Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

03 août 2018

"Les sanglots de pierre" de Dominique Faget

Les sanglots de pierre de Dominique Faget.

Couverture du livre « Les sanglots de pierre » de Dominique Faget aux éditions City

Résumé :

Hortense règne d'une main de maître sur le domaine de La Louvière. Cette femme indomptable et forte a connu des années difficiles. La Grande Guerre lui a volé son mari, le grand amour de sa vie, et son fils aîné est mort lors de la Seconde guerre mondiale.

En cet été 1955, elle aurait mérité que sa vie soit enfin douce et tranquille... Mais tout est compliqué par les manigances de son petit-fils qui projette de transformer le domaine familial en maison d'hôtes. Sans compter également ces meurtres qui se produisent dans le voisinage.

Est-ce un fou qui a décidé de semer la terreur dans la région ? À la Louvière, Hortense pressent qu'il s'agit d'autre chose et que certains secrets du passé risquent de remonter à la surface et de bouleverser de nombreuses existences...

Quand la vengeance attend son heure...

Chronique expresse :

Ce livre parle de deux époques la Seconde Guerre mondiale et quelques 10 ans après. On y retrouve, un vieux domaine, des vieilles familles et des meurtres horribles. Pourquoi ces meurtres ? Et quel est le rapport avec cette famille juive lors de la Seconde Guerre mondiale ? Tels sont les sujets du bouquin. C'est donc un livre qui se lit comme une enquête policière, vous vous en doutez bien.

Pour faire court, je dirai que ce bouquin se lit vite et est sympathique à lire dans l'ensemble, on voit que les personnages ont quelque chose à cacher et que l'ambiance est malsaine. Pour autant je ne suis pas si emballée que ça, car hélas si dans les détails il peut y avoir de la petite surprise, dans les grandes lignes qui font le sujet, il se lit presque sans surprise. En effet, on devine beaucoup de chose avant la fin et ça ressemblait à une histoire annoncée sans réel suspense. Que par ailleurs la Seconde Guerre mondiale n'améliore pas, puisqu'il y a longtemps que le sujet a été épuisé, de fait on retrouve encore et toujours la même chose, ce qui est lassant...
Cela étant, ça reste agréable en lecture, mais après pas sûr que dans 10 ans vous vous en souviendrez encore.

Merci aux éditions City.

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27 juillet 2018

"Un petit carnet rouge" de Sofia Lundberg

Un petit carnet rouge de Sofia Lundberg

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Résumé :

À 96 ans, Doris habite seule à Stockholm. Elle n’a plus aucune famille  si ce n’est une petite-nièce qui vit aux États-Unis. Son bien le plus  précieux est un carnet d’adresses, qu’elle possède depuis 1928. Ce  calepin rouge contient le souvenir des gens qu’elle a rencontrés au  fil de son existence, et dont elle a rayé les noms à mesure qu’ils ont  quitté ce monde.
De l’excentrique bourgeoise pour qui elle a travaillé enfant à l’amour  de sa vie rencontré à Paris, de la veuve qui lui a appris l’anglais sur le  bateau l’emmenant à New York aux plus grands couturiers français  qui l’ont vue défiler, de l’artiste suédois devenu son confident à sa  propre soeur, au destin douloureux, l’existence de Doris est une  épopée romantique, tragique et émouvante.
Une histoire de famille et de transmission merveilleuse et bouleversante.

Mon avis :

"La vie est rarement passionnante sur le moment. Elle est juste compliquée. Ses reliefs apparaissent avec le recul. Beaucoup plus tard"

      Bien avant le résumé, c’est la belle couverture pleine d’écriture qui m’a donnée envie de lire le livre. Belle écriture manuscrite, timbres d’époque, tampons de poste, cette dernière rappelle ce temps où recevoir une lettre faisait plaisir et était attendue comme le messie.
      Mais un livre ne s’arrête pas à sa couverture, un livre continue avec son résumé. Pour ce dernier le charme n’était cependant pas au rendez-vous. Trop fleur bleu pour moi, le résumé ne me donnait pas vraiment envie, mais quand on me l’a proposé j’ai dit oui quand même, car même sans me plaire il me parlait un peu avec ces noms qui défilent et se rayent avec le temps.
     Un livre se finit avec son histoire… et c’était je dois dire et contre toute attente une belle histoire. Un peu trop exagérée il est vrai, mais quand même pleine d’émotion et j’ai passé un excellent moment. Cette histoire de carnet rouge, témoin d’une existence parmi d’autre, souvenir d’une mémoire qui s’efface et d’une vie sur le point de disparaître, ça parle forcément à tout le monde. Surtout à moi qui ait une tendance à me demander ce que deviennent les gens.

