Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

18 mai 2018

"L'invention du grand écrivain" de Joseph Vebret

L'invention du grand écrivain : dans les coulisses des grandes oeuvres littéraires de Joseph Vebret

Joseph Vebret

Résumé :

Dans les coulisses des grandes œuvres littéraires

Le xixe siècle voit naître le roman tel que nous le connaissons aujourd’hui. Auparavant, il était considéré comme un art mineur, un « fourre-tout » inférieur à la poésie et au théâtre, dont la codification était jalousement défendue par les « Classiques ». Sous l’effet d’une alphabétisation croissante, la littérature, réservée jusqu’alors à une élite, va s’adapter à un nouveau public. La place des écrivains dans la société ira alors grandissante : qu’ils soient considérés comme des faiseurs d’opinion, des leaders politiques, voire des symboles vivants, le peuple se reconnaît en eux. C’est l’avènement du sacerdoce de l’écrivain. De son côté, l’école célèbre la figure de l’écrivain comme celle d’un grand homme.

Ainsi, le xixe siècle va offrir au public des oeuvres inoubliables (Madame Bovary, Notre Dame de Paris, La Mare au diable, Le Rouge et le Noir, etc.) devenus de grands classiques lus et relus génération après génération.

Pour raconter l’invention du grand écrivain et visiter les coulisses de la création littéraire, Joseph Vebret convoque tour à tour Stendhal, Victor Hugo, Charles Dickens, Alexandre Dumas père et fils, Edgar Allan Poe, Honoré de Balzac, Émile Zola, Gustave Flaubert, Louise Colet, Charles Baudelaire, Eugène Sue, Jules Verne, George Sand, Léon Tolstoï, Lewis Wallace, Guy de Maupassant, Arthur Conan Doyle, Oscar Wilde, Edith Wharton, Gaston Leroux, Virginia Woolf et bien d’autres qui apparaissent en second plan.

C’est tout le xixe siècle qui défile sous la plume de Joseph Vebret, tant politique, social que littéraire.

Mon avis :

L’invention du grand écrivain c’est ce genre de livre où tu as de la découverte mais pas entièrement (sauf pour les écrivains qui ne vous intéresse pas des masses). En effet, ça reprend toujours plus ou moins ce qu’on connaît déjà sur certains écrivains, comme pour Arthur Conan Doyle qui n’aimait pas Sherlock Holmes ou encore pour Madame Bovary qui a été censurée à sa sortie, mais toutefois et en parallèle à ceci, se rajoute de l’information qui complète la petite anecdote, tout en nous éclairant sur la vie et le talent de ces gens. Vie souvent poursuivie par les créanciers et talent pas toujours mérité, comme par exemple pour Alexandre Dumas qui a été pas mal aidé. (Ca casse le mythe, je sais.)
Outre cela, c’est aussi un livre qui permet de découvrir de nouveaux auteurs - personnellement je ne connaissais pas Edith Wharton - et qui corrige quelques idées reçues, comme par exemple le fait qu’Edgar Allan Poe n’a pas connu ses premières traductions en français avec Baudelaire ; Isabelle Meunier en 1847, Gustave Brunet en 1844, etc.
Cela étant ça ne se résume pas qu’à une simple biographie, certains passages nous montrent les rapports qui existent entre la vie du romancier et ses romans ou personnages, Stendhal avec Le rouge et le noir ou encore Alexandre Dumas fils avec La Dame aux camélias.

Où est l’intérêt de cela ? L’intérêt premier, c’est que la vie de ces écrivains est condensée en quelques pages. Le deuxième intérêt, c’est que ce bouquin est intéressant car ça nous permet de voir derrière l’œuvre l’histoire des auteurs. Le seul petit truc qui manque à ces pages c’est le talent de conteur. En effet, on dirait que c’est écrit par un écrivain qui raconte une leçon, plutôt que par un écrivain qui raconte une passion, et c’est là le seul point négatif que je reproche.

En résumé, ça reste un livre agréable, intéressant, qui nous éclaire sur les oeuvres, les auteurs et autrices du 19ème début 20ème siècle de France et d’ailleurs, puisqu’il y a Wolf, Tolstoï… avec Hugo, Zola... C'est à tenter.

Editions Marivole.


29 avril 2018

"Le Père David, l'Impératrice et le panda" de José Frèches

Le Père David, l'Impératrice et le panda de José Frèches

panda frèches

Résumé :

Un grand roman épique
L’histoire passionnante d’un animal devenu une légende

« Vous le connaissez tous, avec sa splendide livrée noir et blanc, son air bonhomme, son appétit insatiable et sa démarche rigolote… le panda ! L’ami des enfants et le symbole de la préservation de la nature…

Ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’un missionnaire français, le père Armand David, en 1869, est à l’origine de sa découverte. Sans lui, le panda aurait été décimé par la chasse et la déforestation.

