Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

28 mars 2021

"Dans la barque de Dieu" de Ekuni Kaori

Dans la barque de Dieu de Ekuni Kaori

dans la barque de dieu

Résumé :

Yôko vit dans le souvenir de son seul amour, qui lui a donné sa fille Sôko. L’homme est parti avant de savoir qu’il allait être père, mais en affirmant qu’il reviendrait et la retrouverait où qu’elle soit. Depuis, Yôko change de ville tous les ans, comme dans un jeu de cache-cache avec cet homme supposé être à sa recherche. C’est ainsi qu’elle vit «?dans la barque de Dieu?», remettant volontairement son destin entre les mains du hasard. Mais quand Sôko demande à s’inscrire dans un lycée avec internat, Yôko sent la fragile construction de sa vie s’effondrer. Si sa fille la quitte, la seule preuve que sa vie et cet amour ne sont pas une illusion disparaît. Ce roman élégant, subtil, mélancolique, alterne les voix de Yôko et de sa fille, comme deux visions féminines et décalées d’une même réalité?: l’une, Sôko, qui découvre en même temps que la liberté les mensonges et l’irréductible étrangeté de sa mère, l’autre, Yôko, qui ne s’est jamais laissé apprivoiser par personne, si ce n’est par ce fugitif amour.

Mon avis :

L'idée de départ est bizarre ; Japon ?
Bon c'est justement cette originalité qui en fait un livre agréable à lire. On vagabonde avec cette femme et sa fille, on découvre les deux voix, le temps passe et forcément arrive un jour où rien ne va plus... La réalité n'est pas le rêve, et le prisme de l'autre pose problème.
Ce n'est pas le genre d'histoire que je préfère mais c'est une histoire que j'ai pourtant aimé lire. D'accord j'aime le Japon mais ça ne fait pas tout. Là y a un truc.

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04 juin 2019

"Les amants de Pompéï" de Michel Blondonnet

Les amants de Pompéï de Michel Blondonnet

Source: Externe

Résumé :

Richissime héritier, Numerius règne sur d'immenses domaines viticoles de la région de Pompéi. Il vit dans les plus somptueuses villas de cette petite cité devenue le paradis du luxe, de la débauche, la villégiature préférée de l'aristocratie romaine dont il fréquente l'élite mondaine et intellectuelle. Ami de Sénèque et de Pline, ce patricien éclairé se montre pourtant impitoyable dans la défense de ses possessions, dans un temps où le meurtre est monnaie courante. Marié à une beauté gauloise qui s'oublie dans les bras des gladiateurs, Numerius a choisi pour maîtresse une esclave parthe, future régente de sa vie. À cette femme aimée, il a offert un énigmatique bracelet d'or qui va changer leur destin.

Nous sommes sous Tibère, bientôt sous Néron. Les empereurs se succèdent dans un extraordinaire climat de raffinement et de cruauté. Mais dans les profondeurs du Vésuve, la terre commence à trembler. Octobre 79 approche.

Mon avis :

Si je vous dis que ce livre sort d’un parchemin qui date du 13ème siècle, dont le 16ème siècle aurait recopié la teneur avant la disparition du premier ; vous prendrez cela pour une aimable légende, un roman du moyen-âge comme cette époque a su si bien les faire. Mais si je vous dis que cette aimable légende possède des traces archéologiques bien palpables ; qu’en pensez-vous ? Avouez que ça titille votre curiosité. Et si tout ce livre, Les amants de Pompéi, n’était que réalité ? Ou presque ? Les écrivains successifs y ayant forcément mis leur touche personnelle, bien que j’ignore le contenu du parchemin d'origine tout comme vous.

Cette histoire nous emmène il y a 2000 ans, dans l’Empire Romain. Quand tout est encore beau, où Rome brille avec ses personnages tel que Pline, Sénèque, Columella, qui sont au demeurant les arrières personnages plus ou moins récurrent de ce livre. Dans cette Italie antique ça brille en beau monde donc, ça brille dans le paysage aussi, on imagine ces grands temples, ces grandes constructions, ces grands projets, et aussi au pied du Vésuve cette Campanie prospère, parfumée de vin et de Méditerranée. On imagine, mais on s’y verrait bien y vivre aussi. Bon peut-être pas au pied du Vésuve.

Dans cette Campanie prospère nous allons donc suivre la vie de Numerius Vibius. Vendeur de vin, homme d’affaire redoutable et citoyen impliqué. Rien qu’à travers ce personnage, nous allons déjà aborder une grande part de ce qui fait la Rome antique ; les assassinats (qui sont un sport national), l’esclavage et ses lois, le mariage, la famille, le commerce, la politique. Et tous ces sujets sont vraiment bien racontés, même si on regrettera juste que les points historiques soient trop vite abordés, encore que l’éruption était pas mal.

Cependant et même si pour le côté plongée historique ce livre vaut le coup d’œil, il faut surtout l’aborder pour son histoire ; l’histoire d’un homme commerçant et amoureux d’une esclave, mais qui avant ça est marié avec des enfants. Cette histoire, même si elle n’a rien d’exceptionnelle de base, a été pour moi très agréable à suivre car elle fut terrible d'une part, mais aussi parce qu'elle n'est pas arrivée à me faire détester Numérius d'autre part. Alors que techniquement il avait tout pour me déplaire avec ses histoires de chose pas très claires.
De fait, devant cette incompréhension qui me laisse pantoise, je me demande si je ne suis pas arrivée à détester ce mec parce que le roman m’a plongé dans cette époque en me faisant oublier la mienne ? Ou parce que dans le même temps, il possède un côté tendre qu’on n’arrive pas à imaginer à cette époque ? Quoi qu'il en soit les deux cotés sont-là et c'était plutôt agréable.

