Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

19 mai 2017

"Le gardien de nos frères" de Ariane Bois

Le gardien de nos frères de Ariane Bois

Source: Externe

Résumé :

Entre 1939 et 1967, de Paris à Toulouse et de New York à Tel Aviv, l'extraordinaire destin de deux êtres fracassés par la guerre.

Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartient à la bourgeoisie juive parisienne, patriote, laïque et assimilée ; il a été maquisard et blessé au combat. Elle est issue d'un milieu de petits commerçants polonais et a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie.
En 1945, la guerre leur a tout pris. Chacun de leur côté, ils vont accepter une mission très particulière : rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents dans des familles, des orphelinats ou des couvents, quand il s'avère que ceux-ci ne rentreront pas des camps. Simon parce que son petit frère Elie a disparu dans des conditions mystérieuses ; Léna car elle espère ainsi redonner du sens à sa vie. Et cela va les entraîner bien au-delà de ce qu'ils auraient pu imaginer.
C'est l'histoire de deux jeunes révoltés qui, dans une France exsangue, vont se reconstruire grâce à la force de l'amour. De Paris à Toulouse, d'Israël à New-York, un roman d'aventure porté par le souffle de l'Histoire.

Mon avis :

Généralement j’évite les livres qui parlent de la seconde Guerre Mondiale ; déjà parce que dans la vie de tous les jours on y fait référence pour rien et ensuite parce qu'on n'a tellement réchauffé cette période, on l'a tellement cuisiné à toutes les sauces, que j’avoue j’en ai marre d’en lire ou même d’en entendre parler. De plus faut bien dire que l’originalité avec ce sujet fait souvent défaut vu que c’est sans arrêt les mêmes thèmes qui sont abordés. Mais pour une fois je vais réviser mon jugement avec Le gardien de nos frères.
Déjà parce que ce bouquin a mis en avant des points d’habitude peu ou pas utilisés comme : la résistance juif, l’après-guerre, le retour des prisonniers et le contact avec leur famille, ainsi que la difficulté de récupérer les enfants cachés, mais aussi parce qu’il y a des personnages extrêmement touchants. Ecorchés vifs, douloureux, étranger entre eux, Ariane Bois nous offre une galerie de personnage - bien qu'ils soient entourés de ténèbres - des plus intéressante à suivre et des plus réel. En effet, de la reconstruction à l'envol, ces personnages m’ont beaucoup touchée de par leur réalisme. Incompréhension, silence, douleur, force, rythme ces pages avec beaucoup de pudeur.

Quant à l’histoire, elle est bien ficelée. Tout s’emboîte très bien et le caractère des personnages complète bien cette dernière. Bref, je n’ai pas grand-chose à dire dessus, si ce n’est que je l’ai bien aimé surtout pour tous les sujets que j’ai énumérés au-dessus. Le seul bémol : la fin. Je l’ai trouvé de trop et trop hasardeuse. La fin ne m’a convaincue, mais comme elle dure peu je conseille le livre pour tout ce qui la précède.

Merci aux éditions Belfond.


04 janvier 2017

"Les 9 premières vies de Pandora" de Renaud Santa Maria

Les 9 premières vies de Pandora de Renaud Santa Maria

Source: Externe

Résumé :

Il faut vous enivrer sans cesse... De vin de poésie ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !

Qui est Pandora ? Au fil de ces dix histoires, elle est la féminité, le compagnon fidèle des errances nocturnes, l'Humanité, l'indomptable amoureuse, la personnification d'un joyeux memento mori, celle qui réconcilie les frères ennemis dans les tranchées... Aux multiples facettes mais bien une seule et même chatte, Pandora est le fil conducteur et surtout, le lien à la vie. Tout l'inverse du chat noir d'Edgar Allan Poe...
Du Paris occupé d'Augustin et de Clara dans Le Coeur en berne– qui reste à ce jour la plus célèbre nouvelle de l'auteur – en passant par la figure du kamikaze japonais qui trouve un étrange écho dans notre époque, jusqu'au New York de Basquiat, Renaud Santa Maria nous livre le large spectre de son univers, entre espérances et quête d'absolu. Tiraillé par ce qui semble inéluctable à tous, l'auteur cherche, au travers de ce qu'il nomme « les néants en vacations », ce qui peut encore faire tenir debout les hommes blessés par la lucidité qu'ils ont de leur destinée. Le rêve, la beauté, l'art, l'amour, l'ivresse, la poésie, les idéaux, l'humour... Dieu ?

Mon avis :

Je dois avouer que je ne m'attendais pas à cela. Je croyais avoir un livre qui parlerait du rôle des hommes dans la vie d'une chatte,or ce fut l'inverse qui se produisît, le rôle d'une chatte dans la vie des hommes. Déçu ? Oui, sûrement un peu, surtout que Pandora apparaît plus dans ces pages en courant d'air, en figurante, plutôt qu'en actrice de premier rôle. Quel rôle trop petit pour une chatte au prénom si éloquent, si mystérieux, si mythique !

