Flûte de Paon / Livre-sse livresque

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13 juillet 2013

"Je te vois reine des quatre parties du monde" d'Alexandra Lapierre

"Je te vois reine des quatre parties du monde" d'Alexandra Lapierre

 

je te vois reine des quatre parties du monde

Résumé :

Comme Christophe Colomb, Dona Isabel Barreto rêva de repousser les limites des mondes connus. Admirée - haïe aussi -, elle devint, au temps des conquistadors, la première et la seule femme amirale de la flotte espagnole. En 1595, elle part de Lima avec quatre galions en quête du cinquième continent : l'Australie. Elle traverse le Pacifique, couvrant près de la moitié du globe sur une route maritime inexplorée. Au fil de ses découvertes, elle va devoir affronter la violence et tenir tête à la mort. Elle aimera follement deux hommes qui partageront son ambition. Mais pour survivre, elle accomplira des actes qu'elle-même ne pourra se pardonner... Connue pour la rigueur de ses enquêtes, Alexandra Lapierre a suivi sa trace dans les bibliothèques d'Europe et d'Amérique du Sud, traquant de Lima à Séville tous les témoignages de cette existence passionnée. Par le souffle et la vivacité de son écriture, elle brosse de cette femme qui osa l'impossible un portrait baroque et puissant, à la mesure d'un destin sans égal.

Mon avis :


J’aime beaucoup l’histoire, voilà pourquoi j’ai voulu lire ce livre. Néanmoins le problème avec ce genre d’histoire c’est que l’on ne sait jamais ce qui est vrai et ce qui a été rajouté, voilà donc pourquoi j’ai cherché un peu à comprendre le parcours de ce livre pour arriver à tout bien différencier ; et ce que j’ai découvert me laisse… stupéfaite.

Déjà l’auteure est tombée par hasard, - et lors d’autres recherches sur un autre personnage -, sur la vie d’Isabel Barreto. Alexandra Lapierre ignorait elle-même la vie de cette dernière, jusqu’à ce qu’elle tombe dans des archives sur les mots « governadora » et « adelantada », mot habituellement au masculin en espagnol. Ce qui je l’avoue me fait halluciner, car il s’en est fallu de peu de chose finalement pour que cette dame Barreto reste dans l’oubli pour beaucoup d’entre nous.

Ensuite ce qui m’a le plus étonné, c’est que finalement il y a très peu de romancé dans ce livre. Tout ou presque, est vrai. Que ça soit les dates, les évènements, etc, etc... l’auteure est restée fidèle aux éléments de sa connaissance, qu’elle a amassés pendant trois ans ! Il y a d’ailleurs en fin de livre des petits passages qui expliquent ce qu’ils sont devenus, ce qui n’est franchement pas désagréable et permet en plus d’avoir une vue d’ensemble.

Pour en venir un peu plus au livre et en particulier au personnage qui nous intéresse, Isabel Barreto, je peux vous assurer que vous n’allez pas être déçu du voyage, si je puis dire… Jamais une femme n’a paru aussi souveraine et singulière qu’Isabel Barreto.

Conquistadora des mers du sud, seule et unique femme amirale (à ce jour) de l’armada espagnol. Nous allons découvrir ici sa vie depuis sa naissance à Lima (et non en Espagne comme beaucoup d’historiens le pensent), en passant par son enfance, où elle a été éduquée un peu à la manière d’un homme et reçu une instruction plus poussée que ses autres sœurs, jusqu’à sa vie de femme qui commence avec son premier mariage avec le navigateur Alvaro de Mendaña découvreur des îles Salomon, Marquises et de Santa Cruz, et finit en couche avec son second mari Hernando de Castro. En faisant bien sûr un détour par le couvent de Santa Clara à Lima où elle fit une courte retraite. Bref, dans ces pages on découvre tout sur la vie de ce personnage, et rien que cela est un délice. Pourtant je vous cacherais bien des choses en omettant de vous parler de la partie que j’ai préférée, celle où l’on découvre toute la singularité du personnage, je veux parler bien sûr du premier et seul voyage d’Isabel avec Alvaro, lorsqu’ils partaient ensemble avec quatre galions pour retrouver les îles Salomon et pourquoi pas trouver l’Australia incognita.

En effet, il faut savoir que c’est spécifiquement dans ce voyage où l’on découvre toute la dimension du personnage, toute sa splendeur et son rayonnement ; déterminée, imposante, réfléchie, intelligente, intransigeante, audacieuse, mais aussi majestueuse. Alors magistrale dans le caractère certes, mais aussi et curieusement, physiquement. Toujours bien mise, avec fraise, bijoux et vertugadin, toujours bien coiffée, même aux périodes les plus sombres du voyage, Isabel Barreto avait compris que tant qu’elle soignerait son apparence c’était faire comprendre aux autres navigateurs qu’il fallait composer avec elle. Ce qui montre vraiment sa grande force de caractère. D’ailleurs par la suite cela est allé plus loin, car à la mort de son mari ça voulait dire qu’elle était le seul maître à bord de ses galions. Attitude qui peut paraître assez invraisemblable quand survivre était le mot d’ordre, ou que la mutinerie, les meurtres, la maladie… agissaient. Mais pourtant une attitude nécessaire pour que l’ordre règne. Et c’est quand on voit cela, que l’on s’aperçoit que cette femme était très intelligente, mais possédait aussi une bonne psychologie, car elle calculait la portée de chaque geste ! Ce qui laisserait presque sans voix.

Enfin bon, c’est vraiment un livre que je conseille car il est trèèèèèèèèèèèèèès intéressant mais aussi et en plus bien écrit, bien manié. Sans compter qu’il aborde la vie d’autres personnages, comme celle d’Alvaro de Mendaña mais aussi de Pedros Fernandez de Quiros (entre autre).

Pour ma part je ne connaissais pas cette auteure, mais je peux vous assurer que maintenant j’ai envie de découvrir d’autres livres d’Alexandra Lapierre. Je remercie en passant les éditions Flammarion mais aussi Babelio pour cette découverte.



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