Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

30 août 2016

"Djihad : d'Al-Qaïda à l'état à l'état islamique, combattre et comprendre" de Claude Moniquet

"Djihad : d'Al-Qaïda à l'état à l'état islamique, combattre et comprendre" de Claude Moniquet

djihad claude moniquet

Résumé :

On croyait avoir connu le pire le 11 septembre 2001. On pensait qu'aucune organisation terroriste ne pourrait jamais égaler la dangerosité d'al-Qaïda. On s'inquiétait de voir des dizaines d'Européens rejoindre le Djihad. Mais tout cela, c'était avant l'irruption de Da'ïch, l'État islamique. Aujourd'hui, on a droit aux décapitations en direct, aux massacres médiatisés, aux prisonniers brûlés vifs, enterrés vivants ou crucifiés, aux femmes lapidées et aux homosexuels jetés du haut des toits. Aujourd'hui on a droit aux femmes esclaves dont les prix se discutent sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, ce ne sont plus quelques dizaines de djihadistes que l'Europe doit craindre, mais des milliers. Aujourd'hui nous assistons à des attentats à Bruxelles, Paris, Strasbourg, Tunis, Sousse, Sydney. Aujourd'hui, l'horreur djihadiste est omniprésente et l'islamofascisme continue à progresser. Et demain ? Ce livre explique ce qu'est Da'ïch, d'où vient son succès et ce qui pourrait provoquer sa chute. Sans concessions, il démontre surtout ce qu'ont été nos erreurs et ce que sont nos faiblesses. À lire d'urgence pour ne pas dire, demain, " je ne savais pas ! " Et pour se préparer à une guerre qui sera longue.

Biographie de l'auteur

Claude Moniquet a été journaliste et a travaillé vingt ans pour la DGSE. Il est le cofondateur de l'ESISC, une société de renseignement privé et d'analyse stratégique qui conseille les plus grands groupes mondiaux et plusieurs gouvernements. Hôte fréquent et incontournable des plus grands médias internationaux, il est l'un des meilleurs spécialistes contemporains de la violence politique et du terrorisme.

Mon avis :

Vu le CV du bonhomme, je pense qu’on peut affirmer sans problème que Claude Moniquet est un expert du djihadisme et donc de l’intégrisme musulman vu que l’un et l’autre ne peuvent se concevoir séparément. Ce livre est le neuvième qu’il écrit sur le sujet, le premier que je lis.

Pour commencer, l’auteur va commencer par nous faire un rapide cours d’histoire sur l’Islam (là j’ai par contre préféré mes cours d’histoire plus justes et complets) et sur l’idéologie intégriste à l’époque contemporaine en citant quelques noms et thèses qui vont avec.
Ensuite, il va nous faire un rapide portrait du djihadiste ici en occident, qui a un pied dans la religion et l’autre dans la délinquance –d’ailleurs la délinquance sert à financer les réseaux terroristes – ou qui parfois sort de milieu tout à fait correct ; vient après un rapide topo sur les raisons de l’augmentation de l’intégrisme et donc de l’explosion du djihad en pointant particulièrement la politique inefficace des pays musulmans qui se résume par leur incapacité à se réformer, à se libérer de la dictature religieuse, et à combattre la corruption, et en pointant aussi pour certains pays la politique mal pensée de certains état occidentaux à certains moments. Ce qui est dommage sur ce point c’est qu’il ne dénonce pas la politique occidentale avec ses mensonges étatiques qui ont fait aussi le nid de l’intégrisme ici en occident, comme avec par exemple les mensonges qui font des autochtones des coupables et les musulmans les éternelles victimes de la société soi-disant raciste et qui n’en fait pas assez pour eux. (Il suffit pourtant de regarder par rapport aux autochtones et aux anciens flux migratoires pour savoir que c’est faux.)

Cela exposé, il va enfin arriver à l’année du basculement : 1979. La chute du Shah d’Iran qui verra un régime islamique dur s’installer dans ce même pays et enfin l’invasion de l’Afghanistan par les soviétiques, qui pousseront les américains à jouer sur le sentiment religieux et identitaire pour repousser les soviétiques et ouvriront de ce fait un territoire où les moudjahidines pourront avec l’aide d’autres pays perfectionner leur idéologie. C’est d’ailleurs à cette occasion que le moudjahidine tristement célèbre Ben Laden sera formé.

Cette mise en place faite, et qui se révèle très intéressante, le livre va passer à d’autre chose. Alors je ne vais pas parler des portraits qu’il fait sur les débiles de dieu venant de partout, et qui sont justes des dégénérés effrayants d’imbécilité (je reprends là quelques mots de l’auteur). Mais je vais par contre vous parler des beaux jours que l’extrémisme et le djihad ont encore devant eux.

