Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

24 juillet 2015

"Enfants de dictateurs" de Claude Quétel et Jean Claude Brisard

"Enfants de dictateurs" de Claude Quétel et Jean Claude Brisard

Source: Externe

Résumé :

Qu’ils s’appellent Svetlana, Edda, Carmen, Li Na, Zoia, Jean-Claude ou Bachar... leur point commun est d’avoir été – ou d’être – fils et filles de dictateurs. Acteurs involontaires d'un destin dont ils n’étaient pas maîtres, certains ont dû offrir leur innocence à un régime qui voyait en eux une continuité dynastique. D'autres furent mis en avant pour servir une propagande dogmatique, ou bien dissimulés, exilés, niés pour ne pas faire d'ombre à un père inaccessible. Si certains ont assumé, assument et même revendiquent l'héritage paternel, d'autres n’ont eu de cesse de se cacher ou de rompre de toutes leurs forces avec celui à qui ils doivent la vie. Une fois adultes, ces enfants ont-ils prolongé l'action paternelle ou s'en sont-ils vivement détournés ? C’est ce que nous raconte, avec passion, un collectif d’auteurs, composé d’historiens et de journalistes.

Mon avis :

L’année dernière j’ai lu un livre sur le siège de Stalingrad, et dans ce livre il y avait une photo de Staline avec sa fille Sveltana et Beria. En voyant cette photo je me suis demandé vite fait ce qu’était devenue sa fille (je ne savais pas encore qu’il avait eu d’autres enfants) à sa mort. Le temps a passé je n’y ai plus pensé, jusqu’à la couverture de ce livre qui m’a rappelé mon interrogation d’alors, ce qui par conséquent m’a donné envie de le lire.
Alors en ce qui concerne Sveltana j'ai eu ma réponse, mais au final j'ai en fait eu beaucoup plus que cela, puisque d’une part j’ai découvert la vie des enfants des autres dictateurs (j’ai même été surprise de découvrir que le Shah d’Iran en était un !), et d’autre part j’ai découvert aussi la jeunesse de ces despotes comme celle de Bachar el-Assad (quelle transformation !).

Cela étant ce livre va plus loin encore que le simple fait de brosser un portrait. Il va plus loin que ces quelques lignes qui disent : « Ils sont nés à telle date à tel endroit. » et « Ils sont devenus cela à cause de la mort de ce terrible parent. » Certes il parle de cela, mais il nous raconte aussi les liens qui existaient dans ces familles spéciales. Des liens qui pouvaient être très forts avec tous les enfants ou parfois un seul, ou encore des liens complètement chaotiques, soit parce que le tyran était paranoïaque, soit parce qu’il ne voulait pas se faire doubler, soit parce que les enfants décevaient, etc., etc.
Enfin on sera souvent étonné de ces liens ou même d’une manière plus générale de ces familles car ce livre va plus loin que le sujet premier de ce livre, puisqu'on touche aussi une bonne partie de la sphère privée.

Comme vous l’avez deviné c’est un livre très intéressant à lire car on aborde les dictateurs dans un cadre privé. De plus comme ce sont des courts chapitres c’est d’autant plus intéressant à lire car les auteurs restent sur l’essentiel.
Bref. Un livre que je recommande pour la curiosité et pour mieux cerner la personnalité, voire la politique, de ces personnalités.

Je remercie les éditions Livre de poche pour cette découverte.


22 juillet 2015

Bilan de juin 2015 après la mi-juillet...

Bilan de juin 2015 après la mi-juillet... (tout va bien.)

 

Braves gens écoutez cette histoire honteuse, qui prouve que je suis martyrisée par ma conscience.

 

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C'est ça moque toi ! Tu ne sais faire que ça ! 

En attendant, braves gens, ne vous laissez pas avoir par cet air innocent ! Car sachez que sous cet air innocent se cache en fait un véritable monstre. En effet je sors d'une dépression terrible qui a quand même durée plus de 15 jours, car cette dernière n'a cessé de me gourmander depuis début juillet en me traitant de fainéante, de paresseuse et d'autres mots que la morale m'interdit de prononcer ici, car selon elle j'étais à la bourre dans mes billets et notamment sur mon bilan de juin.
Alors qu'en vérité, je vous le dis, ce n'est pas vrai ! Mais ce personnage si sûre d'elle, refusant d'écouter ma plaidoirie, ne m'a pas laissé le temps de lui dire que tout cela était un habile stratagème pour vous surprendre et montrer que je peux être imprévisible.

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Non mais c'est vrai ! Vous voyez ! Le nuage magique ne me croit pas !

 

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...

Bon puisque c'est ça venons-en aux livres.

Livres lus :

1 - Moi Amélie dernière reine du Portugal de Stephane Bern

2- L'affaire Thomas Quick de Hannes Rastam

3- La perle et la coquille de Nadia Hashimi

4- Anthologie maisons hantées de Collectif

5- Les anges maudits de Tourlaville de Yves Jacob

6- Les évaporés de Thomas B. Reverdy

Livres achetés :

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1- Le règne de Louis XIV d'Olivier Chaline

2- L'identité malheureuse d'Alain Finkielkraut

3- Mandrin le voleur d'impôts d'Yves Jacob (Comme j'ai adoré Les anges maudits de Tourlaville, j'ai voulu en tenter un autre de cet auteur. Mon choix s'est donc porté sur ce personnage historique qui m'intrigue beaucoup Mandrin. Dommage cependant qu'il ne soit dispo que d'occasion.)

