Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

30 juillet 2018

"Du destin des parques : Indochine 1932-1955" de Olivier Nourry

Du destin des parques : Indochine 1932-1955 de Olivier Nourry

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Résumé :

Le 6 septembre 1939, les vies de Paul Nguyen, de Charles Gabioni et de Jean Darrecourt vont être bouleversées.

Amis d’enfance, ils ont 17 ans quand la guerre éclate. C’est à Saïgon, à 12?000 kilomètres de la Métropole, qu’ils apprennent la mobilisation générale. Incrédules, en juin 40, ils suivent à la radio l’invasion des troupes de l’Axe qui emportent leurs illusions de jeunes patriotes.
Paul, un Eurasien qui a grandi à Marseille, Charles, le fils d’un riche colon de l’Annam, Jean, dont le père est pilote sur la rivière Saïgon, se trouvent propulsés dans l’âge adulte. Leur amitié résistera-t-elle à leurs engagements politiques opposés??
Ils vont subir, chacun de leur côté, la violence de l’invasion et de l’occupation japonaise sur l’Asie du sud-est et seront témoins des années dramatiques que connaîtra l’Indochine de 1940 jusqu’à la chute de Diên Biên Phu en 1954. Au milieu des tensions politiques et des tergiversations des gouvernements en Métropole, les trois amis vont assister, impuissants mais révoltés, à la lente et cruelle dérive de la colonie française qui se dirige vers l’aventure communiste.
Des scènes d’une époque révolue, des actions tragiques et poignantes se fondent dans les paysages somptueux du Nord Laos, de l’Annam et du Haut-Tonkin.

Un roman historique très documenté sur un épisode marquant du XXe siècle !

Mon avis :

Encore un livre qui se passe pour une bonne partie en Asie lors de la Seconde Guerre mondiale. Décidément mes lectures se suivent pas mal en ce moment ! L'histoire est cependant différente du Don de la pluie, puisqu'il est question ici de 3 amis et de la difficulté de garder un lien lors d'une période charnière de l'histoire quand les opinions divergent. Outre cela, ça parle aussi d'amour, de courage, d'épreuve physique et morale, de valeur... d'un tas de sujet sur la nature humaine et plus, et dont la guerre est un excellent révélateur. 
Bref ! Ce roman parle d'un tas de sujet, et c'est une fresque humaine grandiose et une histoire riche que nous offre Olivier Nourry. Riche en aventure, en questionnement, en personnage, mais surtout riche historiquement. L'auteur a vraiment potassé son sujet, et c'est un réel plaisir de lire ce livre qui nous parle de la Seconde Guerre mondiale ailleurs. Tout est parfait... ou presque.
Pour seul bémol je dénoncerai sa longueur, je ne sais pas encore - malgré la qualité historique -, s'il était vraiment nécessaire d'aller jusqu'à la guerre de décolonisation. L'auteur aurait pu, je pense, s'arrêter à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais à part cela, je n'ai rien à dire de plus, c'est un livre historiquement intéressant avec une bibliographie en fin d'ouvrage des plus intéressante.

Merci aux éditions Glyphe.

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27 juillet 2018

"Un petit carnet rouge" de Sofia Lundberg

Un petit carnet rouge de Sofia Lundberg

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Résumé :

À 96 ans, Doris habite seule à Stockholm. Elle n’a plus aucune famille  si ce n’est une petite-nièce qui vit aux États-Unis. Son bien le plus  précieux est un carnet d’adresses, qu’elle possède depuis 1928. Ce  calepin rouge contient le souvenir des gens qu’elle a rencontrés au  fil de son existence, et dont elle a rayé les noms à mesure qu’ils ont  quitté ce monde.
De l’excentrique bourgeoise pour qui elle a travaillé enfant à l’amour  de sa vie rencontré à Paris, de la veuve qui lui a appris l’anglais sur le  bateau l’emmenant à New York aux plus grands couturiers français  qui l’ont vue défiler, de l’artiste suédois devenu son confident à sa  propre soeur, au destin douloureux, l’existence de Doris est une  épopée romantique, tragique et émouvante.
Une histoire de famille et de transmission merveilleuse et bouleversante.

