Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

27 juin 2016

"La curieuse et amusante histoire de l'automobile" de Christain Vignol

La curieuse et amusante histoire de l'automobile de Christain Vignol

 

Source: Externe

Résumé :

Des débuts héroïques et balbutiants de l'automobile (ses faux inventeurs et ses nombreux papas), où les voitures roulaient moins vite que les piétons, jusqu'à l'auto de demain (électrique ? à l'hydrogène ? à l'eau de mer ?), découvrez les curieuses histoires de l'évolution de l'Automobile. Entre autres : Quand les conducteurs devaient se faire précéder d'un homme courant en agitant un drapeau ; Les premiers permis de conduire ; Les premiers excès de vitesse au-dessus de 9 km/h ; Les rencontres qui ont fait sortir l'auto de ses couches-culottes : quand Dion rencontre Bouton, quand Panhard rencontre Levasseur, quand Rolls rencontre Royce ; L'impossible "mur" des 100 km/h ; Les premières courses automobiles ; Les inutiles mais héroïques taxis de la Marne ; Le vétérinaire qui invente le pneu ; Hitler qui promet la VW pour tous ; Ford et la production en série ; Les magiciens de l'automobile : Bugatti, Ferrari, Maserati, Lamborghini ; La fin programmée du moteur à explosion.

Avis :

Je ne m’attarderai pas à faire un résumé de ce livre, le titre en disant bien assez. Cependant je vais vous en parler car ce livre m’a gentiment était offert par les Editions Jourdan, mais aussi parce que j’ai découvert plein de petites choses amusantes ou étonnantes.

Je ne suis pourtant pas fan des voitures, et j’avoue que les quelques passages mécaniques me sont passés au-dessus de la tête - oui je n’y ai pas compris grand-chose -, mais malgré cela j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir l’évolution de la voiture à travers l’Histoire et ses grands évènements, mais aussi tout ce qui fait son univers à savoir, la circulation, le permis, les courses, les inventions propres à la voiture comme le pneu (inventé par un vétérinaire !), les grands noms de la voiture comme Ford par exemple.

D’ailleurs outre la succession d’anecdotes dont certaines sont très amusantes et l’échelle de l’évolution automobile, ce que j’ai aussi apprécié c’est que ce livre ne raconte pas que l’histoire de la voiture, il est aussi une projection dans l’avenir. Certes une projection superficielle, mais qui montre quand même les défis que l’avenir va devoir relever à ce niveau (et ce n’est pas gagné).
Petit plus là-dessus, l’auteur va aussi et avec le plus grand sérieux du monde, poser les problèmes que la voiture volante, la voiture imaginaire par excellence depuis décennies, pourra poser. Alors certes ce dernier sujet est plutôt du genre science-fiction, mais ce qui est bien c’est que l’auteur envisage toutes les possibilités de la future voiture.

Autre point très appréciable du bouquin ce fut de découvrir aussi que la voiture et son mode de construction ont mis en place les modes de production moderne, comme le travail à la chaîne. Bien sûr, le travail à la chaîne n’est pas né avec la voiture, mais c’est bien ces usines qui ont clairement mis en place  ce mode de production. Et d’ailleurs il est étonnant de voir que ce mode là – du moins chez Ford – a permis en plus de favoriser la vente de voiture de moins en moins chère, l’augmentation des salaires et la baisse de la journée de travail ; même si les ouvriers se plaindront du travail peu intéressant par la suite.
Et puisque je parle de Ford je vous conseille de lire ce livre pour voir le genre d’homme qu’il était et ceci même si tout n’est probablement pas dit ici. Personnellement, je ne pensais pas dire cela un jour mais oui la personnalité d’un homme du monde automobile est arrivée à m’intéresser. Et dans ce livre il était le portrait le plus captivant. C’était vraiment un homme étonnant et paternel.  

Bref !

Quoi qu’il en soit ce livre va aborder la voiture sous toutes ses coutures, et que vous vous y intéressez ou pas, y a des choses sympathiques à apprendre dedans. Donc faite vous plaisir.

 

Merci aux éditions Jourdan.

 


24 juin 2016

"Le cantique des oiseaux" de Farid od-dîn 'Attar

Le cantique des oiseaux de Farid od-dîn 'Attar

le cantique des oiseaux

Résumé :

Le Cantique des oiseaux, poème écrit en persan à la fin du siècle, chante le voyage de milliers d'oiseaux en quête de Sîmorgh, manifestation visible du Divin. La huppe, messagère de Salomon, les guide et les encourage en leur racontant des histoires de sagesse puisées parmi les classiques de la littérature profane ou inspirées du Coran. Chef-d'oeuvre de poésie mystique, Le Cantique des oiseaux est un récit initiatique : chacun peut voir dans les oiseaux le reflet de lui-même, à travers le prisme de ses propres expériences et de ses quêtes intimes. Chacun peut se perdre dans les sept vallées traversées par les oiseaux, pour mieux se retrouver. La traduction de Leili Anvar parvient par son souffle à rendre cette ascension spirituelle lumineuse, vibrante et universelle, fidèle à la lettre et à l'esprit d'Attâr.

