Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

05 janvier 2020

"Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité" de Pascal Bruckner

Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité de Pascal Bruckner
Source: Externe

Résumé :

Il existe assez de racismes véritables pour que l’on n’en invente pas d’imaginaires.
Depuis trente-cinq ans, le terme d’« islamophobie » anéantit toute parole critique envers l’islam. Il a pour double finalité de bâillonner les Occidentaux et de disqualifier les musulmans réformateurs.
Une grande religion comme l’islam n’est pas réductible à un peuple puisqu’elle a une vocation universelle. Lui épargner l’épreuve de l’examen, entrepris depuis des siècles avec le christianisme et le judaïsme, c’est l’enfermer dans ses difficultés actuelles. Et condamner à jamais ses fidèles au rôle de victimes, exonérées de toute responsabilité dans les violences qu’elles commettent.
Démonter cette imposture, réévaluer ce qu’on appelle le « retour du religieux » et qui est plutôt le retour du fanatisme, célébrer l’extraordinaire liberté que la France donne à ses citoyens, le droit de croire ou de ne pas croire en Dieu : tels sont les objectifs de cet essai.

Avis express :

J'ai lu ce livre car il est islamophobe (du moins on pourrait le juger ainsi). Mais il a d'islamophobe ce qu'il y a de plus beau : le refus de se laisser intimider par les idéologies politiques et religieuses ; le refus de fermer les yeux ; le refus de l'interdiction de penser, d'analyser et de critiquer ; le refus de la peur ; le refus du mensonge.
Face à ces arguments historiques, religieux, politiques et l'actualité, l'idéologie islamophobe ne tient pas.

Je suis toujours Charlie.

Des extraits par ici.

 


28 décembre 2019

"Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité" de Pascal Bruckner (extraits)

 

On peut en France, pays de tradition anticléricale, ridiculiser Moïse, jésus, le Dalaï-lama, le Pape, les représenter dans toutes les postures, même les plus grotesques ou obscènes, mais on ne devrait jamais rire de l'islam sous peine d'encourir le courroux des tribunaux ou la lise à mort par les justiciers du djihad. Lui et lui seul, de toutes les grandes confessions, devrait échapper à l'opprobre,à la moquerie. Pourquoi ce traitement préférentiel ?

Pages 47 - 48

Pourquoi le choix de cette religion à l'exclusion de toutes les autres ? Parce qu'elle est le substitut d'un marxisme et d'un tiers-mondialisme à l'agonie, parce qu'elle incarne un pouvoir de dévotion qui nous a quittés. Partant, il faudrait traiter l'islam et ses fidèles avec un tact, une patience, un doigté que ne requièrent ni les juifs, ni les chrétiens, ni les bouddhiste, ni les hindous. Ainsi, explique Régis Debray, il faut distinguer les opinions, révocables et fragiles, des convictions qui engagent l'être entier. Ces dernières, même si elles ne peuvent prétendre au statut de vérité universelle, constituent "un foyer vivant d'existence, de partage et de rayonnement". Et de conclure : "On contredit une opinion, on blesse ou on heurte une conviction." Mais la maturité démocratique suppose d'accepter que mes convictions les plus intimes, mon assurance d'être en possession de la vérité ne soient des opinions pour les autres. [...]
S'il ne fallait pas froisser la croyance des autres, l'humanité ne serait jamais sortie de la foi du charbonnier et en serait restée aux formes primitives de la religion. [...]
Vient un moment où l'enseignement, l'évolution des mœurs la progression des savoirs peuvent entrer en conflit avec telle ou telle croyance et ne doivent en rien plier devant elles.

Pages 49-50.

L'antiracisme, pareil à l'humanitaire, est un marché en pleine expansion où chaque groupe, pour exister, doit exciper d'une blessure qui le singularise. Ce ne sont plus des associations de citoyens qui s'allient pour combattre le racisme, ce sont des lobbies confessionnels ou communautaires qui inventent de nouvelles formes de discriminations pour justifier leur existence, recevoir le maximum de publicité, de réparations.

