Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

18 juin 2019

"Mon premier Aznavour" de Mélanie Grandgirard

Mon premier Aznavour de Mélanie Grandgirard

Source: Externe

Résumé :

Retrouvez les grands airs d'Aznavour à chanter aux tout-petits !

Avec les puces sonores, l'enfant découvre les classiques de la chanson française et vit un moment de partage tout en complicité et en émotion.
  • Je m'voyais déjà
  • Les comédiens
  • For me formidable
  • Emmenez-moi
  • La bohême

L'enfant s'amuse à chercher la puce et appuie dessus pour lancer la musique tout seul ! Chaque chanson est accompagnée d'une illustration tendre et  amusante pour développer sa curiosité et son imagination. Avec un niveau sonore maîtrisé, le livre est adapté aux plus petits.

Mon avis :

J'ai choisi ce livre dans le cadre d'une MC Babelio, si je l'ai choisi c'est parce que je trouvais l'idée de faire découvrir la chanson française reconnue et qui a traversé le temps à des enfants, excellente. Les comptines enfantines c'est bien mais ça n'est pas tout.

Nous allons donc avoir ici un petit panel de quelques succès du grand Charles Aznavour, d'Emmenez-moi à La bohême, en passant par Je m'voyais déjà, ce petit livre reprend les refrains si bien connus de ce chanteur qui sont à chanter avec les enfants pour un moment de partage. Et si l'idée est excellente de base, c'est peut-être aussi un peu là que le bas blesse...
En effet, ce livre ne propose que les musiques des refrains et non le refrain chanté ; et
étant donné qu'il est destiné aux petits enfants qui ne sont pas encore en âge de lire le refrain écrit sur le livre, ça bug un peu à ce niveau-là. Car le problème c'est que les parents ne sont pas toujours disponibles pour chanter avec les minots.

Cela étant la musique et les dessins tirés du monde animal, peuvent suffire à rendre le livre intéressant en dehors du temps disponibles des parents. Qui eux par contre ont intérêt à connaître leurs classiques. (Je vais l'offrir à des enfants, j'espère que leurs parents connaissent les chansons du livre.)

En résumé, c'est une expérience à tenter bien qu'un peu courte, et si Aznavour ne vous convient pas, il existe aussi Brassens, Renaud, etc.

Merci à Babelio et aux éditions Playbac.

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26 mai 2019

"Contes des sages gardiens de la mer" de P. Fischmann & A. Lazowski

Contes des sages gardiens de la mer de P. Fischmann & A. Lazowski

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Résumé :

Après le beau succès des Contes des sages gardiens de la Terre, ce nouveau volume des Gardiens de la mer constitue une sorte de manifeste poétique qui nous plonge dans l'imaginaire des sagesses populaires, de la Manche à l'Atlantique, de la Baltique à la Méditerranée, des eaux du Pacifique à la mer du Japon... Une traversée initiatique aux côtés d'animaux marins, de héros légendaires et de simples pêcheurs. On y rencontre la princesse Otohimé du Japon, le Vieux de la mer des Tartares, d'indomptables pirates, druides, bardes et autres sirènes. Au coeur de cette "galerie marine", les récits convoquent le peuple des océans, des dauphins fidèles compagnons des hommes aux baleines offrant leur rêve et leur souffle au monde.

En cette époque de "tempête écologique", les auteurs font appel à leur talent de conteurs, en écho aux traditions populaires, pour ainsi contribuer à l'éveil des consciences, et sauvegarder cette source-monde que sont les mers, mères nourricières, réjouissantes, parfois terrifiantes, riches de légendes universelles qui façonnent nos imaginaires, et dont chaque goutte irrigue notre planète bleue.

Mon avis :

 

"Corbeau fit appel à sa magie, la plus noire, la plus maligne, et se transforma en homme, petit, vilain, trapu, il raconta le torse bombé son exploit en omettant l’essentiel : sa trahison, la destruction de celle qui l’avait sauvé."
Conte inuit.

A la différence des autres livres que j’ai dans cette collection, qui sont tous délimités géographiquement ou philosophiquement (samouraïs, Bretagne, Zen, Tibet, Japon, Grèce….) ce livre m’a emmenée voyager de par le monde. D’Irlande au Japon, en passant par la France et l’Italie, j’ai fait un tour d’horizon des légendes marines et visité le vaste monde en abordant la mer, merveilleuse de créatures légendaires, d’aventure et de sagesse. Comme dans tous les contes, on aborde la charité, l’aventure, l’amour, l’origine, la patience, le temps, la croyance, je ne vais donc pas m’attarder dessus, si ce n’est que pour dire que tous les contes ne sont pas égaux et que certains ont eu ma préférence par rapport à d’autre, soit à cause de l’enjeu, de la morale, de l’écriture ou de l’histoire.

Par contre, si tous les contes du monde sont identiques, tous cependant ne sont pas accompagnés de dessin ou de graphisme particulier. Ici si.
Si vous connaissez déjà cette collection, je ne vous apprendrai rien en vous parlant des dessins employés en rapport avec le thème, ni en vous parlant des liserés en bordure de page. Si vous ne la connaissez pas, voilà la chose faite. En effet, voilà ce que vous trouverez dans ce bouquin, une présentation recherchée en rapport avec le thème, qui vous donnera cette impression de tenir dans vos mains un objet raffiné et recherché. Même si on peut regretter que la couverture ne soit pas tissée comme les autres.