Mon avis :

"La vie est rarement passionnante sur le moment. Elle est juste compliquée. Ses reliefs apparaissent avec le recul. Beaucoup plus tard"

      Bien avant le résumé, c’est la belle couverture pleine d’écriture qui m’a donnée envie de lire le livre. Belle écriture manuscrite, timbres d’époque, tampons de poste, cette dernière rappelle ce temps où recevoir une lettre faisait plaisir et était attendue comme le messie.
      Mais un livre ne s’arrête pas à sa couverture, un livre continue avec son résumé. Pour ce dernier le charme n’était cependant pas au rendez-vous. Trop fleur bleu pour moi, le résumé ne me donnait pas vraiment envie, mais quand on me l’a proposé j’ai dit oui quand même, car même sans me plaire il me parlait un peu avec ces noms qui défilent et se rayent avec le temps.
     Un livre se finit avec son histoire… et c’était je dois dire et contre toute attente une belle histoire. Un peu trop exagérée il est vrai, mais quand même pleine d’émotion et j’ai passé un excellent moment. Cette histoire de carnet rouge, témoin d’une existence parmi d’autre, souvenir d’une mémoire qui s’efface et d’une vie sur le point de disparaître, ça parle forcément à tout le monde. Surtout à moi qui ait une tendance à me demander ce que deviennent les gens.

     Enfin bon, c’était une belle histoire. Il y avait de tout dans cette histoire, de l’émotion, des rires, des joies, des doutes, des pleurs, des ratés, une fin attendue (un peu), des personnages variés allant du sympathique au détestable. Un mélange habituel.
Après, ce n’est pas la lecture du siècle, mais ça se lit bien et c’est idéal pour cet été ; et peut-être bien qu'il y a une belle leçon de transmission à retenir.

     En résumé, c'est une sublime couverture qui cache une belle histoire. Pas l'histoire du siècle, mais quelques belles erreurs et quelques regrets qui donnent toute la dimension nécessaire à ce livre et nous ramènent à l'essentiel. Un livre à lire.

Merci aux éditions Calmann Levy.

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18 juillet 2018

"Le don de la pluie" de Tan Twan Eng

Le don de la pluie de Tan Twan Eng

le don de la pluie

Résumé :

État de Penang, Malaisie, 1939. Philip, un adolescent d’origine anglo-chinoise, rencontre Endo, un diplomate nippon qui lui apprend l’art de l’aïkido. Alors que la guerre menace et que les Japonais envahissent le pays, le jeune homme se retrouve déchiré entre son amitié pour son nouveau maître et sa loyauté envers sa famille ainsi que son pays. Hanté par la prophétie d’une vieille devineresse, Philip tente de tracer sa route sur les chemins périlleux et parfois obscurs de la guerre.

Tour à tour roman d’espionnage et roman d’apprentissage, Le Don de la pluie oppose la vision orientale d’un destin tout tracé à la vision occidentale du choix et de la liberté, et nous fait voyager à travers les temples magiques et les forêts tropicales interdites de la Malaisie.

Mon avis :

C'est une histoire pleine de bruit et de fureur.
C’est une histoire entre un sensei et son élève.
C’est une histoire entre un japonais et un jeune métis en Malaisie.
C’est une histoire terrible car c’est pendant la guerre ; et rien, des actions, des choix, ne pouvait changer l’issue de cette histoire.
Du libre arbitre à la route toute tracée, ce livre, c’est l’histoire de deux visions et deux vies qui se croisent et s’affrontent. C’est une histoire terrible, douloureuse, mais magnifique.
Honnêtement, je ne m’attendais pas à l’aimer autant, j’avais flashé sur l’écriture bien avant le résumé, mais c’est pourtant toute imprégnée de cette relation étrange, de cette dichotomie sur la vision de la vie, que je viens de fermer ce livre.