Cela étant, le livre ne fut pas mauvais pour autant. Bien qu'inégale en histoire, certaines nouvelles furent très agréables à lire. Riche en sentiment, en incompréhension mais aussi en poésie certains textes furent du pur bonheur à lire ; au point que Pandora passa au second plan dans mon esprit -et je vous garantis qu'il en fallait car c'était constamment le personnage que j'attendais.
Mais quand vous lirez Trompe-la-mort ou encore Le coeur en berne, vous comprendrez pourquoi Pandora s'éclipsa un instant de mon esprit.
Ces deux nouvelles furent des histoires merveilleuses, terribles certes, mais tellement magnifiques, que j'en ai même eu quelques larmes. Enfin surtout dans Trompe-la-mort où la poésie côtoie l'horreur et où d'ailleurs Pandora a le rôle de la poésie et l'innocence même.
Bon les autres ne sont pas mauvaises, elles se lisent sans problèmes et sont agréables, mais elles ne m'ont pas touchées autant que les deux cités précédemment. De toute manière ça aurait été impossible, avec Trompe-la-mort et Le coeur en berne l'auteur est allé trop haut, trop loin.

Bref. Je me rends compte que je vous parle assez mal de ce livre, mais si vous aimez les chats, que vous n'avez rien contre les nouvelles et la poésie, et qu'une héroïne furtive ne vous dérange pas, allez-y tentez ce livre. Je ne vous garantis pas un coup de coeur mais quand même une belle découverte.

Merci aux éditions Belfond.

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27 décembre 2016

"Le journal de Mary" de Alexandra Echkenazi

Le journal de Mary de Alexandra Echkenazi

Source: Externe

Résumé :

Mary Meyer ? Son nom n'évoque rien et pourtant.
Plongée fascinante dans l'Amérique des années 1960, ce roman nous révèle le destin complexe de celle qui joua un rôle déterminant dans l'une des plus grandes énigmes du XXème siècle...

Fin des années 1950, États-Unis. Mary Meyer vit à Langley avec son mari haut gradé de la CIA et leurs trois enfants. Artiste peintre, féministe, pacifiste – elle est fichée par le FBI comme une activiste de gauche –, Mary est à l'affût de nouvelles expériences.
Quand l'un de ses enfants meurt accidentellement, tout s'effondre. Mary décide de s'installer seule avec ses deux garçons dans le quartier de Georgetown, à Washington, où résident toute la classe politique et la haute société. C'est alors qu'elle recroise un certain Jack, rencontré vingt
ans plus tôt à l'université, et que naît une passion qui va durer plusieurs années. Mary accepte de rester l'amour secret de cet homme qui ne peut l'officialiser en raison de ses fonctions. Elle est pourtant celle qui agit dans l'ombre, à ses côtés.
Celui qu'elle aime meurt à Dallas le 22 novembre 1963.
Mary est assassinée un an plus tard au bord du fleuve Potomac.
Le journal qu'elle tenait n'a jamais été retrouvé.
LE JOURNAL DU VÉRITABLE AMOUR DE JFK...

Mon avis :

Ce livre parle de la relation entre Mary Meyer et JFK, en s’attardant particulièrement sur la vie de Mary qui a été assassinée un an après le président des États-Unis. Bien que basé sur des faits réels, l’auteure invente beaucoup, toutefois beaucoup de fait comme les visites de Mary à la maison blanche sont réelles.

Le journal de Mary est un roman qui parle beaucoup d’amour, et comme vous le savez je ne suis pas du tout fan de ce genre de livre. Pourtant, malgré quelques passages longs et un peu répétitifs, j’ai dans l’ensemble assez bien apprécié cette lecture. D’une part grâce à l’écriture qui est très simple mais très efficace, et d’autre part grâce à l’imagination de l’auteure qui a bien su mélanger fiction et réalité, et tout ça sans répéter à l’infini le même genre de scène. Un exploit avec ce genre très sentimental. Certes, j’ai parlé de longueurs et de quelques répétitions mais comparé à d’autres livres du genre elles sont minimes.

Ensuite, l’autre atout de ce bouquin qui fait que j'ai été happée par ces pages ; c’est qu’en moins de 300 pages Alexandra Echkenazi a su planter un décor, une ambiance d’époque et d’un milieu sans en faire des caisses. Malgré une écriture qui va à l’essentiel, elle a très bien su retranscrire par quelques évènements, quelques phrases, la mentalité de cette époque américaine très rigide et très arrêtée sur certaines idées, donnant ainsi à son livre une touche de réalité des plus agréables qui immerge le lecteur jusqu’au bout et tout de suite. Mais toutefois cet atout possède une deuxième moitié encore plus agréable, c’est que cette mentalité va beaucoup jouer entre les personnages. Devenant source de tension et de danger.

