Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

28 décembre 2019

"Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité" de Pascal Bruckner (extraits)

 

On peut en France, pays de tradition anticléricale, ridiculiser Moïse, jésus, le Dalaï-lama, le Pape, les représenter dans toutes les postures, même les plus grotesques ou obscènes, mais on ne devrait jamais rire de l'islam sous peine d'encourir le courroux des tribunaux ou la lise à mort par les justiciers du djihad. Lui et lui seul, de toutes les grandes confessions, devrait échapper à l'opprobre,à la moquerie. Pourquoi ce traitement préférentiel ?

Pages 47 - 48

Pourquoi le choix de cette religion à l'exclusion de toutes les autres ? Parce qu'elle est le substitut d'un marxisme et d'un tiers-mondialisme à l'agonie, parce qu'elle incarne un pouvoir de dévotion qui nous a quittés. Partant, il faudrait traiter l'islam et ses fidèles avec un tact, une patience, un doigté que ne requièrent ni les juifs, ni les chrétiens, ni les bouddhiste, ni les hindous. Ainsi, explique Régis Debray, il faut distinguer les opinions, révocables et fragiles, des convictions qui engagent l'être entier. Ces dernières, même si elles ne peuvent prétendre au statut de vérité universelle, constituent "un foyer vivant d'existence, de partage et de rayonnement". Et de conclure : "On contredit une opinion, on blesse ou on heurte une conviction." Mais la maturité démocratique suppose d'accepter que mes convictions les plus intimes, mon assurance d'être en possession de la vérité ne soient des opinions pour les autres. [...]
S'il ne fallait pas froisser la croyance des autres, l'humanité ne serait jamais sortie de la foi du charbonnier et en serait restée aux formes primitives de la religion. [...]
Vient un moment où l'enseignement, l'évolution des mœurs la progression des savoirs peuvent entrer en conflit avec telle ou telle croyance et ne doivent en rien plier devant elles.

Pages 49-50.

L'antiracisme, pareil à l'humanitaire, est un marché en pleine expansion où chaque groupe, pour exister, doit exciper d'une blessure qui le singularise. Ce ne sont plus des associations de citoyens qui s'allient pour combattre le racisme, ce sont des lobbies confessionnels ou communautaires qui inventent de nouvelles formes de discriminations pour justifier leur existence, recevoir le maximum de publicité, de réparations.

Page 31

Le fait qu'on ne puisse plus proclamer haut et fort à la télévision ou en public qu'il faut tuer les juifs, les arabes, les blancs [•••] est en soi une bonne chose. Contrepartie de ce progrès : pour éviter de tomber sous le coup de l'accusation, il faut parler avec des gants, user de comparaisons prudentes [•••] Mais étendre cette prudence aux productions de la culture humaine, bannira priori toute critique d'un système, d'une foi, c'est prendre le risque d'amputer la liberté de penser. Ce qu'a entériné la loi Pleven de 1972 qui crée un nouveau délit de " provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence" commise envers des individus "à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée". L'élargissement fut l'occasion, saisie par des associations intégristes, catholiques ou autre, de traîner en justice les auteurs de films jugés diffamatoires ( " Je vous salue, Marie" de Jean-Luc Godard (1985), [•••]). Au motif que certains mots sont des armes [•••] , et peuvent blesser comme l'avait déjà souligné Jean-Paul Sartre citant Brice Parrain, après la guerre, à propos des écrivains collaborateurs, les discours méprisables ou moqueurs envers la foi devraient être censurés. De l'affaire Rushdie, condamné à mort pour avoir, selon ses procureurs, blasphémé la Prophète dans ses "Versets sataniques" jusqu'à l'affaire des caricatures de Mahomet qui se solda par l'assassinat de sang-froid de toute l'équipe de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, la frontière est mince entre le jugement satirique sur les croyances d'autrui et l'outrage maximal. Nous n'aurions donc le choix qu'entre l'offense et l'acquiescement. L'islam radical rajoute à la délicate question du blasphème une nuance importante : il tue les contrevenants et ne s'embarrasse pas de précautions. Tout ce qui relevé jadis de l'esprit des Lumières, la critique mais aussi le discours anticlérical, théologique, philosophique, la satire, devrait désormais être assimilé à une diffamation.

