Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

22 février 2019

"La nostalgie des pays perdus" de Jean-Claude Perrier

La nostalgie des pays perdus de Jean-Claude Perrier

Source: Externe

Résumé :

Qu’est le monde d’hier devenu ? Découvrir ses monuments et ses mystères, ses splendeurs et ses ombres, ses foules et ses visages faisait le voyage et le voyageur. Submergé par le tourisme de masse, le voilà englouti sous les guerres, les fanatismes, les tsunamis. Et la laideur.

Ce livre constitue la grande cérémonie des adieux qui manquait à la littérature des ailleurs. Il est tant de lieux où l’on ne pourra plus aller ou revenir sur un globe rétréci comme peau de chagrin.

Inconsolable, Jean-Claude Perrier se souvient des siens qui sont aussi les nôtres. Sa remémoration est notre consolation. Elle invite, par les mots, les images, le style, à entreprendre l’ultime tour du monde.

Mon avis :

Je pensais lire un livre sur les pays plus ou moins lointains qui raconterait l’histoire, les personnages, la magie, des lieux emblématiques de l’auteur. Je pensais lire un livre un peu général, un peu mondial, où chacun se sentirait concerné par les mots et paysages qui défileraient dans ces pages.
Ben non.
Finalement c’est un livre très personnel, où l’auteur parle de lui, de ses rencontres, de ses questionnements, de ses voyages, de ses attentes. Déçue ? Oui, un peu, car je ne m’attendais vraiment pas à ça.

Toutefois, je n’irai pas dire que ce livre est mauvais. En effet, si la magie n’a pas opéré entièrement, j’ai malgré tout ressenti cette nostalgie que l’auteur a pour les lieux et les gens qu’il a connu, car je comprends son sentiment. Qui ne s’est jamais demandé ce qu’était devenue cette personne ou comment le lieu à évoluer pendant tout ce temps d’absence ?

Outre la nostalgie, et même si cette dernière est différente de celle de l’auteur car sa vie n’est pas la mienne, je dois admettre que pour le voyage, pour les rencontres, ce livre n’est pas désagréable non plus, puisqu’il est aussi le récit d’un lieu dans une époque. Il donne ainsi à voir certaines mentalités, certaines tensions politiques… à un moment donné, et donne aussi à voir ce qui a changé.

En résumé, ce n’est pas un livre que je qualifierais d’indispensable, mais si un jour vous l’avez sous la main, ouvrez-le, et vous prendrez conscience que face au temps l’homme est impuissant.

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28 janvier 2019

"San Perdido" de David Zukerman

San Perdido de David Zukerman

Source: Externe

Résumé :

Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme
qui réalise un jour les rêves secrets
de tout un peuple ?
 
Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert  de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi  impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir  aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent  apparent qu’une force singulière dans les mains.
Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle  part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera  le rôle de justicier silencieux au service des femmes  et des opprimés et deviendra le héros d’une population  jusque-là oubliée de Dieu.

Mon avis :

Quand je pense à ce livre, je pense irrémédiablement à une salade de fruit. La couverture exotique, la chaleur d’Amérique Latine, me font immanquablement penser à une belle salade colorée aux fruits chauffés par le soleil. Dans cette salade, il y aurait des fruits magnifiques où s’ajouterait quelques saveurs piquantes et acides, qu’un sucre dominant viendrait adoucir pour couronner d’un sourire satisfait les lèvres du mangeur.
Tout cela est bien sûr métaphorique. Les beaux fruits seraient les pauvres gens, les saveurs piquantes et acides seraient les misères et les véreux, quant au sucre il représenterait l’espoir en la personne de la Langosta. Ce personnage charismatique, magnétique et magique qui est la voix et le bras de ce peuple oublié des politiques comme des dieux.