Page 31

Le fait qu'on ne puisse plus proclamer haut et fort à la télévision ou en public qu'il faut tuer les juifs, les arabes, les blancs [•••] est en soi une bonne chose. Contrepartie de ce progrès : pour éviter de tomber sous le coup de l'accusation, il faut parler avec des gants, user de comparaisons prudentes [•••] Mais étendre cette prudence aux productions de la culture humaine, bannira priori toute critique d'un système, d'une foi, c'est prendre le risque d'amputer la liberté de penser. Ce qu'a entériné la loi Pleven de 1972 qui crée un nouveau délit de " provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence" commise envers des individus "à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée". L'élargissement fut l'occasion, saisie par des associations intégristes, catholiques ou autre, de traîner en justice les auteurs de films jugés diffamatoires ( " Je vous salue, Marie" de Jean-Luc Godard (1985), [•••]). Au motif que certains mots sont des armes [•••] , et peuvent blesser comme l'avait déjà souligné Jean-Paul Sartre citant Brice Parrain, après la guerre, à propos des écrivains collaborateurs, les discours méprisables ou moqueurs envers la foi devraient être censurés. De l'affaire Rushdie, condamné à mort pour avoir, selon ses procureurs, blasphémé la Prophète dans ses "Versets sataniques" jusqu'à l'affaire des caricatures de Mahomet qui se solda par l'assassinat de sang-froid de toute l'équipe de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, la frontière est mince entre le jugement satirique sur les croyances d'autrui et l'outrage maximal. Nous n'aurions donc le choix qu'entre l'offense et l'acquiescement. L'islam radical rajoute à la délicate question du blasphème une nuance importante : il tue les contrevenants et ne s'embarrasse pas de précautions. Tout ce qui relevé jadis de l'esprit des Lumières, la critique mais aussi le discours anticlérical, théologique, philosophique, la satire, devrait désormais être assimilé à une diffamation.

Pages 29-30

Pour que les certitudes des uns ne blessent pas celles des autres, il faut donc des lois, une habitude de la cohabitation, des mœurs communes compatibles avec la liberté d'expression, à condition qu'un culte précis ne s'arroge pas  des droits exorbitants et n'exige pas des égards déniés aux autres. C'est là que le bas blesse quand des fidèles veulent empiéter sur l'espace public pour imposer leurs exigences - refus de piscine et de gymnastique pour les filles, voile intégral, burkini, etc. C'est à la loi et non à la religion de dire le licite et l'illicite et aux citoyens de s'y conformer, quelles que soient leurs appartenances.

Page 51

"Qu'un Michel Houellebecq ait pu être traîné au tribunal par la Mosquée de Paris pour avoir dit en 2001 : "La religion la plus con c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré", en dit long sur l'état de régression où nous sommes (*1). La même affirmation sur le judaïsme, le christianisme, le bouddhisme aurait à peine suscité un soulèvement de paupières."

*1Michel Houellebecq sera relaxé par le tribunal correctionnel de Paris le 22 octobre 2002.
A ce propos, Claude Lévi-Strauss, dans une interview su 10 octobre 2002 au Nouvel observateur, confiait : "J'ai dit dans Tristes Tropiques ce que je pensais de l'islam. Bien que dans une langue plus châtiée, ce n'était pas tellement éloigné de ce pour quoi on fait aujourd'hui un procès à Houellebecq. Un tel procès aurait été inconcevable il y a un demi-siècle ; ça ne serait venu à l'esprit de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu'on pense. Nous sommes contaminés par l'intolérance islamique. Il en va de même avec l'idée actuelle qu'il faudrait introduire l'enseignement de l'histoire des religions à l'école. [...] Là encore, cela me semble être une concession faite à l'islam : à l'idée que la religion doit pénétrer en dehors de son domaine. Il me semble au contraire que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu'ici."

Pages 45-46.