     Enfin bon, c’était une belle histoire. Il y avait de tout dans cette histoire, de l’émotion, des rires, des joies, des doutes, des pleurs, des ratés, une fin attendue (un peu), des personnages variés allant du sympathique au détestable. Un mélange habituel.
Après, ce n’est pas la lecture du siècle, mais ça se lit bien et c’est idéal pour cet été ; et peut-être bien qu'il y a une belle leçon de transmission à retenir.

     En résumé, c'est une sublime couverture qui cache une belle histoire. Pas l'histoire du siècle, mais quelques belles erreurs et quelques regrets qui donnent toute la dimension nécessaire à ce livre et nous ramènent à l'essentiel. Un livre à lire.

Merci aux éditions Calmann Levy.

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18 juillet 2018

"Le don de la pluie" de Tan Twan Eng

Le don de la pluie de Tan Twan Eng

le don de la pluie

Résumé :

État de Penang, Malaisie, 1939. Philip, un adolescent d’origine anglo-chinoise, rencontre Endo, un diplomate nippon qui lui apprend l’art de l’aïkido. Alors que la guerre menace et que les Japonais envahissent le pays, le jeune homme se retrouve déchiré entre son amitié pour son nouveau maître et sa loyauté envers sa famille ainsi que son pays. Hanté par la prophétie d’une vieille devineresse, Philip tente de tracer sa route sur les chemins périlleux et parfois obscurs de la guerre.

Tour à tour roman d’espionnage et roman d’apprentissage, Le Don de la pluie oppose la vision orientale d’un destin tout tracé à la vision occidentale du choix et de la liberté, et nous fait voyager à travers les temples magiques et les forêts tropicales interdites de la Malaisie.

Mon avis :

C'est une histoire pleine de bruit et de fureur.
C’est une histoire entre un sensei et son élève.
C’est une histoire entre un japonais et un jeune métis en Malaisie.
C’est une histoire terrible car c’est pendant la guerre ; et rien, des actions, des choix, ne pouvait changer l’issue de cette histoire.
Du libre arbitre à la route toute tracée, ce livre, c’est l’histoire de deux visions et deux vies qui se croisent et s’affrontent. C’est une histoire terrible, douloureuse, mais magnifique.
Honnêtement, je ne m’attendais pas à l’aimer autant, j’avais flashé sur l’écriture bien avant le résumé, mais c’est pourtant toute imprégnée de cette relation étrange, de cette dichotomie sur la vision de la vie, que je viens de fermer ce livre.

     L’histoire a pour contexte la seconde Guerre mondiale en Malaisie et en Asie. Le Japon est à l’époque belliqueux et cruel, et dans ce contexte deux hommes se rencontrent et nouent une relation. Seulement, le Japon est un pays ennemi, de fait la relation du jeune Philip Hutton avec un diplomate japonais Endo-San est mal vue et venue, et beaucoup la critique. Et même si certains comprennent cette amitié et les bénéfices sur le jeune Philip, il leur est malgré tout difficile pour eux de comprendre la place qu’elle prend dans sa vie. Qu’elle prend aussi dans cette Malaisie en guerre abandonnée par les Anglais, et dans cette Malaisie en souffrance et occupée où les japonais n’ont rien à envier aux allemands niveau atrocité. Oui, c'est une histoire compliquée.
     Pour être franche, cette relation est aussi difficilement compréhensible par le lecteur, car elle s’approcherait presque d’une histoire d’amour insensée et malsaine devant les faits implacables de Endo-San. Mais pourtant, cette incompréhension qui m’a été donné par l’auteur, c’est pour moi la réussite de cette histoire, car avec ce livre le lecteur est ici quasiment un personnage. Il réagit à peu de chose près de la même manière que les protagonistes du livre, et même quand on apprend au fil des pages, que c’est une histoire sur plusieurs vies et qu’il faut qu’elle finisse, que c’est le destin qui agit et que chacun a ses raisons d’agir, l’attachement de Philip pour Endo-San reste quand même incompréhensible par moment, et ceci même si on n’a l’avantage de tout savoir.
Comme on le voit, ce roman ce n’est pas que l’histoire d’un malheur annoncé, c’est aussi beaucoup d'ambiguïté y compris pour le lecteur. Rien n’est clair, rien n’est gagné d’avance, puisque l’auteur joue énormément sur les sacrifices, avec la mort, sur ces faits et ces sentiments qui nous échappent et nous obligent à quelques actions - et pas toujours les bonnes d’un point de vue ou d’un autre.
Bref. C’est vraiment un roman puissant qui nous entraîne on ne sait où, et pour ma part ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre où je suis quasiment logée à la même enseigne que les perso. Et ça, je ne risque pas de m’en plaindre !