Mon avis :

C’est un livre, un gros livre qui recueille un long poème qui mélange épisodes religieux et l’histoire des oiseaux qui doivent affronter diverses épreuves pour se libérer et se découvrir à Dieu.

C’est donc un livre qui se veut initiatique, qui cherche à donner des leçons dans un souci de libérer l’homme de son malheur et de le rendre meilleur. Cela est beau, c’est un fait l’intention est louable, mais la trop grande présence de la religion m’a bloquée dans le voyage que j’ai finalement fait d’une manière quasiment superficielle. En effet, le fait que l’homme doit automatiquement passé par Dieu pour être libre et beau me dérange énormément, tout comme l’idée qui veut que Dieu soit à l’essence de toute chose, et ceci même si le texte date du 12ième siècle.

En fait ce n’est pas une surprise de voir la trop grande présence de Dieu ici, ce texte est à forte tendance soufisme donc c’est logique, mais pour la personne du 21ème siècle et l’athée que je suis j’ai malgré tout eu du mal à faire l’impasse sur mes sentiments et me plonger dans ce livre entièrement sans rire de cette naïveté divine. Honnêtement je pense que c’est une épreuve de le lire pour quelqu’un qui croit que la nature humaine peut arriver à être libre et parfaite sans Dieu. Mais j’ai tenté.
Outre cela ce livre est quand même très beau à lire, il est évident que le but, même si je déplore Dieu et parfois la manière et la solution, est tout à fait honorable. Cela étant c’est vrai qu’il est un peu dur à lire, car il est rédigé entièrement en vers et en plus il est très long. Ce n’est vraiment pas un livre qui se lit comme un roman, comme toute poésie il faut du temps, des pauses, et je pense aussi un certain état d’esprit (que je n’avais probablement pas ( ?)).

Là je parle de l’écriture, mais à regarder ce livre est magnifique. Alors je ne suis pas forcément fan de tous les dessins, car ils ne sont pas forcément tous bien dessinés surtout si on compare avec l’art occidental à certaines époques (l’inverse peut marcher aussi), cependant j’ai retrouvé une forte influence chinoise dedans qui m’a beaucoup plu, qui m’a invitée aux voyages et aux merveilles - même si aucun art au monde ne surpassera pour moi l’art chinois.
En fait, le fait que les dessins soient vieux fait déjà tout le charme même si imparfait. En effet ses dessins sont déjà des trésors par leur âge et je ne peux que remercier les éditions Diane de Selliers de les faire découvrir et d’en orner ce livre, et ainsi d’en faire son écrin. Surtout qu’ils sont accompagnés de petites histoires très instructives.

Bref. Je ne suis pas certaine d’avoir parlé de ce livre comme il le fallait, un certain point de vue personnel me l’a gâché, mais pour sa culture, par curiosité ou autre, il est à lire. Et peut-être qu’un jour je le retenterai.

Je remercie les éditions Diane de Selliers et Babelio.

26 mai 2016

"Sombreterre tome 1 : Le clan perdu" de Cassandra O'Donnell

Sombreterre tome 1 : Le clan perdu de Cassandra O'Donnell

Source: Externe

Résumé :

Orphelin, Victor n’est pas un garçon comme les autres. Il parle avec les fantômes et voit des choses que personne d’autre ne perçoit. Quand la jolie et captivante Alina fait irruption dans sa classe avec son horrible monstre invisible sur son épaule, le monde de Victor est bouleversé. Qui est-elle ? D’où lui viennent ses étranges et terribles pouvoirs ? Et surtout, pourquoi a-t-il l’impression de la connaître et qu’un lien ancien et magique les relie l’un à l’autre ?

Mon avis :

Nous suivons dans ce ivre la vie de Victor, jeune adolescent élevé dans une famille d’accueil et qui passe pour être un peu étrange et fou car ce jeune homme est le seul à voir des choses étranges. Il a donc très peu d’ami, en fait il n’en a qu’un seul : Lucas. Ensemble il mène la vie de tout jeune ado jusqu’au jour où Alina jeune fille mystérieuse fait son entrée dans la même classe que nos deux amis. De là vous vous en doutez va suivre un tas d’aventure qui en annonce encore une plus grande.

Bien qu’assez simple avec une intrigue pas vraiment recherchée, même plutôt classique je dois dire, que j’ai néanmoins apprécié ce bouquin. Il y a de l’humour, de l’action, du mystère, des personnages très agréables, bref, tout ce qui est nécessaire pour faire une bonne série fantaisie qu’on a envie de suivre.
Alors certes bien que classique dans le genre et très rapide, ce livre à première vue ne rajoute pas grand-chose au genre et ne le marquera probablement pas, mais mine de rien, l’auteure a su rendre son univers intéressant par des alliances qui étonnent, des faits limites flippants (je vous avouerai que j’en ai même fait un cauchemar), des monstres nouveaux même s'ils en rappellent d'autres, des mystères élucidés (connaissez-vous l'histoire de la chaussette qui disparaît ?), des tensions entre les principaux personnages. Bref. Y’a quand même des choses qui font qu’on n’a pas vraiment l’impression de lire du déjà vu même si ça fait écho à de lointain souvenir lecture, en tout cas pour moi qui n’en lis pas vraiment c’est l’impression que j’ai.