"On a le droit, en régime civilisé, de refuser les grandes confessions dans leur ensemble, de les juger puériles, rétrogrades, abêtissantes. On a le droit de qualifier Moïse, Jésus et Mahomet de "Trois imposteurs", selon la célèbre thèse, connue en Europe dès le 13ème siècle et qui Louis Massignon fait remonter à une secte d'Ismaéliens dissidents du royaume de Barheïn du 10ème siècle. Leur souverain Abû Tâhir Sulaymân (907-944) aurait écrit : "En ce monde trois individus ont corrompu les hommes : un berger, un médecin et un chamelier. Et ce chamelier a été le pire escamoteur, le pire prestidigitateur des trois". Pour qui ne croit pas, les religions ne sont que des fictions, des récits plus ou moins merveilleux ou absurdes. Les regarder avec distance ou incrédulité ne devrait pas valoir la sanction du cachot ou pire encore du terrorisme, cette Inquisition aléatoire."

Page 45.

(La légende raconte que les musulmans se trouvent toujours emmerdés pour répondre à la question.)
"L'explication par l'allergie occidentale n'est pas valide ; il s'agit juste de délégitimer toute interrogation sur la foi en inventant des liens fantaisistes avec le passé colonial de l'Europe, même quand il s'agit de pays comme la Suède, la Norvège, le Danemark, qui n'ont eu aucune expansion territoriale hors d'Europe.

Et si la France et ses voisins sont à ce point hostiles à l'islam, comment se fait-il que les citoyens musulmans y restent et souhaitent toujours y venir, au lieu d'émigrer en masse vers des cieux plus cléments ?"

Page 152

 

"Un rapport publié en 2006 par l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes explique, sans rire, que les actes terroristes commis sur les sols américain, espagnol et britannique depuis 2001 sont traumatisants non pour les victimes mais pour les "musulmans", les "Arabes" et les "demandeurs d'asile".

 

Page 145

 

"La culture de l'excuse est d'abord une culture du mépris : croyant blanchir des groupes entiers, elle les infantilise. Les djihadistes sont réduits à leurs conditions sociales ; loin d'être des meurtriers, ce sont des archanges dont les forfaits nous incombent. On les rhabille du manteau du persécuté, du psychopathe, du déséquilibré. Tout crime, égorgement, attentat à la bombe en France, en Allemagne ou au Proche-Orient, serait un peu de notre faute et devrait nous inciter à battre notre coulpe. Dans l'idéologie de l'absolution, l'acte n'est plus qu'un symptôme. Il fond littéralement, tel le sucre dans l'eau, dans les circonstances qui l'entourent. Tueurs, kamikazes ne sont jamais responsables puisque, nés sur le terreau du mépris, de la pauvreté, de l'exploitation, ils n'en sont que les produits. Ce sont des désespérés qui ont éprouvé un besoin urgent de tuer un maximum de gens. Vient un moment pourtant où les égarements de tels individus ne peuvent être imputés qu'à eux-mêmes : en faire des marionnettes inconscientes des grandes puissances revient à les disculper à peu de frais. L'ami des opprimés fait preuve d'un paternalisme condescendant à l'égard de ses protégés : il leur interdit l'accès à l'autonomie parce qu'il les rend jamais comptables de leurs actes, pas plus qu'il ne les crédite de leurs réussites individuelles.
A ceux qui imputent le terrorisme aux inégalités économiques du proche-Orient, au réchauffement climatique, aux interventions américaines ou européennes, opposons plutôt ce sage conseil du doyen de la faculté de droit du Qatar : le seul moyen de combattre Al-Qaïda ou Daech, c'est de leur substituer une autre théologie, d'autres valeurs spirituelles qui réfutent les leurs. L’enjeu est d'abord religieux."

