Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

26 mai 2017

"Madeleine Pauliac, l'insoumise" de Philippe Maynial

Madeleine Pauliac, l'insoumise de Philippe Maynial

Source: Externe

Résumé :

L’extraordinaire histoire du docteur Madeleine Pauliac, l’héroïne du film Les Innocentes, nommé 4 fois aux César 2017 !

Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. Profondément insoumise. L’histoire de Madeleine Pauliac, médecin et lieutenant, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, quelques semaines après la déroute nazie, elle prend la tête à Varsovie de l’Escadron bleu : onze Françaises de la Croix-Rouge d’à peine vingt ans qui, inlassablement, le jour comme la nuit, rapatrient les blessés français et volent au secours des rescapés des camps de concentration, de Majdanek, en Pologne, à Dachau, en Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, Madeleine Pauliac fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises. Plusieurs d’entre elles se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine Pauliac les aide à accoucher. C’est ce drame que raconte le film d’Anne Fontaine Les innocentes.

Avec l’Escadron bleu, Madeleine Pauliac accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne, n’hésitant pas à « kidnapper » des blessés français dans des hôpitaux russes.

Jusqu’à ce jour de février 1946 où elle périt en voiture, sur une route verglacée près de Varsovie. Une vie brisée… au service des autres.

Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film les innocentes et livre ici le portrait bouleversant d’une héroïne oubliée.

Mon avis :

Philippe Maynial raconte l’histoire de sa tante Madeleine Pauliac, qu’il n’a connu qu’à travers sa mère et ses recherches. Qui est Madeleine Pauliac ? Une femme médecin et militaire qui durant la seconde guerre mondiale œuvra dans la résistance et après 1945 œuvra à l’Est pour rapatrier les français avant qu’ils ne partent pour le grand inconnu en URSS, en plus de soulager dans le même temps les souffrances des populations autochtones. C’est sûr ces missions à l’Est où son neveu va s’attarder. Bonnes sœurs violées, ouverture des camps concentrationnaires, ces pages vont voir défiler la misère humaine en période de crise que Madeleine Pauliac a tenté d’adoucir.
Pour autant à côté de cette misère humaine, ces pages vont nous offrir aussi des leçons de courage, de culot, mais aussi une belle amitié entre ces membres volontaires de la Croix-Rouge française.

Mais j’avoue, si j’ai apprécié ce bouquin ce n’est pas tant pour l’amitié qu’il montre, ni pour l’altruisme de ces femmes, ou encore cette aventure dangereuse dans des pays dévastés où l’Armée Rouge se comporte comme le dernier des monstres. Non, si j’ai avant tout apprécié ce livre c’est parce qu’il raconte l’histoire de femmes libres et courageuses et qu’en faisant cela l’auteur a replacé la femme dans l’Histoire, avec un grand H. Il a montré qu’elles pouvaient être aussi fortes, douées, utiles, meilleures, que les hommes. Oui je vais jusqu'à là !
En outre, Philippe Maynial a en plus permis de sortir de l’oubli cette aventure de l’Escadron Bleu qui mériterait d’être bien plus connue, tout comme l’histoire des rapatriements. En effet, la seconde guerre mondiale ne s’arrête pas en Europe au 8 mai 1945, ses effets vont se faire sentir encore longtemps après la capitulation, notamment à travers les mouvements de population (retour de camp ou des exilés) et l’avantage de ce livre c’est qu’il permet d’avoir un aperçu sur cela et de la difficulté d’effectuer des rapatriements dans un contexte de Guerre froide. L’URSS est déjà maître de l’Europe de l’Est et les actions de la Croix-Rouge vont se heurter très vite au nouveau pouvoir, comme on va le voir avec l’Escadron Bleu notamment.
Alors certes le livre n’est pas aussi pointu qu’un ouvrage d’historien, mais il a se mérite d’élargir la problématique de la seconde guerre mondiale et de la recontextualiser, en plus de rendre à l’Histoire des personnages, des actions, oubliés ; et tout ça, oui tout ça, c’est merveilleux ! Personnellement il ne m'en faut pas plus.

En résumé, c’est une biographie, mais une biographie utile. Une vraie biographie utile, qui

Merci à XO éditions.

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19 janvier 2017

"Henri IV, un roi français" de Max Gallo

Henri IV, un roi français de Max Gallo

Source: Externe

Résumé :

 Il est le roi de France et de Navarre qui a voulu dépasser les clivages et faire vivre ensemble catholiques et protestants. Et il en est mort.

Le vendredi 14 mai 1610, Jean-François Ravaillac, catholique exalté originaire d’Angoulême, poignarde le souverain dans son carrosse, rue de la Ferronnerie. Il voulait en finir avec « cet hérétique paillard, parjure et renégat » dont la conversion n’était que façade.

 Dans un texte haletant, Max Gallo dresse le portrait d’Henri IV, ce béarnais vigoureux, grand amateur de chasse, imbattable au jeu de paume, fou de femmes, et qui n’aura de cesse de consolider l’État, d’administrer une saine justice et d’éviter que la France sombre dans la guerre civile.

 Pour les ligues catholiques, Henri IV sera, jusqu’au bout, un « voleur d’âmes ». Mais l'histoire retiendra de ce grand roi qu’il était celui de tous les français, apôtre infatigable de la tolérance et de la concorde.