En conclusion je dirai que c’est un livre à recommander pour tous enfants dès 9-10 ans. Y’a tout ce qui faut pour éveiller leur intérêt, faire marcher leur imaginaire, et donner le goût à la lecture et à l’aventure.

Merci aux éditions Flammarion Jeunesse.

 

04 mai 2016

"La nuit appartient au tigre" de Michel Honaker

La nuit appartient au tigre de Michel Honaker

Source: Externe

Résumé :

Ancien des forces spéciales, Derek Ardo cherche à fuir son lourd passé. Reconverti dans l’humanitaire, il est engagé par une fondation pour prendre la tête d’une médiathèque dans un quartier neuf d’Aramsha, en Inde. Hormis Aparajita, une petite fille au caractère bien trempé, et Trishna, une jeune femme bannie par sa famille pour avoir fui un mariage forcé, les visiteurs sont rares, et sa vie s’annoncerait des plus tranquilles s’il n’y avait la présence d’un tigre mangeur d’hommes, dont les victimes se multiplient. Un climat de méfiance et de peur s’installe en ville, et Derek engage alors une guerre personnelle contre le fauve.
Dans un univers à mi-chemin entre Le Livre de la jungle et L’Histoire de Pi, Michel Honaker soulève des questions intemporelles telles que la relation de l'homme à la nature, sa volonté de contrôle et de domination, ou encore le poids des traditions. Tout à la fois roman d’aventures, d'initiation et fable écologique contemporaine, La nuit appartient au tigre est un roman court, dense et inoubliable.

Mon avis :

Ce livre c’est l’histoire d’un conte, d’un conte qui finit mal, enfin… qui finira mal. Plus loin. Plus tard.

Ce livre c’est l’histoire des hommes aux prises avec un tigre légendaire et tueur, qui veut se venger en laissant éclater sa part d’homme.

Ce livre c’est l’histoire d’une nature dévastée, d’un habitat violé, d’un tigre qui ne pardonne pas cette soif d’argent.

Ce livre c’est aussi l’histoire d’un homme qui croit en la culture et d’une femme rejetée. D’une panoplie de personnage attachant, mystérieux, entier, voire détestable.

C’est aussi un livre qui effleure la hiérarchie indienne, qui montre ces sociétés où chacun est à sa place et où personne ne pourra en bouger parce que la naissance en a décidé ainsi.

Ce livre c’est une histoire racontée simplement mais avec beaucoup de passion. Une écriture fluide, une histoire ni trop courte ni trop longue. Une histoire parfaite, avec plus d’une leçon qui nous rappellera l’impermanence de notre condition, qui critiquera la soif d’argent démesurée, les arrangements entre puissant, la destruction d’une nature originelle qui nous apportera que du malheur.

Ce livre est une histoire magnifique à lire, relire et à méditer. Un coup de coeur pour ma part. Pour l'histoire comme pour la couverture.

Petit passage comme ça en passant : "[...] Réaliste. La réalité, c'est ce qui manque le plus dans notre monde. Voir les choses et les nommer. Pas faire semblant qu'elles ne se sont pas produites. Pas faire comme si elles n'existaient pas."

Merci aux éditions Denoël

Editions Denoël collection Y
Sortie le 17 mars 2016

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06 avril 2016

"L'amie prodigieuse" de Elena Ferrante

L'amie prodigieuse enfance et adolescence tome 1 de Elena Ferrante

l'amie prodigieuse

Résumé :

Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Formidable voyage dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.

Mon avis :

L’amie prodigieuse est un roman que Daniel Pennac offre à tous ces amis d’après le blurb sur le livre. Pour ma part je n’irai pas jusqu’à là, mais je comprends l’engouement autour de ce livre qui nous plonge dans une Italie pauvre et plus particulièrement dans un quartier où tout le monde se connaît, se surveille, et où les hostilités comme les alliances se forment comme si rien d’autre n’existait en dehors de ce périmètre.

Cependant dans ces pages nous suivons plus particulièrement l’histoire de Lila et Elena, amitié étrange entre une fille effacée et une fille qui dégage une assurance et un tempérament vif. De leur enfance à l’adolescence, l’auteure nous fait partager leurs jeux, leur esprit conquérant, leurs déboires, leurs rêves. Mais bien au-delà de ces simples faits, elle nous fait aussi partager leur manière de voir le monde, à travers d’abord leurs yeux d’enfant puis d’adolescente. Et ce dernier point est, je l’avoue, le plus agréable à lire, car Elena Ferrante nous montre le cheminement de l’enfance à l’âge adulte, où la réalité des choses finit par rattraper les rêves, le besoin les chimères, montrant ainsi pourquoi les gens vieillissent. Pourquoi les amis s’éloignent...

