Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

26 avril 2019

"Le sang des mirabelles" de Camille de Peretti

Le sang des mirabelles de Camille de Peretti

Source: Externe

Résumé :

« Depuis le début de la cérémonie, la tête légèrement penchée en avant, elle avait gardé les paupières baissées comme l’aurait fait une fiancée soumise, mais son corps criait la roideur et l’orgueil. Malgré son jeune âge, il n’y avait en elle aucune douceur, aucune fragilité, aucune enfance. La parfaite beauté de la jeune fille, sa peau d’une pâleur extrême, ses petites mains jointes en prière, la finesse pointue de ses articulations que l’on devinait sous le lourd manteau vert doublé de fourrure, tout cela était tranchant comme la lame d’une épée. »
Au cœur du Moyen Âge, le destin de deux sœurs en quête d’émancipation à une époque vouant les femmes au silence. Un magnifique voyage dans le temps, qui dépoussière le genre du roman historique.

Chronique expresse :

Le sang des mirabelles, parle de l’histoire de deux jeunes sœurs qui se retrouvent dans un monde inconnu après le mariage de l'aînée. Ce monde inconnu leur réserve bien des surprises, bonnes ou non.

Je vais être franche, ce livre n’est pas un coup de cœur pour moi. Cela étant, si je ne ressors pas à 100% enchantée de cette lecture, j’admets que j’en ressors tout de même agréablement surprise. Agréablement surprise par le langage employé qui donne une touche désuète au roman ; agréablement surprise par ce moyen-âge un peu imaginaire, où les personnages n’ont pas de nom et où la géographie ne dit pas son nom ; et enfin agréablement surprise par ce conte cruel, où la rancœur, l’amour, la haine, la curiosité, la religion, promettent le pire comme le meilleur.

Vous l’aurez deviné, ici point de grande épopée, de grande aventure, plutôt des querelles et de la sournoiserie qui vous donneront envie destriller quelques personnages comme le chapelain vicieux et salopard. Toutefois, cette ambiance des coeurs et des esprits fait son effet sur le lecteur, et promet un bon moment de lecture et de réflexion, notamment sur l'inquisition.

A lire pour le plaisir.

Calmann-Levy.

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15 mars 2019

"Léonard de Vinci : l'indomptable" de Henriette Chardak

Léonard de Vinci : l'indomptable de Henriette Chardak

léonard Henriette Chardak

Résumé :

Portrait intime d'un génie. Léonard de Vinci demeure le génie de tous les temps. Homme d'esprit universel, artiste peintre, sculpteur, poète, écrivain, philosophe, musicien, scientifique, ingénieur-inventeur, anatomiste... Qui est-il en vérité ? Au début du XVIe siècle, au terme de sa vie, Léonard de Vinci, génie, artiste pluriel et homme de science, quitte l'Italie où il fut reconnu par ses pairs, mais surtout moqué, accusé, rejeté, détesté, incompris... François Ie l'accueille, le protège à Amboise et le nomme premier peintre de la Cour. Le roi de France et sa mère Louise de Savoie partagent plusieurs secrets avec lui : l'origine du linceul du Christ, l'identité de la Joconde et un projet fou : une ville nouvelle. Enfin admiré et choyé, Léonard de Vinci revisite son passé, le scénario chaotique de sa vie. Très tôt arraché à sa mère aux origines étranges par un père notaire et sans scrupules, il ne peut espérer étudier à l'université pour cause de bâtardise... Placé dans un atelier d'art de Florence, tous, maître et apprentis, remarquent sa taille de géant et ses talents de peintre ambidextre. Magnétique, beau, drôle, insolent, secret, il est toujours dans l'oeil du cyclone de l'Histoire, tel une star moderne. Proche des Médicis qu'il déteste, ami de Botticelli et de Machiavel, il observe le monde en annonciateur du futur. Chassé de Florence, c'est à Milan que Ludovic Sforza lui réclame des projets d'armes de guerre et non de paix. On l'utilise, on le méprise, on le pille... Il prône l'amour et la bonté. Mais qui écoute cet humaniste et poète qui réinvente le monde ? Il signait souvent IO, car sa plus grande richesse fut d'être simplement lui et personne d'autre ! Ce récit romanesque apporte un éclairage original sur la vie de l'indomptable et génial Léonard de Vinci.

Mon avis :

"Mais que cherches-tu, au fond ?
- Un sens...
- Préfère une direction !"

