Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

24 juin 2016

"Le cantique des oiseaux" de Farid od-dîn 'Attar

Le cantique des oiseaux de Farid od-dîn 'Attar

le cantique des oiseaux

Résumé :

Le Cantique des oiseaux, poème écrit en persan à la fin du siècle, chante le voyage de milliers d'oiseaux en quête de Sîmorgh, manifestation visible du Divin. La huppe, messagère de Salomon, les guide et les encourage en leur racontant des histoires de sagesse puisées parmi les classiques de la littérature profane ou inspirées du Coran. Chef-d'oeuvre de poésie mystique, Le Cantique des oiseaux est un récit initiatique : chacun peut voir dans les oiseaux le reflet de lui-même, à travers le prisme de ses propres expériences et de ses quêtes intimes. Chacun peut se perdre dans les sept vallées traversées par les oiseaux, pour mieux se retrouver. La traduction de Leili Anvar parvient par son souffle à rendre cette ascension spirituelle lumineuse, vibrante et universelle, fidèle à la lettre et à l'esprit d'Attâr.

Mon avis :

C’est un livre, un gros livre qui recueille un long poème qui mélange épisodes religieux et l’histoire des oiseaux qui doivent affronter diverses épreuves pour se libérer et se découvrir à Dieu.

C’est donc un livre qui se veut initiatique, qui cherche à donner des leçons dans un souci de libérer l’homme de son malheur et de le rendre meilleur. Cela est beau, c’est un fait l’intention est louable, mais la trop grande présence de la religion m’a bloquée dans le voyage que j’ai finalement fait d’une manière quasiment superficielle. En effet, le fait que l’homme doit automatiquement passé par Dieu pour être libre et beau me dérange énormément, tout comme l’idée qui veut que Dieu soit à l’essence de toute chose, et ceci même si le texte date du 12ième siècle.

En fait ce n’est pas une surprise de voir la trop grande présence de Dieu ici, ce texte est à forte tendance soufisme donc c’est logique, mais pour la personne du 21ème siècle et l’athée que je suis j’ai malgré tout eu du mal à faire l’impasse sur mes sentiments et me plonger dans ce livre entièrement sans rire de cette naïveté divine. Honnêtement je pense que c’est une épreuve de le lire pour quelqu’un qui croit que la nature humaine peut arriver à être libre et parfaite sans Dieu. Mais j’ai tenté.
Outre cela ce livre est quand même très beau à lire, il est évident que le but, même si je déplore Dieu et parfois la manière et la solution, est tout à fait honorable. Cela étant c’est vrai qu’il est un peu dur à lire, car il est rédigé entièrement en vers et en plus il est très long. Ce n’est vraiment pas un livre qui se lit comme un roman, comme toute poésie il faut du temps, des pauses, et je pense aussi un certain état d’esprit (que je n’avais probablement pas ( ?)).

Là je parle de l’écriture, mais à regarder ce livre est magnifique. Alors je ne suis pas forcément fan de tous les dessins, car ils ne sont pas forcément tous bien dessinés surtout si on compare avec l’art occidental à certaines époques (l’inverse peut marcher aussi), cependant j’ai retrouvé une forte influence chinoise dedans qui m’a beaucoup plu, qui m’a invitée aux voyages et aux merveilles - même si aucun art au monde ne surpassera pour moi l’art chinois.
En fait, le fait que les dessins soient vieux fait déjà tout le charme même si imparfait. En effet ses dessins sont déjà des trésors par leur âge et je ne peux que remercier les éditions Diane de Selliers de les faire découvrir et d’en orner ce livre, et ainsi d’en faire son écrin. Surtout qu’ils sont accompagnés de petites histoires très instructives.

Bref. Je ne suis pas certaine d’avoir parlé de ce livre comme il le fallait, un certain point de vue personnel me l’a gâché, mais pour sa culture, par curiosité ou autre, il est à lire. Et peut-être qu’un jour je le retenterai.

Je remercie les éditions Diane de Selliers et Babelio.


10 septembre 2015

"La neige noire" de Paul Lynch

"La neige noire" de Paul Lynch

 

Source: Externe

Résumé :

L’âpreté lyrique du premier roman de Paul Lynch, Un ciel rouge, le matin, métamorphosait le paysage irlandais en un vaste territoire à l’horizon sans limites, au fil d’une impitoyable chasse à l’homme qui poussait inéluctablement un jeune métayer vers l’exil américain, dans un récit visuel fracassant.

Son nouveau roman raconte le retour d’un émigré irlandais au pays. Après des années passées à New York, Barnabas Kane retrouve le Donegal en 1945 et s’installe sur une ferme avec sa femme et son fils. Mais l’incendie, accidentel ou criminel, qui ravage son étable, tuant un ouvrier et décimant son bétail, met un frein à ce nouveau départ. Confronté à l’hostilité et à la rancœur d’une communauté qui l’accuse d’avoir tué l’un des leurs, il devient un étranger sur son propre sol. Confiné sur cette terre ingrate où l’inflexibilité des hommes le dispute à celle de la nature, Barnabas Kane va devoir choisir à quel monde il appartient.

