Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

16 janvier 2020

"Je suis en CP : cahier de calcul" de Anne-Sophie Dreyfus

Je suis en CP : cahier de calcul de Anne Sophie Dreyfus

je suis en cp

Résumé :

Pour apprendre à calculer avec plaisir dans le respect du rythme de chaque enfant.

Basé sur la pédagogie Montessori, ce cahier s’enrichit des récentes découvertes des neurosciences. Prenant appui sur le sens naturel du nombre dès le plus jeune âge, il place l’éveil sensoriel et gestuel au cœur de l’ apprentissage.

Nous vous proposons de découvrir avec votre enfant de nombreuses activités qui l’accompagneront, de façon progressive, vers le calcul :
Situations du quotidien, variées et ludiques, pour découvrir les différentes notions
Activités favorisant le raisonnement et la répétition, pour mieux ancrer l’information à mémoriser.

Avec des pages de bilans et des conseils.

Mon avis :

Les mathématiques quand on est petit quelle galère ! Et les faire apprendre à vos enfants c’est encore pire. Heureusement Anne-Sophie Dreyfus propose ce petit livret à la méthode Montessori pour améliorer et faciliter l’apprentissage des chiffres en CP.

Ce cahier de 48 pages qui fait moins de 5€, réunit en effet ce qu’on peut trouver de meilleur pour les enfants en apprentissage et les intéresser aux mathématiques sans les rebuter. Colorier, observer, écrire, compter, dessiner, relier, barrer, chercher, ce petit livre propose une panoplie d’approche récréative et sérieuse des chiffres, qui va permettre aux enfants de progresser tout en s’amusant jusqu’au chiffre 100. En plus, en plus d'être divisé en unité ou dizaine par double page, des pages bilan et même défi s'ajoutent aux leçons après chaque avancée significative pour favoriser la mémorisation.

On remarquera aussi qu’Anne-Sophie Dreyfus a pensé à tout pour faciliter l’approche des enfants en abordant les difficultés de manière crescendo. Ajoutez à cela de la couleur dans les pages et de la variété dans les sujets/approche, et vous aurez je pense un enfant heureux de faire des maths. (Je ne pensais pas un jour dire cela !)

En conclusion, réunissant les 100 premiers chiffres, les additions et même les signes « inférieur à » et « supérieur à », ce livret d’exercice est un bon compagnon pour les enfants pour progresser tout le long de l’année scolaire.

Editions Flammarion Jeunesse.


05 janvier 2020

"Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité" de Pascal Bruckner

Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité de Pascal Bruckner
Source: Externe

Résumé :

Il existe assez de racismes véritables pour que l’on n’en invente pas d’imaginaires.
Depuis trente-cinq ans, le terme d’« islamophobie » anéantit toute parole critique envers l’islam. Il a pour double finalité de bâillonner les Occidentaux et de disqualifier les musulmans réformateurs.
Une grande religion comme l’islam n’est pas réductible à un peuple puisqu’elle a une vocation universelle. Lui épargner l’épreuve de l’examen, entrepris depuis des siècles avec le christianisme et le judaïsme, c’est l’enfermer dans ses difficultés actuelles. Et condamner à jamais ses fidèles au rôle de victimes, exonérées de toute responsabilité dans les violences qu’elles commettent.
Démonter cette imposture, réévaluer ce qu’on appelle le « retour du religieux » et qui est plutôt le retour du fanatisme, célébrer l’extraordinaire liberté que la France donne à ses citoyens, le droit de croire ou de ne pas croire en Dieu : tels sont les objectifs de cet essai.

Avis express :

J'ai lu ce livre car il est islamophobe (du moins on pourrait le juger ainsi). Mais il a d'islamophobe ce qu'il y a de plus beau : le refus de se laisser intimider par les idéologies politiques et religieuses ; le refus de fermer les yeux ; le refus de l'interdiction de penser, d'analyser et de critiquer ; le refus de la peur ; le refus du mensonge.
Face à ces arguments historiques, religieux, politiques et l'actualité, l'idéologie islamophobe ne tient pas.

Je suis toujours Charlie.

Des extraits par ici.

 

28 décembre 2019

"Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité" de Pascal Bruckner (extraits)

 

On peut en France, pays de tradition anticléricale, ridiculiser Moïse, jésus, le Dalaï-lama, le Pape, les représenter dans toutes les postures, même les plus grotesques ou obscènes, mais on ne devrait jamais rire de l'islam sous peine d'encourir le courroux des tribunaux ou la lise à mort par les justiciers du djihad. Lui et lui seul, de toutes les grandes confessions, devrait échapper à l'opprobre,à la moquerie. Pourquoi ce traitement préférentiel ?

