Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

25 octobre 2017

"La fille du rivage" de P. Ananta Toer

La fille du rivage : Gadis Pantai de P. Ananta Toer

la fille du rivage

Résumé :

La jeune fille d'un pêcheur de la côte nord-est de Java (Gadis Pantai signifie " la fille du rivage " en indonésien) a été demandée en mariage par un aristocrate local, fasciné par sa grande beauté.
Elle a quatorze ans et, dans cette Java féodale du début du vingtième siècle, elle n'a guère le choix.
Ce mariage arrangé la fait passer sans transition d'une vie certes pauvre et rude, mais libre et naturelle, à une existence cloîtrée, dans la vaste demeure ceinte de murs de son époux, le Bendoro.
La jeune fille est intimidée et malheureuse, mais doit très vite s'adapter au langage et aux usages de sa nouvelle vie.
Grâce à une vieille servante, elle apprend à se comporter en maîtresse de maison, à se maquiller, à se purifier et à prier.
Puis, incrédule, elle découvre qu'elle n'est qu'une épouse à l'essai après bien d'autres.
Toutefois, elle ne se doute pas encore que son destin basculera cruellement lorsqu'elle donnera naissance à une petite fille quelque temps plus tard...
Gadis Pantai est le récit d'une vie volée.
D'une grande simplicité et d'une grande force, l'évocation de cette jeune fille abusée, de ce personnage de femme inoubliable, luttant pour rester libre jusqu'au bout, mais sans parvenir à maîtriser son destin, confirme la puissance narrative du romancier indonésien.

Mon avis :

La fille du rivage de Pramoedya Ananta Toer, parle d’une jeune fille mineure qui est « mariée » à un homme bien plus âgé qu’elle, et qui a eu déjà plusieurs concubines et plusieurs enfants.

Gadis Pantai, c’est son nom, âgée de 14 ans et venant d’un pauvre village de pêcheur, se retrouve donc du jour au lendemain prisonnière dans une maison riche de la ville, « mariée » à un homme qu’elle ne connaît pas et prisonnière d’une cage dorée où elle n’a plus qu’à subir sa situation.
Victime d’un con aux apparences bien noble, bien religieuse, bien propre, qui fait d’elle son esclave, sa chose, son rien… autant dire que sa vie n’est pas drôle et ne respire pas la joie de vivre. Mais comme elle n’a pas l’air de se plaindre, puisqu’elle tombe amoureuse de son bourreau, en tant que lecteur tu finis par vite passer sur cette situation immonde pour finalement péter un plomb devant la soumission de Gadis Pantai qui accepte son rôle de serpillière sans broncher.
Ok, l’époque ne s’y prête pas vraiment et le pays non plus probablement, mais putain ! les dialogues et certaines scènes donnent juste envie d’aller s’asseoir dans les orties parce que… parce que tu te sens obligée de trouver plus con que le livre pour te calmer. Et oui ! Et c’est là le hic ! Car à part sur la fin - les dix dernières pages à peu près - ce livre ne parle pas du tout d’une fille luttant pour rester libre comme l’indique la quatrième couverture. (Ce que je recherchais, hélas.) En effet, vu qu’elle subit la situation de bout en bout sans trop broncher, voire pas du tout, je dois avouer que du coup j’ai lu ce livre déçue et énervée, cherchant ce chant de liberté promis, qui se limite ici au souvenir du chant de la mer… (On ne va pas se mentir, y a mieux comme liberté.)

Oui, bon d’accord, ce livre cherche avant tout à mettre en avant ces histoires de vies volées des plus faibles par les plus forts et/ou les plus riches, ces vies parfois volées dans l’espoir d’une vie meilleure, mais c’était nécessaire de nous servir ce concept sans un minimum de révolte intérieure ? Avec une héroïne naïve et faible ? Et c’était nécessaire de devoir attendre la fin du roman pour voir une révolte de notre pitoyable héroïne ?, qui franchement aurait gagné à être moins pathétique pour le coup. D’accord elle est triste, mais quand même, un minimum de force n'aurait pas été mauvais, car là je l’ai trouvé pitoyable et sans caractère. Honnêtement, c’était vraiment un discours et des idées dignes d’une personne faible, qui en fin de compte va partir se cacher loin de son village pour ne pas subir le regard des autres...
Bref ! Ce livre ne raconte pas l'histoire d'une fille qui lutte pour rester libre jusqu'au bout.