« Brillant et hypnotique, un roman dans lequel le lecteur plonge en se laissant habiter par les sons et les rythmes. Paul Lynch fait chanter chacune de ses pages comme le faisaient les grands maîtres. » Philipp Meyer

« Un roman sur une Irlande que je reconnais, et que devraient envier tous les écrivains. » Robert McLiam Wilson

Mon avis :

Des paysages humides et sauvages parsemé çà et là par des vieilles demeures où la vie s’écoule sans trop de remous depuis des années, c'est le paradis pour nous au 21ème siècle. Pourtant en cette première partie du 20ème siècle dans ce pays irlandais où il n'y a pas grand chose, ça ne l'est pas... En effet, même si la population acceptent son sort, il n'en reste pas moins que la misère, les aléas de la vie, sont le quotidien de ces petites gens trop enclaver pour avancer.
C’est donc dans ce décor ingrat, malgré la beauté des paysages, que nous allons suivre la vie de Barnabas et de sa petite famille. Que nous allons suivre leur misère, leur peur, leur condition de paria après l’incendie de leur ferme qui emporta un des habitants du village.

Cependant ce roman qui commence par cet incendie va nous révéler plus que la condition misérable d’une famille qui a perdu son outil de travail et donc sa seule source de revenu. Il va nous révéler, plus qu'une famille qui subit plusieurs attaquent, et qui essaye de se reconstruire. En effet à côté de cela, il va nous révéler aussi toute une mentalité sur ces coins ruraux reculés où les habitants ne vont jamais plus loin que les limites de leur village, et supportent plutôt mal ceux qui ont eu le malheur de s’exiler ailleurs, de voir d’autres choses et de penser autrement. C'est vraiment une vieille Irlande que l'auteur nous décrit avec réalisme.
A côté de cela, il va aussi mettre en avant une famille qui ne peut se reconstruire après un drame. Et dans toutes ces situations on verra clairement l’incompréhension, l’impuissance, la colère, s’installer petit à petit malgré les efforts des personnages pour tout arranger.

A côté de cela, ce récit est servi par une écriture simple, il est un peu lent mais comme les combats intérieurs et matériels sont constamment présents cela n’est pas si dérangeant, car même si c’est lent les personnages tentent de vivre et de s’en sortir, ce qui donne une touche de réalisme, de sursaut et de vie à ce roman.
Quant aux paysages ils sont par contre magnifiques : sauvages, irlandais, ce roman est très tellurique ; mais mieux que ça, les sensations que l’auteur nous offre en nous décrivant le bruit de la pluie dehors, le froid de la pièce avant de la faire chauffer, le gris du ciel, font tout le charme de ce sombre tableau.

En résumé ce fut une lecture sympathique même si je n’en fais pas un coup de cœur, mais pour cette vie simple qui cherche le retour à ses racines, la rencontre de cette humanité grise - personne n’est tout noir ou tout blanc -, je le conseille.

 

Merci aux éditions Albin Michel.

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16 juillet 2015

"La mer couleur de vin" de Leonardo Sciascia

"La mer couleur de vin" de Leonardo Sciascia

la mer couleur de vin

Résumé :

Rebelle à toute forme d’oppression, Leonardo Sciascia n’a cessé de lutter contre les différents pouvoirs. Dans ce recueil de treize récits écrits entre 1959 et 1972, l’enfant du pays raconte la Sicile et sa «mer couleur de vin». Dénonçant les ravages causés par la mafia et l’avidité des nantis, il met en lumière le poids de la tradition religieuse et livre de la misère du peuple une série de tableaux saisissants. Sans aucun doute l’une des voix les plus marquantes de la littérature italienne du XX.

Mon avis :

Je suis désolée auprès de l'éditeur pour se retard qui s'explique par le fait que je n'arrive pas à faire d'avis sur ce livre qui pourtant a été une excellente lecture. Je dois avouer qu'il m'est arrivée parfois de ne pas savoir parler d'un livre que j'ai aimé, et ben là c'est exactement le cas. Je bloque sur les mots. Du coup je suis d'avance désolée si cet avis va être petit.

 

Cela éclaircie, et comme je l'ai déjà dit ce livre a été une agréable lecture. Sauf deux nouvelles Philologie et Eufrosina que je n'ai pas aimé, tout le reste est excellent et m’a énormément plu. L'auteur a une plume charmante, une imagination débordante capable de raconter toutes les histoires du monde, et le savoir-faire certain pour raconter les gens, la vie, les sentiments.
Sur ce dernier point j'ai d'ailleurs sincèrement cru ressentir les mêmes sentiments que notre galerie de personnage, qui vont de l'exilé, à une femme rongée par le remord, en passant par la colère des hommes et leur peine. Sans exagérer, c'est tellement bien raconté que même si on n'a jamais connu ces histoires on ressent la force de tempêtes intérieures.