Pages 47 - 48

Pourquoi le choix de cette religion à l'exclusion de toutes les autres ? Parce qu'elle est le substitut d'un marxisme et d'un tiers-mondialisme à l'agonie, parce qu'elle incarne un pouvoir de dévotion qui nous a quittés. Partant, il faudrait traiter l'islam et ses fidèles avec un tact, une patience, un doigté que ne requièrent ni les juifs, ni les chrétiens, ni les bouddhiste, ni les hindous. Ainsi, explique Régis Debray, il faut distinguer les opinions, révocables et fragiles, des convictions qui engagent l'être entier. Ces dernières, même si elles ne peuvent prétendre au statut de vérité universelle, constituent "un foyer vivant d'existence, de partage et de rayonnement". Et de conclure : "On contredit une opinion, on blesse ou on heurte une conviction." Mais la maturité démocratique suppose d'accepter que mes convictions les plus intimes, mon assurance d'être en possession de la vérité ne soient des opinions pour les autres. [...]
S'il ne fallait pas froisser la croyance des autres, l'humanité ne serait jamais sortie de la foi du charbonnier et en serait restée aux formes primitives de la religion. [...]
Vient un moment où l'enseignement, l'évolution des mœurs la progression des savoirs peuvent entrer en conflit avec telle ou telle croyance et ne doivent en rien plier devant elles.

Pages 49-50.

L'antiracisme, pareil à l'humanitaire, est un marché en pleine expansion où chaque groupe, pour exister, doit exciper d'une blessure qui le singularise. Ce ne sont plus des associations de citoyens qui s'allient pour combattre le racisme, ce sont des lobbies confessionnels ou communautaires qui inventent de nouvelles formes de discriminations pour justifier leur existence, recevoir le maximum de publicité, de réparations.

Page 31

Le fait qu'on ne puisse plus proclamer haut et fort à la télévision ou en public qu'il faut tuer les juifs, les arabes, les blancs [•••] est en soi une bonne chose. Contrepartie de ce progrès : pour éviter de tomber sous le coup de l'accusation, il faut parler avec des gants, user de comparaisons prudentes [•••] Mais étendre cette prudence aux productions de la culture humaine, bannira priori toute critique d'un système, d'une foi, c'est prendre le risque d'amputer la liberté de penser. Ce qu'a entériné la loi Pleven de 1972 qui crée un nouveau délit de " provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence" commise envers des individus "à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée". L'élargissement fut l'occasion, saisie par des associations intégristes, catholiques ou autre, de traîner en justice les auteurs de films jugés diffamatoires ( " Je vous salue, Marie" de Jean-Luc Godard (1985), [•••]). Au motif que certains mots sont des armes [•••] , et peuvent blesser comme l'avait déjà souligné Jean-Paul Sartre citant Brice Parrain, après la guerre, à propos des écrivains collaborateurs, les discours méprisables ou moqueurs envers la foi devraient être censurés. De l'affaire Rushdie, condamné à mort pour avoir, selon ses procureurs, blasphémé la Prophète dans ses "Versets sataniques" jusqu'à l'affaire des caricatures de Mahomet qui se solda par l'assassinat de sang-froid de toute l'équipe de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, la frontière est mince entre le jugement satirique sur les croyances d'autrui et l'outrage maximal. Nous n'aurions donc le choix qu'entre l'offense et l'acquiescement. L'islam radical rajoute à la délicate question du blasphème une nuance importante : il tue les contrevenants et ne s'embarrasse pas de précautions. Tout ce qui relevé jadis de l'esprit des Lumières, la critique mais aussi le discours anticlérical, théologique, philosophique, la satire, devrait désormais être assimilé à une diffamation.

Pages 29-30

Pour que les certitudes des uns ne blessent pas celles des autres, il faut donc des lois, une habitude de la cohabitation, des mœurs communes compatibles avec la liberté d'expression, à condition qu'un culte précis ne s'arroge pas  des droits exorbitants et n'exige pas des égards déniés aux autres. C'est là que le bas blesse quand des fidèles veulent empiéter sur l'espace public pour imposer leurs exigences - refus de piscine et de gymnastique pour les filles, voile intégral, burkini, etc. C'est à la loi et non à la religion de dire le licite et l'illicite et aux citoyens de s'y conformer, quelles que soient leurs appartenances.

Page 51

"Qu'un Michel Houellebecq ait pu être traîné au tribunal par la Mosquée de Paris pour avoir dit en 2001 : "La religion la plus con c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré", en dit long sur l'état de régression où nous sommes (*1). La même affirmation sur le judaïsme, le christianisme, le bouddhisme aurait à peine suscité un soulèvement de paupières."

*1Michel Houellebecq sera relaxé par le tribunal correctionnel de Paris le 22 octobre 2002.
A ce propos, Claude Lévi-Strauss, dans une interview su 10 octobre 2002 au Nouvel observateur, confiait : "J'ai dit dans Tristes Tropiques ce que je pensais de l'islam. Bien que dans une langue plus châtiée, ce n'était pas tellement éloigné de ce pour quoi on fait aujourd'hui un procès à Houellebecq. Un tel procès aurait été inconcevable il y a un demi-siècle ; ça ne serait venu à l'esprit de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu'on pense. Nous sommes contaminés par l'intolérance islamique. Il en va de même avec l'idée actuelle qu'il faudrait introduire l'enseignement de l'histoire des religions à l'école. [...] Là encore, cela me semble être une concession faite à l'islam : à l'idée que la religion doit pénétrer en dehors de son domaine. Il me semble au contraire que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu'ici."