Quoi qu’il en soit, et parce que l’eau est un élément qui nous est proche tant dans l’histoire que dans le corps, il est bon de se pencher sur ce livre afin de redécouvrir tous les trésors que le monde maritime nous a offert et peu encore nous offrir si on en prenait tous soin. Car avec cette eau souffrante, il est temps de renouer le lien ancien.
"Là où notre espèce semble détestable, ne détournons pas les yeux. Sur les côtes, dans le corps de nos cousins aquatiques des milliers de plastiques, increvable destructeurs du vivants, s’enfoncent. Dans ce camaïeu de bleu, du turquoise au grand bleu des profondeurs, jusqu’où polluent-ils ? Jusqu’où laisserons-nous faire l’immonde contre la splendeur du monde ?"

Merci aux éditions du Seuil et Babelio.

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28 avril 2019

"Peine maximum" de Gilles Vincent

Peine maximum de Gilles Vincent

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Résumé :

Février 1947, Basses-Pyrénées. Un petit garçon assiste à la pendaison de son père, chasseur de Juifs pendant l’Occupation. Soixante ans plus tard, une grande ville du sud découvre chaque jour le corps supplicié d’un vieillard. Très vite, l’enquête révèle l’origine juive des victimes. Le passé d’une ville remonte alors à la surface et lance un ex-flic, Sébastien Touraine, et une jeune psychanalyste, Emma Steiner, dans une course folle contre l’histoire refoulée de la Libération. Ils ont six jours. Six jours pour mettre la main sur le tortionnaire avant qu’il ait achevé sa mission. Le compte à rebours ne fait que commencer... Et si c’était dans votre ville…

Mon avis:

Peine maximum est un court roman policier, où l’on part à la recherche d’un homme qui tue ses victimes juives selon les procédés allemands lors de la Seconde Guerre mondiale. Autant vous dire que sans être gore, ce n’est pas non plus un livre soft, puisque ça va loin dans l’idée (j’insiste sur le mot) du sadisme. Pour autant ce n’est pas un livre terrible à lire, l’auteur ne faisant pas dans le sensationnalisme et passant très vite sur les scènes macabres, comme sur le reste au demeurant. En effet tout va très vite, ce qui n’est pas plus mal car au moins ça reste sur l’essentiel. Bien que cela ne l'empêche cependant pas de développer ses personnages.

En ce qui concerne l’enquête maintenant, j’ai apprécié la personnalité que lui a donnée l’auteur en faisant jouer deux affaires distancées de plusieurs dizaines d’années, où s’ajoute une vengeance encore plus lointaine en rapport avec 39-45. (Ça fait un peu désordre dit comme ça, mais c’est très simple à suivre croyez-moi.) Toutefois, si j’ai bien apprécié le mélange des affaires, l’idée de la vengeance aussi, j’avoue que je n’ai pas marché entièrement avec le roman, car le suspense à défaut d’être absent souffre de lacune. Honnêtement, du départ on se doute que le patient a quelque chose de louche et que ce n’est pas un simple gars.
Cela étant, +1 pour la fin. En effet, pour une fois qu’un roman se finit mal, ça mérite le champagne ! Non je ne suis pas cruelle, mais toutes les fins qui se basent sur ce schéma habituellement se ressemblent, là on sort du prévisible. Alors ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça fait plaisir quand même.

En résumé, ce n’est pas un livre indispensable dans son genre. Bien qu’il soit rapide et pas si mal foutu, c’est un livre du genre un peu vite lu, vite oublié. Mais si vous tombez dessus, lisez-le car ce n’est pas non plus un mauvais moment de lecture qui vous attend. Ca se lit bien et vite.

Merci à Babelio et aux éditions Cairn

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21 mars 2019

"Une nuit à Aden : tome 1" de Emad Jarar

Une nuit à Aden : tome 1 de Emad Jarar

Source: Externe

Résumé :

« Mon père pensait qu’on “naissait musulman” et qu’être musulman était un statut qui dépendait du Tout Puissant uniquement. Et comme pour se soumettre à ses propres certitudes, il s’était convaincu que l’Islam était irréversible en ce qu’il l’emportait sur quelque autre religion ; il était de ceux pour lesquels l’Islam ne se limitait pas au seul culte, entretenant l’idée qu’être musulman préemptait pour ainsi dire tout autre choix de conscience. Pour lui, le christianisme ne serait qu’un avatar illégitime de son propre héritage, puisqu’il était désormais représenté par la religion vraie et transcendante qu’était l’islam. Sa suprématie sur les autres religions ou civilisations, et cette sorte d’inviolabilité du statut de musulman, semblaient d’ailleurs apaiser ses craintes : elles étaient censées me protéger de toute manœuvre rusée de la part de ma mère. »

Ce roman en deux tomes, à l'intrigue palpitante d'émotion, raconte la jeunesse d'un Palestinien qu'un destin étonnant et une histoire d'amour hors norme conduisent à la découverte de lui-même, de sa conscience et de sa relation avec les religions de son enfance, l'islam et le christianisme. Par une introspection à la fois insolite et spirituelle, il nous décrit comment les élans de la divine Providence le mèneront d'Alexandrie à New York, puis à Sanaa, Aden, Djibouti et enfin Paris.
Il est né musulman, certes; mais sa raison défie à laquelle il se croyait enchaîné, occulte en fait la vraie nature de ce rite à l'emprise implacable sur un milliard et demi de fidèles...
Un récit captivant. Une réflexion morale et spirituelle sans concession. Une lecture de rigueur pour comprendre le rôle du Coran au XXI ème siècle et son emprise sur la pensée islamique confrontée à la vie moderne.