Enfin, le fait de penser que cette histoire avait une part de vérité grâce à l’archéologie, me l’a rendue plus agréable à lire que de coutume. (Oui, rien que pour ça.) Je précise que je ne prends pas forcément plaisir au malheur des autres, mais ça joue forcément de se dire qu'on lit peut-être une histoire d'il y a 2000 ans.

Quoi qu’il en soit pour le côté historique, le côté presque vrai de l’histoire puisque l’archéologie a l’air de lui donner en partie et un peu raison, il faut lire ce livre. On découvre beaucoup, on ouvre les yeux tout grands, on tremble avec la terre et on ne s’ennuie pas un seul instant.

Albin Michel.

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27 décembre 2016

"Le journal de Mary" de Alexandra Echkenazi

Le journal de Mary de Alexandra Echkenazi

Source: Externe

Résumé :

Mary Meyer ? Son nom n'évoque rien et pourtant.
Plongée fascinante dans l'Amérique des années 1960, ce roman nous révèle le destin complexe de celle qui joua un rôle déterminant dans l'une des plus grandes énigmes du XXème siècle...

Fin des années 1950, États-Unis. Mary Meyer vit à Langley avec son mari haut gradé de la CIA et leurs trois enfants. Artiste peintre, féministe, pacifiste – elle est fichée par le FBI comme une activiste de gauche –, Mary est à l'affût de nouvelles expériences.
Quand l'un de ses enfants meurt accidentellement, tout s'effondre. Mary décide de s'installer seule avec ses deux garçons dans le quartier de Georgetown, à Washington, où résident toute la classe politique et la haute société. C'est alors qu'elle recroise un certain Jack, rencontré vingt
ans plus tôt à l'université, et que naît une passion qui va durer plusieurs années. Mary accepte de rester l'amour secret de cet homme qui ne peut l'officialiser en raison de ses fonctions. Elle est pourtant celle qui agit dans l'ombre, à ses côtés.
Celui qu'elle aime meurt à Dallas le 22 novembre 1963.
Mary est assassinée un an plus tard au bord du fleuve Potomac.
Le journal qu'elle tenait n'a jamais été retrouvé.
LE JOURNAL DU VÉRITABLE AMOUR DE JFK...

Mon avis :

Ce livre parle de la relation entre Mary Meyer et JFK, en s’attardant particulièrement sur la vie de Mary qui a été assassinée un an après le président des États-Unis. Bien que basé sur des faits réels, l’auteure invente beaucoup, toutefois beaucoup de fait comme les visites de Mary à la maison blanche sont réelles.

Le journal de Mary est un roman qui parle beaucoup d’amour, et comme vous le savez je ne suis pas du tout fan de ce genre de livre. Pourtant, malgré quelques passages longs et un peu répétitifs, j’ai dans l’ensemble assez bien apprécié cette lecture. D’une part grâce à l’écriture qui est très simple mais très efficace, et d’autre part grâce à l’imagination de l’auteure qui a bien su mélanger fiction et réalité, et tout ça sans répéter à l’infini le même genre de scène. Un exploit avec ce genre très sentimental. Certes, j’ai parlé de longueurs et de quelques répétitions mais comparé à d’autres livres du genre elles sont minimes.

Ensuite, l’autre atout de ce bouquin qui fait que j'ai été happée par ces pages ; c’est qu’en moins de 300 pages Alexandra Echkenazi a su planter un décor, une ambiance d’époque et d’un milieu sans en faire des caisses. Malgré une écriture qui va à l’essentiel, elle a très bien su retranscrire par quelques évènements, quelques phrases, la mentalité de cette époque américaine très rigide et très arrêtée sur certaines idées, donnant ainsi à son livre une touche de réalité des plus agréables qui immerge le lecteur jusqu’au bout et tout de suite. Mais toutefois cet atout possède une deuxième moitié encore plus agréable, c’est que cette mentalité va beaucoup jouer entre les personnages. Devenant source de tension et de danger.

Mais au final, que serait tout cela sans les deux personnages principaux ? Eh bien pas grand chose, car tout l'intérêt du roman réside là, dans ces deux personnalités qui se fuient ou se cherchent, se questionnent et souffrent soit de la distance ou de leur position. Et là aussi sans en faire des tonnes, mais utilisant tantôt des lettres ou du récit, l'auteure a doté ces personnages d'une profondeur psychologique intéressante à suivre vu qu'ils sont toujours un peu le cul entre deux chaises, coupés entre une envie et le refus, le raisonnable et le déraisonnable.
Et même si c'est un point que je critique souvent dans les romans qui parlent trop d'amour, là c'était tellement bien dosé que ça ne m'a gêné, surtout que comme la base de l'histoire est vraie, on peut se douter que ces sentiments, ces doutes... furent plus ou moins vrais eux aussi.

En résumé et malgré quelques longueurs, ce livre fut une lecture intéressante qui embarque le lecteur dès les premières pages dans une histoire vraie et romancée sans excès. 