Outre cela, et même si je suis contente d’avoir découvert un auteur indonésien, j’avoue que je n’ai pas été fan de l’écriture. C’est très simple, banal, rien de bien recherché. En résumé, un livre, vite lu, vite oublié. Pas extraordinaire.

Merci à Babelio et Folio.

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06 avril 2016

"L'amie prodigieuse" de Elena Ferrante

L'amie prodigieuse enfance et adolescence tome 1 de Elena Ferrante

l'amie prodigieuse

Résumé :

Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Formidable voyage dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.

Mon avis :

L’amie prodigieuse est un roman que Daniel Pennac offre à tous ces amis d’après le blurb sur le livre. Pour ma part je n’irai pas jusqu’à là, mais je comprends l’engouement autour de ce livre qui nous plonge dans une Italie pauvre et plus particulièrement dans un quartier où tout le monde se connaît, se surveille, et où les hostilités comme les alliances se forment comme si rien d’autre n’existait en dehors de ce périmètre.

Cependant dans ces pages nous suivons plus particulièrement l’histoire de Lila et Elena, amitié étrange entre une fille effacée et une fille qui dégage une assurance et un tempérament vif. De leur enfance à l’adolescence, l’auteure nous fait partager leurs jeux, leur esprit conquérant, leurs déboires, leurs rêves. Mais bien au-delà de ces simples faits, elle nous fait aussi partager leur manière de voir le monde, à travers d’abord leurs yeux d’enfant puis d’adolescente. Et ce dernier point est, je l’avoue, le plus agréable à lire, car Elena Ferrante nous montre le cheminement de l’enfance à l’âge adulte, où la réalité des choses finit par rattraper les rêves, le besoin les chimères, montrant ainsi pourquoi les gens vieillissent. Pourquoi les amis s’éloignent...

Mais dans ce roman et bien que la narratrice soit Elena, nous suivons aussi à travers ses yeux toute la vie de ce quartier italien, où malgré une ambiance fermé, il existe un véritable bouillonnement d’idée, de personnalité, de vie, de fait. Jamais dans ces pages on ne s’ennuie. A chaque page quasiment, l’auteure nous subjugue par un évènement ou une idée - souvent quelconque faut bien le dire -, mais qu’elle arrive pourtant à rendre important, soit pour l’histoire soit pour la psychologie des personnages. Bref. Rien n’est vain dans ces pages, on ne perd pas son temps à lire des choses qui ne servent à rien, même si le récit souffre de quelques longueurs.
Mais dans le fond le tour de maître est sans doute là, car pour moi ce roman est un miroir de la vie humaine, étant donné que c’est bien ces petites idées, ces petits évènements, qui sont importants à nos yeux. Alors bien sûr ça peut paraître naïf car la narratrice est enfant puis adolescente, donc elle a des problèmes de son âge et ses amis aussi, mais pourtant même en vieillissant je ne pense pas qu’on change là-dessus. C’est bien ces choses quotidiennes qui font nos soucis et nos joies, qui forgent nos vies. Pour moi ce roman est une description de la vie.

En conclusion j’ai beaucoup aimé ce roman, même si je n’en fais pas un coup de cœur à cause des quelques longueurs et du trop grand nombre de personnage (je me suis un perdue), mais si vous cherchez un bon roman, c'est à tenter. Et en ce qui me concerne dès que je peux je lirai la suite.

 

Merci aux éditions Folio et Lecteurs.com

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30 décembre 2012

Anna Karénine ou comment s'ennuyer.

"Anna Karénine" de Léon Tolstoï

anna karénine

Résumé :

La quête d'absolu s'accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société pétersbourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher - l'antithèse d'une Bovary - ne peut ressentir qu'un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l'incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences que véritablement peiné par la trahison d'Anna. Le drame de cette femme intelligente, sensible et séduisante n'est pas d'avoir succombé à la passion dévorante que lui inspire le comte Vronski, mais de lui avoir tout sacrifié, elle, sa vie de femme, sa vie de mère. Vronski, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine. Dans son insondable solitude, Anna, qui ne peut paraître à ses côtés, aura pour seule arme l'humiliante jalousie pour faire vivre les derniers souffles d'un amour en perdition. Mais sa quête est vaine, c'est une "femme perdue".

