Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

30 janvier 2019

"Le roman d'une éducation : Nastia l'inadoptée" de Nina Gorlanova

Le roman d'une éducation : Nastia l'inadoptée de Nina Gorlanova

Source: Externe

Résumé :

C'est en s'inspirant d'une expérience personnelle que Nina Gorlanova et son mari écrivent Le Roman d'une éducation. Nastia, l'enfant adoptée, effrontée et grossière, perpétuellement affamée et à la santé fragile rejoint une famille d'intellectuels déjantés et désargentés, déjà parents de quatre enfants. Elle se révèle talentueuse, tant pour les bêtises que pour s'en sortir par un bon mot. Mais c'est pour l'art et la peinture que la fillette montre de réelles aptitudes. Les Ivanov misent sur ce don pour faire d'elle une personne cultivée et épanouie. Un long combat s'engage, la famille ne recule devant aucun sacrifice. Mais peut-on vraiment échapper à sa condition, à son histoire familiale ? Véritable collage littéraire, ce roman choral, parfois publié sous le titre alternatif Une âme étrangère invite le lecteur, à travers une histoire particulière, à réfléchir sur les difficultés de l'adoption.

Mon avis :

Difficile de se faire un avis de ce livre. Car je l’ai aimé, mais je ne l’ai aussi pas aimé. J’ai apprécié découvrir la vie de cette petite fille, Nastia, recueilli par une famille un peu bohème et qui a déjà ses propres enfants. J’ai franchement aimé ses jeux d’enfants, son innocence, ses questionnements mais aussi son côté un peu filou et diabolique. J’ai aussi énormément apprécié sa spontanéité qui peut lui faire dire ce genre de phrase magique : « Si vous m’obligez à lire, je me balance par la fenêtre ! ». Il était aussi touchant de voir la difficulté pour elle de s’adapter à un nouveau code, et de voir le désarroi et la patience de sa famille d’accueil.

Toutefois, je ne suis pas entièrement satisfaite de cette lecture, car je l’ai trouvée un peu trop longue déjà, et ensuite surtout compliquée à lire. C’est un roman choral où il y a beaucoup de personnage et donc d’intervention, et j’avoue que j’ai eu un mal de chien à tous les retenir (et je crois d’ailleurs ne pas y être arrivée) et à les remettre dans le contexte. Par ailleurs, les situations étaient parfois tellement étranges et on passait tellement du coq à l’âne d’une partie à l’autre, que ça ne m’a pas aidée à les retenir. Et ça m’a même fait passer à côté d’une bonne partie du contexte.
Ce qui est dommage car ce roman, avait vraiment matière à être parfait. En effet l’écriture, la poésie qui s’en échappe « j’ai aussi poussé le vent, a poursuivi, Micha, pour que ce fainéant ne fasse pas du surplace », les références, l’humour, le désespoir, la situation de Nastia, sont bien trouvés. Hélas, trop de choses me sont passés à côté, et croyez bien que je le regrette car Nastia est un personnage haut en couleur.

En résumé, c’est un livre à tenter car il n’est pas du tout mauvais, mais à lire avec beaucoup de patience et si possible avec un carnet à côté pour se retrouver dans la somme des personnages.

Éditions Louison.


Extrait :

« Même avant, Nastia me paraissait insupportable. Une colérique pur jus. Elle se lève : un vrai Robespierre ! Elle marche : un vrai Lénine ! Elle hurle : une vraie Rozalia Zemliatchka. Et maintenant, ça va donner quoi ? Au lever : une Manon Lescaut. Et qui hurlera : « J’ai besoin d’un homme ! » Non… Je vais moi-même lui répondre non ! »

 

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29 janvier 2019

"La souffrance et la gloire : le culte du martyre de la Révolution à Verdun" de M. Briard & C. Maingon

Sur Encre d'époque :

 

La souffrance et la gloire : le culte du martyre de la Révolution à Verdun de M. Briard et C. Maingon

Source: Externe

Résumé :

« La République nous appelle, / Sachons vaincre ou sachons périr ! » Ces paroles du Chant du départ révolutionnaire de Marie-Joseph Chénier pourraient, un siècle plus tard, être reprises par les Poilus de 1914. Car les troupes qui se sont fait décimer dans les tranchées de Verdun avaient hérité de 1789 une profonde culture du sacrifice.
Une véritable propagande d’État, nourrie de récits légendaires, de cérémonies commémoratives et de toute une imagerie d’Épinal, a en effet vu le jour dès les premiers combats de la République, en 1792. Elle a durablement façonné l’imaginaire national, dans un culte de la souffrance qui s’est perpétué en 1914-1918, et dont les monuments aux morts témoignent avec une force pathétique. Pour la première fois, deux spécialistes de chaque période collaborent pour révéler les liens sanglants qui unissent Grande Guerre et Révolution française.

