Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

25 décembre 2018

"Le Facteur Cheval : jusqu'au bout du rêve" de Nils Tavernier

Le Facteur Cheval : jusqu'au bout du rêve de Nils Tavernier

facteur cheval

Résumé :

En 1879, à Hauterives dans la Drôme, le facteur Cheval effectue chaque jour dix heures de marche pour boucler sa tournée de 32 kilomètres... Pas un instant de repos pour ce fils de paysan qui n’est allé que six ans à l’école. Et pourtant, la maturité venant, il se lance dans l’une des aventures les plus extraordinaires du siècle. Trente-trois années durant, sans aucune connaissance de l’architecture, il va bâtir pour l’amour de sa fille Alice un Palais idéal «vu en songe». Un palais aujourd’hui classé monument historique et visité par le monde entier... Auteur et réalisateur, Nils Tavernier a été bouleversé par la destinée étonnante de ce simple facteur devenu un artiste reconnu. Sa vie lui a inspiré un film magnifique ainsi que le présent livre, première grande biographie de Ferdinand Cheval nourrie d’archives inédites, notamment de son journal.

Mon avis :

Nous voilà dans la Drôme pendant le 19ème siècle. Dans une France pré-révolutionnaire et révolutionnaire riche en changement, dans les campagnes le paysan, le petit ouvrier, ne voient pas vraiment d’amélioration à sa misère. Obligés qu’ils sont, d’exercer divers métiers pour survivre, la révolution ne leur a jamais réellement appartenu…
Nous voilà dans la Drôme pendant le 19ème siècle, et c’est dans cette France rurale encore superstitieuse, que né Ferdinand Cheval enfant de paysan et précurseur de l’architecture naïve.

Nous connaissons quasiment tous l’œuvre de Cheval, de visu ou sur photo. On sait aussi du sculpteur qu’il était facteur et qu’il a imaginé son château de longue année avant de passer à l’action. Mais au fond, qu’en savons-nous exactement ? Et qui peut prétendre apprécier l’œuvre sans connaître sa vie ? Les souffrances, les rêves, les envies de cet homme ? Car oui, une fois n’est pas coutume pour l’art contemporain, je vais penser pour le coup que ce château est intime lié à cet homme, à ce qu’il portait dans ses tripes, sa tête et son cœur. En effet, d’un terrain de jeu pour sa fille à une justification pour s’évader de la peine, d’une envie furieuse à réaliser un rêve à cette envie d’entreprendre, chaque parcelle de ce château répond au désire de cet homme. Et c’est cette histoire, cette tête, cette vie que l’auteur Nils Tavernier nous propose de découvrir.

Fruit d’une longue recherche et conclusion d’un travail minutieux, Nils Taverniers va donc nous faire découvrir la France d’alors (un peu), mais aussi et surtout la vie de cet homme qu’il n’a pas exposée dans la totalité de son film. Et mes amis quelle vie !
Comment vous dire que quand vous lirez ce livre, il est probable qu’une impression d’admiration devant la ténacité de cet homme naisse en vous très vite ? Car devant les malheurs de cet homme, mais qui n’a jamais cessé de croire et qui n’a pas chômé un instant, la force de ce simple facteur va vous éblouir. Et vous éblouir autant que son imagination à laquelle il ne refusait rien ; cosmopolite (merci de ne pas y voir un hymne à la mondialisation), sauvage, religieux, naturel, marin… tout se mélange, se fusionne, dans un bâtiment pour ne former qu’un.

L’admiration est une chose, la vision onirique de l’artiste aussi. Mais quid de la personnalité de ce dernier ? Là aussi l’auteur, ne l’a pas oublié.
Considéré comme un peu fou, même si finalement on apprécie les touristes qui affluent dans ce petit village, car c'est un peu comme Rodia aux EU de l'art spectacle, il est intéressant de voir que ce simple facteur, discret, et acceptant de supprimer certaines choses écrites dans la description de son Palais pour les articles nationaux, prenne de l’assurance au fur et à mesure que le temps passe, et arrive à s’imposer comme le seul artiste de sa gloire, que d’autres ont tenté de s’approprier. Mais n’allez pas croire pour autant qu’il prit la grosse tête, cet homme a su rester humble toute sa vie, comme toute les petites gens de l’époque.

Toutefois, si vous pensez ne lire que l’histoire d’un homme qui va évoluer et n’a jamais lâché prise, détrompez-vous. Car si Le Palais idéal et son créateur tiennent la plus grosse place dans ces pages, tout n’est pourtant pas que cela. En effet, il est aussi beaucoup question du bâtiment, que ça soit dans la description et sa construction - c’est même parfois là un peu long -, mais aussi dans son combat pour la reconnaissance au monument historique. Car en effet, si aujourd’hui l’œuvre de Cheval est qualifiée d’art brut, d’art naïf, d’aucuns à l’époque n’appelaient pas cela de l’art, et il aura fallu la ténacité de Malraux et que les surréalistes s’y intéressent et le revalorisent en même temps que Gaudi, pour que ce Palais idéal, ce château improbable, soit protégé du temps et de ses ravages. Avec toutefois quelques difficultés à ce niveau-là.

