Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

07 juillet 2019

"Des maquis du Morvan au piège de la Gestapo : André Rodneay, agent de la France libre" de Joël Drogland

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Joël Drogland Des maquis du Morvan au pège de la Gestapo.

Des maquis du Morvan au piège de la Gestapo André Rodneay, agent de la France libre deJoël Drogland

Résumé :

Dans la nuit du 12 septembre 1943, l’agent français André Rondenay atterrit sur le sol de la France occupée. Ce jeune polytechnicien de 30 ans, évadé des camps de prisonniers allemands, vient d’être formé par les services secrets anglais, après son recrutement par le BCRA qui le considère comme l’un de ses meilleurs atouts.
Les missions de celui qui va devenir le représentant de la France libre auprès de la Résistance intérieure pour l’ensemble de la zone Nord sont de la plus haute importance : direction du plan Tortue visant à retarder d’au moins huit heures l’arrivée des Panzers sur les lieux du futur débarquement, destructions d’industries vitales pour l’armée allemande, sabotages de chemins de fer…
Mais sa mission la plus difficile sera d’unir les maquis du Morvan, divisés en organisations aux orientations politiques parfois diamétralement opposées, pour en faire un des plus puissants bastions de la Résistance française. Dans cette entreprise à haut risque, il devra faire face aux pires calomnies venant de son propre camp, jusqu’à ce que, trahi et arrêté, il soit exécuté par les agents de la Gestapo, de l’Abwehr et de la Milice qui l’avaient traqué sans relâche, à quelques jours de la libération de Paris. En suivant le parcours d’un héros de la guerre de l’ombre, Joël Drogland nous emmène au plus près de la vie des combattants clandestins, retraçant leurs victoires, mais aussi leurs défaites et leurs luttes fratricides.

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04 avril 2019

"Entre ici Jean Moulin" de Aude Terray

Entre ici Jean Moulin de Aude Terray

Source: Externe

Résumé :

C’était un matin de décembre, dans le froid et le vent, devant les marches du Panthéon, la voix caverneuse et lyrique d'André Malraux, les roulements de tambour qui martèlent la tristesse…
La République, toute à sa liturgie, sacrait Jean Moulin.
Aude Terray a choisi d'explorer ce moment historique et fondateur.
Elle s'interroge et mène l'enquête : comment expliquer le choix de panthéoniser
Jean Moulin qui ne faisait pas l'unanimité au sein de la Résistance ? Pour quelles raisons deux jours de cérémonies ? Pourquoi le discours de Malraux, sans doute le plus beau de la Vème République, a-t-il été si douloureux à écrire ?
Aude Terray scrute les coulisses, traque les secrets et les états d'âme. Elle mêle dans une fresque vivante et intime le Général de Gaulle, Georges Pompidou, André Malraux, Daniel Cordier, Maurice Papon aux héros anonymes de ces deux jours, un sacristain, une fleuriste, une gardienne d'immeuble, un commissaire adjoint et tant d’autres. 
Cette France des années 60 est encore meurtrie mais regarde vers l'avenir.
Ses contradictions et ses espérances hantent nos mythologies les plus contemporaines.

Mon avis :

Avec ce livre, Aude Terray nous plonge dans une époque et une histoire intimement liée à la Vème République, celle de la panthéonisation de Jean Moulin. Cendre de conséquence qu’on tire tantôt à droite, tantôt à gauche.

Je ne connaissais pas la vie de Jean Moulin, à part ce que tout le monde en sait, c’est-à-dire son rôle dans la résistance. Avec son livre, Aude Terray m’a comblé un peu cette lacune en présentant l’homme et ses femmes. Elle abordera même la supposé homosexualité de Moulin qui a l’air d’être qu’une affabulation selon les personnes qui l’ont connu.

Mais là n’est pas tout à fait le sujet du livre, car ce qui nous intéresse ici, c’est surtout les journées du 18 et 19 décembre 1964. Jours de la panthéonisation de Jean Moulin que l’autrice va faire revivre avec ses grands personnages comme Malraux, De Gaulle, et ses inconnus, la fleuriste, le proviseur d’école, etc.
En abordant ce moment, Aude Terray va en outre nous montrer toute l’effervescence, les préparations, qui a autour de cet évènement, mais aussi les angoisses qui pèsent sur cette journée. Les menaces écrites ou par téléphone, ou encore la douleur de Malraux pour rédiger son discours. Selon l’autrice un des plus beaux qui soit, mais qui soulève dans ce livre plusieurs voix discordantes. Toute comme la présence d’une certaine personne à l’hommage de Jean Moulin, celle de René Hardy connu pour avoir selon certaines sources de l’époque dénoncé Jean Moulin. (Et selon la page Wikipédia est passé à travers de la condamnation au "bénéfice « de la minorité de faveur »".)