Mon avis :

Sans faire de grand détour, je vais vous avouer que j’ai trouvé ce livre affreusement long... chiant à souhait ! En effet oui, chiant à souhait. Et même si le début a été prometteur et qu’il se lit très bien, malgré que ça soit une histoire d'amour, le livre aurait sérieusement gagné à faire quelques centaines de pages en moins. Déjà parce que sur la fin ça commence à faire long, et ensuite parce que y’a des passages, notamment sur l’agriculture, la mort du frère de de Levine Constantin, etc etc… qui sont durs à digérer car pas toujours intéressants, d'ailleurs j'avoue que là j'ai souvent lu en diagonale, du moins à partir de la page 500.

Maintenant niveau personnage et malgré leur très grand nombre, je dois dire que Tolstoï a vraiment fait un bon travail. En leur donnant à chacun une personnalité qui leur était propre, de l'assurance et des doutes il est vraiment arrivé à les rendre vivant. Cela dit ceux que je n’ai absolument pas pu supporter se sont les filles. Sincèrement des personnages atteints d’hémorragie lacrymale et "d’hystérie" ce n’est pas possible... Sans compter qu’elles ont une fâcheuse tendance à n'avoir pour préoccupations que ; l’amour, la famille, et/ou le « m’as-tu vu », ce qui peut vite devenir horrible, même si là était sans doute les moeurs de l'époque dans la riche société. 

Par contre en ce qui concerne Anna maintenant je dois admettre que ma dernière impression est plutôt mauvaise, en effet malgré un début plutôt agréable en sa compagnie, vers la fin je n’ai pas pu m’empêcher de la détester, pour être honnête son suicide je ne le trouve pas si mal. Sa méchanceté gratuite, son égoïsme et sa jalousie maladive je n’ai pas pu. Alors si l’égoïsme ne me gêne pas outre mesure, je préfère ceux-là aux hypocrites, je n’ai cependant pas pu supporter qu’elle s’en serve pour répandre sa méchanceté et qu’elle soit une cause à sa jalousie mal placé. Honnêtement pour moi son malheur elle a cherché, et elle l'a taillé toute seule avec ses films, du coup je n’ai par conséquent pas pu la prendre en pitié, en fait pour moi c’était son entourage qui était à prendre en pitié mais pas elle.  (Je suis monstrueuseSmiley sourire roule 56.gif)

En résumé ce n'est pas si mal mais hélas trop long, et du coup je ne suis pas certaine de vouloir en tenter d'autres. Enfin l'avenir le dira.

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16 janvier 2012

"L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera : L'insoutenable délire d'un auteur et de ses personnages

"L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera

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Résumé :

"L'Insoutenable légèreté de l'être" traite de plusieurs thèmes, et place, au centre de tout, des personnages purement fictifs incarnant de grandes idées. Parmi eux, Tomas se cherche sous son double masque de libertin et d'amoureux passionné, alors que Tereza, la plus morale du livre, brigue l'amour pur, et que Sabina incarne la légèreté.

Mon avis :

Mouais pas le bon moment de lecture que j'attendais. Pas que c'est nul, même si parfois le style est complètement indigeste, mais je ne suis pas arrivée à rentrer dedans.

Déjà, je n'ai pas trouvé que ce roman avait un raisonnement philosophique. J'ai beaucoup entendu dire ça sur ce livre, et c'est la raison pour laquelle je l'avais acheté, mais à ce niveau là déjà déception. Certes y'a des images, des rêves, des métaphores, des raisonnements, mais pour moi ni plus ni moins que dans d'autres romans. En fait pour être sincère ce livre n'a absolument rien soulevé en moi comme question, ce qui à la base est le propre d'un essai ou d'un roman philosophique. Sans compter que parfois je n'ai pas du tout pigé les tripes de l'auteur, même en cherchant.

