Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

19 avril 2021

"Belphégor" d'Arthur Bernède.

Belphégor d'Arthur Bernède

Belphégor, Le fantôme du Louvre

Résumé :

"Belphégor est un mystère. Le mystère le plus troublant que l'on puisse imaginer et dont nous n'avons pas le droit de soulever, même légèrement, le voile... Qu'il nous suffise de dire que l'auteur de Judex, Cœur de Française, Surcouf et de tant d'autres récits justement célèbres n'a peut-être pas encore écrit un roman plus captivant, plus original et mieux digne de conquérir les suffrages de nos lecteurs !"
Belphégor était présenté ainsi dans Le Petit Parisien en 1927 lors de sa parution en feuilleton.

L'intrigue ? Elle tient dans la première ligne du livre : " Il y a un fantôme au Louvre ! Telle était l'étrange rumeur qui, le matin du 17 mai 1925, circulait dans notre musée national... " À partir de là, il ne reste plus au lecteur qu'à suivre...

Mon avis :

Je ne suis pas mécontente de connaître enfin l’histoire de Belphégor, classique de la culture française dont j’ignorai tout et que j’imaginais un peu autrement. (On m’a toujours dit que j’avais une imagination débordante ; je le confirme. Débordante et souvent éloignée de la réalité…)
Une fois l’illusion envolée, et même si cette histoire n’est au final qu’un simple policier non impressionnable, je dois avouer que Belphégor n’est pas déplaisant à lire. L’auteur manie en effet, bien ses ficelles, son intrigue, et sait distribuer par petite touche les indices. Bref, Arthur Bernède accroche son lecteur sans difficulté avec une histoire sans surnaturelle certes, mais avec une enquête au charme désuet et bien menée.

Une enquête qui malgré l’absence de surnaturelle promet un petit suspense malgré tout. En effet, en l’absence de police scientifique à l’époque on pouvait vite envoyer un innocent en prison, cette limite qu’impose l’époque et qui fait peser le danger sur un personnage du livre, a le don de rendre le livre plus addictif au lecteur car l’on craint un peu pour notre personnage. Pour un livre plutôt plan-plan faut avouer que ce n’était pas gagné.

Mais si l’époque du livre donne à ce livre son charme, faut dire qu’elle agace un peu dans le traitement de la femme. Loin de moi l’idée de crier au machisme, de condamner tous les hommes à disparaitre, je ne suis pas de ce genre de folle hystérique à envoyer au bûcher tout ce qui ne me plaît pas, mais les malaises à la moindre contrariété c’était vraiment obligé ? Elles surjouaient vraiment comme ça à l’époque ? Franchement je ne supporte pas ce genre de personnage, et là on est servi hélas…

En résumé outre la pléthore de Sarah Bernhardt qui compose ce livre, le livre est très agréable à lire. Y a des morts, des blessés, du trafic, des têtes à claques, du génie, enfin tout ce qu’il faut pour faire un bon livre.

 

Merci à Babelio et aux éditions Okno.

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28 février 2021

"L'envie : du ressentiment" de Matthieu Terence

L'envie : du ressentiment de Matthieu Terence

Du ressentiment : envie

Résumé :

“ L’envie est, avec l’orgueil, l’un des péchés du diable. En suivant la carrière du Mal à travers les siècles, on comprend que l’envie se soit muée en ressentiment.
Cet affect caractérise aujourd’hui l’ère d’uniformisation mondiale à laquelle la modernité donne lieu. Comme l’ont pressenti Nietzsche, Bernanos ou Robert Bresson, chacun envie désormais les autres pour ce qu’ils ont, pour ce qu’ils font ou même pour ce qu’ils sont. Et, paradoxe diabolique, c’est bien à cette condition ressentimentale que le monde suit sa course à l’indifférenciation. ”

Les sept péchés capitaux, ce n'est pas seulement de la théologie, c'est aussi de la littérature. Il fallait Mathieu Terence, l'auteur de L'autre vie, pour nous raconter les affres et les terreurs du désir de possession.

