Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

10 août 2018

"Alexandra David-Néel : exploratrice et féministe" de Laure Dominique Agniel

Alexandra David-Néel : exploratrice et féministe de Laure Dominique Agniel

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Résumé :

Alexandra David-Neel est la plus célèbre des explo­ratrices. Déguisée en mendiante, elle est la première femme européenne à pénétrer en 1924 dans Lhassa, la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers. On croit connaître le destin de cette infatigable voyageuse, mais sait-on qu’Alexandra David-Neel (1868-1969) a été une féministe de la première heure, journaliste, cantatrice, authentique anarchiste ne voulant dépendre de personne ?
Pour percer le mystère de la vie de cette femme incroyable, il y a un repère, un fil conducteur auquel Laure Dominique Agniel redonne toute sa place : son mari, Philippe. L’ami, le confident, le seul avec qui elle laisse tomber le masque.
Les milliers de lettres à son époux nous éclairent sur sa quête acharnée de liberté pendant les 101 années de son existence. Les différents noms qu’elle a portés traduisent ce cheminement vers l’invention de soi : née Alexandra David, elle associe le nom de son mari au sien pour signer son oeuvre Alexandra David-Neel.
Dans un style limpide et enlevé, Laure Dominique Agniel nous restitue la vie menée tambour battant d’une femme en avance sur son temps.

Mon avis :

     Beaucoup le savent, j’ai beaucoup d’admiration pour cette femme au fort caractère que jusqu’à aujourd’hui je n’ai découvert qu’à travers ses écrits. Alors quand j’ai vu qu’il y avait un livre qui parlait d’elle (et il y en a plus que je pense), je me suis dit qu’il pouvait être intéressant de retrouver cette femme, sa personnalité, sa vie, ses combats, à travers le regard de quelqu’un d’autre qui pourrait m’apporter quelque chose de neuf, soit par son approche, soit en parlant de chose je ne connaissais pas comme des écrits que je n’ai pas encore lu par exemple.

     Intéressant, le livre l’a été, et pour tout dire, j’ai adoré toutes ces informations que Madame Agniel a réuni patiemment afin de mieux cerner ce personnage légendaire, et ce pour mieux nous faire partager sa personnalité. On y découvre ou redécouvre, une femme très intelligente qui sait s'adapter aux peuplades qu'elle rencontre, forte, avide de connaissance, singulière, neurasthénique (parfois), libre, amoureuse, etc.
Et même si tout n'est pas découverte pour moi, je m'aperçois quand même que certaines de ces informations me manquaient cruellement. En effet, j’ai découvert des écrits, des passages de sa vie que je ne connaissais pas ou que j’avais oublié, et qui sont pourtant nécessaires à connaître pour mieux éclairer ses démarches et comprendre sa personnalité ambiguë. Car oui, elle a beau avoir été « La lampe de sagesse », celle qui a parcouru en long, en large et en travers l’Asie, Alexandra David-Néel n’en reste pas moins un être qui n’est pas à une contradiction près.

Bref ! Niveau découverte j’ai été servie, l'auteure a vraiment potassé son sujet, en mettant bien en avant la personnalité de ce petit bout de femme et sa vie privée, complétant ainsi le portrait que j'avais de cette dernière.

     Plus personnellement, ce livre a été par ailleurs bénéfique pour moi car il m’a permis de revoir ma position sur Alexandra David-Néel. Je précise, que je l’apprécie toujours autant et je me retrouve beaucoup dans ce personnage, mais en lisant ces pages je remarque quand même qu’elle avait une tendance à condamner parfois un peu trop rapidement l’humain. Pour une personne qui pouvait se permettre de voyager, de méditer... et tout ça contrairement à d’autre, c’est finalement un peu agaçant je trouve, et aujourd’hui cet "air supérieur" me dérange un peu ; car finalement je m’aperçois qu’elle n’avait pas toujours le recul nécessaire, ce qui m’avait échappé quand j’ai lu les premiers livres de cette autrice vers mes 18 ans. Même si je partage bien volontiers sa vision sur la haute société et ses femmes superficielles qui parlent chiffon.
     Pour autant si la légende est un peu égratignée, je partage toujours autant ses opinions et sur certains sujets je pense être pire encore - ce n’est pas un hasard si j’apprécie autant cette femme.

     Comme vous le devinez assez bien je pense, j’ai adoré ce bouquin. Il est bien écrit, fluide et bien renseigné, et pour ceux qui ne connaissent pas encore cette femme, c'est une bonne intro vu qu'il met en avant sa personnalité, son professionnalisme et son rôle dans la mémoire du monde. D'un monde et d'un temps. Les seuls défauts que je lui trouve sont, le manque de photo - une ou deux aurait été bien - et sa longueur. Hé oui, il n’est pas assez long pour une vie qui a duré 101 ans. J'en aurais voulu encore plus ! Mais à part ça, rien de grave. 

Merci aux éditions Tallandier.

Extraits :

"Ainsi un jeune peintre lui déclare  :"Jésus vivait dans un rêve. Il disait des choses folles, contraires à toute évidence ; Dieu ne nourrit pas les oiseaux, beaucoup meurent de froid et de faim en plein hiver... beaucoup d'hommes meurent aussi. ce ne sont pas les doux qui conquièrent la terre, ce sont les violents.
- Ils conquièrent le Ciel aussi, paraît-il, répond Alexandra. Le royaume des cieux est forcé et ce sont les violents qui s'en emparent. C'est dans l'Evangile de Saint Matthieu.
- Jésus vivait dans un rêve mais il était grand. Ils l'ont trahi ! s'indigne le jeune peintre.
- Il en est toujours ainsi, répond la jeune philosophe. Tous les maîtres ont été trahis par leurs prétendus disciples ; faute de pouvoir s'élever à la hauteur du maître, ils l'ont fait descendre à leur niveau."" p.38

"Dans la ligne de mire de l'insoumise Alexandra Myrial, l'intégrisme religieux, sujet du premier chapitre : "La crainte inspirée par l'inconnu à des cerveaux frustres s'étend à ceux qui parlent en son nom, à ceux qui expliquent la loi et en exigent l'observation au nom des dieux [...]. Par ces lois mystérieuses, présentées comme l'expression d'une volonté extra-terrestre, les chefs religieux vont commander à l'homme, non plus en lui disant "je veux" qui s'adressait au corps et auquel il pouvait tenter de se soustraire, mais en lui disant "tu dois". L'homme a désormais en lui une contrainte invisible : la volonté du dieu qu'il porte comme un fardeau. Qu'il aille, qu'il vienne, en tout lieu, en tout temps, sa mémoire lui répétera ce qu'il doit faire ou éviter. On lui a appris a discerner le bien et le mal [...]. S'appuyant sur la volonté exprimée par le dieu, volonté incompréhensible et indiscutable, on s'efforça de lui faire accepter comme l'expression du bien la résignation passive, l'aveugle soumission, la douleur, le renoncement aux aspirations les plus naturelles. Le mal officiel, ce fut la vie elle-même avec tous ses désirs et toutes ses joies, son besoin de liberté, sa curiosité des choses, ses fières révoltes, son horreur de la souffrance, tout de ce qui est beau et vrai." p.54-55

"Mais ce qui aurait véritablement réjoui Alexandra c'est la visite du quatorzième Dalaï-Lama qui s'est rendu deux fois à Samten Dzong, en 1982 et en 1986. "Je suis vraiment très heureux car j'ai vu là où elle habitait, je me suis senti très proche d'elle. J'ai ressenti son grand amour pour notre culture", déclarait Tensing Gyastso à Digne le 15 octobre 1982. En reconnaissant Alexandra David-Néel comme la plus grande des spécialiste de la culture tibétaine du 20ème siècle, il donnait un sens à l'engagement de toute une vie : quel meilleur moyen de sauver une culture que la diffusion de la connaissance ? Par son amour des paysages tibétains, de la langue, des légendes, des hommes et des femmes du pays des neiges, Alexandra fait revivre le Tibet dans l'imaginaire du monde, un Shambala spirituel qu'aucune armée, aucune colonisation ne pourra jamais détruire." p.261-262

"Voilà une autre contradiction d'Alexandra : elle n'est pas si détachée des conventions qu'elle le prétend, elle aime être servie par des domestiques zélés. Très gourmande, elle raffole de mets raffinés et porte des vêtements bien coupés, des chapeaux et des soieries, mais elle aspire tout autant au dénuement. Privilège des riches qui peuvent choisir de se dépouiller de tout le confort qui les encombre. Elle mettra douze années à se débarrasser des ses oripeaux d'Occidentale."

"Au mur des peintures tibétaines et cette citation qui avait marqué son adolescence : "Le monde est une charogne et ceux qui s'y attachent sont des chiens" ! Il n'est pas signé d'un cynique grec, mais de Pierre Valdo, qui fonda au 16ème siècle le mouvement protestant des Vaudois." p.149


18 juillet 2018

"Le don de la pluie" de Tan Twan Eng

Le don de la pluie de Tan Twan Eng

le don de la pluie

Résumé :

État de Penang, Malaisie, 1939. Philip, un adolescent d’origine anglo-chinoise, rencontre Endo, un diplomate nippon qui lui apprend l’art de l’aïkido. Alors que la guerre menace et que les Japonais envahissent le pays, le jeune homme se retrouve déchiré entre son amitié pour son nouveau maître et sa loyauté envers sa famille ainsi que son pays. Hanté par la prophétie d’une vieille devineresse, Philip tente de tracer sa route sur les chemins périlleux et parfois obscurs de la guerre.

Tour à tour roman d’espionnage et roman d’apprentissage, Le Don de la pluie oppose la vision orientale d’un destin tout tracé à la vision occidentale du choix et de la liberté, et nous fait voyager à travers les temples magiques et les forêts tropicales interdites de la Malaisie.

Mon avis :

C'est une histoire pleine de bruit et de fureur.
C’est une histoire entre un sensei et son élève.
C’est une histoire entre un japonais et un jeune métis en Malaisie.
C’est une histoire terrible car c’est pendant la guerre ; et rien, des actions, des choix, ne pouvait changer l’issue de cette histoire.
Du libre arbitre à la route toute tracée, ce livre, c’est l’histoire de deux visions et deux vies qui se croisent et s’affrontent. C’est une histoire terrible, douloureuse, mais magnifique.
Honnêtement, je ne m’attendais pas à l’aimer autant, j’avais flashé sur l’écriture bien avant le résumé, mais c’est pourtant toute imprégnée de cette relation étrange, de cette dichotomie sur la vision de la vie, que je viens de fermer ce livre.