Ce livre qui se partage entre deux époques, raconte aussi les recherches et questionnements de l’écrivaine : les archives plus ou moins parlantes ; les lieux visités ; les personnes qu’elle a dû rencontrer, dont Daniel Cordier qui a connu Jean Moulin. Et dans l’ensemble, ces points étaient intéressants à lire, mais pour être franche, pas à tous les coups…
Bien sûr, c’était captivant de voir comment Jean moulin a pu être perçu : homme ouvert à tous les courants ; communiste ; gaulliste. De prendre connaissance des diverses versions sur son arrestation, les guerres d’historien, la guerre des femmes - bien mise en avant dans le livre d’ailleurs. Mais à côté, la description des lieux ou encore le questionnement débile sur Johnny Hallyday (what ?!), j’avoue que je m’en serais passée. Par moment j’avais un peu cette impression qu’il fallait broder.

D’ailleurs je ne sais pas si ça vient de ça et le fait que le livre fasse un peu roman avec les personnages secondaires, les inconnus, mais finalement je trouve ce bouquin plutôt vide. Tellement peu rempli que j’en viens à me demander si Aude Terray a répondu aux questions écrites dans le résumé. Alors oui, certaines ont été plus ou moins abordées, mais par exemple la raison des deux jours je crois que je ne l’ai pas vu. En tout cas j’ai rien retenu. Le trou. Le vide. Le néant.
Et au final, autant j’ai trouvé que livre abordé bien les esprits, celui douloureux de Malraux, celui tourné vers l’avenir de Pompidou, ou encore la vie de Madeleine Malraux, mais pas tant l’importance de l’évènement et ce qu’il représente. Par contre la description de l’évènement, oui, là l’auteure a été jusqu’au bout.


Bref ! Je ressors de cette lecture mitigée. J’ai découvert avec plaisir des choses sur Jean Moulin, les hommes et les femmes de décembre 1964 (à moi d’aller plus loin), mais je trouve le livre un peu maigre et pas très bavard. Je m’attendais à un peu plus, mais bon ça reste une bonne intro, mais juste une intro.

Editions Grasset.

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06 février 2019

"La tondue 1944-1947" de P. Frétigne & G. Leray

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur la Tondue 1944-1947 de Philippe Frétigne & Gérad Leray : ici.

Source: Externe

Résumé :

3e édition, revue et augmentée

La photographie dite de la « Tondue de Chartres », prise par Robert Capa le 16 août 1944, est sans doute le document le plus représentatif du phénomène de l’épuration sauvage qui a entaché la Libération de la France au cours de l’été 1944. Or, elle a beau être mondialement connue, avoir été publiée dans un nombre considérable de publications et d’ouvrages, avoir suscité émotions et commentaires, rares sont ceux qui connaissent l’histoire véritable de ses protagonistes.
Au fil d’un long travail de recherche au sein des archives, il a enfin été possible de reconstituer l’itinéraire familial et politique de cette femme martyrisée qui traverse, son enfant dans les bras, une foule hostile : victime sacrificielle, ou coupable avérée ?
À l’issue de cette enquête, c’est une société provinciale en proie aux déchirements idéologiques, mais aussi aux querelles de voisinage, aux ambitions et aux rancœurs de tous ordres, qui resurgit devant nous, avec une saisissante précision dans le détail.
3e édition augmentée de nouvelles informations sur les acteurs de l’affaire, et de l’intégralité du dossier judiciaire.

 

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03 août 2018

"Les sanglots de pierre" de Dominique Faget

Les sanglots de pierre de Dominique Faget.

Couverture du livre « Les sanglots de pierre » de Dominique Faget aux éditions City

Résumé :

Hortense règne d'une main de maître sur le domaine de La Louvière. Cette femme indomptable et forte a connu des années difficiles. La Grande Guerre lui a volé son mari, le grand amour de sa vie, et son fils aîné est mort lors de la Seconde guerre mondiale.

