Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

21 juin 2022

"Voyage au bout de l'enfance" de Rachid Benzine

Voyage au bout de l'enfance de Rachid Benzine

voyage au bout de l'enfance

Résumé :

« Trois mois. D’après maman, ça fait précisément trois mois aujourd’hui qu’on est enterrés dans ce fichu camp. Et ça fait presque quatre ans que j’ai quitté l’école Jacques-Prévert de Sarcelles. » R. B.
Fabien est un petit garçon heureux qui aime, le football, la poésie et ses copains, jusqu’au jour où ses parents rejoignent la Syrie.
Ce roman poignant et d’une grande humanité raconte le cauchemar éveillé d’un enfant lucide, courageux et aimant qui va affronter l’horreur.

Mon avis :

Ce livre trace l’histoire d’un petit garçon contraint de quitter son monde en paix, parce que ses parents ont décidé de faire le djihad. L’auteur Rachid Benzine, va pour se faire, employer tout ce qui peut être utile pour faire vibrer la corde sensible chez le lecteur qui aurait laissé ses neurones de côté. Poésie, mort, guerre, foot, rêve, l’innocence de l’enfance, etc., tous les lieux communs sont là pour prendre le lecteur pour un con. Car en effet, de mémoire, je crois que je n’ai jamais lu un livre qui cherche à décrire une réalité de manière aussi peu réelle. Je m’explique.

Pour commencer, faut dire que ce petit garçon de huit ans qui semble rester imperméable à l’idéologie islamiste de ses parents, c’est difficile à croire. En effet, un enfant possède pour premier modèle la cellule familiale, et comme dans le sketch des Inconnus Les gosses, nous savons tous qu’un enfant répète ce qu’il entend à la maison et que cela forge son opinion du moment voire du futur. Donc le meilleur ami juif (évidemment) on oublie ! La chose est belle, mais la chose est irréaliste… surtout quand on possède pour parents des musulmans rigoristes. Même si ces derniers font, parait-il, semblant pour ne pas se faire repérer. (Sans grande efficacité visiblement, puisque les grands-parents du petit garçon tentent d’empêcher leur départ en Syrie. Comme quoi ils se sont déjà pas mal trahis sur beaucoup de points…)
De plus, comment croire qu’un enfant reste imperméable à ce qu’il entoure comme ce petit garçon, quand dans la réalité, les témoignages d’instituteurs et institutrices sur le comportement problématique des jeunes élèves musulmans ne manquent pas ?
Enfin, soulignons encore un exploit, ce petit garçon semble également bien lutter contre l’idéologie islamiste prônée au sein du califat, notamment dans leur école. A part peut-être un petit passage où il traite sa mère de mécréante qui met ma thèse à mal et montre donc la contamination islamiste dans son jeune cerveau, l’idéologie islamiste semble lui passer au-dessus de la tête. Ce qui est bizarre, on ne va pas se mentir.

Après le petit garçon qui se nomme Fabien et que l’on renomme Farid, parlons des parents qui semblent encore plus irréalistes que leur rejeton. Oui. Quand tu vois que les parents partis faire le djihad en Syrie, disent à leur fils que tuer des gens ce n’est pas bien et qu’il vaut mieux l’éviter, en tant que lecteur tu as du mal à avaler la couleuvre. C’est connu les groupes djihadistes sont réputés pour leur magnanimité… De là à nous faire croire qu’ils ne savaient pas à quoi s’attendre en allant en Syrie, il y a un pas que l’auteur n’hésite pas à franchir. Oui, Rachid Benzine va tenter de nous faire croire que les parents ne savaient pas ce qu’était le djihad ! (WTF ?!) Et le plus drôle c’est la femme (décidément Eve est partout) qui a poussé le mari à franchir le pas du départ. Elles sont écoutées ces « femmes » ? (Moi j’aime bien appeler ces sacs poubelles « des choses », mais bon.)

Et en parlant de femme, car le père et mari meurt dans le bouquin. Je dois avouer que le rôle passif que la mère de Fabien tient dans ce livre me dérange quelque peu. Ici, elle n’est apparemment qu’un bout de viande que l’on marie. Or, les femmes de djihadistes savent fabriquer des ceintures explosives, elles sont également souvent fières de pouvoir envoyer leurs enfants jouer les bombes humaines et savent aussi très bien réduire en esclavage ou maltraiter d’autres peuples. Alors que l’on ne me fasse pas croire, qu’une personne fortement endoctrinée comme cette fille et écervelée de surcroît, a gardé un peu de bon sens en refusant tout cela et ne reste qu’un bout de viande à marier à la maison.  C’est vrai que ce silence autour de la mère, est inquiétant de la part de l’auteur. Que cache-t-il sur cette femme ? Et sur la vie à la maison ?
A la fin, elle semble regretter son petit confort, sa vie d’avant voire ses positions, mais de là à en faire une personne qui rejette le djihad et l’islam rigoriste ou dit modéré, non je n’adhère pas.