 

Ca dit je n'ai plus grand chose à dire sur ce livre. Si ce n'est que c'est un livre que je conseille pour les travers qu'il dénonce, pour son écriture passionnée et passionnante, pour son parfum italien et du temps jadis.

Merci aux éditions Denoël.

 

La mer couleur de vin 192 pages.
Traduction de Jacques de Pressac et revu par Mario Fusco en 2015.
Première parution en 1976 et le 13/05/2015
Collection Denoël & d'ailleurs.

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24 juin 2015

"Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

"Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

Source: Externe

Résumé :

Les évaporés Ici, lorsque quelqu'un disparaît, on dit simplement qu'il s'est évaporé. Personne ne cherche à le retrouver, pas de crime pour la police, honte et silence du côté de la famille. Sans un mot, Kase un soir a disparu. Comment peut-on s'évaporer si facilement sans laisser de trace ? Et pour quelles raisons ? C'est ce que cherche à comprendre Richard B., venu au Japon afin d'aider Yukiko à retrouver son père. Pour cette femme qu'il aime encore, il mène l'enquête dans les quartiers pauvres de Sanya à Tokyo. Ce roman profondément poétique allie découverte du Japon, encore bouleversé par la catastrophe de Fukushima, et réflexion sur notre désir, parfois, de prendre la fuite. « C'est un roman au charme mystérieux, un roman entre chien et loup, rêve et réalité, où la poésie malgré tout finit par l'emporter. » Michel Abescat - Télérama

Mon avis :

Avec Les évaporés, Thomas B. Reverdy signe un livre d’une grande actualité qui va nous emmener à porter un autre regard sur cet archipel.

En ouvrant ce livre je m'attendais à une espèce d'enquête policière, mais à ma grande surprise il n'en a rien était. Car bien plus qu'une simple enquête, ce roman se révèle être avant tout un portrait du Japon d'aujourd'hui, mais un portrait nouveau, un portrait à découvrir.
Loin des images hautes en couleur que l'on imagine, ici nous allons apercevoir un Japon inexploré, un Japon secret, avec son côté sombre et sa misère, avec ses meurtres et ses disparitions, avec ses décombres et sa fatalité.
Comme vous l'avez deviné, loin du Japon imaginaire, mais tout en gardant quand même un certain exotisme, ce livre se trouve être un portrait humain extrêmement surprenant, où la vie incertaine des personnages se suit avec intérêt.

Cependant tout cela ne fait pas tout.

En effet si ce livre se lit si bien c'est parce qu'il a aussi à côté toute une ambiance pudique, brumeuse, incertaine, qui nous enveloppe et dans laquelle on se meut agréablement car elle rajoute du mystère au mystère.
Dit comme ça, tout cela sonne comme une fatalité et pas très joyeusement, et c'est vrai. Ici on subit et on fait avec, on se questionne, on reste silencieux…, d'une manière générale le récit flirte souvent avec le chaos, pourtant c'est un côté du livre que j'ai adoré car ça collait parfaitement avec ce que l'auteur nous faisait découvrir de ce Japon contemporain où tout est incertain, où l'avenir paraît bien sombre. 
Bon, il y a bien quelques petites légèretés à côté de cela qui allègent ce roman, mais même celles-là au final sont un peu amers et/ou tristes.

En fait, je dirais que c'est un roman tout japonais, où tout se passe et où tout continuera cahin-caha parce que la vie est ainsi.

En conclusion, j’ai trouvé que c’était un livre très intéressant à lire car il montre comme je l’ai dit une autre face du Japon, par conséquent- et même si elle ne restera pas la lecture de votre vie - je la conseille.

Merci aux éditions J'ai lu.

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29 mai 2015

"Ulugh Beg, l'astronome de Samarcande" de Jean-Pierre Luminet

"Ulugh Beg, l'astronome de Samarcande" de Jean-Pierre Luminet

ulugh beg astronome de samarcande

Résumé :

En 1429, Samarcande, escale majeure de la route de la soie connaît une animation encore plus vive qu'à l'ordinaire. Le plus grand observatoire jamais conçu vient d'être inauguré. Les ambassadeurs du monde vont contempler un immense sextant de 80 mètres de haut et 40 mètres de rayon plongeant dans une fosse vertigineuse, un gigantesque cadran solaire dont les parois externes sont couvertes d'une vaste fresque représentant le zodiac et qui recèle les plus perfectionnés des instruments de mesure du temps et de l'espace : sphères armillaires, clepsydres, astrolabes...
Le promoteur de ce prodige architectural, mais aussi le directeur de l'observatoire n'est autre que le prince et gouverneur de Samarcande, Ulugh Beg, le petit-fils du conquérant redoutable qui mit tout l'Orient à feu, de l'Indus au Jourdain : Tamerlan.
Amoureux des sciences et du ciel, piètre politique et militaire - ce qui lui coûtera la vie -, Ulugh Beg entouré des meilleurs astronomes de son temps, va calculer la position de mille étoiles et rédiger un ouvrage majeur : les tables sultaniennes qui fascineront les savants, les religieux et les voyageurs du monde entier.
C'est l'histoire totalement hors du commun de ce savant poétique et rigoureux que Jean-Pierre Luminet nous invite à découvrir dans une fresque romanesque épique, au coeur d'un monde de grandes étendues désertiques, de cités au raffinement incomparable et de guerres permanentes où, cependant, l'homme continue plus que jamais sa conquête de la science et des étoiles.