En cet été 1955, elle aurait mérité que sa vie soit enfin douce et tranquille... Mais tout est compliqué par les manigances de son petit-fils qui projette de transformer le domaine familial en maison d'hôtes. Sans compter également ces meurtres qui se produisent dans le voisinage.

Est-ce un fou qui a décidé de semer la terreur dans la région ? À la Louvière, Hortense pressent qu'il s'agit d'autre chose et que certains secrets du passé risquent de remonter à la surface et de bouleverser de nombreuses existences...

Quand la vengeance attend son heure...

Chronique expresse :

Ce livre parle de deux époques la Seconde Guerre mondiale et quelques 10 ans après. On y retrouve, un vieux domaine, des vieilles familles et des meurtres horribles. Pourquoi ces meurtres ? Et quel est le rapport avec cette famille juive lors de la Seconde Guerre mondiale ? Tels sont les sujets du bouquin. C'est donc un livre qui se lit comme une enquête policière, vous vous en doutez bien.

Pour faire court, je dirai que ce bouquin se lit vite et est sympathique à lire dans l'ensemble, on voit que les personnages ont quelque chose à cacher et que l'ambiance est malsaine. Pour autant je ne suis pas si emballée que ça, car hélas si dans les détails il peut y avoir de la petite surprise, dans les grandes lignes qui font le sujet, il se lit presque sans surprise. En effet, on devine beaucoup de chose avant la fin et ça ressemblait à une histoire annoncée sans réel suspense. Que par ailleurs la Seconde Guerre mondiale n'améliore pas, puisqu'il y a longtemps que le sujet a été épuisé, de fait on retrouve encore et toujours la même chose, ce qui est lassant...
Cela étant, ça reste agréable en lecture, mais après pas sûr que dans 10 ans vous vous en souviendrez encore.

Merci aux éditions City.

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30 juillet 2018

"Du destin des parques : Indochine 1932-1955" de Olivier Nourry

Du destin des parques : Indochine 1932-1955 de Olivier Nourry

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Résumé :

Le 6 septembre 1939, les vies de Paul Nguyen, de Charles Gabioni et de Jean Darrecourt vont être bouleversées.

Amis d’enfance, ils ont 17 ans quand la guerre éclate. C’est à Saïgon, à 12?000 kilomètres de la Métropole, qu’ils apprennent la mobilisation générale. Incrédules, en juin 40, ils suivent à la radio l’invasion des troupes de l’Axe qui emportent leurs illusions de jeunes patriotes.
Paul, un Eurasien qui a grandi à Marseille, Charles, le fils d’un riche colon de l’Annam, Jean, dont le père est pilote sur la rivière Saïgon, se trouvent propulsés dans l’âge adulte. Leur amitié résistera-t-elle à leurs engagements politiques opposés??
Ils vont subir, chacun de leur côté, la violence de l’invasion et de l’occupation japonaise sur l’Asie du sud-est et seront témoins des années dramatiques que connaîtra l’Indochine de 1940 jusqu’à la chute de Diên Biên Phu en 1954. Au milieu des tensions politiques et des tergiversations des gouvernements en Métropole, les trois amis vont assister, impuissants mais révoltés, à la lente et cruelle dérive de la colonie française qui se dirige vers l’aventure communiste.
Des scènes d’une époque révolue, des actions tragiques et poignantes se fondent dans les paysages somptueux du Nord Laos, de l’Annam et du Haut-Tonkin.

Un roman historique très documenté sur un épisode marquant du XXe siècle !

Mon avis :

Encore un livre qui se passe pour une bonne partie en Asie lors de la Seconde Guerre mondiale. Décidément mes lectures se suivent pas mal en ce moment ! L'histoire est cependant différente du Don de la pluie, puisqu'il est question ici de 3 amis et de la difficulté de garder un lien lors d'une période charnière de l'histoire quand les opinions divergent. Outre cela, ça parle aussi d'amour, de courage, d'épreuve physique et morale, de valeur... d'un tas de sujet sur la nature humaine et plus, et dont la guerre est un excellent révélateur. 
Bref ! Ce roman parle d'un tas de sujet, et c'est une fresque humaine grandiose et une histoire riche que nous offre Olivier Nourry. Riche en aventure, en questionnement, en personnage, mais surtout riche historiquement. L'auteur a vraiment potassé son sujet, et c'est un réel plaisir de lire ce livre qui nous parle de la Seconde Guerre mondiale ailleurs. Tout est parfait... ou presque.
Pour seul bémol je dénoncerai sa longueur, je ne sais pas encore - malgré la qualité historique -, s'il était vraiment nécessaire d'aller jusqu'à la guerre de décolonisation. L'auteur aurait pu, je pense, s'arrêter à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais à part cela, je n'ai rien à dire de plus, c'est un livre historiquement intéressant avec une bibliographie en fin d'ouvrage des plus intéressante.