4- La Macédoine de Philippe II à la conquête romaine de René Ginouvès

5- L'art du haut moyen-âge de Piotr Skubiszewski

Des achats plaisir et pour mes futurs cours. :) Cependant comme vous le remarquez c'est un petit mois d'achat, mais comme mon anniversaire est passé le 20 juillet ce n'est pas plus mal si j'en ai acheté peu en juin, car là ma PAL viens d'en prendre un sacré coup. Surtout que je ne les ai pas encore tous eu smilies (234).gif

 

 

Enfin bref, bilan fini !

Bonne lecture à tous et bonne fin du mois de juillet.

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21 juillet 2015

"Le siècle de Louis XIV" de Collectif sous la direction de Jean-Christian Petitfils

"Le siècle de Louis XIV" de Collectif sous la direction de Jean-Christian Petitfils

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Résumé:

C'est Voltaire qui, en 1751, proposa publiquement l'expression de " Siècle de Louis XIV ", qui depuis lors s'est imposée pour qualifier la période sans doute la plus éclatante de l'histoire de France, de 1643 à 1715. Ce rayonnement n'alla certes pas sans ombres, et le bilan présenté ici ne dissimule pas, à côté des grandeurs du règne, les misères du temps. De plus, loin d'être immobile, ce grand siècle fut une période de maturation et de transformation de la société, sous tous ses aspects. Aussi cet ouvrage traite-t-il tout autant de la personne royale que du mode de gouvernement, de l'économie du royaume et de la religion que de la guerre, de l'entourage du roi que de la politique extérieure et des mouvements populaires, sans oublier les arts et les lettres. Pour dresser ce panorama, à l'occasion du tricentenaire de la mort du Roi-Soleil, Jean-Christian Petitfils, dont le Louis XIV, paru en 1995 et lauréat du Grand Prix de la biographie (histoire) de l'Académie française, fait autorité, s'est entouré d'une vingtaine d'historiens qui se sont distingués par leur connaissance de cette période : Jean Barbey, Lucien Bély, Yves-Marie Bercé, de l'Institut, Emmanuel Bury, Jean-Philippe Cénat, Jean-Marie Constant, Joël Cornette, Bernard Cottret, Mathieu Da Vinha, Sylvio De Franceschi, Jean-Paul Desprat, Françoise Hildesheimer, Jean-Claude Le Guillou, Alexandre Maral, Emmanuel Pénicaut, Jean-Pierre Poussou, Thierry Sarmant, Jean-François Solnon.

Mon avis :

Louis XIV laisse toujours l’impression d’être un roi très frivole. La démesure de Versailles, son cérémonial de cour, son image au centre de tout, son égocentrisme, son goût pour les fêtes, ne m’ont personnellement jamais laissé d’autre impression. De ce fait je ne le voyais du coup pas être un grand roi réformateur qui savait gouverner.

Et ben je me suis trompée sur toute la ligne. Ce livre m’a en effet vu réviser bon nombre de ces jugements erronés. Là où je ne voyais que comédie, frivolité, culte de la personnalité exagéré, il y avait en fait des manœuvres politiques, qui étaient tantôt une manière de garder un œil sur la noblesse (notamment à cause de la Fronde), et tantôt une manière de diviser pour mieux régner.

Cela c’est pour la première impression que j’avais, mais ce livre m’a en fait ouvert tout un tas de porte sur ce roi et son siècle que je ne connaissais pas. Véritable synthèse socio-politique ce livre m’a montré que Louis XIV fut quand même un grand roi. Très travailleur, organisant conseil sur conseil avec ces quelques ministres, c’est au final un roi qui a su réformer le pays en centralisant le pouvoir, pour pouvoir mieux l’unifier mais aussi pour mieux le protéger des abus et aussi pour mieux se protéger. On lui doit par exemple divers codes et divers changements que même les petites gens ont eu ressenti les bienfaits.  
Bien sûr à côté de cela c’est un roi qui a eu ses erreurs. La révocation de l’édit de Nantes ou ses incessantes guerres qui ont rendu exsangues les finances et le peuple sont là pour nous le rappeler. Mais malgré les faux pas on ne peut enlever le fait que c’était un grand roi qui a su emmener une certaine stabilité à la France.

Tout ce que je viens d’écrire concerne bien sûr Louis XIV, mais au fil de ces pages on se rend très vite compte aussi que c’est un siècle qui a eu ses grands génies politiques comme Colbert, Le Tellier, Louvois, etc. qui ont su faire de la France une puissance guerrière et maritime, mais aussi une puissance économique. Du coup au final tout cela me fait penser que sans eux Louis XIV n’aurait peut-être pas été le Louis XIV que l’on connaît.

Là je vous parle d'un Louis XIV public et politique, mais sachez que ce livre nous le montre aussi sous un jour plus intime, qui va au-delà des histoires d'alcove. De ce fait considérez que c'est un bon livre qui synthétise Louis XIV. Du public au privé, ce livre nous raconte en profondeur ce roi.

Un petit mot avant de finir, il faut savoir que dans l’ensemble ce documentaire se lit bien, cela étant j’avoue que certains chapitres étaient durs à suivre, soit parce que il y’ avait un trop grand nombre de fonction et de nom, ou soit parce que ça parlait de chose un peu abstraite pour moi comme le jansénisme. Donc un conseil, si vous tentez ce livre prenez le temps de le lire et même de relire des passages.