     Enfin, un autre atout de ces lignes (que j’ai vite abordé quelques lignes plus haut), c’est que ce livre réunit à une histoire, l’Histoire de la Malaisie à cette époque ; et même si tout n’est pas vrai, par exemple sur la Chine, j’ai apprécié découvrir la seconde Guerre mondiale de ce côté-ci du globe. Ca change des mêmes histoires que l'on raconte ici, et que d’ailleurs je ne lis plus car c’est toujours la même chose et que c’est chiant. Voilà, en plus de l’histoire, le contexte, bien que terrible, vaut le détour par ces pages car on apprend des choses et on ne peut pas se plaindre de ça.

     En conclusion, je n’ai rien à dire de mauvais sur ce livre. Oui il est épais, oui ce n’est pas une lecture facile, oui c’est philosophique, oui c'est triste, mais c’est tellement bien raconté, dosé, profond et beau, que je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Pour tout ce qu’il raconte et nous apprend, on doit le lire.

Merci aux éditions Flammarion.

 

EXTRAITS : "Les jeunes ont des espoirs et des rêves, alors que les vieillards n'en conservent que les vestiges et se demandent ce qui est arrivé à leur vie"

"Mes anciens disciples m'appelaient parfois pour tenter de me convaincre de retourner dans ce monde, mais je refusais en leur disant que j'avais renoncé au fleuve et au lac, adoptant ainsi une expression cantonaise - toi chut kong woo - qu'on applique aux guerriers ayant quitté volontairement leur univers de violence pour chercher la paix."

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26 mars 2018

"Femme de robe" de Michèle Dassas

Femme de robe de Michèle Dassas

Source: Externe

Résumé :

« Robe sur robe ne vaut », voilà comment un grand nombre de ses confrères avocats accueillirent la prestation de la première femme à avoir plaidé. Les railleries, le mépris traduisaient l’angoisse des hommes de voir des représentantes du sexe dit faible, accéder à des fonctions qui leur étaient jusqu’alors exclusivement réservées.

Combien avait-elle dû se battre, Jeanne Chauvin, avant de pouvoir en n prêter serment, trois ans après avoir essuyé un humiliant refus, alors qu’elle était pourtant munie de tous les diplômes nécessaires ! Femme de robe retrace le parcours de cette femme remarquable, ses combats, son humanité, ses espoirs. Aux côtés d’une mère d’exception et d’un frère, aussi déterminé qu’elle, qui fut député de Seine-et-Marne, et secrétaire du Grand Orient, Jeanne laisse le souvenir d’une femme digne, résolue, charismatique, une pionnière éprise d’équité. Mais Femme de robe est aussi un roman qui, au-delà des faits historiques, ressuscite une Jeanne plus intime, avec ses passions et sa sensibilité toute féminine.

Mon avis :

Ce livre est à lire, non parce que c'est d'actu mais parce que le parcours et les combats de cette femme valent le détour rien que pour la connaissance.
Jeanne Chauvin fait partie de ces femmes peu connues mais qui ont toutes leur place au Panthéon comme le souligne joliment l'autrice à la fin de ce roman.

"Jeanne Chauvin, humble et laborieuse pionnière, a ouvert la voie et tracé le chemin que des milliers de femmes ont depuis emprunté. N'a-t-elle pas gagné, elle aussi, sa place dans ce temple dédié aux personnages illustres, au coeur du Quartier Latin, si près de là d'où elle vécut, étudia et livra ses combats."


Roman, alors que je parle d'un parcours réel ? Oui, roman. Mais roman vrai, biographie romancée si vous préférez. Romancée sur la vie privée de la dame pas/peu connu des archives, mais pour le reste je vous direz bien que c'est proche de la réalité, et ce qu'on peut en dire c'est que cette femme a eu un parcours étudiant étonnant. Deux bacs, le littéraire et le scientifique, deux licences, une en droit et une philosophie, et enfin un doctorat en droit où elle soutient sa thèse Étude historique des professions accessibles aux femmes, véritable mise en bouche de son combat pour la liberté de la femme.