     L’histoire a pour contexte la seconde Guerre mondiale en Malaisie et en Asie. Le Japon est à l’époque belliqueux et cruel, et dans ce contexte deux hommes se rencontrent et nouent une relation. Seulement, le Japon est un pays ennemi, de fait la relation du jeune Philip Hutton avec un diplomate japonais Endo-San est mal vue et venue, et beaucoup la critique. Et même si certains comprennent cette amitié et les bénéfices sur le jeune Philip, il leur est malgré tout difficile pour eux de comprendre la place qu’elle prend dans sa vie. Qu’elle prend aussi dans cette Malaisie en guerre abandonnée par les Anglais, et dans cette Malaisie en souffrance et occupée où les japonais n’ont rien à envier aux allemands niveau atrocité. Oui, c'est une histoire compliquée.
     Pour être franche, cette relation est aussi difficilement compréhensible par le lecteur, car elle s’approcherait presque d’une histoire d’amour insensée et malsaine devant les faits implacables de Endo-San. Mais pourtant, cette incompréhension qui m’a été donné par l’auteur, c’est pour moi la réussite de cette histoire, car avec ce livre le lecteur est ici quasiment un personnage. Il réagit à peu de chose près de la même manière que les protagonistes du livre, et même quand on apprend au fil des pages, que c’est une histoire sur plusieurs vies et qu’il faut qu’elle finisse, que c’est le destin qui agit et que chacun a ses raisons d’agir, l’attachement de Philip pour Endo-San reste quand même incompréhensible par moment, et ceci même si on n’a l’avantage de tout savoir.
Comme on le voit, ce roman ce n’est pas que l’histoire d’un malheur annoncé, c’est aussi beaucoup d'ambiguïté y compris pour le lecteur. Rien n’est clair, rien n’est gagné d’avance, puisque l’auteur joue énormément sur les sacrifices, avec la mort, sur ces faits et ces sentiments qui nous échappent et nous obligent à quelques actions - et pas toujours les bonnes d’un point de vue ou d’un autre.
Bref. C’est vraiment un roman puissant qui nous entraîne on ne sait où, et pour ma part ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre où je suis quasiment logée à la même enseigne que les perso. Et ça, je ne risque pas de m’en plaindre !

     Enfin, un autre atout de ces lignes (que j’ai vite abordé quelques lignes plus haut), c’est que ce livre réunit à une histoire, l’Histoire de la Malaisie à cette époque ; et même si tout n’est pas vrai, par exemple sur la Chine, j’ai apprécié découvrir la seconde Guerre mondiale de ce côté-ci du globe. Ca change des mêmes histoires que l'on raconte ici, et que d’ailleurs je ne lis plus car c’est toujours la même chose et que c’est chiant. Voilà, en plus de l’histoire, le contexte, bien que terrible, vaut le détour par ces pages car on apprend des choses et on ne peut pas se plaindre de ça.

     En conclusion, je n’ai rien à dire de mauvais sur ce livre. Oui il est épais, oui ce n’est pas une lecture facile, oui c’est philosophique, oui c'est triste, mais c’est tellement bien raconté, dosé, profond et beau, que je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Pour tout ce qu’il raconte et nous apprend, on doit le lire.

Merci aux éditions Flammarion.

 

EXTRAITS : "Les jeunes ont des espoirs et des rêves, alors que les vieillards n'en conservent que les vestiges et se demandent ce qui est arrivé à leur vie"

"Mes anciens disciples m'appelaient parfois pour tenter de me convaincre de retourner dans ce monde, mais je refusais en leur disant que j'avais renoncé au fleuve et au lac, adoptant ainsi une expression cantonaise - toi chut kong woo - qu'on applique aux guerriers ayant quitté volontairement leur univers de violence pour chercher la paix."

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25 juin 2018

"Essais sur l'histoire de la mort en occident" de Philippe Ariès

Essais sur l'histoire de la mort en occident de Philippe Ariès

Source: Externe

Résumé :

Dans cette série d'essais visant à retracer l'évolution des attitudes devant la mort de l'homme occidental, Philippe Ariès se situe à la limite du biologique et du culturel, au niveau de l'inconscient collectif. L'ouvrage commence à l'époque du Moyen Âge, au temps de la "mort apprivoisée", où aucune crainte n'accompagnait son spectacle chez les vivants et où le cimetière servait souvent de lieu de sociabilité, de danse et de commerce. Puis, l'art et la littérature des débuts de l'époque moderne commencent à associer Éros et Thanatos, dans une complaisance extrême à l'égard de la souffrance et de la mort, jusqu'à ce que le romantisme ne laisse subsister que la seule beauté sublimée du mort, en la dépouillant de ses connotations érotiques. Au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, commence alors ce vaste mouvement de refoulement qui mène jusqu'à nous, où la mort se voit frappée d'interdit, n'étant plus que très rarement représentée. --Hervé Mazurel

Top chrono :

J'ai beaucoup apprécié l'époque médiévale, moderne, mais dès le contemporain ça me plaisait moins. De plus les articles datent assez, alors est-ce que les conclusions sont toujours d'actu ?
Sinon j'ai aussi apprécié voir comment il visualisait le 18ème siècle, pour beaucoup d'historien la déchristianisation qui commençait, mais pour lui c'était avant tout le symbole de la confiance naissante entre les divers membres de la famille.
A lire c'est une évidence, mais à voir s'il n'existe pas des études plus récentes aussi, notamment sur les questions archéologiques, archives et approche des mentalités.
Je ne dis pas que c'est mauvais, loin de là ! Mais vaut mieux compléter vu que les articles ne sont pas récents.

Extraits : "Le testament a donc été complètement laïcisé au 18ème s.
Comment expliquer ce phénomène ? On a pensé (thèse de M. Vovelle) que cette laïcisation était l'un des signes de la déchristianisation de la société.
Je proposerai une autre explication : le testataire a séparé ses volontés concernant la dévolution de sa fortune de celles que lui inspiraient sa sensibilité, sa piété, ses affections. Les premiers étaient toujours consignées dans le testament. Les autres furent désormais communiquées oralement aux proches à la famille, conjoint ou enfants. On ne doit pas oublier les grandes transformations de la famille qui ont abouti alors au 18ème s. à des relations nouvelles fondées sur le sentiment, l'affection. Désormais, le "gisant au lit, malade" témoignait à l'égard de ses proches d'une confiance qu'il leur avait généralement refusée jusqu'à la fin du 17èmesiècle ! Il n'était plus nécessaire désormais de les lier par un acte juridique."


"A partir du 16ème, et même à la fin 15ème, nous voyons les thèmes de la mort se charger d'un sens érotique. Ainsi dans les danses macabres les plus anciennes, c’est à peine si la mort touchait le vif pour l'avertir et le désigner. Dans la nouvelle iconographie du 16ème siècle, elle le viole. Du 16ème au 18ème siècle, d'innombrables scènes ou motifs, dans l'art et dans la littérature, associent la mort à l'amour, Thanatos et Eros : thèmes érotico-macabres, ou thèmes simplement morbides, qui témoignent d'une complaisance extrêmes aux spectacles de la mort, de la souffrance, des supplices.
[...]
Comme l'acte sexuel, la mort est désormais de plus en plus considérée comme une transgression qui arrache l'homme à sa vie quotidienne, à sa société raisonnable, à son travail monotone, pour le soumettre à un paroxysme et le jeter alors dans un monde irrationnel, violent et cruel. Comme l'acte sexuel chez le marquis de Sade, la mort est une rupture. Or, notons-le bien, cette idée de rupture est tout à fait nouvelle. Dans nos précédents exposés nous avons voulu au contraire insister sur la familiarité avec la mort et avec les morts."

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06 avril 2018

"Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues" Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues. Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

le vrai visage du MA

Résumé :

Que la violence y ait régné sans partage, que les puissants y aient exercé une impitoyable domination sur les faibles, que la justice y ait été cruelle et expéditive, qu'une religion fanatique y ait régenté la vie des hommes, à peine tempérée par les superstitions les plus extravagantes, qu'on n'y ait eu que de très approximatives connaissances dans les domaines de la science, de la médecine ou de l'hygiène, qu'on y ait méprisé les femmes et méconnu tout ce qui était étranger aux frontières de l'Occident, pour la majorité d'entre nous, cela ne fait aucun doute : le Moyen Âge, interminable parenthèse entre les accomplissements de l'Antiquité et les merveilles de la Renaissance, est le point de référence obligé lorsqu'on veut dénigrer les temps obscurs auxquels nous avons échappé pour accéder enfin à la modernité. Autant d'idées reçues que les plus grands spécialistes français de la question contestent avec force.

Contributeurs : Dominique Barthélemy, Colette Beaune, Ziad Bou Akl, Alain Boureau, Boris Bove, Nicolas Carrier, Franck Collard, Philippe Contamine, Patrick Gautier Dalché, Danielle Jacquart, Philippe Josserand, Didier Kahn, Gabriel Martinez-Gros, Laurence Moulinier, Marilyn Nicoud, Jacques Paviot, Valérie Toureille, André Vauchez, Jacques Verger, Catherine Verna, Laurent Vissière et Nicolas Weill-Parot.

Mon avis :

J’ai mis du temps - étude oblige – mais je l’ai fini ! Et malgré le temps à le lire je peux dire que j’ai été ravie de lire ce livre. Un gros coup de cœur.

Loin du politiquement correct, de la réécriture comme des louanges, ce livre est une mine d’or d’information sur le Moyen Âge. Déjà pour les étudiants, pour ma part je trouve qu’il complète bien mes cours, ce qui est un peu logique car certains sont mes profs comme Monsieur Collard mais pour ceux qui ne sont pas mes profs ça marche aussi - et je regrette d’ailleurs que certains ne soient pas mes profs, ça aurait évité quelques catastrophes… Ensuite, il est aussi parfait pour le lecteur lambda qui veut se cultiver et sortir des clichés que l’on entend sans cesse sur l'époque médiévale habituellement vu que ce livre a pour mission de bousculer les idées reçues et qu'il temporise les ardeurs des discours.

