Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

07 décembre 2018

"Croyances, mythes et légendes des pays de France" de Paul Sébillot

Croyances, mythes et légendes des pays de France de Paul Sébillot

paul sébillot

Résumé :

Réunis par Paul Sébillot au début du XXe siècle, les récits qui constituent l'imaginaire du folklore régional français.

Voici une somme considérable, vivante et colorée, qui rassemble toutes les légendes, tous les événements fantastiques, tous les récits extraordinaires recensés dans le moindre village de France, du Moyen Age au début du XXe siècle.
C'est un ouvrage irremplaçable pour connaître la géographie et la diversité de l'imaginaire de notre pays en des siècles où il s'exprimait exclusivement par la tradition orale, la fiction littéraire n'étant apparue que très tardivement.
Sur le plan de la valeur ethnographique, ce livre composé par Paul Sébillot de 1904 à 1906, et paru sous le titre de Folklore de France, est à la fois une bénédiction et un testament : il fait revivre des sources orales définitivement taries ; il nous livre, brutes, les diverses explications du monde, les interprétations des phénomènes naturels élaborées dans les campagnes d'autrefois ; il représente ce qu'il nous reste de l'héritage de nos ancêtres.

Mon avis :

Un jour en France, un monsieur du nom de Paul Sébillot s’est penché sur les fées, les monstres, les sorcières, les superstitions… qui habitaient les rivières, les champs, les maisons… de France. Cette passion qui datait déjà de ses années d’enfance, lui a montré en grandissant la richesse d’un patrimoine oral et culturel, et sa fragilité qui s’accentuait à chaque décès, à chaque révolution, à chaque changement de génération. Pour éviter l’oubli, il rédigeât alors plusieurs livres sur ce sujet, dont celui-ci qui est une grosse encyclopédie du folklore français - même si la Bretagne (sa terre natale) revient plus souvent que le reste.

Je vous avouerai que je n’ai pas lu le livre dans sa totalité (il faudrait pour cela plus d’un mois), mais je l’ai bien feuilleté et j’ai lu tous les chapitres dont le sujet m’intéressait. Cependant et même si je n’ai pas pris connaissance de tout, je dois dire que j’ai adoré ce livre. Déjà pour ce qu’il raconte (ses légendes, ses superstitions…), et aussi et surtout pour sa mission, qui est de faire continuer à vivre une mémoire aujourd’hui quasiment disparue puisqu’il n’en reste que quelques bribes dans notre quotidien.

Toutefois, le véritable point qui me rend le livre agréable, c’est qu’il m'a fait côtoyer les humbles, les petites gens des campagnes, ceux qui ne laissent que peu de trace dans l’Histoire et la mémoire collective. Ainsi, grâce à ces pages je me suis retrouvée plongée dans les veillées, le quotidien surnaturel ou bien réel des parents, des constructeurs, des agriculteurs, des jeunes filles, etc. et ceci à diverses époques. En fait, j'ai retrouvé du Malicorne là dedans, ainsi que toutes ces vieilles chansons que j'aime tant écouter et qui pour certaines remontent sur plusieurs siècles.

En conclusion, un livre à lire par petite bouchée, dans le désordre ou dans l’ordre, pour voyager dans d’autres époques. Et une fois n'est pas coutume, par-delà la mort je salue le travail de l’auteur qui a œuvré pour l’histoire de la mémoire, avant que notre époque en vienne à en faire l’histoire de l’oubli.

 

Merci à Babelio et aux éditions Omnibus.

 


30 novembre 2018

"Les héros de la mythologie racontés aux enfants" de Collectif

Les héros de la mythologie racontés aux enfants de Lili la Baleine, Eléonore Della Malva, Virginie Loubier

Source: Externe

Résumé :

Pour partir à la découverte des aventures de : * Persée et l' affreuse Gorgone * Achille et la guerre de Troie * Thésée et le terrible Minotaure * Jason et la Toison d' Or * Hercule et ses 12 travaux * Oedipe et l 'énigme du Sphinx * Ulysse l 'homme aux mille ruses. Des héros et leurs aventures parmi les plus connus. Des textes simplifiés adaptés aux enfants. De magnifiques illustrations.

Mon avis :

Voilà un petit livre sympathique et rapide, pour initier les petits enfants à la mythologie grecque de manière simple et colorée. Ni trop long, ni trop court, ce livre est idéal pour les enfants qui apprennent à lire comme pour les parents qui n'ont pas trop le temps de lire des histoires le soir.