Mon avis:

Cette fois-ci c'est au tour du roi concorde Henri IV à qui Max Gallo dédie ce livre. Portait simple, sans fioriture, peut-être un peu plat, ce livre est une bonne approche à celui qui ne connaît pas ce roi car pour les autres rien de vraiment neuf.
Je dis "vraiment", car en ce qui concerne le portrait psychologique j'avoue que c'était assez nouveau pour moi vu que je n'envisage jamais entièrement un roi sous le jour psychologique. Bien que certaines choses soient assez évidentes comme par exemple les ravages psychologiques suite à la Saint Barthélemy qui conduiront la politique de ce roi à une tentative de paix, d'autres plus intimes m'effleuraient pas spécialement. D'ailleurs je ne sais pas trop quelle importance leur accorder.

Au delà-de tout cela je n'ai pas grand chose à dire sur ce bon roi Henri IV, on retrouve ici son amour des femmes, son humanité, sa politique. En revanche sur l'homme aux racines béarnaises là je serais plus bavarde. En effet, si le roi ne m'était pas inconnu, je suis plutôt contente de cette lecture car j'ai appris beaucoup sur son enfance. De son premier "baptême" un peu particulier à son enfance à la cour de France, en passant par l'éducation de sa mère intransigeante sur son éducation calviniste, je suis allée de découverte en découverte. Et ce que j'ai découvert m'a rendu ce roi très sympathique ; ce n'est pas l'enfance dorée, sans contact avec le peuple de son petit fils Louis XIV ! Non Henri IV venait presque du peuple ! En tout cas pour moi.

Mais l'auteur ne reste pas que autour de Henri IV, en effet aborder ce roi c'est forcément aborder la vie de son assassin Ravaillac. C'est ce que fait rapidement Max Gallo en nous faisant découvrir sa vie un peu incertaine (un jour à Angoulême un autre à Paris), mendiante, sans attache réelle et le portrait troublé d'un illuminé qui sera rejeté plus d'une fois par divers ordres religieux. Je précise que l'auteur n'ira pas plus loin que ce qui est admis, ici point de complot où Ravaillac serait un jouet. Là Ravaillac a agi seul au nom de Dieu et les raisons sont rappelées dans ces pages.

Dernier atout de ce livre, les photos de tableaux, de gravures, qui accompagnent ce livre en son milieu. Permettant de mettre un visage sur une personne ou de visualiser une scène et étant accompagner de petite légende, ces images complètent à merveille cet ouvrage.

En conclusion, c'était une lecture rapide, pas forcément palpitante (souvent avec Max Gallo) mais toujours très intéressante qui permet la découverte et le rafraîchissement de la mémoire. Bref, un bon livre pas abêtissant pour deux sous.

Merci à XO éditions.

 

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12 décembre 2016

"Comme un enfant perdu" de Renaud

Comme un enfant perdu de Renaud

Source: Externe

Résumé :

Je parcourais les rues,
Ma guitare sur le dos,
Comme un enfant perdu,
Je traînais des sanglots.
Ma vie n’avait pas de sens,
Et l’amour fuyait mes pas.
Je n’ai jamais eu de chance,
Je n’en aurai jamais, je crois.
Renaud, Lucile, 1969

Quand vous m’offriez des fleurs et que je vous grognais quelques mots inaudibles – d’aller vous faire voir, que plus jamais je ne chanterai, embrumé dans les vapeurs de l’alcool, je vous ai rendus malheureux, comme j’ai rendu malheureux tous les miens. Je le sais, je l’ai lu dans les milliers de lettres que vous m’avez adressées. Eh bien, dans les mois qui viennent, je vais m’efforcer de vous rendre le sourire. Et qui sait ? Peut-être même allons-nous pleurer ensemble du bonheur de nous retrouver vivants, et sous le même ciel. Toujours debout.

Renaud,
L’Isle-sur-la-Sorgue, 11 mai 2016

Ce livre est un événement.
Après le grand retour de Renaud et le succès triomphal de son nouvel album Toujours debout, le chanteur publie son autobiographie. Dans son livre, Renaud raconte ses amours, ses tourments, sa révolte face aux injustices du monde. Un livre, dit-il, qui permet de comprendre. Sa vie. La vie. Et qui nous bouleverse à chaque page.

 

Mon avis :

Ce livre qui parle de Renaud et écrit par Renaud lui-même sort par son contenu de tout ce que j’ai pu lire sur cet artiste. Ecrire par d’autre où par son frère, jamais je n’avais eu l’occasion de pénétrer si profondément dans l’intimité de cet artiste ; et si avec le temps mon intérêt pour celui-ci s’est émoussé (j’ai décroché peu après Boucan d’enfer et le concert qui allait avec. J’avais gardé un meilleur souvenir de la tournée « Une guitare, un piano et Renaud » où il avait encore toute sa voix), en même temps que ma curiosité pour ce genre de livre, il n’en demeure pas moins que j’ai passé un agréable moment de lecture à découvrir un homme derrière l’artiste. Un homme timide, discret, perdu, survivant (le mot est peut-être un peu fort), anxieux, paranoïaque que finalement on connaît à peine.

Ce livre suit le parcours des milliers de biographie. D’une écriture simple, il va nous raconter sa jeunesse Porte d’Orléans, ses études, mai 68, ses rapports avec ses parents, ses premiers pas sur scène, sa carrière, sa vie de famille, bref ! rien de bien exceptionnel avec ce genre littéraire. Pourtant, plus qu’une succession d’évènements, d’époque, de disque, l’auteur va s’épancher plus particulièrement sur ses peines et ses joies secrètes. Il en ressortira de très beaux moments, mais aussi de la nostalgie, des regrets – notamment vis-à-vis de son père – et la douleur d’avoir « fait le mal » à ses proches sans le vouloir. Mais en fait plus que la peine d’avoir blessé ses proches, il supporte très mal le mal des membres de sa famille, enfin l’idée du mal qu’il en a. En effet, ce livre est lourd en culpabilité et on remarquera que ça l’a énormément miné. On retrouvera d’ailleurs le poids de cette culpabilité dans ses textes, comme autant de pardons qui résonnent, mais aussi dans certains de ses gestes et engagements peu ou prou connus.