Par ailleurs comme il est écrit par des vrais historiens ce bouquin est aussi une mine d’or sur ce qui fait le sel de ce métier, à savoir : la méthode, la vue d’ensemble, la relativisation, la déduction, la projection… Quand on lit ce livre on voit bien qu’être historien ne s’improvise pas, qu’il faut du temps et de la recherche et que ça va plus loin que répéter une liste de faits comme ça, sans réfléchir.
En effet, les faits s’analysent et comme le montre ce bouquin ça prend du temps pour les analyser et aussi les partager, d’où le fait qu’on peut franchement critiquer ces gens à la TV, à la radio, dans les journaux… qui tentent de donner des leçons d’histoire en 5 minutes et qui se veulent être exhaustifs en plus de ça - même s'ils ne sont pas tous ainsi faut bien l'admettre.
Ce genre de programme c’est très bien pour avoir une première approche, ouvrir sa curiosité, mais pour l’approfondissement et pour une bonne vue d’ensemble ça ne suffit pas, et ce livre le met particulièrement bien en lumière. Il montre vraiment que dans les discours souvent politiques (l’histoire est très politique) on fait usage de trop de raccourci et d’idée fausse qui suffisent hélas pour beaucoup de personne et de ce fait entretient les fausses légendes et facilite la déconstruction...
Outre la méthode, ce livre est aussi une bonne critique sur l’historiographie comme des discours sur l’histoire qui s’inscrivent dans un cadre politique.
Et moi, toutes ces qualités et connaissances me laissent rêveuse… J’aimerai être aussi douée que ça un jour. (Ce qui n’arrivera jamais.)

Enfin, le dernier atout de ce bouquin collectif, c’est la pluralité des thèmes abordés ; de la médecine à la ville, en passant par la femme, la science loin d'être irrationnelle contrairement à ce qu'on pense généralement, les seigneurs, l’hygiène, l’université (je ne digère toujours pas mon mauvais cours sur ce sujet), les traductions beaucoup du fait des chrétiens et des juifs dans le monde islamique, etc., etc. tout passe à la lumière de l’historien, et ceci pour le plus grand bonheur du lecteur qui veut apprendre et sortir des clichés ou compléter ses connaissances.
Le seul défaut qu’on pourrait éventuellement trouver à ce livre - et encore que pour moi ça n’est pas un défaut -, c’est la manière un peu enfantine d’aborder les pistes de réflexion sur cette période par le jeu des questions-réponses, mais personnellement je trouve que ce procédé a au moins le mérite d’être clair et de faciliter la lecture et je n’y vois rien à redire même si beaucoup ne trouveront pas cela sérieux.

En résumé, c'est un livre à lire, c'est un livre fabuleux, c'est un livre nécessaire que tout le monde doit lire. Vraiment j'insiste.

Extraits : (Difficile de choisir !)

"Parleriez-vous d'un sentiment national français au Moyen Âge ?

L'expression "sentiment national" ne se rencontre pas à l'époque. Si l'on considère que, pour qu'une idée existe, il faut qu'elle ait une expression linguistique, alors il faudrait conclure cette idée n'existe pas au Moyen Âge. Mais peut-on être aussi catégorique ? Je retiens un élément : le roi de France passe pour une incarnation de la France, indépendamment de ses qualités propres ; donc s'il est chassé, supplanté, la France elle-même est menacée dans sa survie. L'idée était admise et ancrée que le roi de France devait être un Français. Des textes produits au XIVème siècle dans l'entourage de Charles V le disent expressément, cela pour ruiner les prétentions des rois d'Angleterre, présentés comme des étrangers : "Nul de succède [à la couronne de France] qui est d'étrange pays." Christine de Pizan dit très nettement que les français ont la chance d'avoir toujours été gouvernés par des gens de chez-eux. Il y a donc bien une sorte d'identification entre le roi et ceux qui lui sont soumis dans les limites de sa souveraineté, de son ressort et de son hommage ; et d'un point de vue émotionnel, effectivement, la présence anglaise a été vécue comme une invasion suivie d'une occupation

La France existait donc bien au Moyen Âge...

Il ne paraît pas absurde, en effet, de parler de France et de Français dans les derniers siècles du Moyen Âge. C'ets dire que je suis loin de blâmer les historiens du XIXème siècle, de Michelet à Lavisse, qui ont comme on dit maintenant, crée et raconté le "roman national". Pour eux, ce n'était pas un roman, c'était un récit, composé de bonne foi. Ce n'était pas l'histoire d'un mythe, c'était l'histoire d'une réalité. Il se peut qu'ils aient surestimé tel élément et qu'ils aient volontiers retenu des textes ou des faits répondant ç leur attente et à celle de leur public, mais ils ne les ont pas inventés. Lorsque Jeanne d'Arc déclare dans sa fameuse lettre au roi d'Angleterre (mars-avril 1429) qu'elle veut le "bouter hors de toute France", il ne s'agit évidemment pas simplement de la région parisienne. Entendons-nous bien : être Français, être bon Français, à l'époque, c'est une détermination géographique, mais c'est aussi l'adhésion à la lignée des Valois. En disant tout cela j'ai l'impression de proférer de évidences, mais apparemment, cela mérite encore d'être dit." Pages 20-21. Historien : Franck Collard.

"Selon une idée générale très répandue, dans les médias, dans la classe politique, parfois dans les manuels scolaires, il y aurait eu au coeur de ces conflits de civilisation une oasis de paix et de tolérance : al-Andalus.

Jacques Berque a écrit un livre pour tenter de rapprocher les deux rives de la Méditerranée, un de ses derniers, qui s'intitule Andalousies. Comme se ce mot magique suffisait, un peu comme la lecture d'Avérroès, à rapprocher les civilisations. C'est malheureusement totalement faux. Ce qu'on présente comme la tolérance andalouse, c'est la tolérance du monde islamique à l'égard des religions qui ne sont pas l'islam mais qui font partie des "religions du livre" citées dans la Coran ; cependant, cette tolérance, la dhimma, implique une forme de soumission, un statut d'infériorité. Ce qu'on mesure mal dans notre civilisation moderne, où la tolérance date de la fin du 17ème siècle, c'est que, lorsque la tolérance s'est exercée dans le monde ancien, y compris dans l'Empire romain, mais surtout dans le monde islamique, elle ne signifiait jamais l'égalité. Au contraire, la condition de la tolérance est l'inégalité. En d'autres termes, vous tolérez un inférieur,celui qui vous prête son concours, qui vous donne ses impôts, son travail. [...]" Pages 79-80. Historien : Gabriel Martinez-Gros.

"Récemment encore, un journaliste me disait : "il y a encore des gens pour dire que le jihad, c'est la guerre sainte, alors que tout le monde devrait savoir que c'est un combat intérieur ; le jihad comme la guerre sainte, cela n'a jamais existé, cela a été inventé de toute pièce par les Européens..."
C'est évidemment lui qui se trompait. Dans la revue L'Histoire, à chaque fois qu'il est question d'un article sur l'islam, on me demande de préciser ce qu'est le jihad, et à chaque fois je suis obligé de réécrire les mêmes 3 lignes donnant la définition banale mais juste. Eh oui, le jihad c'est la guerre sainte ou légale."

23 juin 2017

"Un été avec Machiavel" de Patrick Boucheron

Un été avec Machiavel de Patrick Boucheron

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Résumé :

« L’intérêt pour Machiavel renaît toujours dans l’histoire au moment où s’annoncent les tempêtes, car il est celui qui sait philosopher par gros temps. Si on le relit aujourd’hui, c’est qu’il y a de quoi s’inquiéter. Il revient : réveillez-vous. » Depuis sa mort en 1527, on le lit pour s’arracher à la torpeur. Mais que sait-on de lui hormis le machiavélisme, cette angoisse collective devant le mal en politique ? Allons donc chercher l’homme derrière le masque qui le défigure. Levons les contradictions qui travaillent cet esprit ardent de la Renaissance florentine : le créateur du Prince et l’homme d’action, le poète obscène et le blagueur, l’inspiration qu’il trouve autant chez les peintres que dans la mécanique des passions et intérêts humains. En somme, la sagesse de Machiavel ne se trouve-t-elle pas dans « l’art subtil de la provocation joyeuse » ? Patrick Boucheron nous invite sur un tempo allegrissimo à découvrir un Machiavel insolent, visionnaire, implacable comme un soleil d’été. « Machiavel est un éveilleur, parce qu’il est un écrivain. Il écrit pour porter la plume à la plaie. Il écrit pour raviver, non la splendeur des mots, mais la vérité de la chose ». Un été avec Machiavel est à l’origine une série d’émissions diffusées pendant l’été 2016 sur France Inter.

Mon avis :

Machiavel, Machiavel un auteur connu de tous même si tout le monde ne le lit pas.
Machiavel, l’auteur du Prince, mais un Prince pas si Machiavélique que ça, plutôt un livre pour apprendre à gouverner tout en ayant l’art d’entourlouper les gens ; et si je vous parle de cela c’est parce qu’en lisant ce livre Un été avec Machiavel j’ai la certitude d’être passé à côté de l’œuvre maîtresse de Machiavel que je n’ai pas tant apprécié que cela, j’admets.
Il faudrait que je la relise dans une édition argumentée.
Avec ce livre et une édition argumentée je comprendrai mieux ce livre (Le Prince) que j’ai laborieusement lu et finalement très mal compris.
Mais parce que j’ai laborieusement lu Le Prince de Machiavel, j’ai difficilement lu Un été avec Machiavel de Patrick Boucheron. C’est un livre très intéressant, on apprend beaucoup de chose sur Machiavel, sur ses livres, sur les temps, sur les messages de ce bouquin et sa manière qu’il a de marquer l’histoire, mais au final et malgré tout cela ça n’a pas suffi pour me faire aimer ces pages à la première lecture - même s'il permet une autre approche du Prince.
Il y a pourtant de magnifiques passages à méditer, à imaginer, à dévorer, à relire, et il est aisé de faire le parallèle avec aujourd’hui, mais malgré cela ce livre m’est resté obscure car l’œuvre principale qu’il aborde m’est resté elle-même en grosse partie obscure... Alors là je vais mettre 3 étoiles, mais je sais que quand je relirai ces deux livres (Le Prince et Un été avec Machiavel) je mettrai plus d’étoile à ces derniers, car j’aurai enfin eu tous les éléments en main pour bien comprendre la portée de l’œuvre "machiavéliste" et sa résonance au temps présent et futur...