Mon avis :

Je suis d’avance désolée auprès de l’éditeur mais je ne suis pas arrivée jusqu’au bout ce livre. Je ne suis absolument pas arrivée à rentrer dedans, et ce pour trois raisons ;

Premièrement, le livre ressemble plus à une liste, un catalogue de personnage, qui ont été glissé-là de manière peu naturelle - parce que l’auteur voulait les glisser - et sans saveur.

Deuxièmement, l’écriture est trop plate pas assez romanesque. Avec un sujet pareil et dans cette époque, je pense sincèrement qu’il y avait matière à faire de ce roman une véritable épopée romanesque si l’auteur n’avait pas été aussi scientifique mais un peu plus écrivain. Je précise que j’adore lire des documentaires, mais quand je lis un roman j’aime bien voir un roman dans les mains.

Et troisièmement, certaines choses m’ont fait tiquer. Comme par exemple les réflexions que le personnage Samuel de Cresque a à propos du fait qu’il pense que les musulmans étaient plus tolérants avec la science que les chrétiens d’Europe, ou encore qu’ils savaient faire la différence entre profane et sacré ; pourtant, - et sans vouloir remettre en cause l’âge d’or islamique qui s’est fini au 13ème siècle -, on sait que ces assertions ne sont pas exactes, car des personnalités comme Al-Ghazali - qui aujourd’hui encore voit sa pensée durer-, et les persécutions des scientifiques et des philosophes sous les almohades - dont Averroès a été victime – ou autres évènements, montrent quand même l’inverse,  - même s’il est vrai que les persécutions des almohades ont été faites plus tôt.
Alors je n’irai pas dire que l’Europe était entièrement tolérante avec les sciences, attention. Cependant elle les étudiait depuis toujours à l’ombre des monastères et plus tard dans les universités, même si c’est vrai qu’on ne peut pas nier que certains domaines comme l’algèbre ont été amélioré depuis la Grèce antique par les musulmans, et même avant par les hindous entre autre.

Bref. J’ai peut-être un peu oublié que parfois c’était un roman, alors que curieusement plus haut je lui ai reproché son écriture trop scientifique. Allez comprendre !

Cela étant et même si je n’ai pas lu ce livre correctement jusqu’au bout, j’ai survolé assez bien la suite, et ce que j’en ai lu avait l’air intéressant -j’ai d’ailleurs pioché des infos pour aller voir plus loin de mon côté-, du coup je le conseille à ceux qui ont l’esprit curieux et qui ne sont pas gênés par ces romans trop rigides.
De mon côté j’avoue que je suis assez déçue de ne pas avoir accroché à ce roman qui promettait beaucoup de découvertes à cause d’une écriture trop froide. Mais bon ce sont des choses que l’on ne peut pas toujours savoir, hélas. La lecture c’est comme la vie ça réserve toujours des surprises, parfois on aime parfois on n’aime pas.

Bref ! Trêve de philosophie à la noix, et même si je n’ai pas aimé cette écriture, je conseille malgré tout ce bouquin car il y a indéniablement des choses à tirer de cette lecture.

Merci malgré tout aux éditions JC Lattès.

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25 février 2015

"L'orangeraie" de Larry Tremblay

"L'orangeraie" de Larry Tremblay

l'orangeraie roman

Résumé :

«Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi.» Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l'ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s'empare de leur enfance et sépare leurs destins. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Conte moral, fable politique, L'Orangeraie est un roman où la tension ne se relâche jamais. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert. L'Orangeraie a remporté plusieurs prix dont le Prix des libraires du Québec.

Mon avis :

Voilà un livre qui……… dérange. A mi-chemin entre le fictif et le réel, l’auteur nous embarque dans une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui n’en est pas moins actuelle.

Il ne va pas être facile de parler de ce livre, car c’est une lecture terrible, puisque derrière ces deux petits enfants innocents, derrière ce décor d’orangeraie, se cache la guerre, la haine, le mensonge, la mort, et on se doute très tôt que c’est deux petits garçons vont en être victimes.