Plus personnellement, j'ai trouvé dans l'ensemble ce livre parfait et très bien fait. D'une part, parce que les dessins s'équilibrent bien avec l'écriture, et ils sont jolis à regarder, même s'ils sont d'un abord un peu simpliste mais pas désagréable, et d'autre part parce que le livre aborde à grand trait la mythologie sans trop de difficulté de compréhension pour les enfants, - il faut peut-être expliquer quelques points ou relire un passage mais à part ça rien de plus.
Toutefois ce que j'ai réellement apprécié dans ces pages, c'est le fait que les autrices n'ont pas cherché à amoindrir la cruauté des gestes ou du destin des personnages de la mythologie, ce que je craignais un peu vu que maintenant on aime faire dans le mièvre et l'édulcoré sur tout ce qui est à destination des enfants. Bien sûr, les illustratrices ne vont pas montrer quand Ulysse crève l'oeil du cyclope, mais quand même sur le dessin on voit l'arme et on voit ce que les naufragés visent. Toutefois, je pense qu'elles auraient pu encore aller un peu plus loin sans en faire pour autant un livre d'horreur, en effet des morts propres c'est un peu ridicule même à 6 ans.

Enfin un dernier atout à déclarer sur le livre, c'est la présence d'explication au terme de l'histoire de certaines expressions de la vie courante ou autre qui tirent leur origine de la mythologie grecque, comme le talon d'Achille, le complexe d'Oedipe, etc. Pour ma part, j'ai trouvé que c'était vraiment un plus à ces pages car ça montre aux enfants comment la mythologie est très présente dans notre culture, dans notre langue. Bref, ça donne une dimension éducative en plus.

En conclusion, si vous cherchez un livre facile d'accès pour les petits (dès 6 ans) et qui parle de mythologie grecque pour la faire découvrir aux enfants, n'hésitez pas à vous tourner vers lui. 

Editions Lito et Babelio.

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13 octobre 2018

"Concours pour le Paradis" de Clélia Renucci

Concours pour le Paradis de Clélia Renucci

Source: Externe

Résumé :

« Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. »

Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.

Mon avis :

« Les artistes ne sont que les marionnettes du pouvoir, interchangeables tant qu’un nom ne vient pas légitimer les œuvres qu’ils réalisent. »

Le Palais des Doges brûle, la salle du Conseil symbole du pouvoir vénitien et de sa politique, n’est plus que ruine fumante. En cette année 1577, Venise se réveille stupéfaite et le Paradis est mort ! Brûlé par la fournaise, il n’en reste qu’un tas de cendre. Tout est à reconstruire pour le triomphe de Venise, tout est à redécorer. Tout n’est donc pas perdu pour tout le monde. Les artistes y trouveront leur compte. Mais pour l’apothéose de la salle qui est cet espace vide derrière l’estrade des doges, un concours désignera celui qui aura le privilège de peindre cet immense espace.
Ce livre, nous raconte cette histoire. Personnages, peintres, religion et politique, ici tout se croise et se mêle, et c’est une plongée dans la Venise du 16ème siècle que nous offre Clélia Renucci.

Avec beaucoup d’érudition et un peu d’imagination, elle va donc nous raconter la technique des peintres, les difficultés de l’exécution du Paradis et l’impossible entente entre les peintres accomplis et les « petits jeunes ». Elle va narrer aussi cette compétition entre peintres, et les appuis qu’ils ont au sein du gouvernement, permettant ainsi d’aborder que l’idée et l’originalité ne sont pas toujours la clé pour la commande. (Même si l’originalité n’est pas trop de mise en cette époque du Concile de Trente qui doit permettre de renforcer l'Église face aux hérésies profanes et religieuses.)
Bref ! Clélia Renucci, va donc aborder dans ce livre le système du mécénat, ainsi que la vie des peintres. Elle va aborder par ailleurs, cette Venise des passions et des caractères, ainsi que les tensions religieuses et politiques.

Toutefois si c’est un roman artistique intéressant à suivre, d’un point de vue narratif ce n’est pas la joie. En effet, si j'ai réellement apprécié le côté réel où j'apprends des choses, je n'ai que moyennement apprécié l'écriture, vu qu'il n’y a pas cette passion romanesque de vouloir raconter les choses en beau et en grand, alors que Venise s’y prête largement. Pour moi, ça reste trop instructif, trop solennel, trop didactique pour être un roman au pouvoir accaparant. Et pour tout dire, après lecture de ce livre, j'ai eu l'impression qu'il y avait plus une volonté de recherche et de partager les connaissances, que d'écrire un roman. Alors qu’il y a pourtant du roman dans ces pages, allez comprendre !

En fin de compte, c’est à lire pour la connaissance, mais pas pour l’histoire romancée, niveau écriture ça manque trop d'étincelle.

 

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.

27 août 2018

"K.O" de Hector Mathis

K.O de Hector Mathis

KO hector Mathis

Résumé :

Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d’ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante...
Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone - « la grisâtre », le pays natal de Sitam. C’est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l’Europe et la précarité...
Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d’un sentiment d’urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l’amitié et l’errance. Il s’y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.

Mon avis :

Hector Mathis joue de l’écriture comme de la musique.