Merci aux éditions des Equateurs

Extraits :

« On racontera bientôt que Machiavel, avant de mourir, fit un songe. Il voyait arriver vers lui une foule misérable et triste en haillons. De l’autre côté, un autre groupe s’avançait, noble et solennel. Il demanda leurs noms  aux premiers : nous sommes les saints qui allons en paradis. Quant aux seconds, ils déclaraient : nous sommes les damnés qui allons en Enfer. Mais oui, il les reconnaissait : il y avait parmi eux tous ces grands esprits de l’Antiquité qui lui avaient offert avec tant de libéralité leur conversation. Avec eux, on pourra continuer à parler politique. Pourquoi aller s’ennuyer avec les gueux ? Point de doute, Machiavel a décidé : il suivra les grands hommes en enfer. »

" Raymond Aron l’a écrit en 1945 : « La querelle du machiavélisme se rallume chaque fois que des Césars plongent l’Europe dans la servitude et la guerre. » En sommes-nous là ? Peut-être pas, ou pas encore. SI l’histoire est scandée par une succession de moments machiavéliens, il y a des moments forts et des moments faibles, plus discrets, plus sournois, plus entêtants. Les moments faibles ne sont pas toujours les moins dangereux, dès lors que menace l’engourdissement général. Machiavel est un éveilleur, parce qu’il est un écrivain. Il écrit pour porter la plume à la plaie. Il écrit pour raviver non la splendeur des mots, mais la vérité de la chose. "

"Le gouvernant avisé, lit-on dans le Prince, "ne doit avoir autre objet ni autre pensée que la guerre et les institutions et science de la guerre". Mais alors qu'est-ce que la paix ? Machiavel répond : la violence en puissance, celle qui n'a pas besoin de s'exercer sinon par les effets d'une menace insidieuse, d'autant plus efficace qu'elle demeurera vague, incertaine, informulée."

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23 avril 2017

"Contre la bienveillance" d'Yves Michaud

Contre la bienveillance d'Yves Michaud

Source: Externe

Résumé :

Le constat est maintenant partout : la puissance du fondamentalisme religieux, la montée des populismes de droite comme de gauche, le discrédit de la classe politique, le rejet de la construction européenne, rendent caducs les schémas anciens. En particulier l’idée que la démocratie, à force de bienveillance, peut tolérer toutes les différences, toutes les croyances.
Oui ! Il y a des croyances insupportables et intolérables. Non ! Le populisme n’est pas une illusion qui se dissipera d’elle-même avec un peu de pédagogie et de bonne volonté. Non ! La politique internationale n’obéit pas aux chartes du droit international.
Il faut dénoncer la tyrannie des bons sentiments, la politique de l’émotion et de la compassion. Non que la bienveillance soit un sentiment indigne, mais nous devons cesser de croire qu’on peut bâtir sur elle une communauté politique.

Mon avis :

Il est des livres qui font du bien car il montre que des gens réfléchissent encore, celui-ci Contre la bienveillance d’Yves Michaud en fait parti. Que ça m’a fait plaisir de lire ce livre qui va mettre à jour et développer tous les - du moins les principaux - travers de notre société, empreinte de beaucoup trop de charité chrétienne et qui agissent dans un but égocentrique et de haine de soi au délitement de la nation.
Petite précision, ce livre n’est pas entièrement contre la bienveillance, l’auteur met juste en garde contre l’idiotie généreuse qui poussent à ne pas voir et nommer la réalité (par politiquement correct, par terrorisme intellectuel, par clientélisme…), ce qui par conséquent nous enlise un peu plus chaque jour dans notre merde (n’ayons pas peur du mot), nos erreurs, et nous pousse à continuer sur la mauvaise route qu’un jour le gouvernement français - et même d’autres – a pris en donnant raison aux revendications contraire aux intérêts de la nation et des droits de l'homme.
Revendications intégristes islamiques (voile, burka, repas sans porc…), revendications de diverses associations qui ont pour but les droits de l’homme en les détournant de leur fonction première, ou encore revendications des idiots généreux qui peuvent avoir de belles pensées mais les utilisent mal généralement. 
J’entends de là les bien-pensants dire que c’est scandaleux de ne pas être un idiot généreux, de ne pas être ouvert aux autres (et j’ai l’impression qu’on confond souvent « fermeture d’esprit » et « lucidité ») ; mais refuser de se tirer une balle dans le pied n’est pas une tare. De plus quand on voit où nous conduit cette politique désastreuse et du « bien voir » qui pousse à accepter l’inacceptable, à nous asseoir sur nos valeurs, à se suicider à petit feu, on peut se demander où se trouve le problème de refuser cette dictature de la bienveillance malsaine et pousser jusqu’à l’absurde.

Plus précisément maintenant, l’auteur va donc développer les travers, les comportements et les lâchetés, des différents gouvernements qui ont conduit à cette situation désastreuse que nous vivons aujourd’hui. Il va dénoncer aussi le comportement dictatoriale des parties les plus modérés, certains discours qui amoindrissent les faits (la vague de refus des hommages aux victimes de Charlie Hebdo dans les écoles et plus importantes qu’on veut nous le faire croire) ou les discours doubles dont il faut se méfier sous des dehors normaux ou généreux, ceux de Belkacem par exemple ou de certaines ONG encore. En plus, il va aussi réexpliquer par la philosophie certaine notion de penser et de gouverner comme le « soin ».

Mais dénoncer n’est pas tout, faut-il encore argumenter et proposer des solutions. L’auteur l'a fait ; par exemple en ce qui concerne l’Islam et les musulmans et d’une manière général à tous ceux qui viennent ici, il va proposer de redécouvrir l’idée du contrat social qui imposerait les valeurs communes de la France et de la démocratie et rejetterait tout ce qui ne va pas avec notre démocratie, - et avec l’Islam il y a beaucoup de choses qui ne collent pas avec la démocratie et les droits de l’homme. Pour s’en convaincre il suffit de lire la déclaration des droits de l’homme en islam qui fait office de loi dans les pays musulmans. (C’est l’opposée de la notre).
D’ailleurs puisqu'on parle de religion, je dois dire que j'ai apprécié l’approche de l’auteur qui dit que la laïcité n’est pas le point de vu par lequel il faut aborder l’intégrisme, pour lui il faut aborder le problème religieux par la notion du contrat social ; car si la laïcité doit organiser les relations Église/État, elle ne peut faire face aux violences des intégristes d’aujourd’hui qui sont prêt à imposer leur religion par la force, ce qui n’était pas le cas au tournant du 20ème. En effet, quoi de mieux comme première mesure d'expulsion, de déchéance, qu'un contrat social non respecter ?


Comme vous le voyez, cette approche par la critique montre qu’il est nécessaire de revoir le fonctionnement de nos sociétés et certaines lois qui ne peuvent plus être appliquées à l’époque actuelle, comme par exemple le droit d’asile qui ne peut plus être applicable face à ce qu’on vit aujourd’hui, ou encore du regroupement familiale qui est devenue une notion ruineuse, catastrophique et ne tenant pas ces objectifs.
Cette approche montre aussi que les principes bienveillants mais malsains du moment qu’ils deviennent une ligne politique, des objectifs à atteindre pour une minorité contre le bien de la nation, doivent arrêter pour le bien-être du pays et son avenir. Il faut aussi sur certains sujets et pour le bien-être du pays dépasser le clivage gauche/droite. L’auteur insiste aussi sur le fait qu’il ne faut pas avoir peur d’agir et arrêter de faire des comparatifs crétins avec le passé à chaque fois qu’une personne propose quelque chose qui met en avant la défense nationale ou encore les intérêts nationaux, l’exemple le plus flagrant est actuellement la déchéance de la nationalité.
Sur cette question d’ailleurs je vais donner mon avis. Personnellement, je trouve inconcevable et abject d’être contre cette mesure symbolique - et encore pas tant que ça -  mais nécessaire. En effet, on ne peut pas considérer comme français et leur accorder les droits qui vont avec, des connards qui nous crachent ouvertement dessus. Par ailleurs il est abject de dire que cette mesure est contre-productive et de faire des comparatifs entre ces trous du cul et des victimes de régimes totalitaires pour expliquer le refus de cette mesure. Comment peut-on comparer des juifs victimes du nazisme à des terroristes !? Comment peut-on comparer les allemands qui ont été déchus de la nationalité française lors de la première guerre mondiale - sans doute victime des événements plus que coupable -, à des terroristes qui embrassent ouvertement l’idéologie qui veut notre mort !? Faut être con et n’avoir rien dans le crâne pour faire cela ! Honnêtement.
Bref !
Pour en revenir au livre, l’auteur va expliquer en quoi cette mesure de la déchéance de nationalité est nécessaire dans le contrat social mais aussi un des meilleurs moyens (avec la peine capitale) de se débarrasser d’individu nuisible en leur refusant l’accès au territoire et/ou en les expulsant.

Mais comme la France est sous l’égide de l’Europe (hélas) il faut aussi revoir ces institutions supra-nationales qui ne respectent pas la souveraineté nationale, bloque toute réforme et font n’importe quoi au nom d’idéaux marchands, de cosmopolitisme absurde…. Et le meilleur exemple la Turquie avec ce fumier d’Erdogan... Mais peu importe l'exemple, ce comportement suicidaire des élites dirigeantes montre clairement qu’il faut repenser l’Europe ou mieux, s’en éloigner. Ca pourrait éviter le pire, et dans le pire vous mettez ce que vous voulez, tout est valable. (Personnellement je ne peux plus me la voir, je n’arrive plus à supporter cette Europe qui a dépassé depuis longtemps sa fonction première et s’occupe de chose au sein des pays membres qui ne devraient pas la regarder, mais qui aussi n’hésite pas à pactiser et à se coucher devant le diable. Ils sont prompts pour faire des rapprochements avec le passé mais seulement quand ça les arrange...)

Au-delà de la politique nationale ou européenne, l'auteur va avoir une approche de la politique internationale toute aussi critique, elle dure peu, mais il va montrer comment la politique internationale peut être mauvaise et conduire à des désastres ou à des situations qui durent, vu qu’elle ne prend pas en compte certains paramètres qui ont leur importance. Comme l’Histoire ou encore les liens entre clans qui régissent les pays et les mentalités.


En résumé, même si je n'ai pas tout raconté, c'est un livre nécessaire car Yves Michaud pense avec sa tête et non avec son coeur. Certes il va parler de choses déjà connues, mais en lisant ce livre on se rend compte à quel point certains problèmes ne sont pas abordés sous le bon angle ou avec la bonne notion. A lire.

 

Extraits :

"En fait, l’islam ne pourra être accepté sans réserve que le jour où il reconnaîtra explicitement et inconditionnellement démocratie, pluralisme, liberté de pensée et d’expression, liberté de conscience, en particulier liberté de choix de la religion ou de la non-religion, ce qui veut dire liberté absolue d’apostasie, et enfin renoncement tout aussi explicite et inconditionnel à la charia comme droit absolu.
Bien évidemment, aussi, l’islam n’a aucun droit à être protégé par autre chose que le droit commun de choix de sa religion et de liberté de conscience dans une société démocratique. Toute instauration d’un délit d’islamophobie comme forme d’intolérance particulière est, de ce point de vue, à exclure. Si l’islam doit être toléré au titre de la liberté de conscience, il ne peut être protégé par principe de toute critique derrière le paravent d’un délit qui sera évoqué à la première remarque critique."