Pages 91-92

"Dans une note pour la Fondation de la recherche stratégique (février 2016), Bruno Tertrais rappelle que des attentats frappèrent le sol français dès les années 70 sans que nos armées soient intervenues à l'étranger, par le terrorisme palestinien et iranien. En 2000, un projet d'attentat déjoué voulait détruire la cathédrale de Strasbourg alors même que notre pays n'intervenait nulle part. Ne pas frapper en Afghanistan en 2001 aurait permis à un émirat taliban de prospérer et de rayonner sur le monde entier. L'Allemagne elle aussi est menacée comme pays croisé alors qu'elle a peu de troupes hors de ses frontières. Daech veut nous enfermer dans une alternative intolérable : soumission ou intervention. Il est dommage que des responsables politiques, tel Dominique de Villepin, ou des intellectuels s'y laissent enfermer. C'est confondre les prétextes invoqués par les djihadistes avec les causalités réelles.
La France est haïe pour ce qu'elle est, non ce qu'elle fait."


"Éternel travers de l'ultra-gauche : elle a toujours une barbarie de retard, elle garde les yeux fixés sur le national-socialisme d'hier pour mieux s'aveugler sur ses versions contemporaines."

"Or le voile, loin de dissimuler la chevelure, est d'abord une stratégie de visibilité : il départage "nos" femmes des vôtres, les sauvées des damnées, les pudiques des traînées et permet de faire le compte. En quoi il est acte militant, une démonstration de force, l'étendard d'une avant-garde qui veut conquérir les cœurs et les esprits. Se couvrir la tête, c'est faire scission, ostensiblement, d'avec le reste de la société. Comme l'affirme avec candeur, en juin 2016, Hani Ramadan, frère deTariq Ramadan et directeur du centre islamique de Genève : " la femme sans voile est comme une pièce de deux euros, elle passe d'une main à l'autre." À l'inverse, l'universitaire Abderrahim Hafidi demande aux musulmans de France de " comprendre que certains comportements vestimentaires, notamment le port intégral de l'habit religieux, signifient pour nos concitoyens non musulmans un refus du vivre ensemble, en se barricadant dans une posture d'exclusion"."

 

Page 77.

 

"Qu'est-ce que l'antiracisme aujourd'hui ? L'amour de l'autre poussé jusqu'au sacrifice de soi ou des siens. La fraternité obligatoire avec toute l'humanité sauf avec sa propre culture. Car il y a un seul ennemi, l'homme hétérosexuel blanc, héritier du DWEM comme on dit sur les campus américain. Ainsi sont foulés aux pieds l'égalité hommes-femmes, le doute salvateur, l'esprit critique, tout ce qui était associé traditionnellement à une position éclairée. Seul le racisme tourné contre nous est légitime, nous devons approuver chez l'autre ce que nous refusons chez nous. La tolérance envers lui doit tolérer également son intolérance à notre égard.
Ainsi par amour pour l'islam, une certaine gauche halal tombe-t-elle dans une idolâtrie sans failles envers le voile islamique, porté aux nues. Retour d'une ancienne valeur romantique : l'exotisme. On s'entiche jusqu'à l'extase de toute la vêture des salafistes, de leur attirail de bazar orientalisant comme on s'extasiait au XIXe siècle sur les odalisques net les harem."

Pages 74-75

"Pourquoi alors mettre sur un pie d'agalité antisémitisme et islamophobie, surtout à un moment où le premier fleurit dans l'ensemble du monde arabo-musulman sous le nom d'antisionisme ? Pour le dire autrement, pourquoi tout le monde veut-il être juif aujourd'hui, surtout les ennemis des juifs ? Pour accéder fantasmatiquement au statut de Réprouvé, rapprocher la défense de l'Islam de la lutte contre le nazisme. Seule la foi coranique devrait échapper à la remise en cause qui est la règle pour toutes les autres confessions : elle est intouchable, elles sont modifiables."

Page 106

 

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26 novembre 2019

"Enfants perdus de Roumanie : histoire des orphelinats de Ceausescu" de Jean-Philippe Légaut

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Jean-Philippe Légaut.

les enfants de ceausescu roumanie

Résumé :

Images d’enfants maltraités, mal nourris, privés d’accès aux soins, entassés dans des bâtisses insalubres : en 1989, l’opinion internationale découvrait avec effroi l’enfer des « orphelinats de Ceausescu », au point que leur démantèlement fut une condition sine qua non de l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne.