Mon avis :

Parmi les sept péchés capitaux, il en existe un qui se nomme l’envie dont le ressentiment est le moteur principale selon l’auteur.
Pour approcher ce péché capital, l’auteur va faire partir sa réflexion de la Bible pour en venir jusqu’à nos jours, car qui mieux que le diable est à l’origine de ce péché ? En commençant par la Bible et son diable, l’auteur va donc poser le tableau de ce qu’est l’envie. Comment se manifeste-t-il ? Et qu’en pensaient les saints et autres gens d’Eglise ? Pour Grégoire 1er , l’envie a « pour progéniture la haine, la discorde, la diffamation, la joie de voir autrui dans l’adversité, le chagrin de le voir prospérer. » p.35

Tout cela reste bien évidemment en surface, néanmoins cette approche historique et philosophique permet de voir l’évolution du diable dans les discours et même dans la société quand « le démon se retire des débats théologiques » pour « envahir l’art et les asiles ». p.21

Aujourd’hui, excepté quelques hurluberlus, plus personne ne croit au diable, mais lui et son envie ont-ils disparu pour autant ? Non, car le diable peux prendre différentes formes, et à entendre l’auteur l’une des pires formes est celle du ressentiment. Ce ressentiment qui naît de l’envie. L’envie à ne pas confondre avec la jalousie.
 « La jalousie est une possessivité, quand l’envie est une convoitise. On est jaloux de son bien ou de ce qu’on considère comme tel, comme l’avare l’est de son magot. Le jaloux vit dans la terreur de perdre, l’envieux est rongé par la rage de s’approprier ce qui lui paraît lui revenir et qui, par malchance ou par injustice bien sûr, est le propre d'un autre », & « L’envie n’est d’ailleurs pas proportionnelle à la valeur objective de la « chose » désirée. Descartes maintient qu’elle est une passion, « une espèce de tristesse mêlée de haine qui vient de ce qu’on voit arriver du bien à ceux qu’on pense en êtres indignes » ». p. 36

Une fois cela fait, toute sa réflexion dénoncera les excès de ressentiment, de ces groupes ou de ces personnes envieuses, qui ne pouvant posséder ce qu’ils pensent leur revenir de droit et sans effort, souhaite le malheur de celui qui a. Saboter les bases de la société pour que tout le monde vive en état d’échec permanent, serait l’idéal de l’envieux. L’envieux aime bien se présenter en victime, et ainsi justifier sa haine.

Tout cela est bien beau, mais au final dans notre société actuelle, où diable le diable se cache-t-il ? Dans l’argent, la société de consommation, le pouvoir, les belles idées politiques enfin de premier abord. Bref ! Il se cache de partout et fait adopter de nouveaux comportements. Mais le problème c’est qu’au nom de l’envie que l’on présente toujours comme normale dans nos sociétés, c'est qu'elles basculent souvent dans des excès idéologique ou comportemental comme le narcissisme. La réflexion va encore plus loin mais arrêtons-nous là.

En résumé, très intéressant tout cela, il y a matière à la réflexion, mais pour être honnête j’ai trouvé le propos de l’auteur parfois un peu confus, - à moins que ça soit ma fatigue qui en soit responsable ? -, j’admets en effet avoir eu parfois du mal à suivre le cheminement de ce dernier. De plus, j’ai eu quelquefois l’impression qu’il tenait des propos qui auraient demandé plus de nuance et d’explication. Et enfin et au final, je trouve que l’auteur s’est un peu éloigné de son sujet. Même si tout est bon à prendre pour base de réflexion.

Babelio et les Editions du Cerf.

