Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

02 mai 2015

"Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés" de Arto Paasilinna

"Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés" de Arto Paasilinna

arto paasilinna

Résumé :

Le très distingué professeur Surunen, membre finlandais d'Amnesty International, las de se contenter de signer des pétitions, décide de prendre les choses en main. Il s'en va personnellement délivrer les prisonniers politiques qu'il parraine en Macabraguay, petit pays d'Amérique centrale dirigé par un dictateur fasciste sanguinaire. Après le succès de l'évasion de cinq d'entre eux, et non sans avoir goûté à la en torture des geôles locales, Surun accompagne l'un de ses protégés jusqu'au paradis communiste, un pays d'Europe de l'Est baptisé la Vachardoslavie. Là, il découvre le triste sort d'une poignée de dissidents enfermés dans un asile psychiatrique, et s'emploie à les libérer à leur tour.
Revisitant à sa façon Tintin au pays des Soviets, Paasilinna renvoie dos à dos les dictatures de tous bords avec une ironie mordante et un sens du burlesque accompli.

Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l'auteur d'une trentaine de romans, pour la plupart traduits en français et publiés chez Denoël, qui ont toujours rencontré un vif succès critique et public.

Mon avis :

Roman assez rapide, ce Paasilinna va encore une fois nous surprendre par son côté rocambolesque et burlesque.

Ici nous allons donc suivre l’histoire de Surunen, qui décide un beau jour d’agir carrément sur le terrain des dictatures afin de libérer des prisonniers politiques - un en particulier - car rester derrière son bureau à signer des pétitions qui ne servent à rien commence à l’exaspérer.
Notre héros parti, ce livre va enchaîner les scènes où notre personnage rencontrera le danger et côtoiera la misère, tout en faisant à côté de cela des rencontres qui rajouteront une pointe d’originalité à ce roman déjà pas banal.

Mais  à travers ce roman étrange, c’est en fait les dictatures et leur mode de fonctionnement que l’auteur vise en premier lieu quand il dénonce notamment la misère de ces peuples, le système politique paranoïaque, la justice arbitraire, le mensonge et l’ignorance que ces dictateurs entretiennent, et ce dans l’unique but de rester en place.
Toutefois on remarquera assez vite que cet ouvrage n’est pas de toute première fraîcheur, vu que le contexte international est plutôt la guerre froide, mais cela n’est pas vraiment un problème non plus dans le sens où hier comme aujourd’hui les dictatures gardent la même ligne de conduite en général.

Autre chose que l’auteur « critique » dans ce livre, mais ça c’est plus rapide, c’est le jugement que l’auteur porte sur ces ONG internationales comme Amnesty International par exemple. Alors il ne les critique pas vraiment et il n’en parle pas méchamment non plus, mais à travers ses personnages, et déjà à travers la décision première de Surunen, il va montrer un peu l’inutilité de leur action, et ce passage page 132 est très parlant : « Surunen raconta qu’il était allé sur la place du palais présidentiel écouter le discours du général Ernesto de Pelegrini. « C’est un homme que les appels humanitaires n’émeuvent pas.
-         Je le crois volontiers. En tant que citoyen d’un pays nordique, tu ne comprends peut-être pas qu’il est vain, ici, de jouer sur la corde sensible de nos dirigeants. Les lettres et des pétitions ne sont d’aucune utilité.
-          Je ne suis plus aussi naïf. J’ai tué hier cinq tortionnaires du FDN. […] »

Cela dit, je dois admettre que ça n’a pas été le meilleur Paasilinna que j’ai lu. Ça se lit très bien, il y a des bons moments, mais ce n’est pas l’histoire que j’aurai envie de relire plus tard à l’inverse de La douce empoisonneuse par exemple. En effet je l'ai trouvé parfois un peu languissant et manquant de dynamisme, même si c'est un livre qui se finit sans problème.

En quelques mots, c'est du Paasilinna. C'est saugrenu, drôle, changeant, ça se lit très bien, mais pour moi ce n'est pas son meilleur.

Je remercie les éditions Denoël pour cette découverte.

 

Éditions Denoël
Nombre de page 324.
Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
Date de sortie le 02/04/2015

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30 avril 2015

Bilan avril 2015

 

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- Tiens ! Tu es revenue toi ?!

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- Pas vraiment. Moi qui pensais que tu avais mangé des champignons vénéneux. Fausse joie.

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- Moi aussi je m'aime.

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Pour en venir au bilan maintenant (c'est un peu le but de ce message), dans l'ensemble il n'a pas été trop mauvais malgré le fait que que je n'ai pas beaucoup lu - ça ne fait qu'un peu plus d'un mois que ma chatte est morte et je pense encore tous les jours à elle -, et malgré le fait qu'elles n'ont pas toujours été fabuleuses.

Livres lus :

1- Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde de Collectif (Avis très bientôt.)

2- Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés d'Arto Paasilinna (Avis demain.)

3- Vers l'aube de Dominic Cooper

4- Beijing coma de Ma Jian (Gros pavé de presque 900 pages, bien mais trop de longueur.)

5- Père Castor raconte ses contes du printemps de Collectif (Jeunesse)

6- Baguettes chinoises de Xinran (Excellent bouquin que je recommande.)

7- Un mariage en héritage de Ayelet Waldman

8- Voir des baleines de Javier de Isusi (BD)

Livres achetés :

AUCUN ! Alors j'avais bien prévu d'acheter le tome 16 du Donjon de Naheulbeuk mais je ne l'ai pas trouvé chez mon libraire, du coup ben pas d'achat ce mois-ci, mais en avril je pense qu'il y en aura un ou deux, dont cette BD. Après j'ai bien eu des partes ou des SP, mais ça ne compte pas en achat. :P

 

Bon mois de mai, mois du muguet.
Bonne lecture.

