Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

18 octobre 2019

"Histoires des Pays d'Or : tome II" de Jean Marcel

Histoires des Pays d'Or : tome II de Jean Marcel

Source: Externe

Résumé :

Entre fables et contes, ces courts récits, empruntés au patrimoine mythologique du Siam, de la Birmanie, du Laos, du Vietnam et du Cambodge, nous emmènent joyeusement et pour notre plus grand bonheur dans un monde de légendes.
Nous voilà replongés au royaume de notre enfance, des amours contrariées de belles princesses, des valeureux princes, des animaux rusés ou cruels, grâce à ces textes drôles, voire espiègles, à la chute étudiée, qui mettent à notre portée les clés de l’imaginaire sud-est asiatique.

« Entre les sables blancs, les ondes bleues, le ciel azur et les îles au loin ombrées de jade, elle a bien fière allure sur son caillou de soleil. Toute d’argent et de grâces, elle lisse lentement sa longue chevelure dans un geste qui pourrait être un reste d’éternité. La première fois qu’on la voit, si l’on vient d’Occident, on croit qu’elle est propre à évoquer la petite sirène d’Andersen, égarée en ces parages exotiques... »
La sirène de Songkhla.

Jean Marcel est médiéviste, essayiste et romancier.
Après une prolifique carrière universitaire en qualité d’enseignant et de chercheur, il a fait de la Thaïlande son pays d’adoption, où il continue aujourd’hui sa réflexion et son oeuvre pour laquelle il a reçu plusieurs prix littéraires.

Mon avis :

En premier lieu, je tiens à dire qu’Histoires des pays d’or est un livre qui a une apparence fort jolie mais trompeuse. En effet, quand j’ai vu qu’il était illustré, j’imaginais qu’il était illustré comme la couverture et non « grossièrement » aux crayons à papier. Ce ne fut pas le cas. Grosse déception.

Toutefois, passé cette petite contrariété, je me suis lancé dans sa lecture, et je dois dire que je n’ai pas été déçue dans l’ensemble ; car les histoires assez courtes, sont toutes différentes et possèdent chacune leur morale et leur personnalité qui fait que je me suis souvent retrouvée partagée entre la « peine » et l’émerveillement.

En outre, et outre le fait que l’auteur nous raconte des contes d’autres contrées avec leur merveille, leur magie, leur mystère, leur peine, etc. ; j’ai apprécié mais sans trop, les petites touches personnelles que Jean Marcel a inséré dans ces textes. Des touches personnelles, qui vont de la référence à nos contes à des petites réflexions bien senties comme dans l’histoire Le pas du Bouddha, qui certes surprennent au premier abord il est vrai, mais sur lesquelles on passe assez vite étant donné que parfois ça rajoute un petit truc en plus. Bien que certaine fois ça casse quelquefois un peu l’exotisme, en effet il y a des emplois peu poétiques comme dans la première histoire. Je ne vous cache pas que ça pique un peu au mot « fringue » nippe me semblait par exemple plus approprié. Mais bon.

En résumé, le contenant est un peu décevant (oui j’en reviens à mes dessins), mais le contenu est agréable. Un beau moment en Asie.

Merci aux éditions Gope et Babelio.


24 juin 2016

"Le cantique des oiseaux" de Farid od-dîn 'Attar

Le cantique des oiseaux de Farid od-dîn 'Attar

le cantique des oiseaux

Résumé :

Le Cantique des oiseaux, poème écrit en persan à la fin du siècle, chante le voyage de milliers d'oiseaux en quête de Sîmorgh, manifestation visible du Divin. La huppe, messagère de Salomon, les guide et les encourage en leur racontant des histoires de sagesse puisées parmi les classiques de la littérature profane ou inspirées du Coran. Chef-d'oeuvre de poésie mystique, Le Cantique des oiseaux est un récit initiatique : chacun peut voir dans les oiseaux le reflet de lui-même, à travers le prisme de ses propres expériences et de ses quêtes intimes. Chacun peut se perdre dans les sept vallées traversées par les oiseaux, pour mieux se retrouver. La traduction de Leili Anvar parvient par son souffle à rendre cette ascension spirituelle lumineuse, vibrante et universelle, fidèle à la lettre et à l'esprit d'Attâr.

Mon avis :

C’est un livre, un gros livre qui recueille un long poème qui mélange épisodes religieux et l’histoire des oiseaux qui doivent affronter diverses épreuves pour se libérer et se découvrir à Dieu.

C’est donc un livre qui se veut initiatique, qui cherche à donner des leçons dans un souci de libérer l’homme de son malheur et de le rendre meilleur. Cela est beau, c’est un fait l’intention est louable, mais la trop grande présence de la religion m’a bloquée dans le voyage que j’ai finalement fait d’une manière quasiment superficielle. En effet, le fait que l’homme doit automatiquement passé par Dieu pour être libre et beau me dérange énormément, tout comme l’idée qui veut que Dieu soit à l’essence de toute chose, et ceci même si le texte date du 12ième siècle.

En fait ce n’est pas une surprise de voir la trop grande présence de Dieu ici, ce texte est à forte tendance soufisme donc c’est logique, mais pour la personne du 21ème siècle et l’athée que je suis j’ai malgré tout eu du mal à faire l’impasse sur mes sentiments et me plonger dans ce livre entièrement sans rire de cette naïveté divine. Honnêtement je pense que c’est une épreuve de le lire pour quelqu’un qui croit que la nature humaine peut arriver à être libre et parfaite sans Dieu. Mais j’ai tenté.
Outre cela ce livre est quand même très beau à lire, il est évident que le but, même si je déplore Dieu et parfois la manière et la solution, est tout à fait honorable. Cela étant c’est vrai qu’il est un peu dur à lire, car il est rédigé entièrement en vers et en plus il est très long. Ce n’est vraiment pas un livre qui se lit comme un roman, comme toute poésie il faut du temps, des pauses, et je pense aussi un certain état d’esprit (que je n’avais probablement pas ( ?)).

Là je parle de l’écriture, mais à regarder ce livre est magnifique. Alors je ne suis pas forcément fan de tous les dessins, car ils ne sont pas forcément tous bien dessinés surtout si on compare avec l’art occidental à certaines époques (l’inverse peut marcher aussi), cependant j’ai retrouvé une forte influence chinoise dedans qui m’a beaucoup plu, qui m’a invitée aux voyages et aux merveilles - même si aucun art au monde ne surpassera pour moi l’art chinois.
En fait, le fait que les dessins soient vieux fait déjà tout le charme même si imparfait. En effet ses dessins sont déjà des trésors par leur âge et je ne peux que remercier les éditions Diane de Selliers de les faire découvrir et d’en orner ce livre, et ainsi d’en faire son écrin. Surtout qu’ils sont accompagnés de petites histoires très instructives.

Bref. Je ne suis pas certaine d’avoir parlé de ce livre comme il le fallait, un certain point de vue personnel me l’a gâché, mais pour sa culture, par curiosité ou autre, il est à lire. Et peut-être qu’un jour je le retenterai.

Je remercie les éditions Diane de Selliers et Babelio.