Conte cruel et magnifique, ce livre qui compte plusieurs personnages, plus d’une histoire et plus d’un monde, nous est raconté de manière brillante par un auteur qui sait ménager ses effets pour tenir en haleine le lecteur. Mélangeant les références littéraires comme le conte, le roman social où se cache même une once de polar, avec des effets picturaux aux couleurs chaudes et froides, c’est un véritable film en couleur et profondeur qui se déroule devant les yeux gourmands du lecteur ; où la jalousie, la manipulation, la colère, la compassion, la vengeance, la cupidité, l’orgueil, l’ambition, mènent la danse et donnent donc à ce livre plusieurs pistes de lecture non désagréables. Cela indique par ailleurs, le talent de l’auteur qui a su d’une fine aiguille coudre tout cela ensemble sans jamais jouer de la faciliter.

Pour moi, tout est parfait ici… ou presque. En effet, quelques scènes et descriptions sont, je trouve, de trop. Toutefois le rythme soutenu et régulier, l’imagination de l’auteur, l’entretien du mystère, la présence de personnages variés avec des buts différents et la description de la société, fait que l’on doit lire ce livre qui s’annonce être déjà un des meilleurs de 2019.

En résumé, l’auteur a placé haut la barre avec son premier livre publié, et autant vous dire que pour le second il est mal barré vu qu’il devra réitérer l’exploit. Ce dont je doute fortement, puisque jamais un écrivain écrit deux chefs-d’œuvre de suite. Mais en attendant le « forcément moins bien », ne boudons pas notre plaisir.

Editions Calmann-Lévy.

29 décembre 2018

"A fleur de peau" de James Barnaby

A fleur de peau de James Barnaby

Source: Externe

Résumé :

Se réveiller sans rien savoir des dernières heures écoulées, un fardeau que Jane supporte depuis ses onze ans. L'année où elle a été enlevée. Brillante étudiante de 19 ans aux yeux de tous, la jeune fille souffre pourtant de « fugues temporelles », crises proches du somnambulisme dont elle ne garde aucun souvenir. Comme chaque année, Jane passe l'été au bord du lac Mendota dans le chalet familial. Obligée de se rendre à Chicago pour son travail, sa mère la laisse en compagnie de son beau-père, Richard, qu'elle adore. Mais le lendemain matin, Jane se réveille les mains ensanglantées. Près d'elle gît Richard, égorgé. Et Jane le sait, elle a tout de la coupable idéale...

Mon avis :

A fleur de peau, possède un résumé tentant pour qui comme moi ne lis pas beaucoup de polar. Quand je l’ai reçu, j’avais cependant un peu peur de m'être emballée pour rien, vu que dès l’entrée du livre il est question de Walt Disney et des soi-disant scènes qui impressionnent les enfants dans les animés. Et pour moi, s’il y a bien une chose qui ne fait pas peur quand on est gamin c’est bien Walt Disney. Car Walt Disney ce n’est pas L’exorciste non plus, mais passons.

Un peu refroidi donc, j’ai commencé à lire quand même ces pages, et outre le fait que j’ai constaté beaucoup de longueur et de description qui m’ont rendue la lecture parfois un peu pénible, je dois avouer que dans l’ensemble le livre est vraiment pas mal et se lit plutôt bien. D'une part, grâce à l’histoire de cette jeune fille manipulée qui a des absences et des crises de délire, et qui sera maltraitée par toutes les institutions existantes comme la police et les services de santé lors de l’enquête. Et d'autre part, grâce au fait qu’il se sert pour la base de son mystère, de pratiques manipulatrices réelles mises en place par des services secrets et des médecins de tout bord depuis longtemps.

Comme je l’ai déjà dit, le livre malgré les longueurs se lit bien, l’enquête et l’histoire de Jane sont prenantes, riches en surprise, en obstacle convenu, même si on s’étonne peu au final que les salauds et les requins festoient toujours sur le dos des victimes… Mais en ce qui me concerne, ce qui m’a réellement plu ici, c’est tous les détails sur les pratiques manipulatrices et le but de ces démarches de « reprogrammation », où on comprend pourquoi et sous certaines conditions Walt Disney peut servir l’hypnose et la manipulation, et donc faire peur aux enfants si on reste dans cette optique-là. Ca ne tient pas la plus grosse partie du livre, certes, pourtant ces explications et la manière dont s’imbrique la trame dedans rend l’horreur des faits plus tangible et l’histoire un tantinet moins imaginaire et délirante. Ca fait un peu froid dans le dos...