Extraits :

"A la différence des six autres péchés, l'envie n'est liée à aucun plaisir, sinon celui que procure l'humiliation - encore est-ce un plaisir masochiste. Se méfier, se plaindre, se sentir victime d'injustice, blessé par l'avoir ou par l'être de l'Autre, sans espoir de trouver la paix sinon en agissant contre la personne qui nous semble jouir de ce qui nous revient de droit, autan de station discrète scandant le calvaire de l'envie, [...]". pp 29-30

"Celui qui n'est pas envieux fait des envieux. Une autre tactique consiste à se rabaisser, à s'enlaidir, à se plaindre. "Faire pitié plutôt qu'envie" est la nouvelle injonction de l'époque contemporaine." p.44

"Là où le dissolu peut prétexter la concupiscence, le lâche la pauvreté, le violent la colère, l'envieux n'a aucune excuse, sinon son impuissance à obtenir ce dont il conteste la jouissance à tel ou telle." p.38

"L'envieux de passif, peut devenir actif. Le dépit peut enfler son agressivité et le pousser à provoquer l'infortune, la faillite, l'échec, voire pire, de celui dont la réussite ou le bonheur l'offusque." p. 39

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20 janvier 2021

"Fragments de violence. La guerre en objets. De 1914 à nos jours" de Bruno Cabanès.

Fragments de violence. La guerre en objets. De 1914 à nos jours de Bruno Cabanès.

Bruno Cabanès fragments de violence

Résumé :

La guerre provoque plus de destructions que toute autre activité humaine. Elle crée aussi de vastes quantités d'objets - fabriqués, transformés, utilisés par les combattants et les civils. Nés de l'expérience du danger, de la souffrance et du deuil, de la solitude du prisonnier ou de l'ennui du soldat, nous les appelons "objets de la guerre". Ils témoignent de l'épreuve de la faim, de la vie sous occupation ou en déportation, de la mobilisation de tous dans la guerre totale.
Outre les armes et les uniformes, ils se composent notamment d'objets d'artisanat : douilles d'obus ciselées en 1914-1918, kimonos patriotiques de la seconde guerre sino-japonaise, briquets décorés par des soldats américains au Vietnam, tapis représentant des drones pendant la guerre d'Afghanistan. Issus de collections conservées en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et en Australie, les objets réunis dans cet ouvrage forment un musée imaginaire où s'élaborent des rapprochements qui nous surprennent et nous émeuvent.
Ils nous invitent à approfondir notre connaissance de la guerre dans sa dimension concrète, corporelle, sensible et à sortir du monde occidental pour explorer d'autres cultures.

Mon avis :

A travers l’approche d’objets de toutes sortes : vêtements, lettres, ustensiles ou encore des bijoux fabriqués par des soldats ou des prisonniers, Bruno Cabanes nous propose de découvrir la guerre autrement. Et plus particulièrement les guerres du XXe siècle.

Pour beaucoup d’entre nous, aborder la guerre c’est aborder la politique et/ou la masse, au point qu’on en oublie souvent l’individu. Avec ce livre l’historien Cabanes nous propose de faire le chemin inverse afin de sortir de cette masse pour l’individualité de chaque vie. Qui elle-même en rejoindra d’autres…
Cette petite histoire de l’intime, du quotidien, rejoint bien évidemment la grande Histoire et la masse, toutefois grâce à cette approche personnelle il faut bien dire que le concept de guerre perd de sa froideur pour toucher plus directement le lecteur au cœur. Enfin, pour celui qui se sent toucher, car j’avoue être restée plutôt roide devant, étant donné que j’ai une certaine distance avec les objets. Mais quoi qu’il en soit, cela n’enlève rien à l’émotion qu’un lecteur moins froid pourrait ressentir devant une veste déchirée ou un jouet d’enfant dévasté.