 

Page FB du blog pour me suivre en direct quand je n'ai pas la flemme ^^

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29 avril 2015

"Vers l'aube" de Dominic Cooper

"Vers l'aube" de Dominic Cooper

vers l'aube

Résumé :

Murdo Munro travaille dans les forêts de son île natale sur la côte ouest de l'Ecosse. Il s'est depuis longtemps résigné à sa solitude et à l'hostilité froide de sa femme, lorsque, le jour du mariage de sa fille, devant la perspective du face-à-face conjugal qui l'attend, il décide de brûler sa maison et de disparaître.
Munro marche dans cette forêt qu'il aime, monte dans un bateau et va rejoindre la ferme de sa soeur. Après des semaines vécues dans la crainte d'être rattrapé, il décide de faire face à ses responsabilités.
L'écriture est extraordinaire aussi bien dans l'évocation puissante de la nature que dans le reflet du tourment intérieur qui ronge le personnage. Dominic Cooper écrit un livre magnifique sur l'errance, sur la difficulté d'être soi quand les autres ne vous connaissent pas tel que vous êtes et vous font exister à l'inverse de ce que vous voudriez vivre. Dans ce livre rare et poignant, l'auteur du Coeur de l'hiver confirme son originalité profonde et son talent d'écrivain en prise avec la nature.

Mon avis :

Quand j’ai commencé ce livre j’ai été assez vite épuisée par les innombrables descriptions du paysage que l’auteur étale sur des pages et des pages, mais finalement petit à petit j’ai remarqué qu’il était impossible d’avoir toute la portée de l’histoire sans connaître ces derniers.
En effet, c'est en transposant le chaos intérieur de son personnage sur le paysage que l’auteur va arriver à nous donner toute la portée psychologique du personnage. Ici, les chemins tortueux, les montées, les descentes, les rochers pointus, le ciel tantôt bas tantôt lumineux, les paysages isolés, ne représentent rien d'autre que Murdo Munro. Son errance, sa solitude, sa détresse, sa colère, son espoir, mais aussi son insignifiance dans le vaste monde. Une insignifiance d’ailleurs très appuyée par la fin qui passe inaperçue et n‘empêche pas la marche du monde. Une fin qui rappelle la condition de l’homme.

Mais outre cela, qui est ce qui m'a le plus plu, je dois dire que je n’ai pas grand-chose à raconter sur cette histoire, car d'une part c'est presque banal même si c'est très bien écrit (un homme qui part en quête de soi c'est du déjà vu), et d'autre part ce n’est pas un livre très bavard. L’auteur dit juste ce qu’il faut pour installer son histoire et peint beaucoup à côté.
Alors il y a bien quelques remous dans ce roman, il n'est pas plat et la vie de Murdo n'est pas le seul sujet du livre, mais le reste est tellement fugace que j'avoue ne pas trop y avoir prêté attention. Pour tout dire, je me suis plus attardée sur le cheminement intellectuel du personnage que sur le reste.

En fait, après coup, ce livre me fait penser à ces films artistiques (que je qualifie "d'intellos" mais comme je déteste le cinéma je ne sais pas quel nom ça porte) qui ont peu de dialogue, mais qui mise sur l’image, sur les scènes, sur l’ambiance, pour s'exprimer. Qui mise sur le silence pour parler.

Enfin bref, ce n'est pas le livre du siècle, il peut être parfois un peu long, mais il se lit bien.

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20 avril 2015

"Le père castor raconte ses contes du printemps" de Collectif

"Le père castor raconte ses contes du printemps" de Collectif

père castor contes

Résumé :

Sept contes sur le thème de printemps, des œufs de Pâques, du jardinage et de la nature :

Le premier oeuf de Pâques
La petite poule rouge
Le loup ne sait pas compter
Le jardin de Clara
A pas de loup
L'envol
Espèce de Cucurbitacée !

Mon avis :

Je ne dirais pas que toutes les histoires se valent, L’envol est par exemple celle qui m’a le moins plu de par sa manière d’être racontée, et d’autres comme Le premier œuf de Pâques ou encore La petite poule rouge m’ont parue trop répétitives, néanmoins ces derniers contes comme les autres sont tout mignons et plein de fantaisie. Agréable à découvrir ou redécouvrir.
De plus ayant parfois une portée moralisatrice, un côté ludique et première découverte, on peut dire que ce livre se révèle assez complet au final pour éveiller les enfants. Leur esprit bien sûr, mais aussi leur côté son avec Espèce de cucurbitacée ! et image. J’avoue avoir été fan, malgré mon grand âge, des illustrations ; pétillantes, enfantines ou plus achevées. C’était plein de vie ! Du bonbon pour les yeux.^^

En bref, je pense que c’est avec plaisir qu’en ce printemps 2015 les enfants butineront dans ce livre des histoires chaudes et colorées, et qu’ils papillonneront d’un dessin à un autre.

Je remercie pour ce partenariat Babelio et les éditons Flammarion. (Je vous conseille de cliquer sur le lien et de regarder leur collection jeunesse qui a l'air juste super ! Complète et varier.)

 

31 mars 2015

Bilan mars 2015

 

Bonjour à tous voici le bilan du mois de mars.