Une femme de tête, intelligente, combattante, qui pourtant dérange beaucoup par sa remise en cause de l'ordre établit. Dérange les élèves qui la conspuent par exemple le jour de sa soutenance qui sera ajournée. Dérangent les journalistes et les politiques, qui pour beaucoup n'hésitent pas à lui rappeler le rôle qui doit être sien. Dérange aussi, toute cette population hommes et femmes qui refusent la remise en cause de l'ordre établit. Non ne soyez pas choqués, des femmes qui se contentent de jouer les bonniches à l'époque il y en avait et pas qu'en France.
Mais Jeanne c'est aussi des soutiens, via des rencontres hommes ou femmes avec qui elle se battra pour la femme ; il y aura des politiques comme son frère Emile qui deviendra député, des journalistes qui ont les mêmes rêves qu'elle, des amis...
Néanmoins et malgré ces derniers, elle devra attendre pour avoir le droit de plaider, car la loi n'est pas de son côté. Qu'à cela ne tienne, elle fera modifier la loi avec ses soutiens. Deuxième femme avocate de France, elle sera la première à plaider !

Mais plus qu'un parcours romancé, ce livre décrit très bien cette époque où tout est en changement. C'est une bonne description des mentalités de cette époque et des paysages, des progrès qui fascinent et inquiètent aussi, et de cette société avec les combats qui l'anime.

En résumé, c'est un livre à lire car cette femme c'est une image merveilleuse, un modèle à connaître et inspirant, pleine d'esprit et d'intelligence, en plus d'être une véritable féministe qui a combattu toute sa vie efficacement pour des combats utiles à toutes (loin des féministes d'aujourd'hui qui pour beaucoup tombent dans le ridicule).

Merci aux éditions Marivole et à l'autrice de m'avoir fait connaître cette femme.

11 mars 2018

Vivre avant qu'il ne soit trop tard

La chambre des merveilles de Julien Sandrel

 julien sandrel

Résumé :

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère,  Thelma, qu’il est  amoureux pour la première fois, il voit bien  qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part,  fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion  le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas  d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.  En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet  sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de  toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait  vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles,  elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures,  il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à  revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers  elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on  a presque quarante ans…

Mon avis :

La chambre des merveilles est un roman qui faisait déjà grand bruit avant de sortir, parce qu’il a plu à tous les éditeurs et même à un cinéaste ! Et mon avis est que oui et non je ne comprends que partiellement cet engouement. Oui par instant ce livre donne quelques beaux passages notamment assez drôles, et non car c’est assez convenu ce qu’on trouve dedans. Je ne suis pourtant pas familière de ce genre, mais vraiment pas, pourtant avant de lire le bouquin je savais ce qu’il allait comporter en matière de crise existentielle. J’entends par là niveau réflexion profonde, du genre : « j’ai donné toute ma vie à mon travail et je n’ai pas profité de ma famille », « je n’ai pas de réel ami car j’étais trop accaparée par mon travail », « si jamais il se réveille, promis, je passerai plus de temps à vivre pour lui et moi », etc., etc., vous avez compris.  

Alors, je n’ai rien contre ce genre de réflexion, surtout que je suis tout à fait le genre de personne à prendre le temps de vivre et à prendre le temps d’être bien, mais pour ma part je trouve ces phrases pas franchement réalistes, car elles ne font jamais dans la demi-mesure. Certes dans ce cas on comprend pourquoi elle dit ça, sa vie s’écroule et vu la vie qu’elle mène ça colle parfaitement à ce genre de réflexion, mais voilà… la vie c’est aussi la vie et il faut bien vivre, donc travailler, de ce fait on ne peut pas chaque instant de chaque jour passer son temps à vivre 100% pour sa famille et pour soi. La vie n’en laisse pas le loisir, du coup quand je vois ce genre de réflexion dans un ouvrage ça a une tendance à m’horripiler parce que ce n’est pas la vie. Oui dans un moment de détresse on peut penser cela, mais dans le même temps on peut aussi se dire que c’est la vie et qu’on ne peut pas toujours être disponible pour ceux qu’on aime.

