Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

16 octobre 2013

"La part de l'autre" d'Eric-Emmanuel Schmitt

"La part de l'autre" d'Eric-Emmanuel Schmitt

la part de l'autre

Résumé :

8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde..."

Mon avis :

Voilà un livre étrange dont la construction et le but, même si ce n'est pas la cas du sens, m’échappe.  Le but, parce que je ne comprends pas qu’on puisse se croire tout blanc, car il est évident qu’on a tous une part sombre en soi plus ou moins marquée selon les personnes, et qu’en plus je ne vois pas trop comment on peut ignorer cela ; et la construction, car je ne comprends pas pourquoi l’auteur a basé une partie de son livre sur un grand « SI », à savoir Hitler reçu aux beaux-arts. Pourquoi vouloir réécrire quelque chose qui de tout manière ne se réécrit pas ? Pourquoi ce « si » alors que l’histoire aurait pu être la même avec lui ou un autre ? Car il en existe toujours d'autres, la preuve aujourd’hui. En plus pourquoi ce « si » alors que l’auteur en a souffert ? Il est maso ! ^^

Bon d’accord le but de ce livre n’est pas d’imaginer l’issue de ces questions existentielles, ni même de les projeter, mais quand même, de mon côté, j’avoue que je n’ai pas pu y faire abstraction. Mais outre cela il est vrai que ce livre possède un sens nécessaire, un sens qu’il ne faut pas ignorer. La double personnalité de l’homme, capable du pire comme du meilleur… du moins jusqu’à l’union et l’entente. 

La double personnalité qui selon les circonstances, fera LE choix qui changera LE destin.  La double personnalité qui peut pourtant réveiller son côté obscur, parce qu’une chose l’aura blessée dans son orgueil mal placé. En fait au-delà de la double personnalité de l’homme, que l’auteur met en scène dans ce livre par Hitler, il faut regarder finalement autre chose, qui peut se résumer en une entité, une unité : l’égo. L’égo de l’homme source de tous les maux humains.

Et là je dois dire que l'auteur est allé très loin dans ce livre en voulant comprendre l'égo dHitler, puisqu'il explique en partie le pourquoi de la seconde guerre mondiale, mais développe un bout des prochaines et qui pourrait en être la cause… (Enfin là et au vu du monde, on est quand même dans la merde). Mais au-delà de tout ceci, ce qui faut savoir c'est que ce livre pose la question de la remise en question de soi.

Cela étant, je ne peux accepter les vexations et les échecs comme des excuses aux atrocités, car j’ai finalement l’impression que c’est ce qu’a fait l’auteur en essayant de comprendre et d’expliquer Hitler. Même s’il déteste Hitler, et qu'il a été content quand il a enfin tué, j’ai malgré tout eu l’impression étrange qu’il essayait « d’absoudre » ce dernier, en montrant ce que l’on peut devenir pour une histoire, et en ce qui me concerne c’était surtout visible dans l’espèce de journal d’écriture qui se trouve à la fin, quand il parle des humiliations. Faire un "observatoire d'humiliation" l'idée est mignonne, mais en plus des humiliés il y aura toujours des gens qui voudront être calife à la place du calife, et même au-delà, ce n'est plus une question d'humiliation là. Enfin tout ceci c’est une question de perception du roman et aussi peut-être une question de philosophie.

Pour moi le jour où l’homme passera outre son égo, sa susceptibilité, il sera fort et non plus faible, alors que pour l’auteur il suffirait apparemment juste de faire attention aux humiliations pour éviter les catastrophes ; bien que je ne dise pas qu’il ne faille pas faire attention au mal que l’on peut répandre, je trouve que chercher une raison pour expliquer un fait c’est exagérer ! Il ne tient qu’à l’homme de s’améliorer, de se questionner. Ne soyons pas entièrement défaitiste ni vaincu d’avance ! Cessons de se comporter en victime. Certes E.E. Schmitt veut monter aussi cela, mais peut-être bien qu’il n’appuie pas assez dessus, enfin de mon point de vue.

En somme, quoi qu’il en soit et malgré tout ce qu’on pourrait dire, ce livre possède un message très fort et encore très actuel, voilà pourquoi  je remercie la personne qui me l’a prêté, et pourquoi je le conseille aussi. Car malgré quelques longueurs, la présence de ce crétin de Freud (désolée je ne peux pas penser autre chose de ce mec, qui pour moi à fait coller sa réalité à la réalité en envoyant l’humanité dans le mensonge), ce livre possède aussi quelque chose de beau et de profond, une dimension pleine d’authenticité, bien qu’amené bizarrement. Mais pour faire simple, les deux parties du bouquin sont très agréables, surtout celle d’Adolf H. mais elle me dérange par sa non-existence, par le fait qu’elle soit amenée par un « si ». Et moi les « si », je n’aime pas ça, les choses sont ce qu’elles sont et puis c’est tout. (Oui je peux être cruellement terre à terre…)  Je pourrais dire encore beaucoup de chose sur ce livre, voilà pourquoi je m’arrête ici et le conseille en vous livrant un beau passage :

« Un idiot qui doute est moins dangereux qu’un imbécile qui sait. Tout le monde se trompe, le génie comme le demeuré, et ce n’est pas l’erreur qui est dangereuse mais la fanatisme de celui qui croit qu’il ne se trompe pas. Les salauds altruistes qui se dotent d’une doctrine, d’un système d’explication ou d’une foi en eux-mêmes peuvent emporter l’humanité très loin dans leur fureur de pureté. Qui veut faire l’ange fait la bête. »

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13 août 2013

"Quand Satan raconte la terre au Bon Dieu" de Mark Twain

"Quand Satan raconte la terre au Bon Dieu" de Mark Twain

quand satan raconte la terre au bon dieu

Résumé :

L'irrévérence de ce livre contre la religion est telle que sa publication n'a été autorisée que cinquante ans après la mort de Mark Twain. On y découvre ses textes les plus provocateurs : lettres de Satan à ses archanges, autobiographie d'Eve, journal de Mathusalem, chacun plus férocement désopilant que l'autre. Au tribunal de son rire, Mark Twain condamne l'absurdité de Dieu.


