Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

25 janvier 2021

"Pour Clara : prix 2020" de Collectif

Pour Clara : prix 2020 de Collectif

Source: Externe

Résumé :

"Écrire a toujours été pour moi une manière d’interagir avec le monde. Grâce aux mots, je transmets mes sentiments, mes peurs, mais aussi mon univers".
Sept jeunes auteurs entre douze et dix-sept ans ont pris la plume pour écrire une nouvelle qui leur ressemble.
Ils nous emmènent dans les tranchées un soir de Noël, ou dans l’Angleterre victorienne, nous font découvrir des sociétés futuristes, nous accompagnent dans la fin de l’enfance, ou dans les pas d’une aveugle, nous plongent dans la guerre, encore. Ils nous dérangent, nous bouleversent, nous interrogent, nous remuent.
Lisez-les.

Ce prix a été créé en mémoire de Clara, décédée subitement à l’âge de 13 ans des suites d’une malformation cardiaque. Destiné aux adolescents qui, comme elle, aiment lire et écrire, il est décerné par un jury présidé par Erik Orsenna et composé de personnalités du monde des lettres et de l’édition.
La vocation du prix Clara est caritative. Les bénéfices de vente de ce livre seront versés à l’Association pour la Recherche en Cardiologie du Fœtus à l’Adulte (ARCFA) de l’hôpital Necker-Enfants malades.

Mon avis:

Voilà quelques années que je n’avais pas ouvert un Prix Clara. Ce prix qui laisse le talent de jeune auteur en herbe s’exprimer librement dans une nouvelle.
Comme dans mon souvenir ce livre propose une large palette de sujet, de style d’écriture, d’idée : pêle-mêle on n’y retrouve des sujets sur la guerre, les violences conjugales, de la SF, etc. Nous remarquons aussi que l’inspiration puise pour beaucoup dans l’actualité plus ou moins récente, signe évocateur d’une jeunesse qui se sent concernée quand bien même elle y va avec ses petites naïvetés et faiblesses.

Pour commencer notons que chacune de ces nouvelles possèdent des qualités littéraires certaines – ce qui fait plaisir à notre époque. Ces jeunes manient les effets, les sensations, les sentiments, les mots, les images avec adresse, même si ça reste assez banal dans l’approche. Cependant comme chaque année j’avoue que j’ai ma préférence en la nouvelle « Les heures sombres ». Nouvelle qui parle d’un soldat dans les tranchées de 1914-1918. Pour ce texte, j’ai trouvé que le jeune auteur a fait preuve d’une grande maturité dans l’approche psychologique d’un soldat éloigné des siens, j’ai vraiment trouvé un portrait plausible et probablement réel d’un soldat lors de cette guerre. Ce côté oui et non, ce côté personne et tout le monde.

Une autre nouvelle qui n’était pas mal dans son genre : « Les couleurs de la douleur ». Ce texte qui parle d’une des innombrables violences familiales existante possède une fin étonnante, mais hélas un texte assez dur à lire, et ceci malgré les images et périphrases qui tentent d’adoucir le propos. C’est joli les coquelicots, mais bon, ça n’enlève rien à l’horreur.
Outre la dureté, ce qui peut être dérangeant c’est la naïveté du dialogue, exemple vers la fin de la nouvelle : « Mais si tu fais du mal, il aura gagné. Il aura détruit la merveilleuse petite fille que tu es. […] Ne cède pas à la colère. Je t’en prie. Sois forte. » Franchement, c’est un peu agaçant de lire cela, tellement c’est cliché ! En plus d’être horrible quand on voit comment ça se finit pour elle. Mais bon, c’est une jeune personne on pardonne l’innocence et l’approche. A moins que ce dialogue soit volontaire pour en faire plus ressortir l’absurdité de par la fin. Question...

Dans la première nouvelle on retrouve un peu ce style de dialogue réchauffé, mais encore une fois la jeunesse et l’absence de recul, ainsi que l’absence d’expérience excuse les facilités que l’on voit déjà beaucoup dans de livre publié.
Quant aux autres nouvelles, elles sont évidemment très bien aussi. Mais le sujet me convenait moins ou le genre n’était pas pour moi comme la SF par exemple.