Mais dans ce roman et bien que la narratrice soit Elena, nous suivons aussi à travers ses yeux toute la vie de ce quartier italien, où malgré une ambiance fermé, il existe un véritable bouillonnement d’idée, de personnalité, de vie, de fait. Jamais dans ces pages on ne s’ennuie. A chaque page quasiment, l’auteure nous subjugue par un évènement ou une idée - souvent quelconque faut bien le dire -, mais qu’elle arrive pourtant à rendre important, soit pour l’histoire soit pour la psychologie des personnages. Bref. Rien n’est vain dans ces pages, on ne perd pas son temps à lire des choses qui ne servent à rien, même si le récit souffre de quelques longueurs.
Mais dans le fond le tour de maître est sans doute là, car pour moi ce roman est un miroir de la vie humaine, étant donné que c’est bien ces petites idées, ces petits évènements, qui sont importants à nos yeux. Alors bien sûr ça peut paraître naïf car la narratrice est enfant puis adolescente, donc elle a des problèmes de son âge et ses amis aussi, mais pourtant même en vieillissant je ne pense pas qu’on change là-dessus. C’est bien ces choses quotidiennes qui font nos soucis et nos joies, qui forgent nos vies. Pour moi ce roman est une description de la vie.

En conclusion j’ai beaucoup aimé ce roman, même si je n’en fais pas un coup de cœur à cause des quelques longueurs et du trop grand nombre de personnage (je me suis un perdue), mais si vous cherchez un bon roman, c'est à tenter. Et en ce qui me concerne dès que je peux je lirai la suite.

 

Merci aux éditions Folio et Lecteurs.com

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05 avril 2016

"Un regard en arrière" de Edward Bellamy

Un regard en arrière de Edward Bellamy

Source: Externe

Résumé :

Julian West, un jeune et riche Bostonien, s’endort un soir de mai 1887 et se réveille en l’an 2000. Grâce à son hôte le Dr Leete, il découvre, incrédule et émerveillé, une Amérique radicalement différente. Plus de riches, plus de pauvres, plus de problèmes matériels… plus de décisions à prendre : une société-mécanique où chaque rouage est à sa juste place.

Mêlant engagement radical et imaginaire visionnaire, Bellamy accompagne son héros dans une fable politique, décrivant un futur à la fois sombre et lumineux. Anticipation rétro, Un regard en arrière ne peut que surprendre le lecteur du XXIe siècle, qui trouvera dans le rêve de perfection de Julian West une utopie glaçante aux relents totalitaires.

Mon avis :

Un regard en arrière, est le deuxième livre le plus vendu aux Etats-Unis au 19ème siècle après La case de l’oncle Tom de Harriet Beecher Stowe, mais pour ma part, je n’ai pas franchement aimé.

D’une part parce qu’il y a un fort écho de propagande socialiste-communiste, dans le système de fonctionnement de ces sociétés que notre personnage principal découvre par le biais des gens qui l’ont accueilli ; et d’autre part parce que ce livre ne ressemble pas à un roman, mais à un programme politique. Ni plus ni moins.
En effet, outre le fait qu’on ne découvre dans ces pages que les bons côtés de ce régime politique, jamais les mauvais côtés (!), Bellamy nous décrit en plus par le menu le système de fonctionnement de ce régime. Rien n’est oublié. Comme dans un vrai programme idéologique politique, on a toutes les données en main pour le mettre en place. Avec en plus le dénigrement des autres systèmes de pensé, pour bien mettre en avant la perfection du régime qu’il défend. Si ceci n’est pas politique tapez-moi !

A côté de cela, l’autre point qui dérange, et qui me dérange vraiment et plus que le reste, c’est que ce livre va encore plus loin qu'un exposé de programme politique, car 100 ans après le 19ème siècle, la totalité de la population a subit un véritable lavage de personnalité suite à l’avènement de cet ordre nouveau. Les personnalités toutes différentes qui font le charme et le malheur de notre 21ème siècle, ont ici toutes disparues ! Annihilées par un formatage où ressortent des robots humains tous identiques, qui se pensent parfait et pensent leur système parfait ; et là, y'a pas à dire on est quand même loin des dictatures passées, où il y avait toujours une part de la population qui refusait ces dernières. Triste monde, ici plus personne ne se révolte.

Alors on va me dire que c'est normal si personne se révolte, qui de sensé peut trouver mal de lutter contre la pauvreté, l’égalité des sexes, le gâchis, etc... mais vraiment, il ne pouvait pas imaginer son monde égalitaire autrement ? Il ne pouvait pas dénoncer son époque autrement que par un programme politique qui en a inspiré plus d'un ?!