Mon avis :

Indéniablement ce livre a ce quelque chose qui fait qu’on doit le lire. Pas tant pour la forme, qui est à revoir, mais pour le fond qui découle d’une observation lucide, calme et intelligente. Quand on lit ce livre on voit que l’auteur est une personne qui s’interroge et raisonne.

Dans ma vie, j’ai lu plusieurs livres qui ont eu trait à l’islam ou qui ont abordé cette religion-politique dans leur approche d’une problématique. Ces livres étaient d’historien Guy Rachet, Jean Louis Harouel, de philosophe comme Hamid Zanaz, des témoignages et j’en oublie. En 2014, j’ai même lu le Coran ! Livre ô combien abject par sa violence, sa prétention, sa haine… Bref ! Tout ça pour dire, qu’au final je n’ai pas vraiment découvert grand-chose sur l’islam en lisant ce livre. La haine, ses appels au meurtre, le communautarisme, la paranoïa, son racisme, sa politique, son droit, j’ai eu l’occasion d’en prendre connaissance plus d’une fois et pour certains points comme le racisme musulman nous avons tous été plus ou moins concernés. Mais malgré cela, j’ai quand même appris certaines petites choses et j’ai adoré prendre connaissance de la vision de l’auteur.

Toutefois et même si j’étais grandement en terrain connu, j’ai apprécié ce livre pour sa base de connaissance et sa vision très réaliste de l’islam et du monde musulman qui est : très communautaire ; très arriéré ; manquant de tête pensante bien droite et de talent que l’islam a bridé ; peuple frustré prompte à accuser les autres de ses malheurs, et j’en oublie. Peu flatteur tout ça, je vous le concède. C’est en effet un état des lieux sans concession - dans ce tome 1 du moins -, que l’auteur fait sur cette population croyante qui vit encore de nos jours à l’âge de pierre, et qui rejette le progrès, la raison, l’égalité entre les hommes et celle entre les hommes et les femmes, la liberté de penser, la liberté de croire puisque l’on né automatiquement musulman et qu’il est impossible dans cette religion, sans risquer sa vie, de la rejeter. (Paix et amour on vous dit !)

"L’apostasie musulmane est sévèrement réprimée (généralement par la peine capitale) dans des pays tels que les monarchies du Golfe ou à un degré moindre, tous les pays où le droit est basé sur la Charia (quasiment tous les pays arabes hormis le Liban), mais également au Maroc, par certain juges qui s’inspirent de la Charia dans leurs décisions [...]"

Outre ce portrait peu flatteur mais vrai du monde musulman que j’ai énormément apprécié, j’ai aussi apprécié les réflexions que l’auteur avait sur la religion islamique à travers son personnage. Quand on lit ce livre, on voit que c’est un mec qui a pas mal raisonné sur les interdits, les règles, les notions… de cette religion ; et il va en profiter justement pour exposer ses arguments et les conséquences qu’il en tire. En quelques mots, il va montrer comment certaines traductions du Coran sont pour lui déformées au nom de la ruse (hila) et du mensonge (taqiya) encouragés par le Coran ; il va mettre en avant l’absurdité de certains versets, celui sur le voile était pas mal ; et il va critiquer la place trop prépondérante de la religion dans la vie du croyant et aussi le problème que pose cette religion par sa violence, sa haine de l’humain, sa peur de la vie, sa frustration qu’elle engendre, sa dictature, etc. (Et elle pire que les autres. Et les autres ce ne sont déjà pas des cadeaux.)

Mais croire qu’il ne critique que l’islam serait faux. En effet, l’autre point non négligeable du livre, c’est qu’il critique les occidentaux aussi. Leur aveuglement par rapport à l’islam (leur connerie de différencier l’islam de l’islamisme), et leur idiotie généreuse qui accepte toutes les attaques contre des droits durement acquis au nom de l’amour de l’autre. Quand bien même l’autre ne soit absolument pas amour, surtout pas envers ce qui n’est pas musulman et pas franchement non plus envers le mauvais musulman. Les textes sacrés musulmans sont très clairs là-dessus et les faits aussi, et au demeurant l’auteur insiste beaucoup dessus.
Mais cette critique du monde occidentale va plus loin, en montrant comment le monde musulman profite du génie des occidentaux alors qu’eux sont loin d’en être, ou encore en montrant à quel point l’islamophilie et la haine de soi (je parle de l’occidental) incitent la communauté des croyants musulmans à devenir très envahissante sur l’individu, le groupe, et le pays où il cherche à reproduire – ici dans des pays laïcs, démocratiques et libres – leur société archaïque, où l’homme et la femme sont les esclaves de dieu et sans raisons, puisque l’islam n’admet pas que l’homme ou la femme soient doués de raison et libre. Et pour l’islam et les croyants les plus fous, seul l’Umma est pure.
Pour en revenir aux occidentaux, cette observation de l’auteur qui est très juste montre à quel point, si on tire le fil de sa pensée, la mouise dans laquelle se trouvent les sociétés occidentales qui se voient remettre en cause par l’islam conquérant et qu’on laisse faire parce que ça fait chic d’être un idiot généreux et aveugle. Pire ! cette vision montre à quel point le musulman ne peut plus compter sur l’Occident, qui marche main dans la main avec l’islam, pour se décharger d’une religion envahissante qu’il ne veut pas forcément et le maintien dans une prison de carcans absurdes, dans un état d’esclavage à un dieu et une politique religieuse débile. Oui certains aimeraient bien pouvoir s’en dépêtrer, mais pour leur survie ce n’est pas conseillé, même ici !
Certes, on pourrait dire que ce monsieur grossit le trait, que tous les musulmans ne sont pas des intégristes. C’est vrai qu’il y a divers niveaux d’intégrisme. Mais comme l’islam modéré n’existe pas, Mahomet ayant lui-même légitimé la violence dans cette religion, franchement j’aurai tendance à dire qu’il ne grossit rien. Bien sûr, tous ne sont pas ainsi (même moi j’ai connu des musulmans qui mangeaient du porc et dénonçaient l’islam), mais ce « tous » est tellement une minorité qu’on ne peut pas fermer les yeux sur la majorité. Et pour moi c’est bien parce que ce « tous » est une minorité, que je veux mettre en avant l’intégrisme de la majorité. Car c’est cette minorité éclairée qui devrait être écoutée en Orient et en Occident, et c’est hélas celle que personne n’écoute et celle que personne ne protège même en Occident. Beaucoup de politiques, de médias occidentaux dit progressistes sont au contraire des rageux qui n’admettent pas que l’on n’accepte pas l’intégrisme de l’autre. C’est raciste, quand on les écoute, dans les faits c’est juste suicidaire mais ils sont trop bêtes pour s’en apercevoir…