En ce qui concerne les personnages, là aussi, il n'y a eu aucun écho en moi, et en particulier sur les sentiments de ces derniers. Pour ma part ça sonnait creux. Je ne suis pas arrivée à trouver les personnages attachants. Pourtant, habituellement, j'aime les romans où les protagonistes sont torturés sur une période (je précise "période" car là c'est très important), mais curieusement ici ça n'a pas pris du tout, sans doute parce qu'ils sont plutôt du genre à soupirer et à se supporter ainsi toute une vie, attitude que je n'aime pas vraiment. Je ne dis pas que leurs peurs, leurs doutes, leurs désirs, ne sont pas justifiés, mais de là à se laisser dominer par ça, euh non désolée. L'équilibre et la liberté existent, on n'est pas forcément prisonnier de sa vie, et de ses pulsions.

Maintenant sur le contexte politique que le livre met en avant, je dois dire que là j'ai peu ou prou suivi, ça ne m'intéressais pas. Au début oui, mais ensuite non j'ai vite décroché. Du coup là dessus je ne vais pas me prononcer.

D'aucun diront que je n'ai rien compris au bouquin, pourtant je crois plutôt, non même pas j'en suis sûre, que ce livre se trouve à 1000 lieux de mon état d'esprit et de ma façon de voir les choses, et c'est certainement ce qui explique pourquoi je ne suis pas arrivée à rentrer dans le côté psychologique et philosophique de ce dernier. Oui y'a des belles phrases, oui ma vision des choses pourrait parfois rejoindre celle de l'auteur, (et encore je ne trouve pas de passage à citer en exemple), mais même s'il est possible qu'elles se rejoignent, on n' a pas choisi du tout le même chemin pour y parvenir. Après tout, la philosophie est une affaire personnelle... Alors le mieux c'est d'essayer pour voir.

D'autres avis pour cette LC le 17 février : Yogi ; Petitepom ;

 

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03 juin 2011

"La pavillon d'or" de Yukio Mishima

La pavillon d'or de Yukio Mishima

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Résumé :

Que la Beauté puisse exister et le jeune moine s'en trouverait irrémédiablement exclu. Mais la soudaine et commune fragilité qui l'unit au Pavillon d'Or, alors que retentit au loin le bruit des bombes, scelle son destin au temple sacré. La quête de cette ultime communion, en commettant l'irréparable, constitue sa secrète destinée. Bègue et sans beauté, il est en apparence réservé et taciturne ; le mal et la laideur sont les hôtes de son âme. Le pendant de sa souffrance physique est un ego démesuré et tyrannique qui le pousse à croire à sa mission tragique et exemplaire : atteindre le "coeur même du mal" et anéantir le sacré d'entre les sacrés par un acte de "pure abolition".

L'incendie du Pavillon d'Or en juillet 1950 anéantissait un trésor national. En explorant les méandres psychologiques du jeune Mizoguchi, Yukio Mishima établit le mobile d'un crime qui ébranla le Japon. En arrière-plan, l'auteur livre sa vision philosophique du Beau absolu.

Mon avis :

NB : Cet avis est loin d'être parfait (comme toujours d'ailleurs), mais expliquer par écrit un tel livre c'est presque impossible, il est tellement riche que curieusement pour le coup je dois avouer que j'y arriverais mieux en parlant.

Voilà un livre très beau, que j’ai eu grand plaisir à lire. Même si on connaît d’avance la fin du Pavillon d’or, l’histoire romancée (ou presque) de ce jeune homme handicapé par son bégaiement, que le monde a souvent refusé mais qui s’est aussi refusé au monde, est touchante et singulière. Mizoguchi, personnage ambiguë, un peu influençable, obsédé par le Pavillon d’Or et sa vision de la beauté, m’a, je peux le dire, ébloui par sa personnalité. Qui est plus ou moins froide, tantôt torturée, tantôt impassible, calculatrice, mauvaise, mais aussi proche de la beauté. 