 

Le mois était bien parti, mais un évènement tragique (la mort de ma chatte, ma Violette d'amour) a fait que mon rythme a ralenti, cependant mon bilan n'est pas si mauvais malgré tout.

 

Livres lus :

1- Je reviendrais avec la pluie de Takuji Ichikawa. Pas fan de l'écriture, ni fascinée par l'histoire, mais la recette prend quand même, surtout sur la fin où j'ai trouvé le roman un peu plus consistant.

2- L'art d'écosser les haricots de Wieslaw Mysliwski. Je ne suis pas arrivée au bout de ce livre, j'ai arrêté peu après la page 200. L'histoire de cette vie est intéressante, bien écrite, profonde, mais sincèrement indigeste par les interminables longueurs et répétitions.

3- Enchantement de Orson Scott Card

4- Duel en enfer de Bob Garcia

5- Les brillants tome 1 de Marcus Sakey

6- Nouvelles histoires extraordinaires de Edgar Poe

7- La mort s'invite à Pemberley de PD James. Sympa mais sans plus. Outre le fait que je ne suis pas fan de Jane Austen, Darcy et compagnie, j'ai trouvé ce livre un peu mou, répétitif, sans grand intérêt, et avec trop de nom. Bref, pas loin d'être une galère.
Bien sûr le charme anglais a opéré, mais je dois admettre que la courtoisie toute anglaise des personnages m'a franchement fait chier. Enfin bon, si la couverture est sympa (et je l'ai acheté pour ça) le roman n'est pas inoubliable.

8- Pourquoi le ciel est bleu de Christain Signol

9- Pietra Viva de Léonor de Récondo

 

Voilà pour le bilan et oui je n'ai pas fait d'achat ! (Souvenez-vous j'ai dit que cette année je ferai baisser ma PAL, mais je sens que ça ne va pas durer ^^)

 

Bonne lecture à tous et bon mois d'avril.

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26 mars 2015

Dernières découvertes

 

Dernières découvertes livresques et qui me font envie.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, enfin pour ceux qui sont sortis ^^

les démocraties en danger

Résumé : Quel sera le monde demain ? Cette question hante les esprits, et les événements qui se produisent sur la planète n'encouragent guère à l'optimisme : pour ne citer que les plus récents, annexion de la Crimée, guerre dans l'est Ukraine, attentats meurtriers et enlèvements au Nigéria, avancée violente de Daech en Irak et en Syrie... Dans ce livre, clair et accessible, Pierre Rousselin explore ce que pourrait être notre futur, et nous aide à comprendre les forces et les faiblesses des démocraties face aux bouleversements du monde. Si " la démocratie est le pire des régimes à l'exception de tous les autres " selon Winston Churchill, seront-elles capables de faire face aux violences qui les menacent et d'assurer leur avenir et leur pérennité ? Continent par continent, Pierre Rousselin dresse le bilan de l'état démocratique de la planète et tente de nous en brosser les évolutions possibles et prévisibles pour les années à venir. Le constat est sombre par moment, mais il a le mérite de nous inciter à plus de vigilance et d'exigence : si nous voulons vivre libres et en paix, la démocratie ne se négocie pas.

dans le pavillon rouge

Résumé : Chine, 1721. Daiyu, jeune provinciale de dix-sept ans, est accueillie à Pékin, au sein de la famille de sa mère qui vient de mourir. Ayant vécu simplement et sans contraintes, Daiyu est totalement déconcertée par le faste et la rigidité du palais de Rongguo, où elle fait la connaissance de toute la famille Jia, des aristocrates liés à la maison impériale. Sa grand-mère, Dame Jia, règne sur la résidence des femmes où tout le monde, servantes comme concubines, obéit à des règles hiérarchiques strictes. Quand Daiyu tombe amoureuse de l'héritier des Jia, elle s'attire les foudres de la matriarche et réveille certains secrets enfouis. Un meurtre, des amours illicites et un coup d'État après la mort de l'Empereur précipiteront la chute de cette dynastie. Trois femmes inoubliables, Daiyu, Xifeng et Baochai tenteront, chacune à leur manière, de façonner leur destinée. Pauline Chen donne une nouvelle vie à un classique de la littérature chinoise du XVIIIe siècle, Le Rêve dans le pavillon rouge, de Cao Xueqin.

Les druides Des philosophes chez les Barbares

Résumé : Qui sont les druides ? Depuis l’Antiquité, ils suscitent un étrange intérêt et demeurent énigmatiques. S’ils ont eux-mêmes cultivé le mystère, mythes et idéologie ont, durant les deux mille ans qui ont suivi leur disparition, contribué à brouiller encore davantage leur image. Prêtres, magiciens, devins, maîtres à penser ésotériques: les fonctions qui leur ont été attribuées sont aussi diverses que contradictoires.

La recherche qui est menée ici prend donc l’allure d’une enquête presque policière où toutes les pistes sont ouvertes et tous les indices mis à contribution. L’auteur doit remonter aux plus anciennes mentions des druides, quand ils étaient considérés par les Grecs anciens comme des philosophes, pour découvrir leur origine au début du Ier millénaire précédant notre ère. De là, il peut reconstituer leur histoire et celle des représentations dont ils ont fait l’objet jusqu’à nos jours.