Au-delà des représentations sensationnalistes diffusées par la presse et les organisations internationales, la réalité de ce phénomène reste encore largement méconnue. Une certitude : du fait d’un manque cruel de moyens et de personnel qualifié, ces « enfants de l’État » ont, par dizaines de milliers, subi pendant des années, sans possibilité d’échappatoire, la rudesse des conditions de vie sous le régime socialiste et une violence quotidienne au sein des institutions censées les prendre en charge.

En s’appuyant sur des sources nationales et locales inexplorées, sur de nombreux témoignages d’anciens mineurs placés, mais aussi sur ses douze années d’observation et de travail social sur le terrain, Jean-Philippe Légaut nous montre pourquoi et comment ces structures ont condamné ceux qu’elles auraient dû protéger.

Lien : http://encreenpapier.canalblog.com/archives/2019/11/26/37817046.html

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07 novembre 2019

"Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité" de Pascal Bruckner

 

Source: Externe

Résumé :

Il existe assez de racismes véritables pour que l’on n’en invente pas d’imaginaires.
Depuis trente-cinq ans, le terme d’« islamophobie » anéantit toute parole critique envers l’islam. Il a pour double finalité de bâillonner les Occidentaux et de disqualifier les musulmans réformateurs.
Une grande religion comme l’islam n’est pas réductible à un peuple puisqu’elle a une vocation universelle. Lui épargner l’épreuve de l’examen, entrepris depuis des siècles avec le christianisme et le judaïsme, c’est l’enfermer dans ses difficultés actuelles. Et condamner à jamais ses fidèles au rôle de victimes, exonérées de toute responsabilité dans les violences qu’elles commettent.
Démonter cette imposture, réévaluer ce qu’on appelle le « retour du religieux » et qui est plutôt le retour du fanatisme, célébrer l’extraordinaire liberté que la France donne à ses citoyens, le droit de croire ou de ne pas croire en Dieu : tels sont les objectifs de cet essai.

Je suis en train de lire ce livre, je vous offre quelques extraits parce que ça me fait plaisir.
Je ne l'ai pas fini, mais je pense que beaucoup de personne devrait le lire, ça leur ferait peut-être pousser un neurone ou deux. Sinon il est à lire, car il est très important d'avoir un esprit qui dévie de la doxa officielle, dans cette époque du retour à l'obscurantisme qui doit être vu comme une norme.

"En octobre 2013, à Istanbul, l'organisation de la Conférence islamique, financée par des douzaines de pays musulmans qui persécutent sans vergogne juifs, hindous, bouddhistes et chrétiens, demande aux nations occidentales, incarnées par la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et le Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, de mettre fin à la liberté d'expression, au moins en ce qui concerne l'islam, représenté de façon trop négative comme une confession qui opprime les femmes et fait preuve d'un prosélytisme agressif. Les signataires veulent faire de la critique de l'islam et, notamment, de l'assimilation des musulmans à des terroristes, un crime international reconnu par les plus hautes instances. Depuis 1999, tous les ans, les 57 pays de l'organisation de la Conférence islamique s'efforcent d'imposer un délit de blasphème devant la commission des droits de l'homme de l'ONU. Déjà formulée à Durban en 2001, cette demande est réitérée presque chaque année dans les différentes instances internationales. En septembre 2007, par exemple, le rapporteur spécial sur le racisme, Doudou Diène, juriste sénégalais, dans sin rapport présenté au Conseil des droits de l'homme, fait de l'islamophobie une "des formes les plus graves de diffamation des religions". Toujours en mars de la même année, le Conseil des droits de l'homme avait assimilé ce type de " diffamation " à du racisme pur et simple et demandait d'interdire toute moquerie à l'égard du Prophète et des symboles islamiques.
Double ambition donc : faire taire les Occidentaux, coupables de 3 péchés capitaux, la liberté religieuse, la liberté de penser, l'égalité entre hommes et femmes. Mais surtout forger un outil de police interne à l'égard des musulmans réformateurs ou libéraux qui osent critiquer leur confession et en appellent à un changement du code de la famille, à la parité entre les sexes, au droit à l'apostasie, à la conversion ou encore la possibilité de "dé-jeuner""
Pages 35-36