Bref. Ce livre truffé d’incohérence a pour mission d’attendrir l’opinion française sur le sort des enfants dont les parents sont djihadistes, voire d’attendrir sur le sort des parents. Ceci, afin d’en faciliter le retour. Avec moi la mission de ce bouquin est ratée. Tant pis la mort, la maladie, les conditions d’habitation, les parents qui ont rejeté leur pays d’origine et massacrés des innocents - qu’ils soient français, britanniques ou autre -, ne doivent pas pouvoir revenir dans un pays qui fut chez eux. Pourrir dans le désert, me semble être un moindre mal, pour le mal qu’ils ont fait.
Quant aux enfants, quoi qu’en dise l’auteur et même si la situation est dramatique, ce sont des bombes à retardement et déjà à l’âge de huit ans. Ce petit garçon hermétique à toutes influences intégristes n’existe pas en réalité. Passé un âge, ces enfants ne sont plus des innocents et à huit ans déjà depuis quelques temps… (Et la déradicalisation, c’est comme les camps communistes de rééducation, ça ne fonctionne pas.)
Enfin voyons aussi la question du retour dans des pays où le collaborationnisme islamiste est décomplexé et a pignon sur rue, et ou les lâchetés politiques et autres clientélismes ont fait déjà tant de dégât. Qui peut croire à la sécurité, à notre sécurité, devant tant de lâcheté et de parti pris si retour il y a ?

En résumé, c'est un livre qui soulève une problématique mais pas de manière fiable.

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19 novembre 2021

"L'héritier : une histoire d'amour" de Vita Sackville-West

L'héritier de Vita Sackville-West

Source: Externe

Résumé :

Quand Peregrine Chase hérite du domaine de Blackboys dans la campagne anglaise, il n’a qu’un désir : le vendre, éponger ses dettes et retourner à sa vie de citadin. Mais alors qu’il découvre la vaste demeure, les rosiers et les paons majestueux qui peuplent les alentours, un sentiment de plénitude l’envahit, jusqu’à l’obséder. Une question se pose alors : peut-on tomber amoureux d’un lieu ? Roman psychologique à la prose enchanteresse, L’Héritier est une ode à la beauté de la nature qui nous entoure.

Mon avis :

L’héritier de Vita Sackville-West, est un livre pour celui qui aime la simplicité, la contemplation d’un rayon de soleil sur un bois ou l’odeur d’une fleur. Il n’est clairement pas un livre pour celui qui aime l’action. Dans l’héritier tout est calme, à l’image de Chase qui a récemment hérité d’un domaine appartenant à sa famille depuis des siècles. Des terres et une vieille demeure sans confort où il se sent étranger.
Mais le domaine doit être vendu, car selon le notaire de la vieille tante il semble que rien d’autre ne soit possible pour cette demeure et son passif. Mais le notaire est du genre hargneux et faux, le genre d’homme qui décide seul ; mais rien de particulier ne se passera avec ce notaire, si ce n’est une franche détestation entre lui et Chase.
Chase qui d’ailleurs laisse faire l’homme de loi, car il veut en finir vite. Du moins dans un premier temps… Car voilà que notre héros tombe sous le charme de ce jardin, de cette nature, de cette demeure, du vieux chien. De ces gens simples qui bichonnent leur jardin. Est-il encore possible pour notre jeune homme désargenté de se laisser dépouiller de ce havre de paix ? Si non ou oui à quel prix ?

Vous l’aurez compris, il ne se passera pas grand-chose dans ces pages, des simples rencontres, des discussions, de la contemplation, quelques pensées volantes et voilà. La vie. Non loin de la pipe et du tabac posés sur un coin de table, du chien qui dort devant la cheminé, un calme étrange et profond imprègne ces pages. A lire pour ressentir cet amour de la nature et des choses simples.

 

Merci aux éditions Autrement.

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22 septembre 2021

"La terre qui penche" de Carole Martinez & "La petite communiste qui ne souriait jamais" de Lola Lafon

La terre qui penche de Carole Martinez

La terre qui penche par Martinez

Résumé :

Blanche, la môme chardon, est-elle morte en 1361 à l’âge de douze ans comme l’affirme son fantôme ? Cette vieille âme qu’elle est devenue et la petite fille qu’elle a été partagent la même tombe. L’enfant se raconte au présent et la vieillesse écoute, s’émerveille, se souvient, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend. Veut-on l’offrir au diable pour que le mal noir qui a emporté la moitié du monde ne revienne jamais ?
Un voyage dans le temps sur les berges d’une rivière magnifique et sauvage, la Loue, par l’auteur du Domaine des Murmures et du Cœur cousu.

Mon avis express :

Souffrir quasiment 370 pages, et n’apprécier que les 25 dernières pages, c'est dur !
Trop de répétition, de longueur monotone, de vide à combler et d'envolées lyriques à n'en plus finir - qui en vieillissant me saoulent au plus haut point.