Avec eux, c’est aussi une nouvelle image de la Gaule qui se dessine, loin des préjugés et des images d’Épinal.

et si on aimait la France

Résumé : « Ainsi vous écrivez un livre sur la France ? » « Oui. » « Ah… et sous quel angle ? Le déclin ? L’avenir ? L’universalité ? Le messianisme ? La cuisine ? Les filles ? » C’est vrai, il faut un angle… Alors, disons que je me pose moi aussi des questions de dettes et de créances. Une manière de dresser un bilan, actif passif, mais surtout de redonner au mot dette tout son sens, celui de faute, de culpabilité. Un livre pour dire : non, Français, vous n’êtes pas coupables, vous ne devez rien ; le chômage, la catastrophe urbaine, le déclin de la langue, ce n’est pas vous ; le racisme, ce n’est pas vous, contrairement à ce qu’on veut vous faire croire. Vous n’êtes pas coupables. Retrouvez ce sourire qui fit l’envie des voyageurs pendant des siècles, au « pays où Dieu est heureux ».
Revenant de Rome, ville où je pourrais définitivement vivre, je me sens plein d’optimisme pour la France et songe qu’un petit rien pourrait redonner à ce Paris si triste, si bruyant et qui fut autrefois si gai, son sourire."

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21 mars 2015

"La gauche et la préférence immigrée" d'Hervé Algarlarrondo

"La gauche et la préférence immigrée" d'Hervé Algarlarrondo

la gauche et la préférence immigrée

Résumé :

La gauche d aujourd hui utilise l immigration comme fer de lance, mais a fini par en oublier ceux pour qui elle se battait : les ouvriers. Depuis, toute observation qui présente une dimension raciale est automatiquement considérée comme raciste. Pourquoi la gauche est-elle aussi perdue ?

Il y a quelques années, considérant les sans-papiers, Michel Rocard avait fait naître un consensus que l on qualifierait maintenant de « républicain », en assurant que la France « ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde ». Mais cette affirmation s est heurtée à la mauvaise conscience d une gauche malade de Vichy et de la colonisation. Pour la gauche d en haut, sociale, intellectuelle ou partisane, régulariser devrait être la norme : le PS a d ailleurs procédé à de substantielles régularisations à chacun de ses passages au pouvoir, et quiconque s interroge sur leur pertinence est accusé d être victime de cette « lepénisation des esprits » dans laquelle les bons esprits ? les esprits non « lepénisés » ? voient un nouvel avatar de l « idéologie française ». Hervé Algalarrondo étudie ici la déviance de la gauche française qui a fini par délaisser, au nom d une morale bien-pensante, son premier électorat. Une partie de celui-ci a fini, faute de mieux, par se tourner vers l extrême de notre pays : le Front National.

Mon avis :

(Petite précision, ma pensée dépasse parfois un peu le livre.)

Même si ce livre a déjà quelques années, faut dire qu’il n’en reste pas moins d’actualité.

La gauche et la préférence immigrée c’est un livre écrit par un gauchiste, mais c’est un livre où l’auteur va néanmoins se faire un plaisir de dire tout ce qu’il à dire et à dénoncer sur ce parti. De l’hystérie collective de ces gens qui voient du racisme là où il n’y en a pas et qui confondent racisme et ras-le-bol d’une population, à l’hypocrisie, en passant par leur manie de refuser à faire preuve de discernement au nom de l’idiotie généreuse (généreuse avec l’argent de la France d’en bas), tout, ou presque, va y passer. Et d’ailleurs on va avoir droit à quelques belles découvertes, comme sur le rapport Terra Nova qui est juste un doigt en l’air dressé au peuple français. Honnêtement, cette merde là c’est clairement du mépris et de la haine qui est dirigé vers ce dernier, puisque le rapport Terra Nova conseille de sélectionner les français dignes d’être écoutés par la gauche, à savoir ; bobos, immigrés -surtout d’outre-méditerranée-, et personnes ayant fait de hautes études. (Alors je ne sais pas si tout est à prendre dans la thèse de l'auteur, mais le fond est là.)

Bien sûr le fait de dénoncer cela sert d’une part à prouver la préférence immigrée de la gauche (qui est nouvelle pour personne cependant) qui leur sert à garder un électorat, mais aussi à montrer la stupidité de leur pensée et ses méfaits sur le Tiers-monde (fuite de cerveaux), ainsi que sur la France actuelle. Une stupidité, des discours ronflants, des discours bien-pensants qui d’une part coulent clairement la France, en approfondissant la dette, la misère et la précarité ; et qui d’autre part ne correspondent pas à la réalité et au vrai besoin du pays malgré les vieux discours qu’on nous ressort depuis des dizaines d’années, comme celui sur les bienfaits de l’immigration par exemple. (Discours ô combien mensonger.)
D’ailleurs là-dessus j’ai bien aimé la lucidité de l’auteur, comme il le dit si bien l’immigration doit être un recours quand on manque de main d’œuvre, non quand on a des millions et des millions de chômeur et de surcroît seulement des emplois précaires à offrir. Sans compter les autres problèmes que ça posent à côté comme l’urbanisme ou encore l’intégration. (Mais c’est trop demander à la gauche de faire preuve de bon sens, puisque la stupidité puissance 1000 c’est leur ligne de conduite. Les autres aussi vous me direz, mais sûrement un peu moins quand même.)

Sur les discours toujours, l’auteur ne va pas hésiter à dénoncer entre autre ; la déformation des droits de l’homme pour expliquer la politique suicidaire, préférentielle, absurde et politiquement correct de ce parti ; la « théorie de l’excuse » qui pousse à ne pas voir les choses qui dérangent et victimiser une population qui selon-moi n’attendait que ça ; ou encore à dénoncer les clichés sur l’électorat de l’extrême-droite qui transparaît dans les discours de gauche (et aussi de droite), même s’il ne va pas jusqu’au bout.