Mon avis :

La quatrième couverture dit déjà beaucoup sur l’esprit de ce livre, quand on la lit on s’aperçoit très vite que ce livre va être irrévérencieux, dérangeant, percutant, mais pourtant ô combien pertinent et réaliste. En fait ce livre est même bien plus qu’une critique de la religion, car dans certaines nouvelles, vu que ce sont des nouvelles ou des écrits divers, Mark Twain va critiquer aussi des nations ou encore des peuples, comme les anglais (un peu) et les français (beaucoup). (Et là  il ne vaut mieux pas être chauvin, car il n’y va pas avec le dos de la cuillère, cela étant il y a matière à réfléchir.) Mais pour autant que je sache, il ne s’arrête pas à ces quelques pays, d’une manière générale à travers ces histoires et l’Histoire il critique l’espèce humaine et sa bêtise, allant même jusqu’à les comparer avec les animaux. Plaçant ces derniers bien au-dessus de l’humain.

Mais pourtant pour bien critiquer l’homme, faire comprendre la dimension de ce dernier, Mark Twain va surtout se servir de la religion, la base même selon certain de la civilisation. Ainsi il va montrer dans des écrits étonnants, marrants même (l’histoire de la mouche m’a énormément plu), les incohérences de la Bible. Mais il va aussi dans la première nouvelle, « Quand Satan raconte la terre au Bon Dieu », raconter les travers de Dieu ; sa jalousie, sa méchanceté, son orgueil… Et là, si on ne s’en était pas déjà aperçu avant, -ce qui n’était pas tout à fait mon cas-, on va vite se rendre compte que Dieu n’est en fait pas l’homme du pardon et de l’amour.  Et pour appuyer ces dires, l’auteur va prendre un exemple parmi tant d’autre : l’aventure de la pomme. Il va rappeler que Dieu a chassé Adam et Eve du paradis terrestre car ils ont acquis suite à cet épisode le sens moral en croquant ce fameux fruit, ce qui montre aux yeux de l’auteur, et ce n’est pas faux finalement, que le pardon n’est pas la nature première de Dieu, car en plus la descendance en subira elle aussi les conséquences, - et je ne parle même pas de l’enfer. Il va aussi avec un autre exemple, très connu lui aussi, montrer la cruauté de Dieu avec l’épisode du déluge. Dieu voulait nettoyer la terre de toute souillure, soit. Pourtant il existait sûrement des humains noyés dans ce déluge qui ne méritait pas ce sort, mais Dieu en avait cure.  En plus avec cette partie de l’histoire religieuse, l’auteur va montrer l’incohérence de cette arche. Comment pouvoir réunir un couple de chaque espèce animale, dans une simple arche ? Finalement on se rend compte que l'homme se raconte lui même des mensonges sur ce Dieu éternel.

« Que les démarches de l’esprit humain sont déconcertantes ! Les chrétiens part de cette proposition nette, catégorique, péremptoire : Dieu est omniscient et tout puissant.

Tel était le cas, rien n’advient qu’il ne sache à l’avance ; rien n’arrive sans sa permission ; nul évènement ne se produit s’il décide de s’y opposer.

C’est clair, n’est-ce pas ? Cela implique indéniablement que le Créateur est responsable de tout ce qui arrive, n’est-ce pas ? Les chrétiens le concèdent dans la formule en italique. Ils le concèdent de tout cœur, avec enthousiasme même.

Puis, ayant ainsi rendu le Créateur responsable de toutes souffrances, maladies et misères ci-dessus énumérées, et dont il aurait pu les préserver, les chrétiens comblés, l’appellent suavement « Notre Père » !

C’est pure vérité. Le chrétien dote le Créateur de tous les éléments qui entrent dans la genèse d’un démon, et arrive à cette conclusion qu’un démon et un père sont une seule même chose ! Mais il nierait, et non sans vigueur, qu’un fou dangereux et un directeur de patronage sont essentiellement identiques.

Que pensez-vous de l’esprit humain ? J’entends, au cas où vous estimeriez que pareille chose existe. »

Tout cela c’est pour la première nouvelle, sûrement celle que j’ai préféré, mais beaucoup des nouvelles qui suivent sont tout aussi intéressantes, car il y critique encore la religion avec un œil moderne et curieusement d’actualité, mais pas seulement puisqu'il va aussi critiquer la surpopulation en se servant de la religion, et malgré que ce fût écrit en 920 après le commencement du monde dans le livre, il y a fort à parier que le parallèle est à faire avec le 20ème siècle et même plus tard le 21ème siècle. Finalement quand on tourne les pages de ce livre on se rend compte que l’auteur était même assez visionnaire et observateur, beaucoup de problèmes actuels se retrouvent ici, ce n’était pas seulement une plume corrosive qui critiquait sans penser pour déverser son fiel. Non, loin de là. C’est un auteur qui pensait. Jugez donc : « L’homme est l’animal religieux. Le seul. Et le seul qui détienne la vraie religion – il y en a un certain nombre. Il est le seul animal qui aime son prochain comme lui-même et lui coupe la gorge si sa théologie n’est pas dans la ligne. Il a transformé le globe terrestre en cimetière à force de s’évertuer à aplanir pour ses frères la route du Ciel et du bonheur éternel. Il s’y est employé sous les Césars, à l’époque de Mahomet, sous l’Inquisition en France pendant quelques deux siècles, en Angleterre au temps de Marie ; il n’a cessé d’y consacrer ses soins depuis que ses yeux se sont ouverts à la lumière, il s’en occupe aujourd’hui même en Crête ; il s’y appliquera demain, en quelque autre région de la planète. Les animaux supérieurs n’ont pas de religion. Et l’on nous dit qu’on les laissera à la porte, dans l’au-delà. Je me demande bien pourquoi. L’idée me paraît saugrenue. »

Enfin là je vous résume ce livre, mais pour être honnête je pense qu’une seule lecture n’est pas suffisante pour saisir toute la profondeur de ce bouquin. Voilà pourquoi je le relirai sûrement et voilà pourquoi je vous invite à le faire aussi car ce bouquin c'est quelque chose.

Je remercie en passant les éditions Grasset pour ce SP.

16 juillet 2013

"Un coeur insoumis" de Sarah Dunant

"Un coeur insoumis" de Sarah Dunant

un coeur insoumis

Résumé :

À Ferrare, au couvent de Santa Catarina, nombreuses sont les jeunes filles nobles mariées au Christ à défaut de dot. Tel est le sort de Serafina, seize ans à peine, enfermée de force par sa famille suite à sa liaison avec un simple chanteur.
Insoumise, Serafina se heurte bientôt à l'ordre établi par l'abbesse Chiara et à la piété exacerbée de soeur Umiliana, prête à affamer le corps des novices pour libérer leur esprit...
Isolée parmi les nonnes cloîtrées en proie à d'étranges extases mystiques, la jeune rebelle peut compter sur la bienveillance de Zuana, une nonne érudite, qui soigne tous les maux du couvent, y compris les blessures que les soeurs s'infligent à elles-mêmes.
Mais jusqu'où est-elle prête à l'aider ?