 

Je me rends compte que dit comme ça, ce livre a l’air passionnant car il soulève des problèmes réels en dénonçant les sociétés inégalitaires et capitalistes de l’époque -qui gardent un écho actuel- tout en apportant une solution horrible, mais le hic c’est que c’est aussi ennuyeux à lire qu’un programme politique. C’est morne, c’est technique, c’est chiant. De plus ce côté « tout parfait » est épouvantable à supporter. J’ai perdu pour ma part mon sang froid plus d’une fois, même si le thème de la méritocratie était sympathique à suivre.

En résumé je comprends très bien l’engouement de l’époque pour ce livre qui apporte une vision totalement différente du monde, en mettant en avant un programme politique pour l’égalité des classes sociales, des sexes, propose de lutter contre le gâchis, l’anarchie du marché, et qui vulgarise le système financier de l'époque, mais vu comme s'est raconté je ne conseille pas la lecture de ce livre pour un moment de lecture agréable, cependant je le conseillerais pour découvrir un classique et aussi pour mieux comprendre l'influence que ce livre a pu avoir dans les programmes politiques passées. (Et aujourd'hui ?)

 

Merci à Libfly et aux éditions Aux Forges Vulcain

 

14 février 2016

"Le revers de la médaille" de Olga Lossky

Le revers de la médaille de Olga Lossky

Source: Externe

Résumé :

Fin des années trente. Pál est un jeune artiste hongrois, étudiant à la faculté des beaux-arts de Budapest. En quête de modèle pour un projet de médaille, il fait la connaissance d’une jeune pianiste, Erzsebet. Fasciné par sa beauté, il réalise son portrait. Avec cette esquisse, Pál espère remporter le prestigieux concours organisé par la Monnaie de Budapest. Mais les événements décident autrement de son destin et le prix obtenu n’est pas celui qu’il attendait…
Les années ont passé. Installé à Londres, l’artiste – assisté de sa femme, la fidèle Nicky – est devenu l’un des médaillistes les plus renommés de son temps. Musiciens et hommes politiques le sollicitent pour immortaliser leurs traits. Après bien des personnalités illustres, c’est au tour du pape de lui commander une médaille à son effigie. Pál hésite, de peur de croiser dans les rues romaines le jeune homme qu’il a jadis été. Ainsi qu’il le craignait, cette rencontre avec le pape va l’entraîner dans un inéluctable processus de dévoilement.
On retrouve dans Le Revers de la médaille la belle et captivante écriture d’Olga Lossky, qui nous plonge dans le destin d’un homme d’exception, marqué par son époque et prisonnier d’une histoire qui le hante.
Mon avis :

Le revers de la médaille raconte l’histoire de Pal, jeune artiste hongrois obligé de quitter son pays et sa famille pour exercer son art ailleurs en toute liberté.
Le rêve sera accompli, mais hélas la seconde guerre mondiale chamboulera cette vie d’artiste qui aurait pu être belle et magnifique si notre jeune artiste ne vivait pas avec un lourd espoir doublé d’un chagrin dans le cœur.

Servi par une plume banale, sans grand effet de style, mais qui fait son petit effet, ce bouquin se dévore comme des petits pains. Je n’irai pas jusqu’à dire que tout est parfait, parce qu’un point m’a exaspérée, mais néanmoins que ça soit le sujet, la manière dont l’histoire est racontée, le développement de cette dernière et des personnages - qui sont en passant très fouillés et très humains -, tout est fait pour passer un agréable moment de lecture.
L’histoire est en effet émouvante sans pour autant favoriser un torrent de larme, l’auteure joue sur les angoisses et les espoirs, les déceptions et les craintes, d’un même cœur, sans nous perdre dans des méandres incompréhensibles sentimentaux ni nous balader d’une humeur à l’autre histoire de remplir des pages.
Bref, ici tout est maîtrisé, et tout est fait pour que l’histoire avance sans redite, mais avec suffisamment de mystère, de doutes, de réflexions, de surprises, pour tenir 300 pages.

Pour en venir un peu plus profondément au livre et outre l’histoire, j’ai aussi beaucoup apprécié les personnages et notamment Pal qui est typiquement le genre de personnage que j’aime bien. C’est-à-dire difficile à cerner sans pour autant être une girouette. Je m’explique, Pal n’existe pas par des doutes complètement crétins, mais par sa souffrance, ses craintes et ses espoirs, et de ce fait il est très poignant à regarder vivre surtout que tout cela est légitime ; ce qui fait qu’on peut facilement le comprendre et se mettre à sa place. En effet, on ne retrouvera rien à redire sur son mode de penser et de vie, et pourtant c’est le genre de chose dont je ne me prive pas habituellement avec les personnages.
En clair, Pal est un personnage terriblement complexe et vivant quand bien même qu’il soit déjà à moitié mort. Et ça je kiff.
Quant aux autres personnages, ils ont aussi leur côté plaisant ou déplaisant, c’est selon, mais aucun n’est mieux représenté que Pal, - en même temps c’est normal le roman tourne autour de lui.

