Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

17 juin 2019

"Quand le lys terrassait la rose" de Daniel de Montplaisir

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le Livre de Daniel de Montplaisir Quand le lys terrassait la rose.

quand le lys terrassait la rose daniel de montplaisir

Résumé :

Jamais, dans l'histoire du monde, deux démocraties ne se sont fait la guerre. Mais avant qu'elles ne le deviennent, que de massacres ! Ainsi l'Angleterre et la France se sont-elles affrontées, souvent avec une incroyable violence, durant sept cent quarante-neuf ans. Chacune a essayé d'envahir l'autre, ou de la dominer, ou de l'empêcher d'en dominer d'autres. Toutes deux ont justifié l'appellation mutuelle d'"ennemi héréditaire". Pour bâtir ensuite une paix, puis une alliance, qui dure maintenant depuis deux cents ans. Et pour construire ensemble une Union européenne, que l'une des deux s'apprête à quitter. On attribue à saint Augustin l'aphorisme "nul ne peut prédire ce que sera le passé". C'est sans doute pourquoi l'impression dominante de la longue histoire du couple franco-britannique donne l'Angleterre toujours victorieuse et la France toujours vaincue. Ce qui est faux, du moins sur le plan militaire. Durant leur millénaire face-à-face, les deux pays ont participé à une trentaine de guerres, seuls ou dans le cadre de coalitions, et se sont combattus au cours de deux cents batailles majeures. On sait rarement que la France a en remporté les deux tiers. Ce livre, fruit d'une minutieuse recherche, en retrace le cheminement.

Extraits :

"Toutefois, malgré leur apport, vers dix-huit heures, Wellington croit la partie perdue : « Nu-tête, adossé à un arbre, il voyait sans bouger son armée battue. Elle fuyait autour de lui. Son désespoir était au comble. J’ai vu des larmes sortir de ses yeux » a rapporté l’un de ses officiers d’état-major. Mais, une heure plus tard, le gros de l’armée prussienne, avec à sa tête le vieux maréchal Blücher, le soldat le plus déterminé d’Europe à combattre Napoléon, vole enfin au secours des Anglais. Dès lors, la tendance s’inverse […]." p.13

"A Bayeux, le monument aux morts britanniques de la Seconde Guerre mondiale porte cette inscription : Nos, a Gulielmo victi, victoris patrium liberavimus (« Nous, vaincu par Guillaume, avons libéré la patrie du vainqueur »)"

 

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11 juin 2019

"Il était une fois la Chine : 4500 ans d'histoire" de José Frèches

tiIl était une fois la Chine : 4500 ans d'histoire de José Frèches

Source: Externe

Résumé :

Qui mieux que José Frèches, à la fois historien et conteur passionné, pouvait nous dévoiler les beautés et les mystères de la Chine, acteur majeur de notre monde, omniprésente dans notre vie quotidienne et dans nos médias ? On ne peut comprendre ce qui se passe aujourd'hui avec la Chine sans prendre en compte son passé immémorial. C'est la seule civilisation vieille de plus de 4 500 ans qui n'a jamais disparu. Les traditions, les coutumes, l'héritage culturel d'un Chinois d'aujourd'hui viennent en droite ligne de ces millénaires d'histoire. Récits de la vie quotidienne, biographies, légendes et anecdotes insolites... Avec ce livre, José Frèches établit un pont entre nos deux mondes, nous transmettant avec enthousiasme et simplicité son savoir sur l'Histoire et les histoires de la Chine. Parce que nous avons tous envie de connaître la place qu'occupera ce pays immense et fascinant dans notre vie, demain.

Mon avis :

4500 ans c’est long ! C’est aussi beaucoup de personnage, de changement, d’évolution ou de régression, donc autant vous dire que je n’ai pas reconnu beaucoup de cette lecture. Pour autant, l’impression générale que j’ai en sortant de cette lecture c’est que ce pays exotique possède une histoire riche. On sait tous que la Chine a été première dans pas mal de domaine et d’invention ; la poudre à canon, la boussole, l’imprimerie c’est eux. On sait tous qu’elle a été un exemple pendant longtemps pour le Japon, et que quand l’Europe l’a mieux découverte elle en fut elle-même éblouie.

Plus profondément pourtant, on sait peu de la politique et de l'histoire de ce pays, à part éventuellement la fin du 19ème siècle et le 20ème siècle. Voilà donc un livre, qui sans rentrer dans les détails, va réparer cette lacune, en nous présentant les révoltes paysannes, le système administratif, les conquêtes, la pensée chinoise, les rapports avec les autres, le quadrillage de la population, les changements de dynastie avec leur bienfaits ou pas. Hé oui ! La Chine, comme dans beaucoup de pays du monde, c’est parfois des belles avancées mais aussi des reculs. Tout n’est pas beau et excellent, voyez le communisme qui a détruit des perles chinoises artistiques ou autres (le pire c’est qu’après ça va hurler sur Taiwan pour récupérer ce que eux auraient détruit sans scrupule).
Outre, l'histoire, l'autre atout de ce bouquin c'est qu'il a aussi une petite ouverture sur la Chine de demain. En montrant le monstre que deviendra ce pays d'un point de vue économique et commercial, et en l'interrogeant sur les revanches historiques. En plus de cela, il aborde quelques problèmes comme l'énergie et l'immobilier.

Toutefois, ce que je regrette un peu avec ce livre, qui est une excellente première approche au demeurant, c’est que l’on ne retient finalement pas grand-chose. Car il approche peut-être l’histoire de manière trop large, ce qui n’aide pas à en retenir le maximum. Pour moi, après lecture de ce livre, je me dis qu’il vaut peut-être mieux lire plusieurs livres qui abordent chacun une époque, un personnage, un évènement, plutôt qu’un condensé, car finalement l’histoire chinoise se répète pas mal et ça ressemble à l’arrivée à un gloubi-boulga de connaissance et d’impression. En tout cas pour moi. Excepté ce que je connaissais déjà fin 19ème siècle et 20ème siècle, le reste me reste assez flou au final... - à part les encadrés qui s'attardent sur un point particulier que j'ai plus ou moins retenu.

En résumé, c’est une bonne approche, l’auteur connaît très bien son sujet, mais finalement pour moi c’est trop vaste et je n’en retiens que peu de chose à mon grand désarroi. Mais j'y retournerai souvent.

XO éditions.

Extrait :

"L'accumulation, sous les Yuan et sous les Ming, des catastrophes naturelles (séismes, débordement des grands fleuves, pluies torrentielles) et des famines consécutives à celles-ci incita Zhuxiao le cinquième fils de l'empereur Hongwu, à pilier (1406) un ouvrage censé permettre aux plus pauvres de se nourrir "en cas de disette". Il s'agit du Précieux Herbier pour la Survie en cas de Disette (Jiu Huang Bencao) qui recense 444 plantes comestibles susceptibles de servir d'ingrédients au "repas de famine". On y trouve quantité de recettes sur la façon, par exemple, de combiner la feuille d'ortie à la tige de sorgho et de mélanger le tout avec des écorces tendres, ou encore piler certaines racines pour obtenir "une pâte nourrissante et au goût délicieux"... L'administration encouragea la diffusion du manuel de survie de Zhuxiao, mais sans pour autant empêcher les malheureux, qui n'avaient plus rien à se mettre sous la dent et erraient de village en village à la recherche de quelques grains de riz, de se révolter et de se livrer au pillage..."
p. 264

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26 mai 2019

"Contes des sages gardiens de la mer" de P. Fischmann & A. Lazowski

Contes des sages gardiens de la mer de P. Fischmann & A. Lazowski

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Résumé :

Après le beau succès des Contes des sages gardiens de la Terre, ce nouveau volume des Gardiens de la mer constitue une sorte de manifeste poétique qui nous plonge dans l'imaginaire des sagesses populaires, de la Manche à l'Atlantique, de la Baltique à la Méditerranée, des eaux du Pacifique à la mer du Japon... Une traversée initiatique aux côtés d'animaux marins, de héros légendaires et de simples pêcheurs. On y rencontre la princesse Otohimé du Japon, le Vieux de la mer des Tartares, d'indomptables pirates, druides, bardes et autres sirènes. Au coeur de cette "galerie marine", les récits convoquent le peuple des océans, des dauphins fidèles compagnons des hommes aux baleines offrant leur rêve et leur souffle au monde.