     L’histoire a pour contexte la seconde Guerre mondiale en Malaisie et en Asie. Le Japon est à l’époque belliqueux et cruel, et dans ce contexte deux hommes se rencontrent et nouent une relation. Seulement, le Japon est un pays ennemi, de fait la relation du jeune Philip Hutton avec un diplomate japonais Endo-San est mal vue et venue, et beaucoup la critique. Et même si certains comprennent cette amitié et les bénéfices sur le jeune Philip, il leur est malgré tout difficile pour eux de comprendre la place qu’elle prend dans sa vie. Qu’elle prend aussi dans cette Malaisie en guerre abandonnée par les Anglais, et dans cette Malaisie en souffrance et occupée où les japonais n’ont rien à envier aux allemands niveau atrocité. Oui, c'est une histoire compliquée.
     Pour être franche, cette relation est aussi difficilement compréhensible par le lecteur, car elle s’approcherait presque d’une histoire d’amour insensée et malsaine devant les faits implacables de Endo-San. Mais pourtant, cette incompréhension qui m’a été donné par l’auteur, c’est pour moi la réussite de cette histoire, car avec ce livre le lecteur est ici quasiment un personnage. Il réagit à peu de chose près de la même manière que les protagonistes du livre, et même quand on apprend au fil des pages, que c’est une histoire sur plusieurs vies et qu’il faut qu’elle finisse, que c’est le destin qui agit et que chacun a ses raisons d’agir, l’attachement de Philip pour Endo-San reste quand même incompréhensible par moment, et ceci même si on n’a l’avantage de tout savoir.
Comme on le voit, ce roman ce n’est pas que l’histoire d’un malheur annoncé, c’est aussi beaucoup d'ambiguïté y compris pour le lecteur. Rien n’est clair, rien n’est gagné d’avance, puisque l’auteur joue énormément sur les sacrifices, avec la mort, sur ces faits et ces sentiments qui nous échappent et nous obligent à quelques actions - et pas toujours les bonnes d’un point de vue ou d’un autre.
Bref. C’est vraiment un roman puissant qui nous entraîne on ne sait où, et pour ma part ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre où je suis quasiment logée à la même enseigne que les perso. Et ça, je ne risque pas de m’en plaindre !

     Enfin, un autre atout de ces lignes (que j’ai vite abordé quelques lignes plus haut), c’est que ce livre réunit à une histoire, l’Histoire de la Malaisie à cette époque ; et même si tout n’est pas vrai, par exemple sur la Chine, j’ai apprécié découvrir la seconde Guerre mondiale de ce côté-ci du globe. Ca change des mêmes histoires que l'on raconte ici, et que d’ailleurs je ne lis plus car c’est toujours la même chose et que c’est chiant. Voilà, en plus de l’histoire, le contexte, bien que terrible, vaut le détour par ces pages car on apprend des choses et on ne peut pas se plaindre de ça.

     En conclusion, je n’ai rien à dire de mauvais sur ce livre. Oui il est épais, oui ce n’est pas une lecture facile, oui c’est philosophique, oui c'est triste, mais c’est tellement bien raconté, dosé, profond et beau, que je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Pour tout ce qu’il raconte et nous apprend, on doit le lire.

Merci aux éditions Flammarion.

 

EXTRAITS : "Les jeunes ont des espoirs et des rêves, alors que les vieillards n'en conservent que les vestiges et se demandent ce qui est arrivé à leur vie"

"Mes anciens disciples m'appelaient parfois pour tenter de me convaincre de retourner dans ce monde, mais je refusais en leur disant que j'avais renoncé au fleuve et au lac, adoptant ainsi une expression cantonaise - toi chut kong woo - qu'on applique aux guerriers ayant quitté volontairement leur univers de violence pour chercher la paix."

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07 juillet 2018

Création nouveau blog : Encre d'époque

 

Coucou à tous,

Voici une nouvelle pas du tout attendue, la création de mon nouveau blog en parallèle à Flûte de Paon ;
Encre d'époque.


Ce nouveau blog sera axé sur l'histoire et l'actu.