Comme vous le voyez le sujet traité par ce bouquin est à charge contre l’islam et l’idiot, et l’auteur a raison d’adopter cette position, car laisser faire, ne pas s’interroger et méconnaître le problème est trop dangereux. Toutefois, on peut saluer aussi la lumière que l’auteur tente de mettre sur cette religion à travers son personnage qui est de double culture, chrétienne et musulmane, et aussi à travers l’approche de quelques courants musulmans mais pas stupides comme le courant mutazilite. C’était il y a des siècles, avant la Sunna et toutes les raisons politiques qui vont avec.

En résumé c’est un livre à lire pour le fond pas pour la forme, qui est je le rappelle à revoir même si ce n’est pas inintéressant, car il y a beaucoup de chose abordées (dont je n’ai pas parlé) et qui sont une bonne base de réflexion par rapport à l’actualité. Quant au tome 2 j’ignore complètement ce qu’il raconte, mais promis je vous en ferai part assez vite.

Merci à Babelio (d'autres avis et extraits) et à l'auteur. Lien Amazon.

Extraits :

"Je veux en venir maintenant à tous ces interdits qui assomment le croyant : ne crois-tu pas qu’ils tendent à traiter l’homme pareil à un animal, telle une créature dépourvue de sens moral ?" p.20

"Mais revenons un instant sur le port du voile dans le Coran. Fallait-il percevoir ces deux versets comme des commandements, des injonctions ? Leur lecture ne laisse pas cette impression, tant s’en faut. Il ne pouvait dès lors ne s’agir que d’une recommandation de l’Envoyé de Dieu, rien de plus. Il ne fut jamais donné par le Prophète aucun détail sur la tenue de la musulmane, hormis celle de ses épouses, lesquelles devaient se soustraire au regard des hommes. De telle sorte que, dans la société arabe du VIIème siècle, il s’agissait plus de préserver un ordre moral en public, une certaine décence. Certes, et quelle que soit d’ailleurs l’interprétation qu’on pouvait en retirer, pour autant le Coran eût jugé négativement toute libéralité des mœurs pour mieux condamner et la luxure, et la débauche, je me retenais toutefois de penser que l’archange Gabriel eût pu s’attarder sur des tenues vestimentaires ou des effets d’élégance féminine, dans ses révélations au Prophète. N’était-ce même grotesque de concéder à Dieu un thème aussi futile ? Comment pouvait-on croire que Dieu eût pu s’éterniser sur un problème aussi frivole pour jauger de la valeur de la vertu de l’homme sur terre. Fallait-il que l’on conditionne autant le sens moral de l’homme au port d’une étoffe pour la femme, et à sa façon de la porter ? Que valaient toutes ces contraintes vestimentaires pour la vertu de l’homme musulman, comme de la femme de les suivre ? Se couvrir le corps d’un jilbab ou d’un foulard (khimar) comme l’indique le Coran, ou bien encore la tête, un peu plus haut, un peu moins bas, en totalité : que tout cela paraît peu crédible ! Et je restais persuadé que cette histoire de voile, foulard, niqab, khimar, jilbab etc. étaient bien autre chose qu’une véritable révélation du messager. Compte fait, j’en venais à penser plutôt à des précisions et ajouts que les compagnons du Prophète ou leurs ascendants, et surtout d’autres personnes, avaient résolu d’inclure par la suite (pour former le corpus de la Sunna). Ceux-là avaient une idée en tête : prophétiser à leur façon la Révélation pour servir leur propre agenda politique ou sociétal."