En conclusion, malgré quelques difficultés de compréhension, c’est un livre que je conseille pour cette synthèse du grand siècle mais aussi pour enlever les fausses images que l’on peut avoir de ce roi.

Merci aux éditions Perrin et Babelio.

 

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16 juillet 2015

"La mer couleur de vin" de Leonardo Sciascia

"La mer couleur de vin" de Leonardo Sciascia

la mer couleur de vin

Résumé :

Rebelle à toute forme d’oppression, Leonardo Sciascia n’a cessé de lutter contre les différents pouvoirs. Dans ce recueil de treize récits écrits entre 1959 et 1972, l’enfant du pays raconte la Sicile et sa «mer couleur de vin». Dénonçant les ravages causés par la mafia et l’avidité des nantis, il met en lumière le poids de la tradition religieuse et livre de la misère du peuple une série de tableaux saisissants. Sans aucun doute l’une des voix les plus marquantes de la littérature italienne du XX.

Mon avis :

Je suis désolée auprès de l'éditeur pour se retard qui s'explique par le fait que je n'arrive pas à faire d'avis sur ce livre qui pourtant a été une excellente lecture. Je dois avouer qu'il m'est arrivée parfois de ne pas savoir parler d'un livre que j'ai aimé, et ben là c'est exactement le cas. Je bloque sur les mots. Du coup je suis d'avance désolée si cet avis va être petit.

 

Cela éclaircie, et comme je l'ai déjà dit ce livre a été une agréable lecture. Sauf deux nouvelles Philologie et Eufrosina que je n'ai pas aimé, tout le reste est excellent et m’a énormément plu. L'auteur a une plume charmante, une imagination débordante capable de raconter toutes les histoires du monde, et le savoir-faire certain pour raconter les gens, la vie, les sentiments.
Sur ce dernier point j'ai d'ailleurs sincèrement cru ressentir les mêmes sentiments que notre galerie de personnage, qui vont de l'exilé, à une femme rongée par le remord, en passant par la colère des hommes et leur peine. Sans exagérer, c'est tellement bien raconté que même si on n'a jamais connu ces histoires on ressent la force de tempêtes intérieures.

 

Ca dit je n'ai plus grand chose à dire sur ce livre. Si ce n'est que c'est un livre que je conseille pour les travers qu'il dénonce, pour son écriture passionnée et passionnante, pour son parfum italien et du temps jadis.

Merci aux éditions Denoël.

 

La mer couleur de vin 192 pages.
Traduction de Jacques de Pressac et revu par Mario Fusco en 2015.
Première parution en 1976 et le 13/05/2015
Collection Denoël & d'ailleurs.

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15 juillet 2015

"Puissions-nous êtres pardonnés" de A. M. Homes

"Puissions-nous êtres pardonnés" de A.M. Homes

puissions nous être pardonés

Résumé :

À travers la rivalité passionnée – devenue assassine – qui anime deux frères au point de faire naufrager leurs existences respectives, A. M. Homes brosse un portrait à la fois ironique et sombre de la vie familiale au XXe siècle, mettant en lumière la solitude criante de l’être humain dans notre société. Un roman tragi-comique sur la reconstruction d’une famille profondément meurtrie et sur la possibilité de transformation personnelle, ou comment renoncer à la tentation de nous autodétruire pour apprendre enfin à vivre ensemble.

Mon avis : (attention lisez bien le résumé, car je ne parle pas trop du sujet dans mon avis puisque je trouvais que le résumé en parlait largement assez.)

Sans être pour autant un coup de cœur, j’ai passé un vrai bon moment de lecture avec ce livre.

Roman d’espoir, roman de lutte, ce bouquin m’a réservé d’innombrables surprises. Exemple d’évolution et de persévérance, ces pages vont rassembler tout ce qui a de pire mais aussi de meilleur dans la nature humaine, tout en montrant par la même occasion les ressources inépuisables que l’esprit humain peut cacher.

Ce que j’ai avant tout apprécié dans ce roman c’est l’aventure en elle-même, bien que pas toujours jojo et un peu exagérée, j’ai été étonnée de voir jusqu’à où l’auteure pouvait aller pour révéler les différentes facettes de ses personnages, et ce sur plus de 600 pages et sans jamais tourner en rond.
Franchement à ce niveau-là je dirais juste, car je ne veux pas trop en divulguer, que l’auteure a tapé fort en dotant - et pardon pour l’expression - d’un karma de merde ses personnages. Il est évident que ces derniers ne sont vraiment pas nés pour la chance, ils vont en vivre des vertes et des pas mûres, et rien que pour ça déjà le livre vaut le coup d’œil. (Mais sans blague.)

Cependant l’évolution des personnages vaut aussi son pesant d’or, et surtout celle de notre professeur d’université Harold. Au début homme quelconque presque insipide, - bien que je n’aie pas pu m’empêcher de le trouver encore parfois stupide -, c’est avec plaisir que je l’ai vu évoluer au fil de ces pages pour devenir un autre homme ; plus mûr, plus adulte, moins peureux, plus responsable, plus combattant.
Je sais que c’est un peu bête dit comme ça, mais pour moi Harold représente vraiment une belle aventure humaine, car l’auteure montre à travers ce personnage que ça peut être aussi grâce au malheur que l’on se découvre, que l’on s’épanouit. Pour faire court, j’ai trouvé qu’il y avait une belle leçon de vie à méditer derrière ce personnage, surtout qu’il entraîne dans ce changement les autres protagonistes. 