Flûte de Paon fonctionne toujours of course, mais j'ai eu envie de séparer certaines lectures.
Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais c'est pas grave. ^^

Voilà les gens, bonne lecture :)

Blog : Encre d'époque

http://encreenpapier.canalblog.com/

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06 juillet 2018

"Le plan Rita" de Helen Friel & Ian Friel

Le plan Rita de Helen Friel & Ian Friel

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Résumé :

Te voilà !
Je m'appelle Rita et nous avons besoin de toi! Armand Songes a disparu et le célèbre parc d'attractions de l'île des Songes est en danger. Au début, nous étions affolés, mais nous avons vite élaboré ce que j'appelle le «Plan Rita». Armand ne nous a laissé que ce carnet rempli d'énigmes. Nous n'y comprenons pas grand-chose pour l'instant mais on compte sur toi pour nous aider.
Allez. En route pour l'aventure. Le destin de l'île des Songes dépend de toi!

Mon avis :

Un petit nécessaire sous la main (crayon, feuille de papier, miroir…) et hop c’est partie pour jouer les détectives en herbe.
Accompagné d’une loupe, d'une carte et de Rita, le but de ce livre est d'aider le disparu Mr. Songe et de sauver son parc en danger.
Pour se faire, c'est très simple, il va falloir résoudre plusieurs énigmes qui nous baladerons d'une page à l'autre via l'aide de la carte, et rester aussi vigilant et attentif car il n'y a pas qu'un mystère...
C'est donc avec Rita et d'autres compagnons animaux, que je suis partie un après-midi sur les routes du mystère de Songe... 

Dans l'ensemble, j'ai trouvé ce livre pas mal. Pour ma part n'étant pas coutumière du genre, et même si je me doute que ce n'est pas nouveau, j'ai apprécié le principe du livre qui fait que l'enquête ne suit pas l'ordre des pages et suit plutôt l'ordre donné par la carte. J'ai apprécié aussi, le fait que les pages ne contiennent pas forcément qu'une seule énigme, mais au contraire plusieurs petits jeux à résoudre de diverses manières. Enfin, dernier point positif, ce livre se parcourt agréablement grâce à la diversité des médias (article, lettre, journal...) qui servent à raconter l'histoire et les personnages.

Bref ! Dans l'ensemble, j'ai trouvé que c'était un livre pas mal du tout, qui occupera assez bien un enfant et le fera réfléchir tout en s'amusant, et moi-même je me suis bien détendue avec.

Cela étant, j'ai un petit point à critiquer quand même. Trois fois rien, mais c'est un peu l'élément qui m'a rebutée ; la couleur. Je n'ai en effet pas trouvé les couleurs agréables, le rouge, le bleu et le gris pour moi ça se marient très mal, du coup ce livre a un peu un côté déplaisant qui fait qu'on ne voudrait pas l'ouvrir, et je me dis que pour un enfant ce choix de couleur n'était peut-être pas l'idéal, car ça donne un côté tristounet. Mais ça reste mon avis.

Quoi qu'il en soit et malgré tout, pour un enfant je pense que c'est quand même un livre sympa, car réflexif tout en jouant, et malgré la couleur je conseille cette enquête originale qui nous balade d'un point à l'autre du livre.

Editions Flammarion Jeunesse.


27 juin 2018

"Les contes et légendes du Vercors et du pays des quatre montagnes" de Claude Ferradou

Les contes et légendes du Vercors et du pays des quatre montagnes de Claude Ferradou

contes et légendes du vercors

Résumé :

Il n’existe à notre connaissance dans les bibliothèques, aucun recueil ancien publié de contes propres au terroir du Vercors, avant le travail remarquable de collectage publié par le Parc Naturel Régional en 1997, et réédité depuis.

« Ce pays fermé, haut dressé sur les plaines passagères, fait de gorges, de défilés, d’escarpements abrupts, de grottes, de forêts épaisses, de rivières encaissées bouillonnantes et vertes, de déserts criblés de trous, ce pays n’a donné naissance à aucune légende  » comme le regrettait Jean Noaro dans sa « Découverte du Vercors » (1979).

Et pourtant…  » Si l’on cédait à la tentation de parler du beau en ce pays, on ferait des volumes. » ainsi que l’a écrit Stendhal dans les « Mémoires d’un touriste ».