Pages 45-46.

"On a le droit, en régime civilisé, de refuser les grandes confessions dans leur ensemble, de les juger puériles, rétrogrades, abêtissantes. On a le droit de qualifier Moïse, Jésus et Mahomet de "Trois imposteurs", selon la célèbre thèse, connue en Europe dès le 13ème siècle et qui Louis Massignon fait remonter à une secte d'Ismaéliens dissidents du royaume de Barheïn du 10ème siècle. Leur souverain Abû Tâhir Sulaymân (907-944) aurait écrit : "En ce monde trois individus ont corrompu les hommes : un berger, un médecin et un chamelier. Et ce chamelier a été le pire escamoteur, le pire prestidigitateur des trois". Pour qui ne croit pas, les religions ne sont que des fictions, des récits plus ou moins merveilleux ou absurdes. Les regarder avec distance ou incrédulité ne devrait pas valoir la sanction du cachot ou pire encore du terrorisme, cette Inquisition aléatoire."

Page 45.

(La légende raconte que les musulmans se trouvent toujours emmerdés pour répondre à la question.)
"L'explication par l'allergie occidentale n'est pas valide ; il s'agit juste de délégitimer toute interrogation sur la foi en inventant des liens fantaisistes avec le passé colonial de l'Europe, même quand il s'agit de pays comme la Suède, la Norvège, le Danemark, qui n'ont eu aucune expansion territoriale hors d'Europe.

Et si la France et ses voisins sont à ce point hostiles à l'islam, comment se fait-il que les citoyens musulmans y restent et souhaitent toujours y venir, au lieu d'émigrer en masse vers des cieux plus cléments ?"

Page 152

 

"Un rapport publié en 2006 par l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes explique, sans rire, que les actes terroristes commis sur les sols américain, espagnol et britannique depuis 2001 sont traumatisants non pour les victimes mais pour les "musulmans", les "Arabes" et les "demandeurs d'asile".

 

Page 145

 

"La culture de l'excuse est d'abord une culture du mépris : croyant blanchir des groupes entiers, elle les infantilise. Les djihadistes sont réduits à leurs conditions sociales ; loin d'être des meurtriers, ce sont des archanges dont les forfaits nous incombent. On les rhabille du manteau du persécuté, du psychopathe, du déséquilibré. Tout crime, égorgement, attentat à la bombe en France, en Allemagne ou au Proche-Orient, serait un peu de notre faute et devrait nous inciter à battre notre coulpe. Dans l'idéologie de l'absolution, l'acte n'est plus qu'un symptôme. Il fond littéralement, tel le sucre dans l'eau, dans les circonstances qui l'entourent. Tueurs, kamikazes ne sont jamais responsables puisque, nés sur le terreau du mépris, de la pauvreté, de l'exploitation, ils n'en sont que les produits. Ce sont des désespérés qui ont éprouvé un besoin urgent de tuer un maximum de gens. Vient un moment pourtant où les égarements de tels individus ne peuvent être imputés qu'à eux-mêmes : en faire des marionnettes inconscientes des grandes puissances revient à les disculper à peu de frais. L'ami des opprimés fait preuve d'un paternalisme condescendant à l'égard de ses protégés : il leur interdit l'accès à l'autonomie parce qu'il les rend jamais comptables de leurs actes, pas plus qu'il ne les crédite de leurs réussites individuelles.
A ceux qui imputent le terrorisme aux inégalités économiques du proche-Orient, au réchauffement climatique, aux interventions américaines ou européennes, opposons plutôt ce sage conseil du doyen de la faculté de droit du Qatar : le seul moyen de combattre Al-Qaïda ou Daech, c'est de leur substituer une autre théologie, d'autres valeurs spirituelles qui réfutent les leurs. L’enjeu est d'abord religieux."

Pages 91-92

"Dans une note pour la Fondation de la recherche stratégique (février 2016), Bruno Tertrais rappelle que des attentats frappèrent le sol français dès les années 70 sans que nos armées soient intervenues à l'étranger, par le terrorisme palestinien et iranien. En 2000, un projet d'attentat déjoué voulait détruire la cathédrale de Strasbourg alors même que notre pays n'intervenait nulle part. Ne pas frapper en Afghanistan en 2001 aurait permis à un émirat taliban de prospérer et de rayonner sur le monde entier. L'Allemagne elle aussi est menacée comme pays croisé alors qu'elle a peu de troupes hors de ses frontières. Daech veut nous enfermer dans une alternative intolérable : soumission ou intervention. Il est dommage que des responsables politiques, tel Dominique de Villepin, ou des intellectuels s'y laissent enfermer. C'est confondre les prétextes invoqués par les djihadistes avec les causalités réelles.
La France est haïe pour ce qu'elle est, non ce qu'elle fait."


"Éternel travers de l'ultra-gauche : elle a toujours une barbarie de retard, elle garde les yeux fixés sur le national-socialisme d'hier pour mieux s'aveugler sur ses versions contemporaines."