20 octobre 2016

"La concubine du vatican" de Kate Quinn

 La concubine du Vatican de Kate Quinn

Source: Externe

Résumé :

La famille Borgia est à nouveau réunie et cela ne présage rien de bon.
De retour à Rome, Giulia Farnese, maîtresse officielle du pape et désormais mère d'une petite fille, doit faire faceaux nouveaux dangers qui menacent son clan. Sa cuisinièrenet confidente, Carmelina, est rattrapée par son secret : le couvent dont elle s'est enfuie pourrait bientôt la retrouver et elle n'est plus en sécurité.
Son garde du corps Leonello est quant à lui bien décidé à mettre fin à la série de meurtres qui, étrangement, secoue de nouveau la ville depuis le retour des Borgia. Anna était sa seule amie et il refuse de laisser son crime impuni sous prétexte qu'elle était une simple servante.
L'étau se resserre autour de nos trois héros qui ne peuvent compter que les uns sur les autres.

Mon avis :

La concubine du Vatican, qui est la suite de Le serpent et la perle, parle comme dans le premier tome des amours du pape Borgia Alexandre VI avec la belle Julia Farnèse et des intrigues politiques de ce Pape peu orthodoxe.
Nous retrouvons donc ici tous les personnages qui ont marqué le lecteur dans le premier tome, à savoir ; Leonello, Carmelina, la famille Borgia, Julia, etc., mais à la différence du début et même si les personnages sont identiques, l’intrigue va se révéler plus sombre, plus terrible, moins idyllique et de ce fait plus passionnante.
Hé oui ! Autant j’ai trouvé le premier tome (que j’ai lu y a peu pour mieux comprendre celui-là) assez longuet - surtout vers la fin - pas assez riche en évènement, autant là j’ai trouvé qu’on avait l’inverse. En effet, ça n'arrête pas un moment et je pense sincèrement que l'auteure a dû faire exploser sa cafetière vu qu'avec ce livre on va de surprise en surprise. D
’une part grâce à la personnalité des Borgia, qui au faîte de leur puissance ne respectent plus rien et plus personne - bon c’était déjà le cas avant mais là c’est encore un stade au-dessus -, et d’autre part à cause de toutes ces intrigues, toutes ces situations, qui ont été pour certaines abordées dans le premier tome mais qui ont été aussi rajoutées, et qui vont venir ternir le beau et brillant tableau que pouvait avoir cette histoire d’amour, cette vie de château... En effet, ici se mélange - et c'est ce qui manquait dans Le serpent et la perle - action, intrigue, cassure, trahison, déception... à un rythme effréné, à tel point qu'on se demande jusqu'à où l'auteure va aller tellement ça paraît sans limite.

Bon. Cela est une chose, mais ce n'est pas tout ! L’autre point intéressant à suivre du récit fut l’évolution des personnages. Dans le premier tome ils n'évoluaient pas tant que ça et paraissent pour certains assez falots comme par exemple Julia Farnèse que je trouvais sans caractère. Ben ici, BOUM, c'est tout l'inverse encore une fois. Julia que je supportais à grande peine dans le tome 1 va ici s'affirmer face à son Pape et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle ne manque pas de caractère...
Mais cependant dans toute la galerie des personnages, le plus intéressant à suivre est Leonello, pour moi c'est le personnage le mieux écrit les deux tomes confondus. En effet, ce petit bonhomme a été traité de manière déroutante, de personnalité agréable il va devenir froid comme la glace au point qu'on ne le reconnaît pas. Au début un peu sarcastique mais pas méchant malgré son idée de vengeance, on va le découvrir dans La concubine du Vatican, froid, sadique, meurtrier - ce qui va pour un temps le rendre antipathique et flippant -, avant de le voir finalement amoureux ! Cherchez pas y a aucune logique. Toutefois ces changements ne sont pas là juste pour le décor, ils vont nous éclairer sur sa personnalité, ses sentiments et je n'ai trouvé aucun autre personnage si bien traité, même si les autres ne sont pas que du décor et pas sans intérêt.
Puisque ceux-ci sont eux aussi rattrapés par leur passé, par leur sentiment, et de ce fait - et comme ils sont forcés d’agir en conséquent - on va les découvrir sous un jour nouveau, donnant ainsi plus de souffle à une histoire qui n'en manque pourtant pas.

Bref. J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui mélange histoire et fiction mais qui est plus sombre, plus bougeante que le premier tome, plus prenante aussi, avec des personnages qui évoluent en bien ou en mal et des intrigues intrigantes. Personnellement, c'est une auteure que je n'avais jamais lu avant cette duologie et je ne regrette pas le moins du monde d'avoir tenté, car j'ai eu ce que je voulais ; du rêve, du plaisir, du stress, de l'action et une fin satisfaisante !
Bref. J'ai vraiment passé un bon moment avec cette série mais plus particulièrement avec le deuxième tome.

Merci aux éditions Presses de la cité.

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18 août 2016

Suivons les pas des amants désunis

Romanesque de Tonino  Benacquista

Source: Externe

Résumé :

Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique : Les mariés malgré eux. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

Mon avis :

Romanesque : le titre sied à merveille au contenu de ce livre. Ce livre mes amis, quel livre ! Quelle aventure ! Quelle inventivité ! Quelle lecture ! Sans pour autant être un coup de cœur – mais pas loin –, ce livre m’a enchantée par son histoire hors du commun et ô combien riche en trouvailles, évènements, surprises, et j’en passe.

