Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

14 février 2019

"Antivax : la résistance aux vaccins du XVIIIème siècle à nos jours" de F.Salvadori & LH.Vignaud

Sur Encre d'époque (mon 2ème blog) :

Mon avis sur Antivax : ici.

Antivax la résistance aux vaccins du XVIIIème siècle à nos jours

Résumé :

Selon une enquête récente, plus de 40 % des Français considèrent que les vaccins ne sont pas sûrs. La rougeole s’étend sur notre territoire, la diphtérie réapparaît en Europe, le monde voit s’éloigner la possibilité d’une prochaine éradication de la poliomyélite, seuls 20 % des infirmiers se vaccineraient contre la grippe saisonnière… Comment expliquer cette vague de méfiance, menaçant de faire resurgir en Occident des maladies que l’on pensait disparues ?
Oppositions religieuses, arguments écologiques, préventions contre une industrie Big Pharma et un État Big Brother… Si internet facilite aujourd’hui la diffusion de théories conspirationnistes, la plupart des courants « antivax » modernes reprennent des arguments nés dès le XVIIIe siècle. Pasteur lui-même ne fut-il pas en son temps accusé d’être un spéculateur vantant les mérites d’un procédé qui aurait fait plus de victimes que la maladie elle-même ?
Une enquête sur trois siècles d’oppositions à une révolution médicale, qui fait le point sur toutes les polémiques actuelles à la lumière des débats du passé.

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07 février 2019

"Les plantes ces êtres intelligents" de Claude Joseph

Les plantes ces êtres intelligents de Claude Joseph

les plantes ces êtres intelligents

Résumé :

Savez-vous que les plantes peuvent éprouver de la douleur, de la peur et ont des facultés sensorielles ? Qu’elles communiquent entre elles et qu’elles ont chacune leur personnalité, une vie sociale et font preuve de stratégie ? Oui, les plantes sont des êtres intelligents et leur vie est passionnante ! Dans ce livre, l’auteur invite à un extraordinaire voyage dans l’univers végétal. Il nous montre comment, avec peu de moyens, les plantes ont construit un monde surprenant d’ingéniosité basé sur l’entraide et l’instinct de survie. Un monde d’une richesse incroyable qu’il est essentiel de préserver alors que la diversité biologique s’appauvrit. Car si les plantes peuvent parfaitement vivre sans les hommes, il nous serait totalement impossible de vivre sans elles...

Mon avis :

Quand je faisais mon CAP fleuriste (très très longtemps avant ma Licence d’histoire) j’avais eu des cours de botanique qui nous apprenaient le fonctionnement de la plante, les maladies, etc… A l’époque, j’adorais ces cours. Avec le temps toutefois, mon intérêt s’est émoussé, jusqu’à se faire oublier... Affront réparé ! En lisant ce livre, j’ai retrouvé l’intérêt que j’avais pour cette matière à l’époque. Car oui, la botanique c’est passionnant !
Je sais, les sciences ont pour réputation d’être chiantes, la botanique est en plus souvent une science oubliée qui ne compte pas vraiment, mais lisez ce livre et vous verrez à quel point le monde des plantes est riche et passionnant.
Bien sûr, l’écriture de l’auteur et son accessibilité doit pas mal jouer sur le fait que j’ai adoré ce livre, toutefois le sujet abordé est tellement vaste, que l’on va pour notre plus grand plaisir de découverte en découverte. (Ou en redécouverte, car j’ai bien gardé quelques bribes de mes cours et comme tout le monde j’ai regardé enfant C’est pas sorcier.)

Oui ! J’ai adoré ce livre ! Et pour plusieurs raisons.
Déjà parce qu’il donne des bon petits cours de botanique en expliquant le fonctionnement de la plante ou encore sa naissance. L’auteur va par exemple aborder la photosynthèse, la reproduction, la nutrition des plantes (sève, eau), l’adaptation dans le temps, etc. Tout ceci avec force d’exemple et de détail, sans toutefois noyer le lecteur sous un flot d’information indigeste. 
Ensuite, l’autre atout qui fait que j’ai adoré ce livre, c’est que Claude Joseph va aborder d’autres sujets, comme les animaux et les insectes par exemple, ceci pour bien remettre les plantes dans leur milieu et montrer par la même occasion la magie de la nature. L’étonnement en tout cas, qu’elle peut susciter.
Enfin, j’ai aussi apprécié la variété de l’approche que l’auteur a eue sur les plantes, sur toutes les plantes : fleurs coupées, légumes, fleurs des champs, arbres, etc. Mythologique, historique, pharmaceutique, industriel, il va aborder l’histoire de ces plantes, les espoirs et vertus qu’elles peuvent avoir, les contraintes qu’elles ont, les problèmes qu’elles posent. (Il va même jusqu’à donner des conseils de jardinage ! Ce n’est probablement pas le but, mais en tout cas ça y ressemble fortement.)
Alors oui, ça fait peut-être un peu fourre-tout dit comme ça, mais ça ne l’est pas, car chaque point abordé apporte un développement intéressant et soulève d’autres problèmes liés à ce monde végétal ; par ailleurs cette démarche élargie montre que ces plantes un peu bafouées par la science et les gens, sont au contraire très présentes autour de nous et méritent un peu plus de considération. Ce que l’auteur cherche à remédier via ce livre.

