Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

19 février 2014

"Calcutta" de Shumona Sinha

"Calcutta" de Shumona Sinha

calcutta roman

Résumé :

«Trisha ne reconnaît plus le ciel de sa ville. En plein jour la lumière lui semble estompée, tachetée de noir.»
La jeune femme sait depuis toujours qu'il faut se méfier de l'obscurité. Cette ville, dans laquelle elle revient pour assister à la crémation de son père, c'est Calcutta. Elle y retrouve le quartier, la maison, les meubles et les objets de son enfance, et tout la bouleverse. Elle se souvient que l'huile d'hibiscus était un remède pour adoucir la folie de sa mère et que la couette rouge remisée au grenier cachait l'arme de son père communiste.

Dans ce roman à l'écriture puissante, Shumona Sinha revisite à travers l'histoire d'une famille les violences politiques d'un pays qui est le sien, le Bengale occidental.

Mon avis :

Trisha revient à la mort de son père Shankhya dans la maison de son enfance. Anonyme parmi les anonymes, seulement accompagné de ses souvenirs, elle se remémore la famille un peu étrange qui est la sienne et des évènements politiques qui ont plus ou moins marqué sa famille en même temps que son pays ; le communisme, le fanatisme religieux, Indira Gandhi
Bien que tout cela soient seulement effleurés, Trisha va nous emmener loin dans son histoire familiale pour nous faire découvrir ; la folie de sa mère et sa dépression sans fond qui connait des périodes de temps calme, son père communiste, anti-religieux et qui vit tant bien que mal avec la maladie de sa femme, ainsi que sa grand-mère Annapurna, veuve exemplaire, devenue infirme suite à un accident.

A travers le décor qui se trouve loin des clichés de l’Inde ; nous allons découvrir les incompréhensions, les peurs, les inquiétudes, les attentes, les doutes, de cette famille. Des personnages qui vivent dans une certaine pudeur, un certain éloignement, qui les empêche de véritablement se comprendre.

D’une plume simple où perce la nostalgie, l’affection, l’éloignement, Shumona Sinha nous transporte dans une autre époque où présent et passé se confondent, et d’autres habitudes où rien ne ressemble à ici. A lire pour l'errance de l'âme humaine et la découverte.

 Je remercie en passant les éditions de l'Olivier.

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10 février 2014

"Looney tunes tome 2 : l'âge d'or" de Warner Bros

"Looney tunes tome 2 : l'âge d'or" de Warner Bros

looney tunes

Résumé :

L'Animation et les Looney Tunes : deux mondes faits l'un pour l'autre, destinés à avoir beaucoup de Toons et à être heureux pour l'éternité. A l'écran comme en bande dessinée, Bugs Bunny, Elmer, Porky Pig, Daffy Duck et les autres sont devenus des légendes. Pour la première fois en librairie, nous vous proposons de découvrir le meilleur des studios Warner Bros !

Mon avis :

Là, ce que je peux dire de suite, c'est que je vais acheter le tome 1 de cette collection dès que possible, je ne suis pourtant pas fan des Lonney Tunes -je n'apprécie vraiment que Titi et Grominet et Bugs Bunny- mais malgré cela j'ai pris beaucoup de plaisir à plonger dans l'univers cocasse de ces personnages ; et de retrouver les ruses, la malchance, la stupidité, les courses poursuites, qui caractérisent si bien ces derniers. Oui je dis stupide, mais faut bien dire que Grosminet ou Coyote ne sont pas toujours très fufutes, même s’il est vrai qu'ils font preuves de beaucoup d'imagination, à l'inverse d'autres qui ne manquent pas d'audace et d’intelligence, comme Titi, et surtout Bunny dans l’histoire Alaska Express, - celle-là je crois bien que c’est celle que je préfère.

Cependant je trouve 2 bémols à cette BD. Le premier - qui n’est pas vraiment à prendre au sérieux -, c’est qu’elle est bien trop courte, je dis qu’il ne faut pas y prendre au sérieux mais quand même ^^. Et le deuxième, c’est la couleur des dessins. Ils sont un peu pâlots je trouve et j'avoue qu'au début ça m'a un peu rebutée. Et même si ce que je pensais être un frein à mon plaisir de lecture ne l’a finalement pas été, j’aurai quand même aimé que les dessins fassent moins négligés. Le coup de crayon est excellent, mais les couleurs peu prononcées me laissent une impression de réduction de budget au niveau de l’impression. Maintenant comme je le disais au début, c’est avec plaisir que j’achèterai le premier tome et la suite s’il y en a une de prévue, c'est pas ça qui va m'arrêter !

Quoi qu'il en soit c'est une BD qui plaira aux grands comme aux petits. Il n'y a pas d'âge pour se détendre.

Je remercie en passant Babelio et les éditions Jungles -que je découvre- pour ce partenariat.

 

Une petite page pour donner un avant goût :

 

01 février 2014

"Le retour du vieux dégueulasse" de Charles Bukowski : Ca aurait été dommage qu'il se la ferme.

"Le retour du vieux dégueulasse" de Charles Bukowski

le retour du vieux dégueulasse

Résumé :

« Je préfère les chiens aux êtres humains, les chats aux chiens, et moi plus que tous les précédents quand je suis saoul, en sous-vêtements, et debout devant ma fenêtre ».
Charles Bukowski

En 1969, Charles Bukowski, écrivain underground inconnu du grand public, fut projeté sur la scène internationale avec la parution du Journal d’un Vieux dégueulasse. Cette première édition n’avait repris qu’une quarantaine des chroniques qu’il avait écrites durant vingt ans ; certaines allaient ensuite nourrir Contes et Nouveaux contes de la folie ordinaire (1972), Au sud de nulle part (1973), Je t’aime Albert (1983), entre autres.

