Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

16 août 2010

"Taxi pour un ange" de Tony Cossu

"Taxi pour un ange" de Tony Cossu

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Résumé :

As du braquage, Nando et ses frères d'armes sont connus dans toute l'Amérique du Sud. Mais Nando veut raccrocher et décide de partir pour l'Espagne. Le jour de son ultime hold-up, le hasard (ou le destin) met une adorable petite fille sur sa route. Dolorès a un regard irrésistible, elle déborde d'amour... et elle est orpheline. Comment Nando pourrait-il abandonner l'enfant, désormais livrée à elle-même ? Et que faire d'une fillette quand on est un gangster en fuite ? La vie, parfois plus que les hommes, vous met au pied du mur. Mêlant aventures haletantes, humour et tendresse, Taxi pour un ange est l'histoire de la rencontre magique entre un bandit au grand cœur et un ange aux grands yeux, dans un road-movie plein d'émotion, écrit en prison.

Top chronos :

Ce livre est pour moi un gros coup de cœur ! A peine fermé que j'ai eu envie de le relire. Ce roman hors du commun est tout mimi. L'amour qui uni Nando (le braqueur) et Dolorès (une petite orpheline) est particulièrement touchant et m'a fait sourire plus d'une fois. J'ai vraiment trouvé ça adorable qu'un braqueur devienne le père de substitution d'une petite fille, c'était chargé d'émotion sans pour autant tomber dans le ridicule. Encore que dans certaines parties le ridicule n'était pas bien loin selon moi ; quand par exemple Nando s'extasie sur Dolorès. Il en a sans doute eu un peu trop de fait là dessus, mais bon...

Outre cela et malgré un langage parfois grossier -qui ne m'a pas dérangé-, j'ai adoré ce livre et les personnages, et je le conseille vivement. Surtout quand on sait que l'auteur ressemble énormément à son personnage.

Ce livre a obtenu le prix intramuros 2010.

 

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12 août 2010

Extrait du livre "Tu pourrais rater intégralement ta vie"


Extrait du livre "Tu pourrais rater intégralement ta vie" de Toni Jordan


"On lit le compte rendu de la petitesse des gens chaque jour dans la presse : les uns accusent le conseil municipal parce que leur voiture heurte un feu rouge alors qu'ils conduisaient en état d'ivresse. Les autres poursuivent un restaurant parce qu'on ne les a pas prévenus que le café était chaud. Autant de gens qui n'acceptent pas que ce soit de leur faute.
Ça l'est, vous savez. Tout est toujours de votre faute, tout, tout, tout."

"Comme d'habitude je ne pouvais pas leur dire la vérité sur la vie de leurs enfants, ni sur la leur. Qu'ils sont daltoniens. N'ont pas l'oreille musical. Sont des fourmis qui traversent mon balcon en courant au lever du soleil pour le retraverser à son coucher. Qu'ils seront employés dans des bureaux et pour la plupart travailleront bien assez pour ce nourrir. Qu'ils rencontreront une autre fourmi du même ou de l'autre sexe, emprunteront plus d'argent que n'auraient imaginer leurs grands-parents, et mettront leur liberté en gage pour acheter une maison entre un jardin public et une gare de chemin de fer. S'ils se reproduisent, ils feront d'autres fourmis ouvrières pour assurer la croissance économique et le nombre de contribuables afin de payer plus d'hommes politiques et d'écoles de mauvaise qualité. Quand ils prendront leur retraite, ils ne recevront pas une montre en or mais une pension indéxée. Leurs enfants fourmis iront s'établir plus loin afin d'échapper à l'emprise de leurs parents, qui ne produiront plus rien. Les parents dépenseront leur misérable pension en pilules : celles contre l'arthrite, le diabète, les maladies de cœur, et la bleue à 4 faces qui leur permettra de bander ou mouiller encore pour se rappeler, pendant 4 minutes 2 fois par semaine, que le rut les faisait se sentir vivants. ils vivront leurs dernières années dans un dépotoir rempli de fourmis reléguées là, ils y regarderont fixement les murs et le plafond jusqu'à connaître chaque fissure et chaque éclat aussi bien qu'autrefois ils connaissaient leur propre visage de fourmi. Ils mourront sans souffrir grâce au progrès des thérapies médicamenteuses modernes, aussi engourdis et insipides qu'au cour de leur vie. Ce qu'ils possédaient sera dispersé et ils n'existeront plus. "