Néanmoins, j’ai deux petites choses à reprocher à ce bouquin.
Premièrement, je n’ai pas trop apprécié le comparatif récurent entre la morale humaine et la vie sexuelle des plantes. Pour moi c’est une chose qui n’a pas lieu d’être ; existe-il en ce monde une seule personne qui soit réellement choquée par la vie sexuelle des plantes ???
Et deuxièmement, je regrette qu’il n’y ait pas eu de glossaire et quelques petits schémas explicatifs à la fin du livre. Après une pause dans le livre, c’est un peu difficile de souvenir de la définition de certains mots, et par ailleurs j’avoue que même avec quelques connaissances, j’ai parfois eu du mal à me représenter les parties d’une feuille ou d’une plante. L’école remontant à loin…

En résumé, malgré les deux petits défauts, j’ai adoré ce livre qui m’a bien rafraîchi la mémoire et m’a appris aussi beaucoup. J’ai adoré son sujet mais aussi son approche variée, qui montre entre autre la sensibilité du monde végétal, son intelligence, son adaptation. A lire pour voir la richesse et l’intelligence de la nature.


Editions Ideo.

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06 février 2019

"La tondue 1944-1947" de P. Frétigne & G. Leray

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur la Tondue 1944-1947 de Philippe Frétigne & Gérad Leray : ici.

Source: Externe

Résumé :

3e édition, revue et augmentée

La photographie dite de la « Tondue de Chartres », prise par Robert Capa le 16 août 1944, est sans doute le document le plus représentatif du phénomène de l’épuration sauvage qui a entaché la Libération de la France au cours de l’été 1944. Or, elle a beau être mondialement connue, avoir été publiée dans un nombre considérable de publications et d’ouvrages, avoir suscité émotions et commentaires, rares sont ceux qui connaissent l’histoire véritable de ses protagonistes.
Au fil d’un long travail de recherche au sein des archives, il a enfin été possible de reconstituer l’itinéraire familial et politique de cette femme martyrisée qui traverse, son enfant dans les bras, une foule hostile : victime sacrificielle, ou coupable avérée ?
À l’issue de cette enquête, c’est une société provinciale en proie aux déchirements idéologiques, mais aussi aux querelles de voisinage, aux ambitions et aux rancœurs de tous ordres, qui resurgit devant nous, avec une saisissante précision dans le détail.
3e édition augmentée de nouvelles informations sur les acteurs de l’affaire, et de l’intégralité du dossier judiciaire.

 

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04 février 2019

"Le loup, une histoire culturelle" de Michel Pastoureau

Sur Encre d'époque :

 

Mon avis sur Le loup, une histoire culturelle de Michel Pastoureau  : ici

 

Source: Externe

Résumé :

Dans l'imaginaire européen, quelques animaux jouent un rôle plus important que les autres et forment une sorte de « bestiaire central ».
Le loup en fait partie et en est même une des vedettes. Il occupe déjà cette place dans les mythologies antiques, à l'exemple de la louve romaine, qui a nourri Romulus et Rémus, du loup Fenrir, destructeur du panthéon nordique, et des nombreuses histoires de dévorations, de métamorphoses et de loups-garous. Ces derniers sont encore bien présents au Moyen Âge, même si la crainte du loup est alors en recul. Les bestiaires dressent du fauve un portrait négatif et le Roman de Renart en fait une bête ridicule, bernée par les autres animaux et sans cesse poursuivie par les chasseurs et les paysans. La peur du loup revient à l'époque moderne. Les documents d'archives, les chroniques, le folklore en portent témoignage : désormais les loups ne s'attaquent plus seulement au bétail, ils dévorent les femmes et les enfants. L'étrange affaire de la Bête du Gévaudan (1765-1767) constitue le paroxysme de cette peur qui dans les campagnes ne disparaît que lentement.
Au xxe siècle, la littérature, les dessins animés, les livres pour enfants finissent par transformer le grand méchant loup en un animal qui ne fait plus peur et devient même attachant. Seuls la toponymie, les proverbes et quelques légendes conservent le souvenir du fauve vorace et cruel, si longtemps redouté.

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29 janvier 2019

"La souffrance et la gloire : le culte du martyre de la Révolution à Verdun" de M. Briard & C. Maingon

Sur Encre d'époque :

 

La souffrance et la gloire : le culte du martyre de la Révolution à Verdun de M. Briard et C. Maingon

Source: Externe

Résumé :

« La République nous appelle, / Sachons vaincre ou sachons périr ! » Ces paroles du Chant du départ révolutionnaire de Marie-Joseph Chénier pourraient, un siècle plus tard, être reprises par les Poilus de 1914. Car les troupes qui se sont fait décimer dans les tranchées de Verdun avaient hérité de 1789 une profonde culture du sacrifice.
Une véritable propagande d’État, nourrie de récits légendaires, de cérémonies commémoratives et de toute une imagerie d’Épinal, a en effet vu le jour dès les premiers combats de la République, en 1792. Elle a durablement façonné l’imaginaire national, dans un culte de la souffrance qui s’est perpétué en 1914-1918, et dont les monuments aux morts témoignent avec une force pathétique. Pour la première fois, deux spécialistes de chaque période collaborent pour révéler les liens sanglants qui unissent Grande Guerre et Révolution française.