En cette époque de "tempête écologique", les auteurs font appel à leur talent de conteurs, en écho aux traditions populaires, pour ainsi contribuer à l'éveil des consciences, et sauvegarder cette source-monde que sont les mers, mères nourricières, réjouissantes, parfois terrifiantes, riches de légendes universelles qui façonnent nos imaginaires, et dont chaque goutte irrigue notre planète bleue.

Mon avis :

 

"Corbeau fit appel à sa magie, la plus noire, la plus maligne, et se transforma en homme, petit, vilain, trapu, il raconta le torse bombé son exploit en omettant l’essentiel : sa trahison, la destruction de celle qui l’avait sauvé."
Conte inuit.

A la différence des autres livres que j’ai dans cette collection, qui sont tous délimités géographiquement ou philosophiquement (samouraïs, Bretagne, Zen, Tibet, Japon, Grèce….) ce livre m’a emmenée voyager de par le monde. D’Irlande au Japon, en passant par la France et l’Italie, j’ai fait un tour d’horizon des légendes marines et visité le vaste monde en abordant la mer, merveilleuse de créatures légendaires, d’aventure et de sagesse. Comme dans tous les contes, on aborde la charité, l’aventure, l’amour, l’origine, la patience, le temps, la croyance, je ne vais donc pas m’attarder dessus, si ce n’est que pour dire que tous les contes ne sont pas égaux et que certains ont eu ma préférence par rapport à d’autre, soit à cause de l’enjeu, de la morale, de l’écriture ou de l’histoire.

Par contre, si tous les contes du monde sont identiques, tous cependant ne sont pas accompagnés de dessin ou de graphisme particulier. Ici si.
Si vous connaissez déjà cette collection, je ne vous apprendrai rien en vous parlant des dessins employés en rapport avec le thème, ni en vous parlant des liserés en bordure de page. Si vous ne la connaissez pas, voilà la chose faite. En effet, voilà ce que vous trouverez dans ce bouquin, une présentation recherchée en rapport avec le thème, qui vous donnera cette impression de tenir dans vos mains un objet raffiné et recherché. Même si on peut regretter que la couverture ne soit pas tissée comme les autres.

Quoi qu’il en soit, et parce que l’eau est un élément qui nous est proche tant dans l’histoire que dans le corps, il est bon de se pencher sur ce livre afin de redécouvrir tous les trésors que le monde maritime nous a offert et peu encore nous offrir si on en prenait tous soin. Car avec cette eau souffrante, il est temps de renouer le lien ancien.
"Là où notre espèce semble détestable, ne détournons pas les yeux. Sur les côtes, dans le corps de nos cousins aquatiques des milliers de plastiques, increvable destructeurs du vivants, s’enfoncent. Dans ce camaïeu de bleu, du turquoise au grand bleu des profondeurs, jusqu’où polluent-ils ? Jusqu’où laisserons-nous faire l’immonde contre la splendeur du monde ?"

Merci aux éditions du Seuil et Babelio.

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19 mai 2019

Quelques extraits...

 

Extraits sur ma dernière lecture Allons-nous sortir de l'histoire ? De Jacques Julliard

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L'homme est un animal symbolique :

"Que de bruit pour un morceau de tissu !" s'en vont répétant les bons apôtres du communautarisme. Je parle évidemment du burkini. Comme si le maillot du Barça ou du PSG n'était pas un morceau de tissu. Comme si le drapeau tricolore, l’Union jack ou la bannière étoilée n'étaient pas des morceaux de tissu.
L'homme est un animal symbolique, capable - et c'est heureux - de transformer des affrontements réels en confrontations formelles. Personne ne s'y trompe.
Quand, en 1848, Lamartine impose le drapeau tricolore face au drapeau rouge, c'est bel et bien fondements du nouveau régime, de suffrage universel ou de lutte des classes qu'il est question. Quand, en 1873, le comte de Chambord ruine les chances d'une restauration monarchique en refusant le drapeau tricolore exigé par les orléanistes, il a bien conscience de l'enjeu réel du débat. "Et tout cela pour une serviette !", s'impatiente le pape Pie IX, ardent partisan de cette restauration. Sans mes principes, je ne suis qu'un gros homme boiteux", lui réplique le prétendant au trône.

Au-delà des "arguties juridiques", comme dirait Nicolas Sarkozy, c'est sorte de Kulturkampf d'un genre nouveau que nous imposent aujourd'hui les islamistes. Ils ne cachent pas que leur projet, grâce à des revendications formelles concernant l'alimentation, le vêtement, la ségrégation des sexes, est d'islamiser la société française. Dans la jeunesse musulmane, ces revendications ne cessent de progresser. Elles sont déjà majoritaires quant au port du voile par les femmes. Et l'Occident est pris au piège. Au nom du respect des libertés individuelles, il est condamné à tolérer le communautarisme. Son libéralisme juridique se fait l'agent malgré lui de l'asservissement des femmes musulmanes.

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Fascination pour la violence :

Il y a un problème de l’islamo-gauchisme. Pourquoi et comment une poignée d’intellectuels d’extrême-gauche, peu nombreux mais très influents dans les médias et dans la mouvance des droits de l’homme, ont-ils imposé une véritable sanctuarisation de l’islam dans l’espace politique français ? Oui, pourquoi ces intellectuels, pour la plupart agnostiques et libertaires, se sont-ils pris de passion pour la religion la plus fermée, la plus identitaire, et, dans sa version islamiste, la plus guerrière et la plus violente à la surface du globe ? Pourquoi cette étrange intimidation, parée de plume de la morale ? Pourquoi ne peut-on plus parler de l’islam qu’en présence de son avocat ?
Le résultat est stupéfiant, aberrant. On vient en effet d’assister, en l’espace de deux ou trois ans, à la plus incroyable inversion de presque tous les signes distinctifs de la gauche, ceux dans lesquels traditionnellement elle se reconnaît et on la reconnaît.

Au premier rang d’entre eux, la laïcité. Longtemps, elle fut pour elle le marqueur par excellence pour s’opposer à la droite. Et voici que brusquement, elle est devenue suspecte à une partie de l’extrême-gauche intellectuelle, qui a repris sans vergogne à son compte les errances de Nicolas Sarkozy sur la prétendue « laïcité ouverte ». Car la laïcité de papa, dès lors qu’elle ne s’applique à l’islam, et non plus au catholicisme, apparaît soudain intolérante, voire réactionnaire. Pis que cela, elle charrierait avec elle de vagues relents de revanche catholique ! Depuis que l’Eglise s’y est ralliée, elle serait devenue infréquentable !

Or la République à son tour est devenue suspecte. N’a-t-elle pas une connotation presque identitaire, « souchienne » disent les plus exaltés, pour ne pas dire raciste ? N’est-elle pas le dernier rempart de l’universalisme occidental contre l’affirmation bruyante de toutes les minorités ? N’est-elle pas fondée sur ce qui rapproche les hommes plutôt que sur ce qui les distingue ? Un crime majeur aux yeux des communautarismes.
[…]
Il y a quelque chose d’insolite dans le néo-cléricalisme musulman qui s’est emparé d’une frange de l’intelligentsia. Parce que l’islam serait le parti des pauvres, comme ils le prétendent ? Je ne crois pas un instant ce changement de prolétariat. Du reste, allez voir en Arabie Saoudite si l’islam est la religion des pauvres. Je constate que l’islamo-gauchisme est né du jour où l’islamise est devenu le vecteur du terrorisme et de l’égorgement.