Merci aux éditions Glyphe.

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18 juillet 2018

"Le don de la pluie" de Tan Twan Eng

Le don de la pluie de Tan Twan Eng

le don de la pluie

Résumé :

État de Penang, Malaisie, 1939. Philip, un adolescent d’origine anglo-chinoise, rencontre Endo, un diplomate nippon qui lui apprend l’art de l’aïkido. Alors que la guerre menace et que les Japonais envahissent le pays, le jeune homme se retrouve déchiré entre son amitié pour son nouveau maître et sa loyauté envers sa famille ainsi que son pays. Hanté par la prophétie d’une vieille devineresse, Philip tente de tracer sa route sur les chemins périlleux et parfois obscurs de la guerre.

Tour à tour roman d’espionnage et roman d’apprentissage, Le Don de la pluie oppose la vision orientale d’un destin tout tracé à la vision occidentale du choix et de la liberté, et nous fait voyager à travers les temples magiques et les forêts tropicales interdites de la Malaisie.

Mon avis :

C'est une histoire pleine de bruit et de fureur.
C’est une histoire entre un sensei et son élève.
C’est une histoire entre un japonais et un jeune métis en Malaisie.
C’est une histoire terrible car c’est pendant la guerre ; et rien, des actions, des choix, ne pouvait changer l’issue de cette histoire.
Du libre arbitre à la route toute tracée, ce livre, c’est l’histoire de deux visions et deux vies qui se croisent et s’affrontent. C’est une histoire terrible, douloureuse, mais magnifique.
Honnêtement, je ne m’attendais pas à l’aimer autant, j’avais flashé sur l’écriture bien avant le résumé, mais c’est pourtant toute imprégnée de cette relation étrange, de cette dichotomie sur la vision de la vie, que je viens de fermer ce livre.

     L’histoire a pour contexte la seconde Guerre mondiale en Malaisie et en Asie. Le Japon est à l’époque belliqueux et cruel, et dans ce contexte deux hommes se rencontrent et nouent une relation. Seulement, le Japon est un pays ennemi, de fait la relation du jeune Philip Hutton avec un diplomate japonais Endo-San est mal vue et venue, et beaucoup la critique. Et même si certains comprennent cette amitié et les bénéfices sur le jeune Philip, il leur est malgré tout difficile pour eux de comprendre la place qu’elle prend dans sa vie. Qu’elle prend aussi dans cette Malaisie en guerre abandonnée par les Anglais, et dans cette Malaisie en souffrance et occupée où les japonais n’ont rien à envier aux allemands niveau atrocité. Oui, c'est une histoire compliquée.
     Pour être franche, cette relation est aussi difficilement compréhensible par le lecteur, car elle s’approcherait presque d’une histoire d’amour insensée et malsaine devant les faits implacables de Endo-San. Mais pourtant, cette incompréhension qui m’a été donné par l’auteur, c’est pour moi la réussite de cette histoire, car avec ce livre le lecteur est ici quasiment un personnage. Il réagit à peu de chose près de la même manière que les protagonistes du livre, et même quand on apprend au fil des pages, que c’est une histoire sur plusieurs vies et qu’il faut qu’elle finisse, que c’est le destin qui agit et que chacun a ses raisons d’agir, l’attachement de Philip pour Endo-San reste quand même incompréhensible par moment, et ceci même si on n’a l’avantage de tout savoir.
Comme on le voit, ce roman ce n’est pas que l’histoire d’un malheur annoncé, c’est aussi beaucoup d'ambiguïté y compris pour le lecteur. Rien n’est clair, rien n’est gagné d’avance, puisque l’auteur joue énormément sur les sacrifices, avec la mort, sur ces faits et ces sentiments qui nous échappent et nous obligent à quelques actions - et pas toujours les bonnes d’un point de vue ou d’un autre.
Bref. C’est vraiment un roman puissant qui nous entraîne on ne sait où, et pour ma part ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre où je suis quasiment logée à la même enseigne que les perso. Et ça, je ne risque pas de m’en plaindre !