Mon avis sur ce livre ici

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06 août 2010

"La Petite Bijou" de Patrick Modiano

"La Petite Bijou" de Patrick Modiano

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Quatrième couverture :

"Quand j'avais sept ans, on m'appelait la Petite Bijou." Il a souri. Il trouvait certainement cela charmant et tendre pour une petite fille. Lui aussi, j'en étais sûre, sa maman lui avait donné un surnom qu'elle lui murmurait à l'oreille, le soir, avant de l'embrasser. Patoche. Pinky. Poulou. "Ce n'est pas ce que vous croyez, lui ai-je dit. Moi, c'était mon nom d'artiste." »

Mon avis :

C'est toujours septique que je lis les livres de cet auteur, car soit ils me plaisent et je les lis jusqu'au bout, soit ils me gonflent et là souvent je les laisse tomber, comme pour Un pedigree, encore que Remise de peine je l'ai fini.
En ce qui concerne ce livre, La Petite Bijou, c'est pour moi comme le roman Une jeunesse, l'écriture et l'histoire sont simples, il ne se passe pas grand chose non plus, ça traîne un peu par moment d'ailleurs, mais pourtant on va jusqu'au bout fascinait par les personnages comme par l'histoire. On veut savoir ce qui va arriver même si c'est pas gai mais pas triste non plus.

Quant à moi, j'ai surtout aimé ce livre car Thérèse dite la Petite Bijou est un personnage fragile. Elle se cherche, elle souffre, elle hésite, elle est en fait comme des milliers d'êtres humains, et finalement même si la situation nous ressemble pas, ce personnage lui nous touche dans son ensemble.

Petit bémol cependant, je trouve que parfois ce livre est un peu redondant. Pas au point de devenir chiant, mais bon parfois c'est un peu lourd. Je ne sais pas si l'auteur a voulu jouer avec l'obsession de Thérèse en répétant certaines choses, mais j'aurais quand même bien aimé voir arriver un fait nouveau, comme une remontée de souvenir par exemple ou autre chose, histoire de redonner un souffle au roman ; mais bon ce n'est pas grave non plus...

En résumé ce livre absolument pas épais et déjà sorti en poche, n'est pas du tout désagréable à lire.

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03 août 2010

"Mabrouk chien d'une vie" de Jean-Pierre Hutin : Un grand homme

"Mabrouk chien d'une vie" de Jean-Pierre Hutin

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Résumé :

« Alors il a levé la tête, le museau pointé vers le plafond, et s'est mis à hurler. C'était un hurlement qui lui venait des entrailles, un cri rauque et ' profond de loup, puis il a rampé jusqu'à moi... Ce matin-là, il est vraiment devenu Mabrouk et nous sommes partis ensemble dans la vie. »
Ainsi se scella le destin de Jean-Pierre Hutin et celui de son chien. Pendant six ans, l'auteur et son compagnon vivront une passion qui devrait émouvoir ceux qui aiment les animaux et troubler ceux qui n'éprouvent qu'indifférence à leur égard.
Des animaux mythiques de son enfance - la chatte sorcière de sa mère, Atouno, le chien qui immobilisait les fiacres - à Jimmy le bâtard mort à la Guadeloupe, Jean-Pierre Hutin raconte le chemin qui l'a conduit à celui qu'il devait baptiser Mabrouk et qui est devenu la vedette la plus populaire de la télévision. Il explique la complicité inouïe qui existait entre eux ainsi que l'intensité de la volonté du chien à vouloir faire plaisir à son maître et il livre les « petits secrets » de l'éducation et du dressage de Mabrouk.
A travers le récit pathétique de la mort de son « copain », Jean--Pierre Hutin évoque son combat entrepris depuis huit ans pour que les chiens, les chats, les chevaux, tous les animaux de compagnie puissent vivre tranquillement auprès des hommes et que leur existence soit mieux respectée.
Il tente enfin de percer l'extraordinaire mystère constitué par ce besoin impérieux des êtres humains, qu'ils soient président de la République ou ouvrier spécialisé, jeune comédienne comblée ou retraitée des P.T.T., écrivain célèbre ou petit épicier, citadin ou paysan, jeune ou vieux, d'avoir un animal auprès d'eux.