"Or le voile, loin de dissimuler la chevelure, est d'abord une stratégie de visibilité : il départage "nos" femmes des vôtres, les sauvées des damnées, les pudiques des traînées et permet de faire le compte. En quoi il est acte militant, une démonstration de force, l'étendard d'une avant-garde qui veut conquérir les cœurs et les esprits. Se couvrir la tête, c'est faire scission, ostensiblement, d'avec le reste de la société. Comme l'affirme avec candeur, en juin 2016, Hani Ramadan, frère deTariq Ramadan et directeur du centre islamique de Genève : " la femme sans voile est comme une pièce de deux euros, elle passe d'une main à l'autre." À l'inverse, l'universitaire Abderrahim Hafidi demande aux musulmans de France de " comprendre que certains comportements vestimentaires, notamment le port intégral de l'habit religieux, signifient pour nos concitoyens non musulmans un refus du vivre ensemble, en se barricadant dans une posture d'exclusion"."

 

Page 77.

 

"Qu'est-ce que l'antiracisme aujourd'hui ? L'amour de l'autre poussé jusqu'au sacrifice de soi ou des siens. La fraternité obligatoire avec toute l'humanité sauf avec sa propre culture. Car il y a un seul ennemi, l'homme hétérosexuel blanc, héritier du DWEM comme on dit sur les campus américain. Ainsi sont foulés aux pieds l'égalité hommes-femmes, le doute salvateur, l'esprit critique, tout ce qui était associé traditionnellement à une position éclairée. Seul le racisme tourné contre nous est légitime, nous devons approuver chez l'autre ce que nous refusons chez nous. La tolérance envers lui doit tolérer également son intolérance à notre égard.
Ainsi par amour pour l'islam, une certaine gauche halal tombe-t-elle dans une idolâtrie sans failles envers le voile islamique, porté aux nues. Retour d'une ancienne valeur romantique : l'exotisme. On s'entiche jusqu'à l'extase de toute la vêture des salafistes, de leur attirail de bazar orientalisant comme on s'extasiait au XIXe siècle sur les odalisques net les harem."

Pages 74-75

"Pourquoi alors mettre sur un pie d'agalité antisémitisme et islamophobie, surtout à un moment où le premier fleurit dans l'ensemble du monde arabo-musulman sous le nom d'antisionisme ? Pour le dire autrement, pourquoi tout le monde veut-il être juif aujourd'hui, surtout les ennemis des juifs ? Pour accéder fantasmatiquement au statut de Réprouvé, rapprocher la défense de l'Islam de la lutte contre le nazisme. Seule la foi coranique devrait échapper à la remise en cause qui est la règle pour toutes les autres confessions : elle est intouchable, elles sont modifiables."

Page 106

 

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18 décembre 2019

"La petite voleuse de la soie" de José Frèches

La petite voleuse de la soie de José Frèches

Source: Externe

 

Résumé :

Quelques œufs de ver à soie et graines de mûrier… et voilà qu’un secret jalousement gardé en Chine pendant des millénaires finira par être divulgué au dehors de la Grande Muraille, ce qui entraînera la chute de la puissante dynastie des Han.
Nous sommes au IIIe siècle de notre ère, et la « petite voleuse de la soie » s’appelle étoile du Nord. Menacée de mort, cette brodeuse aux doigts d’or fera le bonheur d’un roitelet du Khotan et la richesse de cette oasis, l’un des plus anciens pays bouddhistes.
Sa fuite est le début d’une étourdissante cavalcade sur la légendaire route de la soie, épopée pleine de rebondissements, de fureur et de sensualité, où le lecteur croisera, tour à tour, un vieil ermite taoïste, un général sans peur ni scrupules, un empereur autiste et une redoutable Persane.
Avec ce roman, José Frèches nous fait partager sa passion pour la Chine. Il nous montre combien la soie était, pour tous les Chinois, une étoffe sacrée, symbole de beauté, de douceur, mais aussi de rayonnement et de domination.
Jusqu’à ce qu’un coup de foudre ne vienne tout renverser…

Un grand roman au cœur des mystères de la Chine.

Mon avis :

Depuis Moi, Confucius je n’ai pas lu de José Frèches aussi prenant. J’ai apprécié découvrir Gengis Khan, 2500 ans de la Chine, j’avais beaucoup moins apprécié le Père David et le Panda, avec La petite voleuse de la soie je retrouve enfin ce que j’apprécie dans le roman et chez cet auteur : une écriture prenante, un fond  historique, un soupçon énorme de connaissance.
Je suis toujours ravie d’apprendre des choses, surtout quand ça concerne des régions pour lesquelles j’ai de l’intérêt, mais pour moi l’intérêt de ce roman ne réside pas que dans son savoir - même s'il en fait indubitablement partie.