En résumé, ce fut un livre agréable à lire malgré quelques longueurs, et si vous voulez lire et prendre connaissance d’un homme qui marqua l’histoire de l’art mais qui jamais n’aura des centaines biographies sur sa personne, ce livre est franchement pas mal. Car il a l’air plutôt bien complet.

Merci aux éditions Flammarion.

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18 juillet 2018

"Le don de la pluie" de Tan Twan Eng

Le don de la pluie de Tan Twan Eng

le don de la pluie

Résumé :

État de Penang, Malaisie, 1939. Philip, un adolescent d’origine anglo-chinoise, rencontre Endo, un diplomate nippon qui lui apprend l’art de l’aïkido. Alors que la guerre menace et que les Japonais envahissent le pays, le jeune homme se retrouve déchiré entre son amitié pour son nouveau maître et sa loyauté envers sa famille ainsi que son pays. Hanté par la prophétie d’une vieille devineresse, Philip tente de tracer sa route sur les chemins périlleux et parfois obscurs de la guerre.

Tour à tour roman d’espionnage et roman d’apprentissage, Le Don de la pluie oppose la vision orientale d’un destin tout tracé à la vision occidentale du choix et de la liberté, et nous fait voyager à travers les temples magiques et les forêts tropicales interdites de la Malaisie.

Mon avis :

C'est une histoire pleine de bruit et de fureur.
C’est une histoire entre un sensei et son élève.
C’est une histoire entre un japonais et un jeune métis en Malaisie.
C’est une histoire terrible car c’est pendant la guerre ; et rien, des actions, des choix, ne pouvait changer l’issue de cette histoire.
Du libre arbitre à la route toute tracée, ce livre, c’est l’histoire de deux visions et deux vies qui se croisent et s’affrontent. C’est une histoire terrible, douloureuse, mais magnifique.
Honnêtement, je ne m’attendais pas à l’aimer autant, j’avais flashé sur l’écriture bien avant le résumé, mais c’est pourtant toute imprégnée de cette relation étrange, de cette dichotomie sur la vision de la vie, que je viens de fermer ce livre.

     L’histoire a pour contexte la seconde Guerre mondiale en Malaisie et en Asie. Le Japon est à l’époque belliqueux et cruel, et dans ce contexte deux hommes se rencontrent et nouent une relation. Seulement, le Japon est un pays ennemi, de fait la relation du jeune Philip Hutton avec un diplomate japonais Endo-San est mal vue et venue, et beaucoup la critique. Et même si certains comprennent cette amitié et les bénéfices sur le jeune Philip, il leur est malgré tout difficile pour eux de comprendre la place qu’elle prend dans sa vie. Qu’elle prend aussi dans cette Malaisie en guerre abandonnée par les Anglais, et dans cette Malaisie en souffrance et occupée où les japonais n’ont rien à envier aux allemands niveau atrocité. Oui, c'est une histoire compliquée.
     Pour être franche, cette relation est aussi difficilement compréhensible par le lecteur, car elle s’approcherait presque d’une histoire d’amour insensée et malsaine devant les faits implacables de Endo-San. Mais pourtant, cette incompréhension qui m’a été donné par l’auteur, c’est pour moi la réussite de cette histoire, car avec ce livre le lecteur est ici quasiment un personnage. Il réagit à peu de chose près de la même manière que les protagonistes du livre, et même quand on apprend au fil des pages, que c’est une histoire sur plusieurs vies et qu’il faut qu’elle finisse, que c’est le destin qui agit et que chacun a ses raisons d’agir, l’attachement de Philip pour Endo-San reste quand même incompréhensible par moment, et ceci même si on n’a l’avantage de tout savoir.
Comme on le voit, ce roman ce n’est pas que l’histoire d’un malheur annoncé, c’est aussi beaucoup d'ambiguïté y compris pour le lecteur. Rien n’est clair, rien n’est gagné d’avance, puisque l’auteur joue énormément sur les sacrifices, avec la mort, sur ces faits et ces sentiments qui nous échappent et nous obligent à quelques actions - et pas toujours les bonnes d’un point de vue ou d’un autre.
Bref. C’est vraiment un roman puissant qui nous entraîne on ne sait où, et pour ma part ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre où je suis quasiment logée à la même enseigne que les perso. Et ça, je ne risque pas de m’en plaindre !

     Enfin, un autre atout de ces lignes (que j’ai vite abordé quelques lignes plus haut), c’est que ce livre réunit à une histoire, l’Histoire de la Malaisie à cette époque ; et même si tout n’est pas vrai, par exemple sur la Chine, j’ai apprécié découvrir la seconde Guerre mondiale de ce côté-ci du globe. Ca change des mêmes histoires que l'on raconte ici, et que d’ailleurs je ne lis plus car c’est toujours la même chose et que c’est chiant. Voilà, en plus de l’histoire, le contexte, bien que terrible, vaut le détour par ces pages car on apprend des choses et on ne peut pas se plaindre de ça.