Des syllabes, des mots, qui font les notes et les résonances.
Avant d’être une histoire, ce livre est une écriture, une partition au rythme saccadé, tourmenté, poétique, qui comporte quelques notes tragi-comiques.
Avant d’être une histoire ce livre est une musique.
Sans nul doute l’auteur manie la plume avec brio. Trop sans doute… car souvent je suis restée devant ma page à relire une phrase, un passage qui me plaisait, plutôt que de penser à continuer à lire l’histoire.
Une histoire finalement bien pâlotte, peu importante, qui a glissé sur moi comme l'eau sur un rocher, et ceci même si elle a son intérêt en étant un éloge à la vie, où coup bas et coup d'éclat se répondent.
A côté les personnages sont eux-mêmes peu marquants. Certes, ils sont sympas, agréables, simples, ce sont des gens de tous les jours, mais ayant été hypnotisée par l’écriture je ne peux en dire plus. A part, finalement, que je suis passée à côté de ce court roman.

Finalement ce qui m’a le plus plu, c’est l’écriture profonde et poétique, c’est certaines phrases dans l’action, mais pas tant l’histoire, et je retiendrai de ce livre cela.

Merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel.

Extraits :

"C'est drôle comme on apprend de la vie aux côtés des malades, de la marche auprès d'hémiplégiques, et de la langue auprès des étrangers. On comprend toujours par l'absence, c'est une histoire de maths ça, les scientifiques connaissent, on ne découvre pas x en le tournant dans tous les sens, mais en le faisant jouer de son absence."

"Les sentiments provoqués c'est dégueulasse. Ce n'est pas que je ne suis jamais ému, il ne faudrait pas me faire passer pour un grossier, mais c'est qu'autant de volonté à s'émouvoir ça me dépasse ! La pudeur c'est la délicatesse des grands sensibles, aujourd'hui tout le monde court à l'émotion, c'est la grande bourse des sensibleries et les enchères n'en finissent plus... Les autres ils disent tout ce qui les émeut avant que ça soit fini. Ils gâchent même leur Saint-Graal parce que le dernier plaisir à la mode c'est d'être ému. Faut qu'ils le disent, faut que la terre le sache ! Parfois même ils se forcent, comme s'il s'agissait de course à pied."

"Parfois je regardais dehors, j'essayais d'y voir le visage de l'Occident. Comme si j'allais découvrir la vérité de ce temps en scrutant les boulevards. Comme s'il y avait autre chose que la mort à deviner. Les gens traversaient la place, abondaient dans les boutiques. Elle n'avait pas l'air grande, elle n'avait pas l'air fière, la foule. Une société qu'ils appelaient ça les spécialistes, une civilisation, même quand ils avaient le goût des cathédrales. Cette civilisation plus personnes ne l'aimait j'avais l'impression, n'empêche que tout le monde y barbotait finalement. J'avais le sentiment que les décennies à venir étaient une sorte de préparation au repos, parce qu'elle était sénile, notre civilisation, plus du tout redoutable tellement elle pensait peu. Elle avait une démarche de malade !"

15 juin 2018

"Damalis" de Marie Barthelet

Damalis de Marie Barthelet

damalis

Résumé :

VIIe siècle avant Jésus-Christ. Fils de chef promis à un avenir glorieux, un jeune Thrace perd soudain tous les siens dans un véritable massacre. Il est alors vendu comme esclave à une famille d'aristocrates grecs. Une vie qu'il n'aurait jamais dû vivre et qu'il n'aurait jamais imaginée, commence pour lui... Damalis, deuxième roman de Marie Barthelet, est une véritable épopée. Aventure, fureur et passion sont au rendez-vous. Marie Barthelet est animatrice du patrimoine et responsable du musée de la Charité-sur-Loire. Ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

Mon avis :

Damalis, c’est une histoire d’esclave, de plusieurs amours, de politique, d’évolution, de complot… C’est aussi une histoire qui se déroule sur plusieurs années. Sans surprise cela vous annonce un pavé en perspective, un gros pavé de plus de 600 pages, où l’autrice va prendre son temps pour narrer l’aventure. Oh ! Ce n’est pas lent, les scènes, les péripéties s’enchaînent à une allure normale, mais faut avouer que le début est long et j’ai eu du mal à accrocher. Mais une fois passé le début, c’est-à-dire la capture et la vente de Damalis, tout va pour le mieux ensuite, car le monde du roman s’agrandit enfin ! S’agrandit, par l’approche politique de la cité et de la guerre, par l’apprentissage de Damalis, par les rencontres, etc., ce qui nous permet par la même occasion de voir différentes facettes de la vie dans une cité grecque. Alors on ne voit pas tout, et parfois c’est très rapide, mais on aborde tout de même la vie religieuse, les mœurs amoureuses, le commerce, les hétaïres… dans la Grèce antique.
Cela étant, tout n’est pas traité de manière  superficiel, en effet la condition d’esclave est par exemple très bien développée. Et c’est même le meilleur sujet développé, car l’autrice va bien mettre en avant qu’un esclave peut avoir une place excellente dans une maison, et parfois meilleure que celle des hommes libres ou des autres membres de l’oikos, et ce même si les maîtres ont le droit de vie et de mort sur ces derniers. De plus elle ne raconte pas que les bons côtés, en effet elle parle des châtiments corporels, de la soumission, de tout ce qui est déplaisant. A tout cela s’ajoute aussi l’étonnant, puisque les esclaves tissaient des liens affectifs avec leur maîtres. Un fait pas si étonnant en fait, vu qu’ils ne leur restaient rien à part cette condition et leur famille, même si parfois ils rêvaient peut-être d’autre chose. En fait pour moi ce livre est avant tout le reste, un excellent livre sur la condition d’esclave dans la Grèce antique. Bon, ce n’est pas un livre d’histoire mais c’est quand même une approche raisonnable, en tout cas je trouve, et pour ça il vaut le coup d’œil.