Et oui triste constat, on est mal barré pour gagner cette guerre, qui va durer longtemps. Alors je ne pars pas vaincue car je pense qu’avec beaucoup d’audace et de cran on pourra la gagner cette guerre (à condition de changer ce gouvernement qui est à la botte des extrémistes, dernière exemple en date le burkini, et la droite pas mieux), mais cependant je n’ai pu que remarquer en lisant ce livre que les choses traînent pour changer, et que beaucoup de choses sont anormales dans notre système de fonctionnement, ce qui permettra à l’idéologie extrémiste-terroriste de durer dans le temps.
A commencer déjà par la justice, aujourd’hui un terroriste risque en France maxi 30 ans de prison ! Outre le fait que c’est absurde et que c’est mettre en danger la vie d’autrui en laissant ressortir à l’air libre des choses dangereuses pour le peuple, il n’est pas normal qu’un terroriste ou qu’une chose qui épouse les idées extrémistes ne risquent pas plus comme la perpétuité. (Et je ne parle même pas dans ce domaine de la connerie d’empêcher les gens de partir faire le djihad en Syrie, alors que le bon sens voudrait qu’on les laisse partir et qu’on les empêcher définitivement de rentrer, car rien ne les empêche d’agir même s’ils ne partent pas en Syrie.)

Ensuite, autre chose anormale dans nos sociétés, l’extrémisme qui a pignon sur rue grâce à la faiblesse de nos gouvernements. Alors je sais ça choque, et pourtant c’est le cas.
En France par exemple l’extrémisme et donc son idéologie terroriste, a vu son installation facilité par l’encouragement des idiots utiles qui ont toujours reculé devant les coups de butoir donnés à nos valeurs au nom des droits de l’homme par des gens qui n’ont jamais voulu s’intégrer. Coups de butoir qui ont vu de surcroît leur légitimité s’installer à travers le CCIF, les Indigènes de la République et autres associations intégristes du genre comme SOS Racisme qui ont pour but de poursuivre la soi-disant islamophobie afin d’empêcher tout débat et tout retour à la Lumière et à la paix. (Et là-dessus je ne m’explique pas, à part pour raison électorale (?), que des crétins leur accordent la bénédiction de détourner les droits de l’homme dans le but d’être l’esclave d’un dieu et pour ne pas respecter nos lois, nos valeurs et notre démocratie, leur autorisant par la même occasion le racisme contre l'occident et dons les blancs.)
Mais les associations salafistes à but politiques, les idiots généreux, ce n’est pas tout ; en effet vous allez être étonnés en lisant ce livre de voir que les territoires cédés par la République à l'extrémisme islamique dans la précipitation et la peur d’une guerre (moralité la guerre on l’aura quand même et elle y est déjà) sont connus des renseignements intérieurs comme des politiques mais que rien ne bouge. Permettant ainsi l’enracinement de l’extrémisme.
Effectivement, Claude Moniquet montre clairement que la situation empire depuis des années et qu’elle dure depuis très très longtemps déjà, mais curieusement on remarquera que y a pas grand-chose qui change sur ces fameux territoires, aucune reconquête de nos gouvernements par exemple, aucun vrai nettoyage. D’ailleurs  pourquoi ont-ils laissé cette chose-là s’installer sans problème ? Ca n’aurait pas été plus simple d’empêcher la graine de germer sur nos territoires afin d’éviter la contamination et les dégâts actuels ? Surtout que c’était faisable de deviner ce qui allait arriver vu que les salafistes ont eu la gentillesse de les prévenir avant de leur plan de conquête de l'Europe.

Alors oui y a eu des opérations, ils ont empêché des attentats, ont aussi échoué par manque de moyen et d’efficacité de la hiérarchie (autres points anormaux), mais ces opérations de petites envergures ne font pas grand mal au salafisme et à son idéologie terroriste, et je pense qu’elles ne feront pas grand mal tant que les gouvernements n’adopteront pas un appareil judiciaire efficace et une mentalité de guerre.
Pour moi tant que les états occidentaux n’agiront pas de manière ferme, en cessant d’être timoré face à une religion de conquête par les armes et le prosélytisme, en cessant d’être des idiots utiles, en cessant de se coucher devant les revendications extrémistes (et ce point est partagé par l’auteur) et en cessant de laisser impunies ces revendications, rien de ce qu’on fera sera utile, car tous ces défauts servent l’idéologie extrémiste. Oui. Notre faiblesse c’est leur force.

Alors, beaucoup disent que se montrer ferme avec les musulmans attirera des ennuis (on la revue récemment avec le burkini), car encore une fois les intégristes trouveront un prétexte pour les faire passer pour des victimes de nos sociétés - et eux sont assez dans leur délire victimaire pour y croire - mais même si ça ne plaît pas aux intégristes de tout poil, je pense que ce n'est pas une raison pour ne pas se montrer ferme avec eux. Car plier devant cette peur de déplaire et donc de s'attirer des ennuis, que l'on a déjà au demeurant, c'est plier devant Daech et accepter qu'ils appliquent leur politique ici. Et de plus je suis intimement persuadée qu’on risque plus à ne rien faire qu’à laisser faire. Des morts y en aura dans tous les cas de toute manière.

Bref. Beaucoup de points dans ce livre laissent montrer que les gouvernements n’ont pas encore compris l’état d’urgence dans lequel nos pays se trouvent face à l’ennemi extérieur et intérieur (et bien installé). Ils agissent toujours comme si on était toujours en paix, et comme si rien n’avait changé, que le vieux modèle de la tolérance poussé jusqu’à l’absurde (surtout qu’ils ne s’arrêteront pas de revendiquer) et le dialogue pouvaient encore tout arranger. Bon OK j'exagère ils ont rajouté les bombes, mais... là-bas pas ici.

