Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

18 novembre 2014

"Nouvelles d'ados" Prix Clara 2014

"Nouvelles d'ados" Prix Clara 2014

nouvelles d'ados 2014

Résumé :

Plusieurs centaines d'adolescents âgés de moins de 17 ans, en France et dans tous les pays francophones, ont participé à ce concours de nouvelles. Sur quelques six cents nouvelles envoyées, seulement une poignée sera retenue pour former ce recueil, offrant ainsi l'opportunité à des écrivains en herbe d'être publiés. Dévoilant une sensibilité à vif à travers des thématiques aussi diverses que la politique, la maladie, et le voyage, les nouvelles du Prix Clara ouvrent une fenêtre sur les rêves et les préoccupations des adolescents d'aujourd'hui. Amour, science-fiction, polar, témoignage, aventure etc. : tous les genres sont exploités par ces jeunes avec brio, révélant ainsi leur intérêt et leur talent pour l'écriture. Ces nouvelles surprennent par leur fraîcheur, leur originalité, leur sincérité, et forment une manière de polaroïd de l'imaginaire adolescent.

Mon avis :

Nouvelles d’ados est un petit livre qui réunit quelques nouvelles écrites par des adolescents. Reflet des préoccupations de ces derniers, de leur imaginaire, j’ai énormément apprécié ce petit recueil, qui se montre tour à tour profond, simple, tendre, terrible, existentiel, imaginatif, et où les protagonistes des nouvelles sont autant variés que les sujets.

Bien sûr parfois les mots paraissent mal choisis, comme le mot « Smoothie » ou « magazine » dans la première nouvelle, mais malgré quelques tournures maladroites, les nouvelles n’en restent pas moins pleines de charmes. L’écriture est soignée, poétique, et amène avec finesse la diversité des histoires et des messages que ces dernières font passer.

A ce propos, j’ai vraiment apprécié la diversité des nouvelles, alors que j’avais peur que les sujets soient trop superficiels où trop représentatifs de la mode des jeunes, avec leur goût pour la technologie par exemple, je me suis finalement retrouvée dans un monde différent à chaque fois, où souvent la simplicité des messages et des histoires primée sur le reste, et ce même dans les nouvelles un peu imaginaires comme dans La main de l’écrivain, où le stylo et le papier ne sont pas un ordinateur et son clavier. Néanmoins mes nouvelles préférées restent, Je suis un chat, peut-être parce que j’ai des chats moi aussi ? Et, Ex hedera, qui aborde la vie, la mort et l’éternité à travers la flore ; mais honnêtement toutes sont très agréables à lire.

Pour finir je tiens à féliciter ces jeunes qui possèdent un talent certain, les éditions Héloïse d’Ormesson, et Lecteurs.com ; quant à moi moi je vous conseille vivement ce petit livre magnifique qui vous étonnera.

Prix Clara 2014. Les bénéfices de la vente de ce livre seront versés à l'Associtation pour la recherche en cardiologie du foetus à l'adulte (Arfac)

Auteurs & titres : Je suis un chat – Oriane Laurent / Helmut – Siloé Cazals / Ex hedera – Héloïse Stöckel / De chair et de fibres – Théo Ruel / La main de l’écrivain – Matias Feldman / La mélodie du vent – Esther Friess

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16 novembre 2014

"La main de la nuit" de Susan Hill

"La main de la nuit" de Susan Hill

la main de la nuit

Résumé :

Adam Snow, un marchand de livres anciens perdu dans la campagne anglaise, arrive dans le parc d'un manoir à l'abandon.
Par curiosité, il se dirige vers la porte d'entrée, lorsqu'il ressent une présence mystérieuse...

La petite main qui a saisi la sienne va désormais l'obséder.
D'autant qu'elle semble lui vouloir du mal...