Cependant malgré le fait que ce livre se concentre sur ce personnage, deux autres protagonistes m’ont aussi titillé ; Tsurukawa et Kashiwagi. Le premier par sa lumière, ou plutôt sa soit disant lumière qu’il dégage, et la leçon que finalement il expose. Rien ne paraît être ce qu’il paraît. Le second pour son air et ses paroles blasés, son bon sens qu’il fait montre par moment, mais aussi pour sa noirceur. D’ailleurs ce dernier et Mizoguchi s’assemblent plutôt bien je trouve.

Toutefois les méandres du personnage principal, et le portrait des deux autres n’est pas le seul point captivant de ce bouquin. La pavillon d’or, est lui aussi prenant. Il ne m’a pas hanté autant que Mizoguchi, mais je dois admettre qu’il dégage une atmosphère et une beauté mystérieuse qui m’a fasciné tout du long. Même si sa découverte n’est que livresque -et d’un peu d’Internet- je dois dire que ce pavillon m’a fait rêver, son ambiance, sa description mon conquise, et j’ai ressenti sa fin comme une véritable perte. Celui d’aujourd’hui n’arrivera jamais à sa hauteur je crois... Bref.

Il y a encore beaucoup à dire sur ce livre. Sa description sur la vie d’un temple bouddhisme Zen. L’histoire du chat de Nansen, que j’ai trouvé malgré tout cruelle. La vie après la guerre… Mais je vais m’arrêter là.

Cependant avant de finir je voudrais dire que même si l’écriture est dans l’ensemble simple, le style l’est moins. Il est très imagé, peut-être parfois un peu pompeux et à rallonge aussi. Toutefois ceci ne doit pas vous faire peur car il est très compréhensible et facile d’accès, faut juste être un brin plus concentré qu’un livre normal.

En résumé comme vous le constatez, avec ce livre et comme souvent avec Mishima, on explore les profondeurs sinueuses, nébuleuses et paradoxales de l’âme humaine. Un très beau livre à lire, qui se propose de retranscrire d’une plume magnifique l’histoire d’un fait divers marquant.

Un petit passage du livre : "C'était la première fois que je lisais autant de refus sur un visage. Je suis toujours persuadé que mon visage à moi, l'univers le rejette ; celui d'Uiko, lui, rejetait l'univers." Il y'a aussi un très beau passage sur le néant et la beauté mais très long, donc à vous de lire ce livre pour le découvrir.

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13 mars 2011

"Dojoji et autres nouvelles" de Yukio Mishima

"Dojoji et autres nouvelles" de Yukio Mishima

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Résumé :

De l'univers des geishas aux rites sacrificiels des samouraïs, de la cérémonie du thé à la boutique d'un antiquaire, Mishima explore toutes les facettes d'un japon mythique, entre légende et tradition. D'une nouvelle à l'autre, les situations tendrement ironiques côtoient les drames les plus tragiques : que ce soit la jolie danseuse qui remet du rouge à lèvres après avoir renoncé à se défigurer avec de l'acide en souvenir de son amant, Masako, désespérée, qui voit son rêve le plus cher lui échapper, ou l'épouse qui se saisit du poignard avec lequel son mari vient de se transpercer la gorge...

Mon avis :

Voilà le deuxième livre que je lis de cet auteur, et décidément j'adore son écriture et ses histoires. Dans ce livre de nouvelle, comme dans Une soif d'amour, l'écriture est fluide, touche juste, simple, et façonne une ambiance lointaine, feutré, brumeuse, incertaine, sans vraiment l'être tout à fait. Ça fait un peu un côté surnaturel et intouchable. C'est vraiment particulier, mais extrêmement agréable à lire.

Toutes les nouvelles ont quelque chose pour plaire, cependant mes préférés sont sans nul doute la première et la deuxième. La première parce que je l'ai trouvé très belle et pudique. Cette femme qui veut détruire sa beauté avec de l'acide est touchante, car elle montre une sensibilité exacerbé, mais calme. La seconde je l'ai apprécié pour sa fin, ne pas savoir ce que pense Mina, -même si j'imagine un truc dessus-, m'a pas mal titillé, et j'aurais aimé savoir ce qu'il en était exactement. En attendant et à défaut de réponse, pour moi ça montre, -disons que c'est ce que je ressens-, que l'auteur a voulu montrer un côté sombre et inaccessible de l'être humain. Le côté secret, mais sans doute pas le meilleur. Bon après c'est peut être pas cela non plus.