Mon avis :

Ce livre est absolument à lire ! Car au delà d'un livre souvenir à Mabrouk - le premier chien de 30 millions d'amis - c'est un livre d'amour et d'amitié entre un homme et son chien. Jean-Pierre Hutin raconte ici avec beaucoup de tendresse, les bons et les mauvais moments qu'il a partagé avec Mabrouk essentiellement ou d'autre de ses compagnons. Comment il les a aimé et comment ces derniers leur ont rendu cette affection.

Ce n'est pas non plus un livre qui parle pour ne rien dire et qui raconte seulement des bons moments avec les animaux, c'est aussi un livre qui donne des petits conseils sur le dressage, la psychologie animal, les besoins de ces derniers... mais aussi un livre qui parle de la protection animal. Combat vain et parfaitement inutile aux yeux de certain mais si cher à JP Hutin ; ce que j'ai particulièrement adoré sur ce point d'ailleurs, c'est la manière dont il en parle, il pourrait en choquer plus d'un (je pense à certain passage notamment) mais pourtant ses propos ne manquent pas de discernement et de bon sens. Après tout c'est vrai pourquoi l'homme s'est auto-nommé race supérieure alors qu'il est capable de toutes les cruautés ? Cruauté qu'il n'y a pas chez l'animal.

Pour moi ce livre se charge de nous ramener à la réalité, par rapport à notre propre nature, et page 236 l'auteur disait déjà ceci : "Les hommes,"espèce supérieure", doivent se rendre compte qu'ils n'ont pas un droit de vie et de mort sur les animaux, mais au contraire le devoir de protéger, de gérer le capital aussi bien animal que végétal de leur planète..." On ne peut pas faire plus d'actualité je trouve, pourtant mon livre date de 1984...

Enfin bon vous l'aurez compris ce bouquin m'a énormément plu et pour moi il est à lire pour tout ce qu'il raconte.

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19 juillet 2010

L'odeur du midi

"Lettres de mon moulin" d'Alphonse Daudet

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Résumé :

Jeune encore et déjà lassé du sombre et bruyant Paris, Alphonse Daudet vient de passer les étés dans son moulin de Fontvielle, " piqué comme un papillon " sur la colline parmi les lapins. Dans cette ruine ensoleillée de la vallée du Rhône , naissent ces contes immortels qui assureront sa gloire. Au loin, on entend la trompe de Monsieur Seguin sonnant sa jolie chèvre blanche. Dans le petit bois de chênes verts, un sous-préfet s'endort en faisant des vers. Au ciel, où les étoiles se marient entre elles, le Curé de Cucugnan compte ses malheureux paroissiens. Et dans la ville voisine, un jeune paysan meurt d'amour pour une petite Arlésienne tout en velours et dentelles qu'on ne verra jamais. Le vieux moulins abandonné est devenu l'âme et l'esprit de la Provence. Dans le silence des Alpilles ou le tapage des cigales et des tambourins, parfumés d'émotions , de sourires et de larmes, ces contes semblent frappés d'une éternelle jeunesse.

Mon avis :

Et me voilà repartie pour une relecture des fameuses Lettres de mon moulin... et c'est avec un grand plaisir que j'ai redécouvert ce livre. C'est magique, c'est drôle, c'est triste, c'est attendrissant, c'est poétique et enfin très imaginaire ! Quel plaisir de retrouver "La chèvre de Mr Seguin","Le curée de Cucugnan" ou encore de relire "Le secret de maître Cornille". J'ai vraiment adoré ! L'imagination et l'écriture de cet homme sont superbes ! Et ça nous mène loin.

Dommage cependant que certaines nouvelles ne soient pas plus longues, il y'en a qui sont tellement bien qu'on regrette qu'elles ne durent pas plus longtemps... d'autres par contre que j'ai moins aimé je l'avoue.
Je vous conseille vraiment de lire ce livre si ça n'a jamais été fait ou de vous replonger dedans si cela fait déjà longtemps. Vous serez vraiment (ré)enchantés par cette écriture qui se veut anecdotique et la poésie qui ressort des mots et des histoires qui sentent la lavande, le midi, le voyage...

Je vous mets si dessous la liste de celle que j'ai vraiment apprécié :
Le secret de maître Cornille
La chèvre de Mr Seguin
Les étoiles
Le Curé de Cucugnan
La légende de l'homme à la cervelle d'or
Les trois messes basses
L'Elixir du Révérend Père Gaucher
L'agonie de la Sémillante
L'Arlésienne

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15 juillet 2010

"Maudit Karma" de David Safier : Karma de merde !