« Si recommander la bienveillance, la sollicitude, l’attention, le soin -qu’on appelle le car comme on voudra – n’a rien de pendable quand on s’en tient à la morale avec ses limites, faire du soin le principe d’une politique entraîne une cascade de conséquences inacceptables.

L’obsession de la bienveillance et du soin conduit à accepter toutes les différences, pour peu qu’elles invoquent les excuses de la vulnérabilité, de la souffrance, et de la minorité. Elle favorise donc les revendications communautarisme qui s’avancent masquées sous des dehors de plaintes.
C’est ainsi que, aujourd’hui en France, voire en Europe, la moindre critique de l’islam rencontre aussitôt l’accusation d’islamophobie et déclenche des discours d’excuse de la bien-pensance. Non l'islam n'est pas intolérant ! Non, l'intolérance en son sein est uniquement le fait des minorités ! Et de toutes manières c'est la religion des ex-colonisés et des opprimés. (Sur ce dernier point je regrette que l'auteur ne disent pas que l'inverse est vrai aussi, ils furent colonisateurs, esclavagistes et oppressifs.)
[…].
L’obsession de la bienveillance et du soin nous fait aborder avec compassion les plaintes, toutes les plaintes et, en ce sens, valide et renforce toutes les revendications populistes les plus démagogiques -puisque se sont chaque fois des victimes qui parlent et qu’il faut les écouter : victimes du capitalisme, victimes de la mondialisation, victimes de leurs échecs scolaires […]
Dès lors que l’on parle de victimes, il y aussi des agresseurs ; et comme ces agresseurs sont dissimulés par le fameux « système », non seulement la démagogie mais aussi le conspirationnisme peuvent se donner libre cours.

Bienveillance et vision morale du monde, dans tous les cas, nous font nous aveugler face à la réalité – face à la réalité de l’affrontement religieux, face à la réalité du populisme démagogique, face à la réalité d’un monde internationale où prévalent comme par le passé la force et les intérêts.
Le paradoxe de cette souffrance, si complaisamment débusquée, n’est pas mince : elle engendre l’anesthésie à la réalité et l’aveuglement aux faits. La souffrance et son accompagnement, le dolorisme, servent une fois de plus de paravent à la réalité.

Les différences religieuses « actives », militantes, celles qui débordent le for intérieur, doivent être proscrites.
[…]
Sur d’autres points, la réflexion est à approfondir et à nuancer, mais par exemple, si l’accès aux langues minoritaires peut être facilité, celles-ci ne peuvent en aucun cas avoir un usage public officiel. Il faut qu’il y ait une langue de la Res publica, le français. De même pour les matières enseignées dans les écoles ou l’accès aux soins. Les différences culturelles doivent demeurer des différences culturelles sans jamais devenir des différences politiques.
[…]
A l’inverse, certaines lois doivent être réintroduites : les lois mémorielles doivent être abolies, les droits exorbitants donnés à certaines associations d’ester en justice et qui sont un encouragement Quant à ceux qui ‘accepteraient pas cette idée du commun, ils peuvent, comme le disait Rousseau, « partir avec leurs biens », mais s’ils s’engagent dans des menées contre la communauté, le retrait graduel des droits sociaux et des droits civils, et pour finir, la déchéance de la nationalité s’imposent. »

Voici un lien avec un début très intéressant sur la déchéance de la nationalité et sa conséquence : apatride.

En voici un extrait :

"Article premier - Définition du terme "apatride"

1. Aux fins de la présente Convention, le terme "apatride" désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation.
2. Cette Convention ne sera pas applicable :
i) Aux personnes qui bénéficient actuellement d'une protection ou d'une assistance de la part d'un organisme ou d'une institution des Nations Unies autre que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, tant qu'elles bénéficieront de ladite protection ou de ladite assistance;
ii) Aux personnes considérées par les autorités compétentes du pays dans lequel ces personnes ont établi leur résidence comme ayant les droits et les obligations attachés à la possession de la nationalité de ce pays;
iii) Aux personnes dont on aura des raisons sérieuses de penser :
a) Qu'elles ont commis un crime contre la paix, un crime de guerre ou un crime contre l'humanité, au sens des instruments internationaux élaborés pour prévoir des dispositions relatives à ces crimes;
b) Qu'elles ont commis un crime grave de droit commun en dehors du pays de leur résidence avant d'y être admises;
c) Qu'elles se sont rendues coupables d'agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies."

 

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14 avril 2017

"Fausses vérités et vrais mensonges de l'histoire" de Pierre Monteil

Fausses vérités et vrais mensonges de l'histoire de Pierre Monteil

histoire pierre monteil

Résumé :

Chaque génération hérite des a priori et des idées reçues de la génération précédente. Ces fausses vérités et vrais mensonges, qui apparaissent à chaque époque de l'Histoire, se nourrissent de l'ignorance aussi bien que de la propagande,  et survivent au fil des siècles. Cependant, force est de constater que ces nombreux poncifs sont considérés par beaucoup comme une réalité.  Saviez-vous, par exemple, que Moïse et l'Exode n'ont aucun fondement historique, pas plus que les premiers rois du Grand Israël ? Que la Grèce antique ne fut jamais un havre de paix et de raison ? Que Christophe Colomb ne fut pas le premier à découvrir l'Amérique ? Que le Lusitania fut coulé alors qu'il transportait des armes ? Que le Tibet d'avant l'invasion chinoise de 1950 était une théocratie médiévale et obscurantiste ? Que la guerre d'Irak et l'affaire des armes de destruction massive reposent en fait sur du vide ? Cet ouvrage, mêlant simplicité d'écriture, esprit critique et objectivité, a été écrit pour s'adresser à un public large. Que vous soyez donc un passionné ou bien un simple néophyte, ne tardez pas à (re)découvrir ces fausses vérités et vrais mensonges de l'Histoire.

Mon avis :

Fausses vérités et vrais mensonges de l’histoire, fait parti de ces livres qui abordent de manière superficielle des sujets qui mériteraient plus de recherche. Cependant et malgré cela il est très intéressant à lire. D’une part parce qu’il aborde différentes époques et différents sujets, et ensuite parce qu’il est parfois assez suffisant pour constater les fausses vérités, les raccourcis et les plus gros mensonges (avant une lecture d’ouvrage plus conséquent).

Franchement j’ai apprécié ce livre, d’une part parce qu’il se propose de lutter contre les idées reçues, mais aussi parce qu’il permet de s’interroger sur des gens élevés aux statues d’icône (Lénine ou encore Malcom X qui est un fervent partisan de la violence et du racisme prôner par l’organisation extrémiste Nation of Islam), sur la fabrication de l’histoire, ou encore sur certains mensonges qui ont conduit à de grands mouvements sentimentaux populaires par la manipulation via des images et discours. Certes ce dernier point est su de tout le monde, mais je trouve que c’est toujours bien de rappeler ces pratiques dictatoriales et manipulatrices encore actuelles.

Bref ! Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce livre si ce n’est qu’il est intéressant, se lit bien, et titille assez la curiosité. A lire pour le plaisir.

Merci aux éditions Jourdan.

 

Extraits :

Affaire des couveuses du Koweït :

« Cependant dès mars 1991,  plusieurs journalistes américains s’aperçurent que le témoignage de Nayirah ne correspondait pas à la réalité. Ainsi, si de nombreux  patients et nouveau-né étaient mort lors de l’invasion du Koweït, c’était avant tout parce que le personnel médical c’était enfui, et non à cause des exactions irakiennes.

Pire, l’on découvrit que la jeune femme, loin d’être une infirmière lambda, était en fait une fille de Saud Bin Nasir al-Sabah, ambassadeur du Koweït à Washington (et membre de la famille royale koweïtienne).

En réalité, cette campagne en faveur d’une intervention internationale en Irak avait été commandée par l’association Citizen for a free Kuwait.

[…]

Ces nombreuses révélations, donnant naissance à l’affaire des couveuses du Koweït, firent grand bruit dans la presse.

Ce scandale véritable cas d’école, démontrent aujourd’hui à quel point il est facile de manipuler l’opinion publique afin de la pousser à défendre les idées du gouvernement. »

Lénine :

« Au final on ne peut que constater un décalage flagrant entre l’image plutôt positive de Lénine, telle qu’elle est véhiculée aujourd’hui, et l’implacable réalité du terrain. Cette dichotomie est d’autant plus incompréhensible, dans la mesure où, comme nous avons pu le constater, Lénine a violé tous les engagements pour lesquels il avait combattu le régime tsariste : suppression des libertés individuelles ; création d’une police secrète sans aucune base légale ou judiciaire ; rétablissement de la peine de mort ; instauration de la Terreur rouge (qui fit 3 fois plus de victimes en deux semaines que le régime tsariste en un siècle) ; dissolution de l’assemblée constituante qui lui était hostile ; instauration d’une véritable dictature ; ouverture de camp de concentration ; interdiction du droit de grève ; instauration d’un parti unique ; et au final un bilan humain estimé à près de quinze millions de morts (si l’on ajoute les victimes de la guerres civile à celles de la famine).

A l’aune de ces chiffres, force est de constater que Lénine ne fut pas un idéologue innocent, prix « involontairement » dans l’engrenage de la violence, qui aurait été contraint de se « salir les mains » à contrecœur à cause d’un contexte géopolitique difficile.

Aujourd’hui le premier dirigeant de l’URSS doit être considéré comme ce qu’il fut, c’est-à-dire « l’inventeur » de la première dictature totalitaire du 20ème siècle, sa responsabilité dans les atrocités commises au cours de son règne ne pouvant être écartée. »

 

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18 août 2016

Suivons les pas des amants désunis

Romanesque de Tonino  Benacquista

Source: Externe

Résumé :

Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique : Les mariés malgré eux. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

Mon avis :

Romanesque : le titre sied à merveille au contenu de ce livre. Ce livre mes amis, quel livre ! Quelle aventure ! Quelle inventivité ! Quelle lecture ! Sans pour autant être un coup de cœur – mais pas loin –, ce livre m’a enchantée par son histoire hors du commun et ô combien riche en trouvailles, évènements, surprises, et j’en passe.