L'histoire au final ne raconte pas grand chose et ce livre aurait pu encore végéter un moment sur mes étagères sans que cela soit une grande perte. Lu et déjà presque oublié.

 

La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon

Résumé :

Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?
Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le roman acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “Dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

Mon avis express :

J'ai découvert une gymnaste talentueuse, une adulte plutôt désagréable. Mais je ne suis pas mécontente de ma lecture qui fait découvrir un autre visage de la Roumanie sous Ceausescu et interpelle le lecteur sur l'utilisation du sport en politique.

L'écriture est fluide, bien que pas exceptionnelle. C'est un livre qui se lit vite, intéressant, inoubliable ? (seul l'avenir le dira), un livre à lire pour son côté au moins biographique à défaut de son écriture.

 

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10 juillet 2021

"L'ingratitude" de Ying Chen

L'ingratitude de Ying Chen

l'ingratitude

Résumé :

" Je brûlais d'envie de voir maman souffrir à la vue de mon cadavre. Souffrir jusqu'à vomir son sang. Une douleur inconsolable. La vie coulerait entre ses doigts et sa descendance lui échapperait. Mon corps commençant à pourrir par ces journées chaudes, ses gènes cesseraient de circuler dans mes veines, se perdraient au fond de la terre uniforme. Elle n'aurait plus d'enfant. Sa fille unique s'envolerait loin d'elle ainsi qu'un coup de vent mortel croise un arbre en le secouant, mais sans s'arrêter, impitoyable." (extrait).

En Chine, une jeune fille cherche à défaire par le suicide les liens étouffants qui l'unissent à sa mère. Elle veut ainsi échapper à l'étau social, au désespoir d'une vie sans issue, à l'amour même. Le roman s'ouvre et se referme sur les premiers instants de la mort, alors que l'âme flotte encore au-dessus du corps. Impitoyable, d'une lucidité sans faille, " L'Ingratitude " interroge les rapports mère-fille sous la lumière crue de l'amour et de la haine conjugués.

Avis express :

Une histoire terrible mais agréable à lire. Un peu trop longue néanmoins et on a bien envie de la tuer nous même au final cette jeune fille, même si toutes ses questions, ses "je voudrais", ses "j'aurais aimé", servent à faire ressortir l'hésitation de la jeune fille devant son choix. Et servent peut-être à faire ressortir cette relation dure, incompréhensible et amoureuse entre une mère et sa fille.

Cependant je dois avouer que cette histoire on n'y croit pas, c'est trop froid pour sembler réel. L'émotion reste de façade. Dommage.

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28 mars 2021

"Dans la barque de Dieu" de Ekuni Kaori

Dans la barque de Dieu de Ekuni Kaori

dans la barque de dieu

Résumé :

Yôko vit dans le souvenir de son seul amour, qui lui a donné sa fille Sôko. L’homme est parti avant de savoir qu’il allait être père, mais en affirmant qu’il reviendrait et la retrouverait où qu’elle soit. Depuis, Yôko change de ville tous les ans, comme dans un jeu de cache-cache avec cet homme supposé être à sa recherche. C’est ainsi qu’elle vit «?dans la barque de Dieu?», remettant volontairement son destin entre les mains du hasard. Mais quand Sôko demande à s’inscrire dans un lycée avec internat, Yôko sent la fragile construction de sa vie s’effondrer. Si sa fille la quitte, la seule preuve que sa vie et cet amour ne sont pas une illusion disparaît. Ce roman élégant, subtil, mélancolique, alterne les voix de Yôko et de sa fille, comme deux visions féminines et décalées d’une même réalité?: l’une, Sôko, qui découvre en même temps que la liberté les mensonges et l’irréductible étrangeté de sa mère, l’autre, Yôko, qui ne s’est jamais laissé apprivoiser par personne, si ce n’est par ce fugitif amour.

Mon avis :

L'idée de départ est bizarre ; Japon ?
Bon c'est justement cette originalité qui en fait un livre agréable à lire. On vagabonde avec cette femme et sa fille, on découvre les deux voix, le temps passe et forcément arrive un jour où rien ne va plus... La réalité n'est pas le rêve, et le prisme de l'autre pose problème.
Ce n'est pas le genre d'histoire que je préfère mais c'est une histoire que j'ai pourtant aimé lire. D'accord j'aime le Japon mais ça ne fait pas tout. Là y a un truc.

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25 janvier 2021

"Pour Clara : prix 2020" de Collectif

Pour Clara : prix 2020 de Collectif

Source: Externe

Résumé :

"Écrire a toujours été pour moi une manière d’interagir avec le monde. Grâce aux mots, je transmets mes sentiments, mes peurs, mais aussi mon univers".
Sept jeunes auteurs entre douze et dix-sept ans ont pris la plume pour écrire une nouvelle qui leur ressemble.
Ils nous emmènent dans les tranchées un soir de Noël, ou dans l’Angleterre victorienne, nous font découvrir des sociétés futuristes, nous accompagnent dans la fin de l’enfance, ou dans les pas d’une aveugle, nous plongent dans la guerre, encore. Ils nous dérangent, nous bouleversent, nous interrogent, nous remuent.
Lisez-les.