Au-delà de ce sujet d'esclave, je n’ai pas vraiment grand-chose à dire sur ce bouquin. C’est un livre qui se lit très bien passé la première partie, il donne à voir divers sentiments et diverses situations où on voit les personnages évoluer. Il y a de la tension avec cette histoire de guerre et de trahison, il y a de l’incompréhension entre les personnages et donc des actions en fonction de cela. Bref ! Il y a vraiment de tout, et on remarque que l’autrice a bien su rebondir sur un fait, une parole, pour donner de la suite à son histoire, par exemple avec Iros qui comprend que l’esclavage c’est le sort des vaincus.

Bref ! Comme vous le devinez, c’est vraiment un roman construit et mûrement réfléchit, même si ce n’est pas le roman du siècle parce que ben tout ne m’a pas plu, la première partie est longue et certaines histoires comme celle de Nikanor me passait au-dessus de la tête (et fait exprès elle revenait souvent sur la table). Pour autant, c’est un roman qui vaut le détour parce qu’il aborde l’histoire grecque intime, celle de la population et surtout celle d’un esclave. Certes, c’est romancé, mais tout n’est pas éloigné de la réalité, voilà pourquoi il mérite sa chance.

Merci Babelio et Buchet-Chastel.

 


29 mai 2018

"Le cas zéro" de Sarah Barukh

Le cas zéro de Sarah Barukh

Source: Externe

Résumé :

Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la  terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.

Mon avis :

Je pensais que c’était un premier roman, mais en fait ce n’est pas le cas. Je me suis faite cette réflexion car j’ai trouvé ce livre vraiment pas mal pour un premier roman, mais comme ce n’est pas un premier ceci s’explique sûrement grâce à ça.
Bref ! Comme vous le voyez à cette intro un peu bizarre, cette lecture me fut agréable dans l’ensemble. Cette enquête médicale faite par un médecin, qui dose à merveille les règles du genre, se boit comme du petit lait de manière générale ; il y a du suspense, du chantage, des menaces, de l’exclusion, un accident... en clair tout ce qu’il faut pour un bon roman qui pourtant ne comporte pas tant de suspense que ça. Néanmoins et comme on peut en avoir avec le lait, il peut y avoir quelques problèmes digestifs, ça peut peser lourd sur l’estomac… Et dans mon cas, tout ce qui concerne les à côté de l’histoire principale, étaient très lourds à lire. C’était très intéressants, parfois très émouvants, mais ils alourdissaient le livre énormément.
Certes c’est un excellent moyen pour donner de la profondeur à l’histoire, aux personnages, pour en faire découvrir d’autres et élargir le propos, et ça aurait pu être parfait malgré les petites répétitions. Mais, ça aurait pu être parfait, si… si à côté de ça l’investissement du docteur Laurent n’avait pas été exagéré pour un unique patient.
En effet, le livre aurait pu être parfait, car il mélange les codes du genre assez savamment et parce qu’il retranscrit assez bien les sentiments qu’inspiraient le sida à l’époque, à savoir l’incompréhension et la peur ; mais l’acharnement du Docteur Valensi à vouloir sauver un patient comme si rien d’autre ne comptait ou n’existait à côté, faut pas exagérer ça perd en crédibilité. Et faut encore moins exagérer avec un karma de merde, où le monde s’effondre et s’acharne sur un seul homme en l’espace de même pas 48 heures. Oui d’accord, ce court laps de temps complètement moisi rajoute de la tension, mais quand même, j’avais l’impression que pour un service surchargé le docteur Valensi n’avait qu’un patient au monde, et j’avais en plus l’impression que le mec n’était pas né pour la chance. (Avec autant de mouise en 48 heures, ma positon se comprend.) Et que dire des journées qui donnent l'impression de durer 50H et non 24H… Bref ! C'était parfois un peu exagéré.
Pour autant c’était un très bon livre et je l’ai lu avec intérêt dans l'ensemble.