En effet, pour commencer, je salue le roman par le traitement des personnages. Ces derniers, variés et nombreux, assurent déjà à eux seuls une part importante de l’intrigue. Chacun a son caractère, ses petites ambitions, sa petite histoire, ses petites haines, qui donnent très vite du rebondissement à l’intrigue et fait que ce livre n’est pas un long fleuve tranquille. On sent que ça va dégénérer. Surtout si on ne perd pas de vue qu’à l’époque la justice peut être assez expéditive, et qu’il est facile de piéger quelque-un.
Je ne vais pas vous mentir tous les personnages ne sont pas sympathiques, bien sûr que parfois on a envie d’en tuer quelques-uns, mais à part ça rien de grave, le roman s’en chargera bien tout seul. (J’ai un sourire sadique qui se dessine sur les lèvres. Oui.)

Outre les personnages qui donnent déjà à eux seuls la substance intéressante du livre, l’autre atout de ces pages est bien évidemment l’approche de la Chine ancienne par l'auteur. A travers ce livre José Frèches qui est un grand connaisseur de la Chine, a su trouver les mots justes et l'ambiance juste pour dépayser son lecteur et le transporter dans une Chine hautaine, brillante, secouée par les révoltes, injuste par sa misère et le traitement de certains personnages. Pas une Chine toujours sympathique... Mais un vrai cours d'histoire sur fond de légende, écrit d'une écriture qui éloigne l'exotisme songeur, - quand bien même le décor et la soie qui me laissent toujours cette petite image de palais féerique chinois en tête. (On ne se refait pas.)

En conclusion, je n'écrirai pas 150 lignes pour vous dire de lire ce livre, car c'est juste un livre à lire pour découvrir un peu plus la Chine. Et ça devrait être suffisant pour vous le faire lire, acheter, offrir.

XO éditions.

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06 décembre 2019

"Un peu de nuit en plein jour" d'Erik l'Homme

Un peu de nuit en plein jour d'Erik l'Homme

Source: Externe

Résumé :

"Il ne reste plus que ça aujourd’hui, la communion des caves, cette sauvagerie qui seule subsiste une fois quittée la grisaille de la surface où les clans survivent dans des boulots plus pourris qu’une charogne oubliée sur un piège."

Ce pourrait être le monde de demain. Paris est envahi par une obscurité perpétuelle et livré aux instincts redevenus primaires d’une population désormais organisée en clans. Dans ce monde urbain terriblement violent, Féral est un des derniers à avoir des souvenirs des temps anciens. Il est aussi un as de la « cogne»,
ces combats à mains nues qui opposent les plus forts des clans dans des sortes de grand-messes expiatoires. C’est lors d’une de ces cognes qu’il rencontre Livie, qui respire la liberté, l’intelligence, la force. Leur amour est immédiat, charnel, entier. Mais le destin de Féral va se fracasser sur cette jeune femme qui n’est pas libre d’aimer.

Bijou littéraire, Un peu de nuit en plein jour parle de notre monde qui s’abîme, de la part de sauvagerie en l’homme, de l’inéluctabilité des destins.

Avis rapide :

Pour une première avec l'auteur, ça n'a pas été très concluant. Ce livre n'est pas déplaisant, il se lit bien, mais il n’est pas pour autant extrêmement plaisant. L'histoire est terrible, l'ambiance dangereuse avec quelques plages de douceur qui permettent le rêve et l'épanouissement, mais le côté oppressant et violent sans trop savoir pourquoi m'a un peu perturbée. (Bien que je me doute que c'est l’humanité qui a commencé à définitivement foirer.)
Bref. Pas la lecture de l'année, malgré une écriture qui possède son charme et une fin... vous verrez.

Extrait :

"En vérité Féral pense que c'est trop tard, que les jeunes qui se sont révoltés avant eux, quand il était encore temps, se sont trompés de révolte - c'est facile d'exiger que tout change alors qu'on n'est pas prêt à changer soi-même. La couleur du ciel, ce n'est pas un problème extérieur mais une affaire intérieur. A quoi bon le soleil si les cœurs ne sont pas prêts à l'accueillir ?"

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"Le grand voyage en abécédaire" de Christian Demlly et Alain Pilon

Le grand voyage en abécédaire de Christian Demlly et Alain Pilon

Source: Externe

Résumé :

Au réveil, dans les premières blancheurs de l’aube, les yeux sont tout encore gonflés de sommeil. Dehors l’air est glacial, mais dans l’âtre brûle un feu qui réchauffe les corps et les âmes. C’est l’heure du petit déjeuner. Au menu, salade de fruits : amandes, ananas, abricots, plongés dans un sirop aux arômes de vanille. Il faut bien se nourrir, car la journée va être longue. À peine le repas avalé qu’il est temps déjà d’aller chercher dans l’armoire entrouverte les anoraks suspendus, et de se préparer pour la grande aventure…

Mon avis :

C'est bien la première fois que je lis des abécédaires, donc je n'ai aucun élément de comparaison. Toutefois, cet abécédaire me parait bien composé pour les enfants, puisque ce très grand format propose une grande histoire pour permettre aux enfants apprenant à lire, à repérer les lettres, les sons, les images et à découvrir des mots pas souvent utilisés. (Ce dernier point implique donc pour les adultes une sorte d'obligation d'être à côté afin d'expliquer les mots inconnus aux enfants.)
Outre cette variété de possibilité, on peut aussi souligner de manière bénéfique le petit jeu qui se trouve à la fin du livre, et qui permet aux enfants d'intégrer plus facilement les lettres et les écritures de manière ludique.