Ce prix a été créé en mémoire de Clara, décédée subitement à l’âge de 13 ans des suites d’une malformation cardiaque. Destiné aux adolescents qui, comme elle, aiment lire et écrire, il est décerné par un jury présidé par Erik Orsenna et composé de personnalités du monde des lettres et de l’édition.
La vocation du prix Clara est caritative. Les bénéfices de vente de ce livre seront versés à l’Association pour la Recherche en Cardiologie du Fœtus à l’Adulte (ARCFA) de l’hôpital Necker-Enfants malades.

Mon avis:

Voilà quelques années que je n’avais pas ouvert un Prix Clara. Ce prix qui laisse le talent de jeune auteur en herbe s’exprimer librement dans une nouvelle.
Comme dans mon souvenir ce livre propose une large palette de sujet, de style d’écriture, d’idée : pêle-mêle on n’y retrouve des sujets sur la guerre, les violences conjugales, de la SF, etc. Nous remarquons aussi que l’inspiration puise pour beaucoup dans l’actualité plus ou moins récente, signe évocateur d’une jeunesse qui se sent concernée quand bien même elle y va avec ses petites naïvetés et faiblesses.

Pour commencer notons que chacune de ces nouvelles possèdent des qualités littéraires certaines – ce qui fait plaisir à notre époque. Ces jeunes manient les effets, les sensations, les sentiments, les mots, les images avec adresse, même si ça reste assez banal dans l’approche. Cependant comme chaque année j’avoue que j’ai ma préférence en la nouvelle « Les heures sombres ». Nouvelle qui parle d’un soldat dans les tranchées de 1914-1918. Pour ce texte, j’ai trouvé que le jeune auteur a fait preuve d’une grande maturité dans l’approche psychologique d’un soldat éloigné des siens, j’ai vraiment trouvé un portrait plausible et probablement réel d’un soldat lors de cette guerre. Ce côté oui et non, ce côté personne et tout le monde.

Une autre nouvelle qui n’était pas mal dans son genre : « Les couleurs de la douleur ». Ce texte qui parle d’une des innombrables violences familiales existante possède une fin étonnante, mais hélas un texte assez dur à lire, et ceci malgré les images et périphrases qui tentent d’adoucir le propos. C’est joli les coquelicots, mais bon, ça n’enlève rien à l’horreur.
Outre la dureté, ce qui peut être dérangeant c’est la naïveté du dialogue, exemple vers la fin de la nouvelle : « Mais si tu fais du mal, il aura gagné. Il aura détruit la merveilleuse petite fille que tu es. […] Ne cède pas à la colère. Je t’en prie. Sois forte. » Franchement, c’est un peu agaçant de lire cela, tellement c’est cliché ! En plus d’être horrible quand on voit comment ça se finit pour elle. Mais bon, c’est une jeune personne on pardonne l’innocence et l’approche. A moins que ce dialogue soit volontaire pour en faire plus ressortir l’absurdité de par la fin. Question...

Dans la première nouvelle on retrouve un peu ce style de dialogue réchauffé, mais encore une fois la jeunesse et l’absence de recul, ainsi que l’absence d’expérience excuse les facilités que l’on voit déjà beaucoup dans de livre publié.
Quant aux autres nouvelles, elles sont évidemment très bien aussi. Mais le sujet me convenait moins ou le genre n’était pas pour moi comme la SF par exemple.

En résumé c’est un livre écrit pour la bonne cause et pourquoi ne pas l’offrir à des jeunes qui se rêvent en auteur (e).

16 décembre 2020

"La Goulue" de Maryline Martin

La Goulue de Maryline Martin

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Résumé :

À seize ans, la future reine du cancan est blanchisseuse. Mais le soir, Louise Weber « emprunte » les robes des clientes pour courir à l'Élysée Montmartre. Celle que l'on va surnommer La Goulue se fait rapidement remarquer par sa gouaille et son appétit de vivre. Au Moulin Rouge, elle bouscule les codes en arrivant avec un bouc en laisse, détournant ainsi l'interdiction faite aux femmes d'entrer dans un lieu public sans être accompagnées par un mâle ! Immortalisée par Toulouse-Lautrec et Renoir, elle va également s'imposer dans le milieu mondain et côtoyer les plus grandes personnalités de son temps - le prince de Galles, le shah de Perse, le baron de Rothschild, le marquis de Biron... - avant de tomber en disgrâce.
Pour mener à bien cette biographie, Maryline Martin s'est plongée dans le journal intime de la danseuse, conservé au Moulin Rouge. Elle a également consulté les archives de la société des amis du Vieux Montmartre, le service de la mémoire et des affaires culturelles de la préfecture de Police et les divers documents des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris. À partir de ses recherches, elle a pu dessiner le portrait tendre et intimiste d'une figure incontournable de la Butte Montmartre : une femme libre, fantasque, généreuse et attachante.