     En conclusion, je n’ai rien à dire de mauvais sur ce livre. Oui il est épais, oui ce n’est pas une lecture facile, oui c’est philosophique, oui c'est triste, mais c’est tellement bien raconté, dosé, profond et beau, que je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Pour tout ce qu’il raconte et nous apprend, on doit le lire.

Merci aux éditions Flammarion.

 

EXTRAITS : "Les jeunes ont des espoirs et des rêves, alors que les vieillards n'en conservent que les vestiges et se demandent ce qui est arrivé à leur vie"

"Mes anciens disciples m'appelaient parfois pour tenter de me convaincre de retourner dans ce monde, mais je refusais en leur disant que j'avais renoncé au fleuve et au lac, adoptant ainsi une expression cantonaise - toi chut kong woo - qu'on applique aux guerriers ayant quitté volontairement leur univers de violence pour chercher la paix."

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27 juin 2017

"Quand sort la recluse" de Fred vargas

Quand sort la recluse de Fred Vargas

fred vargas

Résumé :

— Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
— Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
— Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
— Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
— Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?

Mon avis :

Je me demande toujours comment Fred Vargas arrive à écrire et faire tenir debout des histoires si étranges. Il n’y a qu’elle pour jouer avec les choses improbables, les différents sens d’un mot, une impression lointaine, pour écrire une enquête à l’aura mystérieuse à un rythme entraînant.

Après un retour en France suite à une affaire point facile à élucider pour l’équipe d’Adamsberg, ce dernier s’intéresse à des morts par piqûre d’araignée  violoniste. D’apparence banale et de « la faute à pas de chance », Adamsberg trouve néanmoins cela étrange, il va donc se mettre à enquêter - avec une partie de son équipe - en cachette de sa hiérarchie sur cette affaire qui le gratte, qui le picote et qu’il est sûr n’est pas normale.
De découvertes terribles, de rebondissement en rebondissement, d’échec en échec, Adamsberg va finir par résoudre cette affaire qui sort du commun et qui a mis en danger la cohésion de l’équipe.

Je ne vous cache pas que cette affaire est complètement capilotracté ; explication, déroulement, extraction de souvenir, tout paraît trop forcé et peu naturel, pourtant, malgré cela, ça marche, faut bien l’admettre. Malgré un petit coup de mou sur la fin pour ma part, le tout en effet fonctionne et emporte le lecteur très vite et très loin ; car voyez-vous ce n’est pas seulement une enquête qui accapare le livre mais diverses histoires (y compris de volatiles) et diverses personnalités. Diverses histoires et personnalités qui font changer le lecteur de préoccupation et d’atmosphère et permettent quelques digressions, quelques à-côté pour nous faire découvrir un peu plus cette équipe sans lasser le lecteur. Car bien plus que dans les autres livres, j’ai en effet cru voir que Fred Vargas avait passé plus de temps ici à nous faire découvrir toute l’équipe d’Adamsberg même s’il existe néanmoins quelques redites. D’ailleurs qu’il ait du changement dans les prochains livres paraît plus que probable, visiblement dans cette brigade la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Bref ! C’était une lecture agréable, originale, prenante, riche en rebondissement et cheminement tortueux malgré le côté peu naturel. Je recommande, Fred Vargas est vraiment une valeur sûre, elle prend le temps de bien ficeler ses livres.

 

Editions Flammarion.

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31 janvier 2017

"Béziers 1209" de Jean d'Aillon

Les aventures de Guilhem d'Ussel chevalier troubadour : Béziers 1209 de Jean d'Aillon

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 Résumé :

1208 : Après avoir perdu son épouse Sanceline, Guilhem d'Ussel est devenu prévôt de l'Hôtel de Philippe Auguste. Le roi le charge de découvrir les meurtriers d'une prostituée égorgée dans l'église Saint-Gervais. Sur leurs traces, Guilhem tombera dans un infâme traquenard.

Qui tente ainsi de l'éloigner de Philippe Auguste alors que le Saint-Père Innocent III exerce une pression de plus en plus forte sur le royaume
de France afin que ses barons se rassemblent dans une croisade contre les hérétiques albigeois ?

Un an plus tard, emprisonné, affaibli, Guilhem parviendra-t-il à identifier ses ennemis et à préserver Lamaguère. Enfermé dans Béziers assiégé par les croisés, peut-il encore sauver Amicie de Villemur ?