Que faire alors pour faire vivre dans notre mémoire collective et dans celle de nos enfants qui deviendra un jour la nôtre, cette grande nef de pierre et de nature foisonnante posée sous l’océan du ciel…?

Le dessein est audacieux : il faut, comme d’autres l’ont si bien fait avant nous, retrouver ou alors réinventer de toutes pièces ce répertoire si rare, à partir des sources orales ou écrites qui restent disponibles. Tel est le projet de Claude FERRADOU membre de la Société des écrivains dauphinois, à partir de souvenirs épars des veillées d’autrefois mais aussi de vieux grimoires notariés ou de notes oubliées d’un curé sur son registre mortuaire…

Il nous présente aujourd’hui quelques-uns de ces contes et nouvelles oubliés qui sont l’âme du pays du Vercors et des Quatre montagnes et de tous ceux qui l’ont habité.

Mon avis :

Les contes et légendes du Vercors et du pays des quatre montagnes, était un livre qui m’intéressé car la Matheysine ce n’est pas forcément loin du Vercors, en tout cas les noms me parlaient. Mais le livre un peu moins hélas… car en effet, je n’ai pas vraiment accroché aux histoires, pas plus qu’au style de l’auteur. (Et je ne parle même pas du patois.)

J’étais pourtant sûre que ça allait me plaire, car j’apprécie énormément la démarche de l’auteur qui a écrit ce bouquin dans l’optique de faire revivre la mémoire orale et régionale, là chose mérite vraiment d’être saluée et applaudi car la démarche est belle ! Mais hélas, je me rends compte, que la démarche ne suffit pas à faire un bon bouquin… Personnellement, le style m’a vraiment rebutée. Les descriptions sur plusieurs lignes (et qui n’apportent rien), l’écriture plate qui n’a pas la saveur du conte, de la veillé que j’imaginais, ont pour moi  gâché le projet de l’auteur, tout comme le choix des histoires. En effet, le choix des histoires ne fut pas formidable à mon humble avis, certaines m’ont bien plu, il y en a vraiment qui sont sympathiques comme L’œil de Divona et La demi-brebis, mais alors d’autres, je me suis demandé pourquoi elles y étaient, comme par exemple La vache gourmande ou encore Le Cabouchon. Certes, elles racontent une époque, une mentalité, une mémoire, mais force est de constater que ça ne suffit pas toujours.

Bref ! Vous l’aurez compris, je n’ai pas été tant emballée par ce livre, même si dedans il y a des histoires agréables ; cela étant, et même s’il me laisse mitigé, je sais qu’il peut plaire à d’autre, donc si la région vous intéresse ou la démarche de l’auteur, allez-y, tentez-le parce que y a du bon aussi (cf. avis sur Amazon). Et de toute manière la démarche mérite vraiment la peine de lire ce livre, car c'est notre mémoire et notre histoire.

Merci aux éditions Marivoles.

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25 juin 2018

"Essais sur l'histoire de la mort en occident" de Philippe Ariès

Essais sur l'histoire de la mort en occident de Philippe Ariès

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Résumé :

Dans cette série d'essais visant à retracer l'évolution des attitudes devant la mort de l'homme occidental, Philippe Ariès se situe à la limite du biologique et du culturel, au niveau de l'inconscient collectif. L'ouvrage commence à l'époque du Moyen Âge, au temps de la "mort apprivoisée", où aucune crainte n'accompagnait son spectacle chez les vivants et où le cimetière servait souvent de lieu de sociabilité, de danse et de commerce. Puis, l'art et la littérature des débuts de l'époque moderne commencent à associer Éros et Thanatos, dans une complaisance extrême à l'égard de la souffrance et de la mort, jusqu'à ce que le romantisme ne laisse subsister que la seule beauté sublimée du mort, en la dépouillant de ses connotations érotiques. Au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, commence alors ce vaste mouvement de refoulement qui mène jusqu'à nous, où la mort se voit frappée d'interdit, n'étant plus que très rarement représentée. --Hervé Mazurel

Top chrono :