Mon avis :

Même-pas-peur ! Enfin si, sur la fin, mais ça n’était pas à cause du livre, juste la faute à mes andouilles de chatte qui ont grogné après je ne sais pas quoi en direction de la baie vitrée à 00H30, une heure normale pour grogner et me faire flipper, alors que je suis en train de lire un livre qui parle de fantôme. Crétines ! ^^

A part ça je n’ai même pas eu peur, comme pour La dame en noir Susan Hill reste dans son style très subreptice, très subtil, très simple, qui donne des frissons mais pas trop. Ici comme dans le précédent, pas de psychologie très approfondie et d’évènement trop frappant, l’auteure joue avec quelques actions fortes, mais le reste du temps ça reste plus ou moins calme. Un peu à l’image du personnage principal qui possède une certaine facilité pour passer à autre chose d'ailleurs, - ce qui force l’admiration parce que moi j’aurai depuis longtemps fait une crise cardiaque si une main invisible me tenait. Mais passons.

Alors bien sûr dans ce roman on va retrouver quelques clichés inhérents à ce genre d’intrigue, une maison en ruine et un jardin abandonné ça ne bousculent pas les codes du genre. Mais malgré ça, ce livre n’en reste pas moins mystérieux et prenant, cette petite main, ces apparitions, ces évènements inexplicables, m’ont interrogée, m’ont intriguée et je me suis demandé tout le long comment tout cela allait finir ; car même si ce n’est pas un suspense très dense, qui tient en haleine le lecteur, le récit est quand même manœuvré pour être intriguant.  

Il y’a du danger, même si c’est par à-coup, il y a deux ou trois paroles qui sont glissées l’air de rien dans le roman mais qui sont-là pour questionner, il y a aussi des non-dits, bref, il y a quand même de la matière derrière cette apparente mollesse qui fait que le roman n’est pas non plus mort, de plus on se doute que la fin va être inattendue comme dans La dame en noir qui est exactement dans le même style. Bien entendu je ne vais pas vous la dévoiler, mais sachez qu’elle surprend, et que mine de rien c’est un livre qui se lit vite.

Pour résumer, on peut reprocher une certaine inertie dans le récit, un manque d’image forte, mais comme il y a aussi du suspense et une intrigue qui intrigue, il se lit bien. Et je conseille avant tout à ceux qui comme moi sont peureux, et à ceux qui acceptent qu’il n’y ait pas besoin d’effusion de sang pour avoir quelques frissons, je rappelle que ce livre est monté à l’image des apparitions surnaturelles, les sensations sont brèves comme les fantômes qui traversent ce monde. Enfin un moment de lecture sympathique pour moi.

Je remercie les éditions de l’Archipel.

13 novembre 2014

"Prières pour celles qui furent volées" de Jennifer Clement

"Prières pour celles qui furent volées" de Jennifer Clement

prières pour celles qui furent volées

Résumé :

Ladydi, 14 ans, vit dans les montagnes de Guerrero, au Mexique, où les barons de la drogue règnent sans partage. Il ne fait pas bon être une fille dans cette région où elles doivent se déguiser en garçon ou s'enlaidir pour éviter de tomber aux mains des cartels qui en font des esclaves sexuelles. Avec ses amies, elle rêve d'un avenir plein de promesses.

Mon avis :

Je suis mitigée sur ce livre. L’histoire est des plus agréables à lire même si ce n’est pas jojo, mais niveau écriture là je suis par contre plus partagée. Il y a quelques répétitions qui sont un peu soûlantes et qui gâchent le plaisir de la lecture, et de plus parfois l’écriture est trop irrégulière pour vraiment transporter le lecteur dans cet enfer du Guerrero, ce qui est dommage car parfois on frôle des images très fortes servies par une écriture des plus sublimes.

 

Pour en revenir à l’histoire j’ai été là par contre un peu plus transportée, bien qu’elle ne soit pas à tomber par terre, j’ai été surprise par son contenu ; puisqu’elle est assez choquante, car ici il est question de vol de femme, mais aussi de drogue, d’injustice, de machisme, d’abandon, de misère… Un quotidien dur à vivre, qui est un combat permanent pour la survie, que je n’ai pas pu m’empêcher de suivre avec une once de révolte. Comment ne peut-il pas en être autrement, quand la population est trahie par ses administrations, victime d’une justice expéditive, et victime des narcotrafiquants ?  

Cela dit, malgré ces durs sujets, il ne faut pas non plus s’attendre à des descriptions terribles. Jennifer Clement reste assez en surface, laisse deviner les traitements, mais ne va pas dans le choc, et c’est peut-être finalement un bémol, car le fait qu’elle garde ses distances avec l’histoire fait que ça manque un peu de saveur ; surtout que l’écriture est un peu lente et répétitive, puis parfois pas toujours intéressante faut dire, comme quand la narratrice raconte des anecdotes par exemple. C’est sans doute un peu choquant ce que je dis, le sujet est trop grave pour dire cela, mais ça sonnait superficiel tout de même.