Mon avis :

Depuis la Révolution et son culte de la liberté pour lutter contre la tyrannie des rois, l’héroïsation touche les plus humbles citoyens. Exit la seule gloire réservée aux maréchaux, aux généraux, aux nobles, la nation doit être reconnaissante à tous ceux qui ont pris les armes pour lutter contre l’oppression, héros de ces nouveaux temps.
La Révolution et les guerres qui ont suivi, n’inventent pas vraiment le héros, mais elles le massifient.
Cette massification et sa représentation ne se fait pas sans arrière-pensée, et est source d’engagement aussi. Lesquels sont-ils ? Et comment depuis la Révolution les discours ont évolué ? Car si les combats sont toujours source de souffrance, la prise en compte des héros, à, elle changeait.

La figure du héros :

Mais tout d’abord avant d’aller plus loin, il convient de s’interroger sur qu’est-ce qu’un héros ?
Pour la Révolution, c’est ce soldat qui a pris les armes contre l’oppression des rois des diverses monarchies d’Europe, et qui n’a pas hésité a exalté son amour de la patrie et de la liberté malgré les blessures qui l’ont touché : « j’ai un bras de moins, mes amis, mais ce n’est rien, vive la République. ».  Pour la Révolution, c’est aussi celui qui a donné sa vie, et sacrifié ses intérêts pour le plus grand nombre.
En ce qui concerne la grande guerre (14-18), les auteurs vont nous montrer que ce n’est pas franchement différent, mise à part que l’ennemi a changé. En effet, le patriotisme qui triomphe depuis le 19ème siècle historien (on va dire que ça commence à la Révolution même si d'autres le font commencer en 1815), n’a pas vraiment changé durant ce siècle et il arrive en 1914 aussi puissant qu’il était alors, puisque l’enseignement l’inculquait dès le plus jeune âge. Et à cette époque comme avant, on n’apprécie toujours autant ce soldat héroïque qui ne demande qu’à combattre l’ennemi malgré ses douleurs et ses membres arrachés.

 "L'Ecole républicaine, laïque, gratuite et obligatoire depuis 1881, est par ailleurs un pilier de la culture patriotique devenue la religion commune de la France au-delà des divergences sur le régime. Les cours d'histoire axés sur les conquêtes napoléoniennes et de grandes figures militaires républicaines [...], les lectures mettant en scène des héros d'un autre temps (mythe gaulois de Vercingétorix [...]), l'exercice physique et militaire, la création de bataillons scolaires dans les écoles primaires de garçons (1882) ont contribué à fonder l'imaginaire de l'héroïsme martial. On distribue aux petits écoliers des carabines en bois et des exercices de tir réels sont pratiqués sous les préaux des écoles. [...] L'Ecole défend une vision patriotique et humaniste, exalte le soldat héroïque, fustige l'ennemi à partir de 1915, mais n'encourage pas la guerre, ni la violence. Plus que tout elle participe au deuil collectif que vit la France. Dès 1916, l'hymne de Victor Hugo, "Aux morts pour la patrie", résonne unanimement dans les écoles de France comme une nouvelle Marseillaise." P. 31-32

Cette figure du héros qui va combattre par amour pour la patrie,... suite de l'avis sur Encre d'Epoque.

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05 décembre 2018

"Les pourquoi de l'Histoire" de Stéphane Bern

Les pourquoi de l'Histoire : tome 1 de Stéphane Bern

Source: Externe

Résumé :

Un condensé de Secrets d'Histoire, qui permet d'apprendre, réviser ou coller ses proches en 120 questions essentielles de culture générale, savamment mises en lumière par Stéphane Bern :

- Pourquoi le roi d'Espagne est-il français ?
- Pourquoi la Première Guerre mondiale n'est-elle pas la première ?
- Pourquoi existe-t-il plusieurs prétendants au trône de France ?
- Pourquoi Francisco Franco a-t-il reçu la légion d'honneur ?
- Pourquoi Churchill a-t-il été nommé Premier Ministre sans jamais avoir obtenu la majorité des suffrages du peuple britannique ?
- Pourquoi Cléopâtre, reine d'Egypte, n'était-elle pas égyptienne ?
- Pourquoi les Brésiliens ne parlent-ils pas espagnol, mais portugais ?
- Pourquoi Bonaparte a-t-il lancé une expédition en Egypte ?
- Pourquoi Jésus n'est-il pas né en l'an 0 ?
- Pourquoi peut-on dire que le FBI a été fondé par un Bonaparte ?
- Pourquoi en 1582, est-on passé en une seule nuit du 9 décembre au 20 décembre ?
- Pourquoi Saint-Louis fut-t-il canonisé ?

Avis express :

Je ne suis pas/plus très fan de ce genre de livre, mais j'aime parfois les lire car on découvre sans prise de tête certaines petites choses que l'on aurait jamais imaginé. Vous connaissez le caodaïsme ?
Il ne faut bien entendu pas s'attendre à du pointu, et souvent les sujets abordés sont déjà connus et réchauffés depuis longtemps, mais bon c'est quand même amusant à lire.
Amusant à lire certes, à condition toutefois de passer sur deux ou trois trucs bizarres ; passez sur le fait qu'Alexandre le Grand est mort deux fois dans le livre (une première fois à 32 ans et, la deuxième fois à 33 ans #DragonBall), et passez sur certains commentaires, (je ne savais pas que vouloir détruire la piraterie algérienne était une mauvaise chose, même si c'est vrai que le reste est critiquable).
Bref ! Se lit vite et est idéale pour faire une pause dans un gros pavé, mais ne croyez pas apprendre correctement l'histoire ainsi. ;)