On ne présente plus Léonard de Vinci : ingénieur ; rêveur ; architecte ; peintre… nous savons tous que ce fût un homme touche à tout et d’une grande intelligence. En revanche, ce que nous connaissons moins, c’est sa vie, son errance, ses rêves, ses attentes, en quelques mots l’homme derrière les inventions, les recherches ou encore les créations. Avec ce livre voilà la chose réparée, puisqu’en effet nous allons découvrir ce que cachent l’imagination et les actions de l’homme. Nous allons découvrir l’homme au plus profond de lui-même. Sur ce point, l’autrice a fait un travail de titan même si c’est un roman. Et je dois dire que c’était assez plaisant de découvrir cet homme aux mille projets, dont très peu aboutissent au final, Léonard étant par trop chimérique et assez langoureux.
Deux points que l’on retrouve hélas, dans le récit qui a trop bien su retranscrire  cet état d’esprit. Logique me direz-vous, Henriette Chardak écrit sur Léonard de Vinci, mais franchement c’était un peu trop long, un peu trop lent à mon goût.
Certes, une vie d’homme c’est long, celle de Léonard 67 ans dans une Europe en ébullition. Il y a de quoi écrire ! Mais quand même, j’avais l’impression de lire un livre sans fin où on s’égarait trop. Pour moi l’auteure a trop voulu en mettre, a trop voulu restituer la réalité, car elle aborde bien sûr la vie du génie et ses pensées, mais aussi la politique, les personnages, les villes, sa famille, la météo (non, la météo je déconne).
Je ne veux pas dénigrer ce livre, car vu la somme de travail qu’il y a derrière l’écriture on ne peut que le saluer. Mais voilà, moi je n’ai pas accroché en totalité, j’en aurai voulu un peu moins, pour rendre la lecture moins laborieuse mais aussi en retenir le plus possible - et pourtant j'étais loin d'être paumée.

En résumé c’est un livre très intéressant, érudit, romanesque, historique ; un bel hommage à cet homme. Seulement pour le lire, il faut s’armer de patience.

Editions de Borée.

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27 novembre 2018

"Augustin" de Alexandre Duyck

Augustin de Alexandre Duyck

Source: Externe

Résumé :

Le 11 novembre 1918 à 5h15, la France et l’Allemagne signent l’armistice. Mais l’état-major français décide d’attendre onze heures, en ce onzième jour du onzième mois, pour que cessent les combats.
A 10h45, le soldat de première classe Augustin Trébuchon est tué.
Il est le dernier soldat français tué.
Alexandre Duyck a fouillé les archives militaires et civiles, retrouvé tout ce qu’on pouvait savoir sur ce  berger devenu soldat et imaginé le reste  : les pensées de cet homme courageux, observateur, taiseux, blessé deux fois, qui fut de tous les combats, ne prit en 4 ans qu’une seule permission et obéi aux ordres jusqu’au bout.

Mon avis :

On imagine les guerres avec la mort en masse, la mort par milliers. On n’imagine jamais ou difficilement le dernier mort, les derniers morts, qui meurent un peu solitairement, qui meurent à l’écart de la tuerie de masse. C’est pourtant une réalité de la guerre, le dernier mort et même ces derniers morts qui ne sont pas passés loin de la vie. Ces derniers morts qui rendent la victoire plus amère. A ces derniers morts et le temps d’un roman, Alexandre Duyck va rendre leur vie, va rendre leurs rêves vains.

Il va être difficile pour moi de vous parler de ce bouquin, car je ressors de ce livre ni émue, ni bouleversée, ni étonnée, ni en colère, car rien n’est plus bête et n’est plus vrai que les rêves, les traumatismes, les silences d’un homme... Cela ne veut pas dire que j’ai été insensible à ce livre et qu’il est nul, loin de là il est excellent, mais la guerre déshumanise et déniaise tellement, que j'avoue avoir vu et vécu ce livre à cette manière, comme si même l’auteur cherchait à mettre cela en avant, bien avant le reste. Certes, l’émotion n’est pas tout à fait absente non plus, il y quelques petites phrases qui la dévoilent, mais le livre est raconté tellement de manière froide, lucide, historique, que l’émotion passe à travers. On ne s’y attarde pas et on regarde le reste : l’absurdité des ordres qui tiennent la vie d’un homme ; la violence ; l’innocence et l’honneur d’un homme ; la tuerie ; le jugement des hommes entre eux, comme celui de l’intellectuel face aux paysans.

Ces derniers points étaient d’ailleurs très bien abordés, et c’était même agréable de les voir aborder, car ils font - tout comme l’éducation anti-allemande - intégralement parties de l’époque et de cette guerre. Bien sûr, il faut nuancer cette approche catégorique qui met en avant la tuerie de masse des paysans et le mépris social, les deux dépendent des régions et des personnes, et je ne pense pas que l’on puisse affirmer que l’incompréhension entre les hommes soit du mépris social. Toutefois, cela n’empêche en rien la réalité du propos, et ça ne fait que conforter la réalité historique du livre prouvant ainsi le sérieux de l’auteur.
Enfin, sur le point historique toujours, j’ai aussi énormément apprécié le fait que l'auteur aborde d’autres points, comme l’inadaptation de l’équipement français dans cette guerre ou encore l’histoire des mentalités qui fut abordée via les soldats et les villageois.

Enfin et pour finir, les autres atouts du livre que j’ai apprécié, c’est cette critique des grands hommes de l’époque et des officiers (qui ont eu des idées fixes stupides comme Floch avec son chiffre 11), ainsi que le fait que l’auteur ne s’attardent pas seulement sur Augustin Trébuchon, mais parle des autres morts, des derniers vivants, des derniers personnages, des derniers combats. Jusqu’au bout la boucherie, jusqu’au bout tuer.