Pourquoi cette conversion ? Parce que l’intelligentsia est devenue, depuis le début du XXè siècle, le vrai parti de la violence. Si elle préfère la révolution à la réforme, ce n’est pas en dépit mais à cause de la violence. Sartre déplorait que la Révolution française n’eût pas assez guillotiné. Et si devait établir la liste des intellectuels français ont adhéré, au XXè siècle, les uns à la violence fasciste, les autres à la violence communiste, cette page n’y suffirait pas.
[…]
L’autre explication, […], c’est ce qu’il faut appeler la haine du christianisme. Il est singulier de voir ces âmes sensibles s’angoisser des progrès de la prétendue « islamophobie », qui n’a jamais fait un mort, hormis les guerres que se font les musulmans entre eux, quand les persécutions dont sont victimes par milliers les chrétiens à travers le monde ne leur arrachent pas un soupir.
P141-144.

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Nos sociétés sont multiculturelles et sont vouées à le devenir un peu plus chaque jour. La rapidité, le bon marché des transports, les énormes écarts de prospérité entre les nations font que les pays riches d’Europe et d’Amérique sont en train de devenir des mosaïques ethniques, tandis que les pays pauvres conservent pour l’essentiel leur identité. Pour les pays d’accueil, le communautarisme est une solution de facilité et une marque de candeur extrême. Pour permettre aux migrants de « conserver ses racines », on somme le pays d’accueil de renoncer aux siennes, ce que les populations locales n’acceptent pas ; elles ont l’impression d’être déracinées sur leur propre sol.
Ajoutez à cela un phénomène nouveau, qui est la marque propre à l’islamisme, et qui contraste avec l’immigration de passé : la détestation du pays hôte. Le résultat, c’est ce cocktail détonant qui est en train de gagner l’Europe et que l’on appelle sommairement le populisme.
[…]
L’Europe, si le phénomène devait persister, ne lui survivrait pas. L’Allemagne, le Pays-Bas, les pays scandinaves l’ont reconnu depuis peu. La Belgique, le Royaume-Uni ne tarderont pas à le faire.

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16 mai 2019

"Le sauvage" de Guillermo Arriaga

Le sauvage de Guillermo Arriaga

Source: Externe

Résumé :

Dans l’Unidad Modelo, quartier trépidant du Mexico des années 1960, la violence est une affaire de la vie quotidienne. Pour Juan Guillermo, elle est
une présence obsédante, qui l’a privé de ce qu’il avait de plus précieux : son frère aîné, Carlos, aussi habile trafiquant que fervent lecteur, assassiné par les « bons garçons », une bande de religieux fanatiques protégés par les hommes du très corruptible commandant de police Zurita. Anéantis par le chagrin, ses parents meurent à leur tour dans un accident de voiture, le laissant orphelin
à dix-sept ans. Unique survivant de sa famille, Juan Guillermo jure de se venger des assassins de son frère.
Dans cette vie nouvelle placée sous le signe de la vendetta, seul l’amour fou de Juan Guillermo pour l’intrépide Chelo pourrait l’extirper de la spirale de destruction dont il est captif.
En contrepoint de cette histoire se déploie la quête d’Amaruq, un trappeur inuit lancé dans la traque sans relâche d’un grand loup gris à travers les forêts glacées du Yukon – un périple qui le conduira dans les profondeurs de la folie et de la mort.
Ces deux récits subtilement enchevêtrés forment une fresque puissante et féroce, faisant écho aux plus belles pages de Herman Melville et Jack London.
Une épopée magistrale qui tend un miroir troublant au lecteur, en lui dévoilant comment la société réveille le loup sauvage qu’est l’homme en puissance.

Mon avis :

Je crois que c’est la première fois que je lis un auteur mexicain. Pour une première, c’est une réussite, et une sacrée belle découverte. Ce mélange de temps, d’histoire, et l’imagination étaient beaucoup trop bien maniés pour ne pas l’apprécier, malgré le fait que ça soit un gros pavé.

Nous allons donc suivre l’histoire d’un loup chassé et capturé à travers les étendues blanches et forestières du Canada, et de celle de Guillermo Juan et de sa famille au Mexique. L’histoire prépondérante est la dernière, l’histoire triste de Guillermo. Histoire triste certes, mais pas dénuée pour autant de questionnement, d’évènement, de passion, de haine, de rebondissement, de force et de courage, qui va permettre d’aborder tout un tas de sujet, dont trois principalement.

Tout d’abord la corruption. Beaucoup de corruption. Mais la corruption meurtrière, celle qui tue avant de punir par la prison. Et pour avoir refusé de verser une part de ses butins au chef de la police, c’est ce qui perdra Carlos, le frère de Guillermo.
Qui dit corruption, dit aussi collusion entre gang et pouvoir. Se battre contre l’un c’est se battre contre l’autre, c’est aussi redessiner des règles. Ce qui n’inquiète pas Guillermo qui veut venger ses morts, mais qui va cependant réveiller tout un système plus grand que lui et qui ne plaisantera pas, et cherchera vraiment à l’éliminer. N’est sauvage pas que le loup…
Enfin, ces pages c’est aussi l’occasion d’aborder la religion. La manière dont-elle est utilisée, la manière dont on peut la voir. La manière dont-elle peut se faire menaçante par l’idéologie ou par les groupes. C’est aussi aborder le fond, souvent ridicule, de fait le dieu Serpent à plume (Quetzalcoatl)  n’est pas plus ridicule que le reste.

Mais ce livre, ce n’est pas qu’un combat avec les mains ou idéologique, ce n’est pas non plus que des combats d’intérêt financier ou contre la pourriture, même si cette dernière peut avoir des apparences angéliques. C’est aussi des questionnements, des errances. Qui suis-je ? Dois-je préférer la justice à la vengeance ? Dois-je me transformer en assassin pour venger les assassins de mon frère ? Que me reste-t-il à part mes morts ?
C’est aussi en outre, un combat contre soi-même. Guillermo va vraiment s’interroger sur l’enrôlement qu’il a subit parce que son frère lui a demandé. Il va se questionner ainsi sur les actes qu’il a pu commettre et leurs conséquences. Je vous laisse imaginer dans quel état ça va le mettre. Et quand je parle de combat contre soi-même, c’est aussi admettre que les morts sont parfois sombres et loin de l’image merveilleuse qu’on avait pu en tirer.

Ce livre c’est tout ça, mais c’est aussi une histoire, enfin deux histoires qui finiront par se rejoindre. C’est donc celle de Guillermo, son enfance, sa procréation, son adolescence et l’adulte, mais aussi celle du loup qui raisonne en écho avec Croc-Blanc et Moby Dick.  Et pour cette dernière, et après un début un peu houleux - car on se demande vraiment où l’on va -, elle deviendra tout aussi passionnante que celle de Guillermo. On va y découvrir d’autres histoires tragiques (qui permettront de faire une pause dans l’histoire de Guillermo), mais très intéressantes qui vont mettre à jour d’autres paysages, d’autres histoires, d’autres personnalités, d’autres sauvages.

Juste un petit bémol, certains passages longs et pas intéressants, ceux qui parlent de sexe. Ils n'apportent rien à l'histoire, ou très très peu.