Tandis que les forces de la Contre-Réforme grondent au-dehors pour durcir les règles en vigueur dans les couvents, Serafina va tout tenter pour s'enfuir. Le début de guerres intestines qui vont bouleverser la vie des soeurs à jamais...

Mon avis :

Franchement génial ! Je suis encore toute épatée par le talent de l'auteur qui a su faire d'une histoire dans un couvent un livre si original et terrible. Une héroïne au caractère versatile, victime d'une chose terrible, être enfermée contre son gré dans un couvent (ce qui était apparemment assez répandu à l’époque) pour avoir aimé un homme qui ne fallait pas.

Obligée de supporter la bigoterie insupportable des nones, leur humilité, leur obéissance obséquieuse -et très franchement insupportable elle aussi-  le rythme que la règle de Saint-Benoît impose, notre héroïne Sœur Séraphina n'a pourtant de cesse de lutter contre cette injustice afin de retrouver sa liberté. Y parviendra-t-elle ? Je vous laisse le découvrir…

Cela dit, outre cette histoire d'amour d'un autre temps, l’auteur va aussi nous faire découvrir la vie dans un couvent à l’époque de la renaissance italienne. Alors que le concile de Trente essaye de son côté de redresser les couvents pour combattre l'hérésie au cœur de l’église, nous allons découvrir ou redécouvrir ce qui fait le plus gros de la vie des sœurs dans leurs églises avant les gros changements qui s'annoncent, c’est-à-dire pas grand-chose et principalement ; chorale, prières, manger, silence, un peu dodo et un peu de divertissement. Chorale, prières, manger, silence, un peu dodo et un peu de divertissement… La vie dans un couvent n’est pas très passionnante, soyons honnête, elle deviendra même pire après...

Cela étant, ne croyez pas, si vous lisez ce livre, que vous allez vous ennuyer en pensant lire toujours la même chose, car ce n’est absolument pas le cas ! Comme notre héroïne va travailler dans l’apothicairerie du couvent avec une autre sœur que j’ai beaucoup aimé, mais va aussi échafauder des plans pour sortir, enfreindre quelques règles, voir les mini guerres des soeurs, découvrir quelques menus mystères aussi, on n’a pas cette impression de tourner en rond ni de s'ennuyer. L'intrigue glisse facilement, sans se répéter, puisque malgré une ambiance aux apparences très calmes, ce livre comporte quand même quelques agissements et rebondissements qui rendent la lecture piquante.

En résumé c’est un livre que j’ai beaucoup aimé, et je le conseille vivement même si cette ambiance d’obéissance aveugle est en tout point insupportable. (D’ailleurs ça paraît incroyable d'imaginer qu'a une époque les gens pouvaient être aussi arriérés et si encrés dans la pensée de Dieu.) Mais quoi qu'il en soit, vous allez vous régaler si jamais vous l'ouvrez.

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13 juillet 2013

"Je te vois reine des quatre parties du monde" d'Alexandra Lapierre

"Je te vois reine des quatre parties du monde" d'Alexandra Lapierre

 

je te vois reine des quatre parties du monde

Résumé :

Comme Christophe Colomb, Dona Isabel Barreto rêva de repousser les limites des mondes connus. Admirée - haïe aussi -, elle devint, au temps des conquistadors, la première et la seule femme amirale de la flotte espagnole. En 1595, elle part de Lima avec quatre galions en quête du cinquième continent : l'Australie. Elle traverse le Pacifique, couvrant près de la moitié du globe sur une route maritime inexplorée. Au fil de ses découvertes, elle va devoir affronter la violence et tenir tête à la mort. Elle aimera follement deux hommes qui partageront son ambition. Mais pour survivre, elle accomplira des actes qu'elle-même ne pourra se pardonner... Connue pour la rigueur de ses enquêtes, Alexandra Lapierre a suivi sa trace dans les bibliothèques d'Europe et d'Amérique du Sud, traquant de Lima à Séville tous les témoignages de cette existence passionnée. Par le souffle et la vivacité de son écriture, elle brosse de cette femme qui osa l'impossible un portrait baroque et puissant, à la mesure d'un destin sans égal.

Mon avis :


J’aime beaucoup l’histoire, voilà pourquoi j’ai voulu lire ce livre. Néanmoins le problème avec ce genre d’histoire c’est que l’on ne sait jamais ce qui est vrai et ce qui a été rajouté, voilà donc pourquoi j’ai cherché un peu à comprendre le parcours de ce livre pour arriver à tout bien différencier ; et ce que j’ai découvert me laisse… stupéfaite.

Déjà l’auteure est tombée par hasard, - et lors d’autres recherches sur un autre personnage -, sur la vie d’Isabel Barreto. Alexandra Lapierre ignorait elle-même la vie de cette dernière, jusqu’à ce qu’elle tombe dans des archives sur les mots « governadora » et « adelantada », mot habituellement au masculin en espagnol. Ce qui je l’avoue me fait halluciner, car il s’en est fallu de peu de chose finalement pour que cette dame Barreto reste dans l’oubli pour beaucoup d’entre nous.

Ensuite ce qui m’a le plus étonné, c’est que finalement il y a très peu de romancé dans ce livre. Tout ou presque, est vrai. Que ça soit les dates, les évènements, etc, etc... l’auteure est restée fidèle aux éléments de sa connaissance, qu’elle a amassés pendant trois ans ! Il y a d’ailleurs en fin de livre des petits passages qui expliquent ce qu’ils sont devenus, ce qui n’est franchement pas désagréable et permet en plus d’avoir une vue d’ensemble.

Pour en venir un peu plus au livre et en particulier au personnage qui nous intéresse, Isabel Barreto, je peux vous assurer que vous n’allez pas être déçu du voyage, si je puis dire… Jamais une femme n’a paru aussi souveraine et singulière qu’Isabel Barreto.