Nous suivons l’histoire de deux amants qui dérangent par leur façon de vivre et de penser leur amour, punis sur terre comme au ciel et enfin aux enfers, ils devront traverser plusieurs épreuves qui calmeront la colère de dieu et le désarroi du diable devant son échec à les séparer.
Mais les épreuves stressantes et terribles de nos amants, qui traversent le temps et les continents avec ruse et force, n’est pas le seul point positif de ce livre. En effet, ce dernier m’a énormément plu par son côté légendaire. J’ai aimé voir comment l’imaginaire de l’auteur a pu concevoir la transcription des légendes qui peuplent notre terre. J’y ai trouvé un côté enfantin et très nouveau. Car on n’imagine pas les légendes s’écrire ainsi avec un parcours aussi fou.

Outre ceci, et dans cette chance que nos amants ont eu à parcourir le temps, j’ai aussi goûté cette petite critique de l’incertitude historique que l'auteur glisse par-ci par-là. Cette avance que les amants avaient sur elle et qui leur permettait de critiquer certaines choses était en effet sympathique à suivre pour l'étudiante en histoire et histoire d'art que je suis. Car cela montre qu'on ne peut pas tout savoir et que parfois l'Histoire comme les légendes s'écrivent avec des lambeaux d'histoire et de l'imagination, ce qui ne les rend pas forcément très fiables. Et ceci c'est un sentiment que je ressens souvent dans mes études, du coup comme ça me parlait, ben forcément j'ai apprécié.

Enfin, pour finir, je dois dire que l’élégance du livre vient aussi de nos deux amoureux. Alors certes, c’est un peu beaucoup niais une histoire d’amour, mais malgré cela j’ai trouvé du charme dans cette histoire. Nos deux tourtereaux qui s’aiment mal pour l’opinion et envers et contre tout sans pour autant être écœurant d’amour, sont attachants par cette envie de vivre simplement ensemble et la persévérance qu'ils y mettent.
De plus, d’un point de vue du caractère je les ai trouvé surprenants ; ils sont débrouillards, ne se démontent pas face à l’hostilité des vents ou des hommes, et surtout, ils savent ce qu’ils veulent. L’auteur ne remplit pas des pages en les faisant jouer la girouette, là ça reste un but, une idée et pas autre chose, et je dois dire qu’en plus des épreuves incroyables qu’ils traversent, ce but à atteindre qui ne varie pas d’un point et ce qui fait que j'ai été happée par le récit. Car je n'avais qu'une question en tête de toute ma lecture.

Malgré cet avis un peu dithyrambique, je le rappelle ce livre n’est pas un coup de cœur parce que certains passages à l’époque contemporaine ne m’ont pas emballée autant que ça, mais malgré tout, cette histoire d’amour servie à la fois par une plume commune, délicate et poétique, et qui nous propose de suivre des personnages hors du commun dans des épreuves hallucinantes, est une perle. C’est un livre de cette rentrée littéraire à ne pas rater. C’est du roman, de la nouveauté comme on aime. C’est Romanesque !

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard.

 

Extraits :

"Vexés par l'insubordination des amants, les fâcheux s'en sont allés, mais déjà une ombre morbide et souveraine plane sur la scène. L'insolence s'efface par pudeur, l'heure n'est plus à la farce : on se meurt."

"Temps,
Toi qui m'oppresses depuis mon premier jour, toi qui me rappelles à chaque instant que tu m'octroies combien je suis mortel. Sache que dorénavant je serai lent quand tu voudras me hâter, et je perdrai plus mes heures à t'attendre quand je voudrai me hâter. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais."

04 mai 2016

"La nuit appartient au tigre" de Michel Honaker

La nuit appartient au tigre de Michel Honaker

Source: Externe

Résumé :

Ancien des forces spéciales, Derek Ardo cherche à fuir son lourd passé. Reconverti dans l’humanitaire, il est engagé par une fondation pour prendre la tête d’une médiathèque dans un quartier neuf d’Aramsha, en Inde. Hormis Aparajita, une petite fille au caractère bien trempé, et Trishna, une jeune femme bannie par sa famille pour avoir fui un mariage forcé, les visiteurs sont rares, et sa vie s’annoncerait des plus tranquilles s’il n’y avait la présence d’un tigre mangeur d’hommes, dont les victimes se multiplient. Un climat de méfiance et de peur s’installe en ville, et Derek engage alors une guerre personnelle contre le fauve.
Dans un univers à mi-chemin entre Le Livre de la jungle et L’Histoire de Pi, Michel Honaker soulève des questions intemporelles telles que la relation de l'homme à la nature, sa volonté de contrôle et de domination, ou encore le poids des traditions. Tout à la fois roman d’aventures, d'initiation et fable écologique contemporaine, La nuit appartient au tigre est un roman court, dense et inoubliable.

Mon avis :

Ce livre c’est l’histoire d’un conte, d’un conte qui finit mal, enfin… qui finira mal. Plus loin. Plus tard.

Ce livre c’est l’histoire des hommes aux prises avec un tigre légendaire et tueur, qui veut se venger en laissant éclater sa part d’homme.

Ce livre c’est l’histoire d’une nature dévastée, d’un habitat violé, d’un tigre qui ne pardonne pas cette soif d’argent.

Ce livre c’est aussi l’histoire d’un homme qui croit en la culture et d’une femme rejetée. D’une panoplie de personnage attachant, mystérieux, entier, voire détestable.

C’est aussi un livre qui effleure la hiérarchie indienne, qui montre ces sociétés où chacun est à sa place et où personne ne pourra en bouger parce que la naissance en a décidé ainsi.

Ce livre c’est une histoire racontée simplement mais avec beaucoup de passion. Une écriture fluide, une histoire ni trop courte ni trop longue. Une histoire parfaite, avec plus d’une leçon qui nous rappellera l’impermanence de notre condition, qui critiquera la soif d’argent démesurée, les arrangements entre puissant, la destruction d’une nature originelle qui nous apportera que du malheur.

Ce livre est une histoire magnifique à lire, relire et à méditer. Un coup de coeur pour ma part. Pour l'histoire comme pour la couverture.

Petit passage comme ça en passant : "[...] Réaliste. La réalité, c'est ce qui manque le plus dans notre monde. Voir les choses et les nommer. Pas faire semblant qu'elles ne se sont pas produites. Pas faire comme si elles n'existaient pas."

Merci aux éditions Denoël

Editions Denoël collection Y
Sortie le 17 mars 2016

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27 février 2016

"Décomposition française : comment en est-on arrivé là ?" de Malika Sorel-Sutter

Décomposition française : comment en est-on arrivé là ? de Malika Sorel-Sutter

 

décomposition française Malika Sorel

Résumé :

La décomposition de la France est engagée. Cela ne fait plus de doute.
C’est en observant le système administratif et le monde politique, de l’intérieur, que Malika Sorel a pris la mesure de la faillite de nos élites. L’auteur a dû faire le constat de la servilité, de l’incurie, de l’impéritie, du cynisme, mais aussi de la peur, et de son corollaire, le mépris de la liberté, de la liberté d’esprit.
La pente est prise depuis trop longtemps, par les mêmes toujours au pouvoir, du renoncement à analyser les problèmes en profondeur, à reconnaître leurs erreurs et à reprendre les questions douloureuses, dont les conclusions se révèlent bien souvent déplaisantes…
Nos élites de commandement savent pourtant exactement ce qu’il en est des difficultés inhérentes à l’immigration et à l’intégration, qui se posent d’une manière plus aiguë que jamais. Et c’est là la source majeure de la dépression collective dans laquelle les Français ne cessent de s’enfoncer.
Dans ce livre très personnel, elle raconte les choix opérés, auxquels les Français n’auront pas été associés, qui ont conduit le pays à sa situation actuelle.
 
Malika Sorel est française, issue de l’immigration arabe. Née en France, elle a longtemps vécu en Algérie. Diplômée de plusieurs grandes écoles, de formation scientifique, elle a travaillé dans le secteur des hautes technologies. Elle a choisi de se consacrer à des sujets qui engagent, selon elle, l’avenir de la France et de son peuple. Elle est nommée membre du Haut Conseil à l’intégration (HCI) en septembre 2009. Elle a également travaillé au sein de la mission de réflexion sur la laïcité du HCI.
Elle est notamment l’auteur de deux livres : Le Puzzle de l’intégration (Mille et une nuits, 2007) et Immigration-Intégration : le langage de vérité (Mille et une nuits, 2011).
Mon avis :
"Un état chancelle quand on ménage les mécontents ; il touche à sa ruine quand on les élèves aux premières diginités" Le Bréviaire de Talleyrand

« La dégradation de la liberté d’expression et d’opinion s’est accélérée après les attentats perpétrés contre Charlie-Hebdo et l’épicerie casher de Vincennes. La marche pour défendre la liberté de pensée et de jugement a été récupérée politiquement, ce qui a empêché toute liberté de pensée et de jugement, alors que la mobilisation sans précédent des Français aurait dû conduire à une analyse sans concession des causes réelles de la tragédie. Ce désir de parler, de comprendre a été étouffé de nouveau. » Page 13

« La Terre sainte, c’est un petit concentré de la terre. Et qu’est-ce qu’on y trouve ? Quelque chose qui nous met en face de  notre avenir possible : les murs de séparation, les ségrégations. » Régis Debray

« Etre français Français devient un handicap, quand être français de la diversité fait de vous une « chance pour la France ». Aujourd’hui rien n’incite plus à l’assimilation. » Malika Sorel

 

Quand le premier ministre belge Guy  Verhofstadt disait qu’il y avait « décidément quelque chose de pourri en République française » il ne pensait pas si bien dire, sauf qu’il ne le disait pas pour dénoncer la véritable pourriture qui se trouve au sein du gouvernement mais pour dénoncer le refus français de disparaître en défendant leur identité. C’était en 2010, personne n’a voulu les écouter, une bonne partie des politiques, des intellectuels, des amuseurs publics, leur ont craché ouvertement à la face. Les politiques de droite comme de gauche, et surtout de gauche – car le livre va montrer l’accélération de la mort de la France sous la pourriture gauchiste –, ont continué à faire comme-ci tout allait bien, ont continué leurs petites magouilles pour imposer de force le mélange des cultures aux français qui n’en veulent plus car ils savent parfaitement qu’il est impossible de vivre à côté de gens hostiles à eux et à leur pays, et qu’il est impossible de vivre à côté de personne trop différente de par leur manière de vivre, leur culture.

Comme quoi, on est loin du cliché qui veut que ça soit l’ignorance qui soit responsable de l’hostilité grandissante envers certaines communautés, ça serait plutôt la réalité. D’ailleurs ce n’est que ça, et le pire là-dedans c’est qu’on ose encore mépriser ces français qui refusent de vivre dans cette réalité invivable que les politiques ignorent.   