En résumé, un peu long mais très intéressant à lire pour l’ingrédient de l’intrigue qu’est l’hypnose dans un but de servir l’état, les institutions, les ambitions personnelles.

Editions De Borée.

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25 décembre 2018

"Le Facteur Cheval : jusqu'au bout du rêve" de Nils Tavernier

Le Facteur Cheval : jusqu'au bout du rêve de Nils Tavernier

facteur cheval

Résumé :

En 1879, à Hauterives dans la Drôme, le facteur Cheval effectue chaque jour dix heures de marche pour boucler sa tournée de 32 kilomètres... Pas un instant de repos pour ce fils de paysan qui n’est allé que six ans à l’école. Et pourtant, la maturité venant, il se lance dans l’une des aventures les plus extraordinaires du siècle. Trente-trois années durant, sans aucune connaissance de l’architecture, il va bâtir pour l’amour de sa fille Alice un Palais idéal «vu en songe». Un palais aujourd’hui classé monument historique et visité par le monde entier... Auteur et réalisateur, Nils Tavernier a été bouleversé par la destinée étonnante de ce simple facteur devenu un artiste reconnu. Sa vie lui a inspiré un film magnifique ainsi que le présent livre, première grande biographie de Ferdinand Cheval nourrie d’archives inédites, notamment de son journal.

Mon avis :

Nous voilà dans la Drôme pendant le 19ème siècle. Dans une France pré-révolutionnaire et révolutionnaire riche en changement, dans les campagnes le paysan, le petit ouvrier, ne voient pas vraiment d’amélioration à sa misère. Obligés qu’ils sont, d’exercer divers métiers pour survivre, la révolution ne leur a jamais réellement appartenu…
Nous voilà dans la Drôme pendant le 19ème siècle, et c’est dans cette France rurale encore superstitieuse, que né Ferdinand Cheval enfant de paysan et précurseur de l’architecture naïve.

Nous connaissons quasiment tous l’œuvre de Cheval, de visu ou sur photo. On sait aussi du sculpteur qu’il était facteur et qu’il a imaginé son château de longue année avant de passer à l’action. Mais au fond, qu’en savons-nous exactement ? Et qui peut prétendre apprécier l’œuvre sans connaître sa vie ? Les souffrances, les rêves, les envies de cet homme ? Car oui, une fois n’est pas coutume pour l’art contemporain, je vais penser pour le coup que ce château est intime lié à cet homme, à ce qu’il portait dans ses tripes, sa tête et son cœur. En effet, d’un terrain de jeu pour sa fille à une justification pour s’évader de la peine, d’une envie furieuse à réaliser un rêve à cette envie d’entreprendre, chaque parcelle de ce château répond au désire de cet homme. Et c’est cette histoire, cette tête, cette vie que l’auteur Nils Tavernier nous propose de découvrir.

Fruit d’une longue recherche et conclusion d’un travail minutieux, Nils Taverniers va donc nous faire découvrir la France d’alors (un peu), mais aussi et surtout la vie de cet homme qu’il n’a pas exposée dans la totalité de son film. Et mes amis quelle vie !
Comment vous dire que quand vous lirez ce livre, il est probable qu’une impression d’admiration devant la ténacité de cet homme naisse en vous très vite ? Car devant les malheurs de cet homme, mais qui n’a jamais cessé de croire et qui n’a pas chômé un instant, la force de ce simple facteur va vous éblouir. Et vous éblouir autant que son imagination à laquelle il ne refusait rien ; cosmopolite (merci de ne pas y voir un hymne à la mondialisation), sauvage, religieux, naturel, marin… tout se mélange, se fusionne, dans un bâtiment pour ne former qu’un.