Bien évidemment, ce livre n’est pas qu’une succession d’images qui parlerait plus ou moins d’histoire personnelle, si ça n’avait été que ça le livre n’aurait pas grand intérêt étant donné que l’actualité ne manque pas d’intimité révélée. Mais, sortant du sensationnelle, l’historien va nous rappeler comment un objet peut parler d’Histoire, en mettant en avant la peine ou la résistance des gens, visibles par exemple avec la création de cuillère par les prisonniers animalisés. Il va nous montrer aussi le temps long d’un conflit et tout ce que ce temps implique de découragement et d’appréhension. Etc, etc.
Bref !  Grâce à ces objets on n’aborde un peu mieux le quotidien et la psychologie de la guerre. On approche bien inévitablement les séquelles qu’elle peut laisser une fois le conflit fini. Davantage approchée grâce à chaque introduction au début des grandes parties qui introduit un contexte, une évolution,… et qui permettent au lecteur de mieux se repositionner sur l’échelle du temps et du contexte.

En résumé, ce n’était pas un livre désagréable mais vu mon peu d’attrait pour les objets du quotidien je n’ai que partiellement accroché. J’ai été moins touchée que d’autre. Est-ce que j’ai appris des choses ? Sûrement, mais heureusement que je n’ai pas eu un cours de licence ou de master entièrement et totalement sous cette forme car j’aurai vite décroché.

Merci aux éditions du Seuil et Babelio.

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19 novembre 2020

"L'auberge rouge et autres récits criminels" de Honoré de Balzac

L'auberge rouge et autres récits criminels de Honoré de Balzac

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Résumé :

Une anthologie qui réunit les quatre romans criminels d'Honoré de Balzac, mettant en lumière un aspect peu fréquenté de son œuvre.

Balzac, auteur de romans policiers ? Surprenant. Et pourtant... Comment ne pas voir un récit noir dans L'Auberge rouge, qui montre un chirurgien militaire, Prosper Magnan, échafaudant un meurtre en public... pour découvrir le lendemain même que sa victime hypothétique a été assassinée? De même pour La Grande Bretèche, nouvelle qui met en scène une femme soupçonnée d'adultère par son mari, au point de lui faire commettre l'irréparable. Quant à La Vendetta, ce bref roman raconte le tragique destin de Ginevra, jeune fille corse qui brave l'interdit paternel pour épouser celui dont elle ignore... qu'il est un ennemi de la famille. Enfin, Une ténébreuse affaire s'inspire d'un fait divers historique du Premier Empire, l'enlèvement mystérieux d'un sénateur averti d'un complot ourdi par Fouché contre Napoléon. Outre la capacité de Balzac à jouer de l'enquête et du mystère, cette anthologie révèle la virtuosité avec laquelle il combine histoire et politique, roman sentimental et étude de mœurs, enquête policière et suspense judiciaire.

Mon avis :

Quatre nouvelles. Trois très agréables, une plus ennuyeuse. Ce n’est pas si mal quand on sait le mal que j’ai avec Balzac. Au fond, ce livre confirme ce que je me doutais depuis longtemps après ma lecture de Vendetta (aussi présente dans ce livre), de Balzac je n’aime que les textes courts qui laissent peu de place aux très grandes descriptions. La quatrième nouvelle, Une ténébreuse affaire, en possède plus que les autres, ceci explique en partie pourquoi je n’ai pas accroché. La présence de trop de personnage dès l’entrée du récit a fait le reste.

Ces nouvelles simples dans leur ensemble (sauf la quatrième), montre de Balzac son imagination. Ces nouvelles nous font en effet passer du meurtre cupide à la vengeance clanique, en passant par la passion assassine et le fait divers.
Bien que je n’aie pas accroché à la dernière nouvelle, ces nouvelles nous montrent également le talent de Balzac à s’adapter à son support. On peut effectivement saluer la réussite de l’auteur de faire passer tant d’émotion, d’évènement, en si peu de pages. Lui qui habituellement se sentait obligé d’écrire des tartines pour immerger son lecteur dans son univers, avec ce livre on remarque qu’il savait faire sans. Ca réconcilie un peu avec l’écrivain.

Un petit salut posthume à l’auteur pour ses écrits sans trop d'alourdissement littéraire, et merci à Babelio et aux éditions Archipoche.