En résumé et même si l’émotion était absente de cette lecture, je l’ai énormément aimé par le fait qu’elle aborde l’histoire et les mentalités de l’époque. A lire, pour se plonger dans la guerre.

 

Extraits :

"Un premier avis, rédigé, sur le moment même, a fait décéder Augustin le 13 novembre 1918, suite à ses blessures. Puis un deuxième a raccourci la vie du soldat de trois jours, finalement mort pour la France le 10 novembre 1918, date que l’on a gravée sur la trentaine de tombes, dont la sienne. « Il n’était tout simplement pas possible de mourir pour la France le jour de l’armistice, le jour de la victoire », écrira Charles de Berterèche de Menditte, officier d’infanterie dans ses Souvenirs de la guerre 1914-1918."

"Delalucque retournerait en Normandie, il y serait ouvrier agricole puis clochard, vivant tantôt dans un hangar, tantôt à la rue. On dit que c’est sa compagne qui l’a tué quelques années plus tard à coups de couteau. Personne ne se souviendra qu’il a sonné, le 11 novembre 1918 à 11 heures, sur le dernier champ de bataille français de la Première Guerre mondiale, le clairon annonçant la fin de la Grande Guerre. On l’oublie tellement que ce n’est pas même son clairon qui trône dans les vitrines du musée de l’Armée à paris : c’est celui du soldat Pierre Sellier, originaire de Belfort qui fut chargé, le 7 novembre au soir, de sonner le cessez-le-feu pour permettre aux plénipotentiaires allemands chargés de négocier l’armistice de traverser les lignes françaises à Haudroy dans l’Aisne"

11 novembre 2018

"Le mystère Clovis" de Philippe de Villiers

Le mystère Clovis de Philippe de Villiers

le mystère clovis

Résumé :

Dans une évocation gorgée de couleurs fortes et de furieuses sonorités, Philippe de Villiers fait revivre Clovis et lui donne la parole. Le roi fondateur dévoile les épisodes les plus intimes, les plus secrets, de ses enfances, de ses amours, de ses chevauchées.
Ce livre éclaire d'un jour nouveau le mystère de sa conversion, rétablit la vérité sur la date de son baptême et renouvelle ainsi la perspective symbolique de tout notre passé, de notre destin. Au fil d'un récit haletant, affleurent parfois des correspondances troublantes entre les tribulations du monde de Clovis et les commotions de notre temps : le va-et-vient des peuples en errance, les barbares, les invasions, les fiertés évanescentes, les civilisations qui s'affaissent... Une restitution spectaculaire, passionnante, inattendue, qui nous fait revivre comme jamais les temps mérovingiens et les origines de la France.

Mon avis :

Un roman sur Clovis, la chose est assez rare pour que je veuille le lire ! C’est chose faite, et même si je crois que je préfèrerais une bonne biographie avec un langage bien actuel sur le personnage, j’ai quand même bien apprécié cette lecture intéressante qui plonge le lecteur dans une époque méconnue et un règne légendaire. Ou plutôt dans la légende d’un règne. Car c’est en abordant le côté merveilleux qui entoure et tisse le règne de ce roi Franc, que Philippe de Villiers a fait le pari d’écrire la vie de ce roi.
L’auteur ne s’est, en effet, pas contenté seulement d’écrire des faits avec un peu de roman, il a gardé les faits et les légendes, et écrit un roman avec, ce qui permet de garder toute la dimension chimérique de ce règne.

Bien sûr, de ce fait il ne faut s’attendre à un roman classique avec une folle aventure pleine de rebondissement, l’auteur reste proche de la vie du roi, et Clovis était roi « barbare » et était homme ; mais si l’on considère les guerres, les trahisons, les légendes… comme une aventure avec une touche imaginaire, alors oui on peut dire que c’est un roman. Le roman d’une vie, tout simplement le roman d’un roi, servi en plus par un langage fort désuet afin de mieux nous immerger dans ce médiéval naissant.

Niveau historicité maintenant, on voit tout de suite que Philippe de Villiers s’est bien renseigné sur le sujet, - il y a une liste d’ouvrage à la fin qui fait pâlir d’envie et il s'est fait aider par des spécialistes - inutile de vous dire, qu’il restitue donc fidèlement et sans perdre le lecteur en détail, les royaumes francs de l’époque, en mettant en avant les conflits d’intérêts notamment la course aux honneurs romains, les meurtres familiaux, les conflits religieux, ou encore la volonté d’affirmer un pouvoir et une identité germanique tout en revendiquant un côté romain. Outre cela, le petit plus agréable du livre c'est que l'auteur va plus loin, puisqu'il avance une nouvelle chronologie du règne de Clovis.
Bref ! Niveau historicité il est proche de la réalité et c'est un point très agréable du livre, et ceci même s’il a l’approche d’un romancier envers le personnage de Clovis. (Oui, il y a des historiens qui ne font pas de Clovis un type sympathique.)