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06 octobre 2018

"Une diversité menacée : les chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme" de Joesph Yacoub

Une diversité menacée : les chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme de Joesph Yacoub

Source: Externe

Résumé :

Aujourd’hui, les chrétiens d’Orient sont menacés. Alors que notre monde est fait de diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse,le Moyen-Orient se vide de cette richesse et se prive d’un apport essentiel pour favoriser la compréhension entre les groupes et les minorités. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Comment cette diversité a-t-elle été gérée, voire malmenée dans le monde arabe ? Que dire d’un tel drame ?
À travers des rappels historiques indispensables, Joseph Yacoub cible deux menaces principales. Dans sa volonté d’arabisation à outrance, le nationalisme arabe, fût-il laïcisant, s’est montré par choix idéologique peu respectueux des chrétiens, comme on l’a vu en Syrie et en Irak. À cela s’est ajoutée la montée d’un islam radical et violent, dont les nouvelles formes atteignent l’Occident même. Face à cette tragédie qui rappelle à maints égards le génocide de 1915, qui toucha Assyro-Chaldéens-Syriaques et Arméniens, il s’agit tout à la fois de comprendre et de suggérer quelques pistes concrètes en termes d’alternative pour que survive ce christianisme autochtone et apostolique, fortement enraciné et universel, riche de culture et de modernité.

Mon avis :

     J'ai enfin fini le livre et je peux affirmer que certains passages n'étaient pas faciles à lire. Cela étant c'était une lecture très intéressante qui rejoint d'ailleurs ma lecture du Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, où les pays musulmans tenaient la première place.
Il le rejoint, mais pas tout à fait non plus, toutefois ils se complètent bien. En effet si le Livre noir est un état des lieux actuels de la situation des chrétiens dans le monde, celui de Monsieur Joseph Yacoub va surtout développer l'aspect historique, politique et culturel de la question chrétienne en Orient. Certes il va aborder un peu l'actualité en parlant notamment du calvaire des otages chrétiens, mais ce n'est pas la part la plus grosse du bouquin. Les trois aspects cités plus haut, remplissent vraiment le livre.

     Déjà d'un point de vue historique et culturel, Joseph Yacoub va rappeler que les chrétiens étaient là avant et ont donc participé activement à l'histoire et à la culture de ces pays, notamment par des débats via les innombrables écoles antiques (Antioche, Alexandrie...) et aussi via les chrétiens syriaques qui ont eux-mêmes fortement participé à l'âge d'or islamique avec les juifs. Sans eux les musulmans n'auraient probablement pas eu grand-chose du savoir antique. D'ailleurs l'âge d'or peut être aussi plus tardif et contemporain.


"L'histoire ne s'arrête pas à la fin du 13ème siècle, période qui correspond généralement au déclin. Sous l'influence des idées de la Modernité occidentale, des voyageurs et des missionnaires, le 19ème siècle fut un tournant. Il a donné un élan sans précédent qui marque le retour de la langue et de la littérature syriaques (ique et moderne) après des siècles de régression. Les voyages d'études en Occident se multiplient. A partir de 1840, le syriaque connaîtra une floraison de publications autochtones et des traductions, accompagnées d'anthologies, de grammaires et de dictionnaires. Depuis les revues se sont multipliées. A l'époque moderne et contemporaine, les chrétiens ont participé activement à la renaissance arabe comme théoriciens, acteurs et traducteurs." Page 176


      Ensuite et toujours pour les mêmes catégories, il va rappeler dans un but pédagogique et par soucis de vérité historique, ceux qui étaient là avant les chrétiens (babyloniens, grecques, juifs...) et qui ont eux-mêmes laissé leur trace dans l'histoire de ces pays.
L'auteur va même plus loin en dépassant les frontières orientales, en parlant de ce que les chrétiens d'Orient ont apporté à l'Occident, notamment des hommes d'église comme Jacques premier évêque de la Tarentaise. Ceci dans le but de montrer les liens qui uni le christianisme d'Occident et d'Orient, et rappeler par ces petits points que l'Occident devrait aujourd'hui adopter une position plus ferme sur les problèmes que traverses les chrétiens d'Orient, comme par exemple au niveau des discriminations (qui sont énormes et ont toujours été car l'Islam est une religion discriminatoire de base).
      De même, Joseph Yacoub rappelle via quelques citations de chrétiens d'Orient, que l'Occident devrait un peu plus les écouter, et notamment quand ils dénoncent le manque de réciprocité dans le traitement des hommes et des femmes en orient à cause de la religion.

« Nous, chrétiens syriens, souhaiterions seulement être traités dans ce pays à majorité musulmane comme les musulmans le sont en Europe dans les pays de tradition chrétienne. [...] Et nous en voulons un peu aux Occidentaux de ne pas avoir appuyés pour demander l'application de la réciprocité. » (Propos de François Abou Mokh, évêque. Page 201.)     

     Et effectivement, on peut comprendre que ça énerve, si ici les musulmans ont trop de droit qui fait que l'Europe est envahie par l'islamisme au nom des Droits de l'Homme détournés, il faut bien penser que les chrétiens d'Orient n'en ont pas autant chez eux qui est pourtant leurs terres ancestrales. Ce qui est anormal on en convient.