Niveau histoire cependant ce n'est pas si terrible. Elle n'est pas mauvaise, mais elle n'a rien vraiment d'exceptionnelle ; l'amitié, l'aventure et le courage seront de mise comme dans toutes les histoires. Cependant, par sa richesse de langage, ses illustrations, elle peut être suffisamment intéressante pour les enfants. Un livre à tenter donc, pour les enfants du CP.

Babelio et Editions Grasset Jeunesse.

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26 novembre 2019

"Enfants perdus de Roumanie : histoire des orphelinats de Ceausescu" de Jean-Philippe Légaut

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Jean-Philippe Légaut.

les enfants de ceausescu roumanie

Résumé :

Images d’enfants maltraités, mal nourris, privés d’accès aux soins, entassés dans des bâtisses insalubres : en 1989, l’opinion internationale découvrait avec effroi l’enfer des « orphelinats de Ceausescu », au point que leur démantèlement fut une condition sine qua non de l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne.

Au-delà des représentations sensationnalistes diffusées par la presse et les organisations internationales, la réalité de ce phénomène reste encore largement méconnue. Une certitude : du fait d’un manque cruel de moyens et de personnel qualifié, ces « enfants de l’État » ont, par dizaines de milliers, subi pendant des années, sans possibilité d’échappatoire, la rudesse des conditions de vie sous le régime socialiste et une violence quotidienne au sein des institutions censées les prendre en charge.

En s’appuyant sur des sources nationales et locales inexplorées, sur de nombreux témoignages d’anciens mineurs placés, mais aussi sur ses douze années d’observation et de travail social sur le terrain, Jean-Philippe Légaut nous montre pourquoi et comment ces structures ont condamné ceux qu’elles auraient dû protéger.

Lien : http://encreenpapier.canalblog.com/archives/2019/11/26/37817046.html

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17 novembre 2019

"Le Roi fol" de Laurent Decaux

Le Roi fol de Laurent Decaux

Source: Externe

Résumé :

Au début de l'année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d'accoucher d'un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l'Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d'adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s'abattent sur le jeune roi.

Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s'agitent en coulisse. à la cour, le vice est l'affaire de tous et l'ambition n'est pas l'apanage des grands. Dans l'incroyable entreprise de démolition d'un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l'Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer.
La France en sera quitte pour cinquante années de chaos.

Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d'une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions.

Mon avis:

Nous sommes au 14ème siècle en 1392, Charles VI n'est pas encore le roi fou mais le bien aimé. A cette époque, il est un roi bien parti pour donner le meilleur à son royaume, mais il ne le pourra pas. A cause de sa folie, à cause de son entourage. Lecteur apprête-toi à plonger dans ce panier de crabe où tous les coups sont permis.

Ma lecture du Seigneur de Charny l’année dernière m’avait moyennement plu, j’avais trouvé le roman bien et pas bien à la fois. Certains sujets m’avaient plu et d’autres traînaient un peu trop en longueur pour moi, ce qui m'avait fait sortir mi-figue mi-raisin de cette expérience livresque. Cette année, dieu merci, l’expérience romanesque qui m’a été offerte avec ce livre a été cent fois meilleures ; avec son nouveau roman Le Roi fol, Laurent Decaux m’a offert une expérience de lecture franchement différente et franchement plus agréable que celle de 2018, étant donné que l’auteur a gagné en souplesse d’écriture, en maîtrise, en un mot : en talent.

En effet, contrairement au premier livre qui était pour moi long au démarrage, qui bloquait un peu, qui languissait dans son récit, le roman est ici à mon goût plus fluide, plus rapide, et j’ai trouvé accessoirement que le mélange des intrigues était mieux maîtrisé que dans le premier roman. Je m'explique, autant dans le Seigneur de Charny on distinguait deux voire trois histoires dans un livre, autant là on a pour un livre des histoires qui s’agglomèrent correctement entre-elles pour en former une seule à l’arrivée. Et une seule particulièrement prenante, il faut bien le dire.
Faut dire que c’est difficile de ne pas faire prenant avec ce roi et la Guerre de Cent ans. Oui pour ceux qui dormaient dans le fond, je rappelle que l’anglais n'est pas le seul ennemi à la France, et personnellement j’ai toujours pensé que le règne de Charles VI c’était le règne de ce roi qui pouvait permettre le pire comme le meilleur - et j’ai trouvé cette dichotomie bien mise en avant dans le livre au demeurant.

Bref ! Niveau écriture, y a pas à tortiller c’est 100 fois mieux maîtrisé que le Seigneur de Charny qui en soit n’était pas non plus mauvais. Je tape dessus depuis le début, mais la lecture avait des choses quand même intéressantes.