La troisième nouvelle est sans doute la plus dure. En la lisant j'avoue avoir fait quelques poses. Quand Mishima raconte le seppuku de l'homme, ce qui entraîne fatalement la mort de sa femme par jigai (suicide en se tranchant la carotide) c'est juste atroce. Il raconte la douleur, et les gestes avec tellement de réalisme qu'on en a froid dans le dos. Quand il le décrit, c'est comme s'il y était, où l'avait déjà fait pour le transposer avec réalisme dans sa nouvelle. Il le fera assurément, mais ne sera plus là pour raconter.

Mais ce qui est le plus étrange dans cette nouvelle, hormis ce suicide par seppuku, c'est qu'on a l'impresion que cette histoire était prédestinée. La raison du suicide présente dans ces pages, n'est pas bien différente de sa raison à lui. Mishima aimé et voulait le japon traditionnel et impérial, et dans la nouvelle le japon impérial est grandement mis en valeur. Du coup ben ça donne vraiment à cette nouvelle un côté autoportrait un peu étrange à lire.

En ce qui concerne la quatrième nouvelle, je n'ai pas grand chose à raconter, je l'ai juste trouvé moins bien que les autres.

En résumé c'est un petit livre pas cher, mais agréable à lire.

 

Ce livre rentre dans mon challenge Nécrophile : En 2011 je me tape des auteurs morts. Catégorie : Auteur suicidé.

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05 décembre 2010

"Les trois mousquetaires" d'Alexandre Dumas.

"Les trois mousquetaires" d'Alexandre Dumas

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Résumé :

Le roman raconte les aventures d'un Gascon désargenté de 18 ans, d'Artagnan, monté à Paris faire carrière afin de devenir mousquetaire. Il se lie d'amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII. Ces quatre hommes vont s'opposer au premier ministre, le Cardinal de Richelieu et à ses agents, dont la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l'honneur de la reine de France Anne d'Autriche. Avec ses nombreux combats et ses rebondissements romanesques, Les Trois mousquetaires est l'exemple type du roman de cape et d'épée.

Mon avis :

J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune sur Livraddict que j'ai organisé pour ce jour 5 décembre (date de la mort d'Alexandre Dumas) et que dire dessus ? Que ce roman est excellent !!! Que du bonheur malgré l'épaisseur, et ce dès le début, même si au tout début on ne comprend pas pourquoi certains de ces personnages se tirent "cordialement" dans les pattes. 


L'écriture est fantastique et en ce qui me concerne j'en ai été fan du départ. L'histoire quant à elle, va de complot en rebondissement, de vengeance en amour, d'anecdote en fait, et ne souffre d'aucun temps mort. Quant aux 3 mousquetaires qui ensuite seront 4, se sont vraiment des personnages attachant avec chacun un quelque chose qui les rend unique.
Aramis m'a plu pour "sa sagesse", son calme, bien que le fait qu'il veuille devenir homme d'église me déçoit un peu.
Portos, si on enlève le fait que je le trouve un peu pique assiette, n'est pas désagréable non plus, surtout que finalement son culot et son sang froid rattrape largement le premier défaut.
Athos possède une retenue dans la parole et les gestes qui m'ont énormément touchée. La discrétion qu'il exige de lui, fait qu'on sent qu'il est fier et droit et cache quelque chose qui doit le gêner pour vivre. (Ce qui s'avère être le cas.)
Quant à d'Artagnan il est mon personnage préféré, volontaire, fier (un peu trop), candide, il est aussi un compagnon idéal avec un cœur grand comme ça sur lequel on peut compter. Il aurait presque toutes les qualités si néanmoins il n'était pas un peu niouk par moment et en particulier avec Milady. Dans ces moments-là si j'avais pu, je lui aurais donné des coups de pied au cul pour le secouer un peu, mais bon, comme l'on connait sa jeunesse et son manque d'expérience on lui pardonne assez vite d'être si "sot" et fougueux.

