Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

08 mai 2015

"Jour de feu" de René Barjavel

"Jour de feu" de René Barjavel

jour de feu

Résumé :

C’est l’été. Le village de Collioure se prépare pour la fête du Roussillon. L’air sent le pastis et le melon. Les vieilles Catalanes vêtues de noir croisent les Parisiennes en bikini.
Deux nouvelles courent parmi la foule : hier, Barabbas a été emprisonné. Et pendant la nuit les gardes de Caïphe ont arrêté Jésus. Les croix dressées sur la colline attendent les prisonniers.
Tandis que Judas boit un demi au café, Pilate débat avec Caïphe pour savoir lequel de Barabbas ou de Jésus sera gracié. Un avion tourne sur la ville et laisse tomber des tracts : Libérez Barabbas!
Où sommes-nous? En quel temps? C’est l’éternité d’une histoire tragique, toujours présente, en tout lieu et en tout temps…

Jour de feu de René Barjavel, roman inclassable et fascinant, révèle un autre visage du maître du fantastique et de l’anticipation.

Mon avis :

C’était ma première rencontre avec Barjavel, et de toute évidence ça ne sera pas la dernière vu que l’expérience était des plus bizarres mais aussi des plus agréables en bousculant mes habitudes lecture. Et quand je dis ça ce n'est pas exagéré ! Tout était nouveau.
Déjà parce que le roman contait d'avantage l'histoire de Barabbas que Jésus, - et ça, soyons honnête fallait avoir l'idée de le faire et aussi avoir l'idée d'inventer un bout de la vie de cet homme.
Et ensuite parce que ça ne se passait pas dans la Jérusalem d'il y à 2000 ans, mais dans le Roussillon contemporain de l'auteur. Et bien que j'ai eu beaucoup de mal à m'y faire, j'avoue que cette sensation de redécouvrir le roman à chaque fois que Barjavel glissait une chose actuelle n'était pas désagréable.

Sur le récit encore, ce que je retiens surtout de cette lecture c’est qu’elle est là dans un but divertissant, en tout cas je l’ai trouvé plus divertissante qu’autre chose - même si la dernière phrase donnait une touche philosophique à l'ensemble -, mais ce que j’ai apprécié là-dedans c’est que malgré ce côté divertissant elle est quand même fidèle à l’histoire originale, avec par exemple le rôle de Caïphe dans l'arrestation de Jésus - bien sûr l’auteur en rajoute un peu mais le fond est juste -, ou encore avec ce qui est admis généralement sur le comportement de Judas et Ponce Pilate, - bien qu'on remette en cause leurs comportements. Bien sûr ceci n'a rien de nouveau et vous pouvez penser que c’est stupide de bloquer là-dessus, mais personnellement j’ai vraiment adoré ce côté-là.

Tout comme le côté « j’en dis très peu sur les divers personnages, mais juste assez pour leur donner une profondeur humaine ». Ca c'était la cerise sur le gâteau ! Rendez-vous compte ! Grâce à ça pas de longueur futile, pas de temps mort dans le récit, juste le minimum pour donner de la psychologie aux personnages et du relief à l'histoire.

Bref, c’était une lecture formidable, vivante et rapide. Tout ce que j'aime !

Merci aux éditons Denoël.

Edition Denoël, collection empreinte
208 pages
Date de sortie le 24/04/15

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09 mars 2015

"Le maître" de Patrick Rambaud

"Le maître" de Patrick Rambaud

roman le maître

Résumé :

« C'était il y a vingt-cinq siècles dans le royaume de Song, entre le Fleuve Jaune et la rivière Houaï : Tchouang naquit les yeux ouverts et sans un cri. Il était froissé, édenté, chauve, puisque les nouveau-nés ressemblent aux vieillards : les hommes entrent en scène aussi démunis qu'ils en sortent… »
Bienvenu dans la Chine du Vème siècle avant Jésus-Christ. Un monde poétique et violent, où « tombe » soudain cet enfant, fils du Surintendant des présents et cadeaux. Dans ce royaume gigantesque, l'or est partout, la faim aussi, les princes et les rois ont des esclaves, des éléphants, des nains, ils écoutent des poèmes, font commerce de femmes et d'épices, lisent Confucius....
Avec son immense talent, Patrick Rambaud nous conte la vie de cet enfant, curieux, libre, attentif à la vie, aux métiers, à la pratique du monde ; bientôt inventif et sage ; au plus près du peuple. C'est ainsi qu'il deviendra le plus grand philosophe chinois, Tchouang Tseu, donnant son nom à son livre légendaire, suite magnifique d'histoires vivantes, où l'on croise des bouchers, des seigneurs, des tortues, des faux sages...
C'est un destin inouï que nous raconte le grand romancier de La Bataille – à mi-chemin de la fable et de la philosophie. On rit, on apprend, on découvre, on s'étonne, dans ce monde dont le vrai prince est un philosophe...