Le Retour du Vieux dégueulasse réunit en un volume celles qui seraient injustement tombées dans l’oubli. Cet ensemble constitue une espèce de gigantesque « roman à clef » grâce auquel Charles Bukowski a pu laisser vagabonder son imagination. Transgressant tous les tabous, il nous livre ses explorations de toutes les formes de sexualité, toutes les « perversions », toutes les « déviances ». Son humour permet à ses personnages, l’air de rien, « de laisser voir leur véritable nature »

Mon avis :

Dans une société plutôt pâle, à cheval sur le politiquement correct où tout est devenu tabou, où rire est devenu dangereux, Bukowski est une bouffée d’air frais-vicié dans la tristitude actuelle ! Bon d’accord c’est un peu vulgaire, dérangé aussi, mais qu’est-ce que ça en jette ! Tout y passe ; homme, femme, hippie, alcool… et en plus jamais dans les formes. Alors bien sûr si vous connaissez mon côté prude, vous vous doutez que les passages trop olé olé m’ont un peu rebutée, mais pourtant malgré cela j’ai pris beaucoup de plaisir à lire et à découvrir Bukowski.

Déjà parce qu’il ne manque pas d’humour, parce qu’il décrit assez bien la société américaine des années 60-70 (avec laquelle il n’est pas tendre soit dit en passant), ensuite parce qu’il parle aussi des faux-semblants, et enfin parce qu’il montre aussi tous les excès de l’humanité, dont lui-même a d’ailleurs abusé. Le sexe et l’alcool tenant la première place.

Alors pour l’alcool pas besoin de lire le livre c’est de notoriété publique, mais pour découvrir son amour des femmes, et surtout découvrir l’amour de sa propre personne (personnellement je l’ai trouvé assez égoïste) le livre n’est pas inutile, car il permet de jeter  un nouveau regard sur cet écrivain connu et irrévérencieux, mais aussi sur son œuvre à qui il a donné une profondeur biographique.

En parlant de biographie, c’était un sacré personnage ce mec quand même. Certes il a abusé d’un tas de chose, il a mené une vie de débauché qui n’a sûrement pas été toujours simple pour lui, mais faut bien dire qu’il possédait une personnalité hors norme. Par exemple il méprisait les intellectuels (Je vous renvoie à l’Histoire d’Apostrophe avec Pivot et le célèbre « Ta gueule Bukowski ! » de Cavanna, qui est une marque flagrante de son mépris, et en plus c’est d'actu.) alors qu’il avait lui-même une grande culture littéraire et savait en user ; et idem pour les Hippies entre autre. Mais personnellement malgré ses revirements, ce double jeu, je crois qu’il était quelque part sincère quand il méprisait quelque chose, parce qu’il était assez observateur et moqueur. Alors pour ma part je n’adhère pas toujours à son côté « anarchiste », mais malgré ça je peux lui trouver des bonnes idées et sur certain point je dois même dire qu’on se rejoint.

En résumé c’est un livre agréable à lire, l’auteur vaut le détour pour la découverte, en plus ce livre a le mérite de sortir de l’oublie certains textes de ce dernier. Donc sans hésiter vous pour y aller, car là je vous ai parlé que d’une petite partie. Merci en passant aux éditions Grasset

 

Quelques phrases mémorables :

« Tenez-le vous pour dire, la seule bonne chose que j’aime chez les êtres humains, c’est qu’ils sont périssables. »

« Tout ce qui s’oppose à la loi a de l’avenir devant soi. »

« Le désespoir engendre les génies. Et les fous. »

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19 janvier 2014

"La reine Brunehaut" de Bruno Dumézil

"La reine Brunehaut" de Bruno Dumézil

la reine brunehaut

Résumé :

Au printemps 581, deux armées se préparent à s'affronter dans la plaine de Champagne. L'enjeu de la bataille est le contrôle de l'Austrasie, le plus grand des royaumes mérovingiens. Soudain, une femme en armes apparaît entre les lignes ennemies et exige des guerriers qu'ils mettent fin à leur querelle. Par ce fort belliqueux geste de paix, Brunehaut vient de faire son entrée dans l'Histoire. Cette grande dame du VIe siècle souffre pourtant de la légende noire attachée à son nom. Trop souvent, son règne est décrit comme une suite de meurtres, de vengeances et de sacrilèges, dont le moteur aurait été une haine inexpiable envers sa belle-sœur Frédégonde. Quant à l'épouvantable supplice qu'elle subit en 613, on le donne généralement en modèle de la barbarie mérovingienne. Par-delà l'image d'Epinal, il est aujourd'hui nécessaire de revenir aux sources contemporaines. Le rôle du médiéviste est de relire ces textes, de les confronter avec les résultats des disciplines nouvelles, pour bâtir un récit plus attentif à la vérité historique ; peut-être moins " romantique ", mais tout aussi vivant et trépidant. Brunehaut retrouve alors sa véritable dimension, gigantesque, à la mesure d'un royaume qui s'étendait de la Bretagne à l'Adriatique et du Pays basque aux frontières du Danemark. Là, pendant près de quarante ans, cette " Barbare " œuvra à la préservation de la civilisation romaine. Sous son règne, l'autorité de l’État, le principe d'un impôt équitable et la littérature classique vécurent un été indien. Mais Brunehaut fut aussi une femme dépourvue de toute nostalgie. Sa pratique subtile de la justice et son usage des relations d'homme à homme - ou doit-on dire de femme à homme ? - font d'elle l'une des créatrices de la civilisation médiévale. Amie des papes et des moines réformateurs, elle rendit également possible l'évangélisation de l'Angleterre et contribua grandement à l'émergence de la chrétienté occidentale. A la rupture entre Antiquité et Moyen Âge, entre passion pour le pouvoir et espoir permanent d'une existence paisible, Brunehaut est un personnage étrange et complexe, une figure qui mérite assurément d'être redécouverte

Mon avis :