"On ne s'est jamais autant apostrophé au nom de ses origines, de ses croyances ou de sa couleur de peau. Dans un mouvement déjà remarqué par les plus lucides, Paul Gonnet, Pierre-André Taguieff, l'antiracisme ne cesse de racialiser toute forme de conflit ethnique, politique, sexuel ou religieux. Il recrée en permanence la malédiction qu'il prétend combattre."
Page 22

"C'est la perversité de l'obscurantisme que de faire apparaître la liberté comme une anomalie et l'asservissement comme une norme."

"L'antiracisme, pareil à l'humanitaire, est un marché en pleine expansion où chaque groupe, pour exister, doit exciper d'une blessure qui le singularise. Ce ne sont plus des associations de citoyens qui s'allient pour combattre le racisme, ce sont des lobbies confessionnels ou communautaires qui inventent de nouvelles formes de discriminations pour justifier leur existence, recevoir le maximum de publicité, de réparations."
Page 31

"Le fait qu'on ne puisse plus proclamer haut et fort à la télévision ou en public qu'il faut tuer les juifs, les arabes, les blancs [...] est en soi une bonne chose. Contrepartie de ce progrès : pour éviter de tomber sous le coup de l'accusation, il faut parler avec des gants, user de comparaisons prudentes [...] Mais étendre cette prudence aux productions de la culture humaine, bannira priori toute critique d'un système, d'une foi, c'est prendre le risque d'amputer la liberté de penser. Ce qu'a entériné la loi Pleven de 1972 qui crée un nouveau délit de " provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence" commise envers des individus "à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée". L'élargissement fut l'occasion, saisie par des associations intégristes, catholiques ou autre, de traîner en justice les auteurs de films jugés diffamatoires (Je vous salue, Marie de Jean-Luc Godard (1985), [...]). Au motif que certains mots sont des armes [...] , et peuvent blesser comme l'avait déjà souligné Jean-Paul Sartre citant Brice Parrain, après la guerre, à propos des écrivains collaborateurs, les discours méprisables ou moqueurs envers la foi devraient être censurés. De l'affaire Rushdie, condamné à mort pour avoir, selon ses procureurs, blasphémé le Prophète dans ses Versets sataniques jusqu'à l'affaire des caricatures de Mahomet qui se solda par l'assassinat de sang-froid de toute l'équipe de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, la frontière est mince entre le jugement satirique sur les croyances d'autrui et l'outrage maximal. Nous n'aurions donc le choix qu'entre l'offense et l'acquiescement. L'islam radical rajoute à la délicate question du blasphème une nuance importante : il tue les contrevenants et ne s'embarrasse pas de précautions. Tout ce qui relevé jadis de l'esprit des Lumières, la critique mais aussi le discours anticlérical, théologique, philosophique, la satire, devrait désormais être assimilé à une diffamation."
Pages 29-30

"Tout ce qui distingue les hommes finit par les opposer."
Page 23

"Pour établir des ponts entre les hommes, il faut commencer par rétablir des portes qui délimitent les territoires de chacun."

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30 août 2019

"Combattants de l'Empire : les troupes coloniales dans la Grande Guerre" sous la dir. de Philippe Button et Marc Michel


Sur Encre d'époque :

Mon avis sur Combattants de l'Empire : les troupes coloniales dans la Grande Guerre : ici.