Pages 29-30

Pour que les certitudes des uns ne blessent pas celles des autres, il faut donc des lois, une habitude de la cohabitation, des mœurs communes compatibles avec la liberté d'expression, à condition qu'un culte précis ne s'arroge pas  des droits exorbitants et n'exige pas des égards déniés aux autres. C'est là que le bas blesse quand des fidèles veulent empiéter sur l'espace public pour imposer leurs exigences - refus de piscine et de gymnastique pour les filles, voile intégral, burkini, etc. C'est à la loi et non à la religion de dire le licite et l'illicite et aux citoyens de s'y conformer, quelles que soient leurs appartenances.

Page 51

"Qu'un Michel Houellebecq ait pu être traîné au tribunal par la Mosquée de Paris pour avoir dit en 2001 : "La religion la plus con c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré", en dit long sur l'état de régression où nous sommes (*1). La même affirmation sur le judaïsme, le christianisme, le bouddhisme aurait à peine suscité un soulèvement de paupières."

*1Michel Houellebecq sera relaxé par le tribunal correctionnel de Paris le 22 octobre 2002.
A ce propos, Claude Lévi-Strauss, dans une interview su 10 octobre 2002 au Nouvel observateur, confiait : "J'ai dit dans Tristes Tropiques ce que je pensais de l'islam. Bien que dans une langue plus châtiée, ce n'était pas tellement éloigné de ce pour quoi on fait aujourd'hui un procès à Houellebecq. Un tel procès aurait été inconcevable il y a un demi-siècle ; ça ne serait venu à l'esprit de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu'on pense. Nous sommes contaminés par l'intolérance islamique. Il en va de même avec l'idée actuelle qu'il faudrait introduire l'enseignement de l'histoire des religions à l'école. [...] Là encore, cela me semble être une concession faite à l'islam : à l'idée que la religion doit pénétrer en dehors de son domaine. Il me semble au contraire que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu'ici."

Pages 45-46.

"On a le droit, en régime civilisé, de refuser les grandes confessions dans leur ensemble, de les juger puériles, rétrogrades, abêtissantes. On a le droit de qualifier Moïse, Jésus et Mahomet de "Trois imposteurs", selon la célèbre thèse, connue en Europe dès le 13ème siècle et qui Louis Massignon fait remonter à une secte d'Ismaéliens dissidents du royaume de Barheïn du 10ème siècle. Leur souverain Abû Tâhir Sulaymân (907-944) aurait écrit : "En ce monde trois individus ont corrompu les hommes : un berger, un médecin et un chamelier. Et ce chamelier a été le pire escamoteur, le pire prestidigitateur des trois". Pour qui ne croit pas, les religions ne sont que des fictions, des récits plus ou moins merveilleux ou absurdes. Les regarder avec distance ou incrédulité ne devrait pas valoir la sanction du cachot ou pire encore du terrorisme, cette Inquisition aléatoire."

Page 45.

(La légende raconte que les musulmans se trouvent toujours emmerdés pour répondre à la question.)
"L'explication par l'allergie occidentale n'est pas valide ; il s'agit juste de délégitimer toute interrogation sur la foi en inventant des liens fantaisistes avec le passé colonial de l'Europe, même quand il s'agit de pays comme la Suède, la Norvège, le Danemark, qui n'ont eu aucune expansion territoriale hors d'Europe.

Et si la France et ses voisins sont à ce point hostiles à l'islam, comment se fait-il que les citoyens musulmans y restent et souhaitent toujours y venir, au lieu d'émigrer en masse vers des cieux plus cléments ?"

Page 152

 

"Un rapport publié en 2006 par l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes explique, sans rire, que les actes terroristes commis sur les sols américain, espagnol et britannique depuis 2001 sont traumatisants non pour les victimes mais pour les "musulmans", les "Arabes" et les "demandeurs d'asile".

 

Page 145

 