Pour le reste cependant je vais être plus souple. Certes on retrouve la sempiternelle liste des envies à faire avant de mourir. On retrouve le cliché de la mère et de la fille qui sont opposées et qui se réconcilient après tant d’années passées à se côtoyer sans se comprendre. On retrouve encore la rencontre entre la mère triste et un homme à l’histoire tragique ; la première rencontre ratée, la fuite, la culpabilité… Bref ! On retrouve beaucoup de lieux communs, mais bon ce n’est pas grave car je conçois qu’on ne puisse pas toujours être original et ma foi si c’est un peu agaçant d’en voir en si grand nombre dans si peu de pages, ça passe néanmoins plutôt bien si on lit ces lignes rapidement. (Ce que j’ai fait.)

Alors finalement qu’est ce qui m’a plu ? Ben je vous répondrai, la drôlerie. Ça c’était original. En effet, ces sujets ne sont jamais abordés de manière très drôle, et pourtant malgré le sujet grave et tragique Julien Sandrel a su mettre dans ces pages une belle dose d’humour bien faite et bien écrite, tout cela sans pour autant passer en plus par des situations abracadabrantes. Effectivement, ici l’humour vient de la manière dont les personnages vivent la scène et non spécialement de la scène, ce qui rend le récit plus réel au final, et ça j’aime. Et j’aime doublement quand en plus on essaye de voir le bon dans le mauvais, comme le fait cette femme dans son malheur via notamment la liste d'envies de son fils.

En conclusion, ce n’est pas toujours réaliste dans la réflexion, ça manque de distance, il n'y a pas vraiment de surprise non plus, mais les quelques scènes du journal et ce qui en ressort, valent leur pesant d’or. Je pense donc qu'il plaira à beaucoup.

Merci aux éditions Calmann Lévy.

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27 janvier 2018

"Victor Hugo vient de mourir" de Judith Perrignon

Victor Hugo vient de mourir de Judith Perrignon

victor hugo

 

Résumé :

Vibrez de la ferveur et de la fureur de Paris, vivez les funérailles de l'Immortel.

Le poète vient de rendre son dernier souffle et, déjà, la nouvelle court les rues, entre dans les boutiques, les ateliers, les bureaux. Paris est pris de fièvre. Chacun veut rendre un dernier hommage et participer aux obsèques nationales qui mèneront l'Immortel au Panthéon. Deux millions de personnes se presseront sur le parcours du corbillard en ce jour de funérailles intense et inoubliable.
D'un événement historique et en tout point exceptionnel naît un texte intime et épique où tout est vrai, tout est roman.

Cet ouvrage a reçu le prix Révélation de la SGDL et le prix Tour Montparnasse.

Mon avis :

Voilà plusieurs semaines que j'ai fini ce livre sans savoir quoi raconter dessus, mais puisqu'il faut que j'écrive quelque chose dessus, faisons mais faisons court !

Alors ce livre parle du moment de la mort de Victor Hugo à son "enterrement" au Panthéon anciennement église Sainte Geneviève.  Il retrace l'agitation et les attentes autour de la mort du grand homme, celle du peuple, des ouvriers, des simples, mais aussi celle de la police qui craint anarchistes et autres agitateurs.
Il parle aussi du bal des hypocrites qui se serviront des idées de Victor Hugo pour en faire un grand homme, et qu'importe s'ils ne les soutiennent pas, ils arriveront peut-être à en faire un homme à eux.

Ce livre c'est aussi la vie d'un bâtiment, le Panthéon. C'est la fin d'une église au nom de la sainte de Paris et le véritable début de ce monument aux Hommes et Femmes de la Patrie. La victoire de la République sur l'Eglise. Et bien que le christianisme ne soit pas entièrement effacé du bâtiment, ces pages représentent aussi toute l'agitation entre ces deux états que Judith Perrignon dépeint avec beaucoup de réalisme.

Par conséquent et par ces agitations diverses, Judith Perrignon raconte une certaine mentalité de l'époque, une certaine attente, une certaine envie d'être pris en compte, tout ça avec un brin de poésie un peu populaire et un peu d'histoire, mais si ce tableau semble idyllique Victor Hugo n'en finit pas de mourir et d'être inhumé. Ca traîne, ça traîne, ça traîne trop.

Merci à Lecteur.com.