Mon avis :

Depuis la Révolution et son culte de la liberté pour lutter contre la tyrannie des rois, l’héroïsation touche les plus humbles citoyens. Exit la seule gloire réservée aux maréchaux, aux généraux, aux nobles, la nation doit être reconnaissante à tous ceux qui ont pris les armes pour lutter contre l’oppression, héros de ces nouveaux temps.
La Révolution et les guerres qui ont suivi, n’inventent pas vraiment le héros, mais elles le massifient.
Cette massification et sa représentation ne se fait pas sans arrière-pensée, et est source d’engagement aussi. Lesquels sont-ils ? Et comment depuis la Révolution les discours ont évolué ? Car si les combats sont toujours source de souffrance, la prise en compte des héros, à, elle changeait.

La figure du héros :

Mais tout d’abord avant d’aller plus loin, il convient de s’interroger sur qu’est-ce qu’un héros ?
Pour la Révolution, c’est ce soldat qui a pris les armes contre l’oppression des rois des diverses monarchies d’Europe, et qui n’a pas hésité a exalté son amour de la patrie et de la liberté malgré les blessures qui l’ont touché : « j’ai un bras de moins, mes amis, mais ce n’est rien, vive la République. ».  Pour la Révolution, c’est aussi celui qui a donné sa vie, et sacrifié ses intérêts pour le plus grand nombre.
En ce qui concerne la grande guerre (14-18), les auteurs vont nous montrer que ce n’est pas franchement différent, mise à part que l’ennemi a changé. En effet, le patriotisme qui triomphe depuis le 19ème siècle historien (on va dire que ça commence à la Révolution même si d'autres le font commencer en 1815), n’a pas vraiment changé durant ce siècle et il arrive en 1914 aussi puissant qu’il était alors, puisque l’enseignement l’inculquait dès le plus jeune âge. Et à cette époque comme avant, on n’apprécie toujours autant ce soldat héroïque qui ne demande qu’à combattre l’ennemi malgré ses douleurs et ses membres arrachés.

 "L'Ecole républicaine, laïque, gratuite et obligatoire depuis 1881, est par ailleurs un pilier de la culture patriotique devenue la religion commune de la France au-delà des divergences sur le régime. Les cours d'histoire axés sur les conquêtes napoléoniennes et de grandes figures militaires républicaines [...], les lectures mettant en scène des héros d'un autre temps (mythe gaulois de Vercingétorix [...]), l'exercice physique et militaire, la création de bataillons scolaires dans les écoles primaires de garçons (1882) ont contribué à fonder l'imaginaire de l'héroïsme martial. On distribue aux petits écoliers des carabines en bois et des exercices de tir réels sont pratiqués sous les préaux des écoles. [...] L'Ecole défend une vision patriotique et humaniste, exalte le soldat héroïque, fustige l'ennemi à partir de 1915, mais n'encourage pas la guerre, ni la violence. Plus que tout elle participe au deuil collectif que vit la France. Dès 1916, l'hymne de Victor Hugo, "Aux morts pour la patrie", résonne unanimement dans les écoles de France comme une nouvelle Marseillaise." P. 31-32

Cette figure du héros qui va combattre par amour pour la patrie,... suite de l'avis sur Encre d'Epoque.

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28 janvier 2019

"San Perdido" de David Zukerman

San Perdido de David Zukerman

Source: Externe

Résumé :

Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme
qui réalise un jour les rêves secrets
de tout un peuple ?
 
Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert  de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi  impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir  aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent  apparent qu’une force singulière dans les mains.
Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle  part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera  le rôle de justicier silencieux au service des femmes  et des opprimés et deviendra le héros d’une population  jusque-là oubliée de Dieu.