En plus de ce triste descriptif de l'état actuel de notre reconquête de la liberté et de la paix, que les portraits des djihadistes complètent car ils montrent le système de fonctionnement de nos services de renseignement, l’auteur va aussi aborder le sort des femmes (et ça me fait mal au fion d’appeler ces choses des femmes) fascinées par l’intégrisme islamiste et qui partent là bas, en montrant ce qui les attend. (Et je ne vais pas les plaindre.)
En plus de cela, il va expliquer que le terrorisme n’est pas mort le 11 septembre 2001, au contraire cette date a su donner un nouveau souffle et des bases aux terrorismes, et enfin pour finir l’auteur va aborder dans une partie très intéressant le mode de fonctionnement politique et de communication employé par l’EL et même Al-Qaïda. Ce qui permet de comprendre pourquoi des idiots décérébrés non répugnés par la violence crasse les rejoignent et y restent.
Et enfin à la fin (parce que je vais arrêter-là) il proposera des solutions pour mieux combattre le terrorisme comme le rétablissement des valeurs, le durcissement des lois, le concept de résilience pour mieux se battre, etc.

Bref, je n'ai pas tout raconté mais c’était une lecture très intéressante et que je conseille pour savoir ce qui se joue actuellement, et désolée si encore une fois j’ai débordé avec mes opinions. Je ne sais jamais m'en tenir à ce que je lis avec ce genre de livre.

Merci aux éditions Jourdan.

 

Extraits :

« Ignorants de la laïcité parce que leur religion se confond avec la loi et structure l’Etat, les musulmans se sont en général également montrés hostiles  à son importation ou à son imposition par l’Occident. »

« Comme les trotskystes l’avaient fait dans la gauche et les appareils d’Etat occidentaux, entre les années 50 et les années 70, les Frères musulmans se sont fait une spécialité de la pratique de « l’entérisme » : la confrérie est longtemps restée occulte, voire secrète, mais ses membres tentaient de prendre le contrôle des organisations caritatives ou culturelles et, dans les pays dans lesquels ils existent, des organes de représentation du culte musulman. Le mouvement acquiert ainsi une influence réelle sans aucune mesure avec son importance numérique et est à même de peser lourdement dans l’existence des communautés musulmanes en Europe. Tactiquement, les Frères, sous couvert de légalisme (en Europe, ils condamnent officiellement le terrorisme), entretiennent ou suscitent les conflits qui permettent d’unifier et de souder les communautés musulmanes et de les radicaliser. Ainsi, c’est sans surprise qu’on les retrouve un peu partout, depuis des années, en première ligne dans le combat pour la défense du voile islamique. » (Un simple bout de tissus vous dites ? Croyez-vous que les Frères musulmans (et autre comme le CCIF et j'en passe) pousseraient au cul si ça ne servirait par leur cause ? D'ailleurs souvenez-vous en 1989 l'affaire du voile islamique mettez déjà en cause l'intégrisme, mais on a dit que ce n'était rien, sauf que depuis le bout de tissus s'est agrandi... Hijab, burka, burkini).

« Quand on bombarde l’Etat Islamique, on tue des djihadistes. Parmi eux, il y a des Européens. Et c’est une excellente nouvelle, car ceux qui ne reviendront pas ne commettront pas d’attentats en Europe. Morte la bête, morte le venin ! A ceux qui s’en offusqueront de cette idée, je ferai simplement remarquer que personne n’a été forcé de se rendre en Syrie ou ailleurs pour participer au djihad et aux multiples crimes commis en son nom. Ceux qui sont partis l’ont fait de leur plein gré. A eux d’en assumer les conséquences. »

"La première chose à faire est, clairement, de défendre nos valeurs.
Je ne veux pas, ici, entrer dans une stérile polémique ni même prétendre que les « valeurs européennes » seraient supérieurs à d’autres. Je constaterai seulement que ce socle de références éthiques, philosophiques et politiques dans lequel nous nous reconnaissons a permis la naissance d’un système qui, pour imparfait qu’il soit, est le seul au monde à garantir à la fois le fonctionnement relativement équilibré de la société et les droits individuels.

 [...]