C’est en m’inspirant de cette histoire vraie que je vous invite à me suivre jusqu’aux forêts du Sichuan, le territoire du panda géant, à remonter le fleuve Bleu, à explorer la fabuleuse Cité interdite et Shanghai la mystérieuse, sur les traces de mon héros, le père David Etcheparre, à la rencontre de l’impératrice Cixi et de Fleur de Sang, une jeune fille amoureuse des pandas.

Ensemble, nous découvrirons une Chine plus mystérieuse que jamais, soumise à tous les assauts, rongée par l’opium et pourtant insubmersible… mais aussi cet animal magnifique, dont le pays a fait l’un de ses principaux ambassadeurs. »

Mon avis :

Faisons court.

Je ne suis pas une grande fan de l’écriture de José Frèches, mais malgré ça j’aime quand même le lire car je découvre toujours plein de chose sur la Chine, son histoire, ses personnages… et ça j'aime !
Je me sentais prête à démolir ce pavé car j'étudiais en parallèle et avec passion la Chine et l'Europe en histoire d'art moderne, et que ça faisait une assez bonne base à ce bouquin, vu que l'on n'aborde pas l'histoire d'art de la période moderne en Chine sans aborder la question des missionnaires, la fascination européenne pour la Chine, etc., etc.

Mais là... là… ouille, ouille, ouille, je n’y suis pas arrivée. J’ai arrêté ma lecture bien avant la fin, car trop de description, trop de longueur, trop didactique. Trop de trop gâche ce livre.
Certes, c’est toujours didactique avec Frèches, mais habituellement c’est bien mélangé dans le récit, la connaissance se fond dans l’histoire pour donner quelque chose de fluide à l’arrivée, mais là il n’y a rien de tout ça. C’est lourd, c’est long, c'est sorti en bloc et on sent que l’auteur veut en dire beaucoup trop, veut trop étaler ses connaissances au détriment de l’histoire, des péripéties et des personnages.
Des personnages eux aussi trop développés en bloc au demeurant et le décor idem, et j'ai envie de dire à propos du décor que la cabine du bateau on s’en fout un peu. Tout comme le détail du kamasutra chinois, dont j’ai oublié le nom en passant…. Sur ce dernier point le lecteur n’en demandait pas tant, il demandait même rien vu que ça n'a pas de rapport avec le panda. Trop de digression ? Oui aussi.

Bref. Comme le voyez un gros raté pour ce livre là, pourtant j’avais une folle envie de connaître cette histoire, surtout que dedans il y a Cixi, est Cixi est un personnage que j’aime croiser depuis que j’ai lu un livre sur elle il y a quelques années, mais force est de constater que Cixi ne fait pas tout et ni le panda d’ailleurs. Je ne suis pas arrivée à lire ce livre jusqu’au bout même en m’imposant tant de page par jour.

En conclusion vous l'avez deviné je n'ai pas aimé, avec des paragraphes en moins ce livre aurait gagné en clarté et en légèreté, mais peut-être que parmi vous certains l'aimeront. Essayez.

XO éditions.

Posté par Florell à 18:07 - Roman historique - Commentaires [0] - Permalien [#]
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11 mars 2016

"Femmes d'exception, femmes d'influence : une histoire des courtisanes au 19ème s." de Catherine Authier

Femmes d'exception, femmes d'influence : une histoire des courtisanes au 19ème s. de Catherine Authier

Source: Externe

Résumé :

Puissante figure de l’imaginaire, la courtisane est une actrice essentielle de l’histoire du XIXe siècle. Le Paris de cette époque, en pleine croissance, offre un cadre idéal à ces femmes, dont la journée s’organise autour des cafés, restaurants, bals, casinos, courses hippiques, promenades au Bois et, à la belle saison, des escapades en Normandie ou sur la Côte d’Azur. Financées par des clients richissimes issus de la noblesse, de la haute bourgeoisie, des milieux d’affaires et de la presse, elles parviennent à amasser des fortunes considérables et vivent avec une liberté et une indépendance exceptionnelles dans un XIXe siècle qui cantonne encore la plupart des femmes à la maternité, à des tâches domestiques ou à des positions subalternes.
Comment ces prostituées « insoumises », grisettes, lorettes ou filles passées par des maisons closes sont-elles devenues des courtisanes millionnaires, des femmes d’influence et de pouvoir qui ont dominé leur époque ? Issues le plus souvent de milieux pauvres ou travaillant dans le monde artistique du théâtre, de la danse ou du café-concert, comment ont-elles opéré leur métamorphose pour devenir des icônes de leur génération, des femmes qui envahissent la presse et les images de leur temps ? Intelligentes et audacieuses, libres dans leur art de vivre, leur manière de s’habiller ou de se maquiller mais aussi de voyager de par le monde ou de tenir salon à leur guise, elles apparaissent comme des pionnières en matière d’émancipation et de droits de la femme.
À travers le parcours des plus célèbres horizontales du XIXe siècle, Catherine Authier nous ouvre les portes de ce monde mystérieux dans un ouvrage abondamment illustré et fourmillant d’anecdotes. Elle fait revivre avec bonheur ce mythe qui continue encore à fasciner notre société moderne.