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04 novembre 2020

"La solitude Caravage" de Yannick Haenel

La solitude Caravage de Yannick Haenel

caravage livre

Résumé :

Dans un bel essai plongeant dans la vie du Caravage, Yannick Haenel interroge l’intériorité du plus grand des peintres. Comment peignait-il ? Que cherchait-il à travers ces scènes de crime, ces têtes coupées, cette couleur noire qui envahit peu à peu tous ses tableaux ?
« Vers 15 ans, j'ai rencontré l'objet de mon désir. C'était dans un livre consacré à la peinture italienne : une femme vêtue d'un corsage blanc se dressait sur un fond noir ; elle avait des boucles châtain clair, les sourcils froncés et de beaux seins moulés dans la transparence d'une étoffe. »
Ainsi commence ce récit d'apprentissage qui se métamorphose en quête de la peinture. En plongeant dans les tableaux du Caravage (1571-1610), en racontant la vie violente et passionnée de ce peintre génial, ce livre relate une initiation à l'absolu.
À notre époque d'épaississement de la sensibilité, regarder la peinture nous remet en vie. On entre dans le feu des nuances, on accède à la vérité du détail. C'est une aventure des sens et une odyssée de l'esprit. Aimer un peintre comme le Caravage élargit notre vie.

Mon avis :

Je me faisais une joie de lire La solitude Caravage, découvrir le portrait de Caravage grâce à l’intermédiaire d’une rencontre picturale, c’était en effet assez bien présenté pour être tentant. C’était même au-delà, puisqu’il y avait la promesse d’apprendre des choses sur Caravage, même si pour cela il fallait que je chemine par le nombril de l'écrivain.

J’ai appris des choses, c’est un fait.
J'ai découvert un écrivain, c'est un fait.
Je n’ai pas entièrement perdu mon temps, c’est un fait également.
Toutefois, et malgré ma volonté de continuer au moins pour la vie de Caravage, je n’ai pas réussi à finir le livre. L’énervement comme l’ennui m’ont vaincu par K.O.

Voulant partir dans trop de poésie, qu’il en a oublié le rationnel.
Voulant trop faire ressortir le génie de ce peintre, qu’il en finit par écrire des absurdités psychologiques.
Voulant être trop original, qu'il en devient ridicule.
Bref. Voulant trop en faire, Yannick Haenel a perdu la lectrice que je suis.

Certes, les erreurs que je souligne là, pourraient dans d’autres romans passées outre. Mais quand on a la prétention d’écrire sur un personnage qui a réellement existé, le minimum c’est de garder un peu de sérieux et de raison. On ne sort pas juste des phrases pour faire de belles phrases, remplir des pages ou encore divaguer.

Désolée, il a fallut que je lise plus de 200 pages pour vous dire que je n'ai vraiment pas aimé. Et que j'ai souvent levé les yeux au ciel d'agacement.

Editions Folio.

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25 février 2020

"Le bon sens" de Michel Bernard

Le bon sens de Michel Bernard

le bon sens michel bernard

Résumé :

Novembre 1449, dix-huit ans après la condamnation pour hérésie de Jeanne d’Arc, Charles VII chasse les Anglais de Rouen. La fin de la guerre de Cent Ans est proche : il faut achever la reconquête du territoire, panser les plaies des provinces dévastées et réconcilier les partis engagés dans la guerre civile. Promettant le pardon et l’oubli, le roi ordonne pourtant une enquête sur le procès de 1431. Malgré la résistance d’une partie de l’Église et de l’Université, quelques hommes opiniâtres, rusant avec la raison d’État, vont rechercher preuves et témoins pour rétablir la vérité, le droit et l’honneur de la jeune fille.
Après Le Bon Cœur, Michel Bernard relate l’histoire d’une poignée d’hommes en quête de justice. Bouleversés par la parole qu’ils découvrent dans les actes du procès, ils conduiront Charles VII à rendre à Jeanne un peu de ce qu’elle lui a donné. Chez cet homme insaisissable qui fut un grand roi, ils feront jouer au bon moment le bon ressort. Il a le visage d’Agnès Sorel, la beauté morte fixée par Jean Fouquet.