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22 janvier 2018

"Les mains de Sélim sur le corps du Christ en croix" de Jean Marie Gourio

Les mains de Sélim sur le corps du Christ en croix de Jean Marie Gourio

Source: Externe

Résumé :

Dans la région d'Annecy, Selim, quinze ans, vient de passer huit mois en établissement fermé après avoir, une nuit de révolte, incendié une voiture. M. Gabriel lui a redonné une chance en le prenant comme apprenti dans sa menuiserie, Le Bois Doré, une association de réinsertion pour jeunes délinquants. Grâce aux encouragements de M. Gabriel, profondément athée, Selim, le musulman, et Yoram, qui est juif, découvrent ensemble la passion du travail et les vertus de la fraternité. Mais Farid, le frère aîné de Selim, colporteur de thèses djihadistes au tempérament liberticide, lui reproche de ne pas être assez pieux. Selim, particulièrement doué, apprend pas à pas les secrets de la sculpture jusqu'au jour où l'on confie à l'atelier la réalisation d'une copie d'un christ en croix datant du XVIIIe siècle.
Existe-t-il plus beau miracle que la transfiguration poétique du quotidien ? Dans ce bouleversant plaidoyer pour la liberté, Jean-Marie Gourio place l'art au-dessus de toute autorité. Décrivant la naissance d'une vocation, il renvoie dos à dos le fanatisme et l'ignorance et nous livre un chef-d'oeuvre de délicatesse.

Mon avis :

Je ressors déçue et passablement énervée de cette lecture.
Déçue car, l’idée du livre partait d’une bonne idée. Un musulman qui cherche à conquérir sa liberté, à se défaire du milieu salafiste dans lequel il vit (il n’y a pas que le frère qui est intégriste dans la famille) par la sculpture qu’il apprend c’était vraiment sympa. Il y avait quelque chose de neuf dans l’idée de voir un musulman s’ouvrir à ce qui n’est pas musulman, à ce qui ne lui ressemble pas, mais dieu que l'histoire était mal amenée.

Déjà par l’écriture, qui était trop simple et par moment pas assez naturelle même si ça donnait de belles phrases à l'arrivée, - ce qui faisait au final assez bizarre quand on comparait au reste. Ensuite, c'était nul à cause de la présence de situations surréalistes, comme par exemple l'histoire des miettes sur la table avec les yeux fermés, à ce moment pour moi le livre a basculé dans du comique parce que c'était une scène juste ridicule - même si ce n'était pas son but faut bien le dire. Et enfin, c’était très mal amené car c'était très politiquement correct. La deuxième chance nécessaire après une « connerie » euuuuh, la blague, même dix chances ne changeraient rien. Le jeune qui la saisie (la chance), double blague. Le jeune content de balayer dans un atelier, triple blague, et je ne parle même pas de l’idée préconçue et fausse sur le racisme des français soi-disant responsables du salafisme du frangin dans le bouquin. Le terreau familial, la haine dans l’Islam..., ça ne fait pas partie de l’équation visiblement.

Bref ! Pour diverses raisons c’était très mal amené, car ça ne collait vraiment pas avec la réalité et tombait souvent dans le ridicule pour moi. Alors, je n’ai rien contre le fait qu’un livre ne colle pas à la réalité, mais avec un sujet qui s'en veut si proche, pour le coup j'avoue que ça me dérange.

Cela étant si on arrive à faire abstraction à tout ça, il y a quelque chose de sympa dans ces pages et c’est le caractère du jeune homme. Ce jeune qui veut sortir de sa cage tout en étant pris entre deux feux, la famille et la religion d’un côté et la liberté de l’autre, ça c'était vrai et touchant, et j'avoue que ça m'a fait plaisir à le voir. Certes ce n'est pas une situation facile pour ce jeune et c'est pénible à lire car sa prison a vraiment une grosse emprise sur lui et que parfois on a envie de le secouer, mais la situation était tellement bien dessinée, la tristesse et la peur si bien abordées, que oui là j'ai marché et je dis bravo car je n'espérais plus rien. C'est juste dommage que le reste ne suit pas et soit trop irréel.

Bref ! Au final c'était une lecture difficile et peu convaincante, mais le désatre n'est pas totale et le livre en est sauvé par le jeune homme, mais hélas ça ne suffit pas à en faire un bon livre.

Merci quand même aux Editions Julliard.

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16 décembre 2017

"L'enfant de l'oeuf" de Amin Zaoui

L'enfant de l'oeuf de Amin Zaoui

l'enfant de l'oeuf

Résumé :

Harys, le narrateur, est un bon chien, un caniche qui aime son maître, qui aime ses chaussettes puantes, son haleine parfumée au vin rouge, sa voix quand il chante Bécaud. Ils habitent tous deux à Alger et son maître a pour maîtresse une chrétienne réfugiée de Damas, au corps vibrant de désir et à l’âme bouleversée par la guerre. Ce trio bancal, cacophonique, passionné, tient le journal de sa lente destruction dans une Algérie rongée par l’islamisme des Tartuffes. Magnifique, douloureux et fantasque, tel est L’Enfant de l’œuf, neuvième roman d’Amin Zaoui où l’auteur, avec un plaisir et une méthode qui rappelle le Sade de La Philosophie dans le boudoir, s’en prend systématiquement à toutes les formes d’autorité, au nom de la liberté. Amin Zaoui, écrivain de langue française et arabe, est né à Bab el Assa, Algérie. Il est professeur de littérature maghrébine à l’université d’Alger.