Nous suivons l’histoire de deux amants qui dérangent par leur façon de vivre et de penser leur amour, punis sur terre comme au ciel et enfin aux enfers, ils devront traverser plusieurs épreuves qui calmeront la colère de dieu et le désarroi du diable devant son échec à les séparer.
Mais les épreuves stressantes et terribles de nos amants, qui traversent le temps et les continents avec ruse et force, n’est pas le seul point positif de ce livre. En effet, ce dernier m’a énormément plu par son côté légendaire. J’ai aimé voir comment l’imaginaire de l’auteur a pu concevoir la transcription des légendes qui peuplent notre terre. J’y ai trouvé un côté enfantin et très nouveau. Car on n’imagine pas les légendes s’écrire ainsi avec un parcours aussi fou.

Outre ceci, et dans cette chance que nos amants ont eu à parcourir le temps, j’ai aussi goûté cette petite critique de l’incertitude historique que l'auteur glisse par-ci par-là. Cette avance que les amants avaient sur elle et qui leur permettait de critiquer certaines choses était en effet sympathique à suivre pour l'étudiante en histoire et histoire d'art que je suis. Car cela montre qu'on ne peut pas tout savoir et que parfois l'Histoire comme les légendes s'écrivent avec des lambeaux d'histoire et de l'imagination, ce qui ne les rend pas forcément très fiables. Et ceci c'est un sentiment que je ressens souvent dans mes études, du coup comme ça me parlait, ben forcément j'ai apprécié.

Enfin, pour finir, je dois dire que l’élégance du livre vient aussi de nos deux amoureux. Alors certes, c’est un peu beaucoup niais une histoire d’amour, mais malgré cela j’ai trouvé du charme dans cette histoire. Nos deux tourtereaux qui s’aiment mal pour l’opinion et envers et contre tout sans pour autant être écœurant d’amour, sont attachants par cette envie de vivre simplement ensemble et la persévérance qu'ils y mettent.
De plus, d’un point de vue du caractère je les ai trouvé surprenants ; ils sont débrouillards, ne se démontent pas face à l’hostilité des vents ou des hommes, et surtout, ils savent ce qu’ils veulent. L’auteur ne remplit pas des pages en les faisant jouer la girouette, là ça reste un but, une idée et pas autre chose, et je dois dire qu’en plus des épreuves incroyables qu’ils traversent, ce but à atteindre qui ne varie pas d’un point et ce qui fait que j'ai été happée par le récit. Car je n'avais qu'une question en tête de toute ma lecture.

Malgré cet avis un peu dithyrambique, je le rappelle ce livre n’est pas un coup de cœur parce que certains passages à l’époque contemporaine ne m’ont pas emballée autant que ça, mais malgré tout, cette histoire d’amour servie à la fois par une plume commune, délicate et poétique, et qui nous propose de suivre des personnages hors du commun dans des épreuves hallucinantes, est une perle. C’est un livre de cette rentrée littéraire à ne pas rater. C’est du roman, de la nouveauté comme on aime. C’est Romanesque !

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard.

 

Extraits :

"Vexés par l'insubordination des amants, les fâcheux s'en sont allés, mais déjà une ombre morbide et souveraine plane sur la scène. L'insolence s'efface par pudeur, l'heure n'est plus à la farce : on se meurt."

"Temps,
Toi qui m'oppresses depuis mon premier jour, toi qui me rappelles à chaque instant que tu m'octroies combien je suis mortel. Sache que dorénavant je serai lent quand tu voudras me hâter, et je perdrai plus mes heures à t'attendre quand je voudrai me hâter. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais."


25 septembre 2014

"Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder

"Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder

oona et salinger roman

Résumé :

« Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O’Neill, 15 ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant... quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood.
Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant. »

Mon avis :

Comme vous le savez j’adore Beigbeder, et si j’ai voulu lire ce livre c’est bien à cause du nom de l’auteur, et non pour Salinger, car L’attrape-cœur et moi nous ne sommes pas très copain. D’ailleurs, généralement j’ai du mal avec les écrivains classiques américains, mais là je digresse... Pour en revenir au livre « Onna et Salinger » je dois dire que Beigbeder a fait un très bon cru, avec ce genre romanesque, mélangé à du biographique et de l’historique, même si parfois les passages historiques m’ont un peu étonnée.

Cela étant, même s'il surprend avec ce roman, ça reste du Beigbeder. Même écriture, même tournure, même style, c'est tour à tour cruel, étonnant, profond, superficiel, drôle, ou encore terriblement terre à terre comme le prouve ce  passage : « Je suppose qu’un romancier professionnel décrirait ici le paysage océanique les entourant, et le vent, les nuages, les pelouses couvertes de rosée, mais je ne le fais pas pour deux raisons. Premièrement parce qu’Oona et Jerry n’en avaient rien à foutre du paysage ; deuxièmement, parce qu’on y voyait rien, le jour n’étant toujours pas levé. » Ce qui à défaut de rajouter de la poésie, rajoute de l’humour, et finalement allège même un peu ce roman assez sombre.

Car oui ce livre est très sombre. Derrière les apparences, alors que Oona O’neil, Chaplin, Salinger, font partie d’un monde de paillette, de talent et de reconnaissance, ce roman reste malgré tout assez pesant dans l’ensemble. La seconde guerre mondiale et l’horreur du terrain que Salinger a vécu étant retranscrit dedans, l’abandon de Oona par son père aussi, ainsi que le rejet de Chaplin par les Etats-Unis, font que l'ambiance n'est pas à la fête, même s'il y a parfois un côté léger, un côté fabuleux, vu qu'on rencontre Truman Capote ou encore Ernest Hemingway.