Cependant si ce livre dénonce la préférence immigrée et la victimisation systématique de cette population africaine par la Gauche (une victimisation non-justifiée et mensongère qui a conduit à une haine de la France phénoménale par ces populations, et qui en guise de réponse a conduit à la haine de ces populations), on peut remarquer que malgré tout l’auteur a une tendance à agir de même, même si c’est à un niveau plus moindre. Il opère ainsi par exemple avec la discrimination positive, Hervé Algalarrondo pense que c’est une bonne chose pour faciliter la réussite sociale de certaine population (pas plus démunie que les autres je le rappelle), alors qu’au font il n’y a pas plus raciste envers le blanc.
En effet, cette mesure là c’est clairement faire comprendre au blanc qu’il est de trop dans son pays, et que sa réussite, sa connaissance, ses racines françaises ou européennes sont un frein à l’intégration de ceux qui ne cherchent probablement pas trop à s’intégrer (en tout cas une grosse majorité), et pour beaucoup dans les quartiers pas trop à travailler aussi. (Gagner un SMIC comme le français pauvre ça ne les intéressent pas, d’ailleurs le passage d’une chanson que l’auteur cite le montre plutôt bien.) Chose étonnante cependant, c’est que l’auteur les victimises par exemple sur le travail, mais des fois dans le livre il va se rappeler qu’ils ne sont pas les seuls à galérer, du coup faut dire que c’est un peu bizarre de le voir le cul entre deux chaises et de prêcher la "discrimination positive" alors qu’il n’ignore pas la galère des autres.

Mais ça, et même si je ne partage pas du tout cette préférence qu’il peut avoir et qu'il justifie entre autre par cette stupide repentance coloniale qui sert tant à la "théorie de l'excuse" qu'il critique, ça passe presque, car ça fait plaisir de voir un mec tendance gauchiste qui résonne assez logiquement.
Oui, il a raison, on ne peut pas donner des papiers à des gens rentrés illégalement sur le territoire quand bien même ils travaillent (c’est le français précaire qui va en être la première victime, par contre il faut punir les patrons qui en profitent). Oui, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, on en n’a pas les moyens et on n’est pas là pour ça (mais la gauche s'en tape vu que c'est plus par souci électorat qu'elle brade la nationalité et facilite l'entrée en France de ces immigrés. Leur égo et leur soif d'argent passe avant tout). Oui, il faut arrêter l’idiotie généreuse, et il faut que les politiques qui gouvernent ouvres les yeux pour accepter la réalité que leur discours persistent à falsifier. Oui, il faut prendre un peu ces distances avec l’Europe. Oui, il faut écouter un peu plus cette France qui en a marre de ne plus compter et d’être considérée comme le rebut de la société. Et pour finir, oui, il faut arrêter de victimiser systématiquement cette population pour expliquer leur haine du pays et de ses habitants, ainsi que leur ingratitude, - surtout que cette prise de position ne fait qu’augmenter ces défauts car ils sont assez prompts et bêtes pour y gober sans réfléchir. Ils ne voient pas que c’est une invention et manipulation politique, et que ça sert aussi à calmer les esprits quand ils font des choses inadmissibles (théorie de l’excuse). L'insécurité n'est pas un délire français.

Bref, deux choses ressortent de ce livre.
Premièrement, c’est que la gauche a beau critiquer l’extrême droite, elle n’en reste pas moins elle-même raciste, - et encore ce qu’on peut reprocher à la Gauche, à savoir la haine de la France, on ne peut pas le reprocher à l’extrême droite.
Deuxièmement, il est temps de sortir de cette politique chaotique dans laquelle nos politiques trop utopistes et trop amoureux de leur place ont plongé la France. Ce sont toujours les mêmes discours statiques que l’on nous sert depuis des dizaines d'années, mais la France a évolué et ça les politiques ne l’ont pas compris. De plus la France étant dans une situation critique avec de plus en plus de violence, de pauvreté, de précarité, et avec de moins en moins de travail, d’argent, de valeurs, de repère, on ne peut plus faire comme si c’était encore rose et ces idéaux trop généreux pour être honnêtes possibles. Il faut ouvrir les yeux, la tolérance et compagnie doivent avoir leurs limites. Sans limite le monde c'est n'importe quoi.

Comme dirait l’autre, l’accueil c’est une chose, le discernement s’en est une autre.

En résumé et même si j'ai grincé des dents, c'est un livre à lire car malgré sa publication ancienne ce livre garde une bonne touche de fraîcheur.

Un lien que j'ai trouvé sur le net

Extrait :

« Cette préférence immigrée prend parfois des formes extrêmes. Depuis, toujours pour d’évidentes raisons sociologiques, la délinquance fleurit davantage chez les pauvres, donc, notamment, chez les immigrés. Il y a eu longtemps une délinquance « ritale », il y a aujourd’hui une délinquance black et beur. La différence, c’est que personne ne s’offusquait jadis de la dénonciation et de la sanction de la délinquance « ritale », alors que la gauche d’en haut est prise de malaise aujourd’hui devant toute stigmatisation de la délinquance immigrée. L’énoncé est déjà considérer comme scandaleux, comme l’a montré l’affaire Zemmour, du nom de l’ex-chroniqueur de France 2.