Mon avis :

Quand je pense à ce livre, je pense irrémédiablement à une salade de fruit. La couverture exotique, la chaleur d’Amérique Latine, me font immanquablement penser à une belle salade colorée aux fruits chauffés par le soleil. Dans cette salade, il y aurait des fruits magnifiques où s’ajouterait quelques saveurs piquantes et acides, qu’un sucre dominant viendrait adoucir pour couronner d’un sourire satisfait les lèvres du mangeur.
Tout cela est bien sûr métaphorique. Les beaux fruits seraient les pauvres gens, les saveurs piquantes et acides seraient les misères et les véreux, quant au sucre il représenterait l’espoir en la personne de la Langosta. Ce personnage charismatique, magnétique et magique qui est la voix et le bras de ce peuple oublié des politiques comme des dieux.

Conte cruel et magnifique, ce livre qui compte plusieurs personnages, plus d’une histoire et plus d’un monde, nous est raconté de manière brillante par un auteur qui sait ménager ses effets pour tenir en haleine le lecteur. Mélangeant les références littéraires comme le conte, le roman social où se cache même une once de polar, avec des effets picturaux aux couleurs chaudes et froides, c’est un véritable film en couleur et profondeur qui se déroule devant les yeux gourmands du lecteur ; où la jalousie, la manipulation, la colère, la compassion, la vengeance, la cupidité, l’orgueil, l’ambition, mènent la danse et donnent donc à ce livre plusieurs pistes de lecture non désagréables. Cela indique par ailleurs, le talent de l’auteur qui a su d’une fine aiguille coudre tout cela ensemble sans jamais jouer de la faciliter.

Pour moi, tout est parfait ici… ou presque. En effet, quelques scènes et descriptions sont, je trouve, de trop. Toutefois le rythme soutenu et régulier, l’imagination de l’auteur, l’entretien du mystère, la présence de personnages variés avec des buts différents et la description de la société, fait que l’on doit lire ce livre qui s’annonce être déjà un des meilleurs de 2019.

En résumé, l’auteur a placé haut la barre avec son premier livre publié, et autant vous dire que pour le second il est mal barré vu qu’il devra réitérer l’exploit. Ce dont je doute fortement, puisque jamais un écrivain écrit deux chefs-d’œuvre de suite. Mais en attendant le « forcément moins bien », ne boudons pas notre plaisir.

Editions Calmann-Lévy.

19 janvier 2019

Récapitulatif lecture

 

 

Coucou à tous !

Voici le récapitulatif des dernières lectures chroniquées ou non sur ce blog ou Encre d'époque.

 

Lectures des derniers mois :

1- Concours pour le paradis de Clélia Renucci

2- Le vagabond des fleurs de Robert Fotune (abandonné)

3- Chansons populaires de l'ère Showa de Ryû Murakami

4- La recluse de Widfell de Anna Brontë

5- Les fantômes du passé de G. Perrin-Guillet

6- Carnaval noir de Metin Arditi

7- La clôture des merveilles de Lorette Nobécourt

8- Dieu est un pote à moi de C. Massarotto

9- Les enquêtes de Clem : tome 1 de C. Kalengula (Enfant)

10- Zakuro de Aki Shimazaki

11- Le château des Carpathes de Jules Vernes

12- Pharaon mon royaume est de ce monde de Christian Jacq

13- Variations sur l'Ancien Régime de G. Chaussinand de Nogaret

14- Le mystère Clovis de Philippe de Villiers

15- La couronne offerte : le saint-simonisme et la doctrine de l'espérance de Robert B. Carlisle

16- Dagobert roi des Francs de M. Bouvier-Ajam

17- Augustin de Alexandre Duyck

18- Les pourquoi de l'histoire de Stephan Bern

19- Les héros de la mythologie racontés aux enfants de Collectif

20- Croyances, mythes et légendes des pays de France de Paul Sébillot

21- Le diamant bleu de Thierry Piantanida et François Farges

22- Lincoln au Bardo de George Saunders

23- Histoire de la Chine de José Frèches (en cours)

24- Le facteur Cheval : jusqu'au bout du rêve de Nils Tavernier

25- A fleur de peau de James Barnaby

26- La somme de nos folies de Shih-Li Kow

+ 7 livres sur la mythologie grecque de la collection du Monde.