 

Heureusement cependant que les personnages rattrapent cela.

En fait surtout la mère de Ladydi qui est pour moi le personnage le plus fascinant de l’histoire. A titre d’exemple elle appelle sa fille Ladydi par vengeance des infidélités de son mari, fallait le faire !? Et même si ce n’est pas le personnage principal de cette histoire, cette femme qui renferme la haine, l’espoir, l’amour, la colère en elle, qui est faite de tout, m’a laissée bouche bée. Car malgré ses attentes déçues, elle n’en reste pas moins courageuse et affectueuse. Bien plus que Ladydi pour moi cette femme est le personnage de ce roman. Celle qui donne la vie à ce livre, Ladydi paraît fade à côté, banale, et ce même si c’est le personnage à qui tout arrive.

En résumé ce n’est pas le livre de l’année et une lecture formidable, je m’attendais à mieux, mais ça se lit bien. Maintenant une question me reste, où s’arrête la réalité et où commence le mythe ?

 

Merci aux éditions Flammarion et Babelio.

10 novembre 2014

"François 1er" de Max Gallo

"François 1er : Roi de France, Roi-Chevalier, Prince de la Renaissance française" de Max Gallo

françois 1er livre

Résumé :

25 janvier 1515. François Ier est sacré à Reims. Dès le mois de septembre suivant, à Marignan, il devient Roi-Chevalier, adoubé à sa demande par Bayard. Il n'a de cesse d'imposer son autorité face à ses puissants voisins, Henri VIII, roi d'Angleterre, et surtout Charles Quint, qui forge le Saint-Empire. En s'alliant avec Soliman le Magnifique, qui lui offre les services du pirate Barberousse, il fait entrer l'Orient au sein de l'Europe. De l'Italie, il rapporte une passion pour les arts, permettant à la Renaissance de s'épanouir dans son royaume. Protecteur de Léonard de Vinci, qui selon la légende meurt dans ses bras, il commande des œuvres aux plus grands peintres italiens. Roi bâtisseur, il agrandit le royaume tout en le parant de merveilles architecturales – le château de Chambord, Fontainebleau, les nouveaux développements du Louvre... Roi visionnaire, enfin, il repousse les frontières et construit les prémices de la centralisation. La France moderne est en passe de naître. Dans la lignée de son Louis XIV, qui a connu un immense succès, Max Gallo dresse le portrait d'un roi d'exception, qui a marqué le destin de la France.

Mon avis :

Quand j’ai commencé ce roman je ne savais pas trop à quoi m’attendre, biographie ou biographie romancée, et finalement il s’avère que c’est une biographie. Mais pas une biographie très approfondie qui va faire le tour du règne de François 1er.

Là Max Gallo va surtout aborder la passion de François 1er pour les femmes, sa joie de vivre, sa mère en qui il avait une grande confiance, ses relations avec Charles Quint, et par extension celles avec Henri VIII et Soliman le magnifique, mais il ne va pas s’arrêter tant que ça –enfin je n’ai pas trouvé- sur ce roi qui aimait l’art, la culture… Ici il n’est pas mention du Collège de France ou de la naissance du français par exemple. D’ailleurs Max Gallo ne parle pas non plus de toute la politique de François 1er , par exemple il n’est exprimé nulle part la politique d'exploration en Amérique du Nord avec Jacques Cartier ou de Giovanni da Verrazzano. Et c’est vrai que finalement pour un portrait c’est un peu dommage qu’il manque certaines choses.

Cela dit malgré ces manques, ce livre donne un portrait assez complet de la politique de ce roi. Quand on lit ce livre, on voit que c’était un roi toujours sur le pied de guerre, qui voulait défendre ses intérêts coûte que coûte, et pour ça il n’hésitait pas à assommer son peuple de taxe pour financer les guerres et à contracter des alliances douteuses avec Soliman le Magnifique. On voit aussi qu’il n’était pas non plus un roi cruel et arbitraire, même s'il n’a pas hésité à poursuivre les protestants, ils savaient se montrer aussi magnanime avec la population et réfléchi quand une situation était ambiguë même si le sujet était grave. Enfin on voit que c’était un roi agréable mais qui en imposait malgré tout, la marque de son règne.