Mon avis :

Pour une première approche ce n’est pas vraiment une réussite. Je ressors de cette lecture très mitigé et j’avoue que j’ai bâclé la fin. En effet j’ai trouvé des passages très intéressants, en fait le livre entier était sûrement intéressant, mais y avait beaucoup trop de personnage ! Je me suis noyée dedans et ceci malgré le récapitulatif de ces derniers au début du livre. Du coup forcément je suis quasiment passée à côté du livre. J’ai bien compris qu’il y avait une histoire de croisade contre les cathares et que le meurtre d’une fille de rien sur lequel Guilhem d’Ussel enquête été liée à cette croisade, mais je me suis perdue quand même, même en comprenant l'histoire... Je n'ai rien pu faire, j'ai regardé le livre s'éloigner au loin sur le rivage de l'incompréhension.

Dommage, car sincèrement l’auteur sait raconter l’histoire, nous plonger dans l’époque, faire ressortir l’ambiance tendue quand il y a des évènements, faire partager les états d’âme de ses personnages... bref, il sait représenter un tas de chose mais tout cela n’a pas suffi pour faire face à la vague de personnage. C’était trop complexe à suivre, en tout cas pour moi.
D’ailleurs il est possible que ça vienne juste de moi ce problème, car peut-être que je n’étais pas forcément dans la bonne période pour lire ce bouquin - j’étais en plein dans mes partiels d’histoire -, mais quoi qu’il en soit ça n’a pas marché et j’espère que ça marchera avec les autres livres de Jean d’Aillon qui sont dans ma PAL. Parce que oui j’en ai d’autres ^^

Cela étant c’est un livre que je peux conseiller sans problème car si on est un peu attentif à tous les personnages et qu’on élimine les moins importants (ce que je n’ai pas fait) c’est un livre qui se lit très bien et qui promet beaucoup d’évènement, de plaisir mais aussi un excellent bon dans le temps avec le décor et la mentalité ; et tout ça avec, certes de l'imagination, mais aussi une touche d'érudition pas désagréable du tout.
D'ailleurs une chose que le livre a bien mis en avant c'est le rapport entre l'église, l'état royal, les comtes... L'auteur met bien en avant les tensions et les pressions que ces pouvoirs exerçaient les uns sur les autres via ici surtout la fameuse croisade. Bien sûr elle ne s'explique pas juste à cause de l'église, ni à cause des ambitions personnelles que l'on retrouvent dans le livre, il y avait aussi des raisons politiques (pas spécialement présente dans le livre mais ce n'est pas plus mal), mais quoi qu'il en soit par cette histoire l'auteur éclaire tous ces rapports entre souverains, avec les féodaux... en plus d'aborder la question hérétique cathare. Ce qui fait qu'au final c'est un bon tableau d'époque.

Bref. Même si je n'ai pas spécialement accroché je conseille néanmoins ce livre car il est intéressant et je pense vraiment qu'il se lit très bien si on est bien dedans. Et je confirmerai cela ou pas à ma prochaine lecture de cet auteur. ;)

Merci aux éditions Flammarion.

13 octobre 2015

"Le renversement des pôles" de Nathalie Côte

"Le renversement des pôles" de Nathalie Côte

Source: Externe

Résumé :

Deux couples d'une quarantaine d'années ont loué des appartements voisins sur la Côte d'Azur. Ils veulent en profiter pour s'occuper de leurs enfants, se reposer et faire de nouveaux projets. Mais les vacances font surgir les problèmes, les rancoeurs et les non-dits.

Mon avis :

Au premier abord le résumé n’est pas très engageant, et j’avoue que sans Babelio je ne l’aurais jamais lu, ce qui aurait été une grosse erreur. Pas que ça soit un coup de cœur, pas que ça soit le livre du siècle ou de cette rentrée littéraire, mais c’est un petit livre qui se lit très vite du fait qu’il soit bien raconté et assez réaliste.

Dans ce livre nous suivons donc deux couples en vacances dans le sud de la France, l’un des couple va très mal et est au bord de la rupture, l’autre un peu plus plan plan subit quelques orages mais ça s’arrête-là.
Après ce bref topo, vous pensez sûrement : « pffff voilà un énième livre avec des couples qui vont mal, rien de neuf ! Je passe. ». Et c’est vrai que c’est un peu du déjà vu… mais il y a pourtant un petit plus. En effet, comme l’indique le résumé, chacun a un rêve, un secret espoir, chacun voudrait voir sa petite vie bien réglée se transformer en quelque chose de plus beau par l’amour ou par l’argent ; et si cela nous fait sourire, parce que c’est d’un ridicule énorme, je dois tout de même admettre que c’est justement ce côté du livre qui est intéressant à suivre. Car à travers ces deux couples, l’auteur critique d’une part, cette société matérialiste où beaucoup croit que le m’as-tu vu et l’argent tiennent la première place du bonheur, et d’autre part ces lâchetés qui fait que beaucoup préfère rester dans leur vie même si elle n’est pas heureuse parce qu’ils ont peur de la solitude ou refuse de voir que tout va mal. Tout en se gavant à côté de ces pseudos recettes de bonheur que l'on trouve dans les magazines ou les bouquins du genre. Curieux comme comportement.