      Comme vous commencez peut-être déjà à le voir, ce livre n'est pas qu'un livre d'histoire, qui retracerai dans de grandes lignes précises l'Histoire de l'Orient depuis l'époque de la Mésopotamie. En effet, il est aussi un appel à changer pour les pays musulmans, notamment en remettant dans l'Histoire de ces pays les peuples et cultures qui étaient là avant et qui ont laissé des traces matérielles et immatérielles dans les paysages, dans les langues, dans les cultures, et qui sont pourtant absents des musées ou des livres d'histoire à cause du nationalisme arabe et de l'islamisme. Comme le dit joliment l'auteur « L'homme n'est pas un être abstrait, né ex nihilo. Il est le produit de l'histoire. », un pays c'est pareil, et il serait temps pour les musulmans de s'en rappeler...
      Pour continuer dans la description du livre, j'ai laissé voir aussi dans les lignes un peu plus hautes, que ce livre était aussi un appel à l'Occident qui devraient appuyer le principe de réciprocité et soutenir les chrétiens d'Orient dans leur demande d'égalité ; toutefois il est bon de préciser que ces pages ne sont pas qu'un « appel », puisque ce bouquin est aussi un état de fait.
Un état de fait en montrant notamment que même laïc ou imprégné de bon sentiment, les pays musulmans et/ou arabes (difficile de séparer ces deux termes) restent imprégnés de cette culture religieuse qui concerne le plus gros pourcentage de la population, de fait et à cause de cela il existe une réelle difficulté de liberté et d'égalité pour les populations non musulmanes. L'auteur décrit notamment la situation irakienne qui fait un pas en avant, un pas en arrière, entretient le flou, et tout cela dans la même constitution !
      Cela étant et pour une touche d'espoir (?), l'auteur nous montre à côté qu'il existe au moins un pays musulman non arabe, le Kirghizistan, qui est purement et simplement laïc – notamment grâce à l'occupation soviétique – et qui n'hésite pas à partir à la recherche de son passé chrétien nestorien. Si cela laisse de l'espoir et montre que la laïcité et la diversité sont possibles en terre islamique (même si ça ne concerne pas un pays arabe), il ne faut pas non plus oublier comme le précise l'auteur que ça reste aussi un pays assez faible et jeune, qui n'est pas à l'abri d'un retournement d'idée à cause de violence. Mais voilà, l'auteur a eu l'honnêteté de parler de ce pays et ceci malgré sa passion chrétienne. Et j'insiste sur ce dernier point car il est vrai qu'il cache mal ses passions, mais d'un côté tout ce qui écrit là est juste, donc ça se comprend qu'il vive cet effacement de l'histoire très mal lui qui est né en Syrie. Nous même en Occident on ne le vit pas mieux d'ailleurs...

      En résumé, et comme vous le devinez ce livre est nécessaire pour comprendre le présent des minorités en terre musulmane et voir leur traitement. C'est accessoirement un bon complément au Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, et un excellent bouquin pour prendre de la distance sur les sempiternels discours de l'amitié entre religion, puisqu'ici l'auteur montre bien que ça doit aller plus loin qu'une supposée amitié ; toutefois c'est très « difficile » à lire car on est vite saturé par l'information. Donc à lire, oui, mais doucement et calmement, et ne pas hésiter à relire des passages si besoin.

Editions Salvator.

 

Extraits :

"Au confluent de l'Orient et de l'Occident, accepter le principe de réciprocité de traitement. Les musulmans qui revendiquent, à juste titre, des droits et des libertés publiques pour eux en Occident, devraient aussi avoir le souci de ces mêmes droits dans leurs pays d'origine pour tous ceux qui ne partagent pas la religion musulmane, comme les chrétiens et les autres minorités. Défendre cette diversité menacée les honorerait, car on est loin de l'égalité de traitement."

 "Les syriaques ont traité de tous les sujets. Si les intellectuels nationalistes arabes avaient pris la peine de chercher, ils y auraient trouvé des idées y compris sur le patriotisme et la justice sociale, sujets qu'ils chérissaient.
La pensée syriaque embrasse en effet tous les domaines du savoir, religieux, philosophique, éthique, moral, juridique, politique, spirituel, ascétique, poétique, historique, linguistique, grammatical, encyclopédique... Autrement dit, contrairement à ce que certains affirment, elle ne se limite pas à la dimension religieuse malgré son importance. Son âge d'or commence à fleurir à partir du 4ème siècle, qui vit depuis le début des publications et des traductions du grec en syriaque et des contributions de grand intérêt."

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30 septembre 2018

"La grande histoire du monde" de François Reynaert

La grande histoire du monde de François Reynaert

La grande Histoire du monde

Résumé :

Des grands empires de l’Antiquité à la chute de l’URSS, de l’Europe de Charlemagne au Japon du xixe siècle, de l’Asie des Mongols à l’Afrique de la décolonisation, cet ouvrage nous convie à un voyage extraordinaire au fil des siècles. Procédant par étapes chronologiques, il suit l’évolution des grandes civilisations les unes par rapport aux autres. Il réussit en même temps à nous faire comprendre la façon dont chaque peuple considère son passé.

Nous avons tous en tête aujourd’hui l’importance nouvelle de la Chine, de l’Iran, de l’Inde. Nous percevons le rôle essentiel que vont jouer l’Afrique et l’Amérique latine. Nous voyons à quelle vitesse la montée de nouvelles puissances reconfigure le monde. C’est pourquoi il paraît urgent de mieux connaître son histoire.