Mais au final, que serait tout cela sans les deux personnages principaux ? Eh bien pas grand chose, car tout l'intérêt du roman réside là, dans ces deux personnalités qui se fuient ou se cherchent, se questionnent et souffrent soit de la distance ou de leur position. Et là aussi sans en faire des tonnes, mais utilisant tantôt des lettres ou du récit, l'auteure a doté ces personnages d'une profondeur psychologique intéressante à suivre vu qu'ils sont toujours un peu le cul entre deux chaises, coupés entre une envie et le refus, le raisonnable et le déraisonnable.
Et même si c'est un point que je critique souvent dans les romans qui parlent trop d'amour, là c'était tellement bien dosé que ça ne m'a gêné, surtout que comme la base de l'histoire est vraie, on peut se douter que ces sentiments, ces doutes... furent plus ou moins vrais eux aussi.

En résumé et malgré quelques longueurs, ce livre fut une lecture intéressante qui embarque le lecteur dès les premières pages dans une histoire vraie et romancée sans excès. 

25 août 2016

"Les contes défaits" de Oscar Lalo

Les contes défaits de Oscar Lalo

les contes défaits

Résumé :

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... c'est ainsi que commencent Les contes défaits.

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... c'est ainsi que commencent Les contes défaits.
L'histoire est celle d'un enfant et de l'adulte qu'il ne pourra pas devenir.
Je suis sans fondations. Ils m'ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m'empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s'y inscrit s'évapore.
Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence...
Et c'est en écrivant l'indicible avec ce premier roman qu'il est entré de façon magistrale en littérature.

Mon avis :

Passé les 10 premières lignes, les deux trois premières pages me furent désagréables à lire. Non à cause de l’écriture mais plutôt à cause de cette manie qu’à l’auteur à tourner en rond. De décrire un problème par mille tableaux.  Mais finalement passé cette mise-en-bouche, la lecture a décollé et je me suis retrouvée prise par l’histoire que raconte Oscar Lalo. Une histoire terrible, une histoire d’enfant détruit, d’une vie impossible.

Très vite on se rend compte que ce livre parle de pédophilie, de violence psychologique, d’absence parentale, on s’attend donc à trouver pour la suite du bouquin une ambiance pesante et des mots terribles, il n’en est presque rien. Si l’ambiance est militaire, morne, pesante ; l’écriture, elle, est pudique, imagée, mélodieuse, donnant ainsi une profondeur au personnage en lui accordant ainsi un côté vacillant. Un côté petit enfant fragile, qui retranscrit à merveille cet adulte qui n’a jamais su se construire, se détacher de son passé pour devenir un homme accompli.

Enfin, ce livre est un journal, le journal d’une descente aux enfers, l’enfant racontant succinctement  les faits de ses journées horribles passées dans un home, ces endroits où généralement les enfants écrivent leurs plus beaux souvenirs, les plus beaux contes ; mais comme le conte ne prend pas, le livre devient finalement une quête. La quête de lui-même, la quête de la vérité, la quête de la paix avec son passé. Afin d’avoir une vie, afin de ne plus avoir peur de vivre.

En résumé, ce livre n’est pas très facile à lire, l’histoire est sombre et le personnage est complètement perdu, mais il est raconté de manière tellement délicate qu’il en vaut le détour. C'est un livre de cette rentrée littéraire à ne pas manquer.

 

Merci aux éditions Belfond.

28 septembre 2012

"1Q84, tome 3 Octobre - Décembre" de Hauruki Murakami

"1Q84, tome 3 Octobre - Décembre" de Hauruki Murakami

1Q84 tome 3

Résumé :

Ils ne le savaient pas alors, mais c'était là l'unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n'être pas aux couleurs de la solitude. Le livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d'Ushikawa. Et pose d'autres questions : quel est ce père qui sans cesse revient frapper à notre porte ? La réalité est-elle jamais véritable ? Et le temps, cette illusion, à jamais perdu ? Sous les deux lunes de 1Q84, Aomamé et Tengo ne sont plus seuls...

Top chrono :

J'ai été déçue par ce dernier tome. Même s'il a été le meilleur des trois, il est encore décevant, je trouve qu'il manque d'action. En effet j'ai trouvé ça très long, répétitif, et lourd en métaphore, trop nombreuses et inutiles par ailleurs, sans compter qu'il est finalement très incomplet ; je me demande même si c'est bien le dernier tome, et du coup une trilogie. En bref, il n'a pas répondu à toutes mes questions et mes attentes. Une trilogie qui a fait beaucoup de bruit pour rien. A moins qu'une suite soit prévue ?

Posté par Florell à 09:50 - Littérature - Commentaires [0] - Permalien [#]
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