Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

09 mai 2019

"Peine perdue" de Kent

Peine perdue de Kent

Source: Externe

Résumé :

D'un coup, sèchement, par un simple appel, Vincent l'apprend : Karen est morte, Karen s'est tuée au volant. Singulièrement, ce qui aurait dû le démanteler sur place, l'annihiler, ne le touche qu'à peine. La mort de Karen n'ouvre pas un gouffre mais cerne les contours d'une absence : Vincent Delporte, claviériste et compositeur, amateur de Haydn, n'aimait plus sa femme, Karen, star du street art. Et c'est à l'exploration subtile, nuance après nuance, de cet état d'être que va se livrer l'auteur, tout au long de ce roman. Peine perdue, un titre qui n'aura jamais autant convenu à un livre, car Vincent va chercher en lui sa peine comme on remue le fouillis d'un tiroir, inventorie le vrac d'un grenier, à la recherche d'un objet perdu. Il n'y trouvera qu'« une mélancolie brumeuse qui, à la manière d'un doux clapot, lui lèche les rives de l'âme ». Un manque lancinant, néanmoins, qui va l'amener à remonter le cours de leurs vies, objet après souvenir, d'instant en rencontre. Au fil de la route, reprise au sein d'un groupe vedette, on le voit retisser des liens rompus, affectifs et familiaux, réactiver des liaisons anciennes, mesurant ainsi le temps écoulé, l'usure des corps et le fléchissement des âmes. Sentant qu'il a sûrement été dépossédé d'une part de lui-même par l'ascendant de sa défunte femme, il se piste, tente de refaçonner ce qui serait sa vraie personnalité. En vain. L'impasse intérieure est là, qui ne donne que sur l'absence. Le coeur n'est pas un objet en consigne, à retrouver intact, c'est un muscle qu'on a tort de laisser fondre. Et le retendre ne sera que peine perdue : une lente déploration romanesque et désenchantée sur le temps et l'usure sournoise des amours.

Mon avis :

Peine perdue de Kent, parle d’un homme qui n’a aucune peine à la mort de sa femme Karen, et donc d’un homme qui aurait tendance à rendre responsable la défunte de ce qu’il est devenu. Au vu du résumé et avec un peu d’imagination, on pourrait penser que l’on aurait affaire à un psychopathe, surtout que ce livre m’a été proposé dans le cadre des Explorateurs du polar. Eh ben, gros épic fail pour bibi, ce n’est en rien un polar, c’est juste un livre contemporain. De fait, vous pensez bien, que j’ai été un peu déçue en voyant que ça n’était pas ce que j’imaginais.
Certes on pourrait penser que cela n’empêche en rien d’apprécier un livre, et c’est vrai puisque j’ai apprécié moyennement cette lecture. Toutefois j’avoue que ça a joué un peu dessus, mais outre cette petite déception, j’ai aussi moyennement accroché à cette lecture car c’était long. Oui ! Le roman n’a beau pas être épais, je vous jure que j’ai trouvé cette lecture longue. J’ai trouvé que ça tournait un peu vite en rond, que ce n’était pas toujours intéressant, et j’ai senti très vite que cette froideur apparente, ce rejet de la moitié, cachait finalement des sentiments profonds pour l’épouse défunte. Bien sûr, l’auteur aborde la vie de ce personnage par son métier, il n’aborde donc pas que les sentiments et les accusations de Vincent envers sa femme, il a pris soin de placer ce dernier dans un monde, mais toutefois j’ai trouvé qu’on retombait quand même régulièrement sur ce rejet de l’autre, ce qui donne cette impression de tourner un peu en rond très vite.

Néanmoins, et même si je ne partage pas l’idée qui veut faire croire que dans la solitude on est malheureux ou qu’on est rien, les réflexions qu’il amène à repenser à son amour pour sa femme sont intéressantes à lire, tout comme le déni de Vincent à ne pas vouloir voir que sa solitude lui pèse, que la sécurité, le côté guide de Karen, lui manque et le fragilise. On a vraiment l’image d’un homme qui se noie sans s’en rendre réellement compte, et ça c’est plutôt sympathique.

Cela étant, dire que tout ce livre est prévisible serait faux de ma part. Effectivement, la fin apporte une petite surprise non désagréable pour le lecteur, un peu moins agréable pour Vincent par contre. Bon, c’est très rapide, mais finalement c’est ce détail qui laisse cette impression que le livre raconte un truc et n’est pas qu’un simple état des lieux sans intérêt du personnage principal.

En résumé, je ressors de cette lecture mi-figue mi-raisin, je ne regrette pas d’avoir découvert ce livre, mais je ne le juge pas indispensable. Ma note 6,5/10.

Lecteurs.com et les éditions Le Dilettante.

Posté par Florell à 08:39 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
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