Journaliste et écrivain, auteur notamment du succès Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises (Fayard, 2010), François Reynaert est passionné d’histoire. Il a étudié les œuvres des meilleurs spécialistes et voyagé à travers les continents pour rédiger cet ouvrage dont le but est double. Offrir une synthèse simple et claire des cinquante siècles qui nous précèdent et donner au lecteur une vision globale du monde qui nous entoure.

Avis express :

Le travail peut être salué mais ça s'arrête-là. Tout n'est bien sûr pas faux et ça peut être intéressant, mais ce livre n'a aucun développement et en plus il y a des raccourcis, des simplifications inadmissibles, comme par exemple page 265. Pour le coup, j'invite l’auteur à se pencher sur les traductions d’Aristote par Boèce au 5ème siècle et qui ont énormément marqué l'occident médiéval, ce qui est incompatible avec les mots "parcellaire" et "redécouvre" qui se trouvent sur la même page, en tout cas je trouve.
Toutefois, grâce à ceci, et comme dans le chapitre sur la Naissance de l'islam où le mot "jihad" aurait été apprécié, et où les mesures vexatoires contre les dhimmis auraient gagné à être plus développées plutôt qu'amoindris, on voit que l'auteur cherche quand même à minimiser des détails.

J'ai dit que l'auteur cherchait à minimiser des détails, c'est vrai, mais parfois il fait mieux en ne parlant de rien. Par exemple, il ne développe pas les croisades musulmanes en Europe - en fait si, il s'arrête à l'Espagne -, alors qu'elles sont une des raisons du blocage au développement dont-il parle, par exemple en forçant la population à s'éloigner des côtes. Il cite les vikings, pour ça il n'y a pas de problème, mais les musulmans qui font des razzias jusqu'au coeur des terres non ; pourquoi ? Certes, il cite bien Poitiers, mais là je ne pense pas à Poitiers.

Alors je parle beaucoup de l'islam, mais sur l'Empire Romain on pourrait aussi mettre des distances avec les propos de l'auteur, par exemple quand il parle de la mort de César. Je connais des historiens qui sont moins catégoriques sur la question, et n'attribuent pas cet évènement forcément aux opposants de la Monarchie, puisqu'il n'y avait qu'un républicain dans le lot d'assassins. Et à l'époque, l'opposition à la monarchie étant la république, faut dire qu'un républicain ça ne fait pas beaucoup...

Bref ! Je suis déçue par cette lecture, en laquelle je n'ai finalement aucune confiance, ce qui explique que je l'ai arrêté très vite, car c'est un livre trop léger pour une histoire du monde, et c'est le problème de tous ces livres en fait. Ils sont trop légers pour être exhaustifs. Et si vous voulez découvrir l'histoire du monde, je vous conseille de vous pencher sur le sujet avec des vrais historiens et des livres sur un domaine, pays... en particulier. Ça aura plus d'efficacité que ça, et vous verrez que l'histoire est plus subtile et profonde que cette surface. Par ailleurs, ça évitera aussi le politiquement correct ou incorrecte (enfin à peu près).

Hélas, ce livre a eu le prix essai LDP 2018. :(

10 août 2018

"Alexandra David-Néel : exploratrice et féministe" de Laure Dominique Agniel

Alexandra David-Néel : exploratrice et féministe de Laure Dominique Agniel

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Résumé :

Alexandra David-Neel est la plus célèbre des explo­ratrices. Déguisée en mendiante, elle est la première femme européenne à pénétrer en 1924 dans Lhassa, la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers. On croit connaître le destin de cette infatigable voyageuse, mais sait-on qu’Alexandra David-Neel (1868-1969) a été une féministe de la première heure, journaliste, cantatrice, authentique anarchiste ne voulant dépendre de personne ?
Pour percer le mystère de la vie de cette femme incroyable, il y a un repère, un fil conducteur auquel Laure Dominique Agniel redonne toute sa place : son mari, Philippe. L’ami, le confident, le seul avec qui elle laisse tomber le masque.
Les milliers de lettres à son époux nous éclairent sur sa quête acharnée de liberté pendant les 101 années de son existence. Les différents noms qu’elle a portés traduisent ce cheminement vers l’invention de soi : née Alexandra David, elle associe le nom de son mari au sien pour signer son oeuvre Alexandra David-Neel.
Dans un style limpide et enlevé, Laure Dominique Agniel nous restitue la vie menée tambour battant d’une femme en avance sur son temps.

Mon avis :

     Beaucoup le savent, j’ai beaucoup d’admiration pour cette femme au fort caractère que jusqu’à aujourd’hui je n’ai découvert qu’à travers ses écrits. Alors quand j’ai vu qu’il y avait un livre qui parlait d’elle (et il y en a plus que je pense), je me suis dit qu’il pouvait être intéressant de retrouver cette femme, sa personnalité, sa vie, ses combats, à travers le regard de quelqu’un d’autre qui pourrait m’apporter quelque chose de neuf, soit par son approche, soit en parlant de chose je ne connaissais pas comme des écrits que je n’ai pas encore lu par exemple.