En plus d’un parcours déjà riche en évènements et rencontres, sans tabou il racontera bien sûr sa descente aux enfers après un voyage à Cuba. Devenu une véritable loque humaine, il va partager tout de ses mauvais passages avec ses lecteurs en s’excusant au passage pour ceux qui lui restaient fidèles de son comportement et de ses mauvais mots.
Ce passage est, je l’avoue, celui que j’ai le moins apprécié, d’une part parce que je le trouve trop secret et ça met un peu mal à l’aise, et d’autre part parec que je trouve que c’est un peu beaucoup pitoyable de se mettre si minable pour des histoires d’amour, - même si l’élément déclencheur est une crise de paranoïa. A mes yeux il existe tellement pire que la fin d’une histoire d’amour que ça me paraît franchement crétin. (Mais comme je suis un congélateur on dira que ça vient de moi.)

Bref. Même si aujourd’hui je me suis éloignée de ce chanteur et de ce genre littéraire qu’est la biographie, j’ai malgré tout passé un très bon moment avec ce livre. Sincère, nostalgique, riche en découverte, parfois un peu trop indiscret, on découvre en quelques heures le portrait d’un éternel enfant. Un livre à offrir où à s'offrir.

Merci à XO éditions.

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01 janvier 2016

"Richelieu" de Max Gallo

Richelieu : la foi dans la France de Max Gallo 

richelieu gallo

Résumé :

Max Gallo raconte la vraie vie de Richelieu, personnage de légende et grand bâtisseur de l’unité française.

Armand Jean du Plessis de Richelieu n’aurait jamais dû devenir cardinal. Voué au métier des armes, il hérite pourtant, à vingt-trois ans, du petit évêché de Luçon. Dès lors, il fait preuve d’une détermination et d’une ambition infinies pour ne pas s’embourber dans son Poitou natal, et accéder à la Cour, à  la dignité de cardinal, et finalement au Conseil du roi.

Demeurer au faîte des honneurs et du pouvoir, c’est être capable de déjouer les cabales qu’animent Marie de Médicis, Anne d’Autriche, ou encore Monsieur frère du roi. C’est écarter avec cruauté les ennemis du royaume : protestants ou grands seigneurs refusant de faire allégeance. C’est mener la guerre contre l’Espagne. Et surtout, c’est séduire Louis XIII, homme insaisissable, hésitant et susceptible, qui peut à tout instant décider du sort de son plus proche conseiller.

L’histoire de Richelieu est aussi celle de son roi. Et c’est grâce à ce couple qu’ils formaient que Richelieu, serviteur de la grandeur de la France, est entré dans la légende.

Le destin fascinant d’un homme aux multiples facettes, sensible, déchiré, malade, mais aussi impitoyable et redoutable.

Mon avis :

Après François 1er, voici que Max Gallo nous emmène visiter une partie du 17ème siècle, et plus exactement le règne de Louis 13 qui avec son siège de la Rochelle, sa guerre espagnole, sa mère dominatrice... offre une histoire à n’en plus finir.
Mais ici, tout ce contexte historique est secondaire, en fait tout cela sert surtout au « décor » de ce livre, car avant tout chose l’auteur nous fait partager la vie de Richelieu, l'homme politique, l’homme intime, sa psychologie, en plus de nous faire découvrir sa vie privée.
Et il est justement étonnant de voir sur cet homme intime que ce génie politique fut un homme si tourmenté, jamais sûr de son pouvoir, et même si on peut supposer que Max Gallo en a rajouté un peu –et encore ce n’est qu’une supposition- on se doute quand même qu’il y a beaucoup de vrai dans ce portrait, connaissant sa réaction lors de la journée des Dupes ça colle avec le reste. Le seul petit problème à ce point c’est que c’est un peu répétitif.

Sur le contexte, le fameux « décor », la lecture a été par contre plus agréable. Outre le fait que ça m’a fait réviser mes cours d’histoire, il est agréable quand on connaît ou quand on ne connaît pas, de découvrir par le biais de ce personnage tous ces évènements qui ont marqué le règne de Louis 13. De découvrir l’esprit brillant de cet homme dans ses mêmes évènements, de voir comment il les dénouait et les pensait. Ce qui ferait au final de lui, le roi à la place du roi, ce qui lui vaudra beaucoup d’inimité, de complot contre sa vie, et de souci. 

D’ailleurs un point extrêmement étonnant sur ce rapport roi/ministre, c’est les attitudes du roi rapportées par des proches de la cour au moment de la mort de Richelieu, où parait-il ce dernier « l’ayant trouvé fort mal, en sortit fort gai. » Vu comme Richelieu gouvernait ce genre de propos ne serait pas étonnant, et je pense en effet que Louis XIII malgré l’affection renouvelée envers le cardinal devait parfois se sentir un peu étouffé par son pouvoir, mais quand même, sachant que Richelieu a tout fait pour la gloire de la France et du roi ça fait un peu bizarre de lire ce genre de propos. Ca fait comme un choque. Oui un choque c'est exactement ça, car je reste persuadée que sans Richelieu le règne de Louis 13 aurait été comme celui des derniers Valois... catastrophique. Guerre intestine qui se serait transformée en guerre nationale (ce qui a été en parti le cas), meurtres, affaiblissement du pouvoir royal au profit des nobles, bref malgré son coup de maître en 1617 en tuant Concini, je ne trouve pas que Louis 13 aurait été un grand roi sans Richelieu. Alors le voir penser ainsi oui ça choque ! Je le trouve gonflé !