J'ai beaucoup apprécié l'époque médiévale, moderne, mais dès le contemporain ça me plaisait moins. De plus les articles datent assez, alors est-ce que les conclusions sont toujours d'actu ?
Sinon j'ai aussi apprécié voir comment il visualisait le 18ème siècle, pour beaucoup d'historien la déchristianisation qui commençait, mais pour lui c'était avant tout le symbole de la confiance naissante entre les divers membres de la famille.
A lire c'est une évidence, mais à voir s'il n'existe pas des études plus récentes aussi, notamment sur les questions archéologiques, archives et approche des mentalités.
Je ne dis pas que c'est mauvais, loin de là ! Mais vaut mieux compléter vu que les articles ne sont pas récents.

Extraits : "Le testament a donc été complètement laïcisé au 18ème s.
Comment expliquer ce phénomène ? On a pensé (thèse de M. Vovelle) que cette laïcisation était l'un des signes de la déchristianisation de la société.
Je proposerai une autre explication : le testataire a séparé ses volontés concernant la dévolution de sa fortune de celles que lui inspiraient sa sensibilité, sa piété, ses affections. Les premiers étaient toujours consignées dans le testament. Les autres furent désormais communiquées oralement aux proches à la famille, conjoint ou enfants. On ne doit pas oublier les grandes transformations de la famille qui ont abouti alors au 18ème s. à des relations nouvelles fondées sur le sentiment, l'affection. Désormais, le "gisant au lit, malade" témoignait à l'égard de ses proches d'une confiance qu'il leur avait généralement refusée jusqu'à la fin du 17èmesiècle ! Il n'était plus nécessaire désormais de les lier par un acte juridique."


"A partir du 16ème, et même à la fin 15ème, nous voyons les thèmes de la mort se charger d'un sens érotique. Ainsi dans les danses macabres les plus anciennes, c’est à peine si la mort touchait le vif pour l'avertir et le désigner. Dans la nouvelle iconographie du 16ème siècle, elle le viole. Du 16ème au 18ème siècle, d'innombrables scènes ou motifs, dans l'art et dans la littérature, associent la mort à l'amour, Thanatos et Eros : thèmes érotico-macabres, ou thèmes simplement morbides, qui témoignent d'une complaisance extrêmes aux spectacles de la mort, de la souffrance, des supplices.
[...]
Comme l'acte sexuel, la mort est désormais de plus en plus considérée comme une transgression qui arrache l'homme à sa vie quotidienne, à sa société raisonnable, à son travail monotone, pour le soumettre à un paroxysme et le jeter alors dans un monde irrationnel, violent et cruel. Comme l'acte sexuel chez le marquis de Sade, la mort est une rupture. Or, notons-le bien, cette idée de rupture est tout à fait nouvelle. Dans nos précédents exposés nous avons voulu au contraire insister sur la familiarité avec la mort et avec les morts."

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15 juin 2018

"Damalis" de Marie Barthelet

Damalis de Marie Barthelet

damalis

Résumé :

VIIe siècle avant Jésus-Christ. Fils de chef promis à un avenir glorieux, un jeune Thrace perd soudain tous les siens dans un véritable massacre. Il est alors vendu comme esclave à une famille d'aristocrates grecs. Une vie qu'il n'aurait jamais dû vivre et qu'il n'aurait jamais imaginée, commence pour lui... Damalis, deuxième roman de Marie Barthelet, est une véritable épopée. Aventure, fureur et passion sont au rendez-vous. Marie Barthelet est animatrice du patrimoine et responsable du musée de la Charité-sur-Loire. Ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

Mon avis :