Bien qu'il ne se contente pas de raconter que la vie de Brunehaut, il commence avec la chute de l'empire romain et finit avec la chute des Mérovingiens et l’avènement des Carolingiens, ce livre est excellent à lire. Très facile d'accès, il se lit comme un roman. Clair, bien travaillé, simple à suivre, et accompagné de carte sur le royaume franc de l'époque (ce qui peut se révéler très utile pour suivre et comprendre, surtout au début), j’ai adoré lire ce livre, et en découvrir un peu plus sur la chute de l’empire romain ou sur les mérovingiens. Et même s’il n’existe plus beaucoup de source sur cette époque, et les sources ne sont pas toujours fiables en plus, je l’ai trouvé plutôt bien exhaustif, car l’auteur a su prendre de la distance par rapport aux documents en replaçant dans le contexte certains écrits. Certes, certaines choses restent de la supposition et je ne suis pas experte sur les mérovingiens, mais comme il faut accepter l’idée qu’on ne connaîtra pas tout sur cette époque, pour le moment et en attendant d’en apprendre plus, ça me va. (Le truc c'est que les documentaires sur Brunehaut ne courent pas les rues...)

A côté de cela, l’autre atout de ce livre, c’est qu’il nous fait découvrir en plus de la politique mérovingienne, les personnages de cette époque, qui faut le dire ne manquait pas de grands esprits (personnellement j’ai adoré découvrir Venance Fortuna), et surtout de grands stratèges ; et ça c’est quelque chose qui saute aux yeux quand on lit ces pages. Bien sûr beaucoup ont été des girouettes, mais comme à l’époque il fallait savoir, pour survivre et aussi maintenir l’équilibre, jouer avec ses amis comme avec ses ennemis, ce comportement reste compréhensible. D’ailleurs, à un moment dans le livre, l’auteur fait un parallèle entre les jeux et la politique, et je pense vraiment que cette comparaison n’est pas de trop, puisque c’était un peu comme une partie d’échec ou de go la politique à l’époque, et chose étrange ça marchait plutôt bien.

Pour parler un peu plus de Brunehaut maintenant, j’ai trouvé cette femme IN-CROY-ABLE ! Certes elle a souffert d’une légende noire, les récits qui ont réécrit l’histoire comme le Liber Historiae Francorum et les écrits de Frédégaire (et il y a d’autres sources), n’ont pas été toujours sympas avec. Mais mine de rien, malgré la légende noire qui n’a pas toujours lieu d’être, cette femme de pouvoir était un génie de la politique. Rusée, habile, elle savait manier la justice (se montrer ferme et magnanime à des fins politiques), et faire jouer les alliances mieux que personne. Elle était d’ailleurs tellement douée comme reine ou plutôt comme régente, que beaucoup de grands de l’époque, comme le pape ou l’empereur de l’Empire Romain d’Orient, s’adressaient à elle avant de s’adresser aux rois des royaumes francs, enfin là je parle surtout des rois de la Burgondie et de l’Austrasie. Mais c’est tellement complexe à suivre que je ne rentrerai pas dans les détails, même si c’est pourtant très simple à comprendre. Sachez seulement que c’est une histoire de mort, d’alliance et d’âge.
Cela dit, on peut noter en passant que malgré ces aléas Brunehaut a toujours su retomber sur ses pattes. Toujours ? presque. La chute de cette branche mérovingienne arrivera par Clotaire II, et la mort de Brunehaut sera à la hauteur du personnage, à côté Marie-Antoinette a eu une mort plus douce…

Enfin bon, ce livre reste une excellente base, et si la vie de Brunehaut et même plus comme le côté politique, religieux des mérovingiens vous intéresse, lisez-le vous ne serez pas déçus.

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10 janvier 2014

"Lacépède : savant, musicien, philanthrope et franc-maçon" de Bernard Quillet

"Lacépède : savant, musicien, philanthrope et franc-maçon" de Bernard Quillet

lacépède

Résumé :

Bernard Germain Étienne de Laville, comte de Lacépède (1756-1825) est l’un des personnages les plus fascinants de la fi n de l’Ancien Régime et de l’Empire, une époque qui n’a pourtant pas manqué d’hommes exceptionnels.

Ce pur représentant des Lumières, aristocrate de bonne souche originaire d’Agen, acquiert une culture encyclopédique. Disciple favori et continuateur du grand Buffon, il occupe longtemps, y compris durant les troubles révolutionnaires, l’une des cinq chaires du Muséum d’histoire naturelle. Féru de physique, de géologie, de minéralogie et de zoologie, il rédige de véritables sommes (vertébrés, poissons, etc.) qui sont souvent les premières du genre. Membre de l’Académie des sciences dès la création de l’Institut, il sera le «savant de Napoléon ». Musicien de haute stature (il a appris à composer avec le célèbre Glück), poète et même romancier, c’est enfin un artiste et un créateur. Ardent propagateur des idées nouvelles tout en se gardant énergiquement des excès, ami du genre humain, il lutte sans relâche pour la liberté et se dépense pour soulager les misères de ses semblables. Il sera d’ailleurs le seul dignitaire de l’Empire à mourir pauvre… Les honneurs accumulés − grand chancelier de la Légion d’honneur dès la création de cet ordre, sénateur, comte de l’Empire, haut dignitaire de la franc-maçonnerie, etc. − n’ont jamais altéré ni sa curiosité d’esprit, ni sa passion de servir, ni sa générosité. Homme universel, Lacépède incarne ce que l’être humain peut donner de meilleur.

Mon avis :

Bernard Germain Etienne de Laville-sur-Illon comte de Lacépède ; pas le plus connu des personnages historiques, pourtant dieu sait qu’il a su marquer son époque, par son charisme et son esprit. Touche à tous, très (trop) humain, il a été aimé par beaucoup de ses contemporains qu’ils soient simples mortels ou mortels plus prestigieux, comme Napoléon par exemple.