 

En résumé même si parfois c'est un peu répétitif, c'est un livre que je conseille pour une première approche de ce grand homme politique français, qui de part son esprit brillant va en étonner plus d'un.

 

Merci à XO éditions.

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19 mai 2014

"Brunehaut : Epouse de Sigebert Ier" d'Anne Bernet

"Brunehaut : Epouse de Sigebert Ier" d'Anne Bernet

Brunehaut

Résumé :

Mariée en 566 au roi franc d'Austrasie Sigebert Ier, l'un des petits-fils de Clovis, Brunehaut est un personnage à la fois célèbre et méconnu. L'historiographie romantique l'a dépeinte sous les traits d'une mégère lancée dans une lutte féroce contre sa belle-soeur, la reine Frédégonde de Neustrie. Or, dans cette époque impitoyable où les assassinats sont légion, elle se montra sans faiblesse, certes, mais aussi souveraine avisée, diplomate, mécène, soutien de la papauté. Son règne contribua fortement à façonner le nouveau visage d'une France en train de se détacher du modèle impérial romain à l'aube du VIIe siècle.

Mon avis :

Deuxième bouquin sur Brunehaut que j’ai lu, en additionnant celui-là à celui de Bruno Dumézil, et je dois dire que les deux se complètent bien. Celui de Dumézil s’attardant beaucoup sur la chute de l’empire romain d’occident, et celui d’Anne Bernet développant assez vite l’Espagne Wisigothique. Tous deux essentiels à la compréhension de l’époque mérovingienne et donc à la vie de Brunehaut.

Mais même si j’ai vraiment adoré lire celui de Dumézil qui est en plus facile d’accès, je dois avouer que celui d’Anne Bernet est encore mieux à lire, car je l’ai trouvé plus intime, plus détaillé. En effet là où Dumézil gratte le verni, l’auteure Anne Bernet creuse encore plus, et ça c’était vraiment un pur plaisir, parce que j’ai vraiment eu cette impression de découvrir vraiment la personnalité de Brunehaut, et dans une moindre mesure celle des autres.
Et là autant dire que j’ai fait des découvertes, le caractère de Brunehaut c’est quelque chose ! Alors ça n’a pas été une entière découverte, dans celui de Dumézil je me suis bien aperçue que Brunehaut avait les dents très longues, qu’elle était calculatrice, et qu’elle était une personne assez froide ; mais dans ce livre, elle n’est pas froide, nooooooooon ! Juste glaciale.

C’est con, mais c'est en lisant ce livre que le me suis vraiment rendue compte à quel point cette femme ne reculait devant rien. Tout ce qu’elle faisait avait pour but d’assouvir sa soif de pouvoir et assurer sa sécurité. Au point que j’en suis venue à me demander si elle ne se croyait pas immortelle. Pour exemple, je citerai sa manière d’élever sa famille. En effet, à l’inverse de sa grande rivale Frédégonde qui a élevé son fils le roi Clotaire II de manière à ce qu’il puisse s’en sortir sans elle, Brunehaut a élevé toute sa descendance de manière à pouvoir les contrôler, et ainsi gouverner à travers eux. Ce qu’elle a fait d’ailleurs à merveille et personne ne s’y trompé.

Mais quand j’y pense je trouve ça vraiment dingue. Quel était son intérêt de mettre des rois fantoches incapables de gouverner sur un trône (excepté Thierry II peut-être) alors qu’il pouvait lui arriver n’importe quoi à elle, - l’espérance de vie à l’époque n’étant pas aussi élevée qu’aujourd’hui -, et donc réduire à néant ses efforts d’une vie. Vraiment où était son intérêt à ne regarder que le présent mais pas au-delà des siècles ? Je ne vois pas.

Alors bien sûr en lisant ce livre je me suis vraiment rendue compte que sa légende noire Brunehaut ne l’avait pas volée. Cela dit et vu l’époque très misogyne, je n’arrive pas à la détester, elle a fait ce qu’elle devait sûrement faire pour survivre et pour ça je ne peux pas trop la juger. Et puis après tout c’était quand même une sacrée femme, singulière, intelligente et avant tout géniale, - parce que pour faire ce qu’elle a fait, elle ne pouvait pas être chose.

Enfin bref, comme pour celui de Dumézil, je vous conseille ce livre, et même lui en premier car plus complet selon moi et c’est sans crainte que je lirai, si je peux un jour, Frédégonde et Radegonde de cette auteure et les autres livres de cette collection. (Mais n’étant pas milliardaire russe et la France ayant eu beaucoup de rois et reines, ce n’est pas demain la veille.) Bref, c'est un livre à lire, comme un roman en plus !

 

Je remercie en passant les éditions Pygmalion de leur gentillesse.

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12 décembre 2013

"Geneviève de Paris : Lumière d'une sainte dans un siècle obscur" de Max Gallo

"Geneviève de Paris : Lumière d'une sainte dans un siècle obscur" de Max Gallo

sainte geneviève de paris livre

Résumé :

Paris, 451. Elle avait 28 ans. Fière et dressée contre les Huns, par sa force de conviction, son courage et sa détermination, elle parvint à éviter que Paris ne soit détruite par Attila. Ce fut elle aussi qui contribua à la conversion au christianisme de Clovis, le roi des Francs. Ce fut elle toujours qui décida la construction de la basilique Saint-Denis. La sainte patronne de Paris a particulièrement inspiré Max Gallo qui lui redonne vie avec élégance et passion. L’auteur prête sa voix aux proches de Geneviève, sa mère, l’évêque Germain d’Auxerre, pour nous permettre d’être au plus près de cette femme hors du commun qui sut défier les hommes et les armées au coeur d’un Ve siècle tourmenté.