L’immense majorité des musulmans d’Europe, d’ailleurs se conforme à notre mode de vie. (là j’émets quand même des gros doutes). Or que voyons-nous : depuis 20 ans, les milieux islamistes mènent une offensive en règle  contre notre mode de vie. Des revendications communautarisme se sont multipliées : port du voile islamique dans l’entreprise ou l’administration, demande d’ouverture de salles de prières dans les mêmes lieux, remise en question de la liberté d’expression (avec, par exemple la volonté de faire passer des « lois contre le blasphème » qui nous feraient régresser de plusieurs siècles), demande d’une alimentation différenciée dans les cantines, remise en cause de la mixité, refus de travailler  avec des personnes de sexe différent, remise en cause des programmes scolaires (sur l’évolution, l’histoire, l’éducation sexuelle…).  Chaque jour apporte de trop nombreux exemples de ce néfaste activisme. Extrémistes parmi les extrémistes, les salafistes eux, n’hésitent plus, depuis longtemps, à rependre leur haine des juifs, des chrétiens, haine des homosexuels…  Or, trop souvent […], nous cédons. Dans trop de pays, on compose, on tergiverse, on faiblit et on finit par accepter l’inacceptable. Ou par fermer les yeux. Comment pouvons-nous, dans le même temps, accorder le droit du mariage aux homosexuels et consentir à ce que des établissements publics aient des horaires différents pour les hommes et pour les femmes ? Cette faiblesse encourage l’extrémisme. Chaque avancée est, pour les salafistes et leurs alliés une étape vers d’autres revendications qui, à court terme, sapent le « vivre-ensemble ». Notre faiblesse alimente cette offensive et lui permet de séduire les fanges de plus en plus larges des communautés musulmanes d’Europe. En témoignent notamment quelques études universitaires, malheureusement trop rares parce que politiquement peu correctes.

Cette schizophrénie doit cesser et il est temps de camper fermement sur nos valeurs. Ceux qui ne s’y reconnaissent pas n’ont qu’à aller vivre sous d’autres cieux."

 

 


26 août 2016

#JesuisMarianne

L'interdiction de l'arrêt anti-burkini c'est Marianne qui pleure de chagrin pour son cinquième enfant.
  Mais c'est Daech et tous les autres qui sautent de joie devant cet énième recule de la République française.

 

marianne

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25 août 2016

"Les contes défaits" de Oscar Lalo

Les contes défaits de Oscar Lalo

les contes défaits

Résumé :

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... c'est ainsi que commencent Les contes défaits.

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... c'est ainsi que commencent Les contes défaits.
L'histoire est celle d'un enfant et de l'adulte qu'il ne pourra pas devenir.
Je suis sans fondations. Ils m'ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m'empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s'y inscrit s'évapore.
Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence...
Et c'est en écrivant l'indicible avec ce premier roman qu'il est entré de façon magistrale en littérature.

Mon avis :

Passé les 10 premières lignes, les deux trois premières pages me furent désagréables à lire. Non à cause de l’écriture mais plutôt à cause de cette manie qu’à l’auteur à tourner en rond. De décrire un problème par mille tableaux.  Mais finalement passé cette mise-en-bouche, la lecture a décollé et je me suis retrouvée prise par l’histoire que raconte Oscar Lalo. Une histoire terrible, une histoire d’enfant détruit, d’une vie impossible.

Très vite on se rend compte que ce livre parle de pédophilie, de violence psychologique, d’absence parentale, on s’attend donc à trouver pour la suite du bouquin une ambiance pesante et des mots terribles, il n’en est presque rien. Si l’ambiance est militaire, morne, pesante ; l’écriture, elle, est pudique, imagée, mélodieuse, donnant ainsi une profondeur au personnage en lui accordant ainsi un côté vacillant. Un côté petit enfant fragile, qui retranscrit à merveille cet adulte qui n’a jamais su se construire, se détacher de son passé pour devenir un homme accompli.

Enfin, ce livre est un journal, le journal d’une descente aux enfers, l’enfant racontant succinctement  les faits de ses journées horribles passées dans un home, ces endroits où généralement les enfants écrivent leurs plus beaux souvenirs, les plus beaux contes ; mais comme le conte ne prend pas, le livre devient finalement une quête. La quête de lui-même, la quête de la vérité, la quête de la paix avec son passé. Afin d’avoir une vie, afin de ne plus avoir peur de vivre.

En résumé, ce livre n’est pas très facile à lire, l’histoire est sombre et le personnage est complètement perdu, mais il est raconté de manière tellement délicate qu’il en vaut le détour. C'est un livre de cette rentrée littéraire à ne pas manquer.

 

Merci aux éditions Belfond.

20 août 2016

Je n'm'enfuis pas je vole. Comprenez bien je vole.

Je partirai pour les terres lointaines de Paul Couturiau

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Résumé :

Le 23 novembre 1923, Philippe, fils de Léon Daudet, fondateur de L'Action française, journal royaliste, antisémite et antimaçonnique, fugue. L'adolescent est coutumier du fait. Cette fois-ci, pourtant, il part avec l'intention de s'embarquer pour le Canada et la grande aventure. Devant l'impossibilité de mener à bien son projet, il regagne Paris où il va, sous un nom d'emprunt, frapper à la porte du Libertaire, journal anarchiste. Il annonce aux rédacteurs vouloir tuer le président de la République, Millerand ou son prédécesseur, Poincaré ou encore… Léon Daudet ! Quatre jours plus tard, il est retrouvé sur le siège arrière d'un taxi, une balle dans la tête. Suicide ? Meurtre à caractère politique ? La question reste ouverte.

Mon avis :

Je partirai pour les terres lointaines est un roman qui raconte la courte vie de Philippe Daudet, fils de Léon Daudet grand activiste de l’Action Française. Raconté par Marie-Sarah une prostitué a qui Philippe se confit avant sa mort, l’auteur a fait le choix de romancer la vie de ce jeune homme et de privilégier la version officielle de sa mort, donnant de ce fait un petit côté trompeur au résumé qui à travers les mots « énigme judicaire » laisse plus supposer autre chose dans le genre enquête.