En résumé, c’est un livre long, très difficile à chroniquer tellement il est riche en situation et question, mais c’est un livre à lire. Le mélange des histoires, les analepses et les prolepses, l’écriture, les personnages, les situations, ne peuvent en effet que plaire. C’est vraiment trop bien manié, trop bien raconté, trop riche, pour ne pas aimer. Et ça serait dommage de passer à côté.

Editions Fayard.

Extraits :

"Or Carlos avait compris à la perfection que, dans le système capitaliste, la rébellion avait une valeur très cotée. Il savait la labelliser et la commercialiser, et persuader ses clients que les vrais révoltés étaient ceux qui s'aventuraient dans les univers de la morphine et LSD, loin des sentiers battus de l'herbe et de la coke." P.212

"La mère de l'assassin doit être si accablée qu'elle a trouvé le cran d'aller affronter la mère de celui que son fils a tué. Elle n'est pas venue le justifier ni demander pardon en son nom. Elle est venue partager son chagrin, serrer dans ses bras la mère qui a perdu un enfant à cause de son fils." P.393

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21 mars 2019

"Une nuit à Aden : tome 1" de Emad Jarar

Une nuit à Aden : tome 1 de Emad Jarar

Source: Externe

Résumé :

« Mon père pensait qu’on “naissait musulman” et qu’être musulman était un statut qui dépendait du Tout Puissant uniquement. Et comme pour se soumettre à ses propres certitudes, il s’était convaincu que l’Islam était irréversible en ce qu’il l’emportait sur quelque autre religion ; il était de ceux pour lesquels l’Islam ne se limitait pas au seul culte, entretenant l’idée qu’être musulman préemptait pour ainsi dire tout autre choix de conscience. Pour lui, le christianisme ne serait qu’un avatar illégitime de son propre héritage, puisqu’il était désormais représenté par la religion vraie et transcendante qu’était l’islam. Sa suprématie sur les autres religions ou civilisations, et cette sorte d’inviolabilité du statut de musulman, semblaient d’ailleurs apaiser ses craintes : elles étaient censées me protéger de toute manœuvre rusée de la part de ma mère. »

Ce roman en deux tomes, à l'intrigue palpitante d'émotion, raconte la jeunesse d'un Palestinien qu'un destin étonnant et une histoire d'amour hors norme conduisent à la découverte de lui-même, de sa conscience et de sa relation avec les religions de son enfance, l'islam et le christianisme. Par une introspection à la fois insolite et spirituelle, il nous décrit comment les élans de la divine Providence le mèneront d'Alexandrie à New York, puis à Sanaa, Aden, Djibouti et enfin Paris.
Il est né musulman, certes; mais sa raison défie à laquelle il se croyait enchaîné, occulte en fait la vraie nature de ce rite à l'emprise implacable sur un milliard et demi de fidèles...
Un récit captivant. Une réflexion morale et spirituelle sans concession. Une lecture de rigueur pour comprendre le rôle du Coran au XXI ème siècle et son emprise sur la pensée islamique confrontée à la vie moderne.

Mon avis :

Indéniablement ce livre a ce quelque chose qui fait qu’on doit le lire. Pas tant pour la forme, qui est à revoir, mais pour le fond qui découle d’une observation lucide, calme et intelligente. Quand on lit ce livre on voit que l’auteur est une personne qui s’interroge et raisonne.

Dans ma vie, j’ai lu plusieurs livres qui ont eu trait à l’islam ou qui ont abordé cette religion-politique dans leur approche d’une problématique. Ces livres étaient d’historien Guy Rachet, Jean Louis Harouel, de philosophe comme Hamid Zanaz, des témoignages et j’en oublie. En 2014, j’ai même lu le Coran ! Livre ô combien abject par sa violence, sa prétention, sa haine… Bref ! Tout ça pour dire, qu’au final je n’ai pas vraiment découvert grand-chose sur l’islam en lisant ce livre. La haine, ses appels au meurtre, le communautarisme, la paranoïa, son racisme, sa politique, son droit, j’ai eu l’occasion d’en prendre connaissance plus d’une fois et pour certains points comme le racisme musulman nous avons tous été plus ou moins concernés. Mais malgré cela, j’ai quand même appris certaines petites choses et j’ai adoré prendre connaissance de la vision de l’auteur.

Toutefois et même si j’étais grandement en terrain connu, j’ai apprécié ce livre pour sa base de connaissance et sa vision très réaliste de l’islam et du monde musulman qui est : très communautaire ; très arriéré ; manquant de tête pensante bien droite et de talent que l’islam a bridé ; peuple frustré prompte à accuser les autres de ses malheurs, et j’en oublie. Peu flatteur tout ça, je vous le concède. C’est en effet un état des lieux sans concession - dans ce tome 1 du moins -, que l’auteur fait sur cette population croyante qui vit encore de nos jours à l’âge de pierre, et qui rejette le progrès, la raison, l’égalité entre les hommes et celle entre les hommes et les femmes, la liberté de penser, la liberté de croire puisque l’on né automatiquement musulman et qu’il est impossible dans cette religion, sans risquer sa vie, de la rejeter. (Paix et amour on vous dit !)

"L’apostasie musulmane est sévèrement réprimée (généralement par la peine capitale) dans des pays tels que les monarchies du Golfe ou à un degré moindre, tous les pays où le droit est basé sur la Charia (quasiment tous les pays arabes hormis le Liban), mais également au Maroc, par certain juges qui s’inspirent de la Charia dans leurs décisions [...]"

Outre ce portrait peu flatteur mais vrai du monde musulman que j’ai énormément apprécié, j’ai aussi apprécié les réflexions que l’auteur avait sur la religion islamique à travers son personnage. Quand on lit ce livre, on voit que c’est un mec qui a pas mal raisonné sur les interdits, les règles, les notions… de cette religion ; et il va en profiter justement pour exposer ses arguments et les conséquences qu’il en tire. En quelques mots, il va montrer comment certaines traductions du Coran sont pour lui déformées au nom de la ruse (hila) et du mensonge (taqiya) encouragés par le Coran ; il va mettre en avant l’absurdité de certains versets, celui sur le voile était pas mal ; et il va critiquer la place trop prépondérante de la religion dans la vie du croyant et aussi le problème que pose cette religion par sa violence, sa haine de l’humain, sa peur de la vie, sa frustration qu’elle engendre, sa dictature, etc. (Et elle pire que les autres. Et les autres ce ne sont déjà pas des cadeaux.)