Alors bien sûr, il n’eut pas que des amis, que ça soit après sa mort (où il fut dénigré dans le Dictionnaire des girouettes) ou pendant la Terreur où il dut fuir la folie  « guillotinaire » de Robespierre, (en s’éloignant de Paris et en démissionnant de ses activités dans le domaine des sciences naturelles au Jardin du Roi), Lacépède a eu ses ennemis. Pourtant à la lecture de ce livre on retiendra de ce dernier, qu’il a eu bien plus d’admirateurs que de détracteurs, ce qui n’a rien d’étonnant au final, quand on connait sa personnalité modeste et altruiste.

Modeste, car nonobstant les millions qu’il a brassé, les honneurs, son statut, et malgré la fortune qu’il a hérité de son oncle en prenant son nom, il faut savoir que cet homme a su rester simple toute sa vie, il vivait d’un régime ascétique et n’avait guère de frais personnel. Et altruiste, car -et c’est ça qui est étonnant- de la fortune qu’il a reçue de son oncle, il ne lui est presque rien resté à sa mort ; puisqu’en effet, il n’a pas hésité à la distribuer à d’autres, légionnaires ou veuves, qui venaient se plaindre (à juste titre) de leur condition dans son bureau de Grand Chancelier. Au point de s’endetter méchamment au service de ses fonctions, Napoléon lui versera d’ailleurs 200 000 francs d’arriéré en prenant connaissance de sa situation, cependant Lacépède n’arrêtera pas pour autant de donner de sa main pour soulager la misère de ses semblables...

D’ailleurs il ne s’arrêtera pas seulement à donner de l’argent pour soulager le peuple, il s’intéressa et s’impliqua dans la gestion des Maisons Impériales Napoléon pour l'éducation des filles des légionnaires, et celles des Maisons Impériales d'Orphelins de la Légion d'Honneur, car il tenait vraiment que chaque jeune fille puisse vivre dignement.

Mais Lacépède ne fut pas qu’un homme politique. Plus haut j’ai laissé entrevoir qu’il fut un homme féru de sciences naturelles, mais comme je l’ai dit, il fut aussi un touche à tous. Bien que c’est dans les sciences naturelles que l’on retient le plus souvent son nom, il a été aussi musicien, écrivain, philosophe. Ce qui lui vaudra d’être nommé dans plusieurs Académies, Sociétés, Institut, d’Europe : Berlin, Bologne, Stockholm, Göttingen, Saint Pétersbourg, Livourne, Paris… Son savoir et sa curiosité en faisant un homme exceptionnel, et il était assurément.   

Cela dit, et malgré la vie chargée et grandiose qu’il a eu, je dois avouer que sa mort casse un peu le prestige du personnage, puisqu'en effet il a eu une mort bête. Lacépède est mort de la petite vérole, mais comme il a attrapé ce microbe en serrant la main d’un ami médecin, probablement le Dr.Duméril, ben j’avoue que je trouve cela franchement absurde pour un si grand personnage. Ce n'est pas drôle je sais, mais quand même, il y'a du comique la dedans quand on sait qu'il n'est pas mort de ses autres maux.

Enfin bon, même si les passages de discours ou de lettres cassent un peu le rythme de lecture, et même si je n'ai pas toujours partagé les choses avancées par ce personnage, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre et à découvrir la vie d’un homme assez inconnu mais qui sort du commun. Voilà pourquoi si vous êtes curieux et aimé l’histoire, il vous faut le lire ! Parce que la personnalité de cet homme mérite vraiment qu’on s’y arrête.

Je remercie en passant les éditions Tallandier pour leur gentillesse.


05 janvier 2014

"Aliénor l'insoumise" de Isaure de Saint Pierre

"Aliénor l'insoumise" de Isaure de Saint Pierre

 

aliénor l'insoumise

 

Résumé :

Scandaleuse, séductrice, Aliénor était aussi une princesse érudite, qui, au XIIe siècle, a imposé la richesse de la culture occitane, elle est l’inspiratrice de l’amour courtois, sur deux royaumes. Une femme de tête qui a conservé le pouvoir pendant presque sept décennies. Reine de France à 15 ans, reine d’Angleterre à 18, Aliénor est une femme libre et intransigeante. Déçue par Louis VII, époux timide et maladroit, et par son royaume trop étriqué, elle fait annuler son mariage pour raison de consanguinité. C’est la première fois que le divorce est demandé, et obtenu, par une reine ! Après avoir ridiculisé Louis VII en affichant sa liaison avec son oncle Raymond de Poitiers, elle épouse Henri Plantagenêt, un jeune homme impétueux de dix ans son cadet, qu’elle fait roi d’Angleterre. Ce mariage renverse le rapport de force avec la France et inaugure la guerre de Cent ans. Lorsqu’elle découvre les infidélités d’Henri II, elle s’émancipe de sa tutelle et fomente une révolte contre lui. Jusqu’à la fin de ses jours, elle aidera ses fils (Richard Coeur de Lion et Jean Sans Terre) à asseoir leur pouvoir.

Mon avis :

Même si je n’ignore pas la pléthore de livre et roman sur Aliénor d’Aquitaine, j’avoue que c’est la première fois que je lis un livre sur cette dernière. Et pour une première je dois dire que je ne suis pas mécontente de cette lecture. Normal me direz-vous, puisque la vie d’Aliénor d’Aquitaine est un roman à elle toute seule ; mais quand même, ceci n’explique pas tout. En effet, qu’importe le sujet si la matière est absente. Et là autant dire que niveau matière, l’auteure a assuré !

Comme je l’ai dit je n’ai jamais lu de livre sur Aliénor (bien que j’ai un livre qui m’attend dans ma PAL) du coup en lisant ce roman j’ai cherché à me renseigner pour voir si ce que je lisais était pure fiction ou pas, et là je suis restée agréablement surprise de voir que finalement ce roman n’était pas qu’un simple roman, mais en quelque sorte une bio un peu romancée d’Aliénor. En effet, d’après ce que j’ai vu, rien dans la vie d’Aliénor d’Aquitaine, ou même dans celle des autres personnages, n’a été vraiment inventé. L’auteure a vraiment reproduit le plus fidèlement possible la vie de cette dame deux fois reine, mais aussi celle des autres protagonistes, et ça pour moi c’est véritablement le bon point de ce genre de bouquin, car c’est découvrir, disons dégrossir, l’Histoire d’une manière agréable, même si tout n’est pas dit dedans.