Mon avis :

Ce livre propose à travers un roman, de nous faire découvrir la vie et la pensée de maître Tchouang-Tse et de nous interroger sur notre manière de vivre.

Pleins d’anecdotes qui mettent en scène la pensée de cet homme, écrit d’une manière agréable qui nous fait voyager dans cette Chine ancienne, ce livre qui se trouve être aussi un miroir sur notre époque amènera à faire réfléchir chacun de ses lecteurs sur sa condition, ses désirs, sa soif de pouvoir, son égo surdimensionné, son envie de tout posséder et sur sa manière d’utiliser le progrès, sa manière de le percevoir aussi. 

Tout cela est certes bien beau, mais sachez cependant qu’on est loin du roman stéréotype qu’on attend, en tout cas que j’attendais. En effet, Tchouang-Tse étant un peu anarchiste, surprenant, il ne faudra pas être surpris (comme je l’ai été) par la tournure que prendra notre personnage.
Ici, il ne faut pas s’attendre à un héros « sage » comme le Siddhartha d’Herman Hess, mais plutôt à une forte personnalité qui n’hésite pas à envoyer paître ceux qui se présenteront à lui pour lui proposer gloire et fortune, à critiquer violemment ceux qui suivent sans sourciller les rites des anciens sans chercher à remettre en cause l’enseignement (notamment celui de Confucius mais qui aujourd’hui pourrait s’appliquer à d’autres), ou encore qui n’hésite pas à faire fi des conventions parce qu’il savait la sagesse. Cependant même si j’ai énormément apprécié la pensée de cet homme, je l’ai parfois trouvé un peu trop radical, trop anarchiste, enfin j’ai trouvé que sur certains points ça allait trop loin, un peu plus de mesure ne m’aurait pas déplu, mais sans ça, ça n'aurait plus été Tchouang-Tse ; n'est-ce pas ? 

Toutefois, tout cela est assez ironique quand on regarde bien. En effet il est assez étonnant de voir que malgré ce rejet des maîtres à penser, la pensée de maître Tchou a influencé d’autres courants ou a tiré ses racines de courant déjà existant… Comme quoi on n'invente jamais grand chose.

En résumé une lecture fort intéressante, que j’ai pas mal apprécié et riche d’enseignement.

 

Extraits :

« -Maître, disait-il, vous nous enseignez que la tradition est barbare…

- C’est la tradition qui nourrit les guerres, la tradition qui force les hommes à des travaux épuisants, la tradition qui creuse le fossé entre riches et pauvres, la tradition encore qui invente des cultes pour séparer les hommes. N’est-ce pas de la barbarie ?

- Qu’appelez-vous précisément la tradition ?

- Ce sont les règles de vie, édictées par on ne sait plus qui, ou par une divinité malfaisante à tête de crapaud. Les gens s’y habituent, ils y croient, ils l’appliquent sans jamais la remettre en question. Personne ne se lève et dit : « Cette règle est idiote ! » Je vais vous donner un exemple. Un jour, une secte décide qu’il ne faut pas manger de potiron. Les potirons sont donc bannis. Ils causent même l’effroi des spectateurs. « Tu as mangé une bouchée de potiron ? malheureux ! Tu vas périr dans d’affreuses souffrances ! Vite, recrache pendant qu’il est temps et jure de ne pas recommencer ! » De l’autre côté de la rivière, imaginons une tribu d’adorateurs du potiron. Que vont-ils faire ? Vont-ils traverser la rivière pour hacher menu ceux qui identifient le potiron au mal absolu ? Sans doute. Les guerres n’ont pas d’autres origines. Chacun reste emmuré dans ses croyances, qui vont à l’encontre des croyances du voisin. Ne pensez-vous pas que c’est stupide ?

- Stupide, Maître, mais aussi mortel.

- Eh oui, Lin-lei. Je vous engage tous à étudier ce que préconisent les sectes : leurs interdits ne sont que de signes de reconnaissance. Entre eux ils s’appellent frères. Tous les autres, ils les rejettent. Cette détestation des uns pour le potiron, elle vient peut-être d’une indigestion, puis ces maux de ventre alimentent une croyance, et la croyance engendre des maux encore plus grands. Tse-lei, va nous cueillir un potiron. »

« Ces sectateurs (en parlant des adeptes de Confucius) sèment le désordre ! La bonté qu’ils affectent n’est que du sentimentalisme ! Dis-moi, Yang, pourquoi les hommes vraiment miséricordieux vivent-ils toujours dans le malheur ? Tes charitables, ils guettent la souffrance des autres pour compatir en public et se donner un rôle. »

« - Le peuple ! Un peuple instruit est dangereux. On ne règne pas par la science, mais par la force. »

« Mes idées sont fausses, Monsieur le Suprême Directeur, parce que ce ne sont pas les vôtres. »

« - […] Ce monde dégénéré fourmille de penseurs. Comme les brigands, ils ne sont pas la critique du monde mais ses produits.

– Tant mieux s’ils sont inutiles, disait Tchouang.