Conquistadora des mers du sud, seule et unique femme amirale (à ce jour) de l’armada espagnol. Nous allons découvrir ici sa vie depuis sa naissance à Lima (et non en Espagne comme beaucoup d’historiens le pensent), en passant par son enfance, où elle a été éduquée un peu à la manière d’un homme et reçu une instruction plus poussée que ses autres sœurs, jusqu’à sa vie de femme qui commence avec son premier mariage avec le navigateur Alvaro de Mendaña découvreur des îles Salomon, Marquises et de Santa Cruz, et finit en couche avec son second mari Hernando de Castro. En faisant bien sûr un détour par le couvent de Santa Clara à Lima où elle fit une courte retraite. Bref, dans ces pages on découvre tout sur la vie de ce personnage, et rien que cela est un délice. Pourtant je vous cacherais bien des choses en omettant de vous parler de la partie que j’ai préférée, celle où l’on découvre toute la singularité du personnage, je veux parler bien sûr du premier et seul voyage d’Isabel avec Alvaro, lorsqu’ils partaient ensemble avec quatre galions pour retrouver les îles Salomon et pourquoi pas trouver l’Australia incognita.

En effet, il faut savoir que c’est spécifiquement dans ce voyage où l’on découvre toute la dimension du personnage, toute sa splendeur et son rayonnement ; déterminée, imposante, réfléchie, intelligente, intransigeante, audacieuse, mais aussi majestueuse. Alors magistrale dans le caractère certes, mais aussi et curieusement, physiquement. Toujours bien mise, avec fraise, bijoux et vertugadin, toujours bien coiffée, même aux périodes les plus sombres du voyage, Isabel Barreto avait compris que tant qu’elle soignerait son apparence c’était faire comprendre aux autres navigateurs qu’il fallait composer avec elle. Ce qui montre vraiment sa grande force de caractère. D’ailleurs par la suite cela est allé plus loin, car à la mort de son mari ça voulait dire qu’elle était le seul maître à bord de ses galions. Attitude qui peut paraître assez invraisemblable quand survivre était le mot d’ordre, ou que la mutinerie, les meurtres, la maladie… agissaient. Mais pourtant une attitude nécessaire pour que l’ordre règne. Et c’est quand on voit cela, que l’on s’aperçoit que cette femme était très intelligente, mais possédait aussi une bonne psychologie, car elle calculait la portée de chaque geste ! Ce qui laisserait presque sans voix.

Enfin bon, c’est vraiment un livre que je conseille car il est trèèèèèèèèèèèèèès intéressant mais aussi et en plus bien écrit, bien manié. Sans compter qu’il aborde la vie d’autres personnages, comme celle d’Alvaro de Mendaña mais aussi de Pedros Fernandez de Quiros (entre autre).

Pour ma part je ne connaissais pas cette auteure, mais je peux vous assurer que maintenant j’ai envie de découvrir d’autres livres d’Alexandra Lapierre. Je remercie en passant les éditions Flammarion mais aussi Babelio pour cette découverte.


09 juillet 2013

"Burqa de chair" de Nelly Arcan

"Burqa de chair" de Nelly Arcan

burqa de chair

Résumé :

Septembre 2001-septembre 2009 : en l’espace de huit ans, une jeune femme déploie son chant et disparaît. Huit ans seulement pour entrer avec fracas dans la littérature et pour s’échapper du monde tout aussi violemment. Nelly Arcan était une guerrière, sous les fragiles apparences d’un ange blond. Son courage intellectuel n’avait d’égal que son effroi de vivre, c’est-à-dire d’habiter un corps. Un corps de femme, exposé et convoité, prison et camisole, étendard et linceul. Burqa de chair, disait-elle dans une formule saisissante. Il semblerait que très tôt elle ait appris à poser les bonnes questions, celles qui dérangent, et que s’emploie à détailler Nancy Huston dans sa préface. Les textes qu’on lira ici sont du meilleur Nelly Arcan. Dernières pierres blanches au bord d’une route interrompue, ils nous donnent l’occasion d’entendre encore une fois la beauté de cette langue inimitable, étourdissante, et qui laisse le lecteur hors d’haleine.

Top chrono :

Une bonne écriture et un ton assez violent, mais j'ai trouvé cela un peu trop vulgaire et tordu. Il ne faut peut-être pas s'attendre à autre chose avec cette auteure, mais pour ma part je n'ai pas été si emballée. C'est beaucoup trop délirant, psychotique, fou et abusé. Pour moi l'autreure a trop forcée, et si cela était bien sa vie -on peut le supposer vu qu'elle s'est suicidée- je n'arrive pas à la prendre en pitié, il ne tenait qu'à elle de se prendre en main et d'arrêter ses délires, ses mensonges, ses films. Enfin bref, le livre comme la personnalité de l'auteure me sont restés hermétiques, bien que la plume soit présente malgré tout.

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16 mai 2013

"La dernière bagnarde" de Bernadette Pécassou-Camebrac

"La dernière bagnarde" de Bernadette Pécassou-Camebrac

la dernière bagnarde

Résumé :

En mai 1888, Marie Bartête, à l'âge de vingt ans, embarque sur le Ville de Saint-Nazaire. Elle ne le sait pas encore, mais elle ne reverra plus jamais sa terre de France. On l'envoie au bagne, en Guyane. Bien sûr, elle a été arrêtée plusieurs fois pour de petits délits, mais elle a connu la prison pour cela. Pourquoi maintenant l'expédie-t-on à l'autre bout du monde ? Reléguée. La France ne veut plus d'elle. Sur le bateau, elle rencontre Louise, persuadée qu'on les emmène au paradis. Là-bas, on dit qu'il fait toujours beau et qu'elle se mariera. Mais l'illusion sera de courte durée. Le voyage de six semaines à fond de cale, les mauvais traitements et l'arrivée en terre inhospitalière achèvent de la convaincre que c'est bien l'enfer qui l'attend. Et que, malgré la bonne volonté de soeur Agnès et de Romain, jeune médecin de métropole, personne ne l'en sortira jamais.

C'est le destin de cette prisonnière du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni que fait revivre ici Bernadette Pécassou-Camebrac. Elle met en scène d'une écriture énergique et sensible le sort tragique de ces femmes abandonnées de tous, que l'histoire a tout simplement oubliées.

Bernadette Pécassou-Camebrac a publié cinq romans à succès chez Flammarion : La Belle Chocolatière (2001), Le Bel Italien (2003), L'Impératrice des roses (2005), La Villa Belza (2007) et La Passagère du France (2009).