Alors certes Isaure de Saint Pierre, va parfois pendre parti pour une version plutôt qu’une autre, comme c’est le cas de la relation supposée entre Aliénor et son oncle Raymond lors de la deuxième croisade, ou encore pour la mort d’Arthur de Bretagne, mais comme les historiens eux-mêmes n’arrivent pas à se mettre d’accord on ne peut pas lui en tenir rigueur, fallait bien qu’elle choisisse !

 

Ensuite un autre point très agréable de ce bouquin, c’est l’ambiance. Personnellement, je me suis vraiment crue au moyen-âge en lisant ces pages. Isaure de Saint Pierre a vraiment su reproduire la cour chatoyante d’Aliénor dans ces châteaux traversés par les courants d’air, mais aussi cette époque politique, qui était faut bien le dire un peu belliqueuse. Toujours en train de se tirer dans les pattes ou de comploter pour un bout de terre, bien qu’elle soit faite d’alliance. Et d’ailleurs, comme j’ai pu le découvrir en lisant ces pages, Aliénor d’Aquitaine ne fera pas exception à la règle, puisqu’elle poussera ses fils à se révolter contre leur père le roi Henri II, ce qui lui vaudra au final 15 ans d’emprisonnement ordonné par ce dernier.

Alors il est vrai que vu comme ça Aliénor d’Aquitaine peut paraître un peu antipathique, et il est vrai qu’elle avait les dents longues, même très longues, mais je ne sais pas si ça vient de l’aura qu’elle dégage ou du fait que l’auteure s’est attardée à lui donner des sentiments, mais quoi qu’il en soit j’ai beaucoup apprécié Aliénor d’Aquitaine, elle avait un caractère et une tête froide à toute épreuve, et pour l’époque et pour une femme ben je trouve cela juste incroyable, car ça ne devait point être aisée. Et ce qui est doublement fou dans cette histoire, c’est que même l’âge venant, elle ne se laissera jamais démonter, à titre d’exemple la libération de Richard cœur de Lion, ou encore son parcours à travers les provinces « plantagênaises » afin de faire reconnaître Jean sans Terre roi d’Angleterre. Mais si vous voyez de qui je veux parler, de lui =>prince jean (désolée je devais la faire ! ^^)

 

Enfin comme le titre l’indique si bien, Aliénor était vraiment une insoumise, et pour cette grande dame et histoire je vous invite vivement à lire ce livre, qui reste bien documenté et se lit très facilement.

Je remercie en passant les éditions Albin Michel pour leur gentillesse et la patience de la gentille demoiselle (non ce n'était pas un monsieur comme je le croyez XD) car (je suis un peu chiante on peut le dire ^^).

 

nunujaune

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12 décembre 2013

"Geneviève de Paris : Lumière d'une sainte dans un siècle obscur" de Max Gallo

"Geneviève de Paris : Lumière d'une sainte dans un siècle obscur" de Max Gallo

sainte geneviève de paris livre

Résumé :

Paris, 451. Elle avait 28 ans. Fière et dressée contre les Huns, par sa force de conviction, son courage et sa détermination, elle parvint à éviter que Paris ne soit détruite par Attila. Ce fut elle aussi qui contribua à la conversion au christianisme de Clovis, le roi des Francs. Ce fut elle toujours qui décida la construction de la basilique Saint-Denis. La sainte patronne de Paris a particulièrement inspiré Max Gallo qui lui redonne vie avec élégance et passion. L’auteur prête sa voix aux proches de Geneviève, sa mère, l’évêque Germain d’Auxerre, pour nous permettre d’être au plus près de cette femme hors du commun qui sut défier les hommes et les armées au coeur d’un Ve siècle tourmenté.

mon avis :

Voilà bien plus d’une semaine que j’ai fini ce livre, et je me souviens qu’à l’instant où je l’ai fini je me suis demandé si le mot « sainte » n’était pas un peu exagéré…

Le livre en soi est très intéressant, mais très franchement la légende n’était pas à la hauteur de ce que j’avais imaginée. Au vu du résumé, je m’attendais à un genre de Jeanne d’Arc les armes en moins, c’est-à-dire une femme plutôt bonne stratège à défaut d’être guerrière, et non, pas du tout. Je me suis retrouvée devant une pure bigote qui pense que prier peut faire des miracles... Bon sang, ça n'existe pas des saints ou saintes avec deux sous de jugeote ? En plus, entre ce qu’elle a fait ou dit, j'ai trouvé qu'il n'y avait absolument rien de fantastique ou de divin, et ce quel que soit la version de la légende.
Car en effet il faut savoir qu’il existe plusieurs variantes de cette légende, celle qui dit qu’elle aurait sauvé Paris en empêchant les gens de partir et en disant qu'Atilla ne marcherait pas sur Lutèce, et en effet par un coup du hasard Attila n’est pas venu. (Version que l’auteur a choisie.)
Celle qui dit qu’elle aurait prévenu Attila d’une épidémie de choléra, ou encore cette autre version qui dit qu’Attila n’avait juste pas l’intention d’envahir Lutèce dans l’immédiat. Ce qui dans tous les cas, enlève du charme au plus gros de la légende, surtout dans la dernière version…  Et en fait c’est vraiment ça qui m’a déçu, j’ai trouvé le cœur de cette légende complètement vide par rapport à ce que laissé entendre le résumé. Pour moi cette Geneviève a été un peu trop portée aux nues par l’époque.