Bon d’accord tout n’est pas dit dans ce portrait, et certains pourraient être déçus, mais l’essentiel y est et en plus c'est accessible même si les passages en vieux français surprennent. Là j’avoue que parfois j’avais du mal à comprendre certains passages à la première lecture, le vieux français je ne le croise pas tous les jours, mais c'est quand même un excellent livre qui se lit bien et qui dégrossi très bien ce roi de France et son époque. Je conseille pour ceux qui ont peur des livres d'histoire trop compliqués, mais qui aimeraient bien se lancer. En plus petit plus il y'a quelques photos utiles.

Je remercie avant de finir les éditions XO éditions.

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08 novembre 2014

"L'enfant qui était monté au sommet d'un arbre" de Mimei Ogawa

"L'enfant qui était monté au sommet d'un arbre" de Mimei Ogawa. 

mimei ogawa

Résumé :

Les deux contes choisis rassemblés ici, L'enfant qui était monté au sommet d'un arbre et Le tonnerre qui gronde au loin, permettront au lecteur de se familiariser avec Ogawa Mimei, 1882-1961, surnommé le Hans Christian Andersen par ses contemporains. Des contes devenus classiques, empreints de poésie et de mystères, écrits dans une langue délicate.

Mon avis :

Je sais que je n'ai plus l'âge de lire les contes pour enfant, moi qui d'ailleurs n'en ai jamais lu excepté une fois des contes polonais, mais quand j'ai vu que c'étaient des contes japonais j'avoue que je n'ai pas pu résister. Et aucun regret ! C'est un plaisir à lire et aussi à regarder. C'est doux et triste à la fois. Tendre, émouvant, mystérieux et simple en même temps.

Les deux histoires changent de ce qu'on a l'habitude de voir, ici pas de monstre et de méchanceté gratuite qui font grandir les enfants plus vite, néanmoins même si les grandes aventures sont absentes de ce livre, l'aventure de la vie n'en est pas moins présente ici. Un petit garçon orphelin qui regarde les étoiles tous les soirs, un autre qui regarde les légumes du jardin pousser, par leur émerveillement, leur monologue et leurs questions ces contes sont la vie.

Possédant une sensibilité universelle, où la poésie, les songes apaisent les blessures, et le mystère donne les plus belles fins et laisse à la misère son malheur, je conseille sincèrement ce livre pour les petits, car après tout la lecture c'est aussi pour les enfants.

(En plus comme c'est une petite maison d'édition qui se trouve à quelques kilomètres de chez-moi, je ne vous laisse pas le choix. Na ! ^^)

 

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07 novembre 2014

"Les hérétiques au Moyen-Âge ; Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ?" de André Vauchez

"Les hérétiques au Moyen-Âge ; Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ?" de André Vauchez

les hérétiques au moyen âge

Résumé :

An mille : les hérésies ne touchent qu'un nombre limité de personnes, appartenant à l'élite culturelle et sociale. Deux siècles plus tard, elles sont devenues de puissants mouvements contestataires qui remettent en cause l'emprise du clergé catholique. De l'Allemagne rhénane à l'Italie centrale et à l'Espagne du Nord en passant par le Languedoc, de nombreuses régions de la chrétienté sont alors "gangrenées" - pour reprendre le vocabulaire des textes pontificaux de l'époque - par diverses formes de dissidence religieuse : Cathares, Vaudois, Patarins... Un défi lancé à la papauté qui les condamne comme des hérésies et les combat par l'intermédiaire de l'Inquisition et des ordres mendiants (Dominicains et Franciscains) à partir de 1231. Aux XIVe et XVe siècles, les accusations d'hérésie se multiplient et visent désormais tous ceux qui désobéissent à l'Eglise ou s'opposent à son autorité, y compris dans le domaine temporel. Le cercle des poursuites ne cesse de s'élargir et l'on finit par considérer comme des hérétiques des hommes et des femmes dont le seul tort était de dénoncer publiquement les abus du clergé et les dérives autoritaires de la hiérarchie ecclésiastique. Une grande oeuvre sur ces prétendus "Suppôts de Satan".