Tout  cela ne rend bien sûr pas les personnages forcément sympathiques, on a plus envie de les plaindre voire de les claquer comme Arnaud avec son chantage, cela étant ils sont tellement humains et tellement stupidement formatés que l’on suit avec délice leurs petites mésaventures, leurs petites angoisses, leurs petits rêves. Et en rigolant pour ma part car ça me confirme bien que mes choix de vie sont meilleurs que ceux-là. Mais petite précision, je ne rejette pas tout chez ces personnages non plus, certaines idées, certains choses sont défendables.

Bref, c’était une lecture rapide et fort sympathique.

 Extrait : "Virginie parle pour deux, c'est vrai qu'à la préfecture elle en voit de toutes les couleurs. Elle se fait régulièrement insulter par des étrangers qui n'obtiennent pas leur titre de séjour, quand ce ne sont pas des menaces de mort. Evidemmet, on n'en parle jamais à la télévision, on nous rabâche que c'est la crise, que la Sécu est en déficit, mais on soigne gratuitement des entrés illégalement sur le territoire. Vous trouvez ça normal ?" page 61.

Merci aux éditions Flammarion et babelio pour ce parte.


20 avril 2015

"Le père castor raconte ses contes du printemps" de Collectif

"Le père castor raconte ses contes du printemps" de Collectif

père castor contes

Résumé :

Sept contes sur le thème de printemps, des œufs de Pâques, du jardinage et de la nature :

Le premier oeuf de Pâques
La petite poule rouge
Le loup ne sait pas compter
Le jardin de Clara
A pas de loup
L'envol
Espèce de Cucurbitacée !

Mon avis :

Je ne dirais pas que toutes les histoires se valent, L’envol est par exemple celle qui m’a le moins plu de par sa manière d’être racontée, et d’autres comme Le premier œuf de Pâques ou encore La petite poule rouge m’ont parue trop répétitives, néanmoins ces derniers contes comme les autres sont tout mignons et plein de fantaisie. Agréable à découvrir ou redécouvrir.
De plus ayant parfois une portée moralisatrice, un côté ludique et première découverte, on peut dire que ce livre se révèle assez complet au final pour éveiller les enfants. Leur esprit bien sûr, mais aussi leur côté son avec Espèce de cucurbitacée ! et image. J’avoue avoir été fan, malgré mon grand âge, des illustrations ; pétillantes, enfantines ou plus achevées. C’était plein de vie ! Du bonbon pour les yeux.^^

En bref, je pense que c’est avec plaisir qu’en ce printemps 2015 les enfants butineront dans ce livre des histoires chaudes et colorées, et qu’ils papillonneront d’un dessin à un autre.

Je remercie pour ce partenariat Babelio et les éditons Flammarion. (Je vous conseille de cliquer sur le lien et de regarder leur collection jeunesse qui a l'air juste super ! Complète et varier.)

 

12 janvier 2015

"Un destin singulier" de Siméon II de Bulgarie

"Un destin singulier" de Siméon II de Bulgarie

un destin singulier avis siméon 2

Résumé :

Un destin singulier Août 1943. L'Europe se déchire. Après la mort de son père dans des circonstances mystérieuses, le jeune Siméon, à six ans, devient roi des Bulgares. Le destin tragique d'un pays et d'un peuple va s'incarner dans cet enfant-roi au parcours hors du commun. Quand une partie de sa famille est fusillée par les communistes, il lui faut partir. Sonne le temps de l'exil : en septembre 1946, il quitte Sofia pour Istanbul. Puis viennent l'Egypte, Alexandrie et ses merveilles, l'Espagne, enfin, où la famille royale bulgare s'installe afin de se reconstruire. Miracle de l'Histoire, Siméon, qui n'a jamais perdu espoir, peut revenir dans son pays cinquante ans après l'avoir quitté. C'est le retour acclamé à Sofia en mai 1996, suivi d'un engagement politique, de la victoire de son parti lors des législatives en 2001. Première incroyable : le roi déchu devient Premier ministre ! Siméon de Bulgarie - dont la reine Elisabeth, Franco, le Shah d'Iran, Hassan II, Juan Carlos et bien d'autres ont croisé le chemin - a traversé le siècle et fait l'Histoire. Ses mémoires, qui sont aussi ceux de l'Europe et de ses tourments, constituent un événement.

Mon avis :

J’avoue que si je n’avais pas reçu ce livre par hasard, par erreur ( ?), je ne l’aurais jamais lu, car ce n’est pas les livres vers lesquels je me tourne en premier lieu. Cela dit je l’ai lu, et à ma grande surprise je l’ai lu en deux jours, car je l’ai trouvé très intéressant malgré quelques longueurs.
Livre-journal, où l’auteur règle plus ou moins ses comptes avec ses adversaires, raconte ses rencontres avec des chefs d’états, sa vie d’exilé, survole le dernier siècle de l’histoire de la Bulgarie…, ce livre est un ensemble d’histoire variées toutes agréables à suivre et qui est excellent pour aborder ce pays.