Néanmoins et malgré cela, le livre est très intéressant à lire. Que la légende plaise ou pas, elle fait partie de la légende de Paris et de la France, ce qui pour la passionnée d’histoire que je suis convient très bien. En plus faut bien admettre que malgré sa bigoterie cette fille avait un fort tempérament, par exemple elle n’a pas hésité à s’opposer à Childéric 1er qui siégé Paris et à forcer le blocus pour nourrir les parisiens que ce dernier affamé, ce qui faut le dire efface un peu le vide de la légende.

Après pour plus de détail sur Sainte Geneviève, je vous conseille premièrement de lire ce livre, il est court et reste une bonne base, surtout que Max Gallo en plus d’être un écrivain sérieux possède une très belle écriture (ce n’est pas le premier livre que je lis de cet auteur), et ensuite pour le reste de la légende je vous conseille de faire une petite recherche sur Internet. Car tout n’est pas dit ici, l’auteur faisant parler un contemporain de Geneviève, il n’est guère allé au-delà, mais pourtant tout ne s’arrête pas avec sa mort. Par exemple dans une autre bataille où les Normands envahissaient Paris, on a déplacé la châsse de Sainte Geneviève pour redonner courage aux combattants, et à la période de la révolution en 1793, les révolutionnaires (qui n’ont encore une fois pas pu s’empêcher de tout détruire), ont brûlé ses restes. Bon après qu’ils aient décidé de faire du Panthéon le lieu pour honorer les Femmes (oui je sais cela vient après) et Hommes de la patrie, et non l’église pour la châsse de Geneviève, ma foi ça, ça ne me dérange pas. Il en faut bien pour tout le monde.

En résumé et même si une partie de la légende peut être décevante, disons pas à la hauteur de ce qu'on peut attendre, j’ai malgré tout pris beaucoup de plaisir à lire ce livre car c’est de l’histoire et visiblement une histoire qui a marqué la France.

Merci à XO éditions.

Voici un lien si vous voulez en savoir un peu plus. http://www.paris.catholique.fr/652-Sainte-Genevieve.html

01 décembre 2013

"Issun Bôshi : l'enfant qui n'était pas plus haut qu'un pouce" de Icinori

"Issun Bôshi : l'enfant qui n'était pas plus haut qu'un pouce" de Icinori

issun boshi

Résumé :

Un vieux couple a enfin un enfant mais il est minuscule, pas plus grand qu'un pouce. Le garçon décide un jour de partir à l'aventure, avec une aiguille à coudre comme épée et un bol à soupe comme bateau ! Conte traditionnel japonais superbement revisité.

Mon avis :

La première chose que l’on remarque quand on reçoit ce livre, c’est qu’il est très… flashy. Bon pas au point de vous faire saigner des yeux, mais je crois qu’on peut aisément se guider dans le noir avec, et c’est là peut-être le seul point un peu négatif de ce bouquin. C’est vrai que c’est un livre pour enfant et que par conséquent c’est normal qu’il soit coloré, mais un peu plus sobre aurait sûrement donné plus de beauté à ce conte asiatique qu’est Issun Bôshi : l’enfant qui n’était pas plus haut qu’un pouce. Mais passons.

En ce qui concerne le conte par contre je n’ai rien à dire de particulier. J’ai vu ailleurs sur Internet qu’on le compare à celui de Tom Pouce, mais ne connaissant pas l’histoire de Tom Pouce je m’abstiendrai de le faire, cela étant j’avoue que le récit est mignon pour un enfant.
Car Issun Bôshi c’est l’histoire d’un tout petit petit petit garçon, qui armé d’une aiguille va partir à l’aventure. Sur son chemin qui sera long pour un si petit bonhomme, Issun Bôshi  va traverser des rivières et des forêts, découvrir la ville, rencontrer un ogre, puis une jeune fille. Bien sûr il devra affronter un danger bien plus grand que lui - paraît que ça se fait toujours dans les contes -, mais notre héros étant plein de ressources saura faire face à ce dernier avec intelligence et dextérité ; comment fera-t-il ? Ça par contre je ne dirai rien. Mais sachez qu’il a toutes les qualités du héros, courageux, adroit, fidèle qui fait rêver les enfants. Paraît même que sa fidélité n’a toujours pas mis de point final à cette histoire… Mais ça c'est une autre histoire.

Enfin bref, c’est un charmant petit bonhomme et conte traditionnel japonais qui fera rêver les tous petits.

Je remercie en passant les éditions Actes Sud Junior et Babelio pour ce partenariat.

 

 « Que vous aimiez Honoré de Balzac. ou Nicholas Sparks.,Paul Claudel. ou les romans fantastiques., Babelio vous invite toute l’année à découvrir des critiques de livres. et à dénicher les meilleurs livres. »

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02 novembre 2013

"La passion" de Jeannette Winterson

"La passion" de Jeannette Winterson

la passion

Résumé :

«Quelque part entre la peur et la volupté il y a la passion. Le chemin qui y mène est abrupt, et le retour bien pis.»

Quand Henri, jeune soldat au service de Napoléon Bonaparte, échoue dans l'enfer blanc de la campagne de Russie, son adoration pour l'empereur se change en cuisante désillusion.
Pendant ce temps, à Venise, Villanelle mène une vie bien singulière : elle se travestit en homme, triche au casino, et aime en secret une mystérieuse Dame de pique, qui lui vole littéralement son coeur... C'est à Moscou que les chemins de Villanelle et d'Henri vont se croiser, point de départ d'un périple à travers l'Europe et de leur apprentissage amoureux. Entre eux se noueront les fils de la passion. Ils n'auront désormais qu'un seul but : retrouver le coeur de la jeune femme.

Aventure exaltante sur «le jeu, la folie et l'extase androgyne» (Edmund White), La Passion confirme l'incroyable talent de conteuse de Jeanette Winterson. Écrit en 1987, ce récit enchanteur, hommage aux textes d'Oscar Wilde et de Virginia Woolf, est devenu un classique de la littérature contemporaine.

Née en 1959 à Manchester, Jeanette Winterson fut saluée dès son premier roman Les oranges ne sont pas les seuls fruits (L'Olivier, 2012). Son autobiographie Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? a rencontré un immense succès public et critique (Prix Marie-Claire 2012).