- Inutiles ? ce serait trop beau. Ils ont nuisibles. Leur sainteté sent le rance, même si les peuples en raffolent. Des aveugles ! Des sourds ! Eliminons la sainteté, crois-moi, éradiquons la sagesse, gardons-nous de ces entrepreneurs du bien ! »

 « Après tout, dit le deuxième scribe, ça fait partie de notre métier de fonctionnaire, fermer les yeux pour une récompense… »

 

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22 janvier 2015

"Femme nue jouant Chopin" de Louise Erdrich

"Femme nue jouant Chopin" de Louise Erdrich

femme nue jouant chopin

Résumé :

« L un de nos plus grands écrivains, remarquable par son audace stylistique et sa virtuosité artistique. Ces nouvelles sont une splendide démonstration de son talent et de son style »
The Washington Post

Rassemblées pour la première fois en deux volumes (La décapotable rouge et Femme nue jouant Chopin), les nouvelles de Louise Erdrich publiées initialement dans des revues littéraires et des magazines américains sont marquées par l imaginaire sensuel et fertile d un écrivain singulier
Ici, le rêve surgit du quotidien, le comique tourne au tragique, la violence et la beauté envahissent tout à coup un paysage banal. On y retrouve la genèse de ce qui a constitué, au fil des livres, un univers où poésie et magie s entrecroisent ; ce Dakota du Nord si cher à l écrivain, ces personnages passionnés, complexes et inoubliables qui peuplent ses lignes.
Louise Erdrich possède ce talent très particulier de savoir distiller des vies en quelques pages, parvenant à donner à ces femmes, hommes et enfants, une dimension universelle et singulière, en explorant sans retenue et sans relâche ces émotions et ces sentiments qui nous rendent humains.

Mon avis :

Femme nue jouant Chopin, titre étrange et rêveur s’il en est. A l’image  des nouvelles qui composent ce livre. Cependant, je ne dirais pas que toutes les nouvelles qui composent ce livre sont rêveuses, mais elles ont néanmoins toutes ce côté étrange, déroutant, où l’auteure surprend par la tournure qu’elle donne aux évènements ou par les situations qu’elle a mis en place initialement.

Ici on sort des situations communes, à part quelques nouvelles comme Hasta namast, baby, pour se retrouver nez à nez avec une sœur qui abandonne sa voie pour le piano, un vieil homme qui a un lien tout particulier avec son violon, ou avec un autre homme qui donne le sein. Dans ces pages le surnaturel, la bizarrerie, côtoient le plus simple des mondes ; qu’il soit sauvage ou civilisé.

Mais ces histoires un peu troubles, ne seraient rien si elles n'étaient pas desservies par une écriture des plus sublimes. Les sentiments, les pensées, les situations, les  personnages sont décrits avec une sensibilité, un réalisme, une finesse toute naturelle mais aussi poétique, qui donne à ces nouvelles une légèreté particulière, une profondeur intense et des images douloureuses et fabuleuses, comme cette image des lèvres où perle un sang pourpre.

Néanmoins, toutes les nouvelles n’ont pas le même charme, mais dans l’ensemble elles ont toutes  une note qui fait qu’elles se lisent malgré tout très bien - sûrement à cause du petit secret, de la colère sourde -, et ce même si le début n’est pas forcément accrocheur.

Pour conclure, je conseille ce livre pour son écriture mais aussi et surtout pour ses histoires étranges.

 

Merci aux édition Albin Michel de m'avoir permise de découvrir cette auteure.

Extrait : "Au début quand on attend quelqu'un, chaque ombre est une arrivée. Puis les ombres deviennent la substance même de l'effroi. [...] Ils ont laissé le violon ici avec moi. Chaque nuit je joue pour toi, mon frère, et quand je ne pourrai plus jouer, j'attacherai notre violon dans la canoë et l'enverrais vers toi, pour qu'il te trouve où que tu sois. Je n'aurai pas à le percer pour qu'il parcoure le fond du lac. Tes trous feront l'affaire, Frère, comme mon sale tour t'a fait ton affaire."

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28 décembre 2014

"Le royaume" d'Emmanuel Carrère

"Le royaume" d'Emmanuel Carrère

le royaume Carrère

Quatrième couverture :

A un moment de ma vie, j'ai été chrétien. Cela a duré trois ans, c'est passé.

Affaire classée alors? Il faut qu'elle ne le soit pas tout à fait pour que, vingt ans plus tard, j'aie éprouvé le besoin d'y revenir.

Ces chemins du Nouveau Testament que j'ai autrefois parcourus en croyant, je les parcours aujourd'hui - en romancier? en historien?

Disons en enquêteur.

Mon avis :

J’ai fini ce livre hier, et je me rends compte qu’il va être difficile d’en faire un avis. En fait je ne sais pas trop par où commencer, ni où l’auteur veut en venir exactement.