Cependant ce n'est pas suffisant, pour effacer cet effet obscur qui est vraiment appuyé par le fait que Beigbeder a clairement fait ressortir le côté sombre des personnages. Salinger est très sévère avec lui-même à propos de la guerre, il est désespéré de cet amour sans retour pour Onna, et il a en plus pour elle une espèce d’obsession étrange qui l’apaise surtout lors de la guerre. Oona est de son côté quelqu’un de très sombre, déprimée, elle a un côté enfant perdu, qui plaît d’ailleurs beaucoup à l’auteur. Quant à Chaplin, même si Beigbeder s’attarde bien moins sur lui, on se doute que le rejet des Etats-Unis l’a sûrement affecté.

Mais malgré tout ça, ce roman empreint de désespoir mais aussi d’amour, reste agréable à lire. Frédéric Beigbeder a vraiment bien écrit cette histoire, il a vraiment bien su la romancer tout en lui donnant un côté véridique, en décrivant à la perfection l’amour fou, l’amour calme, les ténèbres, la nostalgie qui pince le cœur.

Je recommande vivement ce livre, qui change du Beigbeder extravagant et expansif habituel.

Je remercie les éditions Grasset.

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06 septembre 2014

Oeuvres amoureuses de Napoléon d'après ses lettres d'amour à Joséphine

Oeuvres amoureuses de Napoléon d'après ses lettres d'amour à Joséphine

Oeuvres amoureuses de Napoléon d'après ses lettres d'amour à Joséphine

Résumé :

Cet ouvrage très complet contient non seulement les lettres de Napoléon à Joséphine, de Joséphine à sa fille, mais aussi une étude introductive ainsi qu’un avant propos et une notice sur l’impératrice permettant d’aborder ces écrits épistolaires de manière littéraire, historique et psychologique.

Ainsi,  Napoléon se fait tour à tour, ami, amant, mari à travers plus de 250 lettres adressées à Joséphine. Cette correspondance s’étend sur 17 ans, entre 1796 et 1813, et montre comment  l’évolution des campagnes de Napoléon se confonde à la relation, tantôt ardente, tantôt troublé,  qu’il tient avec l’impératrice. Image d’un empereur dont les mots intimes peuvent être lus de manières universelles et image de mots d’une mère à sa fille dont la lecture est équivalente.


Ce livre est la reproduction fidèle d'une oeuvre publiée avant 1920 et fait partie d'une collection de livres réimprimés à la demande éditée par Hachette Livre, dans le cadre d'un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, offrant l'opportunité d'accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus des fonds patrimoniaux de la BnF.
Les oeuvres faisant partie de cette collection ont été numérisées par la BnF et sont présentes sur Gallica, sa bibliothèque numérique.

Mon avis :

Ces lettres de Napoléon à Joséphine, - et même plus car ce livre possède des lettres de Joséphine à ses enfants -, sont une autre façon non désagréable d’appréhender Napoléon, de découvrir l’homme derrière l’empereur - encore que l’empereur n’est jamais très loin. C’est aussi une autre façon de voir l’évolution des sentiments entre ces deux personnages, puisqu’au début de ce livre on a plutôt à faire à une Joséphine quasiment indifférente à son mari, alors que sur la fin non.

Mais avant tout ceux-ci, ce qu'il faut avant tout remarquer, c'est que ces lettres reflètent assez bien la personnalité de Napoléon. Une personnalité qui aime donner des ordres même pour forcer à être heureux, mais une personnalité qui pousse aussi à lutter contre la mélancolie, la tristesse… Quand on lit ces lettres on remarque vraiment que cet homme était une personne active, qui devait toujours aller de l’avant, ce que toutes ses guerres ont permis de voir certes, mais dans la vie privée je ne l’aurai pas imaginé ainsi.

Autre chose assez marquante dans ces pages, -et j’avoue que c’est même drôle à lire-, c’est cette tendance de Napoléon à jouer le petit Caliméro. A jouer les martyres de l’amour. Comme je l’ai glissé rapidement en début de l’avis, au début de ce livre Joséphine ressent une certaine indifférence envers son époux, et on le remarque en lisant les lettres de Bonaparte adressées à cette dernière. Et ben dans ces lettres-là on voit donc Napoléon, l’homme de guerre, se transformer en poète en mal d’amour qui ne cesse d'accuser sa femme d’indifférente sans cœur, mais qui curieusement accepte de sacrifier son amour, son bonheur, pour qu’elle, Joséphine, soit heureuse. Ce qui donne un côté tragique assez drôle, je trouve. Mais bien que ceci m’ait fait rire, le plus marquant c’est que ces lettres sont quand même à doubles sens, à travers ses divagation de "martyre", c’est aussi des reproches qu’il lui fait. Mais il a une drôle de façon de les faire.

Bon par contre, le seul bémol de ce livre, c’est qu’il est parfois un peu répétitif et lassant à lire. En effet Napoléon avait une tendance à écrire beaucoup et souvent pour ne rien dire de plus que la dernière lettre qui été datée de deux jours en arrière. Les timbres ne devaient pas lui coûter chers. ^^

En résumé c'était une lecture agréable.

Je remercie en passant Hachette BNF et Myboox pour ce partenariat. En passant merci Myboox de m'avoir fait découvrir ces rééditions, j'en ai déjà acheté 3 !