Cependant il y a un léger hic à cette histoire, qui fait que ce roman me « déplaît » un peu. Comme vous le savez, la période Clovis (et avant) correspond à la chute de l’Empire Romain d’Occident et aux invasions barbares, ainsi qu’à la prise de pouvoir des peuples intégrés à l’Empire, partant de ces faits Philippe De Villiers va donc en profiter pour faire le parallèle entre l’époque déliquescente actuelle et le passé. Mais pour ma part, et même si je comprends très bien le parallèle entre hier et aujourd’hui qui n’est pas forcément faux dans l’idée en plus, j’avoue que je ne suis pas fan du tout de ce genre de réflexion, car pour moi ça permet toutes les extravagances possibles, comme Macron s’amuse à le faire à l’heure actuelle pour le 11 novembre ou comme d’autres s’amusent à le faire en mettant constamment 39-45 dans un débat où ça n’a rien à faire.
Bref ! Personnellement, je trouve que faire cela c’est refuser la spécificité des époques et refuser de voir les réels problèmes de l’époque, c’est aussi déformer jusqu’à l’absurde des situations qui n’ont rien à voir avec le passé, du coup le seul truc que je reproche un peu à ce livre c’est cette démarche qui est de mélanger l’histoire, même si je comprends parfaitement le raisonnement qui doit faire réfléchir sur notre époque actuelle. Cela étant, ça n'en fait pas un mauvais livre pour autant, au contraire.

En résumé, c’est donc un bon roman sur une vie, sur la vie de Clovis, et sur une époque aussi. C'est aussi un livre idéal pour tous ceux qui veulent approcher Clovis en surface, avant d'aller voir plus loin. A lire, pour la culture. 

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24 octobre 2018

"Pharaon : mon royaume est de ce monde" de Christian Jacq

Pharaon : mon royaume est de ce monde de Christian Jacq

Source: Externe

Résumé :

« Mon nom est Thoutmosis, et j'ai construit un monde.
Un monde aux frontières menacées par les ténèbres et la barbarie.
Un monde qui aurait pu disparaître sous le poids de l'avidité, du mensonge et de la médiocrité.
Mais j'ai combattu, jour après jour, avec l'aide des dieux pour que rayonne la lumière, et qu'elle nourrisse les humains.
Et mon royaume fut de ce monde. »

Dans la suite des grands romans qui ont fait son succès, Christian Jacq nous fait revivre l'incroyable histoire du pharaon Thoutmosis III (1504-1450), celui que l'on surnomma plus tard le Napoléon égyptien.

Redoutable stratège, guerrier intrépide, Thoutmosis repoussa toutes les attaques contre l'Égypte. Mais l'homme était aussi un savant qui ne cessa de vouloir améliorer le sort de son peuple. Follement épris de la musicienne Satiâh, il fut le premier roi égyptien à être appelé Pharaon.

Passion, combats, sagesse ancestrale et recherche de l'harmonie, Christian Jacq, avec ce roman, nous plonge dans les aventures et les secrets d'un des plus grands rois d'Égypte.

Mon avis :

"Quand l'écoute est bonne, la parole est bonne." Ptah-Hotep.

Plus de trente ans et je n’ai jamais lu de Christian Jacq, car les romans qui se passent dans l’Egypte antique je les imagine souvent poussiéreux et ennuyeux (je ne sais pas pourquoi). Bien mal m’en pris, car c’est plutôt agréable à lire, et même très agréable, vu que se marie à merveille roman et histoire par un savant dosage de connaissance et d’imagination. En effet, tout se tient si bien, tout est si bien écrit et amené, que j’ai eu l’impression d’avoir eu accès à toutes les connaissances sur ces gens-là et cette époque-là. L’auteur arrive vraiment à faire oublier le roman, pour nous plonger dans une époque qu’on peut parfois avoir du mal à imaginer.

Outre le décor, les connaissances et l’histoire, ce que j’ai aussi apprécié avec ce roman, c’est qu’il rappelle que l’Egypte n’est pas qu’une terre de momie poussiéreuse, vu qu'elle fut habitée autrefois par des gens très intelligents qui avaient une culture immense pour leur époque, ainsi que par des gens bien vivants. Sur ce dernier point, et même si là on part dans une bonne dose de fiction, j'ai adoré la personnalité que Christian Jacq a donnée à chacun de ses personnages, car chacun par leurs qualités, leurs travers, leurs rancunes, leurs peurs, leurs doutes, tissent le roman pour écrire l’épopée d’un règne qui est rythmé par les douze heures. Et quel règne mes amis, quel règne ! On n’avait pas le temps de s’ennuyer à l’époque, du coup le lecteur non plus.

Enfin, le petit plus que j’ai apprécié dans ce roman, c’est l’humour qui ne manque pas à travers le Vieux et Vent du Nord. Là il y a vraiment une belle originalité qui mérite d’être souligné, car ce point-ci rend la lecture doublement agréable. Déjà par l’humour qui est toujours appréciable, mais aussi parce qu’il fait oublier que parfois certaines scènes reviennent très régulièrement comme les campagnes militaires. En effet, Thoutmosis III n’ayant pas chômé, ces scènes sont récurrentes, du coup une dose de Vent du Nord fait du bien dans cette "répétition". Même si le mot répétition n'est pas tout à fait juste, étant donné que Christian Jacq a eu l’intelligence de ne pas toutes les développer dans les détails, faisant ainsi échapper aux lecteurs le sentiment de redite.