Mon avis :

Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ? Assurément dissidents, quelques sorcières et jeteurs de sort aussi, mais ça c’était pour plus tard, et l’auteur ne s’attarde pas vraiment dessus. Alors pour être franche je n’ai pas tout retenu de cette lecture, parce que je ne vous cache pas qu’il faut bien être dedans pour le lire et j’ai d’ailleurs lu plusieurs fois quelques passages pour bien situer, mais malgré ça j’ai découvert beaucoup de choses intéressantes. En fait, je n’aurais jamais pensé un jour voir cette question sous cet angle-là, pour moi les hérétiques c’était les sorcières, les devins, les sataniques, mais aucunement des gens qui d’un point de vu spirituel voulait revenir à quelque chose de plus sincère, souvent à un mode de vie plus apostolique. Dans ma tête c’était même plutôt tant mieux pour l’église ces gens-là, mais visiblement non. Je suis sans doute un peu naïve…

Bon, je me doutais bien que ces différents courants religieux, - enfin pour ceux que je connaissais- qui se voulaient tous plus proche de Dieu que les voisins, n’étaient pas tous la bienvenus au sein de l’église. C’est connu l’église ne laisse pas si facilement sa place, et l’histoire nous a montré que ses privilèges, qu’ils soient matériels et spirituels, elle y tenait fermement, mais je ne pensais pas qu’ils étaient quand même à ce point honnis, alors que leur but était toujours Dieu finalement. Enfin pour ceux qui étaient réellement « hérétiques », parce que c’était aussi l’appellation idéale pour se débarrasser de ses ennemis. Comme vous le voyez l’hérésie est un problème assez complexe.

Et ce problème complexe, sur une base d’archive et notamment beaucoup d’archives italiennes, André Vauchez va donc l’expliquer. Il va expliquer le déroulement de l’hérésie au Moyen-âge ; la naissance des divers courants religieux, leurs revendications (comme le droit de prêcher), leur vision sur le pouvoir ecclésiastique (pas du tout tendre mais pas fausse), et finalement leur poursuite par le pouvoir séculier mais aussi spirituel, car avec l’hérésie est apparue l’inquisition qui était là pour combattre ces hérétiques qui remettaient en cause le pouvoir ecclésiastique.

Et avec l’inquisition l’auteur va donc donner toute la dimension à ce problème, puisqu’en parallèle au développement de l’hérésie, il a dans le même temps développé l'inquisition et son mode de fonctionnement. Il va par ailleurs rappeler que le bûcher n’était pas toujours la solution finale (sans faire de mauvais jeu de mot), avant ça il y avait les pénitences, le port de la croix sur les vêtements, etc… Sans compter qu’à côté de ça, il y avait tout un système créé pour ramener la brebis égarée sur le chemin de la rédemption. Pour ça il va parler des ordres mendiants, et de l’utilité de certain mythe comme celui de Marie d’Oignies. Néanmoins surprise ! Ca n’était pas toujours facile, car ces gens que l’on disait hérétiques étaient parfois tolérés par les populations, ainsi que par le roi. Comme je vous le disais la question de l'hérésie n'est pas des plus facile.

Enfin je ne vais pas tout vous résumer ici, mais c’est vraiment un bon livre que je conseille. André Vauchez va donner à une question oubliée aujourd’hui et idéologique dans le passé, toute la base pour bien comprendre l’hérésie au Moyen-âge, certes c’est dense à lire, mais bien concentré c’est largement faisable, et le sujet est des plus passionnants. Je conseille aux curieux de l'histoire et je sais qu'il y en a.

Merci aux éditions du CNRS.

 

05 novembre 2014

Bilan septembre et octobre 2014

 

Salut à tous ! Aujourd'hui c'est bilan !

Ca fait quand même deux mois que je n'en ai pas fait, du coup voilà je vais en faire un rapide.

Alors le mois de septembre a été un petit mois de lecture car je n'avais pas trop envie de lire, je sortais des exams donc voilà je n'avais pas trop le goût. En ce qui concerne le mois d'octobre par contre, il a été plutôt bon, bien que pas conséquent car j'ai quand même lu quelques pavés. Du coup forcément ça prend du temps.

Allez je vous montre tout ça.