"En parlant des ablutions. […] Il n’empêche, cet exercice, comme la plupart des nombreux rites collectifs de l’islam (le jeûne, le pèlerinage, l’immolation du mouton, l’aumône) n’a pas uniquement une fonction normative religieuse : il aboutit à l’intégration (corps et âme) complète de l’individu à la communauté des croyants. Une communauté solidaire, et selon les termes du Père Mohammed Abdeljalil, une ombrageuse ou agressive face à tous ceux qui lui sont étrangers… car ils doivent assistance et solidarité. Malheur à celui qui ouvre les yeux et sort de cette Communauté. En d’autres mots, ce rite honore cet esprit panurgique, grégaire, qui forme la trame confessionnelle d’intégration ou d’exclusion du croyant : une solidarité islamique qui constitue le liant symbolique par lequel l’individualité s’efface au profit de l’incorporation de chaque musulman au collectif, à la Communauté. En islam, le groupe prime sur l’individu, la foi collective sur l’individuelle, car le chemin du salut est plus évident à plusieurs." p.57

"N’épouse pas les femmes associatrices (chrétiennes, juives, polythéistes) avant qu’elles ne croient [se convertissent à l’islam], une esclave croyante vaut mieux qu’une femme associatrice… ne mariez pas vos filles à des associateurs (chrétiens, juifs) » (II,221)."

"A savoir, comment le musulman pourrait-il réconcilier l’obéissance au Coran et à la Sunna, avec le droit civil dans un pays où la base du droit n’est pas la Sharia ? De quelle manière un musulman pieux peut-il même envisager de s’intégrer et de respecter les principes et les lois de la société occidentale  où il a choisi de vivre, tout en suivant les préceptes du Coran et de la Sunna, alors même que l’Envoyé de Dieu lui ordonne de ne pas le faire ?
Et c’est effectivement  ce que l’Islam désire du musulman vivant en terre d’infidélité : organiser sa vie en marge de la société dans laquelle il aurait choisi de s’implanter (le communautarisme). Le Coran lui demande de se replier dans sa communauté et de lutter sous une forme ou une autre (Violence ou Fath, ou encore, Taqiya, Hila, Niya, mais également pacifiquement, par le truchement de l’immigration ou la natalité dans les démocraties occidentales) pour imposer l’islam en devenant le rite majoritaire. La difficulté d’intégration  de nous autres, musulmans, en territoire non-musulman (et vice-versa d’ailleurs), n’est jamais que la résultante de cette incompatibilité patente de notre dogme religieux avec les sociétés extérieures à l’Islam." P.137

03 mars 2019

"Les métamorphoses" d'Ovide

Les métamorphoses d'Ovide

ovide

Résumé :

Légende dorée, légende des siècles, bible ou génie du paganisme, voici une œuvre qui, en douze mille vers, conte deux mille cent trente et une histoires de métamorphoses ; elles remontent, pour beaucoup, à l'origine du monde. Ovide, dans ces poèmes épiques et didactiques, nous a donné, des origines à Jules César, un des grands textes sur la genèse de l'humanité. La variété des styles, de l'horreur et du fantastique à l'élégie amoureuse, enchante le lecteur autant que Les Mille et Une Nuits. La grandeur de la Rome impériale, de l'Empire d'Occident s'y reflète. Les Métamorphoses sont l'une des sources principales de la littérature et des arts occidentaux. Comme les fontaines de Rome d'où l'eau ne cesse de jaillir, Les Métamorphoses sont à la fois un monument, et une source de la culture européenne.

Mon avis :

"Eh bien, tiens-toi en joie, enivre-toi et vis le jour présent, le seul qui soit à toi.
Inscris le reste au compte du destin."

Euripide pièce Alceste.

Les métamorphoses d’Ovide, c’est une succession de chant où se côtoie les dieux, les nymphes, les héros et les humains.
Les métamorphoses d’Ovide, c’est une histoire de bruit et de fureur, d’amour et de désolation, où la mythologie défile sous la plume d’Ovide et de son traducteur Olivier Sers.

Dit comme ça, ça vend du rêve, pourtant je dois dire que ma lecture a été en dent de scie et parfois assez laborieuse, notamment à cause du style que j’ai trouvé assez soporifique surtout quand les passages me parlaient peu ou m’étaient assez abscons. Outre ceci, j’ai aussi trouvé assez compliqué de lire ces chants qui regroupent différentes histoires, faut dire que ça compliqué la compréhension déjà pas rendue aisée par le style.

Finalement, je me rends compte que j’ai préféré lire les passages qui me contaient déjà des histoires qui ne m’étaient pas inconnues (heureusement il y en avait quand même pas mal), même si cette version pouvait parfois différer de la version que je connaissais ou la compléter comme celle de Médée.

Cependant je précise, que j’ai aussi apprécié découvrir celles que je ne connaissais pas, comme celle de Phaéton fils d’Hélios, dont l’histoire tragique plongea la terre une journée dans les ténèbres (ou presque), ou encore celle de Byblis, l’amoureuse qui se transforma de chagrin en source.

Toutefois et malgré la difficulté que j’ai éprouvé à certain moment en le lisant, je le relirai sans doute plus tard, mais pas avant d’avoir fini ma grande collection sur la mythologie dont Ovide est une des sources. Ainsi, j’espère que je m’y retrouverais plus facilement, car vraiment le fait de ne pas reconnaître toutes les histoires m'a perturbée.
J’ai adoré Sophocle, j’ai adoré Euripide, j'adore ma collection sur la mythologie, il n’y a pas de raison que je reste sourde aux chants d’Ovide et des Dieux millénaires. Terriblement divins, mais aussi terriblement humains.

Merci aux Éditions Les belles lettres et Babelio.

 

Source: Externe
Byblis 1884 de William-Adolphe Bouguereau.

 


07 décembre 2018

"Croyances, mythes et légendes des pays de France" de Paul Sébillot

Croyances, mythes et légendes des pays de France de Paul Sébillot

paul sébillot

Résumé :

Réunis par Paul Sébillot au début du XXe siècle, les récits qui constituent l'imaginaire du folklore régional français.

