Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

15 avril 2019

"A l'assaut ! La baïonnette dans la Première Guerre mondiale." de Cédric Marty

Sur Encre d'époque

Mon avis sur : A l'assaut ! La baïonnette dans la Première Guerre mondiale de Cédric Marty

Source: Externe

Résumé :

"Baïonnette au canon ! " "En avant, à la baïonnette ! " Les conscrits de 1914 sont d'abord des fantassins, préparés à faire la preuve de leur bravoure lors d'assauts et de combats au corps à corps à l'arme blanche, où ils surpassent leurs ennemis et remportent la victoire. Pourtant, dans les tranchées, la réalité est tout autre. Sur un champ de bataille bien peu propice à l'héroïsme et face à la puissance destructrice des pluies d'obus, au feu de l'artillerie, aux attaques chimiques et aux raids de l'aviation, les soldats tombent en masse et sont tués à distance dans une guerre résolument moderne. Par-delà les mythes et les images d'Epinal, à hauteur d'hommes, la véritable histoire d'une arme devenue paradoxalement l'emblème de la Première Guerre mondiale.
Cédric Marty, docteur en histoire, travaille depuis plusieurs années sur l'histoire et les mémoires de la Grande Guerre.

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29 janvier 2019

"La souffrance et la gloire : le culte du martyre de la Révolution à Verdun" de M. Briard & C. Maingon

Sur Encre d'époque :

 

La souffrance et la gloire : le culte du martyre de la Révolution à Verdun de M. Briard et C. Maingon

Source: Externe

Résumé :

« La République nous appelle, / Sachons vaincre ou sachons périr ! » Ces paroles du Chant du départ révolutionnaire de Marie-Joseph Chénier pourraient, un siècle plus tard, être reprises par les Poilus de 1914. Car les troupes qui se sont fait décimer dans les tranchées de Verdun avaient hérité de 1789 une profonde culture du sacrifice.
Une véritable propagande d’État, nourrie de récits légendaires, de cérémonies commémoratives et de toute une imagerie d’Épinal, a en effet vu le jour dès les premiers combats de la République, en 1792. Elle a durablement façonné l’imaginaire national, dans un culte de la souffrance qui s’est perpétué en 1914-1918, et dont les monuments aux morts témoignent avec une force pathétique. Pour la première fois, deux spécialistes de chaque période collaborent pour révéler les liens sanglants qui unissent Grande Guerre et Révolution française.

Mon avis :

Depuis la Révolution et son culte de la liberté pour lutter contre la tyrannie des rois, l’héroïsation touche les plus humbles citoyens. Exit la seule gloire réservée aux maréchaux, aux généraux, aux nobles, la nation doit être reconnaissante à tous ceux qui ont pris les armes pour lutter contre l’oppression, héros de ces nouveaux temps.
La Révolution et les guerres qui ont suivi, n’inventent pas vraiment le héros, mais elles le massifient.
Cette massification et sa représentation ne se fait pas sans arrière-pensée, et est source d’engagement aussi. Lesquels sont-ils ? Et comment depuis la Révolution les discours ont évolué ? Car si les combats sont toujours source de souffrance, la prise en compte des héros, à, elle changeait.

La figure du héros :

Mais tout d’abord avant d’aller plus loin, il convient de s’interroger sur qu’est-ce qu’un héros ?
Pour la Révolution, c’est ce soldat qui a pris les armes contre l’oppression des rois des diverses monarchies d’Europe, et qui n’a pas hésité a exalté son amour de la patrie et de la liberté malgré les blessures qui l’ont touché : « j’ai un bras de moins, mes amis, mais ce n’est rien, vive la République. ».  Pour la Révolution, c’est aussi celui qui a donné sa vie, et sacrifié ses intérêts pour le plus grand nombre.
En ce qui concerne la grande guerre (14-18), les auteurs vont nous montrer que ce n’est pas franchement différent, mise à part que l’ennemi a changé. En effet, le patriotisme qui triomphe depuis le 19ème siècle historien (on va dire que ça commence à la Révolution même si d'autres le font commencer en 1815), n’a pas vraiment changé durant ce siècle et il arrive en 1914 aussi puissant qu’il était alors, puisque l’enseignement l’inculquait dès le plus jeune âge. Et à cette époque comme avant, on n’apprécie toujours autant ce soldat héroïque qui ne demande qu’à combattre l’ennemi malgré ses douleurs et ses membres arrachés.

 "L'Ecole républicaine, laïque, gratuite et obligatoire depuis 1881, est par ailleurs un pilier de la culture patriotique devenue la religion commune de la France au-delà des divergences sur le régime. Les cours d'histoire axés sur les conquêtes napoléoniennes et de grandes figures militaires républicaines [...], les lectures mettant en scène des héros d'un autre temps (mythe gaulois de Vercingétorix [...]), l'exercice physique et militaire, la création de bataillons scolaires dans les écoles primaires de garçons (1882) ont contribué à fonder l'imaginaire de l'héroïsme martial. On distribue aux petits écoliers des carabines en bois et des exercices de tir réels sont pratiqués sous les préaux des écoles. [...] L'Ecole défend une vision patriotique et humaniste, exalte le soldat héroïque, fustige l'ennemi à partir de 1915, mais n'encourage pas la guerre, ni la violence. Plus que tout elle participe au deuil collectif que vit la France. Dès 1916, l'hymne de Victor Hugo, "Aux morts pour la patrie", résonne unanimement dans les écoles de France comme une nouvelle Marseillaise." P. 31-32

Cette figure du héros qui va combattre par amour pour la patrie,... suite de l'avis sur Encre d'Epoque.