 

Ce livre ne va cependant pas que s’acharner sur la politique gauchiste et droitiste, qui montre toutefois comment nos politiques œuvrent consciemment et consciencieusement à la destruction de la France, à travers la destruction de son histoire (la réforme scolaire de Belkacine par exemple), la destruction de sa population par le grand remplacement, la destruction de l’égalité avec la discrimination positive ( = racisme anti-blanc autorisé) et le favoritisme étranger, le « pas d’amalgamisme » qui sert à éviter tout affrontement avec la réalité, l’encouragement à la destruction de l’autorité de l’état dans les écoles et ailleurs, ou encore la destruction de ses valeurs républicaines en les rendant inopérantes par les petits arrangements entre partis, lobbys, religion, et ceci en échange des votes – et si je ne mets pas de S à « religion » c’est bien parce que la gauche sait qu’il y a plus à gagner avec l’Islam qu’avec le reste. D’où le fait que l’on naturalise à tour de bras et sous des prétextes bidons ses populations sans tenir compte du code civil, de l’intégration réelle. Et si je dis ça c’est parce qu’ils pensent vraiment que l’école, le temps, intègre… Tout montre que ce n’est pas le cas, mais ce n’est pas grave jouons à l’Autruche.

 

Bref. Pour en revenir à ce que je disais, elle ne va pas que s’acharner sur la politique de la France, elle va aussi montrer et plus ici que dans son livre précédent selon-moi (le seul que j’ai lu), les pressions internationales des ONG sur la politique de nos pays mais qui sous leur dehors charitable ne sont pas neutres sur le plan commerciale ou politique ; l’ingérence des pays du Sud dans la politique européenne et française ; les méfaits des associations à racisme sélectif ; cette pression -et encore quand elle y est- européenne qui s’exerce sur l’immigration en dépit du bon sens (il existe un espèce de concours là-dedans que ça en devient magnifique tellement c’est débile et ne tient pas compte de la réalité) ; cette manipulation de l’histoire et de ses douleurs par les intellectuels, sociologues, amuseurs publics, et qui conduisent à la désastreuse politique mensongère de la repentance - et qui est là aussi selon-moi non justifiée, ou alors on devrait tous s’y mettre en demandant réparations à tous les peuples qui nous ont nuis, et ceci qu’ils soient d’Afrique et du Moyen Orient (esclavage des chrétiens par les musulmans par exemple) ou européen (avec l’Italie de Jules César par exemple). Oui là je vais loin, mais c’est pour montrer l’absurdité et le sens unique de cette politique nuisible avec laquelle on n’aura jamais fini, même si la « dette » a déjà été payée depuis longtemps avec toutes les aides européennes qui vont dans ces pays et toutes les aides importantes qu’ils ont ici.

Cependant tout cela n’est pas vraiment nouveau dans les livres de Malika Sorel, car déjà dans son précédent ouvrage elle dénonçait cette mise à mort programmée de la France et de ses habitants ; de ses valeurs si chèrement acquises ; la régression française à l’école, dans les concours de la fonction publique qui ont supprimé la culture générale pour les immigrés, dans la rue, les entreprises… ; la mainmise de l’idéologie gauchiste dans le monde politique, médiatique, syndicale, scolaire (oui à tous les niveaux cette idéologie malsaine se retrouve) ; les discours mensonger et dangereux sur, l’immigration, le comportement des français et sur leur mentalité (soi-disant raciste et soi-disant responsable de l’échec de certaine population).

En outre elle dénonçait déjà que le communautarisme est né de l’antiracisme, l’abdication de l’état dans la politique d’intégration, l’immigration à outrance, les politiques égocentriques et courtisanes sans vision sur le long terme, le regard des politiques qui refusent de voir la réalité alors qu’ils ont tout sous les yeux pour voir que le problème est réel et non sortit de l’imaginaire français voire européen. Et là c’est à l’aide de rapport, de discours qu’elle va appuyer ce point ! Attention ce n’est pas rien.

Alors me direz-vous, pourquoi faire un autre livre vu qu’elle en parle déjà ailleurs et aborde le même sujet, dénonce les mêmes choses et les mêmes problèmes ? C’est simple, d’une part pour mettre à jour ce qui a été fait depuis dans la déconstruction française, et avec la gauche officiellement au pouvoir il y a eu une explosion dans les faits antirépublicains et antifrançais ; et d’autre part pour approfondir le sujet sur des faits et des personnes afin de mieux comprendre certaines choses ou les incohérences. Comprendre un peu plus le mal.
Certes elle va rajouter quelques critiques nouvelles, en dénonçant le démarchage commercial des politiques en direction des religions, les liens des politiques avec leur pays d’origine comme Belkacem avec le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, ou le stupide christianisme –et ça je vous jure que ça fait du bien- à cause de sa mentalité d’idiotie généreuse, les discours moralisateurs du Pape extrêmement mal placés, et ses ingérences dans la politique occidentale.


Mais à côté de ces nouveautés, elle va surtout approfondir le sujet par de nouveaux faits qui complètent le livre précédent ; en dénonçant par exemple le sectarisme gauchiste – au demeurant non ignoré des personnes honnêtes – et qui fait énormément de dégâts, le comportement des féministes qui sont le malheur de la femme, le comportement des mères sur leurs filles, l’incohérence de faire venir de l’étranger des étudiants alors que nos cerveaux partent et ne reviennent pas, la responsabilité de l’éducation nationale dans la délitation de la nation, ainsi que les actions et les paroles ahurissantes des élus ou affiliés.  Et sur ce dernier point ça peut aller des âneries au niveau local – une mairesse qui se vante par exemple de payer des cours d’arabes avec l’argent du contribuable ! – à la bêtise ouverte des grands de ce pays, qui va de Rachida Dati qui sous-entend que la justice est raciste envers les étrangers, en passant par celle d’une autre qui dit que la République doit changer pour s’adapter aux immigrés (oubliant que dans le passé elle ne posait pas de problème…), en passant encore par celle de la classe politique entière, qui ose dire que la France n’en fait pas assez pour ces étrangers (alors que c’est faux), que la France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, et que les français doivent payer des crimes qu’ils n’ont pas commis et son racisme… imaginaire.

Oui je dis bien imaginaire, car si les français sont aujourd’hui hostiles envers ceux qui sont ouvertement hostiles contre eux (réaction sommes toute normale) ils ne sont pas pour autant fermés et racistes.
C’est juste qu’ils n’acceptent pas et plus d’être devenus minoritaires sur leur terre, d’être considérés comme quantité négligeable, de voir leur identité se dissoudre au nom de la bien-pensance et de la mondialisation, d’être accusés sans arrêt de la mauvaise politique des « élites », de voir le communautarisme religieux s’imposer toujours plus, et les mensonges et le racisme des politiques qui leur reprochent ouvertement d’être français de souche européenne !!! En fait, on ne leur en a jamais autant voulu…

Mais revenons-en à nos moutons.

Je disais donc, que sur des bases anciennes et visibles dans ses autres ouvrages, elle va développer toujours plus ce qu’elle avançait, en appuyant un peu plus ses propos avec des exemples extérieurs qui montrent que l’utopie de la société multiethnique est irréalisable. Le passé et le présent et l’ailleurs le montre. En effet les peuples trop différents ne peuvent pas vivre ensemble sans règles fixes et inflexibles, car forcément c’est la loi du plus fort et du nombre qui l’emportera au bout du compte.

Cela étant je veux préciser que ce livre possède une autre dimension, une vision plus personnelle de l’auteure. Ici on va découvrir ses aspirations, ses souvenirs, ses déceptions, qui donnent à l’ensemble peut-être une dimension tragique mais qui montrent vraiment à quel point on a perdu sur la laïcité, sur la paix sociale, sur nos valeurs. Et ce n’est pas exagéré, car même moi qui n’aie pourtant que 30 ans je remarque l’évolution mauvaise des choses et la tournure que prend cette société pleine d’état dans l’état. Envoyant en l’air des centaines d’années d’histoire pour retomber à une époque féodale et bientôt de guerre civile. Où chaque parti s’affrontera pour ses privilèges.
Ce qui rend triste là-dedans, c’est que les gens visionnaires et pleins de bon sens comme cette Grande Dame personne ne les écoutent car le petit confort des politiques, leur petit égo, passent avant tout le reste. Avant le bien commun. Alors qu'à cause de leur trahison la France se délite...

Pour conclure et même si je n’ai pas dit tout ce que je voulais dire, et comme pour Immigration –Intégration (lien), j’en conseille vivement la lecture. Certes vous n’aurez pas fini de bouillir devant tant de haine, de trahison, et devant le comportement des politiques qui considèrent la France comme leur propriété et ignorent superbement les valeurs et l’histoire de ce pays, mais c’est un livre nécessaire, et surtout pour ceux qui gobent tous les mensonges du gouvernement sur les chances de l’immigration. D’ailleurs je dois avouer que j’admire cette bêtise, je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse croire ce que la réalité ne montre pas. Qu’avez-vous à montrer en refusant la réalité ? Qu’est-ce qui vous fait peur dans celle-ci ? Qu’avez-vous à prouver ? Sachez quand même qu’eux-mêmes ne croient pas en leur mensonge.

Merci aux éditions Fayard.

 

Extraits qui vous donneront, je l'espère, envie.

"Voilà près de 40 ans que l’ombre de la seconde guerre mondiale, avec son cortège d’horreurs, plane sur la cité. Les programmes scolaires d’histoire en ruissellent. Tout y passe, chaque fois analysé sous un angle différent. Les politiques, les intellectuels et les médias usent et abusent de sa référence, l’invitent  à table en toute occasion, à tout bout de champ. Ils ne voient pas qu’ils ont adopté les comportements de ceux que Winston Churchill avait accusé de sacrifier l’honneur pour ce qui n’est qu’un simulacre de paix.

Plutôt que d’affronter le réel, ils l’ont, comme jadis, d’abord occulté, puis l’ont travesti, avant de finalement capituler. Il est trop tard, lancent-ils en chœurs  aux Français de souche et à ceux qui se sont assimilés. Nous ne pourrons plus revenir en arrière. Ils poussent le vice jusqu’à les sommer de s’adapter à une situation qui leur a été faite et au sujet de laquelle nul ne les aura jamais consultés. Pour tout programme, la politique du fait accompli.

Nous étions en droit d’espérer que la mémoire si proche de la seconde guerre mondiale servît de guide et de tuteur moral aux élites qui éclairent et participent grandement par leurs choix à l’avenir du plus grand nombre. On était en droit d’espérer que son cruel souvenir éclairât suffisamment le présent afin que ne soient  réitérées les erreurs et compromissions du passé. Contre toute attente, c’est le contraire qui s’est produit, et plus son évocation devenait frénétique, plus l’esprit qui avait alors prévalu étendait de nouveau son emprise, ses possessions.