"La culture de l'excuse est d'abord une culture du mépris : croyant blanchir des groupes entiers, elle les infantilise. Les djihadistes sont réduits à leurs conditions sociales ; loin d'être des meurtriers, ce sont des archanges dont les forfaits nous incombent. On les rhabille du manteau du persécuté, du psychopathe, du déséquilibré. Tout crime, égorgement, attentat à la bombe en France, en Allemagne ou au Proche-Orient, serait un peu de notre faute et devrait nous inciter à battre notre coulpe. Dans l'idéologie de l'absolution, l'acte n'est plus qu'un symptôme. Il fond littéralement, tel le sucre dans l'eau, dans les circonstances qui l'entourent. Tueurs, kamikazes ne sont jamais responsables puisque, nés sur le terreau du mépris, de la pauvreté, de l'exploitation, ils n'en sont que les produits. Ce sont des désespérés qui ont éprouvé un besoin urgent de tuer un maximum de gens. Vient un moment pourtant où les égarements de tels individus ne peuvent être imputés qu'à eux-mêmes : en faire des marionnettes inconscientes des grandes puissances revient à les disculper à peu de frais. L'ami des opprimés fait preuve d'un paternalisme condescendant à l'égard de ses protégés : il leur interdit l'accès à l'autonomie parce qu'il les rend jamais comptables de leurs actes, pas plus qu'il ne les crédite de leurs réussites individuelles.
A ceux qui imputent le terrorisme aux inégalités économiques du proche-Orient, au réchauffement climatique, aux interventions américaines ou européennes, opposons plutôt ce sage conseil du doyen de la faculté de droit du Qatar : le seul moyen de combattre Al-Qaïda ou Daech, c'est de leur substituer une autre théologie, d'autres valeurs spirituelles qui réfutent les leurs. L’enjeu est d'abord religieux."

Pages 91-92

"Dans une note pour la Fondation de la recherche stratégique (février 2016), Bruno Tertrais rappelle que des attentats frappèrent le sol français dès les années 70 sans que nos armées soient intervenues à l'étranger, par le terrorisme palestinien et iranien. En 2000, un projet d'attentat déjoué voulait détruire la cathédrale de Strasbourg alors même que notre pays n'intervenait nulle part. Ne pas frapper en Afghanistan en 2001 aurait permis à un émirat taliban de prospérer et de rayonner sur le monde entier. L'Allemagne elle aussi est menacée comme pays croisé alors qu'elle a peu de troupes hors de ses frontières. Daech veut nous enfermer dans une alternative intolérable : soumission ou intervention. Il est dommage que des responsables politiques, tel Dominique de Villepin, ou des intellectuels s'y laissent enfermer. C'est confondre les prétextes invoqués par les djihadistes avec les causalités réelles.
La France est haïe pour ce qu'elle est, non ce qu'elle fait."


"Éternel travers de l'ultra-gauche : elle a toujours une barbarie de retard, elle garde les yeux fixés sur le national-socialisme d'hier pour mieux s'aveugler sur ses versions contemporaines."

"Or le voile, loin de dissimuler la chevelure, est d'abord une stratégie de visibilité : il départage "nos" femmes des vôtres, les sauvées des damnées, les pudiques des traînées et permet de faire le compte. En quoi il est acte militant, une démonstration de force, l'étendard d'une avant-garde qui veut conquérir les cœurs et les esprits. Se couvrir la tête, c'est faire scission, ostensiblement, d'avec le reste de la société. Comme l'affirme avec candeur, en juin 2016, Hani Ramadan, frère deTariq Ramadan et directeur du centre islamique de Genève : " la femme sans voile est comme une pièce de deux euros, elle passe d'une main à l'autre." À l'inverse, l'universitaire Abderrahim Hafidi demande aux musulmans de France de " comprendre que certains comportements vestimentaires, notamment le port intégral de l'habit religieux, signifient pour nos concitoyens non musulmans un refus du vivre ensemble, en se barricadant dans une posture d'exclusion"."

 

Page 77.

 

"Qu'est-ce que l'antiracisme aujourd'hui ? L'amour de l'autre poussé jusqu'au sacrifice de soi ou des siens. La fraternité obligatoire avec toute l'humanité sauf avec sa propre culture. Car il y a un seul ennemi, l'homme hétérosexuel blanc, héritier du DWEM comme on dit sur les campus américain. Ainsi sont foulés aux pieds l'égalité hommes-femmes, le doute salvateur, l'esprit critique, tout ce qui était associé traditionnellement à une position éclairée. Seul le racisme tourné contre nous est légitime, nous devons approuver chez l'autre ce que nous refusons chez nous. La tolérance envers lui doit tolérer également son intolérance à notre égard.
Ainsi par amour pour l'islam, une certaine gauche halal tombe-t-elle dans une idolâtrie sans failles envers le voile islamique, porté aux nues. Retour d'une ancienne valeur romantique : l'exotisme. On s'entiche jusqu'à l'extase de toute la vêture des salafistes, de leur attirail de bazar orientalisant comme on s'extasiait au XIXe siècle sur les odalisques net les harem."