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17 avril 2014

"Je ne souffrirai plus par amour" de Lucia Etxebarria

"Je ne souffrirai plus par amour" de Lucia Etxebarria

je ne souffrirai plus par amour

Résumé :

Et si l'on en finissait avec la tyrannie des sentiments ? Décidée à ne plus souffrir par amour, Lucia Etxebarria vole dans les plumes de Cupidon et tord le cou, avec un enthousiasme communicatif, à la dépendance émotionnelle et au grand mythe occidental de l'Amour Eternel ! D'Anna Karénine à Carrie Bradshaw, d'Œdipe aux héros de sitcoms, aucun stéréotype, aucune idée reçue ne résiste à l'humour dévastateur de cette impertinente magicienne du cœur. Bien plus qu'un essai féministe et engagé, Lucia Etxebarria signe un livre-thérapie décapant où l'on apprend enfin à ne plus souffrir inutilement par amour.

Mon avis :

Ma mère m’a offert ce livre à noël 2010, et quand je l’ai mis dans ma liste d’envie, je l’ai mis sans lire le résumé ni regarder quel genre c’était, m’étant seulement arrêtée au titre et pensant que c’était un roman drôle où une fille décide de dire « fuck » à la société en devenant plus raisonnable. Et ben surprise ! Ce n’est pas ça ! Mais pas du tout ! Puisque ce livre est un genre d’essai ou de livre de développement personnel dont le thème est l’amour.  

Du coup c’est vrai qu’en voyant cela je ne me suis pas pressée pour le lire, et ce qui fait que je l’ai sorti c’est qu’un des thèmes du français au DAEU est l’amour, du coup je me suis dit que je pourrais éventuellement piocher quelques idées dedans si besoin est. Et certes, je vais peut-être pouvoir piocher des idées, mais il n’empêche que je n’ai pas aimé ce livre, et en plus, en regardant bien, il ne me saura d’aucune utilité dans la vie, donc voilà je peux quand même affirmer que j’ai perdu la moitié de mon temps.

Et si je dis qu’il y a aucune chance que ce livre me serve un jour, c’est parce que déjà je suis célibataire depuis que je suis née (et j’espère le rester une paire de centaine d’année encore), parce qu’ensuite j’adore la solitude, le silence, la liberté, et que je suis très indépendante (ma famille dit d’ailleurs que je suis un cas spécial^^), et parce qu’aussi je dois avouer que j’en ai absolument, royalement, rien à foutre… de l’amour. Faut savoir que je suis bien trop raisonnable pour ne pas en faire ma priorité ni le centre de ma vie, donc du coup forcément j’en arrive à la conclusion que ce livre ne me servira pas à grand-chose, mais bon…

De plus, autre chose qui n’a pas joué en faveur de ce bouquin et qui explique que je me suis fait en partie chier et que je ne l’ai pas fini, c’est que je ne comprends pas la pensée occidentale sur ce sentiment-là. Etant fortement imprégnée des philosophies d’Extrême-Orient comme le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme –et surtout le bouddhisme- qui prêchent tous le renoncement, le détachement à toutes ces illusions et qui appuient bien sur le fait que seule la personne est responsable de son attachement à ses illusions, fait que je n’ai pas adhéré par exemple aux hypothèses psychanalytiques que l’auteure utilisent sans arrêt pour appuyer ses propos. Ce qui étais à prévoir car comme vous le savez je n’adhère pas à nombre de ces théories fumeuses, qui je pense devraient être franchement remise en cause. 

En plus étant par nature une personne détachée, calme, solitaire et distante avec les folies humaines, (c’est pour ça que je me suis intéressée à ces philosophies d’ailleurs, car elles me ressemblaient beaucoup) a sûrement fait aussi que je me suis vite lassée à lire cette description de la société amoureuse, bien que c’était intéressant. Un autre point qui a dû jouer sur ce sentiment, c'est que je trouve triste la dépendance affective en plus d'être malsain et immature ! De ce fait voir cette stupidité amoureuse s’étaler sur des pages entières m’a aussi vite gonflée.

En outre, j’avoue que le ton péremptoire et « le côté on a tous un problème » m’a un peu tapé sur le système aussi, et ça m’a même encore plus tapé sur le système quand elle expose les théories psychanalytiques 1000 fois entendues -et pourtant discutables- pour le prouver. En effet elle dit que c’est l’enfance qui créé le futur affective de l’homme, alors certes ça doit le modeler je ne dis pas l’inverse, mais de là à croire qu’il ne peut pas le dépasser -comme aurait tendance à le penser l’auteure-,  faut pas exagérer ! Tout le monde ne reproduit pas le schéma de ses parents, ou ne les recherchent pas inconsciemment !  

De plus comment expliquer, si on part de ce principe, qu’au sein d’une même famille tous les enfants mènent des vies différentes et aient chacun leur caractère, alors qu’ils ont eu la même éducation et/ou les mêmes parents ? Ce n’est pas logique. Par exemple chez-moi on est 5 enfants et on est tous différents (et je suis la plus originale du lot), donc ça prouve bien quand même que l’enfance, contrairement à ce que veut nous faire croire l’auteure et d’autres, ne joue qu’une part minime dans le développement personnel d’un individu, et que l’esprit et les expériences en grandissant font très largement le reste. L’être humain n’est pas statique, il n’est pas irrémédiablement formé dès sa petite enfance, il évolue en murissant (et heureusement) ; alors pourquoi vouloir à tout prix tout mettre dans l’enfance ? Et chercher constamment des excuses là-dedans pour expliquer les échecs ?  Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi prendre des chemins hallucinants ? Pourquoi se faire encore plus de mal ? Le travail pour aller mieux se fait certes sur soi je ne dis pas l’inverse, mais ne croyez-vous pas que c’est plus votre attachement « aux choses » qui est à soigner ? Et pas la chose elle-même ? Bon après ce n’est que mon opinion, et je ne suis pas experte en psychologie, mais voilà j’ai ma philosophie et je ne permets pas qu’on pense, parle… à ma place, ce que l'auteur fait un peu là dedans avec son ton péremptoire.