Cela étant même si je ne suis pas tombée entièrement sur ce que pensais le livre bien raconté m’a assez plu et je l’ai lu même avec plaisir. Mais ceci plutôt grâce au côté touchant, émotionnel de l’écriture et du cœur de Marie-Sarah, qui met dans sa version de l’histoire beaucoup de pudeur et de compréhension et tente de rétablir certains faits contradictoires par rapport aux écrits de l’époque ; que grâce au personnage principal qu’est Philippe Daudet.

Un jeune homme doux-dingue, doux rêveur, très idéaliste et à côté de la plaque. Certes l’antisémitisme qu’il abhorre est tout à fait normal (et aujourd’hui comme hier je ne le comprends pas), mais de là à oublier dans son jugement que c’est le propre de la nature humaine d’aimer ET de détester (pas une personne au monde aime tout le monde, ça n’existe pas) ça me l’a rendue tellement immature que je l’ai trouvé un peu soûlant à suivre. Pour moi c’était au final plus un ado qui faisait une crise d’adolescence, qu’autre chose. Un ado qui avait parfois des bonnes convictions mais ne réflechissez pas beaucoup. D’ailleurs petite question, qui sommes-nous pour juger les sentiments d’autrui ? Juger des actes oui, mais des sentiments et les raisons bonnes ou mauvaises de ces sentiments, c’est autre chose - et si c’est faisable ça demande un peu plus que de la simple conviction. Bref, Philippe ne m’a pas inspiré autant de sympathie que j’aurais voulue.

Enfin, sur le déroulement de l’histoire et les autres personnages secondaires là j’ai été par contre plus  enchantée. Déjà par les diverses rencontres comme celle de Marcelle ou encore de Provis, deux personnages très simples et doux, et ensuite par le fait que l’auteur a retranscrit visiblement fidèlement (d’après ce que j’ai pu voir sur le net) l’itinéraire de ce jeune homme perdu.

En conclusion, malgré un personnage principal qui m’a laissé assez indifférente, j’ai apprécié lire ce livre pour Marie-Sarah, l’écriture (même si les nombreuses citations peuvent parfois être dérangeante), pour certaines personnages secondaires et pour ce qu’il raconte. Une affaire qui marqua le temps d’une rose son temps. 

 

Merci aux édition Jourdan.

18 août 2016

Suivons les pas des amants désunis

Romanesque de Tonino  Benacquista

Source: Externe

Résumé :

Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique : Les mariés malgré eux. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

Mon avis :

Romanesque : le titre sied à merveille au contenu de ce livre. Ce livre mes amis, quel livre ! Quelle aventure ! Quelle inventivité ! Quelle lecture ! Sans pour autant être un coup de cœur – mais pas loin –, ce livre m’a enchantée par son histoire hors du commun et ô combien riche en trouvailles, évènements, surprises, et j’en passe.

Nous suivons l’histoire de deux amants qui dérangent par leur façon de vivre et de penser leur amour, punis sur terre comme au ciel et enfin aux enfers, ils devront traverser plusieurs épreuves qui calmeront la colère de dieu et le désarroi du diable devant son échec à les séparer.
Mais les épreuves stressantes et terribles de nos amants, qui traversent le temps et les continents avec ruse et force, n’est pas le seul point positif de ce livre. En effet, ce dernier m’a énormément plu par son côté légendaire. J’ai aimé voir comment l’imaginaire de l’auteur a pu concevoir la transcription des légendes qui peuplent notre terre. J’y ai trouvé un côté enfantin et très nouveau. Car on n’imagine pas les légendes s’écrire ainsi avec un parcours aussi fou.

Outre ceci, et dans cette chance que nos amants ont eu à parcourir le temps, j’ai aussi goûté cette petite critique de l’incertitude historique que l'auteur glisse par-ci par-là. Cette avance que les amants avaient sur elle et qui leur permettait de critiquer certaines choses était en effet sympathique à suivre pour l'étudiante en histoire et histoire d'art que je suis. Car cela montre qu'on ne peut pas tout savoir et que parfois l'Histoire comme les légendes s'écrivent avec des lambeaux d'histoire et de l'imagination, ce qui ne les rend pas forcément très fiables. Et ceci c'est un sentiment que je ressens souvent dans mes études, du coup comme ça me parlait, ben forcément j'ai apprécié.

Enfin, pour finir, je dois dire que l’élégance du livre vient aussi de nos deux amoureux. Alors certes, c’est un peu beaucoup niais une histoire d’amour, mais malgré cela j’ai trouvé du charme dans cette histoire. Nos deux tourtereaux qui s’aiment mal pour l’opinion et envers et contre tout sans pour autant être écœurant d’amour, sont attachants par cette envie de vivre simplement ensemble et la persévérance qu'ils y mettent.
De plus, d’un point de vue du caractère je les ai trouvé surprenants ; ils sont débrouillards, ne se démontent pas face à l’hostilité des vents ou des hommes, et surtout, ils savent ce qu’ils veulent. L’auteur ne remplit pas des pages en les faisant jouer la girouette, là ça reste un but, une idée et pas autre chose, et je dois dire qu’en plus des épreuves incroyables qu’ils traversent, ce but à atteindre qui ne varie pas d’un point et ce qui fait que j'ai été happée par le récit. Car je n'avais qu'une question en tête de toute ma lecture.