Toutefois, même si j’ai apprécié dans son ensemble ce bouquin et apprécié découvrir ce personnage, j’avoue quand même que les passages qui concerné l’histoire étaient ceux qui m'intéressaient le plus. Déjà parce que j'aime l'histoire, mais aussi parce que moi qui ne connais rien de la Bulgarie j’ai aimé que l’auteur la décante sur ce siècle passé, pour que je comprenne un peu mieux la construction de la Bulgarie actuelle dont il parle aussi. Certes il la décante de son point de vue, lui ancien roi, mais c’est mieux que rien.

Néanmoins sur ce dernier sujet, la construction de la Bulgarie, il est touchant mais aussi un peu énervant de voir que Siméon peut parfois se montrer très idéaliste sur l’Europe. Je comprends son point de vue, ce qu’il a pu ressentir comme joie en intégrant la Bulgarie à l’Union Européenne, elle qui a été tenue à l’écart du monde pendant des dizaines d’années ; mais voilà, quand on voit que L’Union Européenne ce n’est pas que le paradis, c’est en effet aussi la stupidité de certaines choses (qui selon-moi ne devraient pas la concerner), c’est vrai que c’est un peu agaçant parfois de le voir si amoureux de cette Union Européenne alors qu’elle n’a pas que des bons côtés.  

Autre point où je n’ai pas toujours trouvé l’auteur d’actualité - chose étonnant c’est que le livre n’est pas vieux justement -, c’est sur la Turquie. Par exemple à un moment il dit que la Turquie dans l’Europe pourrait faciliter la venue de la laïcité dans ce pays, là j’avoue que j’ai des gros doutes. D’une part parce que la mentalité d’Erdogan qui est très conservatrice est incompatible avec la laïcité, et d’autre part parce que ce n'est pas leur mentalité, et il suffit de regarder nos pays pour s'en rendre compte.
Du coup même si j’admire son ouverture d’esprit, son ouverture envers des anciens communistes, je trouve que parfois son ouverture est… aveugle, à côté de la plaque. Les choses ont changé depuis son enfance.

Cependant je reconnais malgré cette tendance à voir le bon de partout, à garder les souvenirs comme base de valeur, qu’il a quelques belles phrases, quelques beaux moment de vérité, comme quand il égratigne Sartre qui disait qu'une expérience concentrationnaire ne représente pas un régime politique - alors que si justement -, où quand il critique la réécriture de l’histoire. Bon lui c’est pour la Bulgarie, mais ça peut être valable aussi pour n’importe quel pays. Bref, parfois il a de beau moment de pure lucidité.

En résumé j’ai aimé cette lecture, moi qui ne m’attendais pas à la trouver si intéressante, et je conseille pour ceux qui s'intéressent à l'histoire, la politique, aux têtes couronnées.

Merci aux éditions Flammarion.

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31 décembre 2014

"François 1er : roi de chimères" de Franck Ferrand

"François 1er : roi de chimères" de Franck Ferrand

françois 1er roi de chimères de ferrand

Résumé :

Au 21ème siècle, François Ie apparaît comme le père de la Renaissance française, l'ami de Léonard de Vinci, le bâtisseur de Chambord et de Fontainebleau, le vainqueur de Marignan, l'allié de Soliman contre l'ennemi juré du royaume, Charles Quint. Mais ces traits saillants ne sont-ils pas l'arbre qui cache une forêt bien plus complexe ? Dans cet essai biographique d'un genre nouveau, Franck Ferrand dépasse l'image d'Epinal et nous dépeint ce roi sous les traits d'un personnage moins brillant qu'on ne le prétend. Car le géant débonnaire a connu des triomphes mais aussi des défaites - et ce jusqu'à la captivité. François Ie, héros tourmenté, subit la trahison de son cousin, adora sa soeur et détesta son héritier, frôla plusieurs fois la mort, multiplia les conquêtes amoureuses, vit mourir ses fils aimés... Un homme qui vécut entre une jeunesse de rêve et une vieillesse de cauchemar, torturé par une maladie atroce. L'historien va plus loin : et si François Ie n'avait pas été un si bon roi ? Louis XII disait de son successeur : "Ce gros garçon gâtera tout." L'histoire, pour peu qu'on la regarde objectivement, semble lui avoir donné raison. Longtemps dominé par sa mère, manipulé par sa maîtresse, François se laissa aveugler par son amour de l'Italie et par sa haine de l'Empereur. Jouet des factions, facile à duper, le soi-disant "restaurateur des Lettres" instaura la censure et lutta contre l'imprimerie ; il finit même par allumer les bûchers d'où partiront les guerres de religion ! Sous une plume érudite et alerte, voici un portrait contrasté, doublé d'une analyse implacable.