Bon tout ça c’est bien beau mais quand est-il du reste ? Ben le reste, à part le manque de chapitre je dois dire que je n’ai rien à redire. L’écriture coule toute seule, les pages défilent à une allure folle, ça bouge énormément on ne s’ennuie pas un seul instant, et c’est avec plaisir que l’on suit les tribulations de ce groupe hétéroclite, même si comme je l’ai déjà dit c’est parfois un peu tiré par les cheveux. 

Bref !

En résumé, c’est un livre que je conseille vivement pour ces aventures humaines, même si pour ma part il ne fera pas parti de ces livres qui marquent réellement une vie.

Merci aux éditions Actes Sud et à Lecteur.com

 

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11 juillet 2015

"La perle et la coquille" de Nadia Hashimi

"La perle et la coquille" de Nadia Hashimi

la perle et la coquille

Résumé :

Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses soeurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu'à ce qu'elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d'une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

« Ce magnifique conte familial reflète à merveille les combats des femmes afghanes d'hier et d'aujourd hui. » Khaled Hosseini
« Hashimi entrelace deux histoires tout aussi captivantes l'une que l'autre dans un premier roman envoûtant. » Booklist
« À travers ce récit bouleversant, Hashimi donne la parole à celles qui ne l'ont pas. » Kirkus

Mon avis :

On a beau savoir que le monde musulman est arriéré sur beaucoup de point, notamment sur les droits de la femme, ça énerve toujours de lire ce genre d’histoire.

Cela étant même si j’ai perdu plus d’une fois mon sang-froid, j’ai adoré cette histoire terrible mais passionnante. Moi qui ne m’attendais à pas grand-chose vu que c’est du Milady – je ne lis jamais de Milady trop jeunesse pour moi – là je dois dire que c’est en effet une agréable découverte. Car à travers le destin terrible de ces deux femmes, dont l’une descend de l’autre, c’est un livre engagé qui dénonce la condition des femmes en Afghanistan et même d’ailleurs, qui dénonce la pensée misogyne et pathologique des hommes en terre d’Islam. En effet ce qui se passe en Afghanistan peut très bien s’appliquer à l’Arabie Saoudite par exemple.

D’un sentiment plus général à présent, ce livre a été très difficile à lire je ne le cache pas. L’emprisonnement des femmes dans les murs des maisons et dans leur prison de tissu, les mariages forcés, les violences conjugales, le peu de considération qu’elles ont, n’en fait pas un livre aisément  supportable, pourtant malgré cela il se lit bien et même très bien, d’une part parce que c’est très bien raconté, on s’y croirait tellement c’est réaliste, et d’autre part parce qu’on se doute que la fin va être différente du reste, et qu’elle nous réserve une surprise. Certes l’histoire de Rahima ne sera pas une réussite éclatante, ni même celle de Shekiba d’ailleurs, se sont juste de petites victoires, mais elles sont des victoires qui font chaud au cœur car elles laissent présager que tout peut s’arranger pour nos personnages.

A côté de cela ce que j’ai aussi apprécié découvrir dans ce roman, c’est l’histoire du pays. Bien sûr elle n’est qu’effleurée je le précise, mais qu’elle soit ancienne de 100 ans ou contemporaine, on a un aperçu pas désagréable du tout au final. Personnellement j’ai apprécié découvrir la position du roi Amanullah Khan sur la condition des femmes, tout comme j’ai apprécié, même si là c’est plus triste, découvrir que même au coeur du parlement afghan les femmes sont malgré les apparences pas toutes maîtresses de leur décision. Là aussi elles subissent l’intimidation. Bien sûr l’auteure dit bien que cela est une fiction, mais comme pour la condition des femmes, là on peut clairement se douter que ce que l’auteure dénonce sur les débats au parlement soit en partie véridique.

Bref.

D’une manière générale ce livre est un hymne à la liberté, un chant pour toutes ces femmes qui rêvent de vivre libres, qui rêvent de vivre pour elles et par elles. Une belle plume engagée que je vous invite vivement à lire.

Merci à Babelio et les éditions Milady.

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07 juillet 2015

"Moi, Amélie dernière reine du Portugal" de Stephane Bern

"Moi, Amélie dernière reine du Portugal" de Stephane Bern

moi amélie dernière reine du portugal

Résumé :

Née en Angleterre en 1865, Marie-Amélie d’Orléans, princesse de France, épouse en 1886 l’héritier du trône portugais, dom Carlos de Bragance. À l’âge de quarante-trois ans, elle est foudroyée par le double assassinat de son mari et de son fils aîné. Impuissante à conjurer la révolution de 1910, elle est contrainte à l’exil, en Angleterre puis à Versailles, où elle s’éteindra en 1951 à quatre-vingt-six ans.
De l’exil de sa famille à l’échec de son mariage, de la mort de son mari et de ses deux fils aux chemins de l’errance, de la révolution et des guerres, cette femme aura connu toutes les vicissitudes d’une existence romanesque. À partir de la correspondance et du journal intime de la reine Amélie, documents inédits appartenant aux archives de la Maison de France, Stéphane Bern a imaginé ses Mémoires, reflet fidèle d’une figure méconnue de l’Histoire contemporaine. Il signe ainsi son premier roman à la croisée de deux passions, le Portugal et l’histoire des monarchies européennes, et nous fait partager l’exceptionnelle leçon de vie de La reine Amélie.