Outre ceci, un autre point que j’ai adoré, c’est le développement des personnages. Je dois dire que je les ai tellement trouvé bien fait, que pendant un moment je les ai cru réels. Alors, je sais que certains sont réels et d’autres pas, mais l’auteur leur a tellement bien fabriqué un caractère, une personnalité dans l’esprit de l’époque, que c’était difficile de ne pas y croire. Sans conteste, il y a dans ce livre une meilleure maîtrise du portrait aussi, après on n’adhère à ce qu’il a fait ou pas. Et quand je dis ça je pense surtout à la femme de Charles VI, mais personnellement je suis du même avis que l’auteur ; pour moi c’était une garce.

Bon, vous l'aurez compris, j'ai aimé ce livre et son histoire dans l'Histoire. On a dans ces pages ce qu'on est en droit d'attendre dans un roman histrorique, et le tout est amené avec érudition et talent. On gravite pleinement dans l'entourage de ce roi où on croise le pire comme le meilleur, et la plongée est totale.

En conclusion, c’était une bonne lecture avec une multitude d’intrigue, de personnage, bien écrite et bien remise dans son milieu. A lire pour vous faire plaisir ou/et à offrir avec plaisir.

XO Editions.

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08 novembre 2019

"Gaspard de Paris : le monstre des toits" de Paul Thiès & Benjamin Strickler

Gaspard de Paris : le monstre des toits de Paul Thiès & Benjamin Strickler

Source: Externe

Résumé :

« Je m'appelle Gaspard. J'habite la Butte Montmartre. Un jour, je deviendrai un grand écrivain. En attendant, je suis apprenti ramoneur, je me balade sur les toits de Paris, et je vis des aventures passionnantes. »

Une nuit, sur le toit d'une très vieille église, Gaspard se retrouve face à une gargouille vivante aux crocs pointus... Et si c'était le début d'une improbable amitié ?

Mon avis :

Gaspard petit orphelin ramoneur qui habite chez le père Socrate à Paris, se fait un soir de labeur une amie peu commune : une gargouille. Une adorable petite gargouille au caractère sympathique et féroce.
Ensemble et avec le petit mitron Dieudonné ami de Gaspard et orphelin aussi, ils vont tenter de voir clair dans une affaire louche de brigands qui cherchent à racheter des commerces, et n’hésitent pas pour cela à employer quelques violences. Le danger ne sera jamais très loin pour notre groupe d’ami...

Cette histoire lugubre, n’empêche cependant pas notre gargouille favorite de jouer quelques tours à son jeune ami Gaspard qui vont lui chavirer le cœur… Gaspard va alors découvrir que les princesses n’existent pas que dans les livres qu’il dévore, et que rien n’interdit à notre jeune ami de rêver…
Et parce que notre personnage rêve et possède une histoire peu drôle, on rêve nous aussi pour lui, parce qu’il faut bien avouer que Gaspard est attachant. Lui et les autres aussi, surtout la Gargouille.

Pour mon petit avis, je dirais que cette lecture possède plusieurs atouts, en fait je dirais plutôt qu’elle ne possède aucun défaut. En effet, ce petit livre de quelques 140 pages et illustré avec quelques beaux dessins, à tout pour plaire à un jeune lecteur, étant donné que ce dernier va découvrir dans ce vieux Paris une vie dangereuse et peu frivole, où l’amitié, la culture, le courage, sont les bases de la réussite. Ajoutez à cela un peu de magie et une gargouille adorable, et vous obtenez une lecture savoureuse et addictive. Ce qui est parfait pour avoir envie de découvrir la suite des aventures de Gaspard.

Vous l'aurez compris, que l’aventure continue ! C’était une belle lecture pour les enfants, et c'est une série à suivre en espérant revoir la gargouille dans la suite. (Oui je suis tombée amoureuse de la gargouille.)

Editions Flammarion jeunesse.

07 novembre 2019

"Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité" de Pascal Bruckner

 

Source: Externe

Résumé :

Il existe assez de racismes véritables pour que l’on n’en invente pas d’imaginaires.
Depuis trente-cinq ans, le terme d’« islamophobie » anéantit toute parole critique envers l’islam. Il a pour double finalité de bâillonner les Occidentaux et de disqualifier les musulmans réformateurs.
Une grande religion comme l’islam n’est pas réductible à un peuple puisqu’elle a une vocation universelle. Lui épargner l’épreuve de l’examen, entrepris depuis des siècles avec le christianisme et le judaïsme, c’est l’enfermer dans ses difficultés actuelles. Et condamner à jamais ses fidèles au rôle de victimes, exonérées de toute responsabilité dans les violences qu’elles commettent.
Démonter cette imposture, réévaluer ce qu’on appelle le « retour du religieux » et qui est plutôt le retour du fanatisme, célébrer l’extraordinaire liberté que la France donne à ses citoyens, le droit de croire ou de ne pas croire en Dieu : tels sont les objectifs de cet essai.

Je suis en train de lire ce livre, je vous offre quelques extraits parce que ça me fait plaisir.
Je ne l'ai pas fini, mais je pense que beaucoup de personne devrait le lire, ça leur ferait peut-être pousser un neurone ou deux. Sinon il est à lire, car il est très important d'avoir un esprit qui dévie de la doxa officielle, dans cette époque du retour à l'obscurantisme qui doit être vu comme une norme.