Malgré cet avis un peu dithyrambique, je le rappelle ce livre n’est pas un coup de cœur parce que certains passages à l’époque contemporaine ne m’ont pas emballée autant que ça, mais malgré tout, cette histoire d’amour servie à la fois par une plume commune, délicate et poétique, et qui nous propose de suivre des personnages hors du commun dans des épreuves hallucinantes, est une perle. C’est un livre de cette rentrée littéraire à ne pas rater. C’est du roman, de la nouveauté comme on aime. C’est Romanesque !

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard.

 

Extraits :

"Vexés par l'insubordination des amants, les fâcheux s'en sont allés, mais déjà une ombre morbide et souveraine plane sur la scène. L'insolence s'efface par pudeur, l'heure n'est plus à la farce : on se meurt."

"Temps,
Toi qui m'oppresses depuis mon premier jour, toi qui me rappelles à chaque instant que tu m'octroies combien je suis mortel. Sache que dorénavant je serai lent quand tu voudras me hâter, et je perdrai plus mes heures à t'attendre quand je voudrai me hâter. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais."


16 août 2016

Proverbe philippin

 

 

philippine

 

 

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11 août 2016

"Chasseur de neige" de Paul Yoon

Chasseur de neige de Paul Yoon

9782226320766-j

Résumé :

1954. À la fin de la guerre de Corée et au sortir des camps de prisonniers établis par les Américains, Yohan, un jeune soldat du Nord, se voit proposer, comme à des milliers de ses camarades d'infortune, de s'expatrier. Il choisit le Brésil, dont il ne sait rien et ne parle pas la langue, et s'installe, en vertu d'un accord passé avec les Nations unies, dans un village sur la côte où il trouve du travail. Bien qu'étranger sur cette terre, Yohan trouve un père en la personne de son employeur, Kiyoshi, un tailleur japonais établi là depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis une famille auprès de Peixe, fils de pêcheurs devenu gardien de l'église du quartier, et de deux jeunes orphelins. Mais vouloir se construire un présent n'efface pas un passé douloureux, et Yohan devra se battre pour chasser les démons qui le hantent...

À la manière d'Alessandro Baricco dans Soie, Paul Yoon, l'auteur d'Autrefois le rivage, saisit l'essence de la vie et sa beauté dans la résilience d'un être qui survit à l'horreur et se réinvente.

« Paul Yoon réussit à transformer des scènes ordinaires en véritables instants de grâce. Un roman minimaliste et magnifiquement maîtrisé. » - Kirkus Review

Mon avis :

Chasseur de neige de Paul Yoon fait partie de ces livres qui ne racontent pas grand-chose mais qui sont passionnants par le peu qu’ils racontent. En effet, les protagonistes ne sont pas plus approfondis que ça, l’histoire est simple et construite avec peu de chose, mais pourtant les personnages par leurs silences, leurs mystères - que laisse supposer l’écriture minimaliste - racontent les tréfonds de la nature humaine plus que des lignes d’écriture.

Dans ce roman, nous suivons la vie de Yohan jeune Nord-Coréen qui part au Brésil pour être l’employé d’un tailleur japonais après avoir été fait prisonnier par les américains. Une fois au Brésil, notre personnage vit une vie simple au côté de son maître tailleur lui-même peu loquace. Les deux hommes se côtoient mais échangent peu sur leur vie privée. La vie défile. Le maître devenu vieux, meurt ; et Yohan se retrouve seul à gérer la boutique.
Rien ne change vraiment à cet instant, si ce n’est que le plus intense de la lecture commence ici, car les errances philosophiques de Yohan, les questions existentielles où ressort cette tendance à se dire « Est-ce que j’existe pour quelqu’un ? » « Que sont-ils devenus ? » se font bien plus présentes qu’auparavant et nous renvoient nous lecteurs à nos propres questions, qu’elles soient personnelles ou juste des simples curiosités quand on pense aux inconnus. (Ce que je fais souvent.)

Au-delà de tout ce côté existentiel et de cette profondeur humaine que le livre nous fait côtoyer par sa mise en scène, les personnages qui entourent Yohan sont aussi très agréables à suivre. Car comme Yohan tous sont mystérieux et rajoutent à cette ambiance brumeuse une étincelle de vie, d’innocence, mais aussi des zones d’ombres qui ouvrent d’infinies possibilités, d’infinies questions. Effectivement, si le décor est bien réel, les personnages eux gardent cette distance, ces silences entre eux qui titillent l’imagination du lecteur. Ce qui n’est pas pour déplaire.

 

En résumé c’était une lecture toute simple mais qui sait embarquer son lecteur dans un monde proche et à la fois lointain. Dans un monde pudique et discret.