Traduit de l'anglais par Isabelle D. Philippe. Édition révisée.

«Le style Winterson est là. On ne finirait plus de citer les phrases bien tournées cernant au plus près l'émotion, le sentiment, le fait.»
Bruno Corty, Le Figaro littéraire

«Un auteur majeur, immédiatement reconnaissable dans sa sobriété et sa précision.» Josyane Savigneau,
Le Monde des Livres

Mon avis :

Quel livre étrange que celui-ci… Bien qu’il se passe à l’époque des guerres napoléoniennes, il laisse pourtant comme une sensation magique, un peu surnaturelle. Ici, malgré la dure réalité de la vie et des guerres, les bateliers marchent sur l’eau, les lutins d’Irlande rétrécissent les bottes des promeneurs, les amantes volent le cœur de leur compagne, et la Sainte Vierge des églises n’a de compassion que pour les femmes.

Et vous voyez, c'est là que commence réellement la magie de ce livre, c’est que dans cette période de guerre très concrète, le folklore et les traditions, se mélangent à la légende de Napoléon, pour mieux nous faire découvrir la vie étrange de nos deux personnages, Vilannelle et Henri. La première un peu fantasque et travestie, vit à Venise et se retrouvera par un coup du sort à devoir réchauffer les hommes de Bonaparte dans le froid de Moscou, et le second sert dans l’armée de Napoléon par passion pour ce dernier, bien qu’il désertera après avoir transformé sa passion en haine. Ici commence le basculement des sentiments et des êtres...

Forcément dans le froid de Moscou, nos deux êtres se rencontreront, forcément ils se rapprocheront, mais bien sûr entre eux cela ne sera pas possible. Pourtant la passion et l’obsession s’installeront entre ces deux êtres, un peu chaotiquement, un peu étrangement, mais ils se rapprocheront malgré tout, bien qu’Henri soit le plus touché des deux. Mais puisque cela n’était pas possible avant, pourquoi cela aurait dû changer après ? Evidemment le destin devait se manifester, comme pour donner à cette histoire un goût de drame antique. Car voilà qu’un jour la passion, la haine, le dégoût, se déchaînent, ils deviennent destructeurs. La colère éclate quand un monstre essaye de toucher cette divinité portée aux nues, et voilà que l’irréparable est commis… Que la folie ainsi apparaît un peu par surprise, rendant le rapprochement irrémédiablement impossible. Mais est-ce vraiment de la folie ? N’est-ce pas plutôt une planche de salut, car notre fou n’a pas l’air d’être bien fou. Il nous raconte des histoires. Faites-lui confiance. Et ce n’est pas le seul... En effet, il y a bien des aspirations dans le désespoir sous-jacent des personnages

Et c’est là l’autre magie de ce livre, c’est que les sentiments sont enrobés dans du brouillard, ils sont indescriptibles. Les personnages sont complexes à comprendre, ils sont un peu à l’image de cette Venise des mystères et de l’excès. Le décor s’est fondu aux personnages pour ressortir plus puissant sous cette plume fabuleuse. 

Pour résumer c’est un livre que je conseille vivement, parole vous allez être enchantés si vous l’ouvrez. Je remercie en passant les éditions de l’olivier pour ce service presse.

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17 octobre 2013

"Thérèse, vivre d'amour" de Thérèse de Lisieux. Dieu que c'est bête !

"Thérèse, vivre d'amour" de Thérèse de Lisieux

 thérèse vivre d'amour

Résumé :

Thérèse Martin : une si courte vie pour un si grand destin ! La petite Thérèse perd sa mère à l’âge de quatre ans et cette disparition entraîne le déménagement de sa famille à Lisieux. Quelques mois plus tard, sa sœur aînée Pauline, qui veillait sur elle, entre au Carmel. Désemparée, fragilisée, Thérèse tombe gravement malade. Mais sa foi l’éclaire, la guérit, et à quatorze ans elle décide de se faire à son tour carmélite. L’âge requis pour l’entrée au Carmel est de dix-sept ans ? Qu’à cela ne tienne : elle va jusqu’à Rome plaider sa cause auprès du pape Léon XIII et… devient sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face !
Dix ans plus tard, elle s’éteint à l’âge de vingt-quatre ans.
Auteur prolifique, elle nous a laissé des poèmes, des pensées, des correspondances, des mises en scène théâtrales… Ses Mémoires, publiées un an après sa mort, ont ému des milliers de lecteurs. Elle a été béatifiée en 1923, canonisée en 1925. Sainte Thérèse de Lisieux a même été proclamée docteur de l’église par Jean-Paul II en 1997.
Thérèse, Vivre d’amour nous fait revisiter cette existence exemplaire, faite de courage et de joie transcendante qui a marqué tant d’êtres humains. Ce livre nous transmet un message de sagesse d’une rare maturité, des pensées simples et pures qui rafraîchissent l’âme, et un souffle d’amour universel qui réchauffe les cœurs.

Mon avis :

Je ne sais pas du tout ce qui m’a pris d’acheter ce livre, moi qui suis une athée convaincue, surtout quand l'amour de Dieu est exprimé à ce niveau-là, au point que vous avez envie de vomir... ;  mais bon, je l’ai acheté et je l’ai même lu ! Ce que malgré tout je ne regrette pas, car je me suis quand même bien éclatée de rire.