mon avis :

Voilà bien plus d’une semaine que j’ai fini ce livre, et je me souviens qu’à l’instant où je l’ai fini je me suis demandé si le mot « sainte » n’était pas un peu exagéré…

Le livre en soi est très intéressant, mais très franchement la légende n’était pas à la hauteur de ce que j’avais imaginée. Au vu du résumé, je m’attendais à un genre de Jeanne d’Arc les armes en moins, c’est-à-dire une femme plutôt bonne stratège à défaut d’être guerrière, et non, pas du tout. Je me suis retrouvée devant une pure bigote qui pense que prier peut faire des miracles... Bon sang, ça n'existe pas des saints ou saintes avec deux sous de jugeote ? En plus, entre ce qu’elle a fait ou dit, j'ai trouvé qu'il n'y avait absolument rien de fantastique ou de divin, et ce quel que soit la version de la légende.
Car en effet il faut savoir qu’il existe plusieurs variantes de cette légende, celle qui dit qu’elle aurait sauvé Paris en empêchant les gens de partir et en disant qu'Atilla ne marcherait pas sur Lutèce, et en effet par un coup du hasard Attila n’est pas venu. (Version que l’auteur a choisie.)
Celle qui dit qu’elle aurait prévenu Attila d’une épidémie de choléra, ou encore cette autre version qui dit qu’Attila n’avait juste pas l’intention d’envahir Lutèce dans l’immédiat. Ce qui dans tous les cas, enlève du charme au plus gros de la légende, surtout dans la dernière version…  Et en fait c’est vraiment ça qui m’a déçu, j’ai trouvé le cœur de cette légende complètement vide par rapport à ce que laissé entendre le résumé. Pour moi cette Geneviève a été un peu trop portée aux nues par l’époque.

Néanmoins et malgré cela, le livre est très intéressant à lire. Que la légende plaise ou pas, elle fait partie de la légende de Paris et de la France, ce qui pour la passionnée d’histoire que je suis convient très bien. En plus faut bien admettre que malgré sa bigoterie cette fille avait un fort tempérament, par exemple elle n’a pas hésité à s’opposer à Childéric 1er qui siégé Paris et à forcer le blocus pour nourrir les parisiens que ce dernier affamé, ce qui faut le dire efface un peu le vide de la légende.

Après pour plus de détail sur Sainte Geneviève, je vous conseille premièrement de lire ce livre, il est court et reste une bonne base, surtout que Max Gallo en plus d’être un écrivain sérieux possède une très belle écriture (ce n’est pas le premier livre que je lis de cet auteur), et ensuite pour le reste de la légende je vous conseille de faire une petite recherche sur Internet. Car tout n’est pas dit ici, l’auteur faisant parler un contemporain de Geneviève, il n’est guère allé au-delà, mais pourtant tout ne s’arrête pas avec sa mort. Par exemple dans une autre bataille où les Normands envahissaient Paris, on a déplacé la châsse de Sainte Geneviève pour redonner courage aux combattants, et à la période de la révolution en 1793, les révolutionnaires (qui n’ont encore une fois pas pu s’empêcher de tout détruire), ont brûlé ses restes. Bon après qu’ils aient décidé de faire du Panthéon le lieu pour honorer les Femmes (oui je sais cela vient après) et Hommes de la patrie, et non l’église pour la châsse de Geneviève, ma foi ça, ça ne me dérange pas. Il en faut bien pour tout le monde.

En résumé et même si une partie de la légende peut être décevante, disons pas à la hauteur de ce qu'on peut attendre, j’ai malgré tout pris beaucoup de plaisir à lire ce livre car c’est de l’histoire et visiblement une histoire qui a marqué la France.

Merci à XO éditions.

Voici un lien si vous voulez en savoir un peu plus. http://www.paris.catholique.fr/652-Sainte-Genevieve.html

18 février 2013

Ainsi soit Olympe de Gouges de Benoîte Groult

"Ainsi soit Olympe de Gouges" de Benoîte Groult

Olympe de Gouge

Résumé :

"Parce qu'elle a été la première en France en 1791 à formuler une 'Déclaration des Droits de la Femme' qui pose dans toutes ses conséquences le principe de l'égalité des deux sexes. Parce qu'elle a osé revendiquer toutes les libertés, y compris sexuelle ; réclamer le droit au divorce et à l'union libre ; défendre les filles-mères et les enfants bâtards, comprenant que la conquête des droits civiques ne serait qu'un leurre si l'on ne s'attaquait pas en même temps au droit patriarcal. Parce qu'elle a payé de sa vie sa fidélité à un  idéal."

Olympe de Gouges demeure une figure fondatrice du combat contemporain pour l'égalité des sexes. Après le beau succès du roman graphique de Catel paru l'an dernier, Benoîte Groult rend un nouvel hommage à cette pionnière.

Mon avis :

J’ai acheté ce livre sans trop savoir ce que j’allais trouver dedans, en fait je l’ai surtout acheté parce qu’il y avait le nom de la grande Olympe de Gouges sur la couverture, et que j’espérais en apprendre plus sur cette grande dame à qui l’histoire n’a pas toujours rendue justice. Là dessus je n’ai pas été déçue je dois dire, puisque Benoîte Groult va en effet développer la vie d’Olympe de Gouges, mais va aller aussi au-delà, en replaçant rapidement le rôle de la femme dans l’histoire depuis l’antiquité. Rôle qui pourrait se résumer ainsi, foyer, enfants, cuisine, mais surtout ne pas penser car juger dangereuse et stupide. (Pensées purement misogynes et débiles on en convient, mais qui ont eu la vie bien looooonnnnnngue…)

Pourtant c’est oublié, même si l'auteure n'en parle pas directement, que depuis l’antiquité y’a eu des femmes philosophes, (Hypatie d’Alexandrie, Sosipatra, Aedesia, Asclépigeneia…), des femmes de lettre (Sapphô et Corinne, Myrtis, Télésilla, Anyté de Tégée, Christine de Pizan), ou des femmes guerrières, la plus connue en France étant Jeanne d’Arc, mais y’en a eu un bon paquet dans d’autres pays du monde et je pense notamment aux Japon, ou encore en Angleterre avec Boadicée. Et je ne parle pas de ces femmes qui ont gouverné des pays.