"En octobre 2013, à Istanbul, l'organisation de la Conférence islamique, financée par des douzaines de pays musulmans qui persécutent sans vergogne juifs, hindous, bouddhistes et chrétiens, demande aux nations occidentales, incarnées par la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et le Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, de mettre fin à la liberté d'expression, au moins en ce qui concerne l'islam, représenté de façon trop négative comme une confession qui opprime les femmes et fait preuve d'un prosélytisme agressif. Les signataires veulent faire de la critique de l'islam et, notamment, de l'assimilation des musulmans à des terroristes, un crime international reconnu par les plus hautes instances. Depuis 1999, tous les ans, les 57 pays de l'organisation de la Conférence islamique s'efforcent d'imposer un délit de blasphème devant la commission des droits de l'homme de l'ONU. Déjà formulée à Durban en 2001, cette demande est réitérée presque chaque année dans les différentes instances internationales. En septembre 2007, par exemple, le rapporteur spécial sur le racisme, Doudou Diène, juriste sénégalais, dans sin rapport présenté au Conseil des droits de l'homme, fait de l'islamophobie une "des formes les plus graves de diffamation des religions". Toujours en mars de la même année, le Conseil des droits de l'homme avait assimilé ce type de " diffamation " à du racisme pur et simple et demandait d'interdire toute moquerie à l'égard du Prophète et des symboles islamiques.
Double ambition donc : faire taire les Occidentaux, coupables de 3 péchés capitaux, la liberté religieuse, la liberté de penser, l'égalité entre hommes et femmes. Mais surtout forger un outil de police interne à l'égard des musulmans réformateurs ou libéraux qui osent critiquer leur confession et en appellent à un changement du code de la famille, à la parité entre les sexes, au droit à l'apostasie, à la conversion ou encore la possibilité de "dé-jeuner""
Pages 35-36

"On ne s'est jamais autant apostrophé au nom de ses origines, de ses croyances ou de sa couleur de peau. Dans un mouvement déjà remarqué par les plus lucides, Paul Gonnet, Pierre-André Taguieff, l'antiracisme ne cesse de racialiser toute forme de conflit ethnique, politique, sexuel ou religieux. Il recrée en permanence la malédiction qu'il prétend combattre."
Page 22

"C'est la perversité de l'obscurantisme que de faire apparaître la liberté comme une anomalie et l'asservissement comme une norme."

"L'antiracisme, pareil à l'humanitaire, est un marché en pleine expansion où chaque groupe, pour exister, doit exciper d'une blessure qui le singularise. Ce ne sont plus des associations de citoyens qui s'allient pour combattre le racisme, ce sont des lobbies confessionnels ou communautaires qui inventent de nouvelles formes de discriminations pour justifier leur existence, recevoir le maximum de publicité, de réparations."
Page 31

"Le fait qu'on ne puisse plus proclamer haut et fort à la télévision ou en public qu'il faut tuer les juifs, les arabes, les blancs [...] est en soi une bonne chose. Contrepartie de ce progrès : pour éviter de tomber sous le coup de l'accusation, il faut parler avec des gants, user de comparaisons prudentes [...] Mais étendre cette prudence aux productions de la culture humaine, bannira priori toute critique d'un système, d'une foi, c'est prendre le risque d'amputer la liberté de penser. Ce qu'a entériné la loi Pleven de 1972 qui crée un nouveau délit de " provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence" commise envers des individus "à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée". L'élargissement fut l'occasion, saisie par des associations intégristes, catholiques ou autre, de traîner en justice les auteurs de films jugés diffamatoires (Je vous salue, Marie de Jean-Luc Godard (1985), [...]). Au motif que certains mots sont des armes [...] , et peuvent blesser comme l'avait déjà souligné Jean-Paul Sartre citant Brice Parrain, après la guerre, à propos des écrivains collaborateurs, les discours méprisables ou moqueurs envers la foi devraient être censurés. De l'affaire Rushdie, condamné à mort pour avoir, selon ses procureurs, blasphémé le Prophète dans ses Versets sataniques jusqu'à l'affaire des caricatures de Mahomet qui se solda par l'assassinat de sang-froid de toute l'équipe de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, la frontière est mince entre le jugement satirique sur les croyances d'autrui et l'outrage maximal. Nous n'aurions donc le choix qu'entre l'offense et l'acquiescement. L'islam radical rajoute à la délicate question du blasphème une nuance importante : il tue les contrevenants et ne s'embarrasse pas de précautions. Tout ce qui relevé jadis de l'esprit des Lumières, la critique mais aussi le discours anticlérical, théologique, philosophique, la satire, devrait désormais être assimilé à une diffamation."
Pages 29-30

"Tout ce qui distingue les hommes finit par les opposer."
Page 23

"Pour établir des ponts entre les hommes, il faut commencer par rétablir des portes qui délimitent les territoires de chacun."

Posté par Florell à 20:53 - Documentaire / Essai - Commentaires [0] - Permalien [#]
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