qu’Alma Brami bascule un peu beaucoup dans les clichés pour faire ressortir ces traits, mais l’écriture tantôt imagée tantôt drôle arrive à atténuer ce côté.

En résumé ce livre possède d’innombrables atouts ; un personnage terriblement humain agréable à suivre, une écriture fluide et agréable, un ton « tragi-comique »... Heureusement cependant qu’il ne soit pas plus long car on tournerait vite en rond.

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17 septembre 2014

"La langue des oiseaux" de Claudie Hunzinger

"La langue des oiseaux" de Claudie Hunzinger

la langue des oiseaux

Résumé :

« La nuit où j’ai rencontré Kat-Epadô, j’étais seule dans une baraque isolée, porte fermée à double tour. Autour de moi, la tempête. À perte de vue, des forêts. »
 ZsaZsa, une romancière, quitte Paris pour aller dans les montagnes étudier la langue des oiseaux. Elle n’imaginait pas que le soir même, allumant l’écran, elle allait rencontrer une étrange Japonaise dont l’écriture la fascine aussitôt par son charme maladroit. Un jour, celle-ci débarque. Elle a peur. Pourquoi ces deux jeunes femmes vont-elles fuir ensemble à travers les forêts ? De nuit ? Qu’est-ce qui les lie ? Qui les poursuit ?

Mon avis :

Je ressors de ce livre avec un sentiment indéfinissable. Ce n’est pas un mauvais livre, mais il n’est pas non plus inoubliable. L’histoire est, ma foi assez bizarre. Très bizarre même, mais pas désagréable du tout. L’écriture est fluide et cache quelques belles phrases.

Mais à côté de ça, la manière dont a été tournée l’histoire me dérange un peu. Alors déjà je trouve que c’est un peu long à se mettre en place, disons que l’auteure prend son temps pour décrire la japonaise qui est le centre de l’histoire et responsable de cette mystérieuse fuite dans la forêt. Ensuite un autre petit problème, c’est qu’en plus d’être ouverte, la fin paraît un peu trop rapide comme bâclée. Alors bien que bizarrement avec le recul cela me parait faire sens, vu que ça colle à l’ambiance générale du livre, le point d’interrogation restant vraiment la marque de ce livre, j’avoue que sur le coup je la trouve un peu frustrante, car voilà on ne sait rien de concret et ça fait peu une aventure sans la faire.

Pourtant malgré ces premières impressions pas vraiment positives, ça reste une agréable lecture, car comme ZsaZsa (la romancière retirée dans les bois), je ne savais pas trop où j’allais, ce qui se cachait, ce qui allait arriver. J’étais complètement dans la brume, tout comme cette romancière. Et ça c’est vrai que peu de roman de ma connaissance peuvent se vanter de faire vivre en même temps au lecteur les sentiments d’un personnage. Il y a des livres où on sait comment ça va finir ou au moins on sait à peu près à quoi s’attendre, et il y a les autres où on ne peut vraiment pas tirer de plan.

Alors je vous ai parlé de cette ambiance vaporeuse et incertaine qui entoure le lecteur et ce livre, mais une autre ambiance mérite d’être aussi soulignée c’est ce goût de la poésie qui ressort dans ces pages. Alors pour Kat-Epadô cette poésie se retrouve dans l’écriture des annonces sur Ebay, mais en ce qui concerne ZsaZsa c’est un peu plus « subtile », car elle se retrouve plus dans sa retraite, ce quasi dénuement qu’elle vit au quotidien dans la petite baraque de la forêt. Dans cette vie toute simple qu’elle a choisie pour un an, où là elle va se balader, découvrir la vie d’une forêt –et aussi d’une vielle dame- et réentendre au détour d’un arbre un chant d’oiseau. Ce livre joue beaucoup sur les impressions et ça c’est quand même un bon point. Ca a un côté authentique pas désagréable, d’ailleurs ça colle bien avec la fascination du personnage pour l’Extrême-Orient asiatique.

En résumé, malgré une certaine lenteur et une fin un peu frustrante, c’est un livre que je recommande pour sa poésie, son ambiance particulière et son inaccessibilité.

Je remercie en passant les éditions Grasset.



Fin »