Il n’est pourtant pas niable qu’il y a beaucoup d’étrangers, d’immigrés, et d’enfants d’immigrés dans les prisons françaises aujourd’hui. Cachez cette réalité que je ne saurais voir ! Elle est mise au compte du logiciel pétainiste de l’Etat français La police, la justice et les gouvernements, de gauche comme de droite, seraient tentés d’agir à l’égard du monde de l’immigration, aujourd’hui, comme à l’égard des Juifs, durant l’Occupation, ou à l’égard des indigènes, du temps de la colonisation. D’où le brouillage sur e statut de victimes. « La gauche a taillé sur mesure » aux jeunes des quartiers « un costume de victimes, une identité de victimes », déplore Rachida Dati, déjà citée.

La « gauche bobo » exprime rarement sa compassion envers les victimes des faits divers qui émeuvent l’opinion. Mais elle regarde globalement comme des victimes les jeunes issus de l’immigration, y compris ceux qui dérivent dans la délinquance. Cette délinquance serait en effet le produit du traitement indigne que leur inflige la société française. C’est ainsi que s’est imposée la « théorie de l’excuse » : certains délinquants sont d’autant plus excusables qu’eux ou leur parents viennent d’outre-Méditerranée…

La gauche n’a jamais beaucoup aimé l’ordre et la police. La délinquance ayant des racines sociologiques, elle a toujours applaudi les Robins des Bois qui défiaient l’ordre publique. Son vieux fond anarchiste l’a conduite à communier avec Georges Brassens, qui préférait faire des croche-pieds aux gendarmes qu’aux voleurs. […] Dans le « match » entre policiers et jeunes délinquants d’origine immigrée, la « gauche bobo » a choisi son camp sans hésitation. Dénonçant vigoureusement les « bavures » policières, se montrant moins sourcilleuse devants les actes  de violence des « jeunes » : il serait normal qu’ils aient la « haine », dans la mesure où la police les maltraites. Encore un motif d’excuse…

Cette empathie avec les jeunes immigrés est le fondement de l’angélisme que la droite dénonce comme le péché mignon de la gauche en matière de lutte contre la délinquance. La gauche, au moins la gauche socialiste, se défend de tomber dans ce travers. Le PS réunit régulièrement des conventions sur l’insécurité censées rompre avec l’angélisme. Mais on ne se refait pas. Un seul exemple : la surpopulation carcérale est d’autant plus choquante que l’état des prisons françaises est déplorable. On peut la combattre de deux façons : en construisant des prisons, ou en libérant des détenus. Sans surprise, la gauche judicaire vilipende le « tout carcéral » alors qu’une des causes de la prospérité du FN réside dans le fait que de nombreuses peines, les courtes peines, prononcées par les tribunaux ne sont pas appliquées. Davantage que l’insécurité, plus facile à dénoncer dans les discours qu’à faire reculer sur le terrain, c’est l’impunité qui choque les Français. Sa cause est parfaitement identifiable : la malgouvernance. Depuis des décennies, les gouvernements « oublient » d’adapter notre dispositif policier et judiciaire à la hausse de la délinquance. L’angélisme militant de la gauche d’en-haut est largement responsable de cet état de fait : c’est le fondement du « judiciairement correct ».

S’il y a angélisme, c’est qu’il y a des anges : ce sont bien évidemment les jeunes issus de l’immigration dans la mesure où ils représentent « la jeunesse du monde ». Le fait qu’ils soient nombreux parmi les délinquants ne remet en cause ce statut. Les post-soixante-huitards voient dans leur comportement un signe de révolte contre un ordre blanc injuste. Il aurait un fondement politique. Mai 68 s’est défié des  « majorités silencieuses » pour mieux glorifier les marginaux, les « dévoyés », comme disait Sartre. Les « jeunes » des « quartiers » correspondent à ce portrait. » Pages 122 à 125

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18 mars 2015

"Les brillants : tome 1" de Marcus Sayek

"Les brillants : tome 1" de Marcus Sayek

les brillants roman

Résumé :

Dans le Wyoming, une petite fille perçoit en un clin d’œil les secrets les plus sombres de tout un chacun. À New York, un homme décrypte les fluctuations des marchés financiers et engrange 300 milliards de rofit en une semaine. À Chicago, une femme maîtrise le don d’invisibilité en sachant d’instinct se placer là où personne ne regarde. On les appelle les «Brillants», et depuis les années 1980 1 % de la population naît avec ces capacités aussi exceptionnelles qu’inexplicables. Nick Cooper est l’un d’eux : agent fédéral, il a un don hors du commun pour traquer les terroristes. Sa nouvelle cible est l’homme le plus dangereux d’Amérique, un Brillant qui fait couler le sang et tente de provoquer une guerre civile entre surdoués et normaux. Mais pour l’arrêter, Cooper va devoir remettre en cause tout ce en quoi il croit, quitte à trahir les siens.

Mon avis :

Je suis d’avance désolée si cet avis va se révéler assez court. Je n’ai en effet pas fini ce livre, je n’en ai lu qu'un peu plus de la moitié ; cela dit je n’ai pas arrêté parce qu’il ne me plaisait pas - même si je note tout de même une certaine lenteur dans le récit  -, mais parce que je suis tombée un peu malade, et que tout de suite derrière une de mes chattes d’amour a vécu un calvaire avant de s’éteindre samedi dernier. (Du coup pour cette dernière raison surtout je ne suis pas allée jusqu’au bout.)

Cependant pour le peu que j’ai lu, je dois dire que j’ai plutôt bien aimé ce que j’ai découvert : la trame, le personnage de Cooper, la description de la société… ce livre possède indéniablement d'innombrables atouts pour plaire et faire réfléchir.