Mais croire qu’il ne critique que l’islam serait faux. En effet, l’autre point non négligeable du livre, c’est qu’il critique les occidentaux aussi. Leur aveuglement par rapport à l’islam (leur connerie de différencier l’islam de l’islamisme), et leur idiotie généreuse qui accepte toutes les attaques contre des droits durement acquis au nom de l’amour de l’autre. Quand bien même l’autre ne soit absolument pas amour, surtout pas envers ce qui n’est pas musulman et pas franchement non plus envers le mauvais musulman. Les textes sacrés musulmans sont très clairs là-dessus et les faits aussi, et au demeurant l’auteur insiste beaucoup dessus.
Mais cette critique du monde occidentale va plus loin, en montrant comment le monde musulman profite du génie des occidentaux alors qu’eux sont loin d’en être, ou encore en montrant à quel point l’islamophilie et la haine de soi (je parle de l’occidental) incitent la communauté des croyants musulmans à devenir très envahissante sur l’individu, le groupe, et le pays où il cherche à reproduire – ici dans des pays laïcs, démocratiques et libres – leur société archaïque, où l’homme et la femme sont les esclaves de dieu et sans raisons, puisque l’islam n’admet pas que l’homme ou la femme soient doués de raison et libre. Et pour l’islam et les croyants les plus fous, seul l’Umma est pure.
Pour en revenir aux occidentaux, cette observation de l’auteur qui est très juste montre à quel point, si on tire le fil de sa pensée, la mouise dans laquelle se trouvent les sociétés occidentales qui se voient remettre en cause par l’islam conquérant et qu’on laisse faire parce que ça fait chic d’être un idiot généreux et aveugle. Pire ! cette vision montre à quel point le musulman ne peut plus compter sur l’Occident, qui marche main dans la main avec l’islam, pour se décharger d’une religion envahissante qu’il ne veut pas forcément et le maintien dans une prison de carcans absurdes, dans un état d’esclavage à un dieu et une politique religieuse débile. Oui certains aimeraient bien pouvoir s’en dépêtrer, mais pour leur survie ce n’est pas conseillé, même ici !
Certes, on pourrait dire que ce monsieur grossit le trait, que tous les musulmans ne sont pas des intégristes. C’est vrai qu’il y a divers niveaux d’intégrisme. Mais comme l’islam modéré n’existe pas, Mahomet ayant lui-même légitimé la violence dans cette religion, franchement j’aurai tendance à dire qu’il ne grossit rien. Bien sûr, tous ne sont pas ainsi (même moi j’ai connu des musulmans qui mangeaient du porc et dénonçaient l’islam), mais ce « tous » est tellement une minorité qu’on ne peut pas fermer les yeux sur la majorité. Et pour moi c’est bien parce que ce « tous » est une minorité, que je veux mettre en avant l’intégrisme de la majorité. Car c’est cette minorité éclairée qui devrait être écoutée en Orient et en Occident, et c’est hélas celle que personne n’écoute et celle que personne ne protège même en Occident. Beaucoup de politiques, de médias occidentaux dit progressistes sont au contraire des rageux qui n’admettent pas que l’on n’accepte pas l’intégrisme de l’autre. C’est raciste, quand on les écoute, dans les faits c’est juste suicidaire mais ils sont trop bêtes pour s’en apercevoir…

Comme vous le voyez le sujet traité par ce bouquin est à charge contre l’islam et l’idiot, et l’auteur a raison d’adopter cette position, car laisser faire, ne pas s’interroger et méconnaître le problème est trop dangereux. Toutefois, on peut saluer aussi la lumière que l’auteur tente de mettre sur cette religion à travers son personnage qui est de double culture, chrétienne et musulmane, et aussi à travers l’approche de quelques courants musulmans mais pas stupides comme le courant mutazilite. C’était il y a des siècles, avant la Sunna et toutes les raisons politiques qui vont avec.

En résumé c’est un livre à lire pour le fond pas pour la forme, qui est je le rappelle à revoir même si ce n’est pas inintéressant, car il y a beaucoup de chose abordées (dont je n’ai pas parlé) et qui sont une bonne base de réflexion par rapport à l’actualité. Quant au tome 2 j’ignore complètement ce qu’il raconte, mais promis je vous en ferai part assez vite.

Merci à Babelio (d'autres avis et extraits) et à l'auteur. Lien Amazon.

Extraits :

"Je veux en venir maintenant à tous ces interdits qui assomment le croyant : ne crois-tu pas qu’ils tendent à traiter l’homme pareil à un animal, telle une créature dépourvue de sens moral ?" p.20

"Mais revenons un instant sur le port du voile dans le Coran. Fallait-il percevoir ces deux versets comme des commandements, des injonctions ? Leur lecture ne laisse pas cette impression, tant s’en faut. Il ne pouvait dès lors ne s’agir que d’une recommandation de l’Envoyé de Dieu, rien de plus. Il ne fut jamais donné par le Prophète aucun détail sur la tenue de la musulmane, hormis celle de ses épouses, lesquelles devaient se soustraire au regard des hommes. De telle sorte que, dans la société arabe du VIIème siècle, il s’agissait plus de préserver un ordre moral en public, une certaine décence. Certes, et quelle que soit d’ailleurs l’interprétation qu’on pouvait en retirer, pour autant le Coran eût jugé négativement toute libéralité des mœurs pour mieux condamner et la luxure, et la débauche, je me retenais toutefois de penser que l’archange Gabriel eût pu s’attarder sur des tenues vestimentaires ou des effets d’élégance féminine, dans ses révélations au Prophète. N’était-ce même grotesque de concéder à Dieu un thème aussi futile ? Comment pouvait-on croire que Dieu eût pu s’éterniser sur un problème aussi frivole pour jauger de la valeur de la vertu de l’homme sur terre. Fallait-il que l’on conditionne autant le sens moral de l’homme au port d’une étoffe pour la femme, et à sa façon de la porter ? Que valaient toutes ces contraintes vestimentaires pour la vertu de l’homme musulman, comme de la femme de les suivre ? Se couvrir le corps d’un jilbab ou d’un foulard (khimar) comme l’indique le Coran, ou bien encore la tête, un peu plus haut, un peu moins bas, en totalité : que tout cela paraît peu crédible ! Et je restais persuadé que cette histoire de voile, foulard, niqab, khimar, jilbab etc. étaient bien autre chose qu’une véritable révélation du messager. Compte fait, j’en venais à penser plutôt à des précisions et ajouts que les compagnons du Prophète ou leurs ascendants, et surtout d’autres personnes, avaient résolu d’inclure par la suite (pour former le corpus de la Sunna). Ceux-là avaient une idée en tête : prophétiser à leur façon la Révélation pour servir leur propre agenda politique ou sociétal."

"En parlant des ablutions. […] Il n’empêche, cet exercice, comme la plupart des nombreux rites collectifs de l’islam (le jeûne, le pèlerinage, l’immolation du mouton, l’aumône) n’a pas uniquement une fonction normative religieuse : il aboutit à l’intégration (corps et âme) complète de l’individu à la communauté des croyants. Une communauté solidaire, et selon les termes du Père Mohammed Abdeljalil, une ombrageuse ou agressive face à tous ceux qui lui sont étrangers… car ils doivent assistance et solidarité. Malheur à celui qui ouvre les yeux et sort de cette Communauté. En d’autres mots, ce rite honore cet esprit panurgique, grégaire, qui forme la trame confessionnelle d’intégration ou d’exclusion du croyant : une solidarité islamique qui constitue le liant symbolique par lequel l’individualité s’efface au profit de l’incorporation de chaque musulman au collectif, à la Communauté. En islam, le groupe prime sur l’individu, la foi collective sur l’individuelle, car le chemin du salut est plus évident à plusieurs." p.57

"N’épouse pas les femmes associatrices (chrétiennes, juives, polythéistes) avant qu’elles ne croient [se convertissent à l’islam], une esclave croyante vaut mieux qu’une femme associatrice… ne mariez pas vos filles à des associateurs (chrétiens, juifs) » (II,221)."