Mon avis :

Avec Moi, Amélie dernière reine du Portugal, Stéphane Bern va nous faire voyager sur presque un siècle d’Histoire avec cette dernière reine portugaise qui naquit princesse française.
Livre écrit à la manière d’un journal, avec l’aide d’archive de la maison de France, c’est avec beaucoup de passion pour cette reine que l’auteur va nous faire découvrir les tumultes que cette femme à traverser, et la manière dont-elle les a probablement ressentis.
De son enfance et son premier exil, à ses fiançailles en France, en passant par son voyage à Vienne, pour finir par sa vie au Portugal et son dernier exil, Stéphane Bern va tout nous raconter sur cette grande femme.

Bien sûr ce livre rappellera le Secret d’Histoire que Stephane Bern a fait récemment sur cette reine, en plus de petites choses inédites on retrouvera dans l’ensemble ce qui a déjà été dit sur cette dernière, par conséquent il ne faudra pas s'attendre à trop de découverte.
Cependant comme le ton employé ici sonne plus intime ce n’est vraiment pas un roman désagréable à lire, et ceci malgré la généalogie parfois dur à suivre et le ton un peu trop pathos que l’auteur prête à sa reine. Sur ce dernier point d’ailleurs, je dois dire que cette manie que Stephane Bern lui a donné (ou pas) de croire qu’elle attirait la mort, qu’elle portait malheur, était un peu agaçante, en effet pour ma part j’ai un peu du mal avec ces personnalités-là.

Néanmoins malgré ces quelques petits points sombres - qui faut le dire ne sont pas très importants -, ce fut une lecture très agréable, Stéphane Bern manie bien sa plume et sait bien jouer avec les codes du roman, surtout au début où la lecture est la plus intense dans tout le roman.

En résumé c’était une lecture fort sympathique et je la conseille.

Merci aux éditions Denoël.

Moi, Amélie dernière reine du Portugal
400 pages
Première parution en 1997. Deuxième parution le 04/05/2015

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05 juillet 2015

"L'affaire Thomas Quick" de Hannes Rastam

"L'affaire Thomas Quick" de Hannes Rastam

Source: Externe

Résumé :

Dans les années 1990, Thomas Quick fut reconnu coupable de huit meurtres et en confessa vingt-cinq autres, commis entre 1964 et 1993. On le considéra comme le violeur, cannibale et tueur en série le plus impitoyable de l'histoire scandinave. En 2008, le journaliste Hannes Råstam lui rend visite à l'hôpital psychiatrique où il est interné à vie. Il rassemble ensuite les documents liés à l'enquête, décortique les interviews et les déclarations de Quick, étudie les verdicts, les reconstitutions des crimes. Il découvre alors l'impensable : Thomas Quick est un mythomane, mais pas un criminel. Comment un affabulateur inoffensif peut-il, sans preuves et sans témoins, être accusé et condamné ? Depuis la parution de cet ouvrage, Thomas Quick a été acquitté, puis libéré en 2014.

Ce livre se dévore les yeux écarquillés d’effroi. Une réflexion acérée sur les mécanismes de la justice et de la psychothérapie. Glaçant. Clémentine Goldszal, Les Inrockuptibles.

Mon avis :

Ce livre L’affaire Thomas Quick va remettre en cause un système judiciaire et médical qui présente à l’aube de cette affaire de grosse lacune d’intégrité.

Journaliste d’investigation Hannes Rastam va nous expliquer comment il en est venu à s’occuper de cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre dans son pays, et comment petit à petit il est arrivé à remettre en doute des jugements qui on fait de Thomas Quick à chaque fois un coupable.
C’est donc sur presque 700 pages que nous allons suivre la contre-enquête de ce journaliste qui va nous faire découvrir à son tour et par de longues recherches, les déficiences de la première enquête et les méthodes discutables que les enquêteurs et médecins ont employé, et ce en dépit du bon sens.

Bien sûr quand on commence à lire cela, on est au départ dubitatif, on se demande si l’auteur ne va pas droit dans le mur avec cette nouvelle enquête, car après-tout Thomas Quick à avouer ces meurtres. Pourtant, quand on commence à cerner la psychologie du personnage, et qu’on découvre comment fonctionne sa manière de raisonner, on en vient très vite à comprendre pourquoi il s’est accusé de meurtre.
Évidemment, les aveux ne suffisent généralement pas pour condamner, pourtant ici ils suffiront amplement, car niveau preuve la justice ne trouvera jamais rien de concret, mais jamais. Thomas Quick se servant surtout de ce qu’il voyait dans les journaux pour aiguiller les enquêteurs dans leur enquête (et là autant dire que ça pourrait être limite comique quand on découvre à quoi cela ressemblait), et des réponses que glissaient ces derniers dans leurs questions.

A première vu tout cela ressemble seulement à un scandale judicaire, où des juges, des enquêteurs, cherchaient avant tout la facilité, la renommée et la fortune plutôt que la vérité. Pourtant cette affaire est aussi un scandale médical, d’une part à cause du traitement que recevait Thomas Quick en hôpital psychiatrique - il était devenu complètement toxicomane -, et d’autre part à cause des méthodes qu’employaient cette pseudo-branche de la médecine qu’est la psychiatrie. Ils se sont par exemple beaucoup servis de la théorie des souvenirs refoulés, qui aujourd’hui - et déjà à l’époque - passe pour complètement absurde.
Cela étant croire que leur rôle s’arrête là est une erreur, car Thomas Quick qui avait fait déjà plusieurs séjours en HP avant ces histoires d’homicide, s’est aussi accusé de meurtre à cause d’eux. En effet ce dernier pensait - et vu leur indifférence à son égard -, que pour devenir intéressant à leurs yeux il fallait s’accuser de meurtre et mentir sur son enfance, en accusant par exemple ses parents de sévices sur sa personne.
Bref, on remarquera que niveau écoute on peut trouver mieux chez le curé du village.