D'ailleurs sur "la description de la société" il est assez étonnant de voir comment ce livre reflète assez bien nos sociétés, sa marche et ses travers, même si je mets toutefois en garde sur le fait que ça ne la reproduit pas fidèlement. En effet la réalité est largement plus nuancée et complexe, dans le livre c’est assez simplifié même s’il ressort que les torts viennent des deux côtés, enfin dans ce que j’ai lu.

En résumé la moitié (et même plus) que j’ai lu avait l’air plutôt pas mal (surtout que pour ma part c'était un style assez nouveau pour moi), mais en attendant que le temps passe un peu, je le mets de côté car ce n’est pas un abandon définitif. Et pour me faire pardonner de ne pas donner un avis plus complet, je vous fais partager quelques deux petites choses qui ne sont pas mal dans le font :

« A Rome, ils regardaient des esclaves se battre avec des lions. Le divertissement est un sport sanguinaire [...] »

« - Mes équipes s’occupaient des criminels. Des terroristes. Des anormaux qui s’en étaient pris à quelqu’un, ou qui étaient sur le point de le faire. 

- Je suis sûre que c’est exactement ce qu’on a dit à ces hommes. Que Lee et sa famille étaient des terroristes. Tout comme la Gestapo croyait que les gens qu’ils arrêtaient complotaient contre l’état.

- Allons. Tu peux tuer n’importe quel débat avec des arguments comme la Gestapo ou les nazis. Le DAR ce n’est pas la même chose.

- On dirait que pour toi, ils vont dans la bonne direction ?

- D’accord. D’abord, je n’appartiens plus au département, tu te souviens ? Ensuite, peut-être que ça ne serait pas arrivé si vous arrêtiez de faire exploser des buildings et d’assassiner des gens. Je déteste ce que je viens de voir. Ça me rend physiquement malade. Mais tu ne peux pas balancer une bombe et ensuite venir te plaindre que les gens ne t’aiment pas beaucoup. Ces  hommes pensaient arrêter venir arrêter les responsables d’une explosion qui a tué plus de 1000 personnes. »

En passant merci aux éditions Gallimard dont je découvre cette collection (mieux vaut tard que jamais) et Babelio pour ce partenariat. Et désolée encore auprès de vous.

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09 mars 2015

"Le maître" de Patrick Rambaud

"Le maître" de Patrick Rambaud

roman le maître

Résumé :

« C'était il y a vingt-cinq siècles dans le royaume de Song, entre le Fleuve Jaune et la rivière Houaï : Tchouang naquit les yeux ouverts et sans un cri. Il était froissé, édenté, chauve, puisque les nouveau-nés ressemblent aux vieillards : les hommes entrent en scène aussi démunis qu'ils en sortent… »
Bienvenu dans la Chine du Vème siècle avant Jésus-Christ. Un monde poétique et violent, où « tombe » soudain cet enfant, fils du Surintendant des présents et cadeaux. Dans ce royaume gigantesque, l'or est partout, la faim aussi, les princes et les rois ont des esclaves, des éléphants, des nains, ils écoutent des poèmes, font commerce de femmes et d'épices, lisent Confucius....
Avec son immense talent, Patrick Rambaud nous conte la vie de cet enfant, curieux, libre, attentif à la vie, aux métiers, à la pratique du monde ; bientôt inventif et sage ; au plus près du peuple. C'est ainsi qu'il deviendra le plus grand philosophe chinois, Tchouang Tseu, donnant son nom à son livre légendaire, suite magnifique d'histoires vivantes, où l'on croise des bouchers, des seigneurs, des tortues, des faux sages...
C'est un destin inouï que nous raconte le grand romancier de La Bataille – à mi-chemin de la fable et de la philosophie. On rit, on apprend, on découvre, on s'étonne, dans ce monde dont le vrai prince est un philosophe...

Mon avis :

Ce livre propose à travers un roman, de nous faire découvrir la vie et la pensée de maître Tchouang-Tse et de nous interroger sur notre manière de vivre.

Pleins d’anecdotes qui mettent en scène la pensée de cet homme, écrit d’une manière agréable qui nous fait voyager dans cette Chine ancienne, ce livre qui se trouve être aussi un miroir sur notre époque amènera à faire réfléchir chacun de ses lecteurs sur sa condition, ses désirs, sa soif de pouvoir, son égo surdimensionné, son envie de tout posséder et sur sa manière d’utiliser le progrès, sa manière de le percevoir aussi. 

Tout cela est certes bien beau, mais sachez cependant qu’on est loin du roman stéréotype qu’on attend, en tout cas que j’attendais. En effet, Tchouang-Tse étant un peu anarchiste, surprenant, il ne faudra pas être surpris (comme je l’ai été) par la tournure que prendra notre personnage.
Ici, il ne faut pas s’attendre à un héros « sage » comme le Siddhartha d’Herman Hess, mais plutôt à une forte personnalité qui n’hésite pas à envoyer paître ceux qui se présenteront à lui pour lui proposer gloire et fortune, à critiquer violemment ceux qui suivent sans sourciller les rites des anciens sans chercher à remettre en cause l’enseignement (notamment celui de Confucius mais qui aujourd’hui pourrait s’appliquer à d’autres), ou encore qui n’hésite pas à faire fi des conventions parce qu’il savait la sagesse. Cependant même si j’ai énormément apprécié la pensée de cet homme, je l’ai parfois trouvé un peu trop radical, trop anarchiste, enfin j’ai trouvé que sur certains points ça allait trop loin, un peu plus de mesure ne m’aurait pas déplu, mais sans ça, ça n'aurait plus été Tchouang-Tse ; n'est-ce pas ? 