Bref, comme va le montrer ce livre l’histoire a mal jugé Olympe de Gouges, et les femmes en général. Par exemple et pour en revenir un peu plus à Olympe de Gouges, les abruties et misogynes de psy en feront une névrosée, prenant son envie de changer le monde pour de la paranoïa reformatoria parce que c'était une femme. Comme si le désir de changement était une folie chez la femme mais pas chez l'homme...

Cependant la "médecine" n'a pas été la seule à mal juger Olympe, puisque ses contemporains ne lui épargneront rien non plus. Ils la ridiculiseront en effet plus d’une fois en lui rappelant où doit être selon eux sa vraie place, pour finir par la décapiter en 1793 au terme d'un procès déjà jugé d'avance par les partisans de Robespierre ennemi juré d'Olympe de Gouge. Voilà d'ailleurs ce qu'elle dira devant ce tribunal «  Robespierre m’a toujours paru un ambitieux, sans génie, sans âme. Je l’ai vu toujours prêt a sacrifier la nation entière pour parvenir à la dictature ; je n’ai pu supporter cette ambition folle et sanguinaire, et je l’ai poursuivi comme j’ai poursuivi les tyrans. La haine de ce lâche ennemi s’est cachée longtemps sous la cendre, et depuis, lui et ses adhérents attendaient avec avidité le moment favorable de me sacrifier à sa vengeance . », et ce qu'elle disait déjà avant le procès dans une affiche placardée dans le tout Paris où cette dernière avait pris position contre Marat et surtout contre Robespierre, en inscrivant ceci : "Tu te dis l'unique auteur de la Révolution Robespierre ! Tu n'en fus, tu n'en es, tu n'en seras éternellement que l'opprobre et l'exécration... Chacun de tes cheveux porte un crime... Que veux-tu ? Que prétends-tu ? De qui veux-tu te venger ? De quel sang as-tu soif encore ? De celui du peuple ?
... Tu voudrais assassiner Louis le dernier pour l'empêcher d'être jugé légalement. Tu voudrais assassiner Pétion, Roland, Vergniaud, Condorcet, Louvet, Brissot, Lasource, Guadet, Gensonné, Hérault de Séchelles, en un mot tous les flambeaux de la République..." A part Louvet, tous seront en effet exécutés dans l'année... Et encore, ce n'est peut-être pas la plus violente prise de position contre Robespierre. Je vous mettrai une lettre
en bas de ce billet qu'Olympe de Gouges a adressée à Robespierre, afin que vous puissiez juger par vous même de la carrure de cette femme et de sa haine envers cet homme de la Terreur, car elle avait vite compris que les révolutions peuvent souvent conduire à la dictature.

Cela mis à part, venant en à la femme. Olympe de Gouges était vraiment une femme singulière au caractère bien trempé et elle possédait une mentalité très visionnaire. En effet et même si parfois elle s’est exprimée un peu naïvement, elle a vraiment eu des idées novatrices pour l’époque, et pas seulement sa déclaration des droits de la femme - dédiée au passage à Marie-Antoinette - ; par exemple, alors qu'on ne parlait pas d’hygiène dans les "hôpitaux", ni de foyer sociaux pour les travailleurs et ni de divorce, elle si ! Tout comme elle avait pris position contre l’esclavage des noirs, et déplorait aussi le manque de conscience des femmes sur leur condition.
Pour faire court, Olympe de Gouges était vraiment une femme admirable qui ne manquait pas de courage, et pour bien le souligner Benoîte Groult met en fin de livre les écrits audacieux qu’Olympe de Gouges a pu laisser derrière elle. (Sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, etc, etc…)  

Et pour finir, ce que j’ai en plus aimé dans ce bouquin, c’est que j’ai fait la découverte d’autres femmes oubliées de l’histoire, ou presque. Par exemple j’ai découvert Théroigne de Méricourt, mais aussi Hubertine Auclert, Claire Lacombe, les sœurs Ferning qui se battirent dans les armées de la République, Anne Quatresols qui s’engagea à 16 ans et conduisit des chevaux d’artillerie aux sièges de Liège et de d’Aix-La-Chapelle, ou encore Madeleine Petitjean qui s’enrôla à 49 ans dans l’Armée de l’Ouest après avoir perdu 15 enfants.

En résumé c’est un petit livre sympa que je conseille vivement ! Vous y apprendrez beaucoup.