"Maudit Karma" de David Safier

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Résumé :

Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. Et le pire reste à venir : de ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long. Kim devra surmonter bien des obstacles... et, au passage, revoir la plupart de ses conceptions sur l'existence ! Tour à tour incisif, léger et émouvant, Maudit Karma est un roman jubilatoire.

Mon avis :

Je me suis ré-ga-lée ! Hélas deux jours plus tard, le livre était fini. Snif. Ce livre est un énorme plaisir à lire. C'est cocasse, original, frais et sacrément inventif. En particulier sur le fait d'avoir pour compagnon de route le Signore Casanova. Toujours égale à lui même et drôle de surcroît, j'ai vraiment adoré ses répliques et aussi les petits passages intitulés "mémoires de Casanova" qui jalonnent ce livre. Puis faut dire qu'imaginer ce bon vieux bonhomme en fourmi, cochon d'inde et chat ça a quelque chose de plaisant en plus d'être nouveau. Bref ! J'adore !
Quant à Kim Lange, le personnage principal, elle n'est pas non plus en reste, elle aussi m'a franchement amusé avec son humour et les situations rocambolesques dans lesquelles elle se trouve. De mémoire je vous citerai les rencontres avec la reine des fourmis qui n'était pas du tout amused, ou encore le coup des cochons d'inde où là on rigole franchement du début à la fin. Kim Lange c'est vraiment le personnage drôle, mais aussi touchant qui souvent en désespoir de cause fait des trucs franchement dingues. En tout cas elle et Casanova forment vraiment un beau duo.
Enfin bref, tout ça pour dire que je ne peux que vous conseiller de lire ce livre s'il est dans votre PAL, ou de vite aller l'acheter si ce n'est pas encore fait. Car là vous ratez un vrai bon moment de lecture.

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09 juillet 2010

"Tu es si jolie ce soir" de Carlene Thompson

"Tu es si jolie ce soir" de Carlene Thompson

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Résumé :

On se marie pour le meilleur... et pour le pire. Deborah, jusque-là, n'a connu que le meilleur. Mère de deux beaux enfants ; vie de rêve... rien ne la préparait à la disparition brutale de son époux. Ce dernier, sans raison apparente, s'est volatilisé du jour au lendemain. Certes, il était parfois un peu absent, étrange peut-être, peu bavard et absorbé par le travail, mais il était également fiable et solide. C'est du moins ce que pensait sa femme jusqu'à ce que le doute s'installe. Que lui est-il arrivé ? Que vient faire le FBI à sa porte ? Des zones d'ombres inquiétantes apparaissent dans le passé de celui dont elle partageait la vie. Des femmes ont été tuées. Deborah a beau se raisonner, les faits troublants s'accumulent. Son mari ne revient pas. Les enquêteur se font plus précis. Connaît-on jamais vraiment les gens, si proches soient-ils de notre quotidien ?

Mon avis :

Après avoir lu trois livres de cette auteure, (bien sûr cela n'engage que moi), je peux affirmer que Carlene Thompson est meilleure que Mary Higgins Clark dans le genre. Non que je n'aime pas cette dernière car j'ai lu quelques uns de ses livres que j'ai apprécié, mais je trouve que M.H. Clark brode énormément pour pas grand chose finalement, alors que Miss Thompson en rajoute très peu et ses livres restent des lectures agréables qui ne traînent pas en longueur.
Outre ceci, j'ai aussi apprécié ce livre car l'intrigue est bien menée, on a des doutes sur beaucoup de personnages, la tension est palpable, la sensation de danger est quasiment tout le temps présente, et parce que la fin m'a franchement surprise. Bien qu'à un certain passage du livre on peut avoir un indice, je dois dire que je ne m'attendais pas à lui.
Autre point plutôt agréable du livre, le calme de Deborah le personnage principal. Et oui, je dois avouer que s'il y a une chose que j'ai du mal à supporter dans ce genre de bouquin, c'est quand les auteurs fabriquent des personnages hystériques toujours en larmes et entrain de crier. Là ce ne fut pas le cas et tant mieux la lecture n'en est pas moins agréable bien au contraire !