Mon avis :

"Le désert n'enfante jamais le printemps et le monde arabe n'est qu'un désert."
Amin Zaoui, L'enfant de l'oeuf, page 40.

 

L’enfant de l’œuf est un livre à deux voix, un chien Harrys et son maître Moul. Deux êtres dans la ville d’Alger où l’obscurantisme envahit la Lumière.
Chacun à leur manière aborde la vie, l’amour, la politique, la religion, la liberté. Chacun à leur manière, montre par leurs actes leur refus des dogmes. L’un pisse sur les journaux, l’autre boit du vin, fume, chante Bécaud et partage sa couche avec une chrétienne qui a fui la Syrie.

Pourtant malgré cette apparence libre, joyeuse, vivante, l’auteur aborde la guerre, l’éternel hiver du désert, l’abandon, la mort, la folie. Derrière cette apparence joyeuse, l’auteur aborde le malheur des vies, le malheur de notre monde incapable de tout se dire. Et plus le livre avance, moins ça va...
En effet, malgré la liberté, les femmes, un chien, une bonne bière, Madame Bovary (un livre qui n'est pas choisi au hasard) peu à peu l’homme se retrouve seul et en dérive… et ça c’est un peu dommage. Car l’auteur donne l’impression que la liberté dont la solitude est une branche, la jouissance du monde qui peut être simple et solitaire, ne suffisent pas à être heureux. Qu’il faut automatiquement être plusieurs pour l’être.
Certes, la fin du livre est chaotique et explique la dérive de Moul, mais en ce qui me concerne j’ai eu cette impression bien avant la fin, et vous vous en doutez je ne partage pas ce point de vue, l’Amour qui forme le couple, l’amitié, sont à mes yeux très secondaires et pas nécessaire au bonheur humain. Pour moi, une personne seule ou avec un chien peut être parfaitement heureuse ! Et échanger une fois de temps en temps quelques paroles avec le poissonnier, le boulanger, la connaissance que l’on croise dans la rue, peuvent largement suffire au bonheur. (Ouais ! Je sais, c’est une idée à contre-courant des sociétés.)
Bref !  Cela fait que j’ai été un peu agacée à la lecture de ce livre, néanmoins pour les autres sujets abordés, et malgré quelques radotages, faut admettre que ces pages sont agréables à tourner et agréables à imaginer vraies en ce qui concerne la personnalité de Moul. Un homme presque libre dans un pays qui s'islamise, c'est toujours sympathique.
Avec cela, il se lit bien, il possède quelques d'étrangetés fort sympathiques et notamment une belle phrase cité en haut du billet.

En résumé et même si je ne partage pas la prise de position de l'auteur sur le bonheur humain, c'est un livre à tenter.

Merci aux éditions Serpents à plumes.

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16 novembre 2017

"Comment vivre en héros" de Fabrice Humbert

Comment vivre en héros de Fabrice Humbert

 

La vie, c'est la main du destin.

comment vivre en héros

Ce destin qui impose des changements par ses choix qui mèneront tantôt à la mort, à l'amour ou la réussite,

Fabrice Humbert

et qui apporteront à un homme, une femme et leur famille

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Le bonheur et/ou le malheur.

Humbert

Comment rester toujours beau, rester soi, quand à côté on vous pousse dans un camp que vous n'avez jamais désiré parce qu'on a de l'ambition pour vous ?

Comment rester un bon père et un bon mari quand on veut changer le monde ?

38 secondes pour un choix, pour une vie.

38 secondes plusieurs fois dans une vie.

Voilà ce que raconte ce livre, intéressant, bien écrit, bien que banal, mais des personnages pas toujours facile à supporter.