Alors après, tout n’est pas à jeter dans ce bouquin, quand elle parle du comportement servile de la femme (ce qui ne lui rend pas honneur), des chansons franchement malsaines, des fausses images de l’amour véhiculées par les livres, les films… et des différentes formes que la vie de couple ou l’amour peut prendre, le livre est intéressant à lire et pourrait faire réfléchir plus d’une personne, mais pour cela accrochez-vous car tout ce flot d’information sur la société est noyé dans des méandres psychologiques. Valable ou pas à vous de voir, mais perso je me suis retrouvée nulle part même si je suis une célibataire endurcie. Et maintenant que j'y pense, je sais même pas si l'auteur parle de la chimie des sentiments amoureux, vu que je n'ai pas fini ce livre. De ce que j'ai vu non, mais si elle n'en parle vraiment pas on peut quand même dire qu'il y a un très gros manque.

En résumé si le sujet vous intéresse je conseille ce livre, mais je conseille aussi de ne pas tout prendre non plus, après personnellement je n'irai jamais offrir ce livre à qui que ce soit parce que voilà moi il ne m'a pas convaincu.

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16 juillet 2013

"Un coeur insoumis" de Sarah Dunant

"Un coeur insoumis" de Sarah Dunant

un coeur insoumis

Résumé :

À Ferrare, au couvent de Santa Catarina, nombreuses sont les jeunes filles nobles mariées au Christ à défaut de dot. Tel est le sort de Serafina, seize ans à peine, enfermée de force par sa famille suite à sa liaison avec un simple chanteur.
Insoumise, Serafina se heurte bientôt à l'ordre établi par l'abbesse Chiara et à la piété exacerbée de soeur Umiliana, prête à affamer le corps des novices pour libérer leur esprit...
Isolée parmi les nonnes cloîtrées en proie à d'étranges extases mystiques, la jeune rebelle peut compter sur la bienveillance de Zuana, une nonne érudite, qui soigne tous les maux du couvent, y compris les blessures que les soeurs s'infligent à elles-mêmes.
Mais jusqu'où est-elle prête à l'aider ?

Tandis que les forces de la Contre-Réforme grondent au-dehors pour durcir les règles en vigueur dans les couvents, Serafina va tout tenter pour s'enfuir. Le début de guerres intestines qui vont bouleverser la vie des soeurs à jamais...

Mon avis :

Franchement génial ! Je suis encore toute épatée par le talent de l'auteur qui a su faire d'une histoire dans un couvent un livre si original et terrible. Une héroïne au caractère versatile, victime d'une chose terrible, être enfermée contre son gré dans un couvent (ce qui était apparemment assez répandu à l’époque) pour avoir aimé un homme qui ne fallait pas.

Obligée de supporter la bigoterie insupportable des nones, leur humilité, leur obéissance obséquieuse -et très franchement insupportable elle aussi-  le rythme que la règle de Saint-Benoît impose, notre héroïne Sœur Séraphina n'a pourtant de cesse de lutter contre cette injustice afin de retrouver sa liberté. Y parviendra-t-elle ? Je vous laisse le découvrir…

Cela dit, outre cette histoire d'amour d'un autre temps, l’auteur va aussi nous faire découvrir la vie dans un couvent à l’époque de la renaissance italienne. Alors que le concile de Trente essaye de son côté de redresser les couvents pour combattre l'hérésie au cœur de l’église, nous allons découvrir ou redécouvrir ce qui fait le plus gros de la vie des sœurs dans leurs églises avant les gros changements qui s'annoncent, c’est-à-dire pas grand-chose et principalement ; chorale, prières, manger, silence, un peu dodo et un peu de divertissement. Chorale, prières, manger, silence, un peu dodo et un peu de divertissement… La vie dans un couvent n’est pas très passionnante, soyons honnête, elle deviendra même pire après...

Cela étant, ne croyez pas, si vous lisez ce livre, que vous allez vous ennuyer en pensant lire toujours la même chose, car ce n’est absolument pas le cas ! Comme notre héroïne va travailler dans l’apothicairerie du couvent avec une autre sœur que j’ai beaucoup aimé, mais va aussi échafauder des plans pour sortir, enfreindre quelques règles, voir les mini guerres des soeurs, découvrir quelques menus mystères aussi, on n’a pas cette impression de tourner en rond ni de s'ennuyer. L'intrigue glisse facilement, sans se répéter, puisque malgré une ambiance aux apparences très calmes, ce livre comporte quand même quelques agissements et rebondissements qui rendent la lecture piquante.

En résumé c’est un livre que j’ai beaucoup aimé, et je le conseille vivement même si cette ambiance d’obéissance aveugle est en tout point insupportable. (D’ailleurs ça paraît incroyable d'imaginer qu'a une époque les gens pouvaient être aussi arriérés et si encrés dans la pensée de Dieu.) Mais quoi qu'il en soit, vous allez vous régaler si jamais vous l'ouvrez.