Toutefois, tout cela est assez ironique quand on regarde bien. En effet il est assez étonnant de voir que malgré ce rejet des maîtres à penser, la pensée de maître Tchou a influencé d’autres courants ou a tiré ses racines de courant déjà existant… Comme quoi on n'invente jamais grand chose.

En résumé une lecture fort intéressante, que j’ai pas mal apprécié et riche d’enseignement.

 

Extraits :

« -Maître, disait-il, vous nous enseignez que la tradition est barbare…

- C’est la tradition qui nourrit les guerres, la tradition qui force les hommes à des travaux épuisants, la tradition qui creuse le fossé entre riches et pauvres, la tradition encore qui invente des cultes pour séparer les hommes. N’est-ce pas de la barbarie ?

- Qu’appelez-vous précisément la tradition ?

- Ce sont les règles de vie, édictées par on ne sait plus qui, ou par une divinité malfaisante à tête de crapaud. Les gens s’y habituent, ils y croient, ils l’appliquent sans jamais la remettre en question. Personne ne se lève et dit : « Cette règle est idiote ! » Je vais vous donner un exemple. Un jour, une secte décide qu’il ne faut pas manger de potiron. Les potirons sont donc bannis. Ils causent même l’effroi des spectateurs. « Tu as mangé une bouchée de potiron ? malheureux ! Tu vas périr dans d’affreuses souffrances ! Vite, recrache pendant qu’il est temps et jure de ne pas recommencer ! » De l’autre côté de la rivière, imaginons une tribu d’adorateurs du potiron. Que vont-ils faire ? Vont-ils traverser la rivière pour hacher menu ceux qui identifient le potiron au mal absolu ? Sans doute. Les guerres n’ont pas d’autres origines. Chacun reste emmuré dans ses croyances, qui vont à l’encontre des croyances du voisin. Ne pensez-vous pas que c’est stupide ?

- Stupide, Maître, mais aussi mortel.

- Eh oui, Lin-lei. Je vous engage tous à étudier ce que préconisent les sectes : leurs interdits ne sont que de signes de reconnaissance. Entre eux ils s’appellent frères. Tous les autres, ils les rejettent. Cette détestation des uns pour le potiron, elle vient peut-être d’une indigestion, puis ces maux de ventre alimentent une croyance, et la croyance engendre des maux encore plus grands. Tse-lei, va nous cueillir un potiron. »

« Ces sectateurs (en parlant des adeptes de Confucius) sèment le désordre ! La bonté qu’ils affectent n’est que du sentimentalisme ! Dis-moi, Yang, pourquoi les hommes vraiment miséricordieux vivent-ils toujours dans le malheur ? Tes charitables, ils guettent la souffrance des autres pour compatir en public et se donner un rôle. »

« - Le peuple ! Un peuple instruit est dangereux. On ne règne pas par la science, mais par la force. »

« Mes idées sont fausses, Monsieur le Suprême Directeur, parce que ce ne sont pas les vôtres. »

« - […] Ce monde dégénéré fourmille de penseurs. Comme les brigands, ils ne sont pas la critique du monde mais ses produits.

– Tant mieux s’ils sont inutiles, disait Tchouang.

- Inutiles ? ce serait trop beau. Ils ont nuisibles. Leur sainteté sent le rance, même si les peuples en raffolent. Des aveugles ! Des sourds ! Eliminons la sainteté, crois-moi, éradiquons la sagesse, gardons-nous de ces entrepreneurs du bien ! »

 « Après tout, dit le deuxième scribe, ça fait partie de notre métier de fonctionnaire, fermer les yeux pour une récompense… »

 

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07 mars 2015

Bilan février 2015

 

Coucou à tous !

Désolée pour le retard mais voici enfin le bilan de février 2015.

 

Livres lus février :

1- L'orangeraie de Larry Tremblay

2- Madame Bovary de Flaubert

3- Hunbaut de Annonyme (sixième récit du livre de La légende Arthurienne)

4- Le maître de Patrick Rambaud

5- La gauche et la préférence immigrée de Hervé Algalarrondo 

6- Odysseus : le retour d'Ulysse de Valerio Manfredi

7- Comment ma femme m'a rendu fou de Dimitri Verhulst

 

Livres achetés :

1- L'inquisition de Didier Le Fur

2- Petit traité des religions de Frédéric Lenoir

3- Fracture française de Christophe Guilluy

4- De bons présages de Prachett & Gaiman

5- Maudit soit Dostoïevski de Atiq Rahimi

6- Les hommes n'appartiennent pas au ciel de Nuno Camarneiro

 

Livres que je voudrais lire pour ce mois de mars : (mais le mois ayant mal commencé du fait qu'on ait trouvé une tumeur à une de mes toutounettes d'amour (la chatte noire et blanche) j'avoue que qu'en ce moment je rame un peu, de ce fait je ne sais pas si j'arriverai à tout lire, mais bon...).

En ce moment je lis La mort s'invite à Pemberley de PD James. J'ai mis en pause les Brillants tome 1 de Marcus Sakey.

Ensuite j'aimerai lire des vieux livres qui traînent dans ma PAL comme Pietra Viva de Léonor de Récondo ; Pourquoi le ciel est bleu de Christian Signol ; Je reviendrai avec la pluie de Takuji Ichikawa ; L'art d'écosser les haricots de Wieslaw Mysliwski ; et d'autres... Ou plus récent comme Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde de Collectif.

Bref, je verrai selon l'inspiration du moment.

 

Bonne lecture et bon mois de mars à tous.

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