Mon avis :

Je sors de ce livre avec un bilan mitigé, mais pas tant à cause de l’histoire, encore qu’elle ne m’a pas tant plu que ça, mais plutôt à cause de l’écriture qui m’a laissée… comme une impression de courant d’air et d’irrégularité dans le récit.
Je sais c’est un peu bizarre ce que je dis, mais pourtant j’ai ressenti  quelques manques dans la rédaction, comme des choses mal accordées. Alors peut-être est-ce dû au fait que le sujet soit finalement assez survolé et rapide ? Ou peut-être pas ? Je ne sais pas.

Mais de toute façon et même sans cela, je crois que j’aurais quand même moyennement apprécié ce livre ; puisque comme je l’ai déjà dit le sujet reste assez en surface. Alors je n’ai lu aucun autre livre qui parle des bagnes donc je n’ai aucune comparaison à faire, pourtant il me semble que la dureté de la vie là-bas est moins bien rendue dans ces pages par rapport à ce que l’on sait déjà. Cela dit, et c’est un point positif, dans ce livre on ressent plutôt bien l’inertie de l’administration et son indifférence pour les bagnards. Ce qui rattrape un peu les choses, et montre dans le même temps d'autres côté que l'on aurait peut-être pas imaginé.

En résumé ce n’est pas un livre qui m’a énormément plu, mais parce qu’il raconte une chose qui reste pour beaucoup ignoré c’est un livre que je conseille malgré tout.

Ici une page wikiki sur le bagne de Saint-laurent-du-Maroni. (Celui du livre.)

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02 mai 2013

"Charlemagne" de Jean Favier

"Charlemagne" de Jean Favier

charlemagne

Résumé :

Successeur des Césars, Charlemagne dont la personnalité fut multiple, aura influencé la politique de la France et de l’Europe bien au-delà de son règne. Jean Favier brosse ici le plus magistral des portraits de l’Empereur. De l'héritier de l'Empire romain à l'empereur à la barbe fleurie, de l'inventeur de la Couronne de France à celui de l'école, l'Histoire donne bien des visages à Charlemagne ; il est souvent difficile de distinguer la part du mythe et de la réalité. Aussi Jean Favier a-t-il consacré une partie entière de son ouvrage au personnage construit par les siècles. Le grand médiéviste s'attache d'abord à replacer le personnage dans son contexte historique, analysant minutieusement la société dont il est issu. Il brosse également un portrait fouillé de ce souverain dont l'action était toute entière tournée vers un seul but : l'unité politique et religieuse de l'Occident chrétien. Sous le mythe, on découvre un homme raffiné, épris de poésie latine, lisant le grec, artisan d'une renaissance intellectuelle qui n'aura pas d'équivalent avant longtemps. Du système monétaire à l'Église, pas un domaine n'a échappé à son ardeur réformatrice que ses conquêtes ont étendue à un énorme empire : tous les éléments d'une légende étaient réunis, le temps a fait le reste.

Membre de l’Institut, directeur général des Archives de France, puis président de la Bibliothèque nationale de France, président de la Commission d’histoire de Paris, Jean Favier a publié plus d’une vingtaine de livres sur le Moyen Âge. Ils ont tous été de très grands succès de librairie. Citons par exemple Philippe Le Bel, Louis XI, François Villon, Charlemagne, le Dictionnaire de la France médiévale, Paris, 2000 ans d’histoire, Pierre Cauchon et enfin Le Bourgeois de Paris au Moyen Âge (Tallandier 2012).

Mon avis :

Ce livre ravira tous les gourmands d’histoire, mais étant très très très détaillé, je le conseille vraiment pour ceux qui veulent en savoir plus et dans les détails sur Charlemagne, mais aussi sur les Mérovingiens, l’Europe, la société, l’agriculture, la renaissance Carolingienne, etc, etc... Alors si cela a des avantages et que c’est agréable d’en découvrir un peu plus sur cette Europe féodale qui fait suite à la chute de l’Empire Romain d’Occident (476) et que l’on connaît souvent très mal, faut admettre que parfois c'est un peu dur (surtout au début) à suivre, voilà pourquoi je conseille d’avoir quelques bonnes cartes sous les yeux pour arriver à bien suivre les conquêtes et compagnie. (A faire si bien sûr vous voulez vraiment bien visualiser cette ancienne Europe, mais en ce qui me concerne ça m’a beaucoup aidé. ^^)

Néanmoins malgré cela, ce livre est génial à lire. Pour ma part j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’évolution de l’Empire de Charlemagne, son organisation, ses marches, ses grands évènements…, et connaître par exemple ainsi la véritable histoire sur le désastre de Roncevaux, (la geste La chanson de Roland étant loin d’être juste car écrite fin du XIème et révisée par les auteurs), ou encore découvrir comment son règne a marqué l'histoire. En effet ce dernier n'a jamais été oublié par ses successeurs, Roi français, Empereurs du Saint Empire Romain Germanique, Napoléon 1er ou même des Nazis on souvent fait référence à cet empereur.
Alors certes Charlemagne n’a pas eu que des amis, ce dernier qui se pose comme le défenseur de la foi chrétienne, sera souvent en désaccord avec l’Empire Romain d’Orient, dont le siège se trouve à Constantinople. Déjà parce que cet empire a eu tout le long du Moyen-âge des revendications sur l’occident, mais aussi parce qu’ils ne pouvaient supporter qu’un roi dit "barbare" se pose en successeur de Constantin, (ils auront beaucoup de mal à admettre Charlemagne comme empereur), et soutienne en plus le pape. Bon ce n‘est pas pour autant que l’église catholique et Charlemagne s’entendront toujours comme larron en foire, d’ailleurs la canonisation de Charlemagne ne sera jamais vraiment confirmer par l’église, cela étant elle ne sera pas annuler pour autant. Plus proche de nous l’historien Michelet en fera un portrait pas du tout flatteur et mensonger.

Je ne vais pas m’attarder sur tous les sujets que le livre développe, car je voudrais m’arrêter sur un Charlemagne plus intime, mais en vrac je vais vous en donner quelques aperçus. Que ça soit sur la création de la dynastie des carolingiens, depuis Charles Martel et Pépin le Bref, sur l’éviction des neveux de Charlemagne par ce dernier à la mort de son frère Carloman, sur l’agriculture, le commerce, l’organisation des marches (car rien n’était laissé au hasard), les serments de fidélité que Charlemagne exigeait, les diverses capitulaires, ou encore sur le dénigrement des mérovingiens par Eginhard, (historien de Charlemagne qui a beaucoup écrit sur ce dernier mais hélas trop sous un beau jour, et au mépris de la dynastie précédente les mérovingiens, qui n’étaient sans doute pas tous des rois fainéants), tout est développé dans ces pages. Ce livre est une véritable carte géographique et sociologique sur cette époque mal connue.