Cela étant comme je le disais un peu plus haut, un point m’a exaspérée ; c’est le délire artistique. Je ne sais pas pourquoi mais là j’ai été moins emballée par la vision que l’auteure donne à Pal sur son art. Franchement j’ai même parfois complètement été perdue parce que ça partait dans des méandres limites incompréhensibles, et en prime c’était difficile à retenir. En clair l'auteure pourrait se contredire, on ne s'en apercevrait même pas. Là vraiment pour moi y a en eu trop de fait, mais qu'on se le dise ; ça ne change rien au plaisir de lire cette tragique histoire.

En résumé, c'était une lecture très belle, bien écrite et que je conseille vivement.

Merci aux éditions Denoël
Parution le 14-01-16
Collection ; Roman français

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16 janvier 2016

"Gengis Khan : l'homme qui aimait le vent" de José Frèches

Gengis Khan : l'homme qui aimait le vent de José Frèches

gengis khan

Résumé :

De la Chine aux frontières de l'Europe, il a régné sur le plus grand empire de l'Histoire. Dès son enfance, Temüdjin, futur Gengis Khan, rêve de grands espaces. Son précepteur chinois, Vieille Cime, lui parle d'Alexandre le Grand : il veut le surpasser en nombre de conquêtes ! Il apprend à manier l'arc, à monter à cheval, à apprivoiser les aigles. À la mort de son père, ce nomade prend la tête du clan des Quiyat, puis, en 1206, est élu chef des Mongols. Séducteur, autoritaire, il rallie à lui de nombreux peuples, bousculant les grandes civilisations sédentaires qui l'entourent : à l'ouest, l'Europe des cathédrales, à l'est, la Chine des Song. Pour atteindre son rêve de grandeur, Gengis Khan doit se révéler impitoyable. Avec virtuosité, José Frèches nous raconte les années d'apprentissage et l'ascension fulgurante de ce guerrier implacable qui faisait corps avec ses chevaux et aimait les femmes avec passion et sensualité. Un homme qui voulait vivre tous ses rêves. Le destin fascinant d'un personnage de légende.

Mon avis :

Après Confucius, Bouddha, La Chine… voici venu non le temps de l’île aux enfants, mais pour le lecteur de découvrir la vie de Gengis Khan. Nom Ô combien célèbre, mais vie Ô combien obscure pour le lecteur lambda. Cela étant avec José Frèches voici le mal en passe d’être réparé, car nous allons enfin pouvoir découvrir la vie de ce « sauvage des steppes » qui créa et dirigea un empire à la gloire du peuple mongol.

Dans cette première partie nous allons donc suivre l’enfance de Temüdjin (Gengis Khan) au début de la création de son empire. Nous allons de ce fait découvrir son enfance, connaître sa famille, la vie dans le camp, sa femme, pour le voir aussi déjà affronter quelques dangers et percevoir le génie politique de cet homme.

Bon, j’exagère sûrement peut-être un peu en parlant de génie politique (encore que), mais c’est important de préciser que ce n’était pas un sauvage à cheval comme on pourrait avoir tendance à l’imaginer. Il savait que les alliances étaient importantes, ils avaient un talent militaire certain et ils savaient commander et parler ; et en plus derrière ses actions il avait un réel projet politique, il voulait faire la gloire du peuple mongol comme la sienne. Certes comme tout le monde a fait avant et après lui, ici ou ailleurs, mais c’est pour dire.

Tout cela au premier abord ressemble un peu trop à un tableau descriptif. Là comme je vous en parle ça ressemble à rien de passionnant, plutôt à une succession de fait au air de biographie. C’est vrai. Mais il ne faut pas perdre de vu que c’est un roman et que c’est donc raconté à la manière d’un roman - même si on peut trouver mieux conté -, avec des descriptions, des dialogues, une ambiance mi-magique mi-réelle, un peu de suspense, une psychologie des personnages.
D'ailleurs sur ce dernier point je ne sais pas si l’auteur a inventé la mentalité des perso., j’avoue pour ma part avoir du mal à imaginer Temüdjin si calme, si amoureux et réfléchi, mais j’ai envie de dire que si c’est le cas ce n’est pas grave, car c’est sympathique malgré tout vu que ça ne dénature en rien le but de ce livre, qui est de nous faire découvrir la vie de cet homme .
Et d’ailleurs d’une manière générale, même si l’auteur a pris des libertés avec la psychologie comme avec les évènements ça ne me dérange pas, car ce livre a déjà - et c’est immense - changé ma vision de cet homme. Maintenant je vais le voir autrement qu’un sauvage sans cervelle.

En résumé, même si cette épopée épique n’est pas racontée de la manière la plus vivante qui soit, c’est un livre qui m’a malgré tout plu car il m’a ouvert une nouvelle vision sur un des hommes les plus connus au monde, en même temps de me faire découvrir sa vie en cassant l'idée que j'avais à l'origine. Bref, ce n'était pas une lecture perte de temps et ça c'est cool.