La culture intensive de cette « mémoire » -qui n’est plus celle qui qui ont vécu la guerre- à largement contribué à tétaniser les esprits, pour conduire à la stérilisation de la réflexion ; la rapidité et la saisissante facilité de cette entreprise doivent beaucoup à l’esprit de notre temps.

L’esprit munichois est de retour. La peur règne sur la cité. Gare aux esprits libres, à ceux des Français qui refusent de courber l’échine, à ceux qui souhaitent encore nommer ce qu’ils voient ! Or, ce qui ne peut être nommé n’existe pas. Circulez, il n’y a rien à voir !

La comparaison avec la seconde guerre mondiale s’arrête là. Là, c’est-à-dire dans le comportement des élites de commandement et des personnes qui gravitent autour d’elles, murmurent à leur oreille. Les deux périodes se rejoignent dans le refus de ces élites d’ouvrir les yeux sur me réel tant qu’il était encore temps de ménager un espace pour la paix."

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 "C'est un fait, en en France, de plus en plus, faire partie de la "diversité", constitue un avantage, quand être français, tout court, ne présente plus guère que des inconvénients. Deux mouvements se conjuguent : l'un consiste à glorifier tout ce qui n'est pas français, et l'autre à dénigrer ou à mépriser tout ce qui l'est. La propagande multiculturalisme va jusqu'à contraindre le peuple français à taire sa propre culture et sa propre identité, et à encourager les migrants et leurs descendants à exprimer la leur, jusqu'à l'intérieur des établissements scolaires. Les enseignants subissent ensuite les conséquences. [...]" Page 118

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"L’idéologie de l’antiracisme a par ailleurs constitué une aubaine pour tous ceux des descendants d’immigrés qui n’avaient nullement l’intention de s’intégrer, ni même parfois simplement l’intention de s’insérer.
Beaucoup de ce que la société doit subir comme remise en cause de son mode de pensée et de vie, de la part de nombre d’enfants de l’immigration, est une conséquence directe de l’idéologie de l’antiracisme. Si cette idéologie s’est répandue aussi vite parmi les populations du Sud, c’est qu’elle a représenté pour elles une planche de salut. Pour figer son identité et la perpétuer à l’identique, le groupe tend à combattre dès la petite enfance, la liberté individuelle qui est perçue comme une menace. Pour ce faire, une pression constante est exercée sur chaque membre, ce qui conduit à l’atrophie du sentiment de responsabilité individuelle. Toute idéologie qui développe le sentiment de victimisation et la conviction que les autres sont coupables rencontrent ici un terrain des plus fertiles.

Au lieu d’œuvrer à l’émancipation en favorisant l’éclosion d’une liberté individuelle, les élites politiques, intellectuelles, médiatiques et du spectacle ont fait le choix de les assujettir encore davantage à leur communauté culturelle d’origine, les éloignant ainsi de la civilisation occidentale qui avait su, de par ses combats intellectuels et artistique, donner naissance à l’individu, libre et autonome."

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"La différence la plus significative entre la gauche et la droite dans l’exercice du pouvoir c'est le degré de sectarisme. Ceux qui sont habités de la conviction d’être de gauche se vivent comme des gens à part, supérieurs, qui ont, par essence, raison sur les autres. C'est pourquoi il leur est difficile d’exercer un véritable esprit critique.

La droite avance souvent ses pions à découvert, et il est alors possible de l’affronter lorsque cela s’avère nécessaire pour défendre la République. La gauche préfère emprunter une tout autre approche. Les gens de gauche, pendant longtemps, ont eu plutôt tendance à avancer leurs pions en douce, le sourire aux lèvres le catéchisme des belles valeurs en bandoulière, des valeurs nobles, celles qui ne coûtent pas grand-chose sur le plan personnel, mais peuvent rapporter gros quand elles sont brandies, affichées, mises en scène. Notre société de l’image est avide de bons sentiments et de belles histoires, il faut produire la légende.

La difficulté à déjouer les attaques menées contre la République se trouve augmentée du fait que les gens de gauche, qui se présentent comme républicains depuis quelques années et sont d’ailleurs identifiés comme tels par l’opinion publique – quand bien même ils œuvrent contre les principes républicains-,  sont en réalité d’abord de gauche, c’est-à-dire qu’ils adhèrent d’abord et avant tout à un ensemble d’idées ; avant d’être républicains. Ils préféraient se dire démocrates auparavant. C’est pourquoi il est si difficile de lutter contre l’avancée du rouleau compresseur idéologique, qui a abouti à la mise à terre, l’un après l’autre, des principes républicains.

Qu’ils soient intellectuels, politiques, syndicalistes, journalistes ou encore artistes, ils sont habités par l’esprit de corps. Impossible de dissocier, même dans l’erreur. Cela signifie, concrètement, qu’il est bien plus difficile de contrer une attaque en règle des principes républicains si elle a été menée par quelqu’un de droit, car ils se fédèrent spontanément et se lèvent tous ensemble, soit pour maquiller l’infamie, soit pour la passer sous silence, soit pour allumer des contre-feux. Ils se protègent entre eux, en toutes circonstance, y compris sur le dos de la République, qu’ils jurent pourtant de défendre, la main sur le cœur. Nous l’avons vu, entre autres, avec le principe d’égalité, qui a été laminé par l’introduction de la discrimination positive par les socialistes –circulaire du 1er juillet 1981- ainsi pour tout ce qui concerne la laïcité, et ce depuis la première affaire du voile (Creil 1989)."

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"Tout peuple est fruit d’un héritage. On ne peut former le même peuple, la même communauté politique sans reconnaissance de cet héritage. Les Français sont liés par des liens spirituels très forts, à travers le partage de leur histoire et de leur culture.  Or, qu’a-t-il été donné aux Français d’observer depuis plusieurs décennies ? L’expression d’un sentiment de rejet envers ce qu’incarnent ou symbolisent les Français de souche culturelle européenne. Qu’on fait les élites ? Elles ont refusé de prendre au sérieux ce qui s’étalait sous leurs yeux. Elles ont préféré mentir au peuple mais aussi aux enfants de l’immigration, en attribuant à ce rejet des justifications socio-économiques. Elles savaient que c’était faux, mais l’explication était bien trop commode." (page 205)

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"Dans notre rapport « Les défis de l’intégration à l’école », nous avons insisté sur le fait que l’échec scolaire est principalement dû à des facteurs exogènes à l’école. Bien sûr, un certain nombre de raisons à l’échec sont imputables à l’école elle-même, mais elles ne peuvent en aucun cas expliquer à elles à elles seules l’ampleur du naufrage dans lequel notre école a été entraînée. L’école a été lourdement handicapée et entravée dans sa mission.

Lors de son audition par le HCI en décembre 2011, le philosophe Alain Finkielkraut s’était interrogé sur « certaines hésitations du rapport » sur l’école que nous avions remis au premier ministre François Fillon. La plupart des points qu’il avait soulevés avaient fait l’objet de discussions parfois âpres au sein du Haut Conseil. Alain Finkielkraut pointa un problème central : « La vraie question », dit-il, et elle « n’est pas posée dans le rapport du HCI sur l’école [est la suivante] : Ces difficultés sont grandes. A-t-on une chance de les résoudre si l’afflux continu d’immigrés persiste ? ». Bien sûr, la réponse est non. La question est restée hors du champ, assurément. Les acteurs du système s’accordent tous à dire que c’est à l’école de la république qu’incombe le devoir de former le citoyen français et dans le même temps rendent sa mission impossible. En raison même des flux migratoires, les familles ont perdu toute liberté d’agir. Elles se sont retrouvées enchaînées par leur groupe culturel d’origine. De ce fait, elles n’ont pas d’autre choix que celui de sacrifier le pays d’accueil lorsque des principes de ce dernier se relèvent incompatibles avec ceux du pays d’origine. Or, l’école ne peut assumer sa mission qu’à la condition que les familles l’accompagnent dans cette mission ou à tout le moins ne l’entravent pas. Le débat sur l’identité nationale aurait dû commencer par poser puis résoudre le problème des flux migratoires.  

Il est désormais bien tard pour que l’école puisse à nouveau jouer un rôle d’intégrateur culturel et, surtout, de préparation au devoir du citoyen qu’elle a su jouer par le passé auprès des enfants de l’immigration. Sur ce point précis, l’école ne pourra plus jouer qu’à la marge. Lorsqu’en 2002, Emmanuel Brenner publie Les territoires perdus de la république, recueil de témoignages plus édifiants les uns que les autres de professeurs de l’enseignement secondaire sur ce qu’ils observent et vivent au quotidien, il était encore temps d’agir pour tenter de reprendre les choses en main. Agir signifie agir simultanément sur tous les paramètres de l’équation immigration-intégration-assimilation, qui va de la maîtrise des flux migratoires à la responsabilité des parents de l’immigration, en passant par le rôle qui doit être celui de l’école et du corps enseignant. […] Tout ce qui était exposé dans Les territoires perdus de la République concernant le rejet de la France, la contestation des principes républicains, le sexisme, la violence, l’antisémitisme, le racisme anti-Français chrétiens, s’est considérablement aggravé depuis lors. Le livre raconte les scènes de joie observées au sein d’établissement scolaires en 2001, au lendemain des attentats contre les Twin Towers. En Janvier 2015, après les attentats contre Charlie Hebdos et l’épicerie Casher, menaces, insultes, agressions se produisent dans des établissements scolaires. De nombreux incidents ont été constatés lors de la minute de silence en mémoire des victimes, dont le ministère de l’intérieur a d’abord tenté de minimiser l’ampleur. […] Des professeurs ont raconté leur refus d’aborder en classe le sujet des attentats, par peur de leurs élèves, de leurs réactions, de leur violence potentielle ; peur de voir à l’œuvre l’expression d’une solidarité culturelle. » Pages 211 – 213

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« Toujours dans le cadre de nos travaux au sein du HCI, et pour ce qui concerne le monde de l’entreprise, nous avions été informés, etre autres, du fait qu’une grande entreprise dans le monde des télécommunications avait renoncé à promouvoir la femme, car des hommes refusaient le fait d’être dirigés par une femme et n’envisageaient pas par ailleurs de pouvoir se retrouver en tête à tête avec une femme lors de l’entretien annuel d’évaluation. Ca se passe ici, en France. Le monde politique et celui du patronat préfèrent taire le réel et glorifier la diversité. Dans ces conditions, il est naturel que la diversité s’exprime et demande la prise en compte de ses spécificités. » Pages 273-274