     Enfin, un autre atout de ces lignes (que j’ai vite abordé quelques lignes plus haut), c’est que ce livre réunit à une histoire, l’Histoire de la Malaisie à cette époque ; et même si tout n’est pas vrai, par exemple sur la Chine, j’ai apprécié découvrir la seconde Guerre mondiale de ce côté-ci du globe. Ca change des mêmes histoires que l'on raconte ici, et que d’ailleurs je ne lis plus car c’est toujours la même chose et que c’est chiant. Voilà, en plus de l’histoire, le contexte, bien que terrible, vaut le détour par ces pages car on apprend des choses et on ne peut pas se plaindre de ça.

     En conclusion, je n’ai rien à dire de mauvais sur ce livre. Oui il est épais, oui ce n’est pas une lecture facile, oui c’est philosophique, oui c'est triste, mais c’est tellement bien raconté, dosé, profond et beau, que je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Pour tout ce qu’il raconte et nous apprend, on doit le lire.

Merci aux éditions Flammarion.

 

EXTRAITS : "Les jeunes ont des espoirs et des rêves, alors que les vieillards n'en conservent que les vestiges et se demandent ce qui est arrivé à leur vie"

"Mes anciens disciples m'appelaient parfois pour tenter de me convaincre de retourner dans ce monde, mais je refusais en leur disant que j'avais renoncé au fleuve et au lac, adoptant ainsi une expression cantonaise - toi chut kong woo - qu'on applique aux guerriers ayant quitté volontairement leur univers de violence pour chercher la paix."

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26 mai 2017

"Madeleine Pauliac, l'insoumise" de Philippe Maynial

Madeleine Pauliac, l'insoumise de Philippe Maynial

Source: Externe

Résumé :

L’extraordinaire histoire du docteur Madeleine Pauliac, l’héroïne du film Les Innocentes, nommé 4 fois aux César 2017 !

Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. Profondément insoumise. L’histoire de Madeleine Pauliac, médecin et lieutenant, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, quelques semaines après la déroute nazie, elle prend la tête à Varsovie de l’Escadron bleu : onze Françaises de la Croix-Rouge d’à peine vingt ans qui, inlassablement, le jour comme la nuit, rapatrient les blessés français et volent au secours des rescapés des camps de concentration, de Majdanek, en Pologne, à Dachau, en Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, Madeleine Pauliac fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises. Plusieurs d’entre elles se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine Pauliac les aide à accoucher. C’est ce drame que raconte le film d’Anne Fontaine Les innocentes.

Avec l’Escadron bleu, Madeleine Pauliac accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne, n’hésitant pas à « kidnapper » des blessés français dans des hôpitaux russes.

Jusqu’à ce jour de février 1946 où elle périt en voiture, sur une route verglacée près de Varsovie. Une vie brisée… au service des autres.

Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film les innocentes et livre ici le portrait bouleversant d’une héroïne oubliée.

Mon avis :

Philippe Maynial raconte l’histoire de sa tante Madeleine Pauliac, qu’il n’a connu qu’à travers sa mère et ses recherches. Qui est Madeleine Pauliac ? Une femme médecin et militaire qui durant la seconde guerre mondiale œuvra dans la résistance et après 1945 œuvra à l’Est pour rapatrier les français avant qu’ils ne partent pour le grand inconnu en URSS, en plus de soulager dans le même temps les souffrances des populations autochtones. C’est sûr ces missions à l’Est où son neveu va s’attarder. Bonnes sœurs violées, ouverture des camps concentrationnaires, ces pages vont voir défiler la misère humaine en période de crise que Madeleine Pauliac a tenté d’adoucir.
Pour autant à côté de cette misère humaine, ces pages vont nous offrir aussi des leçons de courage, de culot, mais aussi une belle amitié entre ces membres volontaires de la Croix-Rouge française.