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19 septembre 2011

Claude Monet : le génie d'un homme

"Claude Monet : Une fête pour les yeux" de Karin Sagner-Düchting

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Résumé :

Claude Monet (1840-1926), représentant typique de l'impressionnisme, en fut de surcroît le plus obstiné. Il consacra sa longue vie ainsi qu'une endurance au travail incroyable, doublée entre autres d'un perfectionnisme quasiment rageur, à l'exploration picturale des sensations que la réalité, notamment dans le paysage, est à même d'offrir au regard humain. Alors qu'il était capable, en tant que peintre, de se concentrer avec fidélité et acharnement sur un motif, le chemin de sa vie, parsemé de fréquents voyages et de déplacements, fut marqué par une grande instabilité. Né à Paris, c'est en province qu'il fit la connaissance, pendant son adolescence, de la peinture en plein air, et qu'il tenta de s'opposer à la pression qu'exerçait sa famille désireuse de le voir suivre une formation académique de peinture. Jusqu'à la cinquantaine, cet artiste exigeant connut la détresse pécuniaire qui provoqua en partie les déménagements fréquents de son ménage toujours grandissant. De tous ses lieux de résidence, deux ont une signification particulière. Argenteuil représente le temps de l'épanouissement et de la reconnaissance publique de l'impressionnisme dont Monet se révéla être l'un des chefs de file. Monet fut cependant aussi celui qui, s'efforçant de rendre avec justesse les aspects d'une réalité inconstante, dépassa l'impressionnisme pour ainsi sortir du panneau pictural refermé sur lui-même. C'est le village de Giverny qui symbolise ce pas : c'est ici que naquirent les séries consacrées aux peupliers, aux meules de faim à la cathédrale de Rouen et enfin aux célèbres nymphéas, dont il reprend le motiv inlassablement et en d'infinies variations.

Mon avis :

Voilà presque 10 ans que ce livre était sur mes étagères, et en 10 ans je l’ai seulement feuilleté, alors pour le challenge de Liloochat j’ai décidé de le lire.

Surtout que je dis toujours que Claude Monet est mon peintre préféré donc fallait bien que je m’y mette, mais pour ma défense je dois dire que ses peintures se suffisent à elles mêmes.

Alors déjà première chose qui m’a frappé dans ce livre c’est cette impression de déjà vu. Il y’a quelques années de ça, j’ai lu "L’œuvre" de Zola. Livre qui raconte la vie du peintre Claude Lantier. Dans ce livre c’est surtout une vie miséreuse que vie le personnage et raconte Zola. Le succès tarde, ses tableaux sont refusés à l’exposition universelle, les critiques sont acerbes et bien souvent l’argent fait défaut.

Ici, dans ce livre "Une fête pour les yeux", ben c’est exactement  la même chose. Monet, et bien d’autres peintres, ont vécu cette vie assez semblable. On croit souvent, car Cézanne l’a très mal pris, que seul ce dernier a été la source d’inspiration de" L’œuvre" de Zola. Ben en lisant ce livre on s’aperçoit vite que c’est faux en fait. Déjà parce qu’il y’a cette impression de déjà vue, mais aussi parce que Zola a dit lui-même que les peintres qu’il fréquentait à l’époque ; à savoir Monet, Pissaro, Degas… avaient été aussi sa source d’inspiration.
En effet, les refus, le manque d’argent, les moqueries… Monet comme les autres peintres, les ont essuyé aussi ; et comme Claude Lantier, ils essayaient eux-aussi d’imposer un nouvel art, à savoir l’impressionnisme. Petit anecdote au passage, Monet protestera aussi quand le livre sortira.

Outre la vie de Monet, dans ce livre on suit aussi ses pensées sur l’art, (il détestait les théories) et son parcours artistique. Des caricatures qu’il faisait à l’âge de 15 ans, où il a gagné ses premiers deniers, à ses magnifiques Nymphéas, où il rompe avec le schéma classique de la peinture –horizon, premier plan, haut, bas…- pour en faire un paysage sans horizon compris dans un ensemble, l’auteur pour notre plus grand plaisir nous raconte tout. Parfois avec facilité parfois moins par contre. Mais bon cela vient surtout du fait que je ne connais rien à cet art, mais de toute façon relu une ou deux fois de plus ça devient facile à comprendre. Surtout que beaucoup des peintures de Monet sont reproduites ici, donc on visualise très bien la technique mais aussi l’impression rendue que l’auteur décrit, et ça c’est vraiment agréable, car finalement ce n’est pas un livre qui cherche qu’à raconter, mais un livre qui explique aussi par le regard.

J’ai en outre appris aussi, pourquoi Monet avait fait des séries de tableau comme "Les meules". Vrai, je me suis souvent demandé pourquoi il avait peint plusieurs tableaux assez identiques, ben c’est tout bonnement pour saisir et retranscrire l’éphémère. Saisir la beauté de l’instant et celle de la propriété caractéristique d’un paysage, d’un monument… selon la lumière et les saisons, qui éveillerait en soi et selon Monet, plusieurs sentiments. C’est aussi parce qu’il fut inspiré par Hiroshige, peintre japonais que Monet admirait beaucoup et qui a peint le Mont Fuji sous 36 vues différentes, enfin il paraît....
Bref. Y’a beaucoup à dire sur ce livre, cet artiste étant juste immense. Alors si vous aimez Monet c’est un livre que je vous recommande vivement. 

 

Ce livre rentre dans mon challenge : Témoignage, autobiographie, biographie, etc...

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Quelques tableaux juste pour le plaisir des yeux.

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Nymphéas.

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La pie, 1869.

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Le bassin aux Nymphéas, 1899.