Quand n’est-il de Charlemagne d’une façon moins générale ?

On connaît de Charlemagne le roi guerrier qui partait toujours en guerre pour mater les saxons, les avars, etc, etc... mais en privée c’était un homme assez simple, c’était un tout autre homme. Pour ma part il m’a semblé même plutôt bon, j’avoue. J’entends par-là pas cruel, qui avait soif de justice, d’équité, et protègait le petit peuple, un homme aussi qui apprenait de ses erreurs. C’était aussi un homme plusieurs fois marié (pour ma part je me souvenais seulement d’Hildegarde), et qui a eu 18 enfants ! A qui il donnera une réelle formation intellectuelle à ses filles comme à ses fils. Car il faut savoir que Charlemagne tenait beaucoup à l’instruction, lui-même avait une soif d’apprendre immense et n’aura de cesse de se perfectionner en s'entourant d’intellectuelles et formera d’ailleurs l’Académie Palatine, où chacun des participants portaient un nom de poète grecque ou latin (Horas, Homère, Pindare, Ovide), ou le nom d’un empereur (César, Antoine). Charlemagne lui, se réservant le nom de David en référence à David et Goliath, mais aussi au David « fondateur de Jérusalem, la tête de la maison dont est issu le Christ ». (Page 469-470).

Il est vrai que l’on pense souvent à tort que le moyen-âge était une époque sombre et inculte, ce livre va nous montrer l’inverse. Sous Charlemagne il y aura ce qu’on appelle aujourd’hui « la Renaissance Carolingienne ». En effet Charlemagne n’était pas un roi seulement obsédé par la religion et sa toute puissante pensée, il a cœur de faire revivre cet héritage gréco-romain, et il va y parvenir grâce à l’Italie, le pape Léon III lui fera parvenir des copies de grands classiques, mais surtout grâce aux îles britanniques ! L’évangélisation récente de ses îles a fait que ces dernières ont gardé jusqu’à très tard la culture latine. Et c’est en particulier à travers le monachisme anglo-saxon où on enseigne le comput, l’arithmétique, l’astronomie, la médecine, l’exégèse et la métrique et même un peu le grec, que l’empire de Charlemagne va pouvoir bénéficier des lumières antiques. En ce qui concerne l’Espagne de l’après wisigothique (qui était déjà une très grande culture), l’Espagne  Mozarabe où se combine l’apport culturel des trois religions, sera très effacée de la renaissance carolingienne même si ces derniers travaillaient pourtant en commun sur les œuvres de la pensée grecque, en fait Charlemagne n’était pas très attiré par l’Espagne. Cela étant toute cette « Renaissance Carolingienne » se fera surtout sentir un peu après la mort de Charlemagne. Par contre pour tordre le coup à une légende et contrairement à l’idée reçue, Charlemagne n’a pas inventé l’école, elle existait déjà avant. Mais Charlemagne souhaitait l’ouvrir pour les enfants des riches comme pour les enfants des pauvres. Il voulait que chaque enfant dans les cités épiscopales sache la grammaire, lire, compter, car il savait que la culture assurée aussi l’avenir du royaume. C'était un homme des Lumières avant l'heure.

Enfin bref, il y’aurait encore beaucoup à dire sur ce livre, car il décrit tous les domaines où Charlemagne a agi. Voilà pourquoi je vais m’arrêter là. Mais si l’histoire vous intéresse je recommande vivement ce livre, même si je pense qu’il faut en faire plusieurs lectures pour bien mémoriser et comprendre l’œuvre de Charlemagne

Je remercie au passage les éditions Tallandier pour ce service presse.

16 avril 2013

"Les archives secrètes de Vatican" de Luca Becchetti, Luca Carboni, Giovanni Castaldo et Marcel Chappin

"Les archives secrètes de Vatican" de Luca Becchetti, Luca Carboni, Giovanni Castaldo et Marcel Chappin

les archives du vatican

Résumé :

Créées en 1612, les archives secrètes du Vatican représentent 12 siècles de la mémoire du monde sur 85 kilomètres de rayonnages. Pour la première fois révélées, elles mettent au jour un patrimoine inestimable, qui embrasse tous les âges de l'humanité et tous les continents. Ce livre nous présente leurs plus beaux trésors : Le réquisitoire contre l'ordre des Templiers en terre de France ; L'excommunication de Martin Luther ; Le testament de Marie Stuart à Sixte V ; Les actes du procès de l'Inquisition contre Galilée ; La lettre de Voltaire à Benoît XIV ; La plus prestigieuse distinction pontificale pour Mozart ; Les correspondances de Bernadette Soubirous et d'Abraham Lincoln à Pie IX ; Le cérémonial du sacre et du couronnement de Napoléon empereur des Français ; La requête de Pie XI à Hitler ; Et bien d'autres... Vous emprunterez les plus mystérieux couloirs, accéderez aux salles de lecture réservées aux éminents chercheurs, et vous glisserez dans les pièces interdites. Enrichi de commentaires qui resituent ces écrits dans le contexte d'une Eglise bouillonnante, traversée par de multiples controverses, cet ouvrage unique révèle enfin les coulisses de l'Histoire.

Mon avis :

C’est l’émission Secrets d’histoire sur le Vatican qui m’a donnée envie d’en apprendre plus sur les fameuses archives du Vatican, qui ont au cours de l’histoire connues 1000 péripéties. (Les guerres, le transfert de Napoléon, les dégâts du temps…), et je remercie par avance les éditions Michel Lafon pour m’avoir accordée ce service presse.

Tout d’abord je tiens à faire part de ma surprise quand j’ai découvert ce livre, enfin le contenu. Pour être honnête je ne m’attendais pas à cela. Enfin si je m’attendais bien à des archives, mais pas à des archives de cette nature qui donnent à l’Histoire une nouvelle vision et une version un peu plus complète, et je m’attendais encore moins à ce qu’elles touchent une bonne partie de l’histoire de l’humanité ! Car aussi curieux que cela puisse paraître, dans ce bouquin il y’a des photos de vieille lettre qui vont du Grand Khan Güyük (empire mongole) au septième Dalaï-Lama (Tibet), en passant par La Chine de l’Impératrice Hélène reconvertie au christianisme (Dynastie Ming), les indiens d’Amérique, le Japon du 20ème siècle, et le calife du Maroc Abu Hafs. Comme vous le voyez c’est un sacré tour d’horizon que nous propose ce livre, et je dois dire que si pour les territoires chrétiens la correspondance entre Pape et Patriarche, Pape et Roi, etc, etc… ne m’étonnait guère, j’avoue par contre que pour le reste je suis restée plutôt pantoise. Je ne m‘attendais vraiment pas à ce que l’univers du Vatican aille si loin !