 

Niveau lecture septembre :

1- La BD du joueur du grenier tome 3 : L'appel aux devoir de Frédéric Molas (J'ai retrouvé le plaisir du premier tome, j'avais un peu moins apprécié le deuxième.)

2- Big Brother de Lionel Shirver (Que j'ai fini le 1er ou 2 septembre mais que j'avais commencé en août.)

3- La langue des oiseaux de Claudie Hunzinger

4- Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder

5- Aristot mon père d'Annabel Lyon

6- Un jeune homme prometteur de Gauthier Battistella

En octobre :

7- La vie volée de Jun Do de Adam Johnson (Pavé 2)

8- Le fils de Philippe Meyers (Pavé 1)

9- Esprit d'hiver de Laura Kasischke

10- Noces de cire de Ruppert Thomson

11- Une singulière prédiction de Yveline Gimbert

12- Chemins de poussière rouge de Ma Jian (Pavé 3)

13- Les hérétiques au Moyen-âge : Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ? de André Vauchez

Niveau achat :

Alors ceux que j'ai acheté à Lyon début septembre.

Les cavaliers de Kessel

Pour seul cortège de Laurent Gaudé

BD joueur du grenier tome 3 de F. Molas

Ensuite ceux dont j'ai déjà parlé ici. A savoir : Jacob, Jacob de Valérie Zenatti, Saint Louis de Gérard Sivéry, Wicked : la véritable histoire de la sorcière de l'ouest de Gregory Maguire, Histoire du Taoïsme d'Isabelle Robinet, 12 femmes d'Orient qui ont changé l'histoire de Gilbert Sinoué.

Et après j'ai acheté : Les gens heureux lisent et boivent du café de Agnès Martin-Lugand, Quand les lieux racontent l'histoire de France de Nicolas Eybalin, et un livre de contes japonais pour enfant que je vais offrir mais que je vais lire avant : L'enfant qui était monté au sommet de l'arbre Mimei Ogawa traduit de Sytefano Arici.

Et voilà !  Ça va je trouve que j'ai été sage. *confidence à voix basse* Bon par contre je n'ai pas parlé des autres réceptions. *je ne sais pas pourquoi je parle à voix basse ?*

 

nuage 2

AB-SO-LU-MENT PAS !

nunu

 

Bon mois de novembre à tous !

 

 

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04 novembre 2014

"Noces de cire" de Ruppert Thomson

"Noces de cire" de Ruppert Thomson

noces de cire livre

Résumé :

Florence, 1691. Zummo est un sculpteur de génie qui crée des statues de cire si délicates qu'elles semblent avoir pris vie. Il a fui sa Sicile natale pour trouver refuge dans une ville vérolée par la corruption, aveuglée par l'austérité, où les citoyens les plus riches assouvissent leurs désirs les plus pervers. Convoqué par le grand-duc qui lui a commandé une Vénus de cire grandeur nature, Zummo parcourt les ruelles labyrinthiques à la recherche d'une femme suffisamment parfaite pour servir de modèle. Mais la Toscane regorge de secrets et de dangers. La torture et les exécutions vont bon train, et, lorsqu'on trouve le cadavre d'une jeune femme sur les bords de l'Arno, le sculpteur commence à croire que le vice prend sa source à la cour des Médicis. Tout en poursuivant sa création, essayant d'insuffler la vie à sa Vénus de cire, il se demande si cette femme parfaite va le mener à son salut ou à sa perte. Noces de cire est une superbe représentation du monde d'avant les Lumières, vibrant de superstitions, de répression et d'incompréhension, doublée d'une intrigue menée à la perfection.

Mon avis :

Pour aller droit au but, j’ai été un peu déçue par ce bouquin. Je m’en étais imaginée toute une histoire avec plein de rebondissement, de course poursuite, de danger, et… pas du tout. Malgré un résumé qui promet quelque chose de très dense, ce livre reste quand même assez mou. Alors il n’est pas inintéressant, il se lit très bien, l’histoire réserve quelques mini-surprises ; mais malgré ça il manque de peps, d’action, et de grosse surprise. On voit arriver certaines choses avant qu’elles n’arrivent et ça c’est très embêtant car ça rend le roman insipide et sans surprise. Du début on sait qui est responsable de tout ce qui arrive, on se doute de ce qu’ils vont faire, et du coup il n’y a plus de surprise, de doute permis ; ce qui est, avouons-le, dommage pour un thriller, puisque c’est censé donner des frissons et insinuer des doutes à la base. En tout cas chez-moi. (Quand je lis un thriller je deviens parano et j’accuse tout le monde.)