 

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03 avril 2011

"la véritable Dalida" d'Emmanuel Bonini

"La véritable Dalida" d'Emmanuel Bonini

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Résumé :

Après avoir vécu une enfance difficile au Caire, des débuts professionnels qui ne la destinaient pas à une carrière de chanteuse et une succession d'amours malheureuses, Yolanda Gigliotti, devenue Dalida, ne connut pourtant jamais le bonheur, même parvenue au sommet de la notoriété.
Au fil des années, elle se retrouva prisonnière d'un entourage qui entendait la façonner à sa guise. Parce qu'elle ne sut jamais lui dire "non" et qu'elle plongea dans une solitude de plus en plus oppressante, elle choisit un jour de s'évader par le suicide. C'était en mai 1987. Pourquoi cet acte définitif ? Quelle femme meurtrie se cacha derrière une artiste admirée dont tout le monde salua le haut degré d'exigence dans le travail ? Pour comprendre le destin tragique et déconcertant de l'une des stars les plus adulées de la variété française, Emmanuel Bonini a mené une enquête rigoureuse. Il a interrogé des célébrités qui l'ont beaucoup côtoyée (Rika Zaraï, Annie Cordy, Hervé Vilard, Charles Dumont, Michèle Torr, etc.) et rencontré de nombreux et précieux témoins-clés dans les différentes étapes de sa vie qui ont accepté de sortir de l'ombre. Les révélations de son livre ne manqueront pas d'étonner tous ceux qui croyaient connaître une femme pourtant largement racontée dans les colonnes de la presse à sensation.

Mon avis :

Ce n’est pas le premier livre que je lis sur Dalida, juste le septième. Mais parce qu’il promettait de rétablir une certaine vérité, j’ai voulu le lire. J’admets que j’ai eu peur pendant un moment que ce livre soit juste là pour créer une polémique, et qu’au final il ressemble à une certaine presse torchon que j’exècre plus que tout, et que j’ai eu l’honneur de découvrir en travaillant dans une presse. Bref, j’avais peur de cela, mais finalement non. C’est avec le respect de la personne et les témoignages des vrais amis, ceux qui ne demandaient rien en retour, que ce livre fut construit.

Certes Dalida est parfois un peu égratigné dans ces pages, mais c’est sur des choses humaines et qui n’ont jamais vraiment été cachées, ses colères terribles par exemple, dont l’auteur nous parle. Parfois, comme nous tous, elle pouvait aussi se montrer cruelle dans certains propos, mais bon qui ne l'est pas ? Quoi qu’il en soit c’est vrai que ces pages ne montre pas toujours le portrait bien lisse des biographies passées dans les mains du frangin, mais cela est agréable, car des personnes 100% parfaite je n’en connais pas. Pas plus qu'il doit exister des artistes qui n'ont jamais eu de mauvaises critiques venant de la presse, fait souvent évincé par le frangin.

Cependant ces pages retracent aussi sa gentillesse, il est vrai que Dalida pardonnez tout, et ne jugez personne. Elle avait des amis dans différents milieux, et était toujours là pour les autres. Sa gentillesse et sa simplicité étaient naturelles, et plus d’un aura su en profiter ; certains de ses amants, ses sois disant amis comme François Mitterrand ou d’autres membres du PS en 1981, ou encore son fameux frère Bruno, dit Orlando, qui aura pris le nom de son grand-frère une fois dans le milieu du Show business.

En plus, l'avantage ce livre, et c'est ça qui est génial aussi, c'est que contrairement aux autres biographies, ou devrais-je plutôt dire hagiographies ( ?), le manège du frère a été assez bien développé et mis à jour. Certes il argue encore aujourd’hui, que Dalida n’était pas qu’une artiste mais aussi sa sœur, ce qui est vrai. Cependant ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il considérait sa sœur comme sa chose, une machine à tube, ou l’argent passé avant les liens du sang, et le bien être de cette dernière. Combien de fois aura-t-il écarté de sa route les hommes de sa sœur ? Plein de fois. Combien de fois quand sa sœur allait mal, il aura été derrière elle en lui disant : « Il faut que tu travailles ! », alors que d’autres plus délicats, auraient dit : «  Tu as besoin de repos. » ? Et Dalida trop gentille, disons pas assez forte face à ce frère qui l’étouffait, ne pouvait rien faire. Elle était vraiment prisonnière de ce dernier qui ne pensait qu’à l’argent, l’image et à la gloire, alors qu’elle, elle aurait parfois et souvent voulu autre chose. En fait ce livre complète vraiment certains points, et nous aide à en comprendre d’autres, et si elle a préféré son grand frère, le véritable Orlando, au faux ce n’était certainement pas par hasard. Enfin bref, tout ça pour dire que ce n’est pas que un livre sur la star, mais plutôt sur la personne que Dalida était, et aussi sur l'envers du décor.

On pourrait me dire que ce que je viens de d’écrire, et donc ce qui est inscrit dans ce livre par extension, est faux. Tout n’est peut être pas à prendre, cependant en plus des témoignages des véritables amis, l’auteur confirme ses dires par d’autres livres, d’autres mémoires qui n’ont rien à voir avec Dalida à la base, mais où dans une page, un coin de texte, Dalida est présente.

Puis honnêtement et au vu des autres biographies que j’ai pu lire d’elle où certaines choses sont trop lisses, rapides et flous sur certain point, je ne pense pas que ça soit que du bobard. Surtout qu’Orlando est plus vénal que filiale, comme j'ai pu m'en apercevoir bien avant. Bon rendons lui justice, si Dalida n'est pas tombée dans l'oubli aujourd'hui, c'est bien un peu grâce à lui, même si ses remasterisations ne sont pas du meilleur goût, surtout que c'est souvent les mêmes rengaines qui sont reprises. La Dalida originale aux chansons connues ou pas, vaut mieux que ça franchement.

En résumé ce livre est vraiment agréable à lire pour peu qu’on apprécie Dalida, néanmoins je conseille la lecture d’au moins un livre avant celui-là qui est, Mon frère tu écriras mes mémoires de Catherine Rihoit, puisque beaucoup des passages du livre La véritable Dalida y font référence, mais je pense aussi que sans une vue d’ensemble il serait assez compliqué de comprendre le totale portrait de cette chanteuse mais aussi de cette femme aux milles facettes.

Posté par Florell à 09:29 - Biographie - Commentaires [0] - Permalien [#]
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