Mon avis :

Pardonnez-moi d’avance, si cet avis sera succinct. C’est que je n’ai pas grand-chose à en dire, si ce n’est que ce livre retrace une bonne partie de la vie de Charles VII roi de France.
Est-ce un roman ? Une enquête ? Un croisement entre plusieurs biographies ? Franchement je ne saurais le dire. Mais ce dont je suis certaine, c’est que Jeanne d’Arc et son enquête de réhabilitation – songez donc, un roi ne peut devoir son trône à une sorcière –, m’ont paru finalement comme des sujets bien secondaires. Et ce n'est point ce à quoi je m'attendais.

Le livre est-il pour autant mauvais ? Assurément non, pour prendre quelques connaissances des hommes de l’époque et de cette réhabilitation il est très bien. Si je dois en effet lui reconnaître une qualité, c’est le désir de faire de l’histoire correctement ; mais je dois bien avouer quand même, que c’est plat et d’une écriture commune. Je me suis ennuyée entre ces pages… tout en m’y intéressant. Chose curieuse…

Bon, tout n’est pas qu’ennui. En effet j’admets que la description psychique de certains personnages : le peintre Jean Fouquet, Charles VII, Dunois est plutôt agréable à suivre. Le retournement ou comportement de certains personnages, pouvoir oblige, aussi. Mais il ne faut pas m’en demander plus.

En conclusion, c’est un livre à lire si jamais l’histoire vous intéresse, si jamais vous avez l’occasion de le lire, mais ce n’est pas un bouquin qui vous manquera non plus.

Merci à Babelio et les Editions de la Table Ronde.

27 janvier 2020

"La politique s'affiche : un petit récit de nos murs politiques" de Milot Gregoire

La politique s'affiche : un petit récit de nos murs politiques de Milot Gregoire

Source: Externe

Résumé :

Aujourd'hui, les affiches et les tracts de campagne ont disparu au profit des tweets et de facebook. Une sélection et une analyse de pépites politiques permettent de revivre et de découvrir les revirements, les erreurs des uns et des autres.
Hier, on éditait des documents pour tout (mais aussi pour rien). Un slogan, un appel à manifester, une déclaration aux jeunes ou aux exploités, la politique s'affichait au quotidien pour informer, alerter, mobiliser et séduire l'électeur. Parcourir ces documents, les replacer dans leur contexte, interroger leurs auteurs, c'est l'occasion de découvrir l'histoire par la petite histoire. Les photos, témoignages, slogans et les arguments des candidats prennent toute leur saveur avec le recul du temps.

Mon avis :

Les affiches politiques c’est comme la réclame, je ne les regarde jamais. Mais bon si on suit l’idée de l’auteur les affiches actuelles ne parlent plus et ne sont guère inventives, donc je ne rate pas grand-chose. Toutefois, à l’avenir je les regarderai (quand je les regarderai) avec un œil différent. Mais soyons honnêtes aujourd’hui les murs virtuels remplacent ces bons vieux murs d’antan devenus presque silencieux.

Pour en revenir à ces bonnes affiches d’antan, je dois avouer que c’est une approche de l’histoire bien sympathique, et une belle manière de voir l’évolution de la démarche politique auprès de la population. Si aujourd’hui on a des affiches peu loquaces, fut un temps ce n’était pas le cas, puisque les affiches exposées tout un programme politique et s’adresser clairement à une population directement.
En outre, cette fameuse population était régulièrement représentée en compagnie des politiciens, montrant ainsi un peu mieux le public visé par le programme et donnant aussi une image proche des gens.

Au-delà de l’intérêt visuel qui nous montre qu’à l’époque on savait mieux se mettre en scène qu’aujourd’hui, que la communication c’était un art avec de l’humour et du sérieux, ce livre s’avère être aussi une rétrospective excellente de la Ve République et de quelques gouvernements précédents. Par ce biais on redécouvre ou découvre les discours politiques de certaines époques, l’usage public de l’histoire, des hommes politiques qui peuvent faire sourire ou pas. En tout cas ça a de la saveur.