Mais au-delà de tout ça, ce livre posent les questions suivantes : jusqu’à quel point peut-on faire confiance à la justice ? A cette pseudo branche scientifique qu’est la psychiatrie ? Ne risquons pas nous même à cause de la nature humaine à rechercher la facilité, la gloire et la fortune, d’être nous aussi victime un jour d’une erreur judiciaire et/ou médicale ? Comme dit sur la quatrième couverture ce livre à en effet quelque chose de glaçant malgré le fait qu'il soit parfois un peu lassant.

En conclusion c'est un livre intéressant qui se lit aussi bien qu'un roman sauf que là c'est véridique. Et ce n'est pas rassurant.

Et ici un extrait qui résume assez bien ce livre je trouve :

« 1- Le patient n’a-t-il eu aucun souvenir des faits pendant un long moment ? Ces souvenirs ont-ils « refait surface » au cours du processus thérapeutique ? Si oui, il y a de grandes chances qu’il s’agisse de souvenirs inventés.
2- Les entretiens se penchant sur ces souvenirs ont-ils été enregistrés ? Si oui, il est possible d’analyser toute influence exercée. Sinon, il se peut que le thérapeute ne puisse isoler l’interaction ayant mené à de faux souvenirs.
3- Les suspicions s’appuient-elles sur autre chose que sur les propres déclarations du patient  (empreintes digitales, tests ADN, preuves matérielle) ? Si ces déclarations sont les seules sources de suspicion, il convient alors de les analyser en détail afin de déterminer si ces informations ont pu être tirées de sources extérieures, par exemple des médias.
S’il y a le moindre risque que des souvenirs aient pu voir le jour au cours de la thérapie, les déclarations du patient doivent être soumises à l’expertise d’un psychiatre ayant suivi une formation universitaire dans le domaine de la psychologie des témoins. […] Si le verdict de la cour se fonde sur de tel souvenirs sans avoir procédé à l’analyse recommande il y a risque d’erreur judiciaire.

Nils Wiklund.
Psychiatre agrée,
maître de conférences en psychiatrie légale, spécialiste en psychiatrie clinique. »

Merci aux éditions du Livre de poche.

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25 juin 2015

"Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde" de Collectif

"Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde" de Collectif

le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde

Résumé :

La religion chrétienne est aujourd'hui la plus menacée au monde. 150 à 200 millions de chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes) sont discriminés ou persécutés à travers la planète. Au Proche-orient, en Afrique subsaharienne, en Asie, les chrétiens sont la cible de groupes armés et d'organisations terroristes. Ils subissent aussi des pressions sociales et des répressions d'appareils d'État. Surveillance, intimidations, assassinats, " épuration religieuse " comme en Irak sur le territoire de l'État islamique : la condition des chrétiens provoque une inquiétude de plus en plus forte dans la communauté internationale. Plus qu'une question de liberté religieuse, cette hostilité grandissante compromet l'existence même d'une civilisation et de ses valeurs. Le sort des chrétiens interpelle non seulement les croyants, mais aussi les non-croyants, les intellectuels, les gouvernements et les organisations non-gouvernementales. Plus de 70 témoignages, reportages et analyses d'experts de 17 nationalités Dirigé par le français Jean-Michel di Falco, le britannique Timothy Radcliffe et l'italien Andrea Riccardi, le Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, coordonné par Samuel Lieven, regroupe les contributions des plus grands experts mondiaux : historiens, journalistes, observateurs, représentants d'oNG et personnalités religieuses. Un livre indispensable pour savoir et comprendre

Mon avis :

Ce livre a été écrit par 70 auteurs, et il réunit études et témoignages afin de nous faire découvrir la vie des chrétiens dans le monde, et plus particulièrement les persécutions dont ils sont victimes - puisqu’aujourd’hui les chrétiens sont les plus persécutés dans le monde, même si bien-sûr ce ne sont pas les seuls.
Maintenant, pour parler de ce livre je vais le couper en deux parties. Je vais mettre d’un côté les pays musulmans ou à forte majorité musulmane (qui tiennent la plus grande place dans le livre), et de l’autre côté, le reste.

 

Alors pour commencer et en ce qui concerne les pays musulmans on remarquera de suite à cette lecture que c’est là où les chrétiens sont les plus vulnérables aujourd’hui, et ce quel que soit le régime. Je veux dire par là qu’il soit extrémiste ou modéré, bien que dans le premier cas c’est pire que dans le deuxième. En effet, si dans le deuxième cas ils souffrent « seulement » de discrimination avec par exemple l’interdiction de faire certains métiers, d’injustice, d’inégalité, de décisions arbitraires venant des autorités comme avec par exemple le choix de la religion, de violence ; dans le premier cas ça va jusqu’à la conversion forcée, au massacre, en passant par la pratique cachée de la foi.