 

Ce livre est un récit qui se situe entre l’histoire et le roman, l’auteur s’amusant à écrire d’une autre manière les balbutiements du christianisme et l’histoire autour, c’est aussi un livre qui lui permet de se raconter, il dit qu’il a été chrétien et qu’il ne l’est plus. Soit. Dans les faits je n’ai rien contre tout ça, surtout qu’Emmanuel Carrère s’est montré très érudit pour aborder ce sujet. Mais ce que je ne comprends pas dans cette démarche, c’est le rapport entre les deux.

Qui peut me dire le rapport entre la foi, la perte de cette dernière, et le fait de décortiquer les textes religieux chrétiens ? Qui ?

Personnellement, je me dis que s’il voulait décortiquer ces textes (ce qu’il a fait et c’était son but comme il le rappelle à la page 405) et les expliquer de son point de vue, il n’avait pas besoin d’exposer sa période bigote -avec d’innombrables digressions pas toujours utiles-, même si ses carnets lui ont servi de base. (Surtout que finalement je n’ai pas trouvé que cette période-là lui ait énormément servi pour éplucher les textes, mais bon.)

Vraiment, ça c’est le point qui fait que je ne comprends pas trop où l’auteur veut en venir avec ce livre, surtout qu’à la fin il nous met bien en avant le summum de la bonté chrétienne et l’apogée du kitsch chrétien, alors qu’il a passé X page à aller contre cette religion. A démontrer que les écritures se contrarient, la stupidité de cette croyance qui veut qu’un jour un homme soit revenu d’entre les morts, et l‘absurdité de ce message chrétien qui est hors-norme et pas humain. Il ne manque pas de faire allusion à d’autres courants de pensée pour dire qu’il n’est pas d’accord avec la voix qu’emprunte le christianisme.

D’accord le passage de la fin montre comment cette religion a forgé des hommes, comment elle a ouvert l’amour de l’autre à des gens, il sert à montrer l’héritage de cette religion, mais qu’est-ce qu’il est allé faire là-dedans alors qu’il en est éloigné ? Il passe une plombe à dire que ça ne le concerne plus, mais il va quand même. Là je ne comprends pas, et de ce fait je ne comprends pas le but de ce livre. Où l'auteur veut-il en venir ? Telle est la question.

 

A côté de ça, qui est vraiment le gros point qui me gêne pour piger le but réel de ce livre, j’avoue que le reste est fort intéressant. C’est une version de l’histoire, des histoires, qui a le mérite d’exister. Ce que j’apprécie particulièrement dans cette démarche, c’est qu’en plus l’auteur dit clairement que sa version est du domaine du possible mais pas la seule valable. Néanmoins, le hic dans ce grand récit qui est raconté avec beaucoup de talent, qui a la méthode de l’historien et le scepticisme nécessaire, c’est que très vite les lecteurs lambda, qui s’y connaissent un tout petit peu (comme moi) ou pas (comme d’autre), peuvent être vite perdus dans ce monceau de personnage et de scène. Surtout que par moment c’est assez difficile de s’y retrouver au milieu des hors-sujets.

Cependant et malgré cela, j’ai énormément apprécié lire ce livre, le découvrir, parce que même si les sujets entre la vie de l’auteur et le christianisme sont mal accordés, les deux n’ont pas été inintéressants pour autant, même si sur la fin ça fait un peu long.

De plus, lire ce livre confirme un peu plus ce que je pensais du christianisme, que c’est une religion terriblement perchée (comme beaucoup d’autres il est vrai), qui fait l’apologie de l'exclu, du malheur et du malheureux, et que par conséquent -de mon point de vue toujours- elle est un peu à côté de la plaque et bébête. J’avoue que beaucoup de choses dans le christianisme me paraissent stupides et me donnent envie de vomir -désolée si je choque-, vu que je pars du principe qu’il faut mettre des limites à tout pour que l'équilibre soit, ce que ne fait pas cette religion qui va dans les extrêmes. Par exemple je pense qu’on ne peut pas être éternellement charitable si on veut que les choses fonctionnent correctement, tout comme on ne peut pas pardonner éternellement pour cette même raison. Je pense aussi qu'on ne peut pas aimer tout le monde, tout comme on ne peut pas vivre à fond dans une chimère pour vivre bien dans ce monde. Bref. Ce n'était sûrement pas le but de ce livre, mais pour moi il confirme que cette religion, que les véritables religions ne vont pas avec le bon sens.

En résumé c'est un livre fort intéressant, mais hélas un peu fourre-tout, qui pour moi n'a pas de but réel, ce qu fait cruellement défaut pour comprendre cette démarche d'écrivain.

 

Lu dans le cadre du match de la rentrée littéraire Priceminister.