En résumé, j'ai apprécié la manière dont le sida est abordé, cette peur et incompréhension des soignants qui ne savaient encore rien sur le mode de transmission et ne savaient pas quoi faire pour soigner, mais à côté j'ai moins bien aimé, ce côté de l’exclusivité du patient et tout ce qui va avec niveau acharnement et situation WTF, sans parler de la légende des essais cliniques et des apprentis sorciers. Mais malgré ces défauts, c’est un livre que je conseille parce que c'est réellement un bon moment de lecture.

Merci Babelio et Albin Michel.

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03 mars 2018

"Une confession" de Maxime Gorki

Une confession de Maxime Gorki

une confession

Résumé :

Ce court roman (1908), considéré par Gorki comme son oeuvre «la plus mûre», salué à sa sortie par un immense concert d'applaudissements - et de sarcasmes (Lénine condamnera sans appel son «mysticisme») -, traduit en français dès 1909 (mais de façon scandaleusement amputée), sera exclu des Oeuvres complètes de l'écrivain par la censure marxiste... et condamné, par le fait, à près d'un siècle d'oubli.
C'est donc un quasi inédit que l'on propose aujourd'hui aux lecteurs de langue française. Et un inédit de la meilleure eau...
Raconteur-né (comme Jack London à qui il fait souvent penser), Gorki empoigne dès les premières pages les rênes de sa troïka pour un galop picaresque de sa façon... et fouette, cocher!... Matveï, son héros - qui lui ressemble comme un frère -, fait ses classes sur la route avec les vagabonds, pratique tous les métiers, et finit par trouver la Voie - celle d'un christianisme social parfaitement hérétique - au fil de rencontres hautes en couleur.
La sainte Russie est vaste, et vaste aussi ce court roman qui contient la terre immense. Cette générosité-là, seuls les Russes de la grande espèce savent la pratiquer. Et peu importe, dès lors, qu'on adhère ou non aux idées de l'écrivain, aussi sympathiques qu'irréalistes. Il nous suffit d'aller avec lui sur ces chemins perdus semés d'embûches et de merveilles.

Mon avis :

C’est l’histoire d’un enfant pas gâté par la vie. Abandonné par sa famille à la naissance, recueillit plusieurs fois, la mort frappant, Matveï découvre la vie et commence à approcher Dieu.
C’est l’histoire d’un jeune homme qui s'éloigne de Dieu, qui se marie mais qui perd sa femme en couche et son premier fils.
Finalement c'est l'histoire d'un jeune homme qui s’en va sur les chemins pour apaiser son âme et trouver des réponses à ses questions.
Ici, commence l'histoire d’une quête.
Mais le plus important dans ce livre ce n’est pas la vie de cet homme, mais ses questionnements sur Dieu comme ses rencontres.

Du religieux qui honnit la femme à cause de sa propre faiblesse, du religieux qui accuse le diable derrière toutes questions déplacées et derrières toutes vérités, du religieux qui pense que la police est le bras armé du divin, de la femme qui affirme que dieu n’existe pas, du bas peuple qui répugne Matveï par son comportement… Ce livre est une succession de rencontres. Des rencontres qui vont être autant de chance que de portrait religieux intéressant à interroger pour notre vagabond – et oui dedans je mets aussi ce bas peuple qui n’a pas le temps de verser dans la philosophie biblique car vivre leur prend toutes leurs forces et la misère aussi. Même si Dieu n’est pas au centre de leur vie, on comprend leur place dans ce bouquin, car il est légitime pour notre personnage de s’interroger sur ce qui guide leur vie, leur âme, dans le contexte du livre où le protagoniste cherche désespérément l'âme fuyante de Dieu. D'ailleurs, est-ce que le fait que Dieu ne soit pas leur vie fait d’eux des êtres méprisables comme le pense au début Matveï ?

Peu importe ! Revenons-en à notre personnage.

Comme vous le voyez ce livre est une suite de rencontre et de portrait dans la religion ou la non-religion, et une chose en entraînant une autre on va forcément voir notre personnage évoluer. Et pour moi c’est cette évolution qui est intéressante, car on va finalement  le voir évoluer et quitter son monde céleste pour des êtres, des choses plus terre-à-terre, ce qui va le rendre moins pédant à la fin – oui il y a des passage où je l’ai trouvé très pédant vis-à-vis des autres – et donc plus agréable à suivre dans sa quête divine, dans sa quête d’absolu. En effet, il va devenir plus intéressant à suivre car en fonction de ce qu'il voit, vit et entend, il va deviner en Dieu un être qu’on cherche, un être silencieux, un être absent, un être imaginaire, un être qu’on est certain d’avoir trouvé et qui un jour n’est plus là.
En ça il est un peu le portrait de beaucoup de personne, voire de tout le monde, car je doute qu’une personne au monde ait vécu une vie entière sans s’interroger sur ces questions métaphysiques.