     Intéressant, le livre l’a été, et pour tout dire, j’ai adoré toutes ces informations que Madame Agniel a réuni patiemment afin de mieux cerner ce personnage légendaire, et ce pour mieux nous faire partager sa personnalité. On y découvre ou redécouvre, une femme très intelligente qui sait s'adapter aux peuplades qu'elle rencontre, forte, avide de connaissance, singulière, neurasthénique (parfois), libre, amoureuse, etc.
Et même si tout n'est pas découverte pour moi, je m'aperçois quand même que certaines de ces informations me manquaient cruellement. En effet, j’ai découvert des écrits, des passages de sa vie que je ne connaissais pas ou que j’avais oublié, et qui sont pourtant nécessaires à connaître pour mieux éclairer ses démarches et comprendre sa personnalité ambiguë. Car oui, elle a beau avoir été « La lampe de sagesse », celle qui a parcouru en long, en large et en travers l’Asie, Alexandra David-Néel n’en reste pas moins un être qui n’est pas à une contradiction près.

Bref ! Niveau découverte j’ai été servie, l'auteure a vraiment potassé son sujet, en mettant bien en avant la personnalité de ce petit bout de femme et sa vie privée, complétant ainsi le portrait que j'avais de cette dernière.

     Plus personnellement, ce livre a été par ailleurs bénéfique pour moi car il m’a permis de revoir ma position sur Alexandra David-Néel. Je précise, que je l’apprécie toujours autant et je me retrouve beaucoup dans ce personnage, mais en lisant ces pages je remarque quand même qu’elle avait une tendance à condamner parfois un peu trop rapidement l’humain. Pour une personne qui pouvait se permettre de voyager, de méditer... et tout ça contrairement à d’autre, c’est finalement un peu agaçant je trouve, et aujourd’hui cet "air supérieur" me dérange un peu ; car finalement je m’aperçois qu’elle n’avait pas toujours le recul nécessaire, ce qui m’avait échappé quand j’ai lu les premiers livres de cette autrice vers mes 18 ans. Même si je partage bien volontiers sa vision sur la haute société et ses femmes superficielles qui parlent chiffon.
     Pour autant si la légende est un peu égratignée, je partage toujours autant ses opinions et sur certains sujets je pense être pire encore - ce n’est pas un hasard si j’apprécie autant cette femme.

     Comme vous le devinez assez bien je pense, j’ai adoré ce bouquin. Il est bien écrit, fluide et bien renseigné, et pour ceux qui ne connaissent pas encore cette femme, c'est une bonne intro vu qu'il met en avant sa personnalité, son professionnalisme et son rôle dans la mémoire du monde. D'un monde et d'un temps. Les seuls défauts que je lui trouve sont, le manque de photo - une ou deux aurait été bien - et sa longueur. Hé oui, il n’est pas assez long pour une vie qui a duré 101 ans. J'en aurais voulu encore plus ! Mais à part ça, rien de grave. 

Merci aux éditions Tallandier.

Extraits :

"Ainsi un jeune peintre lui déclare  :"Jésus vivait dans un rêve. Il disait des choses folles, contraires à toute évidence ; Dieu ne nourrit pas les oiseaux, beaucoup meurent de froid et de faim en plein hiver... beaucoup d'hommes meurent aussi. ce ne sont pas les doux qui conquièrent la terre, ce sont les violents.
- Ils conquièrent le Ciel aussi, paraît-il, répond Alexandra. Le royaume des cieux est forcé et ce sont les violents qui s'en emparent. C'est dans l'Evangile de Saint Matthieu.
- Jésus vivait dans un rêve mais il était grand. Ils l'ont trahi ! s'indigne le jeune peintre.
- Il en est toujours ainsi, répond la jeune philosophe. Tous les maîtres ont été trahis par leurs prétendus disciples ; faute de pouvoir s'élever à la hauteur du maître, ils l'ont fait descendre à leur niveau."" p.38

"Dans la ligne de mire de l'insoumise Alexandra Myrial, l'intégrisme religieux, sujet du premier chapitre : "La crainte inspirée par l'inconnu à des cerveaux frustres s'étend à ceux qui parlent en son nom, à ceux qui expliquent la loi et en exigent l'observation au nom des dieux [...]. Par ces lois mystérieuses, présentées comme l'expression d'une volonté extra-terrestre, les chefs religieux vont commander à l'homme, non plus en lui disant "je veux" qui s'adressait au corps et auquel il pouvait tenter de se soustraire, mais en lui disant "tu dois". L'homme a désormais en lui une contrainte invisible : la volonté du dieu qu'il porte comme un fardeau. Qu'il aille, qu'il vienne, en tout lieu, en tout temps, sa mémoire lui répétera ce qu'il doit faire ou éviter. On lui a appris a discerner le bien et le mal [...]. S'appuyant sur la volonté exprimée par le dieu, volonté incompréhensible et indiscutable, on s'efforça de lui faire accepter comme l'expression du bien la résignation passive, l'aveugle soumission, la douleur, le renoncement aux aspirations les plus naturelles. Le mal officiel, ce fut la vie elle-même avec tous ses désirs et toutes ses joies, son besoin de liberté, sa curiosité des choses, ses fières révoltes, son horreur de la souffrance, tout de ce qui est beau et vrai." p.54-55