14 décembre 2014

"Lettres mortes" de Robert Allison

"Lettres mortes" de Robert Allison

lettres mortes roman

Résumé :

1942, au beau milieu du désert libyen. Un jeune soldat anglais reprend connaissance, sa moto totalement détruite à quelques mètres de lui. Il a sauté sur une mine et est grièvement blessé. Une musette pleine de lettres gît à ses côtés. Il ne se souvient de rien, ni de qui il est, ni pourquoi il se retrouve dans cet endroit. À la surprise de tous, il se remet peu à peu de ses blessures et occupe sa convalescence à lire les missives. L'une d'entre elles le touche particulièrement : celle qu'un lieutenant, Tuck, a écrite à la femme aimée. Le jour où une tribu de Bédouins attaque le campement, le jeune amnésique saisit l'occasion de changer d'identité et d'endosser celle de Tuck. Il va s'inventer une vie rêvée. Lettres mortes est un voyage hypnotique qui nous parle de la solitude des soldats, de leur courage et, parfois, de leur lâcheté. Robert Allison nous emmène dans les dunes fascinantes et dangereuses du Sahara, qui offrent un décor magistral, à la hauteur de la noirceur du coeur de la guerre.

Mon avis :

Je suis d’avance désolée sur ce que je vais dire, mais… je n’ai pas aimé ce livre. Je l’ai même arrêté 100 pages avant la fin, tellement il ne m’a pas touchée et tellement il était loin de mes attentes.

Quand j’ai lu le synopsis et malgré le décor dénudé et une ambiance difficile, je m’étais attendue à quelque chose de touchant, de sensible, de délicat… Pour moi l’histoire d’un homme qui a oublié sa vie et s’en choisit une autre de substitution, ne pouvait pas ressembler à autre chose qu’à ce tableau, et ben ici non. Rien de tout ça.

A la lecture de ce livre je n’ai rien vu de ce que j’attendais, et en plus je n’ai rien ressenti à part de l’énervement et de l’ennui.

L’énervement, car le héros comme les autres personnages du roman sont extrêmement horripilants et insupportables, du coup j’avoue que c’était mal parti pour que j’apprécie ce livre. Et ce même si je conçois très bien que l’égoïsme, la grossièreté… peuvent s’expliquer par le contexte et les diverses épreuves que traversent nos personnages. (Même si je pense qu’il ne faut pas trop exagérer non plus, comme le fait notre motocycliste au début quand il se retrouve seul dans le camp. Là son nombrilisme m’a donné envie de le tuer.)

Ensuite j’ai ressenti de l’ennui car le récit souffre de lenteur. En effet malgré le fait qu’il se passe des choses, ces pages manquent de vie. J’ai vraiment eu du mal à ne pas m’endormir dessus, tellement c'est mou.

Alors bien sûr au milieu de tout ça il y a quelques beaux passages, ce livre n'est pas dépourvu d'humanité, notamment quand notre héros dit ce qu'il sera dans une autre vie, mais ces passages étaient si peu nombreux qu'ils ne contrebalançaient pas assez pour faire oublier le reste. C'est comme-ci ils n'existaient pas finalement. Ce qui est dommage, car si ce côté avait été plus présent, sans être un coup de coeur ce livre m'aurait davantage plu.

En résumé vous l'aurez compris ce livre ne sera pas une lecture légendaire pour moi, mais si le côté masculin pur et dur ne vous fait pas peur, allez-y ! Après tout il n'est pas si éloigné de la réalité.

 

Editions Denoël

Lettres mortes de Robert Allison ; 297 pages.

Paru le 30/10/2014

Traduit de l'anglais par Isabelle D. Philippe

 

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10 octobre 2014

"Le fils" de Philipp Meyer. Une saga américaine !

"Le fils" de Philipp Meyer

le fils meyer

Résumé :

Roman familial, vaste fresque de l’Amérique des années 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux Prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages – trois générations d’une famille texane, les McCullough – dont les voix successives tissent et explorent avec brio la part d’ombre du rêve américain.
Eli, le patriarche que l’on appelle " le Colonel " est enlevé à l’âge de onze ans par les Comanches et passera avec eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu à la civilisation, il prend part à la conquête de l’Ouest avant de s’engager dans la guerre de Sécession et de devenir un grand propriétaire terrien et un entrepreneur avisé.
À la fois écrasé par son père et révolté par l’ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.
Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouve à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l’œuvre du « Colonel ». Mais comme ceux qui l’ont précédée, elle a dû sacrifier beaucoup de choses sur l’autel de la fortune.
Et comme tous les empires, celui de la famille McCullough est plus fragile qu’on ne pourrait le penser.

Mon avis :

C’est une saga familiale parmi tant d’autre. C’est une saga qui se déroule sur plusieurs générations, comme plein d’autres ; mais c’est une saga étonnante. Ce n’est pas pour autant un coup de cœur car le livre souffre de quelques longueurs, comme quand par exemple l’auteur raconte sur des pages entières la manière de dépecer un bison ou de fabriquer des outils. Mais excepté ça je dois reconnaître que cette saga est servie par une écriture fluide, qui fait quand même que les pages défilent sans vraiment qu’on s’en rende compte. Mais l’histoire n’est peut-être pas étrangère à cela non plus. Car l’aventure, la famille, l’argent, les guerres, les jalousies, les désaccords, l’amour –alors ça c’est ce qui m’a le moins intéressée j’admets – vont pimenter cette fresque dans un état encore balbutiant, le Texas.