Bien entendu les archives présentent dans ce bouquin ne concernent pas seulement les mondes si éloignés, en effet elles peuvent se montrer plus proches de nous, avec des personnages comme Frédéric Barbrousse, Otton 1er, (qui faut arriver à situer ^^) Charles Quint, François 1er, Mozart, Voltaire, Jan Sobieski III, Erasme, Luther, Hitler… Et là, comme dans les mondes plus lointains, on va découvrir les alliances, les donations, les traités, les divergences, les simples lettres, etc, etc…, entre église et les grands de ce monde. En quelques mots, on va aussi découvrir ici des petits bouts d’histoires qui font la grande Histoire.

En vrac, dans ces pages on peut trouver des informations sur la chute des Ming, des rapports entre Erasme, Luther et l’église, sur la création de la Garde Suisse ou encore la mission du Vatican lors de la dernière guerre mondiale. On trouve encore le traité de Paix de Tolentino entre le Saint-Siège et la République Française en 1797, (avant l’avènement de Napoléon qui changera encore tout cela en annexant en 1809 les états pontificaux), ou encore le commencement du divorce entre les états européens et l’église qui se marque en 1648 avec la Paix de Westphalie sous le règne du Pape Innocent X.

Enfin bref par ces archives nous découvrons énormément sur l’Histoire en générale et du rôle de l’église dans la politique. Sans oublier qu'en plus de cela, nous avons avec les photos et via les descriptions des sceaux (en or, en cire rouge, en cinabre (écriture sigillaire ou autre)), du papier et des écritures, quelques informations sur les merveilles de l’époque.

Par contre deux petits bémols. Un, l’écriture est un peu petite, et de deux je regrette qu’il n’y ait eu que quelques traductions en français des citations latines, italiennes, espagnoles présentent dans ce livre, encore que pour l’espagnol ça passait. Enfin bref, ça aurait été mieux pour avoir une bonne vision des choses d’avoir la traduction, même si on sait grâce aux textes qui accompagnent les photos d’archives, ce qu’elles racontent.

En résumé c’est un livre que je conseille à tous les curieux, ou encore les amoureux de l’Histoire qu’ils soient confirmés ou débutants. Merci encore aux éditions Michel lafon.

 

22 mars 2013

" A quoi pensent les chinois en regardant Mona Lisa ? " Christine Cayol & Hongmiao Wu

A quoi pensent les chinois en regardant Mona Lisa ? de Christine Cayol & Hongmiao Wu

à quoi pensent les chinois

Résumé :

À quoi pensent les Chinois quand ils arpentent nos musées ? Habitués à leurs paysages célestes, calligraphies et devises confucéennes, que pensent-ils de nos anges, vierges et crucifix ?
Aux lisières de l'histoire de l'art et de l'essai, ce livre prend la forme d'un échange entre Christine Cayol, philosophe résidant en Chine, et Wu Hongmiao, professeur de français à l'université de Wuhan. À partir d'une vingtaine de chefs-d'oeuvre de la peinture occidentale, de Giotto à Picasso, en passant par Rembrandt et Vélasquez, les deux auteurs confrontent leurs manières de voir, de regarder, de penser, de percevoir et de comprendre le monde aujourd'hui.
Il s'agit pour eux de comparer leurs approches afin de mesurer l'étendue de leurs différences et de leurs ressemblances. Car, somme toute, sommes-nous si éloignés les uns des autres ?
À l'heure où la Chine devient un partenaire de premier plan, il est grand temps de comprendre ce que les Chinois saisissent de notre civilisation, et réciproquement.

Philosophe de formation, auteur de Voir est un art (2004) et Je suis catholique et j'ai mal (2006), Christine Cayol réside depuis 2003 à Pékin. Elle y a créé en 2009 la maison Yishu 8, une villa Médicis chinoise, qui accueille des artistes à Pékin, organise des manifestations artistiques et invite des artistes chinois à s'immerger dans la culture française.

Le professeur Wu Hongmiao est doyen du département de français de l'université de Wuhan, ville de dix millions d'habitants située au centre de la Chine.

Mon avis :

Ce qui a été génial avec ce bouquin c’est que j’ai découvert non pas la peinture chinoise mais la peinture occidentale. Comme je trouve la calligraphie et peinture chinoise plus simple, belle, poétique, naturelle, taoïste (ce qu’elle est), et comme je l’apprends depuis deux ans, je me suis naturellement déjà renseignée dessus, cela étant il est vrai qu’à part Claude Monet que j’adore, j’ai négligé l’art occidental, qui bien que très beau (si on enlève Picasso et Dali que je déteste) ne me touche pas pareil, voire même me laisse le plus souvent carrément indifférente (Joconde compris). En effet j'avoue que ces tableaux occidentaux malgré la beauté des gestes, des profondeurs, des détails, ne me touchent pas, n’éveillent absolument rien en moi.

Cela étant j’ai été surprise en lisant ce livre de découvrir - et surtout qu'avec de telle disposition - tout ce qui peut être lu dans les tableaux occidentaux - peut-être avec beaucoup d’imagination toutefois, car parfois je trouve que les conclusions sont poussées trop loin - et en particulier dans les scènes peu religieuses et mythologiques qui sont sûrement les tableaux les moins aisés à lire et à comprendre, bien qu’il faille avoir de sacrée connaissance en religion, mythologie, époque… pour les autres.
Sur ce point d’ailleurs il est assez étonnant de découvrir comment d’une même scène mythologique ou religieuse, les artistes en ont fait différentes représentations, ce qui jusqu’à aujourd’hui ne m’avait jamais frappée. Mais pour ma défense je dois dire que les visages ou les natures mortes ne m’intéressent pas (je n’en vois pas l’utilité pour être franche), pas plus que les représentations des messages dégoulinant de bons sentiments de la bible ou de ses scènes.