 

Achats :

 

achat livre

 

Voilà les gens, à une prochaine :)

Posté par Florell à 12:28 - Bilan - Commentaires [0] - Permalien [#]
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11 janvier 2019

"Lincoln au bardo" de George Saunders

Lincoln au bardo de George Saunders

Lincoln au bardo de George Saunders

Résumé :

Washington, nuit du 25 février 1862. Dans le paisible cimetière de Oak Hill,non loin de la Maison-Blanche, quelque chose se prépare? Un peu plus tôt ce même jour, on a enterré un petit garçon prénommé Willie, qui n'est autre que le fils du Président des États-Unis. Ce soir-là, Abraham Lincoln, dévasté de chagrin, s'échappe de son bureau pour venir se recueillir en secret sur la sépulture de son enfant.Il croit être seul ? il ne l'est pas. Bientôt, des voix se font entendre, et voici que jaillit des caveaux tout un peuple d'âmes errantes, prises au piège entre deux mondes, dans une sorte de purgatoire (le fameux Bardo de la tradition tibétaine). L'arrivée du jeune Willie va déclencher parmi eux un immense charivari ? une bataille épique, reflet d'outre-tombe de la guerre de Sécession qui, au même moment, menace de déchirer la nation américaine.Tour à tour inquiétants, hilarants, attendrissants, les spectres surgis del'imagination de George Saunders nous offrent un spectacle inouï, qui tient de la farce beckettienne autant que de la tragédie shakespearienne. Magistral chef d'orchestre de ce choeur d'ombres baroques, George Saunders s'amuseà dynamiter tous les registres romanesques, pour mieux nous confronter aux plus profonds mystères de notre existence : qu'est-ce que la mort ? qu'est-ce que la vie ? qu'est-ce que l'amour ? et comment vivre, et aimer, quand nous savons que tout est voué au néant ?

Résumé :

Un homme a perdu son fils. Dans le cimetière où il repose, un monde invisible prend vie. Accablé de douleur, cet homme ne voit pas la vie de cet autre monde. Cet autre monde où les morts tentent de parler avec les vivants et ignorent leur sort.

Cette entrée est un peu étrange, je vous l’accorde. Mais pour ma défense ce livre est étrange. Roman choral, une histoire à histoires multiples, cet écrit est du genre nouveau dans l’histoire du roman. Tant dans l’histoire, que dans la forme - et je ne parle de la choral. Cependant cette originalité n’est pas pour autant gage de réussite en ce qui me concerne. En effet, ma lecture fût en dent de scie. Toutes ces histoires de mort, de vivant, n’étaient pas toujours prenantes pour moi, et par ailleurs le style d’écriture est difficile à apprécier constamment, en plus d'être difficile à suivre, du fait qu’il y ait trop de prise de parole, trop d’histoire, sans parler de cette manie de couper certaines phrases qui est traumatisante, j’exagère à peine. (Bon d'accord, un petit peu.) 

Pour autant, je ne peux pas dire que ce livre est mauvais ou à passer, car la vie de ces morts qui s’ignorent, leurs espoirs, leurs histoires, leurs luttes sont souvent intéressantes à lire dans l'ensemble. Car elles sont tragiques, dénoncent des choses horribles, montrent les désaccords entre les êtres, sur les êtres et sur certaines conditions.
En fait, si on fait abstraction de la forme, ce livre est vraiment pas mal. Car ces morts qui pensent encore exister, qui ont des attentes, des choses à dire, nous interrogent sur la liberté après la mort. Sur nos attentes dans ces vies. Les liens que l’on tisse vivant et ce qui en reste après. En fait les grandes questions que ce livre posent, sont : la vie après la mort, ce qui en reste, et l'intérêt de la vie, de ses joies, ses peines, ses combats. Chacun y apporte ses réponses...

Je vous l'ai dit les sujets sont très beaux, mais l'écriture trop simple, sans profondeur, sans délicatesse, le style original, n'aide pas à apprécier celui-ci à sa juste valeur. Ce qui est un peu dommage, car ça promettait beaucoup. Mais c'est un livre à lire, et si moi je ne suis qu'à moitié convaincu, d'autres le seront probablement plus.