Bref ! Ce personnage est très intéressant à suivre dans sa quête, mais finalement ce qui est plus marquant pour moi dans ce livre, outre la fin où il abandonne un Dieu céleste pour une humanité divinisée, c’est son questionnement sur comment les hommes voient Dieu et comment ils l’utilisent. J’en ai vaguement approché le concept au début du billet, mais le personnage a des réflexions parfois étonnantes pour un croyant. Est-ce croire c’est être forcément un mouton ? Est-ce que croire justifie le mépris de la femme ? Est-ce que croire c’est une excuse pour ne pas voir la réalité ? Est-ce que la croyance est une fuite ? Est-ce que le Saint c’est vraiment le gars dans une église qui pratique le pêché et prie ou un paysan qui retourne son champ et vie dans l’alcool pour oublier son malheur ? Etc., etc.
Et moi ces questions c’est ce que je retiens avant tout de cette lecture, parce que finalement avec ces interrogations il a une approche réelle de la croyance, de son utilisation et aussi de l’impiété ; finalement qu’est-ce qui est mal ? Qu’est-ce qui est bon ? Et même et surtout a-t-on vraiment besoin d’un Dieu pour améliorer le sort de l’humanité ? Et si l’humanité c’était Dieu ? En plus d’une mémoire et d’une histoire.

En conclusion, je me rends compte que j’ai très mal abordé ce livre ici, je n’ai même pas abordé du silence imposé par le pouvoir ou encore de la lutte de conscience entre le désir intérieur et les gestes que nous sommes amenés à faire dans la vie, car la vie ne répond toujours pas aux principes de Dieu. J’avoue, c’est un livre tellement riche que j’en ai fait une approche imparfaite et même probablement fausse d’un point de vue professionnel en littérature. Mais qu’à cela ne tienne ! Car c’est ma façon de voir les choses, de les ressentir, et même si dans la forme le livre ressemble à un livre avec une histoire banale, dans le fond l’histoire en est une autre, et juste pour ce fond je conseille la lecture.

Merci Babelio et Libretto.

Quelques phrases :

"Saint est l'homme tant que les diables dorment"

"Je me rappelais l'union avec Dieu que j'éprouvais naguère dans mes prières : il était si bon de disparaître de sa propre mémoire, de cesser d'exister ! Mais dans cette fusion avec les hommes, je ne m'éloignais pas de moi, je semblais au contraire grandir, m'élever au-dessus de moi, et la force de mon esprit se trouvait multipliée. Là aussi, il y avait oubli de soi, cependant cet oubli ne m'anéantissait pas, il éteignait seulement mes pensées amères, et l'inquiétude d'être isolé"

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19 février 2018

"Jésus, une encyclopédie contemporaine" de Collectif

Jésus, une encyclopédie contemporaine de Collectif

jésus

Résumé :
Ce livre, exceptionnel, tant par son aspect que par la richesse de ses textes et de ses illustrations, constitue un formidable panorama des connaissances actuelles sur Jésus.
Y sont présentés, par les plus grands exégètes, biblistes et historiens les découvertes archéologiques majeures et les points de vue historique, théologique et artistique les plus récents.
Les textes prennent des formes variées : récits, encadrés, tableaux, interviews et les illustrations sont nombreuses (environ 400).
Un foisonnement de savoirs passionnants sur le Christ, qui unit et oppose les trois monothéismes et qui demeure une figure spirituelle fondatrice de notre monde occidental.

Mon avis :
Croyez-moi la couverture de ce livre n’est en rien trompeuse ! Car ce livre est tout bonnement magnifique. Magnifique à regarder ; des photos, des peintures, des décors de feuillage sur les pages parcourent ce livre, mais aussi magnifique à lire. Je ne suis pas croyante mais je constate qu’on en aura jamais fini de creuser le christianisme et à chaque lecture je découvre encore et c’est toujours un plaisir.
Ceci n’est en rien étonnant, vu que je n’ai encore jamais lu la Bible qui m’attend sagement sur une étagère et que je ne suis pas théologienne, mais dans ce livre j’ai été étonnée de voir que toutes les facettes ont été abordées –du moins il me semble. En même temps c’est une encyclopédie rien d’étonnant, mais ça change des livres plus restrictifs que je lis habituellement. Certes ici c'est abordé rapidement mais quand même assez rigoureusement, et finalement le jeu en vaut la chandelle ;  la géographie de la Bible, Jésus, la crucifixion, sa nature, dans les autres religions mais aussi dans les divers courants du christianisme, le contexte historique de l’époque, l’art, la femme, etc. voyez la vision d'ensemble ! Bref, on fait un gros tour du monde antique et du christianisme via sa sagesse et son premier représentant bien malgré lui. Fonder une nouvelle religion n’était pas son but.