Mon avis :

Il y a très longtemps (un peu par hasard) j’ai vu la pierre tombale de La Goulue au cimetière Montmartre. Je ne sa vais pas trop qui elle était alors. Depuis j’ai grandi et appris, mais je dois dire que je n’en connaissais que très peu de chose. Voilà un problème réparé grâce à Maryline Martin journaliste littéraire avec qui j’ai découvert une fleur épanouie ou fanée de ce vieux Montmartre, loin des grands boulevards et un peu canaille.
Blanchisseuse qui chipée les vêtements de ses riches clientes, à ce modèle qui enchanta la toile de quelques peintres, en passant par cette danseuse qui imposa sa signature, sa verve, son caractère, sans oublier cette dompteuse de lion, cette femme au caractère bien trempé et cette fin miséreuse, Maryline Martin nous racontera tout de cette danseuse un peu filante qui marqua à jamais Paris. De cette femme au sacré caractère.

« Tu leur diras que j’ai été une bonne fille », il est vrai qu’elle a vécu à son époque, une époque où la force de caractère et la brutalité étaient comme nécessaires à la survie dans ce milieu modeste. Il est vrai qu’elle a eu des anicroches avec des collègues, avec son mari sur qui elle tira des coups de révolver, avec son fils. Il est vrai qu’elle ne se laissa pas faire et il en cuira à plus d’un de la titiller. Il est vrai qu’elle sait se défendre ! Mais il n’empêche, il est vrai que cette femme était généreuse avec sa fortune trébuchante et sonnante, ou ses poches trouées. Elle était de cette espèce qui donne une fleur à tout le monde, et trouve constamment de la joie de vivre. Elle ouvrait sa roulotte aux plus pauvres qu’elle, les cages (vides) de ses animaux aux amis pour des fêtes bien arrosées.
Un certain mauvais caractère la Louise Weber, mais un cœur sur la main, du ressort et une résignation sans égale, c’est indéniable. Elle savait constamment se réinventer pour trouver de la joie dans son quotidien et continuer son petit bout de chemin.

Quand vous aurez fini ce livre, Louise Weber dit la Goulue n’aura presque plus de secret pour vous. Vous y découvrirez une femme libre, fantasque, légère, insouciante. Impossible de l’apprécier entièrement ou de la détester pareillement. A la toute dernière page de ce livre, vous aurez découvert une femme de son milieu très souvent insatisfaite mais toujours fidèle à elle-même.

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04 novembre 2020

"La solitude Caravage" de Yannick Haenel

La solitude Caravage de Yannick Haenel

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Résumé :

Dans un bel essai plongeant dans la vie du Caravage, Yannick Haenel interroge l’intériorité du plus grand des peintres. Comment peignait-il ? Que cherchait-il à travers ces scènes de crime, ces têtes coupées, cette couleur noire qui envahit peu à peu tous ses tableaux ?
« Vers 15 ans, j'ai rencontré l'objet de mon désir. C'était dans un livre consacré à la peinture italienne : une femme vêtue d'un corsage blanc se dressait sur un fond noir ; elle avait des boucles châtain clair, les sourcils froncés et de beaux seins moulés dans la transparence d'une étoffe. »
Ainsi commence ce récit d'apprentissage qui se métamorphose en quête de la peinture. En plongeant dans les tableaux du Caravage (1571-1610), en racontant la vie violente et passionnée de ce peintre génial, ce livre relate une initiation à l'absolu.
À notre époque d'épaississement de la sensibilité, regarder la peinture nous remet en vie. On entre dans le feu des nuances, on accède à la vérité du détail. C'est une aventure des sens et une odyssée de l'esprit. Aimer un peintre comme le Caravage élargit notre vie.

Mon avis :

Je me faisais une joie de lire La solitude Caravage, découvrir le portrait de Caravage grâce à l’intermédiaire d’une rencontre picturale, c’était en effet assez bien présenté pour être tentant. C’était même au-delà, puisqu’il y avait la promesse d’apprendre des choses sur Caravage, même si pour cela il fallait que je chemine par le nombril de l'écrivain.

J’ai appris des choses, c’est un fait.
J'ai découvert un écrivain, c'est un fait.
Je n’ai pas entièrement perdu mon temps, c’est un fait également.
Toutefois, et malgré ma volonté de continuer au moins pour la vie de Caravage, je n’ai pas réussi à finir le livre. L’énervement comme l’ennui m’ont vaincu par K.O.

Voulant partir dans trop de poésie, qu’il en a oublié le rationnel.
Voulant trop faire ressortir le génie de ce peintre, qu’il en finit par écrire des absurdités psychologiques.
Voulant être trop original, qu'il en devient ridicule.
Bref. Voulant trop en faire, Yannick Haenel a perdu la lectrice que je suis.