Mon avis :

J’ai lu ce livre un mois après celui de Max Gallo sorti récemment, et l’erreur que j’ai faite ça a été de ne pas les lire à la suite. En effet je pense que la comparaison entre les deux aurait été amusante, mais bon tant pis.

Ce que je peux néanmoins dire sur ces deux livres c’est que Franck Ferrand, va aller à l’inverse du livre de Max Gallo. Vous prenez le livre de Max Gallo, c’est énormément de louanges qui sont chantés sur François 1er, pour Max Gallo il est clairement un chevalier, un amateur d’art…

Ben pour Franck Ferrand ce n’est carrément pas ça, et il va passer 235 pages à le démontrer. A démonter ce mythe, qui selon lui, n’a pas lieu d’être et pourrait être attribué à d’autres rois de France comme Louis XVI, Charles V, Henri IV…

Alors ne connaissant pas la vie de François 1er sur le bout des doigts, je ne peux pas dire que Franck Ferrand a raison sur tout, mais c’est vrai que si on cherche un peu on ne peut pas donner tort à l’auteur. D’ailleurs ce comportement que Franck Ferrand reproche, on peut déjà le déduire nous-même en lisant le livre de Max Gallo. En effet dans ce dernier on remarque très aisément que ce roi était sous influence féminine, arriviste, magouilleur (trait qui ressort beaucoup avec l’alliance de Soliman) et avait quelques obsessions pour ennemis (le milanais par exemple, c’est d’ailleurs l’obsession qui m’avait le plus frappée).

Mais il faut dire que là Franck Ferrand va plus loin encore, en démystifiant ouvertement ce roi, ses actions et ses légendes. Ici, la légende du chevalier Bayard n’est qu’une légende ; le roi débonnaire n’est qu’un monstre qui a rétabli des sévices archaïques, une sorte d’inquisition contre les vaudois (c’est drôle comme mes lectures se suivent, les vaudois j’en ai entendu parler dans le livre sur les hérétiques au moyen-âge il n’y a pas longtemps)  et envoyé à la mort des innocents comme Montecuculli ; le roi amoureux des lettres n’est qu’un roi qui a durci la censure ; le roi de France n’a pas été un roi de France et a gouverné via la vision des femmes qui l’entouraient, surtout par celle de sa mère Louise de Savoie (la fameuse régente noire à qui quand même Franck Ferrand admet des qualités gouvernementales malgré ses défauts). Bref, tout ça pour dire que l’auteur va dresser un portrait peu flatteur de ce roi, à qui la légende n’a donné surtout que des bons côtés.

Maintenant ce que je reproche un peu à ce bouquin, c’est qu’il fait des parallèles un peu abusés, par exemple un moment, Franck Ferrand cite Ivan le Terrible -presque contemporain de François 1er- en sous entendant que François 1er ne valait guère mieux que ce tsar de Russie. Moi perso ça me choque un peu, François 1er étant un ange à côté. Ensuite autre point un peu dérangeant c’est que Franck Ferrand critique l’homme, mais il n’en fait pas un homme pour autant je trouve. Là où Max Gallo est arrivé à donner un côté humain à ce roi, par exemple sur le sujet de la détention de ces enfants en Espagne, Ferrand le lui enlève, en en faisant un "festoyeur" un peu badin pressé de s’amuser et d’oublier ses fils, du coup c’est vrai que c’est un peu dérangeant à lire. Je ne dis pas que c’est faux, mais ça dérange.

Cela dit malgré cela c’est un livre intéressant à lire, car par le biais de François 1er (qui est le sujet de ce livre) on découvre un peu plus ce règne, et par conséquent on voit les erreurs qui ont pu être commise, comme par exemple le fait qu’il ait fait construire des châteaux hors de prix alors que le pays était exsangue par des années de guerre et j’en passe, les jalousies et les envies qui ont poussé à certaines actions (je pense à la duchesse de Pisseleu notamment), les vrais raisons de certaines ordonnances, la réalité de certaines légendes…

Au final c’était une lecture très intéressante, et connaissant le sérieux de ce journaliste et historien je pense qu’on peut prendre sans risque ce livre au sérieux, mais voilà en tant que lectrice lambda et n’ayant pas trop la possibilité de creuser ce que l’auteur avance – à moins de lire 100 livres – je vais seulement dire que c’est un livre à lire, et qui à l’approche du 500ème anniversaire de l’accession au trône de François 1er, a son importance.

 

Je remercie les éditions Flammarion pour cet envoi.

http://voyagelivresque.canalblog.com/archives/2014/12/31/31227862.html

30 novembre 2014

"Les cygnes sauvages" d'après Andersen. Adapté par Kochka, dessins Charlotte Gastaut

"Les cygnes sauvages" d'après Andersen. Adapté par Kochka, dessins Charlotte Gastaut

les cygnes sauvages

Résumé :

Il était une fois, onze princes qui chérissaient leur petite soeur, Elisa. Un jour, devenu veuf, le roi se remaria avec une méchante reine. Celle-ci sépara les enfants, confiant Elisa à des paysans puis transformant les princes en cygnes sauvages. Lorsqu'elle découvrit le sort réservé à ses frères, Elisa n'eut plus qu'un souhait : les délivrer du maléfice.