Posté par Florell à 16:42 - Documentaire / Essai - Commentaires [0] - Permalien [#]
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27 novembre 2018

"Augustin" de Alexandre Duyck

Augustin de Alexandre Duyck

Source: Externe

Résumé :

Le 11 novembre 1918 à 5h15, la France et l’Allemagne signent l’armistice. Mais l’état-major français décide d’attendre onze heures, en ce onzième jour du onzième mois, pour que cessent les combats.
A 10h45, le soldat de première classe Augustin Trébuchon est tué.
Il est le dernier soldat français tué.
Alexandre Duyck a fouillé les archives militaires et civiles, retrouvé tout ce qu’on pouvait savoir sur ce  berger devenu soldat et imaginé le reste  : les pensées de cet homme courageux, observateur, taiseux, blessé deux fois, qui fut de tous les combats, ne prit en 4 ans qu’une seule permission et obéi aux ordres jusqu’au bout.

Mon avis :

On imagine les guerres avec la mort en masse, la mort par milliers. On n’imagine jamais ou difficilement le dernier mort, les derniers morts, qui meurent un peu solitairement, qui meurent à l’écart de la tuerie de masse. C’est pourtant une réalité de la guerre, le dernier mort et même ces derniers morts qui ne sont pas passés loin de la vie. Ces derniers morts qui rendent la victoire plus amère. A ces derniers morts et le temps d’un roman, Alexandre Duyck va rendre leur vie, va rendre leurs rêves vains.

Il va être difficile pour moi de vous parler de ce bouquin, car je ressors de ce livre ni émue, ni bouleversée, ni étonnée, ni en colère, car rien n’est plus bête et n’est plus vrai que les rêves, les traumatismes, les silences d’un homme... Cela ne veut pas dire que j’ai été insensible à ce livre et qu’il est nul, loin de là il est excellent, mais la guerre déshumanise et déniaise tellement, que j'avoue avoir vu et vécu ce livre à cette manière, comme si même l’auteur cherchait à mettre cela en avant, bien avant le reste. Certes, l’émotion n’est pas tout à fait absente non plus, il y quelques petites phrases qui la dévoilent, mais le livre est raconté tellement de manière froide, lucide, historique, que l’émotion passe à travers. On ne s’y attarde pas et on regarde le reste : l’absurdité des ordres qui tiennent la vie d’un homme ; la violence ; l’innocence et l’honneur d’un homme ; la tuerie ; le jugement des hommes entre eux, comme celui de l’intellectuel face aux paysans.

Ces derniers points étaient d’ailleurs très bien abordés, et c’était même agréable de les voir aborder, car ils font - tout comme l’éducation anti-allemande - intégralement parties de l’époque et de cette guerre. Bien sûr, il faut nuancer cette approche catégorique qui met en avant la tuerie de masse des paysans et le mépris social, les deux dépendent des régions et des personnes, et je ne pense pas que l’on puisse affirmer que l’incompréhension entre les hommes soit du mépris social. Toutefois, cela n’empêche en rien la réalité du propos, et ça ne fait que conforter la réalité historique du livre prouvant ainsi le sérieux de l’auteur.
Enfin, sur le point historique toujours, j’ai aussi énormément apprécié le fait que l'auteur aborde d’autres points, comme l’inadaptation de l’équipement français dans cette guerre ou encore l’histoire des mentalités qui fut abordée via les soldats et les villageois.

Enfin et pour finir, les autres atouts du livre que j’ai apprécié, c’est cette critique des grands hommes de l’époque et des officiers (qui ont eu des idées fixes stupides comme Floch avec son chiffre 11), ainsi que le fait que l’auteur ne s’attardent pas seulement sur Augustin Trébuchon, mais parle des autres morts, des derniers vivants, des derniers personnages, des derniers combats. Jusqu’au bout la boucherie, jusqu’au bout tuer.

En résumé et même si l’émotion était absente de cette lecture, je l’ai énormément aimé par le fait qu’elle aborde l’histoire et les mentalités de l’époque. A lire, pour se plonger dans la guerre.

 

Extraits :

"Un premier avis, rédigé, sur le moment même, a fait décéder Augustin le 13 novembre 1918, suite à ses blessures. Puis un deuxième a raccourci la vie du soldat de trois jours, finalement mort pour la France le 10 novembre 1918, date que l’on a gravée sur la trentaine de tombes, dont la sienne. « Il n’était tout simplement pas possible de mourir pour la France le jour de l’armistice, le jour de la victoire », écrira Charles de Berterèche de Menditte, officier d’infanterie dans ses Souvenirs de la guerre 1914-1918."

"Delalucque retournerait en Normandie, il y serait ouvrier agricole puis clochard, vivant tantôt dans un hangar, tantôt à la rue. On dit que c’est sa compagne qui l’a tué quelques années plus tard à coups de couteau. Personne ne se souviendra qu’il a sonné, le 11 novembre 1918 à 11 heures, sur le dernier champ de bataille français de la Première Guerre mondiale, le clairon annonçant la fin de la Grande Guerre. On l’oublie tellement que ce n’est pas même son clairon qui trône dans les vitrines du musée de l’Armée à paris : c’est celui du soldat Pierre Sellier, originaire de Belfort qui fut chargé, le 7 novembre au soir, de sonner le cessez-le-feu pour permettre aux plénipotentiaires allemands chargés de négocier l’armistice de traverser les lignes françaises à Haudroy dans l’Aisne"