Mais j’avoue, si j’ai apprécié ce bouquin ce n’est pas tant pour l’amitié qu’il montre, ni pour l’altruisme de ces femmes, ou encore cette aventure dangereuse dans des pays dévastés où l’Armée Rouge se comporte comme le dernier des monstres. Non, si j’ai avant tout apprécié ce livre c’est parce qu’il raconte l’histoire de femmes libres et courageuses et qu’en faisant cela l’auteur a replacé la femme dans l’Histoire, avec un grand H. Il a montré qu’elles pouvaient être aussi fortes, douées, utiles, meilleures, que les hommes. Oui je vais jusqu'à là !
En outre, Philippe Maynial a en plus permis de sortir de l’oubli cette aventure de l’Escadron Bleu qui mériterait d’être bien plus connue, tout comme l’histoire des rapatriements. En effet, la seconde guerre mondiale ne s’arrête pas en Europe au 8 mai 1945, ses effets vont se faire sentir encore longtemps après la capitulation, notamment à travers les mouvements de population (retour de camp ou des exilés) et l’avantage de ce livre c’est qu’il permet d’avoir un aperçu sur cela et de la difficulté d’effectuer des rapatriements dans un contexte de Guerre froide. L’URSS est déjà maître de l’Europe de l’Est et les actions de la Croix-Rouge vont se heurter très vite au nouveau pouvoir, comme on va le voir avec l’Escadron Bleu notamment.
Alors certes le livre n’est pas aussi pointu qu’un ouvrage d’historien, mais il a se mérite d’élargir la problématique de la seconde guerre mondiale et de la recontextualiser, en plus de rendre à l’Histoire des personnages, des actions, oubliés ; et tout ça, oui tout ça, c’est merveilleux ! Personnellement il ne m'en faut pas plus.

En résumé, c’est une biographie, mais une biographie utile. Une vraie biographie utile qui instruit.

Merci à XO éditions.

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19 mai 2017

"Le gardien de nos frères" de Ariane Bois

Le gardien de nos frères de Ariane Bois

Source: Externe

Résumé :

Entre 1939 et 1967, de Paris à Toulouse et de New York à Tel Aviv, l'extraordinaire destin de deux êtres fracassés par la guerre.

Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartient à la bourgeoisie juive parisienne, patriote, laïque et assimilée ; il a été maquisard et blessé au combat. Elle est issue d'un milieu de petits commerçants polonais et a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie.
En 1945, la guerre leur a tout pris. Chacun de leur côté, ils vont accepter une mission très particulière : rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents dans des familles, des orphelinats ou des couvents, quand il s'avère que ceux-ci ne rentreront pas des camps. Simon parce que son petit frère Elie a disparu dans des conditions mystérieuses ; Léna car elle espère ainsi redonner du sens à sa vie. Et cela va les entraîner bien au-delà de ce qu'ils auraient pu imaginer.
C'est l'histoire de deux jeunes révoltés qui, dans une France exsangue, vont se reconstruire grâce à la force de l'amour. De Paris à Toulouse, d'Israël à New-York, un roman d'aventure porté par le souffle de l'Histoire.

Mon avis :

Généralement j’évite les livres qui parlent de la seconde Guerre Mondiale ; déjà parce que dans la vie de tous les jours on y fait référence pour rien et ensuite parce qu'on n'a tellement réchauffé cette période, on l'a tellement cuisiné à toutes les sauces, que j’avoue j’en ai marre d’en lire ou même d’en entendre parler. De plus faut bien dire que l’originalité avec ce sujet fait souvent défaut vu que c’est sans arrêt les mêmes thèmes qui sont abordés. Mais pour une fois je vais réviser mon jugement avec Le gardien de nos frères.
Déjà parce que ce bouquin a mis en avant des points d’habitude peu ou pas utilisés comme : la résistance juif, l’après-guerre, le retour des prisonniers et le contact avec leur famille, ainsi que la difficulté de récupérer les enfants cachés, mais aussi parce qu’il y a des personnages extrêmement touchants. Ecorchés vifs, douloureux, étranger entre eux, Ariane Bois nous offre une galerie de personnage - bien qu'ils soient entourés de ténèbres - des plus intéressante à suivre et des plus réel. En effet, de la reconstruction à l'envol, ces personnages m’ont beaucoup touchée de par leur réalisme. Incompréhension, silence, douleur, force, rythme ces pages avec beaucoup de pudeur.