Mon avis :

Ce livre, Femmes d’exception, femme d’influence : une histoire des courtisanes au 19e siècle, est un livre exceptionnel. D’une part pour ses histoires de courtisane qu’il partage et d’autre part pour cette vision qu’il nous donne sur le 19e siècle.

Au premier abord, on pourrait penser que cet ouvrage est superficiel, l’histoire des courtisanes, leur vie dissolue et entretenue, leurs recettes de beauté, leurs conquêtes amoureuses, ne sont pas ce qu’on peut appeler des sujets sérieux, pourtant loin de s’arrêter à ces domaines, ce livre va nous montrer la société au 19e siècle et nous faire découvrir ainsi la place de la courtisane dans ce siècle de révolution, où elles-mêmes, et à leur manière, y ont participé.
En effet, ce n’est pas peu dire de dire de ces courtisanes qu’elles ont marqué le siècle avec leur manière de vivre. Femmes libres, femmes riches, femmes d’exception, femmes joueuses, elles font en effet figure de pionnières dans le féminisme et dans l’émancipation de la femme, et ceci malgré le fait qu’elles aient souvent véhiculée l’image condamnable de la Eve tentatrice.

De là à dire qu’elles ont eu la vie facile, il ne faut pas exagérer. Car comme va nous le démontrer Catherine Authier pour ces femmes rien n’était gagné, rien n’était acquis, rien n’était facile ; et ceci la Nana de Zola ou La dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, nous l’ont déjà appris. En effet, en retraçant leurs parcours l’auteure va nous expliquer que devenir demi-mondaine était un chemin semé d’embûche et dégradant, et que le rester n’était pas non plus chose aisée. En outre, on découvrira qu’il y avait toujours derrière ce mode de vie une idée de vengeance sur la gente masculine. Les raisons ? Je vous les laisse découvrir...

Cependant, au-delà de cette description détaillée du chemin des insoumises, où on les découvre filles de maisons closes, à maîtresses d’hôtels particuliers, exerçant les métiers du spectacle et de l’écriture, l’auteure va nous offrir aussi la possibilité de les découvrir dans des mondes où on ne les attendait pas, comme celui des puissants. Certes, leurs rôles seront minimes, pourtant ils furent parfois assez important pour soulever une révolte, servir des tractations secrètes ou conduire au poteau d’exécution (même s’il est vrai que pour Mata Hari le rôle ne fut pas aussi important que l’on l’imaginait alors).
A savoir aussi, que ces femmes, contrairement à ce qu’on peut penser, n’étaient pas non plus des écervelées, elles tenaient en effet dans leur salon des conversations littéraires et artistiques, et faisaient aussi montre d’un sens certain des affaires en se « vendant » à prix d’or, même si au final beaucoup finiront ruinées sans que cela les dérange pour autant. Il est cependant étonnant de voir comment certaines ont fini leur vie…

A côté de tout cela - et je suis loin d'avoir tout abordée ici -, il a été très intéressant de voir ce 19e siècle en évolution qui a su se libérer peu à peu de ses carcans. Bien sûr, le 19e siècle n’est pas aussi libertin que le 21ème siècle, mais il est intéressant de découvrir ce Paris fou qui prend une place particulière dans la pensée collective du monde. Ce Paris où on claque son fric, où l’on donne cours à tous ses fantasmes, et qui semble ne connaître aucune limite dans la débauche et la dépense, et qui faut bien le dire la courtisane représente si bien.
En plus de ceci, j'ai trouvé intéressant aussi de découvrir la naissance de cette mentalité futile sur des sujets mondains, de voir cette "peoplisation" qui apparaît sur des personnages superficiels, et qui n’existait pas de cette manière avant. Ce qui montre, du moins je trouve, la naissance d’une société nouvelle qui se met maintenant à chercher du rêve et qui annonce la nôtre.  

En conclusion, ce livre bien documenté, fait à partir d’innombrables sources, est très agréable à lire même si parfois un peu long. Mais il est à lire, car ce travail sérieux et illustré va nous donner une autre vision de ces femmes qui ont marqué leur époque en étant un véritable phénomène de société, et qui aujourd’hui encore nous font rire car on a du mal à imaginer cela possible. (Du moins pour ma part.)

Je remercie les éditions Armand Colin et Babelio pour ce partenariat.