Merci aux éditions XO.

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05 décembre 2015

"La sonate de l'anarchiste" de Etienne Guéreau

La sonate de l'anarchiste de Etienne Guéreau

Source: Externe

Résumé :

Avril 1894.
Tandis que les bombes des anarchistes ensanglantent Paris, la réputation d'un jeune pianiste ne cesse de grandir. Fédor, virtuose tourmenté, compose une musique aux pouvoirs extraordinaires. Joie, tristesse, colère : les émotions générées par son instrument se répercutent sur son public et le plongent dans un dangereux état de dépendance.
Lorsque Fédor est accusé de préparer un attentat, il est contraint d'accepter le marché que lui soumet le commissaire Chavreuil. Qui lui a tendu ce piège? Qu'attend-on de lui? Que cache son incroyable don? Troublé par la fougueuse Solange que le destin a placée sur son chemin, Fédor va devoir mettre ses talents au service d'une puissance occulte. Il découvrira qu'une sonate peut parfois provoquer... un massacre.

Mon avis :

La sonate de l’anarchiste n’est pas le livre du siècle, mais il a indéniablement quelque chose qui fait que sa lecture est agréable.

Nous suivons ici Fédor, jeune pianiste pas vraiment exceptionnel à un détail près, avec ses compositions il a la faculté «d’hypnotiser», d’enlever toute faculté de contrôle aux public qui l’écoute. Forcément ce don ne passe pas inaperçu, des personnes vont vouloir s’en servir, du coup voilà notre héros embarqué bien malgré lui dans une histoire de corruption qui sera pas sans danger.

Voilà pour le speech rapide de l’histoire, et justement puisque je parle d’elle, je peux déjà vous dire que cette dernière est bien trouvée et ficelée. Même si par moment elle peut paraître un peu lente, notamment avec les passages qui content les moments musicaux, elle n’en reste pas moins agréable, nouvelle et bien maniée, puisque l’auteur fait avancer l’histoire calmement mais sans temps mort, distribue quelques revirements bien sympathiques, partage quelques scènes qui valent leur pesant d’or (je pense notamment à la scène du salon chez la folle), et mélange savamment l’intrigue de corruption avec le monde musical, où là les idées sont toutes aussi bien trouvées les unes que les autres car elles rajoutent une ambiance mystérieuse à cette histoire en même temps de la servir.

Outre cela, l’autre point agréable du livre, non en fait les deux autres points agréables du livre, sont d’une part, les personnages qui sont communs mais pas trop et difficilement cernables -personnellement j’ai souvent eu des doutes sur leur compte-, et d’autre part le contexte politique, où l’on retrouve la période anarchiste qui secoua l’Europe fin 19ème siècle.
Ce point-là mérite vraiment d’être souligné car il est assez rare dans la littérature, et personnellement je trouve que c’est une bonne période à utiliser pour un roman de ce genre où la situation fait qu’on n’a pas d’autre choix que de marcher dans le chantage, car la période fait que la justice est encore plus pourrie qu’en temps normal.

Bref, malgré les petites lenteurs ce livre est un très bon policier, qui apporte beaucoup, beaucoup de renouveau, et qui surprend pour du vrai. La fin, le déroulement de l’intrigue, vous ne la devinerez jamais.

Merci aux éditions Denoël.

Collection roman français
Date de parution le 01/10/2015
368 pages

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23 novembre 2015

"L'impératrice Cixi : la concubine qui fit entrer la Chine dans la modernité" de Jung Chang

"L'impératrice Cixi : la concubine qui fit entrer la Chine dans la modernité" de Jung Chang

Source: Externe

Résumé :

À l’âge de seize ans, Cixi fut retenue parmi les nombreuses compagnes de l’empereur comme concubine royale. À la mort de celui-ci en 1861, leur fils de cinq ans lui succéda sur le trône. Cixi organisa aussitôt avec la complicité de l’impératrice officielle qui elle n’avait pas d’héritier mâle, un coup d’état qui fit d’elle la véritable souveraine de la Chine.
Sous sa férule, cet antique pays se dota d’à peu près tout ce qui caractérise un état moderne : des industries, des chemins de fer, l’électricité, le télégraphe, sans oublier une armée et une marine équipées à la pointe du progrès. Et ce fut elle qui abolit d’atroces châtiments tels que « la mort des mille coupures » et mit un terme au bandage des pieds.
Elle dut faire face à des crises nationales décisives : la rébellion des Boxers, les guerres contre la France et le Japon, l’invasion de huit puissances alliées, dont la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Russie et les États-Unis.
Jung Chang  propulse le  lecteur au cœur du splendide Palais d’Été et du harem de la cité interdite où Cixi vivait entourée d’eunuques. Elle évoque avec un art consommé du récit, qui a contribué au succès planétaire des Cygnes sauvages, un monde révolu avec un luxe de détails fascinants, dignes d’une superproduction cinématographique.