En résumé et pour faire court. J’ai adoré ma première rencontre avec cet auteur, il y a de l’aventure, de la haine, de la passion, de l’humour, des connaissances… Bref ! Tout ce qu’il faut pour faire un excellent roman. A lire sans modération.

Merci aux éditions XO.

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30 juillet 2018

"Du destin des parques : Indochine 1932-1955" de Olivier Nourry

Du destin des parques : Indochine 1932-1955 de Olivier Nourry

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Résumé :

Le 6 septembre 1939, les vies de Paul Nguyen, de Charles Gabioni et de Jean Darrecourt vont être bouleversées.

Amis d’enfance, ils ont 17 ans quand la guerre éclate. C’est à Saïgon, à 12?000 kilomètres de la Métropole, qu’ils apprennent la mobilisation générale. Incrédules, en juin 40, ils suivent à la radio l’invasion des troupes de l’Axe qui emportent leurs illusions de jeunes patriotes.
Paul, un Eurasien qui a grandi à Marseille, Charles, le fils d’un riche colon de l’Annam, Jean, dont le père est pilote sur la rivière Saïgon, se trouvent propulsés dans l’âge adulte. Leur amitié résistera-t-elle à leurs engagements politiques opposés??
Ils vont subir, chacun de leur côté, la violence de l’invasion et de l’occupation japonaise sur l’Asie du sud-est et seront témoins des années dramatiques que connaîtra l’Indochine de 1940 jusqu’à la chute de Diên Biên Phu en 1954. Au milieu des tensions politiques et des tergiversations des gouvernements en Métropole, les trois amis vont assister, impuissants mais révoltés, à la lente et cruelle dérive de la colonie française qui se dirige vers l’aventure communiste.
Des scènes d’une époque révolue, des actions tragiques et poignantes se fondent dans les paysages somptueux du Nord Laos, de l’Annam et du Haut-Tonkin.

Un roman historique très documenté sur un épisode marquant du XXe siècle !

Mon avis :

Encore un livre qui se passe pour une bonne partie en Asie lors de la Seconde Guerre mondiale. Décidément mes lectures se suivent pas mal en ce moment ! L'histoire est cependant différente du Don de la pluie, puisqu'il est question ici de 3 amis et de la difficulté de garder un lien lors d'une période charnière de l'histoire quand les opinions divergent. Outre cela, ça parle aussi d'amour, de courage, d'épreuve physique et morale, de valeur... d'un tas de sujet sur la nature humaine et plus, et dont la guerre est un excellent révélateur. 
Bref ! Ce roman parle d'un tas de sujet, et c'est une fresque humaine grandiose et une histoire riche que nous offre Olivier Nourry. Riche en aventure, en questionnement, en personnage, mais surtout riche historiquement. L'auteur a vraiment potassé son sujet, et c'est un réel plaisir de lire ce livre qui nous parle de la Seconde Guerre mondiale ailleurs. Tout est parfait... ou presque.
Pour seul bémol je dénoncerai sa longueur, je ne sais pas encore - malgré la qualité historique -, s'il était vraiment nécessaire d'aller jusqu'à la guerre de décolonisation. L'auteur aurait pu, je pense, s'arrêter à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais à part cela, je n'ai rien à dire de plus, c'est un livre historiquement intéressant avec une bibliographie en fin d'ouvrage des plus intéressante.

Merci aux éditions Glyphe.

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15 juin 2018

"Damalis" de Marie Barthelet

Damalis de Marie Barthelet

damalis

Résumé :

VIIe siècle avant Jésus-Christ. Fils de chef promis à un avenir glorieux, un jeune Thrace perd soudain tous les siens dans un véritable massacre. Il est alors vendu comme esclave à une famille d'aristocrates grecs. Une vie qu'il n'aurait jamais dû vivre et qu'il n'aurait jamais imaginée, commence pour lui... Damalis, deuxième roman de Marie Barthelet, est une véritable épopée. Aventure, fureur et passion sont au rendez-vous. Marie Barthelet est animatrice du patrimoine et responsable du musée de la Charité-sur-Loire. Ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

Mon avis :