Cela dit ce qui m’a le plus choqué dans cette histoire, ce n'est pas tant la guerre qui est le quotidien des humains, mais la mentalité des personnages adultes qui conduisent cette guerre ; cette mentalité de barbus haineux, cette mentalité de martyre que l’on fête sans honte, cette mentalité de sacrifice nécessaire au nom de la guerre, au nom d’un dieu, au nom de la vengeance. Alors je conçois qu’une guerre fait des morts, que les pertes suscitent un sentiment de haine, de revanche, je conçois même que certaines guerres sont utiles au nom de la liberté (celle du livre j’ai des doutes), mais ce que je ne cautionne pas c’est la manière qui est décrite dans le livre pour la faire. Le mensonge, la manipulation, la lâcheté commune à toutes les guerres, m’ont rendue folle de rage et l’idée de sacrifice tout autant. Au point que pour le dernier point, jusqu’à l’ultime moment, je n’ai pas voulu y croire tellement ça me paraissait aberrant.

Une guerre fait des morts certes, mais on ne devrait pas mêler des enfants incapables de penser par eux-mêmes à ça, que les adultes se démerdent ! Car là ça va vraiment trop loin, et encore plus selon-moi avec la place de dieu dans le récit. Je ne crois pas en dieu, du coup c'est vrai que le fait qu’il soit un des moteurs me gêne, et ça me gêne doublement quand on prend connaissance de la raison du père dans le choix d’un de ses fils. L’idée de départ est déjà horrible, mais le raisonnement l'est tout autant. Faut croire qu'ils ne sont pas humains.

Un petit mot sur la fin avant de finir, elle n’est pas aussi agréable à lire que le reste (enfin si on peut trouver un livre pareil agréable). Alors elle est intéressante pour comprendre les sentiments qui animent Amed, même si parfois je n’ai pas compris certaines de ses réactions, mais néanmoins dans cette fin Amed n’est pas le seul protagoniste que je ne comprends pas tout le temps, Mickaël en est aussi. Avec ses doutes que je trouve assez injustifiés (comme le fait qu’il se juge mal placé pour dénoncer la cruauté de la guerre), certains de ses raisonnements, ses quelques questions nébuleuses sur le mal, lui aussi je ne l’ai pas toujours compris ; dans le sens où parfois j’ai trouvé qu’il philosophait pour rien, et qu’il essayait de raisonner ce qui n’est pas raisonnable, - et qui est encore moins raisonnable quand on n’est pas à leur place.

Avoir de l’empathie pour les victimes de la guerre, et donc vouloir la dénoncer c’est normal et faisable quand on possède un minimum d’humanité et d'intelligence, mais s’imaginer le mal quand on n’est pas une once du mal dénoncé, je n’en vois pas l’intérêt. Bien sûr qu’à leur place et bien dressé il ferait pareil, mais voilà il n’est pas à leur place, et il ne le sera probablement jamais puisqu’il peut réfléchir sur l’absurdité de la guerre, alors pourquoi se demander cela ?

Je ne sais pas si ce rejet de quelques questions vient du fait que je pense qu’il faut se poser seulement des questions utiles, mais de mon point de vue j’ai trouvé parfois que les interrogations n’allaient nulle part. Pour moi il faut savoir penser sur du concret, pas de l’imaginaire, mais ce n'est que mon avis.

En résumé c’est un livre à lire parce qu’il est en dehors du temps, mais aussi de son temps. Même si moi j'en parle mal et n'ai pas abordé tous les sujets que ce livre soulève, comme le déshonneur, l'hérédité de la haine, le traumatisme de la guerre...

 

Je remercie les éditions de la Table Ronde.

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13 novembre 2014

"Prières pour celles qui furent volées" de Jennifer Clement

"Prières pour celles qui furent volées" de Jennifer Clement

prières pour celles qui furent volées

Résumé :

Ladydi, 14 ans, vit dans les montagnes de Guerrero, au Mexique, où les barons de la drogue règnent sans partage. Il ne fait pas bon être une fille dans cette région où elles doivent se déguiser en garçon ou s'enlaidir pour éviter de tomber aux mains des cartels qui en font des esclaves sexuelles. Avec ses amies, elle rêve d'un avenir plein de promesses.

Mon avis :

Je suis mitigée sur ce livre. L’histoire est des plus agréables à lire même si ce n’est pas jojo, mais niveau écriture là je suis par contre plus partagée. Il y a quelques répétitions qui sont un peu soûlantes et qui gâchent le plaisir de la lecture, et de plus parfois l’écriture est trop irrégulière pour vraiment transporter le lecteur dans cet enfer du Guerrero, ce qui est dommage car parfois on frôle des images très fortes servies par une écriture des plus sublimes.

 

Pour en revenir à l’histoire j’ai été là par contre un peu plus transportée, bien qu’elle ne soit pas à tomber par terre, j’ai été surprise par son contenu ; puisqu’elle est assez choquante, car ici il est question de vol de femme, mais aussi de drogue, d’injustice, de machisme, d’abandon, de misère… Un quotidien dur à vivre, qui est un combat permanent pour la survie, que je n’ai pas pu m’empêcher de suivre avec une once de révolte. Comment ne peut-il pas en être autrement, quand la population est trahie par ses administrations, victime d’une justice expéditive, et victime des narcotrafiquants ?  