Damalis, c’est une histoire d’esclave, de plusieurs amours, de politique, d’évolution, de complot… C’est aussi une histoire qui se déroule sur plusieurs années. Sans surprise cela vous annonce un pavé en perspective, un gros pavé de plus de 600 pages, où l’autrice va prendre son temps pour narrer l’aventure. Oh ! Ce n’est pas lent, les scènes, les péripéties s’enchaînent à une allure normale, mais faut avouer que le début est long et j’ai eu du mal à accrocher. Mais une fois passé le début, c’est-à-dire la capture et la vente de Damalis, tout va pour le mieux ensuite, car le monde du roman s’agrandit enfin ! S’agrandit, par l’approche politique de la cité et de la guerre, par l’apprentissage de Damalis, par les rencontres, etc., ce qui nous permet par la même occasion de voir différentes facettes de la vie dans une cité grecque. Alors on ne voit pas tout, et parfois c’est très rapide, mais on aborde tout de même la vie religieuse, les mœurs amoureuses, le commerce, les hétaïres… dans la Grèce antique.
Cela étant, tout n’est pas traité de manière  superficiel, en effet la condition d’esclave est par exemple très bien développée. Et c’est même le meilleur sujet développé, car l’autrice va bien mettre en avant qu’un esclave peut avoir une place excellente dans une maison, et parfois meilleure que celle des hommes libres ou des autres membres de l’oikos, et ce même si les maîtres ont le droit de vie et de mort sur ces derniers. De plus elle ne raconte pas que les bons côtés, en effet elle parle des châtiments corporels, de la soumission, de tout ce qui est déplaisant. A tout cela s’ajoute aussi l’étonnant, puisque les esclaves tissaient des liens affectifs avec leur maîtres. Un fait pas si étonnant en fait, vu qu’ils ne leur restaient rien à part cette condition et leur famille, même si parfois ils rêvaient peut-être d’autre chose. En fait pour moi ce livre est avant tout le reste, un excellent livre sur la condition d’esclave dans la Grèce antique. Bon, ce n’est pas un livre d’histoire mais c’est quand même une approche raisonnable, en tout cas je trouve, et pour ça il vaut le coup d’œil.

Au-delà de ce sujet d'esclave, je n’ai pas vraiment grand-chose à dire sur ce bouquin. C’est un livre qui se lit très bien passé la première partie, il donne à voir divers sentiments et diverses situations où on voit les personnages évoluer. Il y a de la tension avec cette histoire de guerre et de trahison, il y a de l’incompréhension entre les personnages et donc des actions en fonction de cela. Bref ! Il y a vraiment de tout, et on remarque que l’autrice a bien su rebondir sur un fait, une parole, pour donner de la suite à son histoire, par exemple avec Iros qui comprend que l’esclavage c’est le sort des vaincus.

Bref ! Comme vous le devinez, c’est vraiment un roman construit et mûrement réfléchit, même si ce n’est pas le roman du siècle parce que ben tout ne m’a pas plu, la première partie est longue et certaines histoires comme celle de Nikanor me passait au-dessus de la tête (et fait exprès elle revenait souvent sur la table). Pour autant, c’est un roman qui vaut le détour parce qu’il aborde l’histoire grecque intime, celle de la population et surtout celle d’un esclave. Certes, c’est romancé, mais tout n’est pas éloigné de la réalité, voilà pourquoi il mérite sa chance.

Merci Babelio et Buchet-Chastel.

 

11 juin 2018

"Le son du silence" de H.J. Lim

Le son du silence de H.J. Lim

Source: Externe

Résumé :

Pianiste surdouée, H.J. Lim, issue d’une famille de la classe moyenne sud-coréenne, demande à ses parents d’aller en France pour perfectionner son jeu. Hébergée d’abord à Compiègne par une tante antipathique, elle subit le harcèlement des collégiennes qui la stigmatisent. Rejoint le conservatoire de Rouen, puis la capitale et le Conservatoire national, vit dans la précarité d’une immigrée qui doit régulièrement renouveler son visa. Loue un temps un garage de la banlieue parisienne pour répéter ses morceaux. Jamais elle ne cède au désespoir. Guidée par le bouddhisme et les paroles de son maître, l'enfant prodige a su se forger une personnalité hors norme et conquérir les grandes scènes internationales. Sa quête musicale et spirituelle est fascinante.
 
Lire H.J. Lim, c’est sentir le sang qui bat à travers les notes, à travers les mots  ; c’est comprendre intuitivement ce que peut être l’engagement jusqu’au bout de soi, pour l’art. Psychologies magazine. 