 

Merci à Priceminister.
#MRL17

25 octobre 2017

"La fille du rivage" de P. Ananta Toer

La fille du rivage : Gadis Pantai de P. Ananta Toer

la fille du rivage

Résumé :

La jeune fille d'un pêcheur de la côte nord-est de Java (Gadis Pantai signifie " la fille du rivage " en indonésien) a été demandée en mariage par un aristocrate local, fasciné par sa grande beauté.
Elle a quatorze ans et, dans cette Java féodale du début du vingtième siècle, elle n'a guère le choix.
Ce mariage arrangé la fait passer sans transition d'une vie certes pauvre et rude, mais libre et naturelle, à une existence cloîtrée, dans la vaste demeure ceinte de murs de son époux, le Bendoro.
La jeune fille est intimidée et malheureuse, mais doit très vite s'adapter au langage et aux usages de sa nouvelle vie.
Grâce à une vieille servante, elle apprend à se comporter en maîtresse de maison, à se maquiller, à se purifier et à prier.
Puis, incrédule, elle découvre qu'elle n'est qu'une épouse à l'essai après bien d'autres.
Toutefois, elle ne se doute pas encore que son destin basculera cruellement lorsqu'elle donnera naissance à une petite fille quelque temps plus tard...
Gadis Pantai est le récit d'une vie volée.
D'une grande simplicité et d'une grande force, l'évocation de cette jeune fille abusée, de ce personnage de femme inoubliable, luttant pour rester libre jusqu'au bout, mais sans parvenir à maîtriser son destin, confirme la puissance narrative du romancier indonésien.

Mon avis :

La fille du rivage de Pramoedya Ananta Toer, parle d’une jeune fille mineure qui est « mariée » à un homme bien plus âgé qu’elle, et qui a eu déjà plusieurs concubines et plusieurs enfants.

Gadis Pantai, c’est son nom, âgée de 14 ans et venant d’un pauvre village de pêcheur, se retrouve donc du jour au lendemain prisonnière dans une maison riche de la ville, « mariée » à un homme qu’elle ne connaît pas et prisonnière d’une cage dorée où elle n’a plus qu’à subir sa situation.
Victime d’un con aux apparences bien noble, bien religieuse, bien propre, qui fait d’elle son esclave, sa chose, son rien… autant dire que sa vie n’est pas drôle et ne respire pas la joie de vivre. Mais comme elle n’a pas l’air de se plaindre, puisqu’elle tombe amoureuse de son bourreau, en tant que lecteur tu finis par vite passer sur cette situation immonde pour finalement péter un plomb devant la soumission de Gadis Pantai qui accepte son rôle de serpillière sans broncher.
Ok, l’époque ne s’y prête pas vraiment et le pays non plus probablement, mais putain ! les dialogues et certaines scènes donnent juste envie d’aller s’asseoir dans les orties parce que… parce que tu te sens obligée de trouver plus con que le livre pour te calmer. Et oui ! Et c’est là le hic ! Car à part sur la fin - les dix dernières pages à peu près - ce livre ne parle pas du tout d’une fille luttant pour rester libre comme l’indique la quatrième couverture. (Ce que je recherchais, hélas.) En effet, vu qu’elle subit la situation de bout en bout sans trop broncher, voire pas du tout, je dois avouer que du coup j’ai lu ce livre déçue et énervée, cherchant ce chant de liberté promis, qui se limite ici au souvenir du chant de la mer… (On ne va pas se mentir, y a mieux comme liberté.)

Oui, bon d’accord, ce livre cherche avant tout à mettre en avant ces histoires de vies volées des plus faibles par les plus forts et/ou les plus riches, ces vies parfois volées dans l’espoir d’une vie meilleure, mais c’était nécessaire de nous servir ce concept sans un minimum de révolte intérieure ? Avec une héroïne naïve et faible ? Et c’était nécessaire de devoir attendre la fin du roman pour voir une révolte de notre pitoyable héroïne ?, qui franchement aurait gagné à être moins pathétique pour le coup. D’accord elle est triste, mais quand même, un minimum de force n'aurait pas été mauvais, car là je l’ai trouvé pitoyable et sans caractère. Honnêtement, c’était vraiment un discours et des idées dignes d’une personne faible, qui en fin de compte va partir se cacher loin de son village pour ne pas subir le regard des autres...
Bref ! Ce livre ne raconte pas l'histoire d'une fille qui lutte pour rester libre jusqu'au bout.

Outre cela, et même si je suis contente d’avoir découvert un auteur indonésien, j’avoue que je n’ai pas été fan de l’écriture. C’est très simple, banal, rien de bien recherché. En résumé, un livre, vite lu, vite oublié. Pas extraordinaire.

Merci à Babelio et Folio.

Posté par Florell à 21:51 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
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