 

En parlant d'un tableau de Rembrandt "Le retour du fils prodigue" (1662) voilà ce que dit Wu Hongmiao : « [...] En un sens, tout est permis puisque je serais toujours accueilli par le père… Pour qu’une société fonctionne selon un certain ordre, il faut qu’une logique de comptabilité et qu’un sens des limites s’imposent, sinon l’individu n’agit qu’au nom de ce qu’il pense, désiré, et sombre dans la surpuissance : « Tout pour moi car je suis unique » ! »

Avec ce que je viens de vous décrire et avec l’aide du résumé, vous vous êtes sûrement déjà aperçus que ce livre ne parle pas que des différences de la peinture occidentale et d'extrême-orient. En effet à travers des peintures qui permettent la digression, on découvre ou redécouvre la philosophie qui règne généralement en extrême-orient, comme celle qui est supposée régner actuellement en occident ou régnait dans le passé. Et l'avantage d'une telle chose, c'est qu'on se rend compte que nos philosophies ne se rejoignent pas toujours, par exemple le parricide inventé par Freud n’existe pas en Chine, puisque les jeunes doivent le respect aux ainés afin de maintenir l’ordre sociale.

Autre point positif du livre c'est que beaucoup des scènes picturales racontaient dans ces pages sont représentées par des photos dans ce livre, mais néanmoins et hélas elles n'y sont pas toutes, et je trouve cela vraiment dommage car ça vous pousse le soir alors que vous lisez dans votre lit, à retourner allumer l'ordinateur pour voir les tableaux manquants sur la toile.
Par contre un gros point négatif de ce livre c'est qu'il manque d'autres genres de tableau, ça parle beaucoup de religion et un peu de Picasso, mais quasiment pas un mot sur les impressionnistes, le pointillisme, l'abstrait etc, etc... je trouve cela vraiment dommage personnellement. Bref.

En résumé c'est malgré ce manque quand même un très bon livre à lire, surtout quand comme moi on est un peu philistin sur les bords -et ils sont larges- avec l'art occidental.

Je remercie pour ce partenariat Babelio et les éditions de Tallandier que je découvre avec plaisir.

A quoi pensent les chinois en regardant Mona Lisa ? par Christine Cayol

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12 février 2013

"La petite marchande de souvenirs" de François Lelord

"La petite marchande de souvenirs" de François Lelord

 

la petite marchande

Résumé :

Dans une Hanoï endormie qui commence à peine à s ouvrir au monde, Julien, un jeune médecin français, qui n a connu ni guerre, ni révolution, découvre chaque jour un peu plus un peuple marqué par l Histoire. Il travaille à l ambassade de France mais son temps libre il l occupe à parcourir le pays et à apprendre sa langue.
Aux abords du Lac de l Epée, il croise souvent une jeune fille en chapeau conique, Minh Thu, Lumière d Automne, qui tente de vendre des souvenirs aux premiers touristes pour nourrir sa famille. Une complicité naît entre eux, mais ils savent que tout les sépare. Au contraire, tout devrait rapprocher Julien de Clea, une collègue britannique détachée pour un an à l Institut Pasteur de Saigon, qui rêve d un avenir avec lui.
Peu avant Noël, une mystérieuse épidémie se déclare dans le service du Professeur Dang, vétéran des guerres révolutionnaires, qui a pris Julien en affection.
Tandis que la ville lentement se referme, Julien et Clea partent en expédition sur la piste des premiers malades, pendant que Lumière d Automne, bravant l interdiction de vendre, finit par être arrêtée par la police...
Vivre un grand amour et rester en vie, Julien n est pas sûr d y parvenir, mais il a appris de son père à toujours choisir la voie difficile.

Mon avis :

J'ai eu ce service presse car j'ai eu un véritable coup de coeur pour le résumé, et ben quelques jours après ma lecture je confirme bien mon coup de coeur pour le livre aussi. Ce dernier est juste génial ! L'écriture est fluide sans longueur, l'histoire simple à suivre, les personnages sympathiques, les paysages dépaysant, enfin bref ce bouquin à tout pour plaire.

Mais je dois avouer que ce n'est pas tant l'histoire en elle même qui m'a marquée. Certes cette dernière, bien qu’on ne tombe pas pour autant dans le dramatique, n’est pas simple, la maladie, la mort, frappent sans discontinuer et sans distinction, mais cela étant, j’ai davantage été touchée par le contour de l’histoire principale, par le décor, l’ambiance. Enfin tout ce qui donne la profondeur au livre.

Ici malgré l’exotisme du nom, pas de paysage de carte postale, d’extravagance, de ruissellement d’or et d'argent. Non, ici le décor est exotique mais raisonnable, et la dureté de la vie là-bas est omniprésente dans ces pages ; ce qui est, entre autre, assez bien rendu par ces pauvres autochtones qui essayent, au risque d’une arrestation, de vendre quelques bagatelles pour faire vivre leur famille.

Et c’est avant tout sur ce point que je félicite l’auteur, car sans tomber dans la caricature, dans la surcharge d’images terribles, et sans en plus s’attarder spécialement dessus, François Lelord est vraiment arrivé à rendre cette pauvreté et cette mentalité d’abnégation très connue dans ces pays-là, vivante, palpable, et présente. Et ceci en particulier grâce au personnage de Lumière d'Automne la petite marchande de souvenirs, qui véhicule cette image de dévouement et de pauvreté, et dont notre héros Julien tombera amoureux.

Alors si ce dernier est agréable et droit, bien qu'un peu perdu, cette petite marchande est pourtant le personnage qui m’a le plus touchée. Pour son esprit, pour tous ses sacrifices, je l’ai trouvé extrêmement noble de caractère et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ses péripéties. Voir ce petit bout de femme se battre pour faire survivre sa famille après tous ces malheurs, et voir ensuite sa situation évoluer, en bien ou en mal ça reste à voir, et ce qui m’a après l’ambiance donné le plus de plaisir à lire ce livre. C'était whaou ! On se demande même si tout cela va finir un jour.

Très sincèrement, à mes yeux ce livre ne comporte aucune fausse note, même sur la fin l’auteur a très bien négocié, puisqu'il a eu la délicatesse de ne pas finir par un happy-end qui aurait tout gâché et aurait été trop facile. François Lelord a laissé une fin ouverte, plutôt incertaine d'ailleurs, du coup ça permet encore de réfléchir, de rêver… après la dernière page tournée et le livre refermé.

En résumé c'est un livre que je recommande, et si y'a un livre a acheté aujourd'hui c'est celui-ci. Ce roman contient tous les éléments pour faire passer un agréable moment de lecture, croyez-moi.

Je remercie encore 1000 fois les éditions JC Lattès pour cette découverte.

Posté par Florell à 22:01 - Littérature - Commentaires [0] - Permalien [#]
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