"A savoir, comment le musulman pourrait-il réconcilier l’obéissance au Coran et à la Sunna, avec le droit civil dans un pays où la base du droit n’est pas la Sharia ? De quelle manière un musulman pieux peut-il même envisager de s’intégrer et de respecter les principes et les lois de la société occidentale  où il a choisi de vivre, tout en suivant les préceptes du Coran et de la Sunna, alors même que l’Envoyé de Dieu lui ordonne de ne pas le faire ?
Et c’est effectivement  ce que l’Islam désire du musulman vivant en terre d’infidélité : organiser sa vie en marge de la société dans laquelle il aurait choisi de s’implanter (le communautarisme). Le Coran lui demande de se replier dans sa communauté et de lutter sous une forme ou une autre (Violence ou Fath, ou encore, Taqiya, Hila, Niya, mais également pacifiquement, par le truchement de l’immigration ou la natalité dans les démocraties occidentales) pour imposer l’islam en devenant le rite majoritaire. La difficulté d’intégration  de nous autres, musulmans, en territoire non-musulman (et vice-versa d’ailleurs), n’est jamais que la résultante de cette incompatibilité patente de notre dogme religieux avec les sociétés extérieures à l’Islam." P.137

15 mars 2019

"Léonard de Vinci : l'indomptable" de Henriette Chardak

Léonard de Vinci : l'indomptable de Henriette Chardak

léonard Henriette Chardak

Résumé :

Portrait intime d'un génie. Léonard de Vinci demeure le génie de tous les temps. Homme d'esprit universel, artiste peintre, sculpteur, poète, écrivain, philosophe, musicien, scientifique, ingénieur-inventeur, anatomiste... Qui est-il en vérité ? Au début du XVIe siècle, au terme de sa vie, Léonard de Vinci, génie, artiste pluriel et homme de science, quitte l'Italie où il fut reconnu par ses pairs, mais surtout moqué, accusé, rejeté, détesté, incompris... François Ie l'accueille, le protège à Amboise et le nomme premier peintre de la Cour. Le roi de France et sa mère Louise de Savoie partagent plusieurs secrets avec lui : l'origine du linceul du Christ, l'identité de la Joconde et un projet fou : une ville nouvelle. Enfin admiré et choyé, Léonard de Vinci revisite son passé, le scénario chaotique de sa vie. Très tôt arraché à sa mère aux origines étranges par un père notaire et sans scrupules, il ne peut espérer étudier à l'université pour cause de bâtardise... Placé dans un atelier d'art de Florence, tous, maître et apprentis, remarquent sa taille de géant et ses talents de peintre ambidextre. Magnétique, beau, drôle, insolent, secret, il est toujours dans l'oeil du cyclone de l'Histoire, tel une star moderne. Proche des Médicis qu'il déteste, ami de Botticelli et de Machiavel, il observe le monde en annonciateur du futur. Chassé de Florence, c'est à Milan que Ludovic Sforza lui réclame des projets d'armes de guerre et non de paix. On l'utilise, on le méprise, on le pille... Il prône l'amour et la bonté. Mais qui écoute cet humaniste et poète qui réinvente le monde ? Il signait souvent IO, car sa plus grande richesse fut d'être simplement lui et personne d'autre ! Ce récit romanesque apporte un éclairage original sur la vie de l'indomptable et génial Léonard de Vinci.

Mon avis :

"Mais que cherches-tu, au fond ?
- Un sens...
- Préfère une direction !"

On ne présente plus Léonard de Vinci : ingénieur ; rêveur ; architecte ; peintre… nous savons tous que ce fût un homme touche à tout et d’une grande intelligence. En revanche, ce que nous connaissons moins, c’est sa vie, son errance, ses rêves, ses attentes, en quelques mots l’homme derrière les inventions, les recherches ou encore les créations. Avec ce livre voilà la chose réparée, puisqu’en effet nous allons découvrir ce que cachent l’imagination et les actions de l’homme. Nous allons découvrir l’homme au plus profond de lui-même. Sur ce point, l’autrice a fait un travail de titan même si c’est un roman. Et je dois dire que c’était assez plaisant de découvrir cet homme aux mille projets, dont très peu aboutissent au final, Léonard étant par trop chimérique et assez langoureux.
Deux points que l’on retrouve hélas, dans le récit qui a trop bien su retranscrire  cet état d’esprit. Logique me direz-vous, Henriette Chardak écrit sur Léonard de Vinci, mais franchement c’était un peu trop long, un peu trop lent à mon goût.
Certes, une vie d’homme c’est long, celle de Léonard 67 ans dans une Europe en ébullition. Il y a de quoi écrire ! Mais quand même, j’avais l’impression de lire un livre sans fin où on s’égarait trop. Pour moi l’auteure a trop voulu en mettre, a trop voulu restituer la réalité, car elle aborde bien sûr la vie du génie et ses pensées, mais aussi la politique, les personnages, les villes, sa famille, la météo (non, la météo je déconne).
Je ne veux pas dénigrer ce livre, car vu la somme de travail qu’il y a derrière l’écriture on ne peut que le saluer. Mais voilà, moi je n’ai pas accroché en totalité, j’en aurai voulu un peu moins, pour rendre la lecture moins laborieuse mais aussi en retenir le plus possible - et pourtant j'étais loin d'être paumée.

En résumé c’est un livre très intéressant, érudit, romanesque, historique ; un bel hommage à cet homme. Seulement pour le lire, il faut s’armer de patience.

Editions de Borée.

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03 mars 2019

"Le diamant bleu" de François Farges & Thierry Piantanida

Le diamant bleu de François Farges & Thierry Piantanida

Source: Externe

Résumé :

Le diamant bleu de Louis XIV, merveille absolue de l'art baroque, est volé sous la Révolution en 1792. On le croit disparu à tout jamais. Vingt ans plus tard, à Londres, un mystérieux diamant bleu apparaît. Serait-ce celui du Roi-Soleil retaillé ?
Ce livre nous plonge dans l'incroyable aventure du plus gros diamant bleu de l'Histoire qui a suscité toutes les convoitises et réveillé les pires cupidités. De l'époque des maharadjas dans le mythique royaume de Golconde jusqu'à la cour des rois de France où Louis XIV s'en porte acquéreur, puis Louis XV qui le fait coudre dans l'insigne de l'ordre de la Toison d'Or ou encore Louis XVI qui l'arbore lors des états généraux, provoquant la stupéfaction du tiers état...
Aujourd'hui ce chef-d'œuvre inspiré du Parthénon d'Athènes et des jardins de Versailles, devenu le diamant Hope, est une icône de la culture américaine aussi célèbre à Washington que la Joconde au Louvre. Dans cette épopée éclatante, le fin joailler Pierre Cartier et la milliardaire américaine Evalyn Walsh vont se passionner pour le diamant bleu mais aussi Jackie Kennedy et André Malraux.
La saga du diamant bleu court sur trois siècles et trois continents, rythmée par la fascination qu'il suscite, les trahisons et une bien étrange malédiction...

Mon avis :

A mi-chemin entre la fiction et la réalité, ce livre est une bonne base pour découvrir l’histoire mouvementé de ce fameux diamant  maudit qui a orné de ses feux après une statue de Sita ou de Vishnou, les plus riches de la planète, dont Louis 14.

De ce diamant nous ne savons généralement que le fait qu’il soit maudit, qu’il a appartenu à la couronne de France et qu’il se trouve aujourd’hui aux Etats-Unis, au fond nous n’en savons que peu de chose... Mais par chance, deux auteurs qui se sont pris d’une véritable passion pour cette gemme, vont nous permettre de découvrir la vie de cette pierre mais aussi des personnes qui l’ont côtoyé.

A commencé par Jean-Baptiste Tavernier voyageur infatigable, qui achète des pierres au loin et les revend en France mais aussi à l’étranger. Ce dernier qui sera anobli par Louis 14, est ami avec un tailleur de pierre Jean Pittan qui est le deuxième personnage le plus important car il donnera à la pierre sa forme audacieuse et unique, où la science sur la lumière n’est pas ignorée. Bien sûr, ça reste aussi du roman, donc sur la vie de ces gens tout n’est probablement pas avéré, toutefois je pense que l’exil, les peurs, ne sont pas entièrement fausses.
Enfin, sur le passage de la taille et de sa recherche, j’ai trouvé que c'était bien trouvé de la part des auteurs de nous faire partager ce qui a dû être une pression énorme pour Pittan et aussi la technique de taille avec de la poudre de diamant.