Pages 74-75

"Pourquoi alors mettre sur un pie d'agalité antisémitisme et islamophobie, surtout à un moment où le premier fleurit dans l'ensemble du monde arabo-musulman sous le nom d'antisionisme ? Pour le dire autrement, pourquoi tout le monde veut-il être juif aujourd'hui, surtout les ennemis des juifs ? Pour accéder fantasmatiquement au statut de Réprouvé, rapprocher la défense de l'Islam de la lutte contre le nazisme. Seule la foi coranique devrait échapper à la remise en cause qui est la règle pour toutes les autres confessions : elle est intouchable, elles sont modifiables."

Page 106

 

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18 décembre 2019

"La petite voleuse de la soie" de José Frèches

La petite voleuse de la soie de José Frèches

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Résumé :

Quelques œufs de ver à soie et graines de mûrier… et voilà qu’un secret jalousement gardé en Chine pendant des millénaires finira par être divulgué au dehors de la Grande Muraille, ce qui entraînera la chute de la puissante dynastie des Han.
Nous sommes au IIIe siècle de notre ère, et la « petite voleuse de la soie » s’appelle étoile du Nord. Menacée de mort, cette brodeuse aux doigts d’or fera le bonheur d’un roitelet du Khotan et la richesse de cette oasis, l’un des plus anciens pays bouddhistes.
Sa fuite est le début d’une étourdissante cavalcade sur la légendaire route de la soie, épopée pleine de rebondissements, de fureur et de sensualité, où le lecteur croisera, tour à tour, un vieil ermite taoïste, un général sans peur ni scrupules, un empereur autiste et une redoutable Persane.
Avec ce roman, José Frèches nous fait partager sa passion pour la Chine. Il nous montre combien la soie était, pour tous les Chinois, une étoffe sacrée, symbole de beauté, de douceur, mais aussi de rayonnement et de domination.
Jusqu’à ce qu’un coup de foudre ne vienne tout renverser…

Un grand roman au cœur des mystères de la Chine.

Mon avis :

Depuis Moi, Confucius je n’ai pas lu de José Frèches aussi prenant. J’ai apprécié découvrir Gengis Khan, 2500 ans de la Chine, j’avais beaucoup moins apprécié le Père David et le Panda, avec La petite voleuse de la soie je retrouve enfin ce que j’apprécie dans le roman et chez cet auteur : une écriture prenante, un fond  historique, un soupçon énorme de connaissance.
Je suis toujours ravie d’apprendre des choses, surtout quand ça concerne des régions pour lesquelles j’ai de l’intérêt, mais pour moi l’intérêt de ce roman ne réside pas que dans son savoir - même s'il en fait indubitablement partie.

En effet, pour commencer, je salue le roman par le traitement des personnages. Ces derniers, variés et nombreux, assurent déjà à eux seuls une part importante de l’intrigue. Chacun a son caractère, ses petites ambitions, sa petite histoire, ses petites haines, qui donnent très vite du rebondissement à l’intrigue et fait que ce livre n’est pas un long fleuve tranquille. On sent que ça va dégénérer. Surtout si on ne perd pas de vue qu’à l’époque la justice peut être assez expéditive, et qu’il est facile de piéger quelque-un.
Je ne vais pas vous mentir tous les personnages ne sont pas sympathiques, bien sûr que parfois on a envie d’en tuer quelques-uns, mais à part ça rien de grave, le roman s’en chargera bien tout seul. (J’ai un sourire sadique qui se dessine sur les lèvres. Oui.)

Outre les personnages qui donnent déjà à eux seuls la substance intéressante du livre, l’autre atout de ces pages est bien évidemment l’approche de la Chine ancienne par l'auteur. A travers ce livre José Frèches qui est un grand connaisseur de la Chine, a su trouver les mots justes et l'ambiance juste pour dépayser son lecteur et le transporter dans une Chine hautaine, brillante, secouée par les révoltes, injuste par sa misère et le traitement de certains personnages. Pas une Chine toujours sympathique... Mais un vrai cours d'histoire sur fond de légende, écrit d'une écriture qui éloigne l'exotisme songeur, - quand bien même le décor et la soie qui me laissent toujours cette petite image de palais féerique chinois en tête. (On ne se refait pas.)

En conclusion, je n'écrirai pas 150 lignes pour vous dire de lire ce livre, car c'est juste un livre à lire pour découvrir un peu plus la Chine. Et ça devrait être suffisant pour vous le faire lire, acheter, offrir.