Couverture du livre « Combattants de l'empire ; les troupes coloniales dans la Grande Guerre » de Philippe Buton et Marc Michel aux éditions Vendemiaire

Résumé :

Tirailleurs sénégalais, spahis algériens mais aussi troupes indochinoises : autant de soldats des colonies appelés sur les fronts européens de la Grande Guerre pour défendre l'empire. Bien que l'on ait beaucoup écrit sur le sujet, certains aspects restent encore inexplorés : la composition de ces troupes coloniales, et l'attitude du commandement à leur égards.
De la bataille oubliée de Dobro Polje aux graffitis du Chemin des dames en passant par les mutineries d'août 1917, cet ouvrage aborde la spécificité du cas français sans négliger les expériences des autres empires.
Cent ans après les événements, grâce à la somme de travaux inédits d'historiens émérites, il est possible de mettre en lumière cet épisode essentiel de la Grande Guerre, trop souvent traité de manière polémique.

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11 août 2019

"La vérité sur la tragédie des Romanov" de Marc Ferro

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Marc Ferro : ici

La vérité sur la tragédie des Romanov

Résumé :

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dans l’Oural, le tsar Nicolas II, sa femme et leurs enfants – Olga (22 ans), Tatiana (21 ans), Marie (19 ans), Anastasia (17 ans), et Alexis, le tsarévitch (13 ans) –, sont exécutés par les bolcheviks. Cette version oficielle, Marc Ferro n’y a jamais cru.

Documents à l’appui, avec la rigueur du grand historien, il remet en cause l’assassinat des Romanov. Des juges ou des témoins morts subitement ou exécutés, des documents tronqués, des pièces du dossier d’instruction subtilisées, des tests ADN controversés, le mettent sur la piste d’une hypothèse inavouable et sacrilège : les filles et la tsarine ont été sauvées grâce à un accord secret conclu entre les bolcheviks et les Allemands. Elles se sont tues pour ne pas ébruiter leur sauvetage. Seul le sort du tsarévitch, Alexis, reste inconnu, faute de sources

Dans un récit palpitant, Marc Ferro bat en brèche un véritable tabou de l’histoire et fait la lumière sur un des plus grands mystères du XXe siècle.

25 juillet 2019

"Le Colisée : l'histoire et le mythe" de Keith Hopkins et Mary Beard

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur Le Colisée : l'histoire et le mythe ici.

Le Colisée l'histoire et le mythe

Résumé :

Dans un récit aussi vivant qu’original, Keith Hopkins et Mary Beard invitent le lecteur à un périple, fait de légendes et d’histoires, au cœur du plus mythique des monuments : le Colisée de Rome. Construit entre 71 et 80 après J.-C. par l’empereur Vespasien, le Colisée suscite fantasmes et inexactitudes. À quoi servait-il ? Comment se déroulaient les jeux ? Quelle était la vie d’un gladiateur ? Qu’en pensaient les Romains ? Des chrétiens ont-ils vraiment été jetés aux lions ? Comment le monument a-t-il survécu à travers les âges ? À partir des meilleures sources et des recherches archéologiques les plus récentes, les auteurs – spécialistes reconnus de l’Antiquité – démêlent le vrai du faux pour nous raconter la fabuleuse histoire du plus grand symbole de l’Empire romain. Des invasions barbares jusqu’à aujourd’hui, ils décrivent aussi l’étonnante seconde vie de ce monument qui fut, tour à tour, un fort, une église, un jardin botanique et une fabrique de colle… Plein d’anecdotes et d’illustrations, ce livre, érudit et divertissant, est la meilleure biographie du Colisée.

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07 juillet 2019

"Des maquis du Morvan au piège de la Gestapo : André Rodneay, agent de la France libre" de Joël Drogland

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Joël Drogland Des maquis du Morvan au pège de la Gestapo.