Ensuite, un autre point agréable de ces pages, c’est que j’en ai appris plus sur le casse du siècle ! De son déroulement, à la recherche des diamants, en passant par les procès et les protagonistes, tout est abordé. Il y a toujours du roman, certes, mais l’essentiel historique est là malgré tout. D’ailleurs il est assez cocasse, et finalement rageant, de voir que tout ça n’a servi à rien, vu que la Troisième République va se faire un plaisir de revendre les bijoux de quelques illustres personnages en 1887…

Enfin, pour finir, j’ai aimé découvrir la vie mouvementée de ce diamant ; les achats successifs, les voyages de la pierre, la déconstruction de sa légende maudite et enfin son prêt au Louvre en échange de la Joconde ! J’ai aussi aimé découvrir cette espèce d’enquête autour de la gemme qui s’étale quand même sur quelques siècles, puisque la preuve formelle que le Diamant Hope est bien le Diamant Bleu de Louis XIV ne sera établi qu’en 2007 ! Grâce à la redécouverte de la copie du joaillier qui a été faite avant sa retaille anglaise, nécessaire pour le ressortir de l’anonymat 20 ans après les faits.

En résumé, c’est un livre assez bien dans l’ensemble, qui mélange le roman et le vrai correctement. Le début est un peu long mais finalement rien de grave, on aborde bien assez de point par la suite pour oublier cet inconvénient.

Extraits :

"D'ailleurs en 1887, la 3ème République française organise sans le moindre scrupule la vente de l'essentiel des diamants de Mazarin, de Louis XIV et des deux Napoléon. Une véritable aubaine pour les acheteurs -essentiellement des joailliers américains comme Tiffany -, car l'afflux soudain sur le marché de ces joyaux fait naturellement chuter les cours . Le maigre bénéfice de cette opération désastreuse servira à fonder la réunion des musées nationaux , dont les réserves sont encombrées aujourd'hui de peintures académiques... Tandis que les parures aristocratiques françaises, à tout jamais perdues pour le patrimoine français , attirent toujours plus de visiteurs outre-Atlantique ."

"La Côte de Bretagne , la plus ancienne pierre des joyaux de la Couronne, sera retrouvée quelques années plus tard à Hambourg, en Allemagne. Rachetée par Louis XVIII, elle regagnera finalement les collections nationales en 1824, à la mort su souverain."

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02 mars 2019

"Mon fils, ce djihadiste" de Alexandra Gil

Mon fils, ce djihadiste de Alexandra Gil

Mon fils ce djihadiste alexandra Gil

Résumé :

Nathalie, Marie-Agnès, Françoise, Michelle... Toutes ces mères ont vu leur enfant partir en Syrie pour participer au djihad. Un phénomène d’ampleur touchant chaque année plus de 5 000 jeunes Européens qui n’hésitent pas à rejoindre l’État Islamique. Dans ce livre, des mères de djihadistes français et belges témoignent. Pourquoi ces enfants qu’elles ont portés et éduqués ont-ils pris un tel engagement ? Comment supporter l’absence d’un fils que l’on continue d’aimer, envers et contre tout ? Ces mères font le récit d’une vie quotidienne devenue un calvaire : les interrogatoires interminables, les voisins suspicieux, et cette peur terrible d'allumer la télévision après un attentat qui aurait pu être commis par leur fils. Avec parfois pour seule conclusion, un texto laconique les informant que leur enfant n'est plus de ce monde…

Un document exceptionnel pour comprendre le djihadisme européen.

Mon avis :

                                                          "Les Saint Jean bouche d'or
Qui prêchent le martyre
Le plus souvent d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées
C'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas.
[...]
Ô vous, les boutefeux
Ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu !
Laissez vivre les autres !
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas."

Mourir pour des idées de Georges Brassens.



     Voilà un livre qui soulève des sentiments différents en moi, mais après un petit point sur moi-même, finalement je m’aperçois que je ressens plus de colère que de compassion. Colère contre les familles, colère contre l’Etat.

     Pour commencer, je tiens à préciser que je comprends ces mères ou ces pères qui sont déboussolés, dépressifs, perdus, quand ils ont su que leur enfant était parti faire le djihad. Je me doute en effet que ça ne soit pas facile à apprendre, surtout quand on sait quelles atrocités vont être commises contre des innocents à cause de la connerie religieuse. Je comprends aussi très bien ce sentiment de ne pas être à sa place dans une société qui souffre de cette connerie religieuse islamique par plusieurs attentats et autres atteintes aux Droits de l’Homme.
      Toutefois, ma compassion pour ces familles a tout de même eu ses limites. En effet, j’admets que j’ai eu aussi beaucoup moins de sympathie pour quelques familles quand je lisais certains passages. La compassion n’était pas tout à fait absente, mais entre la sœur qui ne voulait pas dénoncer son frère quand il reviendra (en espérant qu’il ne revienne jamais et qu’il crève là-bas), la mère qui fait comprendre à son fils de ne pas se pointer au resto habituel de peur qu’il soit arrêté, ou encore la mère qui refuse d’admettre que son fils ait changé (parole de mère !), j’avoue que j’ai fait quelques bons.
L’amour c’est probablement beau, mais là c’était juste idiot. Et j’avoue que je ne comprends pas cette attache à ce membre assassin de la famille, qui m'a particulièrement agacée quand les parents ont peur que leur monstre d’enfant meurt. Dans ma tête, ce n’est pas admis d’avoir peur pour des monstres, quand bien même ils soient de ta famille...
      Nonobstant cela, tous ne sont heureusement pas ainsi, à l’image de ce père de famille qui dit qu’il ne pourra plus jamais avoir confiance en ce fils qui est rentré en France (hélas pour nous).
     Bref ! Certains témoignages ont soufflé en moi le chaud et le froid. Mais malgré tout, et malgré l’énormité de ce que je vais dire, je ne peux qu’encourager ces familles amputées d’un membre à continuer leur vie, car leur vie vaut mieux que cet échec.

      Pour continuer, je disais dans l’intro que l’Etat était la seconde source de ma colère. Sur ce point, ce que j’ai apprécié voir, c’était de voir que cette colère était partagée avec les familles, comme l’atteste les témoignages qui dénoncent :

1- La collusion entre l’Etat et les islamistes ;

2- Les discours qui jouent avec la théorie de l’amalgame comme celui du Maire de Sevran et qui servent si bien les islamistes ;

3- L’inaction de l’Etat qui ne fait rien pour lutter contre ce fléau, et laisse en liberté en France ou en Belgique des gens qui ne doivent pas connaître cet état de faveur. (Pour moi une balle dans la tête, c’est un cadeau pour l’humanité.)

      Néanmoins, en lisant ce livre ma colère est allée plus loin que ces choses-là, en effet quand je sais que certains débiles de dieu ressortiront un jour de prison comme le fils d’Omar, ça m’a révoltée. Car je trouve le droit pas assez sévère avec ces choses-là, et là pour moi réside une des faiblesses des démocraties.
Effectivement, il ne doit pas être admis que ces monstres là ressortent un jour de prison, ni même rentre de Syrie. Les Bisounours ça n’existent pas en vrai, et on ne revient jamais de la folie divine et meurtrière. On ne peut de ce fait donner une seconde chance à ces choses-là !!!
     Sinon pour en revenir au livre, nous savons tous que dénoncer les trois points s’est enfoncer les portes ouvertes, c’est des choses que l’on dit depuis longtemps et que l’on voit tous les jours sans que ça choque pour autant les bien-pensants… Cependant j’ai trouvé qu’il était intéressant de voir comment ces familles le ressentaient. Tantôt comme une injustice, notamment quand les recruteurs, les imams sont dehors en liberté ; tantôt comme une défaite annoncée, à l’image de ce père qui se dit que vu l’inactivité des états de droit, on a déjà perdu. Et ça c'est terrible...

     Enfin, pour conclure cet avis, l’autre atout de ce livre, c’est qu’on peut aussi découvrir certaines situations, comme la DGSI qui ne fait rien car l’Etat n’est pas réactif ou encore la corruption qui règne à divers endroit.