Mon avis :

Magnifique album pour une fort jolie histoire. J’ai tout adoré dans ce livre, de l’histoire (que je ne connaissais pas) jusqu’aux illustrations très simples, qui sont en plus agrémentées d’une touche dorée qui met des étoiles dans les yeux, - faisant par la même occasion de ce livre un album unique et agréable à regarder.

Et sûrement que votre enfant plus tard s’en souviendra, déjà parce que comme je l’ai déjà dit c’est un livre joli à regarder, mais en plus parce que l’histoire ne manque pas d’aventure. La preuve.

Onze princes se retrouvent transformer en cygnes sauvages par leur méchante belle-mère, leur sœur éloignée à son tour, part à leur recherche et essaye grâce à une aide mystérieuse de les délivrer du sortilège qui les accable. D’éloignement en aventure, la tâche ne sera pas aisée, mais pas impossible pour autant.

Alors je ne connais pas l’originale, donc je ne sais pas si ce livre lui est fidèle, mais quoi qu’il en soit, ça reste fidèle à la composition des contes, et un enfant (comme un adulte) y trouvera son compte.

Merci aux éditions Flammarion (jeunesse) et Babelio.

 

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13 novembre 2014

"Prières pour celles qui furent volées" de Jennifer Clement

"Prières pour celles qui furent volées" de Jennifer Clement

prières pour celles qui furent volées

Résumé :

Ladydi, 14 ans, vit dans les montagnes de Guerrero, au Mexique, où les barons de la drogue règnent sans partage. Il ne fait pas bon être une fille dans cette région où elles doivent se déguiser en garçon ou s'enlaidir pour éviter de tomber aux mains des cartels qui en font des esclaves sexuelles. Avec ses amies, elle rêve d'un avenir plein de promesses.

Mon avis :

Je suis mitigée sur ce livre. L’histoire est des plus agréables à lire même si ce n’est pas jojo, mais niveau écriture là je suis par contre plus partagée. Il y a quelques répétitions qui sont un peu soûlantes et qui gâchent le plaisir de la lecture, et de plus parfois l’écriture est trop irrégulière pour vraiment transporter le lecteur dans cet enfer du Guerrero, ce qui est dommage car parfois on frôle des images très fortes servies par une écriture des plus sublimes.

 

Pour en revenir à l’histoire j’ai été là par contre un peu plus transportée, bien qu’elle ne soit pas à tomber par terre, j’ai été surprise par son contenu ; puisqu’elle est assez choquante, car ici il est question de vol de femme, mais aussi de drogue, d’injustice, de machisme, d’abandon, de misère… Un quotidien dur à vivre, qui est un combat permanent pour la survie, que je n’ai pas pu m’empêcher de suivre avec une once de révolte. Comment ne peut-il pas en être autrement, quand la population est trahie par ses administrations, victime d’une justice expéditive, et victime des narcotrafiquants ?  

Cela dit, malgré ces durs sujets, il ne faut pas non plus s’attendre à des descriptions terribles. Jennifer Clement reste assez en surface, laisse deviner les traitements, mais ne va pas dans le choc, et c’est peut-être finalement un bémol, car le fait qu’elle garde ses distances avec l’histoire fait que ça manque un peu de saveur ; surtout que l’écriture est un peu lente et répétitive, puis parfois pas toujours intéressante faut dire, comme quand la narratrice raconte des anecdotes par exemple. C’est sans doute un peu choquant ce que je dis, le sujet est trop grave pour dire cela, mais ça sonnait superficiel tout de même.

 

Heureusement cependant que les personnages rattrapent cela.

En fait surtout la mère de Ladydi qui est pour moi le personnage le plus fascinant de l’histoire. A titre d’exemple elle appelle sa fille Ladydi par vengeance des infidélités de son mari, fallait le faire !? Et même si ce n’est pas le personnage principal de cette histoire, cette femme qui renferme la haine, l’espoir, l’amour, la colère en elle, qui est faite de tout, m’a laissée bouche bée. Car malgré ses attentes déçues, elle n’en reste pas moins courageuse et affectueuse. Bien plus que Ladydi pour moi cette femme est le personnage de ce roman. Celle qui donne la vie à ce livre, Ladydi paraît fade à côté, banale, et ce même si c’est le personnage à qui tout arrive.

En résumé ce n’est pas le livre de l’année et une lecture formidable, je m’attendais à mieux, mais ça se lit bien. Maintenant une question me reste, où s’arrête la réalité et où commence le mythe ?

 

Merci aux éditions Flammarion et Babelio.