"Mais ce qui aurait véritablement réjoui Alexandra c'est la visite du quatorzième Dalaï-Lama qui s'est rendu deux fois à Samten Dzong, en 1982 et en 1986. "Je suis vraiment très heureux car j'ai vu là où elle habitait, je me suis senti très proche d'elle. J'ai ressenti son grand amour pour notre culture", déclarait Tensing Gyastso à Digne le 15 octobre 1982. En reconnaissant Alexandra David-Néel comme la plus grande des spécialiste de la culture tibétaine du 20ème siècle, il donnait un sens à l'engagement de toute une vie : quel meilleur moyen de sauver une culture que la diffusion de la connaissance ? Par son amour des paysages tibétains, de la langue, des légendes, des hommes et des femmes du pays des neiges, Alexandra fait revivre le Tibet dans l'imaginaire du monde, un Shambala spirituel qu'aucune armée, aucune colonisation ne pourra jamais détruire." p.261-262

"Voilà une autre contradiction d'Alexandra : elle n'est pas si détachée des conventions qu'elle le prétend, elle aime être servie par des domestiques zélés. Très gourmande, elle raffole de mets raffinés et porte des vêtements bien coupés, des chapeaux et des soieries, mais elle aspire tout autant au dénuement. Privilège des riches qui peuvent choisir de se dépouiller de tout le confort qui les encombre. Elle mettra douze années à se débarrasser des ses oripeaux d'Occidentale."

"Au mur des peintures tibétaines et cette citation qui avait marqué son adolescence : "Le monde est une charogne et ceux qui s'y attachent sont des chiens" ! Il n'est pas signé d'un cynique grec, mais de Pierre Valdo, qui fonda au 16ème siècle le mouvement protestant des Vaudois." p.149

25 juin 2018

"Essais sur l'histoire de la mort en occident" de Philippe Ariès

Essais sur l'histoire de la mort en occident de Philippe Ariès

Source: Externe

Résumé :

Dans cette série d'essais visant à retracer l'évolution des attitudes devant la mort de l'homme occidental, Philippe Ariès se situe à la limite du biologique et du culturel, au niveau de l'inconscient collectif. L'ouvrage commence à l'époque du Moyen Âge, au temps de la "mort apprivoisée", où aucune crainte n'accompagnait son spectacle chez les vivants et où le cimetière servait souvent de lieu de sociabilité, de danse et de commerce. Puis, l'art et la littérature des débuts de l'époque moderne commencent à associer Éros et Thanatos, dans une complaisance extrême à l'égard de la souffrance et de la mort, jusqu'à ce que le romantisme ne laisse subsister que la seule beauté sublimée du mort, en la dépouillant de ses connotations érotiques. Au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, commence alors ce vaste mouvement de refoulement qui mène jusqu'à nous, où la mort se voit frappée d'interdit, n'étant plus que très rarement représentée. --Hervé Mazurel

Top chrono :

J'ai beaucoup apprécié l'époque médiévale, moderne, mais dès le contemporain ça me plaisait moins. De plus les articles datent assez, alors est-ce que les conclusions sont toujours d'actu ?
Sinon j'ai aussi apprécié voir comment il visualisait le 18ème siècle, pour beaucoup d'historien la déchristianisation qui commençait, mais pour lui c'était avant tout le symbole de la confiance naissante entre les divers membres de la famille.
A lire c'est une évidence, mais à voir s'il n'existe pas des études plus récentes aussi, notamment sur les questions archéologiques, archives et approche des mentalités.
Je ne dis pas que c'est mauvais, loin de là ! Mais vaut mieux compléter vu que les articles ne sont pas récents.

Extraits : "Le testament a donc été complètement laïcisé au 18ème s.
Comment expliquer ce phénomène ? On a pensé (thèse de M. Vovelle) que cette laïcisation était l'un des signes de la déchristianisation de la société.
Je proposerai une autre explication : le testataire a séparé ses volontés concernant la dévolution de sa fortune de celles que lui inspiraient sa sensibilité, sa piété, ses affections. Les premiers étaient toujours consignées dans le testament. Les autres furent désormais communiquées oralement aux proches à la famille, conjoint ou enfants. On ne doit pas oublier les grandes transformations de la famille qui ont abouti alors au 18ème s. à des relations nouvelles fondées sur le sentiment, l'affection. Désormais, le "gisant au lit, malade" témoignait à l'égard de ses proches d'une confiance qu'il leur avait généralement refusée jusqu'à la fin du 17èmesiècle ! Il n'était plus nécessaire désormais de les lier par un acte juridique."


"A partir du 16ème, et même à la fin 15ème, nous voyons les thèmes de la mort se charger d'un sens érotique. Ainsi dans les danses macabres les plus anciennes, c’est à peine si la mort touchait le vif pour l'avertir et le désigner. Dans la nouvelle iconographie du 16ème siècle, elle le viole. Du 16ème au 18ème siècle, d'innombrables scènes ou motifs, dans l'art et dans la littérature, associent la mort à l'amour, Thanatos et Eros : thèmes érotico-macabres, ou thèmes simplement morbides, qui témoignent d'une complaisance extrêmes aux spectacles de la mort, de la souffrance, des supplices.
[...]
Comme l'acte sexuel, la mort est désormais de plus en plus considérée comme une transgression qui arrache l'homme à sa vie quotidienne, à sa société raisonnable, à son travail monotone, pour le soumettre à un paroxysme et le jeter alors dans un monde irrationnel, violent et cruel. Comme l'acte sexuel chez le marquis de Sade, la mort est une rupture. Or, notons-le bien, cette idée de rupture est tout à fait nouvelle. Dans nos précédents exposés nous avons voulu au contraire insister sur la familiarité avec la mort et avec les morts."

Posté par Florell à 15:33 - Documentaire / Essai - Commentaires [0] - Permalien [#]
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