En résumé, c’était une lecture très instructive et intéressante qui s’adresse autant aux personnes intéressées d’histoire, de politique, de communication, qu’aux gens curieux.

Merci à Babelio et aux éditions De Borée.

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06 décembre 2019

"Le grand voyage en abécédaire" de Christian Demlly et Alain Pilon

Le grand voyage en abécédaire de Christian Demlly et Alain Pilon

Source: Externe

Résumé :

Au réveil, dans les premières blancheurs de l’aube, les yeux sont tout encore gonflés de sommeil. Dehors l’air est glacial, mais dans l’âtre brûle un feu qui réchauffe les corps et les âmes. C’est l’heure du petit déjeuner. Au menu, salade de fruits : amandes, ananas, abricots, plongés dans un sirop aux arômes de vanille. Il faut bien se nourrir, car la journée va être longue. À peine le repas avalé qu’il est temps déjà d’aller chercher dans l’armoire entrouverte les anoraks suspendus, et de se préparer pour la grande aventure…

Mon avis :

C'est bien la première fois que je lis des abécédaires, donc je n'ai aucun élément de comparaison. Toutefois, cet abécédaire me parait bien composé pour les enfants, puisque ce très grand format propose une grande histoire pour permettre aux enfants apprenant à lire, à repérer les lettres, les sons, les images et à découvrir des mots pas souvent utilisés. (Ce dernier point implique donc pour les adultes une sorte d'obligation d'être à côté afin d'expliquer les mots inconnus aux enfants.)
Outre cette variété de possibilité, on peut aussi souligner de manière bénéfique le petit jeu qui se trouve à la fin du livre, et qui permet aux enfants d'intégrer plus facilement les lettres et les écritures de manière ludique.

Niveau histoire cependant ce n'est pas si terrible. Elle n'est pas mauvaise, mais elle n'a rien vraiment d'exceptionnelle ; l'amitié, l'aventure et le courage seront de mise comme dans toutes les histoires. Cependant, par sa richesse de langage, ses illustrations, elle peut être suffisamment intéressante pour les enfants. Un livre à tenter donc, pour les enfants du CP.

Babelio et Editions Grasset Jeunesse.

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18 octobre 2019

"Histoires des Pays d'Or : tome II" de Jean Marcel

Histoires des Pays d'Or : tome II de Jean Marcel

Source: Externe

Résumé :

Entre fables et contes, ces courts récits, empruntés au patrimoine mythologique du Siam, de la Birmanie, du Laos, du Vietnam et du Cambodge, nous emmènent joyeusement et pour notre plus grand bonheur dans un monde de légendes.
Nous voilà replongés au royaume de notre enfance, des amours contrariées de belles princesses, des valeureux princes, des animaux rusés ou cruels, grâce à ces textes drôles, voire espiègles, à la chute étudiée, qui mettent à notre portée les clés de l’imaginaire sud-est asiatique.

« Entre les sables blancs, les ondes bleues, le ciel azur et les îles au loin ombrées de jade, elle a bien fière allure sur son caillou de soleil. Toute d’argent et de grâces, elle lisse lentement sa longue chevelure dans un geste qui pourrait être un reste d’éternité. La première fois qu’on la voit, si l’on vient d’Occident, on croit qu’elle est propre à évoquer la petite sirène d’Andersen, égarée en ces parages exotiques... »
La sirène de Songkhla.

Jean Marcel est médiéviste, essayiste et romancier.
Après une prolifique carrière universitaire en qualité d’enseignant et de chercheur, il a fait de la Thaïlande son pays d’adoption, où il continue aujourd’hui sa réflexion et son oeuvre pour laquelle il a reçu plusieurs prix littéraires.