Pour continuer sur ces pays, ce livre va bien sûr s’avérer utile pour découvrir la vie des chrétiens en terre d’islam, mais s’avérer aussi utile pour découvrir une partie de l’histoire de ces nations et l’importance de l’identité musulmane sur ces pays. Une importance qui va jusqu’aux refus de considérer les minorités religieuses, jusqu’au refus de donner la liberté de religion notamment aux musulmans (à part la Tunisie aucun pays n’accepte la liberté de choisir sa religion, quand on est musulman on doit le rester à vie même si ce fut une erreur d'enregistrement à la naissance), et le refus d’égalité entre humains comme le montre la déclaration du Caire sur les droits de l’homme en Islam (1992).

Cela dit je dois quand même préciser, que dans certains pays la religion n’est parfois que le prétexte d’une lutte pour le pouvoir, et parfois que le prétexte pour régler des vieux comptes entre tribus. Même si bien sûr dans beaucoup d’autres cas le réveil d’un islam rigoriste ne cache pas la haine de l’occident et de ses valeurs, et sert aussi de protection afin de refuser le progrès sociales et le fonctionnement du monde, et ça c’est d’ailleurs une mentalité que l’on peut remarquer dans nos pays

 

En ce qui concerne le reste maintenant, c’est-à-dire les autres pays, les histoires contre les chrétiens sont par contre plus différentes et variées. En Amérique Latine se sont des mafias qui s’en prennent aux chrétiens et à leurs représentants, car ces derniers luttent pour la démocratie, l’éducation, l’égalité, la justice et les droits des plus défavorisés (ce que généralement les chrétiens font de partout). Alors qu’en Chine ou en Corée du Nord ce sont des régimes politiques dictatoriaux qui ont une approche particulière des religions, en voyant ça d’un très mauvaise œil soit parce que comme en Amérique Latine ils veulent amener la démocratie et les droits de l’homme, ou soit parce qu’il est interdit de vénérer autre chose que le dirigeant.

Cela étant les tensions religieuses existent aussi dans ces pays. En effet, on le voit par exemple avec les bouddhistes du Sri-Lanka ou en Inde, où là les chrétiens sont la cible préférés des hindouistes car ils sont non-violents et moins dangereux que les musulmans. Sans oublier que le pétrole et autres idées politiques jouent aussi un rôle dans ce dernier cas.

 

Cependant si des choses m’ont fait halluciner en lisant ce livre, je dois quand même dire que je ne suis pas tombée des nues à chaque fois. Certaines choses on les connait déjà où on s’en doute déjà, comme avec par exemple la Corée du Nord où on sait que les religions sont persécutées car seul le dirigeant doit être vénéré, ou encore avec la Chine où on se doute que ça ne passe pas très bien avec les chrétiens et le Vatican, quand on voit que ça ne passe déjà pas avec le Dalaï-Lama.
Idem aussi quant à la déclaration des droits de l’homme en Islam, à part le fait que j’en avais déjà entendu parler ailleurs, on sait que ça n’a rien d’étonnant quand on s’attarde un peu plus sur leurs mentalités, sur leur régime politique, et sur leurs textes sacrés qui sont loin de parler que d’amour, de paix, et d’égalité.
Bref, en lisant ce livre on ne sera pas toujours étonné. Cependant j’admets qu’une chose m’a déconcertée dans ces pages, et cette chose c’est cette propension des chrétiens à être non-violents. J’avoue que là-dessus je n’ai pas pu m’empêcher de les trouver stupides. En effet, j’ai beau ne pas aimer la violence, j’admets que je ne vois pas l’intérêt d’être non-violent dans des milieux violents et même barbares. Honnêtement prier, attendre un miracle, attendre que ça passe, ou « vouloir » jouer les martyrs je trouve ça bête.
Aussi bête que d'avoir besoin d'un livre pour dicter sa conduite en fait.

Bien sûr on peut me dire que répondre à la violence par la violence c’est stupide, ça l’est probablement -ou presque-, mais je trouve ça moins stupide que de subir sans rien dire et sans presque rien faire face à la violence et la haine. Alors tous ne sont pas dans ce cas-là heureusement, dans certains pays d’Afrique notamment, quelques chrétiens ne se laissent pas faire, mais beaucoup d’autres n’ont hélas pas compris cela. Certes le message évangélique rentre en ligne de compte dans ce comportement (si on leur donnait des armes ils les refuseraient) beaucoup restent aussi parce que c’est leur terre, par solidarité aussi, mais chez-moi ce n’est pas une raison suffisante pour subir sans rien faire de concret.

 

Bon là je parle surtout des persécutions, mais sachez que ce livre n’aborde pas que ce côté-là. A travers quelques passages il va faire un état des lieux plus général de l’espèce humaine et de nos sociétés, pour voir où tout cela peut mener.
Néanmoins, j’avoue que certains de ces passages m’ont parfois inquiétée quand par exemple ils disent que nos sociétés devront faire avec la religion (je prends ça pour une régression), quand ils ne m’ont pas carrément énervée par leur côté moralisateur.
Bon je ne dis pas que ce n’était pas intéressant, loin de-là !, j’ai même souvent partagé les opinions de ces auteurs, mais en toute franchise ça n’a pas toujours été le cas, par exemple avec certains passages sur les chrétiens en France (comme beaucoup je pense sincèrement que les agressions contre les chrétiens et leur lieux de cultes n’intéressent pas le gouvernement, et je précise que je ne suis pas croyante), ou encore avec un passage de la page 806.