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01 août 2016

"Deux gouttes d'eau" de Jacques Expert

Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

Source: Externe

Résumé :

Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, tuée à coups de hache. Elle s'appelle Élodie, et l'enregistrement d'une caméra de surveillance permet d'identifier son ami, Antoine Deloye, sortant de chez elle, l'arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s'obstine, malgré les évidences, à nier les faits. Il accuse son frère jumeau, Franck, d'avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d'eau.
 
Une construction rigoureuse et implacable qui fait vaciller nos certitudes jusqu’à la dernière page. Nathalie Dupuis, Elle.
 
Redoutablement efficace. Jean-Christophe Buisson, Le Figaro magazine.
 
Un impeccable thriller psychologique. Élise Lépine, Tranfuge.

Mon avis :

Je lis très peu de roman policier même si c’est un genre que j’aime beaucoup, par chance ils sont généralement bons et bien Deux gouttes d’eau de Jacques Expert ne fait pas exception.

Alors, je suppose que des romans policiers avec des histoires de jumeaux sont assez monnaie courante, mais comme j’en lis peu et n’en ai lu je crois aucun avec ce thème, celui-là a eu l’heur de me plaire par son sujet, son développement et sa fin. En effet, pour moi tout était assez nouveau, et ceci malgré quelques clichés comme le flic bourru, le subalterne qui n’en fait qu’à sa tête et j’en passe.
Cela étant, malgré cela et quelques passages qui m’ont fait rire parce qu’ils me paraissaient absurdes, comme par exemple les parents qui psychotent au tout début de la naissance des jumeaux à cause des bracelets (j’ai trouvé ça quand même gros), j’ai lu ce livre avec plaisir. Premièrement parce que l’auteur arrive à maintenir un suspense jusqu’à la dernière page, deuxièmement parce qu’il a su donner un passé à ses personnages, notamment aux jumeaux, sans alourdir le récit, et troisièmement parce qu’il a su faire une fin surprenante. Une fin que personne n’attend, une fin inquiétante au demeurant, une fin qui te laisse comme deux ronds de flan. Ouais !

Enfin là je parle de la fin, mais en fait, c’est tout le récit qui surprend par ses innombrables rebondissements et son développement, et je pense que très peu de lecteurs pourront deviner ce qui se passera à la fin tellement c’est original. Bon, après peut-être que je me trompe mais pour moi qui en lis peu c'est ce que je pense.^^

Bref. Ce n’est pas un policier qui marquera l’histoire du genre, mais il a cette touche agréable et fraîche qui fait qu’on le lit avec plaisir. Pour ma part c’était la première fois que je lisais cet auteur et je pense qu’un jour j’en tenterai d’autres.

Merci à Lecteurs.com.

27 juillet 2016

"Je voulais juste vivre" de Yeonmi Park

Je voulais juste vivre de Yeonmi Park

je voulais juste vivre park

Résumé :

Yeonmi a 13 ans, sa courte vie est déjà marquée par le désespoir. Elle n’a qu’une solution : fuir son pays, la Corée du Nord. Elle ne se doute pas que le chemin vers la liberté va l’entraîner en enfer…
 
Après des années de privations et de harcèlement, par une nuit glaciale, Yeonmi, 13 ans, et sa mère, réussissent à traverser le fleuve Yalu qui marque la frontière entre la Corée du Nord et la Chine. Elles laissent derrière elles leur pays natal et ses horreurs : la faim, la délation constante et surtout une répression impitoyable et le risque permanent d’être exécutées pour la moindre infraction. Mais leur joie n’est que de courte durée. Rien ne les a préparées à ce qui les attend entre les mains des passeurs. Après plusieurs années d’épreuves inhumaines et un périple à travers la Chine et la Mongolie, Yeonmi atteint finalement la Corée du Sud.
 
À 22 ans, Yeonmi est désormais une combattante : c’est l’une des plus influentes dissidentes nord-coréennes et une activiste reconnue des droits de l’homme.

« L’une des histoires les plus déchirantes, et des plus inspirantes, que j’ai jamais lues. On ne peut plus l’oublier » The Bookseller
 

Mon avis :

Il y a deux ans à peu près, j’avais déjà eu grâce à un roman réaliste La vie rêvée de Jun Do une première approche de ce qui se passait en Corée du Nord, pays fermé à l’extrême et dirigé par une famille horrible. Ce livre m’avait fait découvrir déjà beaucoup de chose en plus de venir affirmer ce que je savais déjà, mais aujourd’hui le livre de Yeonmi Park vient compléter ce sombre tableau. D’une part parce que Yeonmi Park va nous faire découvrir la véritable dimension psychologique que prend le régime dictatorial sur les coréens du nord à force de propagande, en plus de nous faire découvrir le mode de fonctionnement de la société, et d’autre part parce qu’elle va nous faire découvrir l’après Corée du Nord que l’auteure vivra avec sa famille suite à sa fuite de ce pays où il est interdit de se plaindre des magnifiques conditions de vie…

Ce livre raconte donc des histoires, c’est un témoignage qui parle de plusieurs vies, mais à l’inverse du témoignage nombriliste qui raconte juste pour raconter - genre de livre que l’on voit souvent -, ce bouquin cherche avant tout à dénoncer les crimes que la Corée du Nord fait subir à ses habitants mais aussi à dénoncer la position de la Chine sur les réfugiés Nord-Coréens, qui par manque de reconnaissance se trouvent être victimes du trafic humain et réduits à l’état de rien afin d’échapper au renvoi dans le paradis socialiste de Corée du Nord.