En résumé vous l'aurez compris ce livre m'a beaucoup plu et je ne peux que vous le conseiller, ainsi que "Le crime des roses" et "Perdues de vue" que j'ai un peu moins aimé du même auteure. "Mortel secret" est dans ma PAL donc avis à voir.

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03 juillet 2010

Extrait du livre "Biographie de la faim"

Extrait du livre "Biographie de la faim d'Amélie Nothomb

 

 

" Les habitants de jamais n'ont pas d'espoir. La langue qu'il parle est la nostalgie. Leur monnaie est le temps qui passe : ils sont incapables d'en mettre de côté et leur vie se dilapide en direction d'un gouffre qui s'appelle la mort et qui est capitale de leur pays.

Les jamaisiens sont de grands bâtisseurs d'amours, d'amitiés, d'écritures, et autres édifices déchirants qui contiennent déjà leur ruine, mais ils sont incapables de construire une maison, une demeure, ou même quoi que ce soit qui ressemble à un logis stable et habitable. Rien, pourtant, ne leur paraît aussi digne de convoitise qu'un tas de pierre qui serait leur domicile. Une fatalité leur dérobe cette terre promise dès qu'ils croient en avoir la clé.

Les jamaisiens ne pensent pas que l'existence est une croissance, une accumulation de beauté, de sagesse, de richesse et d'expérience ; ils savent dès leur naissance que la vie est décroissante, déperdition, dépossession, démembrement. Un trône leur est donné dans le seul but qu'ils le perdent. Les jamaisiens savent dès l'âge de trois ans ce que les gens des autres pays savent à peine à soixante-trois ans.

Il ne faudrait pas en déduire que les habitants de jamais sont tristes. C'est le contraire : il n'y a pas de peuple plus joyeux. Les moindres miettes de grâce plongent les jamaisiens dans l'ébriété. Leur propension à rire, à se réjouir, à jouir et à s'éblouir est sans exemple sur cette planète. La mort les hante si fort qu'ils ont de la vie un appétit déchirant..."

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30 juin 2010

Extrait du livre "Un roman français"

Exrait du livre "Un roman français" de Frédéric Beigbeder



"Pourtant la France est le pays de la liberté. ce qui m'autorise à revendiquer le Droit de me Brûler les Ailes, le Droit de Tomber Bien Bas, le Droit de Couler à Pic."

"Toutes mes angoisses sont de sa faute aussi : il m'a inoculé un virus dont on ne guérit jamais. Le bonheur d'être coupé du monde, voilà ma,première addiction. Arrêter de lire des romans exige beaucoup de force. Il faut avoir envie de vivre, courir, grandir. J'étais drogué avant même que d'avoir le droit de sortir le soir. Je m'intéressais d'avantage aux livres qu'à la vie.
Depuis je n'ai cessé d'utiliser la lecture comme un moyen de faire disparaître le temps, et l'écriture comme moyen de le retenir."

Et pour finir un passage de Kant que l'auteur cite dans son livre et qu'il faut que je mette tellement je l'adore !

"Un gouvernement fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, semblable à celle d'un père envers ses enfants c'est à dire un gouvernement paternaliste, où donc les sujets, comme les enfants mineurs qui ne peuvent distinguer ce qui leur est véritablement utile ou nuisible, sont réduis au rôle simplement passif d'attendre du seul jugement du chef de l'Etat qu'il décide comment ils doivent être heureux, et de sa seule bonté qu'il veuille bien s'occuper de leur bonheur : un tel gouvernement est le plus grand despotisme qu'on puisse concevoir."

 

Mon avis sur ce livre ici.

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19 juin 2010

Extrait du livre "Emily ou la déraison"

Extrait de livre "Emily ou la déraison" de Jean-Pierre Milovanoff

 

" Quand le temps presse, disait mon père, quand  les évènements se précipitent, quand les sensations s'emballent, se bousculent, fondent sur toi sans crier gare et que leur violence te laisse sans voix, introduis de la lenteur dans le cours des choses qui vont de soi ; de la lenteur, de la lenteur jusqu'à l'exaspération, comme une soudaine distance entre le coup et la blessure, un espace pour s'étendre et pour respirer."

 

" Je crois que les morts n'en finissent pas de nous conduire, de' nous perdre, de nous enchanter et de nous faire souffrir jusqu'à l'heure où notre disparition leur permettra de goûter enfin au repos que nous leur avons refusé. "

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