Voici une somme considérable, vivante et colorée, qui rassemble toutes les légendes, tous les événements fantastiques, tous les récits extraordinaires recensés dans le moindre village de France, du Moyen Age au début du XXe siècle.
C'est un ouvrage irremplaçable pour connaître la géographie et la diversité de l'imaginaire de notre pays en des siècles où il s'exprimait exclusivement par la tradition orale, la fiction littéraire n'étant apparue que très tardivement.
Sur le plan de la valeur ethnographique, ce livre composé par Paul Sébillot de 1904 à 1906, et paru sous le titre de Folklore de France, est à la fois une bénédiction et un testament : il fait revivre des sources orales définitivement taries ; il nous livre, brutes, les diverses explications du monde, les interprétations des phénomènes naturels élaborées dans les campagnes d'autrefois ; il représente ce qu'il nous reste de l'héritage de nos ancêtres.

Mon avis :

Un jour en France, un monsieur du nom de Paul Sébillot s’est penché sur les fées, les monstres, les sorcières, les superstitions… qui habitaient les rivières, les champs, les maisons… de France. Cette passion qui datait déjà de ses années d’enfance, lui a montré en grandissant la richesse d’un patrimoine oral et culturel, et sa fragilité qui s’accentuait à chaque décès, à chaque révolution, à chaque changement de génération. Pour éviter l’oubli, il rédigeât alors plusieurs livres sur ce sujet, dont celui-ci qui est une grosse encyclopédie du folklore français - même si la Bretagne (sa terre natale) revient plus souvent que le reste.

Je vous avouerai que je n’ai pas lu le livre dans sa totalité (il faudrait pour cela plus d’un mois), mais je l’ai bien feuilleté et j’ai lu tous les chapitres dont le sujet m’intéressait. Cependant et même si je n’ai pas pris connaissance de tout, je dois dire que j’ai adoré ce livre. Déjà pour ce qu’il raconte (ses légendes, ses superstitions…), et aussi et surtout pour sa mission, qui est de faire continuer à vivre une mémoire aujourd’hui quasiment disparue puisqu’il n’en reste que quelques bribes dans notre quotidien.

Toutefois, le véritable point qui me rend le livre agréable, c’est qu’il m'a fait côtoyer les humbles, les petites gens des campagnes, ceux qui ne laissent que peu de trace dans l’Histoire et la mémoire collective. Ainsi, grâce à ces pages je me suis retrouvée plongée dans les veillées, le quotidien surnaturel ou bien réel des parents, des constructeurs, des agriculteurs, des jeunes filles, etc. et ceci à diverses époques. En fait, j'ai retrouvé du Malicorne là dedans, ainsi que toutes ces vieilles chansons que j'aime tant écouter et qui pour certaines remontent sur plusieurs siècles.

En conclusion, un livre à lire par petite bouchée, dans le désordre ou dans l’ordre, pour voyager dans d’autres époques. Et une fois n'est pas coutume, par-delà la mort je salue le travail de l’auteur qui a œuvré pour l’histoire de la mémoire, avant que notre époque en vienne à en faire l’histoire de l’oubli.

 

Merci à Babelio et aux éditions Omnibus.

 

30 novembre 2018

"Les héros de la mythologie racontés aux enfants" de Collectif

Les héros de la mythologie racontés aux enfants de Lili la Baleine, Eléonore Della Malva, Virginie Loubier

Source: Externe

Résumé :

Pour partir à la découverte des aventures de : * Persée et l' affreuse Gorgone * Achille et la guerre de Troie * Thésée et le terrible Minotaure * Jason et la Toison d' Or * Hercule et ses 12 travaux * Oedipe et l 'énigme du Sphinx * Ulysse l 'homme aux mille ruses. Des héros et leurs aventures parmi les plus connus. Des textes simplifiés adaptés aux enfants. De magnifiques illustrations.

Mon avis :

Voilà un petit livre sympathique et rapide, pour initier les petits enfants à la mythologie grecque de manière simple et colorée. Ni trop long, ni trop court, ce livre est idéal pour les enfants qui apprennent à lire comme pour les parents qui n'ont pas trop le temps de lire des histoires le soir.

Plus personnellement, j'ai trouvé dans l'ensemble ce livre parfait et très bien fait. D'une part, parce que les dessins s'équilibrent bien avec l'écriture, et ils sont jolis à regarder, même s'ils sont d'un abord un peu simpliste mais pas désagréable, et d'autre part parce que le livre aborde à grand trait la mythologie sans trop de difficulté de compréhension pour les enfants, - il faut peut-être expliquer quelques points ou relire un passage mais à part ça rien de plus.
Toutefois ce que j'ai réellement apprécié dans ces pages, c'est le fait que les autrices n'ont pas cherché à amoindrir la cruauté des gestes ou du destin des personnages de la mythologie, ce que je craignais un peu vu que maintenant on aime faire dans le mièvre et l'édulcoré sur tout ce qui est à destination des enfants. Bien sûr, les illustratrices ne vont pas montrer quand Ulysse crève l'oeil du cyclope, mais quand même sur le dessin on voit l'arme et on voit ce que les naufragés visent. Toutefois, je pense qu'elles auraient pu encore aller un peu plus loin sans en faire pour autant un livre d'horreur, en effet des morts propres c'est un peu ridicule même à 6 ans.