Avis express :

Un beau parcours et beaucoup de courage, c'est sûr, mais pour moi ça s'arrête-là. Son histoire ne m'a pas intéressée, trop personnelle et trop lyrique dans les idées qu'elle émet. J'avais l'impression parfois de lire un mauvais livre de philo, où les sensations, les rattachements et les attentes vis-à-vis de la musique étaient trop exagérés. Forcément, car je ne suis pas dedans - mais même sans ça, je trouve quand même les profondeurs philosophiques musicales lourdes.
Un autre problème, certes son histoire est belle, mais... elle n'intéresse qu'elle. Ce n'est pas le genre de récit qu'on peut étendre à plusieurs personnes, donc pour moi c'est un livre sans intérêt. C'est un parcours trop hors du commun, pour être commun.

Bref ! Un livre à passer.

(Lu dans le cadre du jury essai LDP 2018.)

29 mai 2018

"Le cas zéro" de Sarah Barukh

Le cas zéro de Sarah Barukh

Source: Externe

Résumé :

Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la  terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.

Mon avis :

Je pensais que c’était un premier roman, mais en fait ce n’est pas le cas. Je me suis faite cette réflexion car j’ai trouvé ce livre vraiment pas mal pour un premier roman, mais comme ce n’est pas un premier ceci s’explique sûrement grâce à ça.
Bref ! Comme vous le voyez à cette intro un peu bizarre, cette lecture me fut agréable dans l’ensemble. Cette enquête médicale faite par un médecin, qui dose à merveille les règles du genre, se boit comme du petit lait de manière générale ; il y a du suspense, du chantage, des menaces, de l’exclusion, un accident... en clair tout ce qu’il faut pour un bon roman qui pourtant ne comporte pas tant de suspense que ça. Néanmoins et comme on peut en avoir avec le lait, il peut y avoir quelques problèmes digestifs, ça peut peser lourd sur l’estomac… Et dans mon cas, tout ce qui concerne les à côté de l’histoire principale, étaient très lourds à lire. C’était très intéressants, parfois très émouvants, mais ils alourdissaient le livre énormément.
Certes c’est un excellent moyen pour donner de la profondeur à l’histoire, aux personnages, pour en faire découvrir d’autres et élargir le propos, et ça aurait pu être parfait malgré les petites répétitions. Mais, ça aurait pu être parfait, si… si à côté de ça l’investissement du docteur Laurent n’avait pas été exagéré pour un unique patient.
En effet, le livre aurait pu être parfait, car il mélange les codes du genre assez savamment et parce qu’il retranscrit assez bien les sentiments qu’inspiraient le sida à l’époque, à savoir l’incompréhension et la peur ; mais l’acharnement du Docteur Valensi à vouloir sauver un patient comme si rien d’autre ne comptait ou n’existait à côté, faut pas exagérer ça perd en crédibilité. Et faut encore moins exagérer avec un karma de merde, où le monde s’effondre et s’acharne sur un seul homme en l’espace de même pas 48 heures. Oui d’accord, ce court laps de temps complètement moisi rajoute de la tension, mais quand même, j’avais l’impression que pour un service surchargé le docteur Valensi n’avait qu’un patient au monde, et j’avais en plus l’impression que le mec n’était pas né pour la chance. (Avec autant de mouise en 48 heures, ma positon se comprend.) Et que dire des journées qui donnent l'impression de durer 50H et non 24H… Bref ! C'était parfois un peu exagéré.
Pour autant c’était un très bon livre et je l’ai lu avec intérêt dans l'ensemble.

En résumé, j'ai apprécié la manière dont le sida est abordé, cette peur et incompréhension des soignants qui ne savaient encore rien sur le mode de transmission et ne savaient pas quoi faire pour soigner, mais à côté j'ai moins bien aimé, ce côté de l’exclusivité du patient et tout ce qui va avec niveau acharnement et situation WTF, sans parler de la légende des essais cliniques et des apprentis sorciers. Mais malgré ces défauts, c’est un livre que je conseille parce que c'est réellement un bon moment de lecture.

Merci Babelio et Albin Michel.

Posté par Florell à 14:02 - Livre policier, thriller - Commentaires [0] - Permalien [#]
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