Damalis, c’est une histoire d’esclave, de plusieurs amours, de politique, d’évolution, de complot… C’est aussi une histoire qui se déroule sur plusieurs années. Sans surprise cela vous annonce un pavé en perspective, un gros pavé de plus de 600 pages, où l’autrice va prendre son temps pour narrer l’aventure. Oh ! Ce n’est pas lent, les scènes, les péripéties s’enchaînent à une allure normale, mais faut avouer que le début est long et j’ai eu du mal à accrocher. Mais une fois passé le début, c’est-à-dire la capture et la vente de Damalis, tout va pour le mieux ensuite, car le monde du roman s’agrandit enfin ! S’agrandit, par l’approche politique de la cité et de la guerre, par l’apprentissage de Damalis, par les rencontres, etc., ce qui nous permet par la même occasion de voir différentes facettes de la vie dans une cité grecque. Alors on ne voit pas tout, et parfois c’est très rapide, mais on aborde tout de même la vie religieuse, les mœurs amoureuses, le commerce, les hétaïres… dans la Grèce antique.
Cela étant, tout n’est pas traité de manière  superficiel, en effet la condition d’esclave est par exemple très bien développée. Et c’est même le meilleur sujet développé, car l’autrice va bien mettre en avant qu’un esclave peut avoir une place excellente dans une maison, et parfois meilleure que celle des hommes libres ou des autres membres de l’oikos, et ce même si les maîtres ont le droit de vie et de mort sur ces derniers. De plus elle ne raconte pas que les bons côtés, en effet elle parle des châtiments corporels, de la soumission, de tout ce qui est déplaisant. A tout cela s’ajoute aussi l’étonnant, puisque les esclaves tissaient des liens affectifs avec leur maîtres. Un fait pas si étonnant en fait, vu qu’ils ne leur restaient rien à part cette condition et leur famille, même si parfois ils rêvaient peut-être d’autre chose. En fait pour moi ce livre est avant tout le reste, un excellent livre sur la condition d’esclave dans la Grèce antique. Bon, ce n’est pas un livre d’histoire mais c’est quand même une approche raisonnable, en tout cas je trouve, et pour ça il vaut le coup d’œil.

Au-delà de ce sujet d'esclave, je n’ai pas vraiment grand-chose à dire sur ce bouquin. C’est un livre qui se lit très bien passé la première partie, il donne à voir divers sentiments et diverses situations où on voit les personnages évoluer. Il y a de la tension avec cette histoire de guerre et de trahison, il y a de l’incompréhension entre les personnages et donc des actions en fonction de cela. Bref ! Il y a vraiment de tout, et on remarque que l’autrice a bien su rebondir sur un fait, une parole, pour donner de la suite à son histoire, par exemple avec Iros qui comprend que l’esclavage c’est le sort des vaincus.

Bref ! Comme vous le devinez, c’est vraiment un roman construit et mûrement réfléchit, même si ce n’est pas le roman du siècle parce que ben tout ne m’a pas plu, la première partie est longue et certaines histoires comme celle de Nikanor me passait au-dessus de la tête (et fait exprès elle revenait souvent sur la table). Pour autant, c’est un roman qui vaut le détour parce qu’il aborde l’histoire grecque intime, celle de la population et surtout celle d’un esclave. Certes, c’est romancé, mais tout n’est pas éloigné de la réalité, voilà pourquoi il mérite sa chance.

Merci Babelio et Buchet-Chastel.

 

29 avril 2018

"Le Père David, l'Impératrice et le panda" de José Frèches

Le Père David, l'Impératrice et le panda de José Frèches

panda frèches

Résumé :

Un grand roman épique
L’histoire passionnante d’un animal devenu une légende

« Vous le connaissez tous, avec sa splendide livrée noir et blanc, son air bonhomme, son appétit insatiable et sa démarche rigolote… le panda ! L’ami des enfants et le symbole de la préservation de la nature…

Ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’un missionnaire français, le père Armand David, en 1869, est à l’origine de sa découverte. Sans lui, le panda aurait été décimé par la chasse et la déforestation.

C’est en m’inspirant de cette histoire vraie que je vous invite à me suivre jusqu’aux forêts du Sichuan, le territoire du panda géant, à remonter le fleuve Bleu, à explorer la fabuleuse Cité interdite et Shanghai la mystérieuse, sur les traces de mon héros, le père David Etcheparre, à la rencontre de l’impératrice Cixi et de Fleur de Sang, une jeune fille amoureuse des pandas.

Ensemble, nous découvrirons une Chine plus mystérieuse que jamais, soumise à tous les assauts, rongée par l’opium et pourtant insubmersible… mais aussi cet animal magnifique, dont le pays a fait l’un de ses principaux ambassadeurs. »

Mon avis :

Faisons court.

Je ne suis pas une grande fan de l’écriture de José Frèches, mais malgré ça j’aime quand même le lire car je découvre toujours plein de chose sur la Chine, son histoire, ses personnages… et ça j'aime !
Je me sentais prête à démolir ce pavé car j'étudiais en parallèle et avec passion la Chine et l'Europe en histoire d'art moderne, et que ça faisait une assez bonne base à ce bouquin, vu que l'on n'aborde pas l'histoire d'art de la période moderne en Chine sans aborder la question des missionnaires, la fascination européenne pour la Chine, etc., etc.

Mais là... là… ouille, ouille, ouille, je n’y suis pas arrivée. J’ai arrêté ma lecture bien avant la fin, car trop de description, trop de longueur, trop didactique. Trop de trop gâche ce livre.
Certes, c’est toujours didactique avec Frèches, mais habituellement c’est bien mélangé dans le récit, la connaissance se fond dans l’histoire pour donner quelque chose de fluide à l’arrivée, mais là il n’y a rien de tout ça. C’est lourd, c’est long, c'est sorti en bloc et on sent que l’auteur veut en dire beaucoup trop, veut trop étaler ses connaissances au détriment de l’histoire, des péripéties et des personnages.
Des personnages eux aussi trop développés en bloc au demeurant et le décor idem, et j'ai envie de dire à propos du décor que la cabine du bateau on s’en fout un peu. Tout comme le détail du kamasutra chinois, dont j’ai oublié le nom en passant…. Sur ce dernier point le lecteur n’en demandait pas tant, il demandait même rien vu que ça n'a pas de rapport avec le panda. Trop de digression ? Oui aussi.