Cela dit, malgré ces durs sujets, il ne faut pas non plus s’attendre à des descriptions terribles. Jennifer Clement reste assez en surface, laisse deviner les traitements, mais ne va pas dans le choc, et c’est peut-être finalement un bémol, car le fait qu’elle garde ses distances avec l’histoire fait que ça manque un peu de saveur ; surtout que l’écriture est un peu lente et répétitive, puis parfois pas toujours intéressante faut dire, comme quand la narratrice raconte des anecdotes par exemple. C’est sans doute un peu choquant ce que je dis, le sujet est trop grave pour dire cela, mais ça sonnait superficiel tout de même.

 

Heureusement cependant que les personnages rattrapent cela.

En fait surtout la mère de Ladydi qui est pour moi le personnage le plus fascinant de l’histoire. A titre d’exemple elle appelle sa fille Ladydi par vengeance des infidélités de son mari, fallait le faire !? Et même si ce n’est pas le personnage principal de cette histoire, cette femme qui renferme la haine, l’espoir, l’amour, la colère en elle, qui est faite de tout, m’a laissée bouche bée. Car malgré ses attentes déçues, elle n’en reste pas moins courageuse et affectueuse. Bien plus que Ladydi pour moi cette femme est le personnage de ce roman. Celle qui donne la vie à ce livre, Ladydi paraît fade à côté, banale, et ce même si c’est le personnage à qui tout arrive.

En résumé ce n’est pas le livre de l’année et une lecture formidable, je m’attendais à mieux, mais ça se lit bien. Maintenant une question me reste, où s’arrête la réalité et où commence le mythe ?

 

Merci aux éditions Flammarion et Babelio.

31 octobre 2014

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

ma jian chemins de poussière rouge

Résumé :

Victime de la répression menée par les autorités chinoises sur les artistes dans les années 1980, Ma Jian a trente ans quand il décide de quitter Beijing. Au cours d'un périple de trois ans, il découvre un pays aux multiples facettes déchiré entre ses traditions et les effets de sa modernisation. Des plaines de l'extrême ouest au Tibet aux côtes du sud, l'artiste-aventurier livre une vision sans concession du pays qui l'a vu naître, mais dans lequel il n'est plus qu'un étranger.

Mon avis :

Ma Jian est un auteur dissident chinois, Gao Xingjian le prix Nobel de littérature de l’année 2000 en fait une des voix les importantes et une des plus courageuses de la Chine actuelle. N’ayant lu que ce livre-là de Ma Jian je ne peux pas en affirmer autant, cependant il est vrai qu’à première vue il n’a pas tort, car dans ce livre l’auteur ne se montre pas tendre envers le régime chinois, mais en plus à côté de ça il donne à voir une autre face de la Chine. Qui est une face oubliée, pauvre, misérable, traditionnelle, mais aussi multi-traditionnelle malgré le fait que ça soit qu’une Chine sur la carte. En cela c’est vrai que Ma Jian est une voix pour cette Chine oubliée et aussi pour les victimes de ce régime communiste chinois, lui-même en a été victime en tant que journaliste – artiste, ce qui est le point de départ de ce livre d’ailleurs.

Cela dit même si Ma Jian se montre assez critique  sur ce régime unique, ce n’est pas ce que j’ai retenu en premier lieu dans ce livre. Non. Pas du tout. De même pour la quête spirituelle, bien que je l’ai énormément appréciée même si ce n’est pas ce qui a de plus mis en avant.

En fait ce qui m’a vraiment plu dans ce livre, c’est cette découverte de la Chine profonde et quasiment oubliée du gouvernement chinois. Une Chine éloigné de la mondialisation et de ses richesses. Une Chine pauvre, du système D, un peu sauvage et malhonnête ; où les traditions, les superstitions, sont encore très présentes, du moins à l’époque du voyage dans les années 80, depuis ça a pu changer. Mais même s’il est possible que ça ait changé, c’est vraiment quelque chose qui m’a marqué car parfois c’était juste purement dégoûtant, ou même carrément peu scrupuleux, honnêtement le côté traditionnelle et superstitieux m’a bien moins dérangé.  

Un dernier point qui m’a rendu aussi admirative de ce livre, donc de l’auteur, c’est la facilité que Ma Jian possède pour s’adapter à toutes les situations. Vous vous doutez bien que ce voyage à travers la Chine (même si je crois qu’il a été un peu romancé) n’a pas été sans danger et sans problème, et pourtant malgré cela, toujours l’auteur a trouvé un moyen pour gagner deux sous, ou pour se sortir d’une situation fâcheuse ou dangereuse – quitte à mentir ou autre.