Ici on va trouver d’une part le côté historique comme la révolution mexicaine, les indiens, les blancs, la justice un peu arbitraire, etc… qui est raconté cependant sans parti pris, - en tout cas je n’ai pas remarqué quoi ce soit, pour moi l’auteur raconte juste froidement une histoire. Et d’autre part, dans les turpitudes de l’Histoire, on va découvrir cette famille puissante qui va donner toute la vie de ce roman par sa variété de membre ; elle est pleine de conflit, de jalousie, d’incompréhension, d’envie différente, qui conduiront parfois à des choses étonnantes.

Alors j’ai dit un peu plus haut que l’auteur raconte une histoire sans parti pris, froidement malgré le fait que ses personnages ressentent des choses. La variété des scènes et des personnages me pousse à croire cela, de mon point de vu ce mélange ne pousse pas à prendre parti pour quoi que ce soit. Cependant ce bouquin n’en reste pas moins une réflexion sur l’homme, sur la construction de son histoire, de sa richesse, etc… D’ailleurs on remarquera que pour tous les hommes elle reste assez semblable, sans être identique pour autant.

Quoi qu'il en soit même si parfois certains passages paraissent un peu fastueux, c'est un livre que je recommande si les pavés ne vous font pas peurs.

Je remercie en passant grandement les éditions Albin Michel. :)

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01 octobre 2014

"Aristote mon père" d'Annabel Lyon

"Aristote mon père" d'Annabel Lyon

aristote mon père

Résumé :

Pythias, la fille d'Aristote, a été élevée à l'égal des hommes. Elle fait figure d'exception à Athènes, puis en Macédoine où elle est contrainte de s'exiler : c'est elle, et non son frère cadet, qui assiste Aristote dans ses travaux, provoque les collègues de son père par ses remarques pointues, et se rêve en philosophe, scientifique ou sage-femme. La mort d'Aristote disperse ses biens et sa famille à travers la Macédoine, laissant Phytias seule, en décalage avec cette société qui nie l'existence d'une conscience féminine, et l'oblige à se confronter à la réalité d'un monde dont elle s'était toujours tenue écartée.

Après Le Juste Milieu, qui évoquait la relation entre le jeune Alexandre le Grand et son précepteur Aristote, Annabel Lyon renouvelle le défi ambitieux d'écrire l'Antiquité d'une plume actuelle et spontanée. Aristote, mon père exhale le soufre des temples, le sang des femmes et les larmes de la tragédie.

Mon avis :

J’ai découvert cette auteure en même temps que ce livre, et la première chose que j’ai à dire c’est qu’il n’est pas mauvais mais il n’est pas forcément parfait à mon sens. Je m’explique.

L’histoire en elle-même n’est pas mauvaise. Elle est même plutôt agréable à lire, et c’est très sympathique de pouvoir vivre un quotidien grec. De vivre à côté des personnages, de cerner les mentalités de l’époque, d’aller dans les temples et les villes. Néanmoins j’ai buté sur deux ou trois petites choses qui fait que ce n'est pas la lecture agréable que j'ai imaginé. Déjà au niveau de l’écriture. C’est facilement lisible, mais parfois les enchaînements sont beaucoup trop rapides, et quatre fois j’ai dû relire des passages pour comprendre les actions.

Ensuite sur le récit lui-même, je suis assez mitigée. J’ai préféré la première partie quand Aristote était encore vivant à celle où il n’était plus, car à partir de là tout va beaucoup plus vite d’une part, et d’autre part ça devient un peu fou. Pythias atterrie dans des endroits bizarres, elle fait des choix que je n’ai absolument pas du tout compris, elle perd ce côté calme et réfléchi qu’elle avait au début pour se transformer en personne un peu impulsive. Bref, on quitte le côté solennel du départ, pour atterrir dans un vrac de comportement excessif qui étonne quand même beaucoup.

Pour toutes ces raisons, la seconde partie n’est donc pas vraiment la partie que j’ai le plus apprécié, même si elle ne fut pas mauvaise pour autant ; car il y a quand même cette magie divine qui arrive et qui accompagne Pythias, il se passe des choses très intéressantes malgré tout, et en plus on voit Pythias évoluer dans un cadre qui est nouveau pour elle. Elle se retrouve seule, sans argent, sans rien, et du coup j’ai passé mon temps à me demander ce qu’elle allait faire et comment elle allée s'en sortir. Finalement même si ce n’est pas la partie que j’ai apprécié le plus, elle contrebalance celle du début qui était entièrement rationnelle, ce qui donne du souffle au roman.

En fait mon seul vrai regret dans ce bouquin, c’est que Pythias devient dans cette partie comme tout le monde. J’aurai préféré la voir donner des cours, philosopher, plutôt que de la voir faire des choses insensées - même si elle ne perd pas ce côté intellectuel, car elle a la chance d’avoir un mari qui n’a rien contre. En fait sur la fin, Pythias devient pour moi un peu décevante, mais après peut-être que c'est sa vie, vu que je ne la connais pas. D'ailleurs va falloir que je cherche pour connaître cette fille.