     En résumé, c’est un livre témoignage très intéressant à lire – et qu’il faut lire –pour découvrir comment se transforme l’enfant ; renseigner sur les dérives qui doivent inquiéter ; et aussi avoir une meilleure vue sur l’état actuel de l’Europe qui laisse beaucoup trop faire les musulmans et leur donne beaucoup trop de droit (islam-islamiste ce n’est pas différent). Mais quand vous lirez ce livre, gardez une dose de zen en vous car la colère viendra titiller vos chakras plus d’une fois ! Que ça soit dans les témoignanges, dans les actions, dans les écrits.

Merci aux Editions City.

Extraits :

"Je viens d'Algérie, je sais de quoi je parle. Quand j’étais môme, les islamistes ont commencé à fonder des associations, soi-disant pour venir en aide à la population. Et je l'ai constaté. Si tu étais sans ressources, ils t'accueillaient à la mosquée et te donnaient à manger... Ils étaient discrets et paraissaient inoffensifs, parce qu'à l'époque ils n'étaient pas encore en position de force. Mais dans les années quatre-vingt, quand j'avais 20 ans, leur heure de gloire est arrivée, ils ont gagné du terrain et se sont imposés par la force. Et c'est exactement ce qui est en train de se passer en ce moment même en Europe. Ces gens-là sont en Europe et se servent de la loi, du droit, de la démocratie précisément pour combattre la démocratie". Omar.

"Elle n'a pas non plus oublié que le maire de sa ville, Sevran, a refusé de divulguer le numéro vert mis en place par le gouvernement pour aider les familles témoins de signes de radicalisation chez les proches. Elle se rappelle clairement sa réponse dévastatrice : "A quoi bon stigmatiser la communauté musulmane ? il ne faut pas exagérer, il y a seulement 14 jeunes originaires de Sevran qui sont partis en Syrie." La mère de Quentin hausse le ton quand elle m'avoue que ce "seulement" l'obsède et la met au supplice depuis deux ans. Car, pour elle, un garçon c'est déjà de trop. Elle est convaincue qu'il existe un clientélisme politique envers l'islam, et que cette complaisance est motivée par la crainte de perdre des électeurs parmi les citoyens de confession musulmane." Véronique.

"Ce sont des lâches, des hypocrites. Ils dénoncent un système dont-ils se servent à leur avantage." Véronique.(En parlant de la justice française).

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11 novembre 2018

"Le mystère Clovis" de Philippe de Villiers

Le mystère Clovis de Philippe de Villiers

le mystère clovis

Résumé :

Dans une évocation gorgée de couleurs fortes et de furieuses sonorités, Philippe de Villiers fait revivre Clovis et lui donne la parole. Le roi fondateur dévoile les épisodes les plus intimes, les plus secrets, de ses enfances, de ses amours, de ses chevauchées.
Ce livre éclaire d'un jour nouveau le mystère de sa conversion, rétablit la vérité sur la date de son baptême et renouvelle ainsi la perspective symbolique de tout notre passé, de notre destin. Au fil d'un récit haletant, affleurent parfois des correspondances troublantes entre les tribulations du monde de Clovis et les commotions de notre temps : le va-et-vient des peuples en errance, les barbares, les invasions, les fiertés évanescentes, les civilisations qui s'affaissent... Une restitution spectaculaire, passionnante, inattendue, qui nous fait revivre comme jamais les temps mérovingiens et les origines de la France.

Mon avis :

Un roman sur Clovis, la chose est assez rare pour que je veuille le lire ! C’est chose faite, et même si je crois que je préfèrerais une bonne biographie avec un langage bien actuel sur le personnage, j’ai quand même bien apprécié cette lecture intéressante qui plonge le lecteur dans une époque méconnue et un règne légendaire. Ou plutôt dans la légende d’un règne. Car c’est en abordant le côté merveilleux qui entoure et tisse le règne de ce roi Franc, que Philippe de Villiers a fait le pari d’écrire la vie de ce roi.
L’auteur ne s’est, en effet, pas contenté seulement d’écrire des faits avec un peu de roman, il a gardé les faits et les légendes, et écrit un roman avec, ce qui permet de garder toute la dimension chimérique de ce règne.

Bien sûr, de ce fait il ne faut s’attendre à un roman classique avec une folle aventure pleine de rebondissement, l’auteur reste proche de la vie du roi, et Clovis était roi « barbare » et était homme ; mais si l’on considère les guerres, les trahisons, les légendes… comme une aventure avec une touche imaginaire, alors oui on peut dire que c’est un roman. Le roman d’une vie, tout simplement le roman d’un roi, servi en plus par un langage fort désuet afin de mieux nous immerger dans ce médiéval naissant.

Niveau historicité maintenant, on voit tout de suite que Philippe de Villiers s’est bien renseigné sur le sujet, - il y a une liste d’ouvrage à la fin qui fait pâlir d’envie et il s'est fait aider par des spécialistes - inutile de vous dire, qu’il restitue donc fidèlement et sans perdre le lecteur en détail, les royaumes francs de l’époque, en mettant en avant les conflits d’intérêts notamment la course aux honneurs romains, les meurtres familiaux, les conflits religieux, ou encore la volonté d’affirmer un pouvoir et une identité germanique tout en revendiquant un côté romain. Outre cela, le petit plus agréable du livre c'est que l'auteur va plus loin, puisqu'il avance une nouvelle chronologie du règne de Clovis.
Bref ! Niveau historicité il est proche de la réalité et c'est un point très agréable du livre, et ceci même s’il a l’approche d’un romancier envers le personnage de Clovis. (Oui, il y a des historiens qui ne font pas de Clovis un type sympathique.)

Cependant il y a un léger hic à cette histoire, qui fait que ce roman me « déplaît » un peu. Comme vous le savez, la période Clovis (et avant) correspond à la chute de l’Empire Romain d’Occident et aux invasions barbares, ainsi qu’à la prise de pouvoir des peuples intégrés à l’Empire, partant de ces faits Philippe De Villiers va donc en profiter pour faire le parallèle entre l’époque déliquescente actuelle et le passé. Mais pour ma part, et même si je comprends très bien le parallèle entre hier et aujourd’hui qui n’est pas forcément faux dans l’idée en plus, j’avoue que je ne suis pas fan du tout de ce genre de réflexion, car pour moi ça permet toutes les extravagances possibles, comme Macron s’amuse à le faire à l’heure actuelle pour le 11 novembre ou comme d’autres s’amusent à le faire en mettant constamment 39-45 dans un débat où ça n’a rien à faire.
Bref ! Personnellement, je trouve que faire cela c’est refuser la spécificité des époques et refuser de voir les réels problèmes de l’époque, c’est aussi déformer jusqu’à l’absurde des situations qui n’ont rien à voir avec le passé, du coup le seul truc que je reproche un peu à ce livre c’est cette démarche qui est de mélanger l’histoire, même si je comprends parfaitement le raisonnement qui doit faire réfléchir sur notre époque actuelle. Cela étant, ça n'en fait pas un mauvais livre pour autant, au contraire.

En résumé, c’est donc un bon roman sur une vie, sur la vie de Clovis, et sur une époque aussi. C'est aussi un livre idéal pour tous ceux qui veulent approcher Clovis en surface, avant d'aller voir plus loin. A lire, pour la culture. 

Extrait :

"Clovis, as-tu observé que, le plus souvent, les victimes ne sont innocentes que tant qu'elles sont impuissantes ? Dès qu'elles ont le pouvoir, elle se transforment à leur tour en bourreaux, et ce cycle infernal de la vengeance ronge sans fin l'humanité du dedans, depuis les premières tribus. Jésus en Croix dévoile sa toute-puissance en brisant ce cycle infernal de la vengeance."

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