Certes, les erreurs que je souligne là, pourraient dans d’autres romans passées outre. Mais quand on a la prétention d’écrire sur un personnage qui a réellement existé, le minimum c’est de garder un peu de sérieux et de raison. On ne sort pas juste des phrases pour faire de belles phrases, remplir des pages ou encore divaguer.

Désolée, il a fallut que je lise plus de 200 pages pour vous dire que je n'ai vraiment pas aimé. Et que j'ai souvent levé les yeux au ciel d'agacement.

Editions Folio.

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15 juin 2020

C'était Jean Raspail. Merci Monsieur.

 

 

Une semaine avant qu'il ne meurt j'ai emprunté à la médiathèque le livre le plus polémique de l'auteur Le Camp des Saints. J'ai découvert ce livre en lisant un article du très sérieux magazine de presse Causeur. Mais dans l'édition que j'ai (2011), l'auteur y a rajouté une longue préface très intéressante, laissez-moi vous montrer ici de quoi elle cause. On y découvrira une lucidité étonnante mais aussi les mensonges des politiques sur la question migratoire. L'auteur a discuté avec eux, leur démission sur cette question cruciale est inquiétante.
Encore un avertissement avant de commencer. Les plus intelligents savent que l'on nous ment sur l'immigration massive, que le multiculturalisme c'est de la merde en barre (on le voit bien en cette période de soutien à la racaille Traoré) et que cette idéologie est néfaste pour la France comme pour tous les pays. Nous savons aussi que l'immigration arabo-musulmane et africaine n'est pas une chance. Par contre pour les plus idiots qui tombent facilement dans le piège de la peste brune bien-pensante, je vous préviens que lire les lignes qui vont suivre, risquent de bousculer vos petites certitudes. Car en effet, Raspail a discuté avec des politiciens, et les discours sont sensiblement différents dans le privé que ceux qu'ils tiennent en public, et de fait beaucoup plus proche de la réalité.

 

"En fait, chacun sait, d’instinct, que les « minorités visibles » vont devenir majorité et qu’il n’existera plus aucun moyen, hormis l’inconcevable, d’inverser la tendance. C’est vrai aussi qu’on ne peut pas se lever chaque matin et s’empoisonner la journée et la vie entière en se pénétrant dès le petit déjeuner, de l’idée que tout est foutu, mais tout de même, cette étrange indolence à tous les niveaux de la connaissance, des pouvoirs, de l’information, de l’opinion, cette rétention fin de race de la pensée et de l’action, cette politique de l’autruche…

[...]

[Parlant de la loi Pleven 1972] La question de l’immigration, encore à ses balbutiements ne requérant aucune urgence apparente, et les magistrats de l’époque se révélant plutôt réticents, il lui fallut un certain temps pour devenir opérationnelle. A cela s’ajoutait la prescription pénal qui n’était alors que de trois mois. C’est ainsi que le Camp des Saints, paru en 1973, et qui aurait dû tomber sous le coup de cette loi, en réchappa. Il ne fut jamais rattrapé, les lois restrictives qui suivirent n’étant pas rétroactives. Elles sont au nombre de trois : la loi Gayssot (1990), la loi Lellouche (2001) et la loi Perben (2004), et ont reçu, à l’initiative personnelle de Jacques Chirac en cadeau de fin de mandat présidentiel, le renfort musclé de la HALDE.
J’ai eu la curiosité de consulter deux avocats spécialistes de ces questions.
Il en ressort que Le Camp des Saints, s’il voyait le jour pour la première fois, serait impubliable aujourd’hui, à moins d’être gravement amputé. On peut mesurer, après trente-deux ans, avec une accélération brutale à partir de la loi Gayssot de 1990, combien a été restreinte et encadrée dans ce pays, la liberté d’expression, précisément sur ce sujet-là.

[...]

Des témoignages que je viens d’évoquer, parmi d’autres, il ressort que tous ces gens – de droite comme de gauche, j’insiste là-dessus – qui participent ou participaient au gouvernement du pays ou au modelage de l’opinion, pratiquent un double langage : l’un public et proclamé, l’autre personnel et dissimulé, comme s’ils avaient une double conscience, celle qu’on a arbore comme un drapeau et celle qui s’est réfugiée dans le maquis des pensées inavouables, qu’on n’exprime qu’n petit comité, entre amis sûrs, et encore…
Je ne fréquente pas les allées du pouvoir, mais il m’est arrivé de converser en privé, sur ce thème, avec tel ou tel ministre ou ancien ministre, tel ou tel directeur de cabinet de Matignon, tel ou tel conseiller de l’un ou l’autre président et dont les propos nets et clairs, sans illusions, se situaient aux antipodes de leur comportement officiel et de mesures et décisions qu’ils étaient chargés d’élaborer. Au service de l’Etat, ils sont… Il me semble juste de reconnaître en guise de circonstance atténuantes, que s’ils s’engageaient à rebrousse-poil face à la meute médiatique, showbiztique, artistique, droit de l’homme, artistique, droit, de l’hommiste, universitaire, gaucho-chrétienne, épiscopale, scientifique, psy, mutualiste et j’en passe, ils signeraient, dans la minute, leur condamnation de mort civile.
Car en face dans l’autre camp, s’agite une redoutable phalange issue du sein de notre propre nation, et néanmoins tout entière engagée au service volontaire de l’Autre : BIG OTHER…