Bref. Comme le voyez un gros raté pour ce livre là, pourtant j’avais une folle envie de connaître cette histoire, surtout que dedans il y a Cixi, est Cixi est un personnage que j’aime croiser depuis que j’ai lu un livre sur elle il y a quelques années, mais force est de constater que Cixi ne fait pas tout et ni le panda d’ailleurs. Je ne suis pas arrivée à lire ce livre jusqu’au bout même en m’imposant tant de page par jour.

En conclusion vous l'avez deviné je n'ai pas aimé, avec des paragraphes en moins ce livre aurait gagné en clarté et en légèreté, mais peut-être que parmi vous certains l'aimeront. Essayez.

XO éditions.

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05 février 2018

"Le seigneur de Charny" de Laurent Decaux

Le seigneur de Charny de Laurent Decaux

Source: Externe

Résumé :

Champagne, 1382. Quand, après six années de croisade, Jacques de Charny regagne enfin ses terres, il découvre, stupéfait, une foule immense massée devant l’église du château.

De toute l’Europe, des pèlerins affluent pour prier devant la relique extraordinaire détenue par la famille : le saint suaire, sur lequel apparaît le corps martyrisé du Christ. Pour sauver le domaine de la faillite, Jeanne, la mère de Jacques, a décidé d’exposer publiquement cette relique cachée aux yeux du monde depuis des décennies.

Alors qu’il espérait être accueilli à bras ouverts, Jacques se heurte à la défiance et l’hostilité de tous. Sa mère, la première, lui reproche d’avoir ruiné la seigneurie avec ses voyages en Orient. Pierre d’Arcis, l’implacable évêque de Troyes, veut interdire l’exposition du drap sacré. Et même sa promise, la ravissante Hélène, s’est mariée à un barbon…  Seuls ses deux amis d’enfance, Miles, le bouillonnant comte de Brienne, et Arnaut, le fougueux chevalier de Jaucourt, semblent se réjouir de son retour.

C’est alors qu’un jeune seigneur et sa suite arrivent en Champagne pour admirer la sainte relique. Pour Jacques, cette visite inattendue va s’avérer providentielle…

Mon avis :

Le seigneur de Charny est le premier roman de Laurent Decaux. Ce livre n'apporte rien de neuf sous le soleil, pour autant il se lit bien. Descriptif d'une époque - avec des arrangements - son histoire se déroule au sein d'une seigneurie en ruine suite à la croisade entreprise par le fils de Charny.
Seigneur désargenté certes, mais riche du Saint Suaire autour duquel il existe un désaccord et qui sera source de pas mal d’ennui. Via ce linceul pourtant, le livre montre comment à l’époque on tentait d’attirer les pèlerins pour faire rentrer quelques argents afin de relancer ou d’enrichir la seigneurie, ou pour donner un écrin à quelques reliques rares afin de s’attirer quelques faveurs du ciel.
Ce ciel dont les représentants menacent d'excommunication ceux qui vénèrent des faux et menacent la vie de toute une bourgade par leurs positions. Positions qui peuvent dépendre des rois comme des papes, comme dans ce livre où notre histoire du Suaire se passe lors du grand schisme de l’église d’occident et se base sur une opposition véritable de Pierre d’Arcis.

Bref ! Toute cette histoire du Suaire apporte déjà beaucoup d’intrigue, de description et de rebondissement à ce livre, c’est même la principale ; mais pour être honnête… pas la meilleure.
En effet, pas la meilleure, du coup heureusement que ce livre compte dans ses pages la présence de Charles VI (avant qu’il ne soit le roi fou) et les intrigues qui l’entourent pour mettre un peu de piment dans cette langueur campagnarde. Effectivement et même si finalement ce n’est pas si présent, les quelques aventures avec ce roi et son entourage font un bien fou ! Comme cette histoire de Suaire est finalement assez molle et tire en longueur - ce qui peut vite devenir lénifiant, sauf sur la fin où elle devient vraiment intéressante - voir ce roi vivre dans un panier de crabe, opposer un refus et entreprendre la guerre, réveille fortement l’intérêt du lecteur et donc l'intérêt du livre vu qu'on s'éloigne un peu du sujet principal qu'est le Suaire.

Mais que serait ce livre sans son personnage Jacques de Charny et ses amis coureurs de jupons et bons vivants ? Amis qui lui remontent le moral vu que le retour n’est pas celui escompté, puisqu’il est accueilli froidement par sa mère et qu’il est délaissé par sa promise qui a épousé un riche barbon.
Pour être franche, là aussi ce ne sont pas les personnages du siècle, mais leur compagnie, leurs coups et leur amitié rajoutent de l’agréable au roman qui sans ça serait encore plus long à lire, surtout au début.
Le plus cependant avec ces trois personnages, c'est qu'ils ne sont pas invincibles, ils ne sont pas les meilleurs, ils ne sont pas les plus forts, ce qui met quand même une touche de réalité agréable dans ces portraits, parce que c'est chiant mine de rien ces chevaliers qui s'en sortent à trois contre cent !