Par contre un personnage qui m'a fascinée, car finalement le roi, la reine, Mr de Tréville et même le cardinal sont en second plan dans le roman, c'est Milady. Cette femme est le démon incarné. Manipulatrice, voleuse, comédienne, méchante, tueuse... je l'ai trouvé fascinante ! Et même si Milady est un génie du mal, on ne peut que rester le souffle coupé devant une femme qui retourne toutes les situations - ou presque - à son avantage. Et le fait que Dumas ait mis tant "d'atout" dans cette dernière me coupe le souffle, je n'aurais en effet jamais imaginé un jour trouver dans un livre tel personnage. 

Seul petit bémol au livre toutefois, je trouve que Dumas est quand même très long sur certains passages, notamment sur les dialogues, par exemple faire dire au même personnage dix fois de suite la phrase "Je veux la promesse que vous m'aimez" ou une autre, c'est un peu agaçant ! Mais à part ça, je n'ai rien à redire à ce superbe livre qui sans cette lecture commune serait encore resté pour un temps indéterminé dans ma PAL.

Les avis de :
Aragorn, Avalon, Caelina, Cécile, Latite06, Lynnae, Lonewolf, Lolo, MeL.


Des passages du livre par ici.

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21 octobre 2010

"Kornwolf" de Tristan Egolf

"Kornwolf" de Tristan Egolf

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Résumé :

Owen Brynmor ne comptait plus retourner dans la Pennsylvanie profonde de son enfance, pays provincial et rétrograde partagé entre «Habits rouges» et «Bataves», autrement dit entre beaufs américains et Amish rigoristes. Mais à peine engagé comme reporter au journal local, il décroche un scoop : le retour du Démon de Blue Ball, cette bête mystérieuse qui jadis ravagea la région. À moins qu'il ne s'agisse d'un canular… Or, si son enquête l'amène à exhumer la légende du Kornwolf, ce loup-garou qui hanta l'Europe du dix-septième siècle, elle croise aussi, à chaque pas, la trajectoire d'Ephraim Bontrager, un orphelin muet qui vit en marge de sa communauté religieuse. Mais où s'incarne vraiment le Mal? Dans un monstre quelconque, ou parmi les humains qui le pourchassent?
Dans son dernier roman achevé, Tristan Egolf renoue avec la veine truculente et enragée du Seigneur des porcheries. Tout en pastichant la littérature fantastique, il manifeste une verve gourmande et une énergie langagières de tous les instants pour offrir une peinture vengeresse d'une Amérique dégénérée, dont seuls les parias méritent d'être sauvés. On n'est pas près d'oublier la puissance visionnaire de cette écriture torrentielle.


Mon avis :

Ce livre coupé en cinq parties est bien mais sans plus.

Le résumé est certes alléchant mais le livre en lui-même est moyen, cependant pas assez non plus pour être abandonné. A condition bien sûr de passer toute la première partie qui est la présentation des principaux personnages. Cette dernière dure trop longtemps et est assez inintéressante. Le seul regain d’intérêt que j’ai eu en la lisant, c’est la réaction de Jack par rapport à l’article d’Owen sur le Kornwolf dans le journal. On se demande pourquoi l’entraîneur de boxe réagit ainsi, mais à part cela rien de bien croustillant, je dois dire.

La deuxième partie ainsi que la troisième, bouge quant à elle un peu plus, mais pas assez encore. Le rythme reste trop lent, on a l’impression de ne pas avancer, surtout qu’il y’a beaucoup de longueur. Bref, ces 3 parties sont assez laborieuses.

En ce qui me concerne, c’est seulement à partir de la page 301 que je suis rentrée dedans, soit dans la quatrième partie du livre. Heureusement d’ailleurs car je commençais un peu à désespérer. Bien sûr le style de l’écriture ne change pas, il y’a des longueurs et des temps morts, mais il y’a quand même des révélations, des doutes, de « l’action »… qui ce présente à un assez bon rythme jusqu’à la fin du livre, et c'est pour moi seulement qu'à partir de là, que la lecture est devenue intéressante.