Dans ces pages, l’auteure, pour aborder ces différents sujets que sont ; l’exclusion, la misère, la maladie, la peur, la souffrance, l’injustice, la survie, la fatigue, la propagande, etc., part de son enfance, remonte à ses ascendants, raconte les trafics de son père pour faire vivre sa famille qui souffre comme tout le pays de la famine puis son arrestation et les conséquences que cela entraîne. (Et là on a une belle image de la Corée du Nord.)
Elle raconte encore son histoire de fille vendue, mais aussi sa nouvelle vie libre où l’adaptation fut difficile quand dans toute ta vie les autres ont tout choisi pour toi, quand tu n’as pas appris à penser par toi-même et quand en plus tu dois rattraper des années de retard d’éducation.

Bref. Vous vous en doutez, ce livre n’est pas facile à lire, il y a tellement de choses exécrables et tristes dedans. Tellement de combat. Mais quand même, à la fin quelle joie de la voir se battre et tenir tête à la famille Kim qui en fait une personne anormale et dangereuse dans sa propagande.
Cependant cette joie est en demi-teinte, en effet combien de personnes sont encore des esclaves en Chine ? En Corée du Nord ? Combien sont arrêtées arbitrairement pour une rumeur ? Pour avoir rêvées d’une vie meilleure ? Combien de jeunes prennent des risques pour vivre une jeunesse joyeuse ? Une jeunesse qui veut porter des jeans, regarder des films. Combien meurent dans des camps de rééducation ?...

Au final, ce livre n’est pas bouleversant, il est révoltant. Et même si je ne vois pas en quoi un livre ferait changer les choses, surtout quelque chose d'aussi grand et tenace, c’est malgré tout un livre que je conseille pour savoir. Et pour ma part et parmi tous les voeux que je souhaite faire, je souhaite qu'un jour la Chine et la Corée du Nord connaissent enfin la liberté. Oui, je souhaite en même temps que cette jeune fille, rejoignant ainsi le souhait de Tian'anmen, que ces dictatures tombent pour un régime meilleur.

Merci aux éditions Kero.

26 juillet 2016

"Une nuit d'été" de Chris Adrian

Une nuit d'été de Chris Adrian

une nuit d'été

Résumé :

Libre transposition dans le San Francisco d'aujourd'hui du Songe d'une nuit d'été, le roman de Chris Adrian est un livre surprenant, où réalité et féerie se télescopent pour interroger la nature exacte de l'amour.

Henry, Will et Molly ne se connaissent pas mais ils ont quelque chose en commun. Tous trois viennent de perdre un être cher dans la mort ou la rupture. Un soir d'été, tandis qu'ils se rendent à une soirée, ils s'égarent dans Buena Vista Park sans savoir que ce lieu est devenu le refuge secret de Titania et Obéron, les souverains du royaume légendaire immortalisés dans la pièce de Shakespeare, inconsolables depuis la mort de leur fils... Ensemble, ils vont vivre une nuit à nulle autre pareille.

À l'image d'Obéron, doté du pouvoir de sonder le cœur humain, Chris Adrian explore la puissance et le mystère de l'amour, se jouant de la frontière entre mythe et réalité, grâce et gravité. Il réussit un roman drôle et émouvant, d'une inventivité rarement égalée.

Mon avis :

Une nuit d’été, promettait selon la quatrième couverture du rêve, du plaisir, du nouveau. Ben malgré un presque bon début, la lecture a été un échec. Certes il y a du renouveau dans l’idée, l’histoire d’Obéron et Titania était vraiment agréable à suivre tout en étant revisitée, mais pour le reste j’ai vite décroché. En effet les 3 autres personnages principaux étaient très agaçants à suivre. L’un à cause de son échec amoureux, l’autre à cause de son comportement lors de cette folle nuit surnaturelle et en plus sa vie n'était pas intéressante, et le dernier parce que rien d’intéressant.

En plus du manque d’intérêt à l’histoire autre chose qui m’a dérangée, et c’est comme toujours les scènes un peu trop crues qui parsèment les pages ici et là. Des scènes olé-olé qui ne servent à rien, à part rajouter des lignes.

Bref ! Je n’ai pas fini le livre car il était trop long et pas assez intéressant à mon goût, ce qui est dommage car l'histoire de Puck j'aurai aimé savoir comment elle se finissait et j'aurai aussi aimé savoir de quoi parlaient les deux ou trois passages que j'ai lu vers la fin en fermant ce livre et qui étaient pas mal. Mais sincèrement j’ai tellement galéré pour lire ce livre jusqu’à la moitié et même plus que je ne pouvais pas continuer.

En conclusion, c’est un livre qui avait de l’idée, une toute petite histoire sympa dans le lot d’histoire, mais comme beaucoup je n’ai pas aimé.

 

Merci quand même aux éditions Albin Michel.

Posté par Florell à 07:32 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
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