Mon avis :

Je croyais que c’était un roman, ce ne fut pas le cas. Du coup j’avais un peur de rien comprendre à ce livre, car je ne suis pas experte de la Chine. Crainte absurde, car même sans de réelles connaissances sur ce pays ce livre est parfaitement compréhensible et se lit aussi facilement qu’un roman. En effet, il est clair, simple et l’auteur glisse de temps à autre quelques rappels pour rappeler au lecteur qui est le personnage et quel est sa fonction.

Le livre :

Comme l’indique le livre nous allons aborder ici la vie de Cixi. Qui est Cixi ? Au départ une jeune fille dans le gynécée de l’empereur chinois Xianfeng qui un jour va devenir impératrice douairière (avec la femme officielle de feu l’empereur) grâce à la succession de son fils Tongzhi sur le trône de Chine et un coup d’état. Mais vous vous en doutez pour qu’un livre s’attarde sur cette femme ce n’est pas parce qu’elle fut femme et mère d’empereur, pour rentrer dans l’histoire ce n’est généralement pas suffisant.
En fait si ce livre s’attarde sur ce personnage puissant et fort c’est bien parce qu’elle a marqué la Chine de par sa politique.
Et quelle est sa politique ? Une politique d’ouverture sur l’extérieur, d'enrichissement, de modernisation; avènement chemin de fer, renouvellement armée, école,... Quoi qu'il en soit loin de l’idée que suppose cet article sur Herodote.net, même s’il est vrai qu’au début elle se heurtera au conservatisme des chinois.

D’ailleurs, on dit souvent que cette période de modernisation a commencé après la guerre avec les puissances étrangères (guerre des Boxers) qui ont tous cherché à récupérer un morceau de la Chine, d’où la guerre en fait. Cela étant c’est un raccourci où je mets en garde, car la modernisation du pays se fera avant cette guerre et même avant la fameuse « réforme des cent jours » qui devait ouvrir selon des historiens la Chine sur une ouverture de type japonais, et que pour beaucoup Cixi a empêché par le fait qu’elle ait dépossédé de ses pouvoirs l’empereur Guangxu (son neveu qui a succédé à son fils décédé).
En fait elle n’a pas cherché à empêcher les réformes ni à refermer la Chine sur elle-même d’ailleurs. Mais son neveu étant faible de caractère et étant un pantin aux mains de conseillers peu scrupuleux, serait vite devenu un empereur fantoche aux mains des japonais qui avaient des vus sur la Chine, et Cixi ne supportant pas de voir une ingérence japonaise en terre chinoise comme ils l’ont fait en Corée peu avant, a préféré « détrôner » officieusement son neveu l’empereur - qui par ailleurs avez pour projet de l’assassiner – pour sauvegarder la dynastie et la Chine. Il est vrai cependant que les réformes seront plus importantes après cette période de trouble.

Comme vous le voyez avec ce petit aparté et même sans connaître l’histoire chinoise ce livre apporte une autre histoire de la Chine et de cette impératrice. Elle n’est pas cette impératrice hostile voire incompétente que peuvent laisser paraître d’autres sources, au contraire ! Elle a initié la Chine à l’ouverture, elle a envoyé à l’étranger d’innombrables chinois, participé à l’éducation du peuple, favoriser la presse, et n’a pas hésité à offrir des postes clés à des étrangers. D’ailleurs à la fin de sa vie/son règne, elle lancera des réformes pour faire de la Chine une monarchie constitutionnelle, hélas la dynastie ne lui survivra que de 3 ans.

Bon, tout ça c’est très bien, mais ce livre va plus loin encore puisqu’on va aussi découvrir tout ce qui faisait le pays à cette époque : son conservatisme ; ses révoltes ; l'étiquette de la cour chinoise ; certaines de ses coutumes que ça soit les déplacements royaux, les obsèques, les morts ; la mentalité par moment assez superstitieuse, archaïque (cf. combattants guerre des Boxers, ou rumeurs sur les chrétiens) voire extrêmement fidèle aux pays, ou encore le contexte international autour de cette Chine ancienne et à la fois nouvelle. Car oui ! l’histoire de ce livre ne s’arrête pas à la Chine, par exemple l’auteure abordera très vite la question de l’esclavage chinois dans certaines partie du globe.

Bref. C'est vraiment un livre enrichissant pour celui qui ne connaît pas la Chine ou pour celui qui connaît de cette impératrice ce qui est communément admis. Là, il y a fort à parier que la personne reverra du tout au tout ses positions.

En résumé c’est un livre que je conseille car d’une part il est très bien fait et facile d’accès (j’ai oublié de dire qu’il y a même des photos dedans), d’autre part parce qu’il apporte de riches connaissances sur l’Asie, et ensuite parce qu’il est juste très intéressant. C’est vraiment le livre qu’on lit avec plaisir de par la richesse de ses sources, son écriture, son renouveau d'une vision…

Je remercie les éditions JC Lattès.

Posté par Florell à 01:13 - Documentaire / Essai - Commentaires [0] - Permalien [#]
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