Mon avis :

En premier lieu, je tiens à dire qu’Histoires des pays d’or est un livre qui a une apparence fort jolie mais trompeuse. En effet, quand j’ai vu qu’il était illustré, j’imaginais qu’il était illustré comme la couverture et non « grossièrement » aux crayons à papier. Ce ne fut pas le cas. Grosse déception.

Toutefois, passé cette petite contrariété, je me suis lancé dans sa lecture, et je dois dire que je n’ai pas été déçue dans l’ensemble ; car les histoires assez courtes, sont toutes différentes et possèdent chacune leur morale et leur personnalité qui fait que je me suis souvent retrouvée partagée entre la « peine » et l’émerveillement.

En outre, et outre le fait que l’auteur nous raconte des contes d’autres contrées avec leur merveille, leur magie, leur mystère, leur peine, etc. ; j’ai apprécié mais sans trop, les petites touches personnelles que Jean Marcel a inséré dans ces textes. Des touches personnelles, qui vont de la référence à nos contes à des petites réflexions bien senties comme dans l’histoire Le pas du Bouddha, qui certes surprennent au premier abord il est vrai, mais sur lesquelles on passe assez vite étant donné que parfois ça rajoute un petit truc en plus. Bien que certaine fois ça casse quelquefois un peu l’exotisme, en effet il y a des emplois peu poétiques comme dans la première histoire. Je ne vous cache pas que ça pique un peu au mot « fringue » nippe me semblait par exemple plus approprié. Mais bon.

En résumé, le contenant est un peu décevant (oui j’en reviens à mes dessins), mais le contenu est agréable. Un beau moment en Asie.

Merci aux éditions Gope et Babelio.

18 juin 2019

"Mon premier Aznavour" de Mélanie Grandgirard

Mon premier Aznavour de Mélanie Grandgirard

Source: Externe

Résumé :

Retrouvez les grands airs d'Aznavour à chanter aux tout-petits !

Avec les puces sonores, l'enfant découvre les classiques de la chanson française et vit un moment de partage tout en complicité et en émotion.
  • Je m'voyais déjà
  • Les comédiens
  • For me formidable
  • Emmenez-moi
  • La bohême

L'enfant s'amuse à chercher la puce et appuie dessus pour lancer la musique tout seul ! Chaque chanson est accompagnée d'une illustration tendre et  amusante pour développer sa curiosité et son imagination. Avec un niveau sonore maîtrisé, le livre est adapté aux plus petits.

Mon avis :

J'ai choisi ce livre dans le cadre d'une MC Babelio, si je l'ai choisi c'est parce que je trouvais l'idée de faire découvrir la chanson française reconnue et qui a traversé le temps à des enfants, excellente. Les comptines enfantines c'est bien mais ça n'est pas tout.

Nous allons donc avoir ici un petit panel de quelques succès du grand Charles Aznavour, d'Emmenez-moi à La bohême, en passant par Je m'voyais déjà, ce petit livre reprend les refrains si bien connus de ce chanteur qui sont à chanter avec les enfants pour un moment de partage. Et si l'idée est excellente de base, c'est peut-être aussi un peu là que le bas blesse...
En effet, ce livre ne propose que les musiques des refrains et non le refrain chanté ; et
étant donné qu'il est destiné aux petits enfants qui ne sont pas encore en âge de lire le refrain écrit sur le livre, ça bug un peu à ce niveau-là. Car le problème c'est que les parents ne sont pas toujours disponibles pour chanter avec les minots.

Cela étant la musique et les dessins tirés du monde animal, peuvent suffire à rendre le livre intéressant en dehors du temps disponibles des parents. Qui eux par contre ont intérêt à connaître leurs classiques. (Je vais l'offrir à des enfants, j'espère que leurs parents connaissent les chansons du livre.)

En résumé, c'est une expérience à tenter bien qu'un peu courte, et si Aznavour ne vous convient pas, il existe aussi Brassens, Renaud, etc.

Merci à Babelio et aux éditions Playbac.

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