Enfin un dernier atout à déclarer sur le livre, c'est la présence d'explication au terme de l'histoire de certaines expressions de la vie courante ou autre qui tirent leur origine de la mythologie grecque, comme le talon d'Achille, le complexe d'Oedipe, etc. Pour ma part, j'ai trouvé que c'était vraiment un plus à ces pages car ça montre aux enfants comment la mythologie est très présente dans notre culture, dans notre langue. Bref, ça donne une dimension éducative en plus.

En conclusion, si vous cherchez un livre facile d'accès pour les petits (dès 6 ans) et qui parle de mythologie grecque pour la faire découvrir aux enfants, n'hésitez pas à vous tourner vers lui. 

Editions Lito et Babelio.

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13 octobre 2018

"Concours pour le Paradis" de Clélia Renucci

Concours pour le Paradis de Clélia Renucci

Source: Externe

Résumé :

« Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. »

Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.

Mon avis :

« Les artistes ne sont que les marionnettes du pouvoir, interchangeables tant qu’un nom ne vient pas légitimer les œuvres qu’ils réalisent. »

Le Palais des Doges brûle, la salle du Conseil symbole du pouvoir vénitien et de sa politique, n’est plus que ruine fumante. En cette année 1577, Venise se réveille stupéfaite et le Paradis est mort ! Brûlé par la fournaise, il n’en reste qu’un tas de cendre. Tout est à reconstruire pour le triomphe de Venise, tout est à redécorer. Tout n’est donc pas perdu pour tout le monde. Les artistes y trouveront leur compte. Mais pour l’apothéose de la salle qui est cet espace vide derrière l’estrade des doges, un concours désignera celui qui aura le privilège de peindre cet immense espace.
Ce livre, nous raconte cette histoire. Personnages, peintres, religion et politique, ici tout se croise et se mêle, et c’est une plongée dans la Venise du 16ème siècle que nous offre Clélia Renucci.

Avec beaucoup d’érudition et un peu d’imagination, elle va donc nous raconter la technique des peintres, les difficultés de l’exécution du Paradis et l’impossible entente entre les peintres accomplis et les « petits jeunes ». Elle va narrer aussi cette compétition entre peintres, et les appuis qu’ils ont au sein du gouvernement, permettant ainsi d’aborder que l’idée et l’originalité ne sont pas toujours la clé pour la commande. (Même si l’originalité n’est pas trop de mise en cette époque du Concile de Trente qui doit permettre de renforcer l'Église face aux hérésies profanes et religieuses.)
Bref ! Clélia Renucci, va donc aborder dans ce livre le système du mécénat, ainsi que la vie des peintres. Elle va aborder par ailleurs, cette Venise des passions et des caractères, ainsi que les tensions religieuses et politiques.

Toutefois si c’est un roman artistique intéressant à suivre, d’un point de vue narratif ce n’est pas la joie. En effet, si j'ai réellement apprécié le côté réel où j'apprends des choses, je n'ai que moyennement apprécié l'écriture, vu qu'il n’y a pas cette passion romanesque de vouloir raconter les choses en beau et en grand, alors que Venise s’y prête largement. Pour moi, ça reste trop instructif, trop solennel, trop didactique pour être un roman au pouvoir accaparant. Et pour tout dire, après lecture de ce livre, j'ai eu l'impression qu'il y avait plus une volonté de recherche et de partager les connaissances, que d'écrire un roman. Alors qu’il y a pourtant du roman dans ces pages, allez comprendre !

En fin de compte, c’est à lire pour la connaissance, mais pas pour l’histoire romancée, niveau écriture ça manque trop d'étincelle.

 

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.

27 août 2018

"K.O" de Hector Mathis

K.O de Hector Mathis

KO hector Mathis

Résumé :

Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d’ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante...
Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone - « la grisâtre », le pays natal de Sitam. C’est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l’Europe et la précarité...
Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d’un sentiment d’urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l’amitié et l’errance. Il s’y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.

Mon avis :

Hector Mathis joue de l’écriture comme de la musique.

Des syllabes, des mots, qui font les notes et les résonances.
Avant d’être une histoire, ce livre est une écriture, une partition au rythme saccadé, tourmenté, poétique, qui comporte quelques notes tragi-comiques.
Avant d’être une histoire ce livre est une musique.
Sans nul doute l’auteur manie la plume avec brio. Trop sans doute… car souvent je suis restée devant ma page à relire une phrase, un passage qui me plaisait, plutôt que de penser à continuer à lire l’histoire.
Une histoire finalement bien pâlotte, peu importante, qui a glissé sur moi comme l'eau sur un rocher, et ceci même si elle a son intérêt en étant un éloge à la vie, où coup bas et coup d'éclat se répondent.
A côté les personnages sont eux-mêmes peu marquants. Certes, ils sont sympas, agréables, simples, ce sont des gens de tous les jours, mais ayant été hypnotisée par l’écriture je ne peux en dire plus. A part, finalement, que je suis passée à côté de ce court roman.

Finalement ce qui m’a le plus plu, c’est l’écriture profonde et poétique, c’est certaines phrases dans l’action, mais pas tant l’histoire, et je retiendrai de ce livre cela.

Merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel.

Extraits :

"C'est drôle comme on apprend de la vie aux côtés des malades, de la marche auprès d'hémiplégiques, et de la langue auprès des étrangers. On comprend toujours par l'absence, c'est une histoire de maths ça, les scientifiques connaissent, on ne découvre pas x en le tournant dans tous les sens, mais en le faisant jouer de son absence."