A propos de ce dernier d’ailleurs, j’ai juste envie de dire que je n’ai pas envie de soutenir ni de comprendre les musulmans qui remettent en cause certains aspects de la culture occidentale qui selon eux dégradent la femme. Certes je suis d’accord une nana à poil et bourrée dans la rue à 2 heures du matin c’est lamentable (idem pour un mec en passant), mais comme elles ont choisi de faire la fête et de s’habiller très léger, je ne vois pas pourquoi on doit les blâmer. Sincèrement je ne vois pas en quoi c’est condamnable, vu que ce sont leurs choix et qu’on ne les a pas forcées à finir ainsi. A la différence des femmes musulmanes qui sont soit voilées de force ou qui se voile par « plaisir » parce qu’elles sont persuadées que c’est normal d’être victimes de la misogynie des garçons vu qu’elles ont été endoctrinées là-dedans, -  oui on ne me fera pas croire qu’on porte le voile par réel plaisir. Je ne peux en effet concevoir qu’on aime être esclave de pratique discriminatoire et de devoir payer la faiblesse des autres, là en l’occurrence l’esprit mal-placé des mecs. (A moins d'être compètement conne ?!)

Tout ça pour dire qu’en toute franchise, j’ai trouvé que par moment il y avait des choses trop bizarres et idiotes dans ce livre. Mais bon c'était à prévoir, car ça c’est une question de point de vue après-tout.

 

Alors cela est la partie importante du livre, mais il faut savoir que ce dernier met aussi en avant quelques lueurs d’espoir –pour celui qui veut y croire- en parlant par exemple de toutes ses actions qui sont entreprises pour que les chrétiens soient considérés dans ces sociétés où ils vivent, où en parlant des quelques rapprochements entre chrétiens et musulmans. Mais personnellement de ces côtés-là je n’attends pas grand-chose, mais qui sait ? Peut-être que l’avenir me surprendra.

 

En résumé c’est un livre que je conseille, car outre le fait que c’est une référence, il est très intéressant pour nous alerter sur une situation terrible et qui ne doit pas nous laisser indifférent qu’on soit athée ou croyant. Cela étant prenez parfois vos distances avec certains passages parce que certains de ces derniers pourraient vous agacer. Bon je n’oublie pas que c’est un terrible documentaire et non un simple roman, mais malgré ça je n’ai pas pu laisser de côté mes convictions et de trouver des choses bêtes de mon point de vue, même si ça était rare.

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24 juin 2015

"Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

"Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

Source: Externe

Résumé :

Les évaporés Ici, lorsque quelqu'un disparaît, on dit simplement qu'il s'est évaporé. Personne ne cherche à le retrouver, pas de crime pour la police, honte et silence du côté de la famille. Sans un mot, Kase un soir a disparu. Comment peut-on s'évaporer si facilement sans laisser de trace ? Et pour quelles raisons ? C'est ce que cherche à comprendre Richard B., venu au Japon afin d'aider Yukiko à retrouver son père. Pour cette femme qu'il aime encore, il mène l'enquête dans les quartiers pauvres de Sanya à Tokyo. Ce roman profondément poétique allie découverte du Japon, encore bouleversé par la catastrophe de Fukushima, et réflexion sur notre désir, parfois, de prendre la fuite. « C'est un roman au charme mystérieux, un roman entre chien et loup, rêve et réalité, où la poésie malgré tout finit par l'emporter. » Michel Abescat - Télérama

Mon avis :

Avec Les évaporés, Thomas B. Reverdy signe un livre d’une grande actualité qui va nous emmener à porter un autre regard sur cet archipel.

En ouvrant ce livre je m'attendais à une espèce d'enquête policière, mais à ma grande surprise il n'en a rien était. Car bien plus qu'une simple enquête, ce roman se révèle être avant tout un portrait du Japon d'aujourd'hui, mais un portrait nouveau, un portrait à découvrir.
Loin des images hautes en couleur que l'on imagine, ici nous allons apercevoir un Japon inexploré, un Japon secret, avec son côté sombre et sa misère, avec ses meurtres et ses disparitions, avec ses décombres et sa fatalité.
Comme vous l'avez deviné, loin du Japon imaginaire, mais tout en gardant quand même un certain exotisme, ce livre se trouve être un portrait humain extrêmement surprenant, où la vie incertaine des personnages se suit avec intérêt.

Cependant tout cela ne fait pas tout.

En effet si ce livre se lit si bien c'est parce qu'il a aussi à côté toute une ambiance pudique, brumeuse, incertaine, qui nous enveloppe et dans laquelle on se meut agréablement car elle rajoute du mystère au mystère.
Dit comme ça, tout cela sonne comme une fatalité et pas très joyeusement, et c'est vrai. Ici on subit et on fait avec, on se questionne, on reste silencieux…, d'une manière générale le récit flirte souvent avec le chaos, pourtant c'est un côté du livre que j'ai adoré car ça collait parfaitement avec ce que l'auteur nous faisait découvrir de ce Japon contemporain où tout est incertain, où l'avenir paraît bien sombre. 
Bon, il y a bien quelques petites légèretés à côté de cela qui allègent ce roman, mais même celles-là au final sont un peu amers et/ou tristes.

En fait, je dirais que c'est un roman tout japonais, où tout se passe et où tout continuera cahin-caha parce que la vie est ainsi.

En conclusion, j’ai trouvé que c’était un livre très intéressant à lire car il montre comme je l’ai dit une autre face du Japon, par conséquent- et même si elle ne restera pas la lecture de votre vie - je la conseille.

Merci aux éditions J'ai lu.

Posté par Florell à 11:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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