XO éditions.

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06 décembre 2019

"Un peu de nuit en plein jour" d'Erik l'Homme

Un peu de nuit en plein jour d'Erik l'Homme

Source: Externe

Résumé :

"Il ne reste plus que ça aujourd’hui, la communion des caves, cette sauvagerie qui seule subsiste une fois quittée la grisaille de la surface où les clans survivent dans des boulots plus pourris qu’une charogne oubliée sur un piège."

Ce pourrait être le monde de demain. Paris est envahi par une obscurité perpétuelle et livré aux instincts redevenus primaires d’une population désormais organisée en clans. Dans ce monde urbain terriblement violent, Féral est un des derniers à avoir des souvenirs des temps anciens. Il est aussi un as de la « cogne»,
ces combats à mains nues qui opposent les plus forts des clans dans des sortes de grand-messes expiatoires. C’est lors d’une de ces cognes qu’il rencontre Livie, qui respire la liberté, l’intelligence, la force. Leur amour est immédiat, charnel, entier. Mais le destin de Féral va se fracasser sur cette jeune femme qui n’est pas libre d’aimer.

Bijou littéraire, Un peu de nuit en plein jour parle de notre monde qui s’abîme, de la part de sauvagerie en l’homme, de l’inéluctabilité des destins.

Avis rapide :

Pour une première avec l'auteur, ça n'a pas été très concluant. Ce livre n'est pas déplaisant, il se lit bien, mais il n’est pas pour autant extrêmement plaisant. L'histoire est terrible, l'ambiance dangereuse avec quelques plages de douceur qui permettent le rêve et l'épanouissement, mais le côté oppressant et violent sans trop savoir pourquoi m'a un peu perturbée. (Bien que je me doute que c'est l’humanité qui a commencé à définitivement foirer.)
Bref. Pas la lecture de l'année, malgré une écriture qui possède son charme et une fin... vous verrez.

Extrait :

"En vérité Féral pense que c'est trop tard, que les jeunes qui se sont révoltés avant eux, quand il était encore temps, se sont trompés de révolte - c'est facile d'exiger que tout change alors qu'on n'est pas prêt à changer soi-même. La couleur du ciel, ce n'est pas un problème extérieur mais une affaire intérieur. A quoi bon le soleil si les cœurs ne sont pas prêts à l'accueillir ?"

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"Le grand voyage en abécédaire" de Christian Demlly et Alain Pilon

Le grand voyage en abécédaire de Christian Demlly et Alain Pilon

Source: Externe

Résumé :

Au réveil, dans les premières blancheurs de l’aube, les yeux sont tout encore gonflés de sommeil. Dehors l’air est glacial, mais dans l’âtre brûle un feu qui réchauffe les corps et les âmes. C’est l’heure du petit déjeuner. Au menu, salade de fruits : amandes, ananas, abricots, plongés dans un sirop aux arômes de vanille. Il faut bien se nourrir, car la journée va être longue. À peine le repas avalé qu’il est temps déjà d’aller chercher dans l’armoire entrouverte les anoraks suspendus, et de se préparer pour la grande aventure…

Mon avis :

C'est bien la première fois que je lis des abécédaires, donc je n'ai aucun élément de comparaison. Toutefois, cet abécédaire me parait bien composé pour les enfants, puisque ce très grand format propose une grande histoire pour permettre aux enfants apprenant à lire, à repérer les lettres, les sons, les images et à découvrir des mots pas souvent utilisés. (Ce dernier point implique donc pour les adultes une sorte d'obligation d'être à côté afin d'expliquer les mots inconnus aux enfants.)
Outre cette variété de possibilité, on peut aussi souligner de manière bénéfique le petit jeu qui se trouve à la fin du livre, et qui permet aux enfants d'intégrer plus facilement les lettres et les écritures de manière ludique.

Niveau histoire cependant ce n'est pas si terrible. Elle n'est pas mauvaise, mais elle n'a rien vraiment d'exceptionnelle ; l'amitié, l'aventure et le courage seront de mise comme dans toutes les histoires. Cependant, par sa richesse de langage, ses illustrations, elle peut être suffisamment intéressante pour les enfants. Un livre à tenter donc, pour les enfants du CP.

Babelio et Editions Grasset Jeunesse.

Posté par Florell à 19:14 - Livre jeunesse / Ado - Commentaires [0] - Permalien [#]
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