En soit cela ne serait pas dérangeant, lire un livre où on sait qui est déjà le meurtrier ce n’est pas un drame (je crois d’ailleurs avoir déjà lu un livre dans ce genre-là), mais là il n’y a pas d’histoire parallèle réellement intéressante pour rattraper le coup. Il n'y a pas de trame cachée. Il n’y a pas de quête. Certes Zummo enquête sur certaines choses, mais j’ai vraiment eu l’impression qu’il n’en faisait pas trop non plus. Et c'est un peu regrettable, car ce dernier plus impliqué dans l'affaire aurait donné plus d'action et peut-être que finalement cette histoire se serait suffit à elle même.

Enfin bref. Ça se lit, mais ce n’est pas le livre de l’année. Il aurait fallu plus d'action et de rapidité pour vraiment me convaincre.

Merci aux éditions Denoël.

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31 octobre 2014

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

ma jian chemins de poussière rouge

Résumé :

Victime de la répression menée par les autorités chinoises sur les artistes dans les années 1980, Ma Jian a trente ans quand il décide de quitter Beijing. Au cours d'un périple de trois ans, il découvre un pays aux multiples facettes déchiré entre ses traditions et les effets de sa modernisation. Des plaines de l'extrême ouest au Tibet aux côtes du sud, l'artiste-aventurier livre une vision sans concession du pays qui l'a vu naître, mais dans lequel il n'est plus qu'un étranger.

Mon avis :

Ma Jian est un auteur dissident chinois, Gao Xingjian le prix Nobel de littérature de l’année 2000 en fait une des voix les importantes et une des plus courageuses de la Chine actuelle. N’ayant lu que ce livre-là de Ma Jian je ne peux pas en affirmer autant, cependant il est vrai qu’à première vue il n’a pas tort, car dans ce livre l’auteur ne se montre pas tendre envers le régime chinois, mais en plus à côté de ça il donne à voir une autre face de la Chine. Qui est une face oubliée, pauvre, misérable, traditionnelle, mais aussi multi-traditionnelle malgré le fait que ça soit qu’une Chine sur la carte. En cela c’est vrai que Ma Jian est une voix pour cette Chine oubliée et aussi pour les victimes de ce régime communiste chinois, lui-même en a été victime en tant que journaliste – artiste, ce qui est le point de départ de ce livre d’ailleurs.

Cela dit même si Ma Jian se montre assez critique  sur ce régime unique, ce n’est pas ce que j’ai retenu en premier lieu dans ce livre. Non. Pas du tout. De même pour la quête spirituelle, bien que je l’ai énormément appréciée même si ce n’est pas ce qui a de plus mis en avant.

En fait ce qui m’a vraiment plu dans ce livre, c’est cette découverte de la Chine profonde et quasiment oubliée du gouvernement chinois. Une Chine éloigné de la mondialisation et de ses richesses. Une Chine pauvre, du système D, un peu sauvage et malhonnête ; où les traditions, les superstitions, sont encore très présentes, du moins à l’époque du voyage dans les années 80, depuis ça a pu changer. Mais même s’il est possible que ça ait changé, c’est vraiment quelque chose qui m’a marqué car parfois c’était juste purement dégoûtant, ou même carrément peu scrupuleux, honnêtement le côté traditionnelle et superstitieux m’a bien moins dérangé.  

Un dernier point qui m’a rendu aussi admirative de ce livre, donc de l’auteur, c’est la facilité que Ma Jian possède pour s’adapter à toutes les situations. Vous vous doutez bien que ce voyage à travers la Chine (même si je crois qu’il a été un peu romancé) n’a pas été sans danger et sans problème, et pourtant malgré cela, toujours l’auteur a trouvé un moyen pour gagner deux sous, ou pour se sortir d’une situation fâcheuse ou dangereuse – quitte à mentir ou autre.