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14 mai 2013

"Fugue polonaise" de Beata de Robien

"Fugue polonaise" de Beata de Robien

 

fugue polonaise

Résumé :

« Staline vient de mourir. J ai 16 ans. Je m appelle Bashia. Je suis polonaise et je n ai toujours pas fait l'amour. »


Cracovie 1953. Alors que Staline vient de mourir, Bashia, adolescente rebelle, s accroche à son rêve de quitter un pays affamé par les restrictions alimentaires et muselé par la police politique. Contrainte de composer avec les membres d une famille tous plus originaux les uns que les autres ainsi qu avec les locataires de leur appartement communautaire, Bashia essaie tant bien que mal de goûter aux joies de son âge. Quitte à y laisser quelques plumes... La liberté à un prix, et Bashia en fait la douloureuse expérience.
Ce récit drôle et émouvant, tout en nous immergeant dans la réalité de la Pologne communiste de l'après-guerre, dresse un beau portrait d'adolescente qui restera longtemps dans notre mémoire.

Mon avis :

L’avantage de ce livre c’est qu’il raconte deux histoires. Une histoire d’amour entre la polonaise Bashia et le français Christian, et celle de la Pologne sous le régime dictatorial communiste. Et je ne pense pas vous choquer si je vous dis que j’ai préféré la grande Histoire de la Pologne à celle d’amour, ceux qui me suivent n’ignore pas que j’ai beaucoup de mal avec les histoires à l’eau de rose sauf exception. Pourtant, ici j’ai pris quand même grand plaisir à suivre l’histoire d’amour Bashia et l’histoire plus générale de sa famille, pour la seule et unique raison que l’histoire de ces gens est intrinsèquement liée à celle de la Pologne communiste, puisque tout dans leur vie est policé, surveillé, etc, etc… mais à un point inimaginable. Par exemple l’oncle Roman est surveillé parce qu’il ne travaille pas, la grand-mère parce qu’elle était une ancienne bourgeoise et Bashia parce qu’elle aime un français ! Un français bien crétin au demeurant mais j’y reviendrai plus tard.

En fait quand on lit ce livre on se rend compte que vivre sous le régime communiste c’était vivre l’enfer pour les populations, car c’était vivre avec la peur d’être à tout moment arrêté parce qu’on avait mal fait une chose ou fait une chose qui ne fallait pas, qu’importe ! Bon certes on sait aujourd’hui que ce régime-là a été une vrai plaie pour les populations qui ont vécu sous son joug ; les goulags, le bourrage de crâne, la propagande, les privations alimentaires pour le petit peuple (car les nouveaux bourgeois ne manquaient absolument de rien), les passeports ou déclarations obligatoires pour chaque voyage, on le sait déjà. Mais ce que l’on sait moins par contre, c’est qu’ils pouvaient aussi loger des habitants sous votre toit jugé trop grand, sans vous demander votre avis ! Et ceci est une chose parmi d’autre, car je vous assure qu’en lisant ce livre, je suis allée jusqu’à la fin de surprise en surprise au point que j’ai enquillé les pages à une vitesse surprenante, (j’allais dire comme un polonais les verres de vodka ^^).

Maintenant niveau personnage y’en a une que j’ai beaucoup aimé c’est la grand-mère de Bashia. Elle a ce charme un peu suranné et celui des répliques qui font mouche qui m’ont séduite. Elle a aussi ce charme de la fierté, et de ce caractère solide qui attire la confiance. Rien sur le coup ne semble l’ébranler, elle paraît solide comme un roc et toujours prête à combattre pour les siens, même si à la fin un évènement viendra bouleverser cela. Enfin bref c’est un personnage que j’ai beaucoup aimé… à la différence du jeune Christian.

Alors Christian ce n’est pas un poème à lui tout seul, mais juste une tête à claque. A part le fait qu’il soit un tantinet obsédé, il est aussi un véritable crétin qui soutient le régime communiste. Alors oui on pourrait me dire : « Oui mais ce sont ses idées politiques. » Soit. Soit. Soit. Mais quand on vient en Pologne pour admirer le « génie communiste », et qu’on refuse de voir la réalité du pays et la misère des habitants, c’est autre chose, et une chose qui révèle juste de la stupidité. Sincèrement c‘est même plutôt insupportable au lecteur de le voir si fasciné par le socialisme, quand on voit derrière ses idées la vie bien difficile des autres personnages du roman. Surtout que je suis certaine qu’il n’aurait jamais voulu vivre lui-même sous un régime pareil, qui n’avait rien à voir avec le paradis imaginé mais plutôt avec l’enfer. Alors oui on peut mettre cela sur le compte de la jeunesse, mais quand même j’ai eu beaucoup de mal à trouver un côté sympa à Christian.

Enfin bref, pour résumer c’est un livre que je conseille pour plusieurs raisons. Déjà pour sa facilité de lecture, mais aussi pour l’histoire qu’il raconte, car ce n’est pas qu’une histoire d’amour, l’histoire d’une famille, c’est aussi l’Histoire d’un pays, et l’Histoire de la Pologne Beata de Robein la maîtrise plus que bien. Ne vous fiez donc pas au titre poétique de ce bouquin car il cache quelque chose...

Je remercie au passage les éditions Albin Michel pour ce service presse, et je remercie aussi grandement l’auteure d’avoir voulu me faire partager son livre et de me lire.

 

Posté par Florell à 17:39 - Littérature - Commentaires [0] - Permalien [#]
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