"Les sentiments provoqués c'est dégueulasse. Ce n'est pas que je ne suis jamais ému, il ne faudrait pas me faire passer pour un grossier, mais c'est qu'autant de volonté à s'émouvoir ça me dépasse ! La pudeur c'est la délicatesse des grands sensibles, aujourd'hui tout le monde court à l'émotion, c'est la grande bourse des sensibleries et les enchères n'en finissent plus... Les autres ils disent tout ce qui les émeut avant que ça soit fini. Ils gâchent même leur Saint-Graal parce que le dernier plaisir à la mode c'est d'être ému. Faut qu'ils le disent, faut que la terre le sache ! Parfois même ils se forcent, comme s'il s'agissait de course à pied."

"Parfois je regardais dehors, j'essayais d'y voir le visage de l'Occident. Comme si j'allais découvrir la vérité de ce temps en scrutant les boulevards. Comme s'il y avait autre chose que la mort à deviner. Les gens traversaient la place, abondaient dans les boutiques. Elle n'avait pas l'air grande, elle n'avait pas l'air fière, la foule. Une société qu'ils appelaient ça les spécialistes, une civilisation, même quand ils avaient le goût des cathédrales. Cette civilisation plus personnes ne l'aimait j'avais l'impression, n'empêche que tout le monde y barbotait finalement. J'avais le sentiment que les décennies à venir étaient une sorte de préparation au repos, parce qu'elle était sénile, notre civilisation, plus du tout redoutable tellement elle pensait peu. Elle avait une démarche de malade !"

15 juin 2018

"Damalis" de Marie Barthelet

Damalis de Marie Barthelet

damalis

Résumé :

VIIe siècle avant Jésus-Christ. Fils de chef promis à un avenir glorieux, un jeune Thrace perd soudain tous les siens dans un véritable massacre. Il est alors vendu comme esclave à une famille d'aristocrates grecs. Une vie qu'il n'aurait jamais dû vivre et qu'il n'aurait jamais imaginée, commence pour lui... Damalis, deuxième roman de Marie Barthelet, est une véritable épopée. Aventure, fureur et passion sont au rendez-vous. Marie Barthelet est animatrice du patrimoine et responsable du musée de la Charité-sur-Loire. Ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

Mon avis :

Damalis, c’est une histoire d’esclave, de plusieurs amours, de politique, d’évolution, de complot… C’est aussi une histoire qui se déroule sur plusieurs années. Sans surprise cela vous annonce un pavé en perspective, un gros pavé de plus de 600 pages, où l’autrice va prendre son temps pour narrer l’aventure. Oh ! Ce n’est pas lent, les scènes, les péripéties s’enchaînent à une allure normale, mais faut avouer que le début est long et j’ai eu du mal à accrocher. Mais une fois passé le début, c’est-à-dire la capture et la vente de Damalis, tout va pour le mieux ensuite, car le monde du roman s’agrandit enfin ! S’agrandit, par l’approche politique de la cité et de la guerre, par l’apprentissage de Damalis, par les rencontres, etc., ce qui nous permet par la même occasion de voir différentes facettes de la vie dans une cité grecque. Alors on ne voit pas tout, et parfois c’est très rapide, mais on aborde tout de même la vie religieuse, les mœurs amoureuses, le commerce, les hétaïres… dans la Grèce antique.
Cela étant, tout n’est pas traité de manière  superficiel, en effet la condition d’esclave est par exemple très bien développée. Et c’est même le meilleur sujet développé, car l’autrice va bien mettre en avant qu’un esclave peut avoir une place excellente dans une maison, et parfois meilleure que celle des hommes libres ou des autres membres de l’oikos, et ce même si les maîtres ont le droit de vie et de mort sur ces derniers. De plus elle ne raconte pas que les bons côtés, en effet elle parle des châtiments corporels, de la soumission, de tout ce qui est déplaisant. A tout cela s’ajoute aussi l’étonnant, puisque les esclaves tissaient des liens affectifs avec leur maîtres. Un fait pas si étonnant en fait, vu qu’ils ne leur restaient rien à part cette condition et leur famille, même si parfois ils rêvaient peut-être d’autre chose. En fait pour moi ce livre est avant tout le reste, un excellent livre sur la condition d’esclave dans la Grèce antique. Bon, ce n’est pas un livre d’histoire mais c’est quand même une approche raisonnable, en tout cas je trouve, et pour ça il vaut le coup d’œil.

Au-delà de ce sujet d'esclave, je n’ai pas vraiment grand-chose à dire sur ce bouquin. C’est un livre qui se lit très bien passé la première partie, il donne à voir divers sentiments et diverses situations où on voit les personnages évoluer. Il y a de la tension avec cette histoire de guerre et de trahison, il y a de l’incompréhension entre les personnages et donc des actions en fonction de cela. Bref ! Il y a vraiment de tout, et on remarque que l’autrice a bien su rebondir sur un fait, une parole, pour donner de la suite à son histoire, par exemple avec Iros qui comprend que l’esclavage c’est le sort des vaincus.

Bref ! Comme vous le devinez, c’est vraiment un roman construit et mûrement réfléchit, même si ce n’est pas le roman du siècle parce que ben tout ne m’a pas plu, la première partie est longue et certaines histoires comme celle de Nikanor me passait au-dessus de la tête (et fait exprès elle revenait souvent sur la table). Pour autant, c’est un roman qui vaut le détour parce qu’il aborde l’histoire grecque intime, celle de la population et surtout celle d’un esclave. Certes, c’est romancé, mais tout n’est pas éloigné de la réalité, voilà pourquoi il mérite sa chance.

Merci Babelio et Buchet-Chastel.