Alors ce que je vais dire va paraître scandaleux pour beaucoup, mais très franchement j’ai purement détesté cette Thérèse de Lisieux. A mes yeux cette nana était complètement siphonnée.
Déjà parce qu’elle a des délires mystiques, elle prend des coïncidences pour des miracles ou encore ses délires pour des réalités, comme par exemple la fois où le sourire de la vierge l’aurait soi-disant soigné, (d’une maladie purement psychologique faut dire ).
Ensuite parce qu’elle a un amour du martyr, de la souffrance mais aussi de Jésus, Dieu, la Sainte Vierge et toute la clique, franchement mal placé et carrément exagéré, pour ne pas dire surjoué même pour une soeur (je l’aurais d’ailleurs bien vu comédienne, mourir mille fois telle Sarah Bernhardt au théâtre !).
Et pour finir parce qu’elle est finalement trop simple d’esprit, comme par exemple quand elle a été malade psychologiquement enfant, elle appelle ça le Démon ! (Et encore plus tard elle y fera référence pour d’autres choses, notamment lors des doutes qui l’assailliront quand elle mourra de la tuberculose. Et d’ailleurs à ce moment précis je vous jure qu’on part loin dans le délire de cet esprit dérangé.)

Vraiment je suis désolée, mais pour moi, cette fille était une cinglée. Elle exagérait trop les choses, et j’avoue que j’ai souvent levé les yeux au ciel durant ma lecture, et notamment et surtout, surtout, quand elle raconte son contretemps pour rentrer au Carmel à 15 ans, là ça a été le pompon je dois dire, et vous allez vite comprendre pourquoi. Déjà dans ce passage, le mot « épreuve » est employé à tout bout de champ ! Ce qui est légèrement agaçant quand on compare à d’autres choses bien plus graves… Ensuite, imaginez que cette fille appelle « EPREUVE » le fait qu’elle ne peut rentrer au Carmel qu’à 21 ans et non à 15 ans !!! Tout le monde lui dit – Pape compris – que ce n’est pas grave de rentrer si tard, surtout si elle a la vocation, ben non madame refuse de comprendre cela et le fait qu’elle ne rencontre que des refus sur sa route, elle appelle ça une dure épreuve qui allait éprouver ses forces… (Là dommage que vous ne voyez pas ma tête.) Limite si elle ne compare pas ceci avec les épreuves du Christ ! (Hé ! Vous n’allez pas me dire que ce n’est pas exagéré quand même ?! Franchement ? Bon pour l’anecdote faut savoir qu’elle a tellement pété les couilles à tout le monde, qu’ils ont fini par lui dire oui.)

D’ailleurs en parlant de cette vocation, je me demande si elle n’a pas été conditionnée pour. Ses parents étant très pieux, - et en passant ils ont été béatifiés par l’église en 2008 car ils représentent la famille chrétienne parfaite -, et comme ses sœurs ont toutes étaient dans un couvent, est-ce que finalement et malgré tout, elle n’a pas été conditionnée pour servir Dieu ? Surtout que j’ai trouvé qu’elle manquait de caractère, ce qui aurait été facile de la modeler. Sûr elle possédait un amour démesuré pour son Dieu, mais n’aurait-elle pas fini par se lasser si elle avait vécu plus vieille ? A se demander si tout ceci était bien raisonnable ? N’aurait-elle pas trouvé cela vain à la longue ? D’ailleurs je me demande si elle n’a pas été déçue une fois morte, autant il n’y avait rien de ce à quoi elle croyait de l'autre côté... Bon là d’accord c’est mon côté immoral qui s’exprime. Mais quand même, vivre cloîtré dans un couvent pour l’espèce humaine je trouve cela franchement idiot autant se rendre utile autrement. Puis l’amour et le pardon, honnêtement, il n’y a pas plus crétin. Personnellement j’aurai plutôt tendance à croire en la Justice et à la Raison (toutes deux humaines je précise), qui elles ont fait leurs preuves plus d’une fois et qui s’avèrent utiles, plutôt qu’à l’amour de Dieu et à sa miséricorde. Le pardon et l’amour c’est bon pour les bisounours !

A ce niveau de mon avis, on pourrait arguer que c’est mon côté athée qui s’exprime, mais sincèrement si demain je vois une religieuse à qui je peux accorder des mérites je le ferai avec plaisir, mais au petit mouton Thérèse, elle qui était trop faible de caractère, trop dans son délire d’obéissance, d’amour, de martyr et de soumission, ce n'est pas possible. Franchement ce n'est pas de la mauvaise foi, mais je ne lui trouve aucune qualité. Enfin bon.

Cependant outre tout cela, un autre point du livre qui m’a dérangée, c’est la religion chrétienne. Elle est faite d’amour et de pardon, ça je l’ai bien compris et vous le comprendrez très bien si un jour vous lisez ce bouquin (!), mais malgré cela qu’est-ce qu’elle est triste ! La souffrance est omniprésente dans cette doctrine, qu’est-ce-que c’est déprimant ! En plus rajoutez à cela le dévouement et le dénuement, mais vous avez de quoi vous exploser la cervelle à la fin de la journée. Personnellement je préfère distribuer la joie et la bonne humeur, plutôt qu’endurer la souffrance pour le don de l’amour et j’en passe.

Sinon pour résumer un peu plus ce livre, on ne va pas seulement découvrir que « la petite voie » que prêchée Thérèse, on va la suivre de son enfance à sa mort, donc la découvrir plus intime. Nous allons découvrir certains de ses textes, - qui je dois reconnaître pour quelque-uns ne sont pas mal -, mais aussi, tout ce culte qui a autour d’elle depuis sa mort ; elle a été reconnue par le pape Pie XII patronne secondaire de la France derrière Jeanne d’Arc (qui était une de ses idoles), elle a été faite docteure de l’église par Jean-Paul II, elle est la sainte patronne de plusieurs congrégations, et on lui attribue aussi des miracles (Edith Piaf aurait recouvré la vue grâce à elle à l’âge de sept ans) mais ces miracles ne sont-ils pas juste dus à la force de la ferveur elle-même, plutôt qu’a l’objet de la ferveur ? Enfin là je ne donne que mon avis.
Bref, on découvre aussi tous les à côté.

En résumé, je ne suis pas mécontente d’avoir lu ce livre car ma foi j’ai découvert la vie d’une fille que l’on dit Sainte, mais croyez-moi j’ai été bien contente de finir ce délire perpétuel d’une Sarah Bernhardt de couvent.