Quant à l’histoire, elle est bien ficelée. Tout s’emboîte très bien et le caractère des personnages complète bien cette dernière. Bref, je n’ai pas grand-chose à dire dessus, si ce n’est que je l’ai bien aimé surtout pour tous les sujets que j’ai énumérés au-dessus. Le seul bémol : la fin. Je l’ai trouvé de trop et trop hasardeuse. La fin ne m’a convaincue, mais comme elle dure peu je conseille le livre pour tout ce qui la précède.

Merci aux éditions Belfond.

22 juillet 2016

"Mon père, ce collabo" de Jean Buvens

Mon père, ce collabo de Jean Buvens

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Résumé:

Jean Buvens a 10 ans, en 1944, lorsqu’il comprend peu à peu le rôle de ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale : sa mère parcourt les rues de Bruxelles à la recherche de noms juifs sur les sonnettes, son père revient les soirs de rafles les bras remplis de jouets d’enfants.
Chauffeur pour la Gestapo, son père aidera les nazis en tant que dénonciateur mais, une fois leur pion devenu inutile, les Allemands n’hésiteront pas à les exiler, lui et sa famille, dans une cave en Allemagne.
Jean, petit garçon, observe les actions de ses parents, perplexe, en tentant tant bien que mal de discerner leurs actes corrects et ceux, honteux, bien plus nombreux.
Voici les effets collatéraux de la guerre sur un enfant et le développement de relation d’amour et de haine entre un enfant et ses parents devenus collaborateurs de l’occupant pendant la Seconde Guerre mondiale.
Jean Buvens, aujourd’hui, veut exprimer, en son nom, les plus profonds et sincères regrets pour l’irréparable commis par ses parents.

Mon avis :

Mon père ce collabo est un livre qui a l’avantage de raconter la guerre vue par les enfants et de montrer les conséquences que les choix parentaux peuvent laisser sur les poches.

Mais avant toute chose, ce livre va d’avantage mettre en avant une série d’anecdote en rapport avec la guerre, nous montrant ainsi comment les parents de cet homme (à l’époque un enfant), s’y prenaient pour dénicher les juifs, pourquoi ils ont probablement choisi ce camp - la vénalité n’était pas étrangère à cela -, et nous montrant comment s’est passé la fuite de ses parents collaborateurs et donc la sienne puisqu’il les a suivi, et cette dernière lors de la débâcle allemande n’étant pas sans danger entre les bombardements et le reste.

Outre la guerre l’auteur va nous raconter les bons et mauvais moments qui ont suivi la guerre, les bons avec son grand-père, quelques professeurs, etc., et les mauvais avec quelques professeurs (bonjour la prison en guise de collège) et ses parents et en particulier sa mère qui l’abandonna quasiment lors de leur fuite. Mais au-delà de la simple anecdote ces passages-là sont particulièrement intéressants pour comprendre le comportement un peu rebelle de l’auteur à l’adolescence, qui était probablement à la recherche d’un peu d’amour paternel et maternel ( ?) et de stabilité. Mais aussi comprendre l’homme actuel.
On notera aussi qu’encore aujourd’hui Jean Buvens a encore beaucoup de griefs contre ses parents décédés. On sent qu’il a du mal à pardonner leur comportement de collabo et parental.   

Bref!

Comme vous l’avez compris c’est un récit personnel émaillé de faits historiques, cela étant pour ces derniers je ne sais pas trop comment les prendre. En effet comme j’ai trouvé une erreur de date à la page 106, les bombes atomiques ont été lâchées sur Hiroshima et Nagasaki le 6 et 9 août 1945 et non en septembre 1945, je ne sais du coup pas trop si l’auteur a bien su retranscrire certaines choses qu’il aurait vu. Bon après c’est peut-être juste une erreur d’inattention mais cette erreur réduit un peu la confiance qu’on peut avoir sur le livre et ces faits.
Mais malgré ça c'était une bonne lecture qui fait découvrir la guerre autrement. A tenter si 39-45 vous intéresse.

Merci aux éditions Jourdan.