En conclusion, j’ai apprécié ce livre et surtout la fin qui est terrible, mais le début a été un peu difficile, ça devient vraiment intéressant pour moi dès le départ de Charles VI et l’action de l’évêque sur le Suaire. Avant, pour moi, ça colle au décollage, mais je sais qu’à d’autres il n’a pas fait cet effet-ci, donc à tenter pour ceux qui veulent, car au fond il est vrai que l’on ne passe pas un trop mauvais moment non plus. Il y a quand même des choses agréables en plus de l’époque médiévale. Et en plus l'auteur est assez bien renseigné, ce qui est indéniablement un plus.

Merci à XO Editions.

09 octobre 2017

"Le Sacrifice des dames" de Jean-Michel Delacomptée

Le Sacrifice des dames de Jean-Michel Delacomptée

 le sarifice des dames

 Résumé :

En ce début du XVIe siècle, les Ottomans menacent la Hongrie. Le comte Gabor, joueur d'échecs incomparable, gouverne le comitat de Paks. Sa fille Judit, joueuse hors du commun elle aussi, se désespère de l'apathie de son père face au péril turc. Elle voudrait prendre sa place au plus vite. Sa mère, la comtesse Livia, cupide et avide de pouvoir, nourrit la même ambition. Toutes deux se haïssent. Pour parvenir à ses fins et sauver son pays, Judit trame un projet machiavélique. Elle le mènera jusqu'au bout, sans peur et sans pitié. Alors naît sa légende.
Dans ce roman à l'atmosphère puissamment baroque, à mi-chemin entre l'histoire et l'imaginaire, Jean-Michel Delacomptée fait surgir une héroïne exceptionnelle dont l'idéal de résistance demeure intemporel.

Mon avis :

"Là où il est tout à fait question de décider du salut de la patrie, il ne doit y avoir aucune considération de ce qui est juste ou injuste, compatissant ou cruel, louable ou ignominieux"

Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live III.

Judith est fille du compte Gabor, prodige aux échecs mais hélas très porté sur la boisson qu’il en perd de vu son rôle politique face à la menace ottomane en ce début du 16ème siècle. Ambitieuse et patriote, sa fille Judith qui est elle-même très douée aux échecs, ne supporte plus cette décadence qui règne dans l’armée du comitat de Paks et sur son château, ainsi que l’indifférence de son père face au péril turc. Ambitieuse et intelligente, et face à une mère haïs, cupide et ambitieuse aussi, Judith va alors tout mettre en œuvre pour prendre le pouvoir de son père afin de le placer dans ses mains, quitte à éliminer les obstacles qui se trouvent sur sa route…

Loin de ce qui se fait habituellement, Michel Delacomptée, nous offre ici une légende d’un genre, à défaut d’être nouveau, trop rare. D’une part car il nous offre un personnage principal féminin d’une rare intelligence, d’une rare force de caractère, qui se trouve de plus loin des canons de beauté habituel et des clichés sur la femme déchirée ; et d’autre part car c’est une histoire qui demande au lecteur de la patience (même si le livre n’est pas épais) et en même temps du recul. Pas que ça soit lent à la lecture ou encore assommant, mais l’époque, la haine, les tensions, fait que Judith met du temps à parvenir à ses fins ; et le lecteur n’a pas d’autre choix que de la voir tisser sa toile petit à petit et donc de prendre sur lui.

Bon, vous l’aurez compris le temps et la patience joue pour notre personnage ; mais pas que… Car Judith c’est aussi un personnage calculateur. Comme au échec elle calcule chacun de ses coups et prévoit toujours le suivant, et si ça donne quelque chose de terrible l'arrivée, il découle cependant de cette situation deux impressions pour le lecteur.

1- Judith à un côté antipathique, machiavélique et tyrannique, qui fait qu’on aurait dû mal à l’apprécier malgré le danger, mais perso je l’ai apprécié justement pour cela, ce côté je prends les choses en main et on ne va pas rigoler (ce que laissé déjà deviner la phrase d’accroche à l’entrée du roman).

2- Ce côté prévoyant casse le côté aventure et démonstration de force du type valkyrie qu’on pourrait attendre de ce roman, du coup sans le recul dont je parlais plus haut on pourrait y voir un roman plat et ennuyeux, alors que non ce n’est que de la stratégie, d'avantage basé sur le cheminement d'une pensée pour un idéal, que sur les démonstrations de force pour un idéal, et ça c'est assez rare pour être souligné. Même si à la fin ce n’est pas forcément payant...

Bref ! Ce n’est pas le roman du siècle, ni un roman qui est frocément bien raconté, mais il y a quelque chose dans le personnage de Judith qui est magnifique rien que dans son idéal de résistance et son rêve de remise en ordre qui donne à réfléchir et peut-être plus... Et rien que pour ça je conseille ce livre.

Editions Robert Laffont.