Pour en revenir à ce que je disais et en toute franchise, je suis moi-même étonnée de parler de sagesse, depuis longtemps je considère le christianisme comme une religion d’idiot, mais d’idiot trop généreux et trop cons. Ce livre ne fera pas de moi non plus une croyante et ne changera pas l’opinion que j’en ai, mais quand même pour la première fois j’ai été saisie de la dimension « sagestique » qu’on peut voir dedans. J’en avais déjà bien sûr une vision avant, mais là elle est un peu mieux abordée et j’ai remarqué surtout qu’on la retrouve dans les idéaux de notre société. Ça saute aux yeux !
Oui, même athée, même laïque, ça ressemble beaucoup aux droits de l’homme, à la devise française, ou encore à la définition même de l’homme ou de la femme libre mais qui devra répondre de ses actes devant un juge. Alors dans ce cas chrétien Dieu, mais on pourrait la transposer aisément à notre société cadrée et réglementée où chacun des mauvais gestes, des mauvaises paroles sont condamnés (souvent avec abus quand même) et qui te rappelles que tu ne devrais pas faire à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. Bref. Une espèce de « vivre-ensemble » avant la lettre. Et cela est un point parmi d’autre à remarquer, bien sûr on le sait tous plus ou moins mais c'est un exemple.

Ensuite, en lisant ce livre j’ai été aussi étonnée de voir que finalement l’église n’a pas spécialement suivi l’idéologie visible dans les faits et gestes de Jésus. Ce n’est pas une découverte, Jésus qui prêchait l’abandon de soi et de toute richesse, n’a jamais été suivi par la tête de l’église on le sait tous.
Mais là je pense particulièrement aux femmes, sujet rarement abordé à part pour discuter sur le fait que de Marie-Madeleine serait ou pas sa femme (Merci Da Vinci code) et enfin de compte l’image de toutes les femmes (La Vierge Marie est une image inaccessible alors que Marie-Madeleine est plus proche des gens). En quelques pages la femme est donc abordée et j’ai été surprise de découvrir que Jésus traitait d’égale à égale avec les femmes et tout ça dans un contexte religieux juif (religion de Jésus) peu favorable aux femmes. Ce mec prêchait déjà à l'époque pour moi l’égalité homme-femme et la libération de la femme, un homme finalement précurseur, en avance sur son temps même si personne n'en a saisi le sens profond à l'époque et même après.

Je ne vais pas aborder tous les côtés de ce livre, il est trop vaste pour cela. Il aborde beaucoup trop de question, de découverte, de recherche, pour que j’en parle ici. Mais comme vous l’aurez deviné c’est un livre que je conseille. Certes il est gros, certains passages sont moins intéressants que d’autres (la géographie de la Bible par exemple), mais on apprend beaucoup sur Jésus, sur Marie, sur les évangiles, sur le christianisme ailleurs, les religions antiques, sur le contexte politique de l’époque - qui d’ailleurs me fait penser, qu’un de mes prof n’a pas tout à fait raison quand il dit que les chrétiens ont tapé sur les juifs en les accusant de la mort du Christ pour dédouaner l’Empire Romain, afin de ne pas être trop « persécuté » par ce dernier vu que Jésus avait été perçu comme un rebelle. Enfin bon, je sens que je n’ai pas fini de m’interroger et c’est tant mieux, même si l'idéologie chrétienne actuelle prêchée par un pape abruti est trop nocive à mon goût.

En conclusion, c’était une belle lecture autant à regarder qu’à lire. Même long, même lourd à porter, je conseille ce livre qui ouvre autant de perspectives qu’il y a d’auteurs.

Merci à Babelio et aux éditions Bayard.

Extrait : "Les miracles opérés sur la nature enfin - que l'on pense à la "multiplication des pains", à la transformation de l'eau en vin, à la marche sur la mer ou à la tempête apaisée - expriment la certitude que Dieu règne sur le cosmos et que le dernier mot prononcé sur le monde n'appartient pas au mal, mais à Dieu. Le Jésus qui marche sur les eaux déchaînées est la figure même de l'autorité de Dieu sur la création qui ne bascule pas dans le chaos. Les miracles de prodigalité, qui évoquent le pain ou le vin abondant, signalent que le but de la création est d'être l'espace d'une vie marquée par le sceau de la joie, l'abondance et de la plénitude." Page 200.

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14 décembre 2017

"Gauguin : coloriage" de Joëlle Jolivet

Gauguin : coloriage de Joëlle Jolivet

gauguin coloriage

Résumé :

Une frise ? Tout un monde ! De la Bretagne à Tahiti, c'est l'univers de Paul Gauguin que Joëlle Jolivet te fait découvrir. A toi de le mettre en couleurs... en un certain ordre assemblées !