02 mai 2016

"Zazous" de Gérard de Cortanze "Voila l'Zazou, voila l'Zazou"

Zazous de Gérard de Cortanze

Source: Externe

Résumé :

On n’est pas sérieux quand on a quinze ans – même en pleine Occupation. Chaque jour, au café Eva, une bande de zazous se retrouve pour écouter du jazz. Josette, Pierre et Jean sont lycéens, Sarah est coiffeuse, Charlie trompettiste, Marie danseuse, Lucienne apprentie mannequin. Dans un Paris morose, ils appliquent à la lettre les mots d’ordre zazous : danser le swing, boire de la bière à la grenadine, lire des livres interdits, chausser en toutes circonstances des lunettes de soleil et enfiler de longues vestes à carreaux.
À mesure que les Allemands montrent leur vrai visage, ces jeunes gens qui ne portent pas encore le nom d’adolescents couvrent les murs de Paris du « V » de la victoire, sèment la panique dans les salles de cinéma et les théâtres, déposent une gerbe le 11 novembre sous l’Arc de Triomphe, arborent, par solidarité et provocation, l’étoile jaune. Traqués par les nazis, pourchassés par les collaborateurs, rejetés par la Résistance, les zazous ne veulent pas tant « changer la vie » qu’empêcher qu’on ne leur confisque leur jeunesse.
 
Dans cet ample roman aux accents de comédie musicale, Gérard de Cortanze nous plonge au cœur d’un véritable fait de société trop souvent ignoré, dans le quotidien d’un Paris en guerre comme on ne l’avait encore jamais vu, et nous fait découvrir la bande-son virevoltante qui, de Trenet à Django Reinhardt, sauva une génération de la peur.

Mon avis :

On connait tous l’expression « faire le zazou », mais au final on est très peu à connaître l’histoire de ces zazous, et plus particulièrement sous l’occupation allemande à Paris.
Mais voilà un vide que Gérard de Cortanze s’apprête à combler avec un sens du détail et de l’Histoire époustouflant. D’ailleurs je ne sais même pas pourquoi je dis cela, vu que les deux ne vont pas l’un sans l’autre. En effet par le détail du Paris occupé, en nous racontant la presse, les arrestations, les fusillades, les décrets anti-zazous, les actions zazous, les lois antisémites, le lien trouble entre musulmans et nazi (d’ailleurs j’ai découvert ici la branche SS musulmanes), l’épuration d’après-guerre, etc., l’auteur nous raconte l’Histoire avec un grand H ; nous plongeant ainsi réellement dans le quotidien difficile du Paris occupé et donc de nos personnages.

Qui eux sont certes imaginaires, mais comme ils sont placés dans un monde réaliste et décrivant une jeunesse réelle, on pourrait les croire réels. Surtout que l’auteur ne les épargne pas dans le malheur, puisque chacun à leur manière nos personnages vont subir cette guerre.

Et puisque je parle des personnages… c’est le moment de faire un point sur eux.

Porter par une plume simple mais prenante, nous allons donc suivre ici tout un groupe de jeune adolescent, qui aime le swing, le style anglais, et affiche à l’égard de la guerre un « j’m’en foutiste » patent, avec cette ritournelle en fond sonore qui dit « que la jeunesse ne doit pas mourir à cause de la guerre ». Pourtant malgré leur refus des grandes actions de résistance, leur refus de s’engager réellement et de juste se « contenter » de quelques petites actions marquantes, comme le port d’une étoile jaune détournée, de déranger les séances de cinéma, etc., nos héros vont devoir s’engager plus qu’ils ne le voudraient. Pour les amis, pour eux, pour leur pays, ils devront cacher des vérités et parfois frôler la collaboration par intérêt ou par amour.

Tout ceci aura forcément des répercutions sur leurs liens, parfois la tension montera entre les personnages, mais ça n’ira jamais vraiment plus loin que quelques brouilles car l’amitié est plus fort que tout. Et c’est là un peu le bug du livre, ça fait franchement pas très convaincant de ne pas voir les liens cassés davantage, alors qu’à côté le livre ne manque pas de réalisme. Franchement, est-ce qu’une amitié peut survivre à une guerre et dans ce contexte à des comportements opposés aux autres, opposés à nos engagements ? Personnellement j’ai des doutes…
Bon tout cela n’est finalement que détail, car la fin de Josette rattrape cela. En effet, par ce personnage l’auteur nous présente vraiment ces humains en morceaux qui ne savent plus comment vivre après une guerre qui bouleversa l’Histoire et leur vie.

En conclusion c’était une lecture historique agréable et enrichissante que je recommande vivement malgré quelques longueurs.

 

Merci aux éditions Albin Michel. (Et Gilles Paris)

Posté par Florell à 21:52 - Littérature - Commentaires [0] - Permalien [#]
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