Et personnellement cela me rend admirative, car je trouve que cette force de caractère, cette débrouillardise, cette façon qu’il a toujours d’aller de l’avant, sont une belle leçon de vie, même s’il n’a pas toujours fait des choses très légales, - arnaquer les gens par exemple c’est un truc que je ne peux pas faire.

Mais bon malgré ça, ça reste un livre agréable à lire pour cette distance qu’il peut apporter sur la vie, sur notre condition… Quand on lit ce livre on remarque que l’on n’est pas si mal par rapport à d’autre. Même si à côté de ça je mets en garde de prendre pour acquis ce que l’on a, et ceci que ça soit sur n’importe quel plan, tant niveau personnel que social ou encore politique.

Bref ! Tout ça pour dire que c’est un livre à lire pour élargir son horizon. Et quant à moi je vais continuer à découvrir et lire cet auteur car ses oeuvres m'attirent pas mal finalement. D'ailleurs j'avais dû le sentir car j'ai acheté début septembre son dernier roman ^^

Je remercie en passant les éditions J'ai lu.

Extrait : "J'ai traversé ces terres en sachant que jamais je n'y retournerais. Ces villages appartiennent au passé. Ma destination se trouve toujours devant moi, quelque part, sur un autre chemin."

31 août 2014

"Le ruban" d'Ito Ogawa

"Le ruban" d'Ito Ogawa

le ruban roman

Résumé :

Sumire est passionnée par les oiseaux. Quand elle trouve un oeuf tombé du nid, elle le met à couver et offre l'oisillon à sa petite-fille Hibari, en lui expliquant qu'il est le ruban les reliant à jamais. Mais un jour l'oiseau s'enfuit de sa cage, apportant joie et réconfort partout où il passe.

Mon avis :

IL n’y a que les asiatiques et particulièrement les japonais pour écrire ce genre de roman un peu excentrique au premier abord mais qui finalement se révèle très simple et profond.

Alors il est vrai que passé la magie de la découverte du livre, j’ai commencé à m’ennuyer assez rapidement sur cette lecture comme je le disais dans la page 100. La première partie s’étalant un peu trop dans le train-train quotidien de Sumire et Hibari, où, il faut bien dire qu’il ne se passe pas grand-chose et où les personnages restent un peu trop nébuleux à mon goût.

Néanmoins, passé toute cette partie de présentation et de train-train, au moment où Ruban prend son envol, le roman qui se transforme en nouvelle devient beaucoup plus intéressant à lire, car de là il possède une toute autre dimension. Une dimension plus furtive comme un vol d’oiseau, une profondeur plus proche de l’existence et de sa condition, avec ses surprises, ses bonheurs, ses déceptions, ses calmes et ainsi de suite.

A ce moment précis des nouvelles, c’est avec plaisir que j’ai quitté le monde intérieur d’une petite fille, pour toucher plus vastement celui de la vie humaine et ses vicissitudes plus graves. Néanmoins les retrouver sur la fin m’a énormément plu, car Sumire et Hibari ont quitté ce côté brumeux et inaccessibles, pour devenir plus réelles, plus mûres.

Bref. « Le ruban » d’Ito Ogawa, fait typiquement partie des romans qui enchantent, qui touchent (j’ai eu des fois ma larme à l’œil) le lecteur par sa simplicité et sa profondeur.

Mais au-delà de ça, « Le ruban » c’est aussi un roman où l’occident et l’extrême orient s’entremêlent, et c’est une autre partie de ce livre que j’ai adoré, puisque j’ai trouvé ce Japon occidental qui a les mêmes préoccupations que nous, mélangé à cet esprit calme et lucide qui sculpte la culture et l’identité du Japon. Personnellement j’ai vraiment senti et apprécié leur lucidité sur la condition humaine, qui est notamment magnifiquement représentée par les quelques phrases sur la rose. Et ça ma doublement plu car déjà je suis très proche de cette manière de vivre et de pensée, mais aussi parce que ça change des romans occidentaux que j’ai l’habitude de lire, et où tout a une fâcheuse tendance à tout se transformer en drame de fin du monde.

Dernier point qui m’a enchantée dans ce livre, le message qu’il comporte. A savoir cette idée que le bonheur ne doit pas être égoïste et prisonnier, qu’il faut savoir le laisser voler de ses propres ailes quand le jour sera venu. C'est une très belle leçon je trouve, et ça m'a beaucoup plu de la voir. D’ailleurs ce livre m’a rappelé ces quelques vers de William Blake que je trouvais très approprié :

 Qui veut lier à lui-même une joie

De la vie brise les ailes.

Qui embrasse la joie dans son vol

Dans l’aurore de l’éternité demeure

Enfin bref, c’est vraiment un livre que je recommande pour sa vision de la vie, ses blessures et ses guérisons. Pour cet espoir, cette lumière que représente cet oiseau. Pour ce fil ténu qui relie l’invisible au visible. Pour faire simple ce livre c’est une bulle de coton. Je suis conquise !

 

D'autres avis ici.

