Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

19 mai 2019

Quelques extraits...

 

Extraits sur ma dernière lecture Allons-nous sortir de l'histoire ? De Jacques Julliard

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L'homme est un animal symbolique :

"Que de bruit pour un morceau de tissu !" s'en vont répétant les bons apôtres du communautarisme. Je parle évidemment du burkini. Comme si le maillot du Barça ou du PSG n'était pas un morceau de tissu. Comme si le drapeau tricolore, l’Union jack ou la bannière étoilée n'étaient pas des morceaux de tissu.
L'homme est un animal symbolique, capable - et c'est heureux - de transformer des affrontements réels en confrontations formelles. Personne ne s'y trompe.
Quand, en 1848, Lamartine impose le drapeau tricolore face au drapeau rouge, c'est bel et bien fondements du nouveau régime, de suffrage universel ou de lutte des classes qu'il est question. Quand, en 1873, le comte de Chambord ruine les chances d'une restauration monarchique en refusant le drapeau tricolore exigé par les orléanistes, il a bien conscience de l'enjeu réel du débat. "Et tout cela pour une serviette !", s'impatiente le pape Pie IX, ardent partisan de cette restauration. Sans mes principes, je ne suis qu'un gros homme boiteux", lui réplique le prétendant au trône.

Au-delà des "arguties juridiques", comme dirait Nicolas Sarkozy, c'est sorte de Kulturkampf d'un genre nouveau que nous imposent aujourd'hui les islamistes. Ils ne cachent pas que leur projet, grâce à des revendications formelles concernant l'alimentation, le vêtement, la ségrégation des sexes, est d'islamiser la société française. Dans la jeunesse musulmane, ces revendications ne cessent de progresser. Elles sont déjà majoritaires quant au port du voile par les femmes. Et l'Occident est pris au piège. Au nom du respect des libertés individuelles, il est condamné à tolérer le communautarisme. Son libéralisme juridique se fait l'agent malgré lui de l'asservissement des femmes musulmanes.

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Fascination pour la violence :

Il y a un problème de l’islamo-gauchisme. Pourquoi et comment une poignée d’intellectuels d’extrême-gauche, peu nombreux mais très influents dans les médias et dans la mouvance des droits de l’homme, ont-ils imposé une véritable sanctuarisation de l’islam dans l’espace politique français ? Oui, pourquoi ces intellectuels, pour la plupart agnostiques et libertaires, se sont-ils pris de passion pour la religion la plus fermée, la plus identitaire, et, dans sa version islamiste, la plus guerrière et la plus violente à la surface du globe ? Pourquoi cette étrange intimidation, parée de plume de la morale ? Pourquoi ne peut-on plus parler de l’islam qu’en présence de son avocat ?
Le résultat est stupéfiant, aberrant. On vient en effet d’assister, en l’espace de deux ou trois ans, à la plus incroyable inversion de presque tous les signes distinctifs de la gauche, ceux dans lesquels traditionnellement elle se reconnaît et on la reconnaît.

Au premier rang d’entre eux, la laïcité. Longtemps, elle fut pour elle le marqueur par excellence pour s’opposer à la droite. Et voici que brusquement, elle est devenue suspecte à une partie de l’extrême-gauche intellectuelle, qui a repris sans vergogne à son compte les errances de Nicolas Sarkozy sur la prétendue « laïcité ouverte ». Car la laïcité de papa, dès lors qu’elle ne s’applique à l’islam, et non plus au catholicisme, apparaît soudain intolérante, voire réactionnaire. Pis que cela, elle charrierait avec elle de vagues relents de revanche catholique ! Depuis que l’Eglise s’y est ralliée, elle serait devenue infréquentable !

Or la République à son tour est devenue suspecte. N’a-t-elle pas une connotation presque identitaire, « souchienne » disent les plus exaltés, pour ne pas dire raciste ? N’est-elle pas le dernier rempart de l’universalisme occidental contre l’affirmation bruyante de toutes les minorités ? N’est-elle pas fondée sur ce qui rapproche les hommes plutôt que sur ce qui les distingue ? Un crime majeur aux yeux des communautarismes.
[…]
Il y a quelque chose d’insolite dans le néo-cléricalisme musulman qui s’est emparé d’une frange de l’intelligentsia. Parce que l’islam serait le parti des pauvres, comme ils le prétendent ? Je ne crois pas un instant ce changement de prolétariat. Du reste, allez voir en Arabie Saoudite si l’islam est la religion des pauvres. Je constate que l’islamo-gauchisme est né du jour où l’islamise est devenu le vecteur du terrorisme et de l’égorgement.

Pourquoi cette conversion ? Parce que l’intelligentsia est devenue, depuis le début du XXè siècle, le vrai parti de la violence. Si elle préfère la révolution à la réforme, ce n’est pas en dépit mais à cause de la violence. Sartre déplorait que la Révolution française n’eût pas assez guillotiné. Et si devait établir la liste des intellectuels français ont adhéré, au XXè siècle, les uns à la violence fasciste, les autres à la violence communiste, cette page n’y suffirait pas.
[…]
L’autre explication, […], c’est ce qu’il faut appeler la haine du christianisme. Il est singulier de voir ces âmes sensibles s’angoisser des progrès de la prétendue « islamophobie », qui n’a jamais fait un mort, hormis les guerres que se font les musulmans entre eux, quand les persécutions dont sont victimes par milliers les chrétiens à travers le monde ne leur arrachent pas un soupir.
P141-144.

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Nos sociétés sont multiculturelles et sont vouées à le devenir un peu plus chaque jour. La rapidité, le bon marché des transports, les énormes écarts de prospérité entre les nations font que les pays riches d’Europe et d’Amérique sont en train de devenir des mosaïques ethniques, tandis que les pays pauvres conservent pour l’essentiel leur identité. Pour les pays d’accueil, le communautarisme est une solution de facilité et une marque de candeur extrême. Pour permettre aux migrants de « conserver ses racines », on somme le pays d’accueil de renoncer aux siennes, ce que les populations locales n’acceptent pas ; elles ont l’impression d’être déracinées sur leur propre sol.
Ajoutez à cela un phénomène nouveau, qui est la marque propre à l’islamisme, et qui contraste avec l’immigration de passé : la détestation du pays hôte. Le résultat, c’est ce cocktail détonant qui est en train de gagner l’Europe et que l’on appelle sommairement le populisme.
[…]
L’Europe, si le phénomène devait persister, ne lui survivrait pas. L’Allemagne, le Pays-Bas, les pays scandinaves l’ont reconnu depuis peu. La Belgique, le Royaume-Uni ne tarderont pas à le faire.

Posté par Florell à 14:25 - Extrait de livre - Commentaires [0] - Permalien [#]
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