Big Other vous voit. Big other vous surveille. Big Other a mille voix, des yeux et des oreilles partout. Il est le Fils Unique de la Pensée dominante, comme le Christ est le Fils de Dieu et procède au Saint-Esprit.  Il s’insinue dans les consciences. Il circonvient les âmes charitables. Il sème le doute chez les plus lucides. Rien ne lui échappe. Il ne laisse rien passer. Comme Lénine en autres occurrences, il dispose d’une foule « d’idiots utiles ». Sa parole est souveraine. Et le bon peuple suit, hypnotisé, anesthésié, gavé comme une oie de certitudes angéliques…
Le premier soin de Big Other a été de tordre le cou au « Français de souche », pour déblayer définitivement le terrain. Il lui a fallu un certain temps, mais la besogne est en voie d’achèvement. Une dernière salve a été tirée au début de 2010 par le ministre Eric Besson (« La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de français de souche, il n’y a qu’une France du métissage »), suivie de près, pour le coup de grâce, par Claude Allègre, que tout le monde connaît, et Denis Jeambar, l’ex-conscience de l’hebdomadaire de L’Express. Car ils s’y étaient mis à deux, dans le Figaro, pour planter ce poignard dans le dos d’une très vieille nation : « Il n’y a pas de Français de souche. »  […]
A ces propos péremptoires, il n’y a pas eu de réponse. Ni dans le journal qui les avait publiés, ni ailleurs. Rien. Pour ma part, je suis arrivée trop tard. Dès le lendemain, le Figaro avait clos le débat. J'y reviens.
Métissage, métis, France métissée… Cette innovante escroquerie historico-sémantique a fait des ravages. Elle impose un impudent amalgame, puisqu’il est avéré que l’immigration extra-européenne, dans notre pays, ne date au mieux – si j’ose dire – que d’une cinquantaine d’années.
C’est vrai que la France est le produit d’un superbe et bénéfique brassage, sur fond de sauce gallo-romaine, de Francs, de Burgondes, de Vikings, de Wisigoths, de Germains, puis d’Alsaciens, de Basques, de Catalans, de Juifs d’Alsace et de Lorraine et du Comtat –Venaissin, de Corses, de Flamands, de Bretons […] enfin d’Italiens, d’Espagnols, de Polonais, de Portugais, mais c’était l’Europe qui s’était invitée chez elle. Rien que l’Europe. Les voilà les Français de souche ! Depuis le temps que ça dure, cela fait énormément de monde, mais rien qui permette, dans tous las cas sous le prétexte qu’ils sont « divers », de les qualifier de métis et de justifier ainsi le vrai métissage, celui qui se définit en ces termes : croisement, mélange de races différents. (Petit robert, 2002).

[…]

Ce que je ne parviens pas à admettre, et qui me plonge dans un abîme de perplexité furieuse et désolée, c’est pourquoi tant de Français avertis (voir plus haut…) concourent aveuglement, méthodiquement, voire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France [...] sur l’autel de l’humanisme exacerbé.
Je me pose la même question à propos de toutes ces associations de droit à ceci, à cela, de toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’Etat, ces pétitionnaires machinaux, ces médias si correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui, jour après jour, inoculent leur discours corrosif dans le subconscient de la nation française Big Other.

[...]

Dans la réalité que nous vivons en France depuis les années 1970, l’urgence d’un tel discours ne s’est pas encore imposée. Le temps viendra, n’en doutons pas, mais on était, et on est en droit d’attendre, au moins de la part du chef de l’Etat, des perspectives claires et une attitude ferme, ce qui n’est pas le cas. Par légèreté (Giscard d’Estaing), complicité militante (Chirac) ou affectée (Mitterrand), et peut-être par estimation de l’impossible (Sarkozy), nos présidents de la République se sont toujours soigneusement gardés d’affronter publiquement la vérité, de peur de se trouver acculés à devoir prendre les vraies décisions. Ils passent le mistigri au suivant : puisque rien n’a été fait, c’est donc qu’il n’y a rien à faire, alors ne faisons rien. L’éditorialiste Ivan Rioufol, qui suit de très très près ces questions, a fort bien analysé cela : « Les glorieux qui nous dirigent, bousculés il est vrai par le fait accompli d’une immigration incontrôlée et définitivement établie, ont décidé un beau jour que la République française serait  désormais, et à titre officiel, métissée et multiethnique. Personne n’aura jamais été prévenu, et encore moins consulté, sur ce soudain changement identitaire, ce qui n’est tout de même pas anodin… » (La République des faux gentils, éd. Du rocher, 2004).
Et l’historien Jean Monneret fait écho :
« Mais ces gens-là réfléchissent-ils ?
« Oui, ils réfléchissent. Comme on réfléchit dans les conseils d’administration, selon les critères exclusifs du profit économique… » (La Nouvelle Revue d’Histoire, janvier 2010).
Nous aurons tout de même une pensée reconnaissante pour le Grand Charles qui, en des temps ô combien lointains (1959), s’en était approché au plus près, de cette vérité. Pas officiellement, pas publiquement, mais de façon privée, très privée :
« Il ne faut pas se payer de mots ! C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français brun. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même et avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne… »