Par contre une chose m’a étonné, c’est la fin de l’histoire et le rôle d'Owen, le personnage principal. Là je dois avouer que je comprends pas trop son rôle. Tout au long du livre on suit une grande partie de l’histoire grâce à lui et à la fin il court seulement après les incidents qui ont lieu à la nuit d'Hallowen, à la demande d’on sait qui mais pourquoi on sait pas. (Où alors c’est moi qui aie raté un passage…) Si quelqu’un peut m'éclairer sur ce rôle de spectateur je veux bien...

Maintenant une chose qui m’a assez plu c’est le style de l’écriture, enfin plutôt le ton. Je ne sais pas vraiment si c’est un règlement de compte avec son pays, la mentalité ou avec l’espèce humaine entière, mais on sent une certaine haine dans cette dernière. C'est très corrosif rien ne lui échappe et visiblement il en veux à presque tout le monde, mais connaissant sa fin (il s’est suicidé) cela passe un peu comme un message, l’ultime pensée d’un homme. Qui avait l'air d'abhorré le conditionnement humain dans tous les secteurs de la vie. 

En résumé même si beaucoup de points que j’ai cité ne sont pas spécialement engageants, ce livre n’est pas si mal et la vision du monde de cet auteur vue d'un certain point n'est pas négligeable et mérite que l'on s'y attarde.

Je remercie les éditions Folio et Livraddict pour ce partenariat.

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13 octobre 2010

"Une soif d'amour" de Yukio Mishima : Folie & amour

"Une soif d'amour" de Yukio Mishima

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Résumé :

La jeune veuve Etsuko est amoureuse d'un domestique de la maison de son beau-père Yakichi, chez qui elle vit. Ses beaux-frères, belles-sœurs et leurs enfants vivent sous le toit de l'ancêtre, qui est devenu l'amant d'Etsuko. Une nuit, Etsuko donne rendrez-vous au garçon qu'elle désire. Comprenant enfin ce qu'elle veut, il se jette sur elle. Elle perd connaissance. Quand elle revient à elle, il s'enfuit. Elle le poursuit, le rattrape, le frappe d'un coup de houe et le tue - Yakichi était là. Roman d'une grande force sournoise, obscure et nerveuse, cette œuvre est une peinture d'une passion bridée par un milieu, mais qui finit par tout consumer.

Mon avis :

Ce livre est un bijou. Une perle de l'écriture, douce, poétique mais surtout juste, ainsi qu'une perle de la nature humaine. Les sentiments décrits dans ces pages sont sur le fil du rasoir, et pourtant les personnalités qui nous sont révélées, au cour d'une situation ou au fil d'une pensée, nous paraissent sans grandes ambiguïtés, ce qui est juste un tour de force.

Futurs lecteurs, dans ce livre vous allez découvrir que du néant, d'un rien, d'une envie, on bascule en quelque instant dans la folie, la passion, le meurtre... comme cela peut être le cas dans la vie réelle. Certes beaucoup de livre représente cette situation, mais là c'est autre chose je vous assure, puisque l'auteur représente en plus de cela, la contradiction, l'éloignement, le silence, le déchirement des sentiments.

Dans ce livre j'ai aussi particulièrement adoré, Etsuko, le personnage principal qui vit dans la torpeur depuis la mort de son mari. On la croit assez impénétrable et froide, mais finalement je l'ai trouvé très vraie et proche de nous. En effet l'auteur nous en dépeint un portrait psychologique très vivant, même si aux yeux des autres personnages elle paraît plutôt comme un arbre en train de se dessécher.

En ce qui me concerne, Etsuko m'a particulièrement touchée par ses sentiments contraires qui l'enchaînent, elle est tout à la fois, passionnée et désintéressée, elle ne sait pas trop où elle en est, et même si la passion l'envahit elle dégage une certaine léthargie aussi. C'est vraiment un personnage qui nous ressemble dans la détresse, assez pur, contradictoire et très fouillé. C'est LE personnage de ce roman et je n'oublierai pas de sitôt Etsuko vous pouvez me croire !

Petite précision avant de finir : le résumé concerne plus la fin du livre, avant cela toute une histoire est racontée et développée pour arriver à ce résumé. Mais peu importe ce détail, un livre d'une rare beauté qu'il faut lire.

Extrait du livre par ici.

 

Posté par Florell à 20:58 - Littérature - Commentaires [0] - Permalien [#]
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