Mon avis :

Avec cette frise qui propose d'un côté des dessins primaires et de l'autre un mélange de tableau qui vont de "La vision après le sermon" jusqu'au paradis retrouvé des Îles Marquises, Joëlle Jolivet nous propose de voyager au pays imaginaire de Gauguin tout en faisant parler le créateur qui est en nous.
Armé de feutre, de peinture pure ou de pastel, avec fantaisie - comme Gauguin en son temps qui ne symbolisait pas le réel - ou bien avec sérieux - ou mieux encore avec le mélange des deux -, c'est à nous barbouilleur du dimanche que revient l'honneur de peindre ces tableaux comme bon nous semble. Symboliser le réel ou s'en détourner, aucune importance, chacun est libre de son choix, et aucun de ces choix ne sauraient être vu comme un affront à la muse des Nabis et à ce mélange d’œuvre.

Pour petit ou grand, pour colorer l'atmosphère grise de cet hiver caché sous les lumières de Noël et s'amuser un peu, beaucoup..., pourquoi ne pas tenter d'être Gauguin un jour ?

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20 novembre 2017

"La source du bout du monde" De William Morris

La source du bout du monde De William Morris

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Résumé :

Rodolphe, le plus jeune fils du roi des Haults-Prés, s’enfuit de la maison paternelle pour partir en quête d’aventures et connaître la vie d’un chevalier errant. Chemin faisant, il apprend l’existence d’une source magique à l’eau miraculeuse et se met en devoir de la découvrir.

Son épopée le mènera par-delà les citadelles des hommes, les forêts enchantées et les landes arides. Le jeune aventurier y rencontrera un grand nombre de figures extravagantes qui bouleverseront sa vision du monde, du Bien et du Mal, et de lui-même : de fiers bergers-guerriers défiant l’ordre établi, des brigands justiciers plus joyeux que des ménestrels, un mystérieux Chevalier noir, un moine lubrique tout droit sorti des Contes de Canterbury, et une sorcière insoumise à la loi des hommes dont il tombera éperdument amoureux.

La Source au bout du monde paru en 1896, l’année même de la mort de son auteur, est l’œuvre d’un des esprits les plus créatifs de l’Angleterre victorienne : William Morris. À la croisée des œuvres de Walter Scott et du conte médiéval, son roman, a directement influencé deux des auteurs les plus emblématiques de la fantasy : J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis.

Mon avis :

La source du bout du monde ressemble à ces romans de chevalerie, qui savent montrer toute la fougue d’une jeunesse, son impatience, ses envies,  avec le côté religieux en moins ainsi que son côté chevaleresque. Pas que ces derniers soient absents, mais disons que la religion ne sert pour l’instant que de décor ou de rencontre, et le côté chevaleresque est présent mais pas avec son côté religieux qui lui est inséparable.
Oui notre héros sauve la jouvencelle et ne fait point de mal aux innocents, et comme dans ces légendes il y a l’aventure et la magie aussi, mais en plus ici, il y a la tristesse d’un amour perdu qui rend notre héros plus mature, tout un monde politique mis en place dans ce monde imaginaire, ainsi que la quête impossible. Certes la quête impossible s’apparente au Graal qui doit apporter la lumière divine à tous, mais La source du bout du monde est affaire plus personnelle et aussi affaire amoureuse, et comme elle paraît moins nébuleuse grâce aux rencontres point trop mystérieuses qui jalonnent la route de notre jeune héros, l’aventure en devient forcément plus passionnante et paraît moins vaine. Car aux dernières nouvelles le Graal est toujours recherchée par nos chers chevaliers de la Table Ronde. Reste à voir si notre héros la trouvera ou passera à côté comme Perceval avec le Graal, dans le tome suivant.

Je viens de raconter l’ambiance générale du livre, passion, larmes, aventures, mystères, écrivent ce livre, mais hélas, et même si c’est un livre très addictif avec un langage ancien comme j'aime, ce bouquin souffre de beaucoup de longueurs, notamment par exemple dans le discours de la Dame d’Abondance qui est certes très intéressant, mais parfois très répétitif comme sur la beauté de la Dame par exemple.
Oui ces longueurs nous plongent vraiment dans le roman et ce monde ancien, mais parfois c’est un peu indigeste et limite ça peut rendre le personnage un peu insupportable, sans compter que ça allonge un peu inutilement des situations qui ne sont pas très intéressantes et sont sans grand intérêt à part pour mieux découvrir un personnage (qu'on n'est pas toujours sûr de revoir cependant).

Mais malgré cela, j’ai adoré ce classique anglais, cette histoire qui ne dira sa fin que dans un autre livre et que j’ai hâte de découvrir. Ces paysages, son histoire, beaucoup de ses personnages ont quelque chose d’intéressant à suivre, à voir ou à entendre.

Merci aux éditions Libretto et Babelio.

 

Posté par Florell à 17:24 - Les classiques - Commentaires [0] - Permalien [#]
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