22 juillet 2014

"Les cavaliers afghans" de Louis Meunier

"Les cavaliers afghans" de Louis Meunier

les cavaliers afghans

Résumé :

" Dans ce pays sans âge, on ne parle pas en nationalités, mais en peuples. On ne compte pas en kilomètres, mais en jours de route. Quand on se quitte, on se dit Zenda Bashi, sois vivant, parce que l'existence est incertaine. " En 2002, Louis Meunier, tout juste diplômé, décide de plaquer une carrière tracée d'avance et de partir à l'aventure en Afghanistan. Il est ébloui par la beauté du pays et la dignité de ses habitants. Mais surtout, fasciné par la lecture des Cavaliers de Kessel, il rêve d'assister à un buzkashi, tournoi où les cavaliers ont droit à tous les coups pour déposer dans le cercle de justice, une dépouille de chèvre. Ces cavaliers redoutables, les tchopendoz, ne craignent ni les blessures ni la mort. Les combats sont d'une violence inouïe. Louis n'aura bientôt plus qu'une idée en tête : trouver le cheval de ses rêves pour, à son tour, devenir tchopendoz. Louis Meunier livre un puissant récit initiatique dans l'Afghanistan des légendes et des esprits : l'Ashvagan, littéralement en persan, " la Terre des chevaux ".

Mon avis :

Les cavaliers afghans est un agréable récit de voyage à lire, pour tout dire, j’ai pris autant de plaisir à lire ce livre que les récits de voyage d’Alexandra David-Néel que j’adore comme vous le savez probablement ou pas.

Les atouts de ce livre sont nombreux, l’écriture, la vie mouvementée de ce jeune homme, les paysages, certaines rencontres, les chevaux… font autant le charme de ces pages que l’ardeur que Louis Meunier met à réaliser ses buts. Et des buts il en a quelques-uns, comme devenir Tchopendoz ou encore traverser à cheval l’Afghanistan.

Mais au-delà d’un simple récit de voyage, ce livre est aussi un livre descriptif sur l’Afghanistan. Un livre où l’auteur met un point d’honneur à montrer l’Afghanistan autrement que par la guerre.

Alors bien sûr Louis Meunier subira cette guerre et vivra des faits dangereux qui seront dû à cette dernière et aux talibans, mais sans s’attarder dessus il va surtout mettre en avant les difficultés que rencontrent les afghans, ce qu’ils pensent de la présence étrangère –et hélas il y a eu beaucoup d’erreur à ce niveau-là-, mais aussi ce désir qu’ils ont de vouloir sortir du noir dans lesquels les talibans les ont plongés, par exemple en voulant faire revire les tournois de buzkashis que les crétins nommés avant avaient supprimés en même temps qu’un tas d’autres choses agréables à l’humain ; faisant ainsi de l’Afghanistan un monde sans vie, un monde triste, sans plaisir, sans rire, sans joie, sans rien. A-t-il d’ailleurs le mérite et l’utilité d’exister ainsi ? *Mode philosophique one*

Comme vous l'aurez compris, ce livre est un portrait géopolitique de l’Afghanistan et aussi un portrait plus intime.

 

Pour revenir sur un sentiment un peu plus personnel, j’avoue néanmoins que je n’ai pas toujours ressenti le charme que l’auteur a pu ressentir pour ce pays. Deux exemples à ça ; premièrement je ne comprends pas la passion qui habite ce dernier pour les tournois de buzkashis. Personnellement je trouve cela aussi barbare qu’une corrida. C’est violent, c’est dangereux, c’est cruel, c’est… moche. Franchement, ça a quoi de charmant de voir des chevaux qui se mordent et qui frappent, de voir des humains qui les encouragent dans ce sens, et d’avoir le cadavre d’une pauvre chèvre qui n’avait rien demandé en guise de balle ?! ; et deuxièmement l’âme des afghans. Je n'ai pas du tout été touchée par cela. Alors c’est vrai que le fait qu’ils soient misogynes, considèrent la femme comme une merde, c’était mal barré pour eux. Je l’avoue, je ne supporte pas tous ceux qui ont cette mentalité d’abrutie. Mais outre cela, j’ai trouvé que les afghans avaient une mentalité plutôt sournoise, fausse et belliqueuse.
Alors bien sûr ils ne sont pas tous comme ça, l’auteur a rencontré quelques gens qui sont loin de ce portrait peu flatteur, mais il en a rencontré beaucoup de ce portrait aussi, et du coup - bien que je leur souhaite de sortir de l’obscurantisme - je n’ai pas spécialement de sympathie envers ce pays et ses habitants, même si j’ai conscience que la guerre peut expliquer ce genre de comportement. Bref, le charme n'a pas entièrement opéré chez-moi.

Mais malgré ça, c'est un agréable voyage épique et dépaysant à lire. Une aventure humaine utile qui aide à la compréhension d'un pays et qui fait aussi office de signal d'alarme. 

Je remercie les éditions Kero et Babelio pour ce partenariat.