 […]

Pour le moment, on nous joue du pipeau. On édifie pour la forme et pour la galerie quelques paravents que balaye aussitôt un gigantesque appel d’air : octroi automatique de la nationalité française par le droit du sol ou par mariage, inflation des naturalisations, porosité des frontières, répugnance de milliers de milliers de jeunes Français à exercer  des métiers de labeur où autant de milliers de milliers d’immigrés les remplacent, spirale imparable des sans-papiers (régularisation, regroupement familiale, scolarisation obligatoire des enfants), allocations, prestations sociales,  attributions préférentielles de logements, subventions aux associations de soutien, etc. Et Big Other patrouille sur tous les fronts. Il a siphonné la charité chrétienne, celle qu’on doit à son prochain, il l’a détournée à son crédit et s’en est attribué les mérites.  Grâce à ses affidés, il n’est pas d’expulsion où un placement en centre de rétention, en dépit de leur nombre infime, qui ne soient  présentés à l’opinion publique comme injustifiable opération rappelant « les heures les plus sombres de notre histoire », et souvent interprétées comme telle.
La gouvernance a laissé tomber."

Préface de l'auteur dans l'édition de 2011.

23 mai 2020

"A la lumière de Renoir" de Michèle Dassas

a la lumière renoir

Résumé :

Elève, muse, amie, complice : voici ce que fut Jeanne Baudot pour Renoir pendant plus de vingt-six ans. Elle vouait au maître une admiration sans bornes que la passion commune pour la nature et ses beautés exacerbait. Que de moments précieux et joyeux partagèrent-ils ! Dès son plus jeune âge, évoluant au coeur de la sphère privilégiée d'intellectuels, d'artistes et de collectionneurs parisiens de la Belle Epoque, cousine de Paul Gallimard, amie des petites Manet, de Degas, Mallarmé, Maillol, Maurice Denis, Valéry et de tant d'autres, Jeanne ne pouvait que succomber à l'appel de l'Art.
La peinture l'ensorcela. A la lumière de Renoir tente de percer le secret de cette folle passion aux vertus rédemptrices. "Grâce à la peinture, j'ai éprouvé dans ma vie des émotions et des joies esthétiques qui m'élevèrent dans le royaume de la Beauté pure et m'immunisèrent contre tant d'atteintes terrestres.", dira-t-elle dans ses souvenirs.

Préface de Jean-Marie ROUART de l'Académie Française.

Mon avis :

Il y a quelques année Michèle Dassas avait écrit un roman très remarqué sur la pionnière des avocates (que je recommande toujours vivement), cette fois-ci elle s’attaque à une artiste peintre, amie, élève, muse de Renoir : Jeanne Baudot.
De son adolescence à sa mort nous allons parcourir sa vie, découvrir ses joies, ses doutes, ses peines, son caractère, son rapport à la peinture. Nous allons découvrir une autre époque faite de génie comme il y en a plus, où se côtoyait des littérateurs, des artistes, des journalistes…

Avec le souci de bien faire et de retranscrire au plus proche la réalité, l’écrivaine a fait mainte recherche en partant à la recherche de Jeanne Baudot à travers des écrits et des témoignages d'époque. Je dois dire qu’elle a bien réussi son travail, puisqu’elle nous rend un portrait de Jeanne jeune et vieillissante. Dans la tourmente ou l’enthousiasme. Et nous plonge ainsi dans une longue époque que traverse moult soubresauts.
Néanmoins, si j’ai apprécié plonger dans cette époque et découvrir cette femme, je dois avouer que j’ai peu accroché à cette artiste peintre qui resta dans l’ombre de Renoir, et qui ne fut pas tant exceptionnelle que ça à mes yeux. Ayant tout eu facilement, sans talent exceptionnel, je lui trouve effectivement moins de mérite que d’autres femmes artistes au sens large.

Effet Jeanne Baudot ou pas, je n’ai aussi pas tout le temps accroché à l’écriture de ce livre. Ho ! pas grand-chose de décevant, mais j’ai trouvé certains passages assez longs et quelques répétitions surtout quand Jeanne peint. Mais malgré tout, j’ai été plus que ravie de lire ce livre qui fait revivre une femme oubliée.

Tentez-le, car il en vaut le détour pour la culture.

Posté par Florell à 16:57 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
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