En résumé ce n’est pas une lecture mauvaise mais ce n’est pas non plus un coup de cœur, cela dit ça reste un agréable livre à lire. Ca change. Et c'est une auteure à suivre.

Je remercie grandement les éditions de la Table Ronde.

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25 septembre 2014

"Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder

"Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder

oona et salinger roman

Résumé :

« Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O’Neill, 15 ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant... quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood.
Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant. »

Mon avis :

Comme vous le savez j’adore Beigbeder, et si j’ai voulu lire ce livre c’est bien à cause du nom de l’auteur, et non pour Salinger, car L’attrape-cœur et moi nous ne sommes pas très copain. D’ailleurs, généralement j’ai du mal avec les écrivains classiques américains, mais là je digresse... Pour en revenir au livre « Onna et Salinger » je dois dire que Beigbeder a fait un très bon cru, avec ce genre romanesque, mélangé à du biographique et de l’historique, même si parfois les passages historiques m’ont un peu étonnée.

Cela étant, même s'il surprend avec ce roman, ça reste du Beigbeder. Même écriture, même tournure, même style, c'est tour à tour cruel, étonnant, profond, superficiel, drôle, ou encore terriblement terre à terre comme le prouve ce  passage : « Je suppose qu’un romancier professionnel décrirait ici le paysage océanique les entourant, et le vent, les nuages, les pelouses couvertes de rosée, mais je ne le fais pas pour deux raisons. Premièrement parce qu’Oona et Jerry n’en avaient rien à foutre du paysage ; deuxièmement, parce qu’on y voyait rien, le jour n’étant toujours pas levé. » Ce qui à défaut de rajouter de la poésie, rajoute de l’humour, et finalement allège même un peu ce roman assez sombre.

Car oui ce livre est très sombre. Derrière les apparences, alors que Oona O’neil, Chaplin, Salinger, font partie d’un monde de paillette, de talent et de reconnaissance, ce roman reste malgré tout assez pesant dans l’ensemble. La seconde guerre mondiale et l’horreur du terrain que Salinger a vécu étant retranscrit dedans, l’abandon de Oona par son père aussi, ainsi que le rejet de Chaplin par les Etats-Unis, font que l'ambiance n'est pas à la fête, même s'il y a parfois un côté léger, un côté fabuleux, vu qu'on rencontre Truman Capote ou encore Ernest Hemingway.

Cependant ce n'est pas suffisant, pour effacer cet effet obscur qui est vraiment appuyé par le fait que Beigbeder a clairement fait ressortir le côté sombre des personnages. Salinger est très sévère avec lui-même à propos de la guerre, il est désespéré de cet amour sans retour pour Onna, et il a en plus pour elle une espèce d’obsession étrange qui l’apaise surtout lors de la guerre. Oona est de son côté quelqu’un de très sombre, déprimée, elle a un côté enfant perdu, qui plaît d’ailleurs beaucoup à l’auteur. Quant à Chaplin, même si Beigbeder s’attarde bien moins sur lui, on se doute que le rejet des Etats-Unis l’a sûrement affecté.

Mais malgré tout ça, ce roman empreint de désespoir mais aussi d’amour, reste agréable à lire. Frédéric Beigbeder a vraiment bien écrit cette histoire, il a vraiment bien su la romancer tout en lui donnant un côté véridique, en décrivant à la perfection l’amour fou, l’amour calme, les ténèbres, la nostalgie qui pince le cœur.

Je recommande vivement ce livre, qui change du Beigbeder extravagant et expansif habituel.

Je remercie les éditions Grasset.

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31 août 2014

"Le ruban" d'Ito Ogawa

"Le ruban" d'Ito Ogawa

le ruban roman

Résumé :

Sumire est passionnée par les oiseaux. Quand elle trouve un oeuf tombé du nid, elle le met à couver et offre l'oisillon à sa petite-fille Hibari, en lui expliquant qu'il est le ruban les reliant à jamais. Mais un jour l'oiseau s'enfuit de sa cage, apportant joie et réconfort partout où il passe.

Mon avis :

IL n’y a que les asiatiques et particulièrement les japonais pour écrire ce genre de roman un peu excentrique au premier abord mais qui finalement se révèle très simple et profond.

Alors il est vrai que passé la magie de la découverte du livre, j’ai commencé à m’ennuyer assez rapidement sur cette lecture comme je le disais dans la page 100. La première partie s’étalant un peu trop dans le train-train quotidien de Sumire et Hibari, où, il faut bien dire qu’il ne se passe pas grand-chose et où les personnages restent un peu trop nébuleux à mon goût.