En résumé c’est un livre écrit pour la bonne cause et pourquoi ne pas l’offrir à des jeunes qui se rêvent en auteur (e).


20 janvier 2021

"Fragments de violence. La guerre en objets. De 1914 à nos jours" de Bruno Cabanès.

Fragments de violence. La guerre en objets. De 1914 à nos jours de Bruno Cabanès.

Bruno Cabanès fragments de violence

Résumé :

La guerre provoque plus de destructions que toute autre activité humaine. Elle crée aussi de vastes quantités d'objets - fabriqués, transformés, utilisés par les combattants et les civils. Nés de l'expérience du danger, de la souffrance et du deuil, de la solitude du prisonnier ou de l'ennui du soldat, nous les appelons "objets de la guerre". Ils témoignent de l'épreuve de la faim, de la vie sous occupation ou en déportation, de la mobilisation de tous dans la guerre totale.
Outre les armes et les uniformes, ils se composent notamment d'objets d'artisanat : douilles d'obus ciselées en 1914-1918, kimonos patriotiques de la seconde guerre sino-japonaise, briquets décorés par des soldats américains au Vietnam, tapis représentant des drones pendant la guerre d'Afghanistan. Issus de collections conservées en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et en Australie, les objets réunis dans cet ouvrage forment un musée imaginaire où s'élaborent des rapprochements qui nous surprennent et nous émeuvent.
Ils nous invitent à approfondir notre connaissance de la guerre dans sa dimension concrète, corporelle, sensible et à sortir du monde occidental pour explorer d'autres cultures.

Mon avis :

A travers l’approche d’objets de toutes sortes : vêtements, lettres, ustensiles ou encore des bijoux fabriqués par des soldats ou des prisonniers, Bruno Cabanes nous propose de découvrir la guerre autrement. Et plus particulièrement les guerres du XXe siècle.

Pour beaucoup d’entre nous, aborder la guerre c’est aborder la politique et/ou la masse, au point qu’on en oublie souvent l’individu. Avec ce livre l’historien Cabanes nous propose de faire le chemin inverse afin de sortir de cette masse pour l’individualité de chaque vie. Qui elle-même en rejoindra d’autres…
Cette petite histoire de l’intime, du quotidien, rejoint bien évidemment la grande Histoire et la masse, toutefois grâce à cette approche personnelle il faut bien dire que le concept de guerre perd de sa froideur pour toucher plus directement le lecteur au cœur. Enfin, pour celui qui se sent toucher, car j’avoue être restée plutôt roide devant, étant donné que j’ai une certaine distance avec les objets. Mais quoi qu’il en soit, cela n’enlève rien à l’émotion qu’un lecteur moins froid pourrait ressentir devant une veste déchirée ou un jouet d’enfant dévasté.

Bien évidemment, ce livre n’est pas qu’une succession d’images qui parlerait plus ou moins d’histoire personnelle, si ça n’avait été que ça le livre n’aurait pas grand intérêt étant donné que l’actualité ne manque pas d’intimité révélée. Mais, sortant du sensationnelle, l’historien va nous rappeler comment un objet peut parler d’Histoire, en mettant en avant la peine ou la résistance des gens, visibles par exemple avec la création de cuillère par les prisonniers animalisés. Il va nous montrer aussi le temps long d’un conflit et tout ce que ce temps implique de découragement et d’appréhension. Etc, etc.
Bref !  Grâce à ces objets on n’aborde un peu mieux le quotidien et la psychologie de la guerre. On approche bien inévitablement les séquelles qu’elle peut laisser une fois le conflit fini. Davantage approchée grâce à chaque introduction au début des grandes parties qui introduit un contexte, une évolution,… et qui permettent au lecteur de mieux se repositionner sur l’échelle du temps et du contexte.

En résumé, ce n’était pas un livre désagréable mais vu mon peu d’attrait pour les objets du quotidien je n’ai que partiellement accroché. J’ai été moins touchée que d’autre. Est-ce que j’ai appris des choses ? Sûrement, mais heureusement que je n’ai pas eu un cours de licence ou de master entièrement et totalement sous cette forme car j’aurai vite décroché.

Merci aux éditions du Seuil et Babelio.

Posté par Florell à 13:28 - Documentaire / Essai - Commentaires [0] - Permalien [#]
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