Des maquis du Morvan au piège de la Gestapo André Rodneay, agent de la France libre deJoël Drogland

Résumé :

Dans la nuit du 12 septembre 1943, l’agent français André Rondenay atterrit sur le sol de la France occupée. Ce jeune polytechnicien de 30 ans, évadé des camps de prisonniers allemands, vient d’être formé par les services secrets anglais, après son recrutement par le BCRA qui le considère comme l’un de ses meilleurs atouts.
Les missions de celui qui va devenir le représentant de la France libre auprès de la Résistance intérieure pour l’ensemble de la zone Nord sont de la plus haute importance : direction du plan Tortue visant à retarder d’au moins huit heures l’arrivée des Panzers sur les lieux du futur débarquement, destructions d’industries vitales pour l’armée allemande, sabotages de chemins de fer…
Mais sa mission la plus difficile sera d’unir les maquis du Morvan, divisés en organisations aux orientations politiques parfois diamétralement opposées, pour en faire un des plus puissants bastions de la Résistance française. Dans cette entreprise à haut risque, il devra faire face aux pires calomnies venant de son propre camp, jusqu’à ce que, trahi et arrêté, il soit exécuté par les agents de la Gestapo, de l’Abwehr et de la Milice qui l’avaient traqué sans relâche, à quelques jours de la libération de Paris. En suivant le parcours d’un héros de la guerre de l’ombre, Joël Drogland nous emmène au plus près de la vie des combattants clandestins, retraçant leurs victoires, mais aussi leurs défaites et leurs luttes fratricides.

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02 juillet 2019

"Le sabordage de la noblesse : mythe et réalité d'une décadence" de Fadi El Hage

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Fadi El Hage Le sabordage de la noblesse.

le sabordage de la noblesse fadi el hage

Résumé :

Au XVIIIe siècle, la noblesse française comme l'aristocratie, minorité ô combien plus "médiatisée", sont perçues comme décadentes par la grande majorité du peuple de France. Rongée par les dissensions internes, minée par les rumeurs et les scandales, contestée dans sa légitimité à revendiquer une supériorité sociale, la noblesse paraissait au plus grand nombre indigne de sa vocation à servir le royaume. Elle vivait alors la clôture d'un cycle, dont 1789 ne serait que l'ultime conséquence. En somme, et l'image perdure jusqu'à nos jours, la noblesse, en dérogeant à l'honneur, aurait perdu sa raison d'être. Mais y avait-il, dans les faits, une inconscience collective de la noblesse ? Pour démêler le vrai du faux, Fadi El Hage retrace son histoire au XVIIIe, dans toutes ces composantes, de l'aristocratie versaillaise aux vieilles familles prestigieuses mais désargentées, sans oublier la noblesse de robe. Fondé sur une relecture des sources et l'étude de documents inédits, cet essai novateur invite le lecteur à s'interroger sur la place et le rôle d'une noblesse victime autant de fantasmes que de l'image sociale et morale qu'elle renvoyait au public.

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24 juin 2019

"Empires illusoires : les paris perdus de la colonisation" de Bouda Etemad

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur Empires illusoires : les paris perdus de la colonisation de Bouda Etemad.

Empires illusoires les paris perdus de la colonisation

Résumé :

Les Anglais auraient voulu faire de l'Amérique du Nord une seigneurie féodale et transformer profondément la civilisation des Indes ; les Français étaient persuadés de pouvoir implanter une colonie de peuplement agricole en Algérie ; tous pensaient exploiter sans difficultés les ressources de l'Afrique et y contrôler les systèmes de production... Or, quelle qu'ait été la puissance de ces empires, ils ont dû faire le deuil de leurs ambitions face à l'écart béant entre ce qu'ils avaient imaginé et la réalité des terres qu'ils entendaient dominer.
Comment se brisent les rêves des colonisateurs ? Comment, à leur corps défendant, doivent-ils modifier leurs plans d'aménagement des territoires, d'encadrement des populations, et revoir à la baisse leurs prétentions jusqu'à la déroute et l'effondrement de tout ce qui avait été bâti ?

En un essai dense et documenté, nourri d'analyses approfondies des débats politiques et intellectuels du temps, Bouda Etemad en arrive à une conclusion radicale : les empires coloniaux sont illusoires, et cela tient à l'ignorance et à l'esprit de coercition dont font preuve leurs bâtisseurs, lorsqu'ils prétendent transformer des milieux et des sociétés dont la complexité les dépasse de très loin.

 

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