Néanmoins, passé toute cette partie de présentation et de train-train, au moment où Ruban prend son envol, le roman qui se transforme en nouvelle devient beaucoup plus intéressant à lire, car de là il possède une toute autre dimension. Une dimension plus furtive comme un vol d’oiseau, une profondeur plus proche de l’existence et de sa condition, avec ses surprises, ses bonheurs, ses déceptions, ses calmes et ainsi de suite.

A ce moment précis des nouvelles, c’est avec plaisir que j’ai quitté le monde intérieur d’une petite fille, pour toucher plus vastement celui de la vie humaine et ses vicissitudes plus graves. Néanmoins les retrouver sur la fin m’a énormément plu, car Sumire et Hibari ont quitté ce côté brumeux et inaccessibles, pour devenir plus réelles, plus mûres.

Bref. « Le ruban » d’Ito Ogawa, fait typiquement partie des romans qui enchantent, qui touchent (j’ai eu des fois ma larme à l’œil) le lecteur par sa simplicité et sa profondeur.

Mais au-delà de ça, « Le ruban » c’est aussi un roman où l’occident et l’extrême orient s’entremêlent, et c’est une autre partie de ce livre que j’ai adoré, puisque j’ai trouvé ce Japon occidental qui a les mêmes préoccupations que nous, mélangé à cet esprit calme et lucide qui sculpte la culture et l’identité du Japon. Personnellement j’ai vraiment senti et apprécié leur lucidité sur la condition humaine, qui est notamment magnifiquement représentée par les quelques phrases sur la rose. Et ça ma doublement plu car déjà je suis très proche de cette manière de vivre et de pensée, mais aussi parce que ça change des romans occidentaux que j’ai l’habitude de lire, et où tout a une fâcheuse tendance à tout se transformer en drame de fin du monde.

Dernier point qui m’a enchantée dans ce livre, le message qu’il comporte. A savoir cette idée que le bonheur ne doit pas être égoïste et prisonnier, qu’il faut savoir le laisser voler de ses propres ailes quand le jour sera venu. C'est une très belle leçon je trouve, et ça m'a beaucoup plu de la voir. D’ailleurs ce livre m’a rappelé ces quelques vers de William Blake que je trouvais très approprié :

 Qui veut lier à lui-même une joie

De la vie brise les ailes.

Qui embrasse la joie dans son vol

Dans l’aurore de l’éternité demeure

Enfin bref, c’est vraiment un livre que je recommande pour sa vision de la vie, ses blessures et ses guérisons. Pour cet espoir, cette lumière que représente cet oiseau. Pour ce fil ténu qui relie l’invisible au visible. Pour faire simple ce livre c’est une bulle de coton. Je suis conquise !

 

D'autres avis ici.

19 février 2014

"Calcutta" de Shumona Sinha

"Calcutta" de Shumona Sinha

calcutta roman

Résumé :

«Trisha ne reconnaît plus le ciel de sa ville. En plein jour la lumière lui semble estompée, tachetée de noir.»
La jeune femme sait depuis toujours qu'il faut se méfier de l'obscurité. Cette ville, dans laquelle elle revient pour assister à la crémation de son père, c'est Calcutta. Elle y retrouve le quartier, la maison, les meubles et les objets de son enfance, et tout la bouleverse. Elle se souvient que l'huile d'hibiscus était un remède pour adoucir la folie de sa mère et que la couette rouge remisée au grenier cachait l'arme de son père communiste.

Dans ce roman à l'écriture puissante, Shumona Sinha revisite à travers l'histoire d'une famille les violences politiques d'un pays qui est le sien, le Bengale occidental.

Mon avis :

Trisha revient à la mort de son père Shankhya dans la maison de son enfance. Anonyme parmi les anonymes, seulement accompagné de ses souvenirs, elle se remémore la famille un peu étrange qui est la sienne et des évènements politiques qui ont plus ou moins marqué sa famille en même temps que son pays ; le communisme, le fanatisme religieux, Indira Gandhi
Bien que tout cela soient seulement effleurés, Trisha va nous emmener loin dans son histoire familiale pour nous faire découvrir ; la folie de sa mère et sa dépression sans fond qui connait des périodes de temps calme, son père communiste, anti-religieux et qui vit tant bien que mal avec la maladie de sa femme, ainsi que sa grand-mère Annapurna, veuve exemplaire, devenue infirme suite à un accident.

A travers le décor qui se trouve loin des clichés de l’Inde ; nous allons découvrir les incompréhensions, les peurs, les inquiétudes, les attentes, les doutes, de cette famille. Des personnages qui vivent dans une certaine pudeur, un certain éloignement, qui les empêche de véritablement se comprendre.

D’une plume simple où perce la nostalgie, l’affection, l’éloignement, Shumona Sinha nous transporte dans une autre époque où présent et passé se confondent, et d’autres habitudes où rien ne ressemble à ici. A lire pour l'errance de l'âme humaine et la découverte.

 Je remercie en passant les éditions de l'Olivier.

Posté par Florell à 08:52 - Littérature - Commentaires [0] - Permalien [#]
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