Et personnellement cela me rend admirative, car je trouve que cette force de caractère, cette débrouillardise, cette façon qu’il a toujours d’aller de l’avant, sont une belle leçon de vie, même s’il n’a pas toujours fait des choses très légales, - arnaquer les gens par exemple c’est un truc que je ne peux pas faire.

Mais bon malgré ça, ça reste un livre agréable à lire pour cette distance qu’il peut apporter sur la vie, sur notre condition… Quand on lit ce livre on remarque que l’on n’est pas si mal par rapport à d’autre. Même si à côté de ça je mets en garde de prendre pour acquis ce que l’on a, et ceci que ça soit sur n’importe quel plan, tant niveau personnel que social ou encore politique.

Bref ! Tout ça pour dire que c’est un livre à lire pour élargir son horizon. Et quant à moi je vais continuer à découvrir et lire cet auteur car ses oeuvres m'attirent pas mal finalement. D'ailleurs j'avais dû le sentir car j'ai acheté début septembre son dernier roman ^^

Je remercie en passant les éditions J'ai lu.

Extrait : "J'ai traversé ces terres en sachant que jamais je n'y retournerais. Ces villages appartiennent au passé. Ma destination se trouve toujours devant moi, quelque part, sur un autre chemin."

24 octobre 2014

"Une singulière prédiction" de Yveline Gimbert

"Une singulière prédiction" de Yveline Gimbert

une singulière prédiction livre

Résumé :

Un homme se présente à la porte de Germain Aubert pour le tuer ! Germain sait déjà pourquoi il vient et commence à se rappeler. Indochine, 1954. Suite à une mauvaise blague, Germain laisse penser à son camarade Reymond Malartre qu'il a des dons de devin et lui prédit sa mort dans quelques mois. Cette faute, Germain n'aura jamais le temps de la réparer et Reymond, d'une santé fragile, se suicidera à son retour en France.
Cette prédiction malencontreuse hantera toute l'existence de Germain : incapable de s'adapter à la société, d'accomplir ses ambitions et maladroit avec les femmes. Aujourd'hui, cet homme qui vient pour le tuer, c'est le frère de Reymond.

Mon avis :

J’aime bien lire parfois quelques auteurs proches du terroir, des auteurs régionaux. Généralement ce sont des bonnes petites découvertes agréables, faciles à lire, un peu plus terre à terre que d’autres romans plus connus, enfin bref, j’ai rarement des mauvaises surprises. Et ben là encore une fois, ça été une bonne pioche.

L’écriture est simple, tout s’enchaîne facilement, - alors qu’étonnamment je trouve que le résumé comme le titre ne correspondent pas à la majorité de l’histoire -, les personnages sont agréables à découvrir et à suivre, le décor est très champêtre. Bref, c’est une France profonde et vieillotte que j'ai suivi avec plaisir. Ce livre respire la simplicité, les joies simples, et le temps où elles étaient encore de mise. Ce qui dépayse beaucoup et fait du bien mine de rien ; même si à côté de ça notre pauvre héros à quand même un karma de merde (pardon pour l’expression). Le pauvre il va en vivre des vertes et des pas mûres dans sa vie. Et d’ailleurs c’est malheureux à dire, mais c’est justement ces choses-là qui fait que ce livre se lit aussi très bien, même si comme je l'ai déjà dit l'histoire ne tourne pas que autour de cette prédiction très particulière. Dans ce cas je dirais même qu'elle est en digression permanente par rapport au résumé, mais personnellement ça ne m’a pas gêné le moins du monde.

Cependant il y a un point qui ne m’a pas beaucoup convaincue dans ce livre, c'est la fin. Plus particulièrement le raisonnement du frère de Rey sur la mort. Alors je suis entièrement d’accord avec lui dans le principe, mais complètement ! Cela dit la conversation qui s’est tenue avant dans le livre n’amène pas pour moi ce genre de réflexion philosophique. J’ai trouvé que cette sentence tombait là comme un cheveu sur la soupe. Je ne l'ai pas trouvé en adéquation avec l'histoire, mais bon ce n'est pas non plus un terrible faux pas car elle n'est pas hors sujet, on se demande juste comment elle arrive là.

En résumé ça fut une lecture fort agréable pour moi.

Je remercie les éditions de Borée.

Posté par Florell à 20:33 - Livre régional - Commentaires [0] - Permalien [#]
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