L’admiration est une chose, la vision onirique de l’artiste aussi. Mais quid de la personnalité de ce dernier ? Là aussi l’auteur, ne l’a pas oublié.
Considéré comme un peu fou, même si finalement on apprécie les touristes qui affluent dans ce petit village, car c'est un peu comme Rodia aux EU de l'art spectacle, il est intéressant de voir que ce simple facteur, discret, et acceptant de supprimer certaines choses écrites dans la description de son Palais pour les articles nationaux, prenne de l’assurance au fur et à mesure que le temps passe, et arrive à s’imposer comme le seul artiste de sa gloire, que d’autres ont tenté de s’approprier. Mais n’allez pas croire pour autant qu’il prit la grosse tête, cet homme a su rester humble toute sa vie, comme toute les petites gens de l’époque.

Toutefois, si vous pensez ne lire que l’histoire d’un homme qui va évoluer et n’a jamais lâché prise, détrompez-vous. Car si Le Palais idéal et son créateur tiennent la plus grosse place dans ces pages, tout n’est pourtant pas que cela. En effet, il est aussi beaucoup question du bâtiment, que ça soit dans la description et sa construction - c’est même parfois là un peu long -, mais aussi dans son combat pour la reconnaissance au monument historique. Car en effet, si aujourd’hui l’œuvre de Cheval est qualifiée d’art brut, d’art naïf, d’aucuns à l’époque n’appelaient pas cela de l’art, et il aura fallu la ténacité de Malraux et que les surréalistes s’y intéressent et le revalorisent en même temps que Gaudi, pour que ce Palais idéal, ce château improbable, soit protégé du temps et de ses ravages. Avec toutefois quelques difficultés à ce niveau-là.

En résumé, ce fut un livre agréable à lire malgré quelques longueurs, et si vous voulez lire et prendre connaissance d’un homme qui marqua l’histoire de l’art mais qui jamais n’aura des centaines biographies sur sa personne, ce livre est franchement pas mal. Car il a l’air plutôt bien complet.

Merci aux éditions Flammarion.

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27 novembre 2018

"Augustin" de Alexandre Duyck

Augustin de Alexandre Duyck

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Résumé :

Le 11 novembre 1918 à 5h15, la France et l’Allemagne signent l’armistice. Mais l’état-major français décide d’attendre onze heures, en ce onzième jour du onzième mois, pour que cessent les combats.
A 10h45, le soldat de première classe Augustin Trébuchon est tué.
Il est le dernier soldat français tué.
Alexandre Duyck a fouillé les archives militaires et civiles, retrouvé tout ce qu’on pouvait savoir sur ce  berger devenu soldat et imaginé le reste  : les pensées de cet homme courageux, observateur, taiseux, blessé deux fois, qui fut de tous les combats, ne prit en 4 ans qu’une seule permission et obéi aux ordres jusqu’au bout.

Mon avis :

On imagine les guerres avec la mort en masse, la mort par milliers. On n’imagine jamais ou difficilement le dernier mort, les derniers morts, qui meurent un peu solitairement, qui meurent à l’écart de la tuerie de masse. C’est pourtant une réalité de la guerre, le dernier mort et même ces derniers morts qui ne sont pas passés loin de la vie. Ces derniers morts qui rendent la victoire plus amère. A ces derniers morts et le temps d’un roman, Alexandre Duyck va rendre leur vie, va rendre leurs rêves vains.

Il va être difficile pour moi de vous parler de ce bouquin, car je ressors de ce livre ni émue, ni bouleversée, ni étonnée, ni en colère, car rien n’est plus bête et n’est plus vrai que les rêves, les traumatismes, les silences d’un homme... Cela ne veut pas dire que j’ai été insensible à ce livre et qu’il est nul, loin de là il est excellent, mais la guerre déshumanise et déniaise tellement, que j'avoue avoir vu et vécu ce livre à cette manière, comme si même l’auteur cherchait à mettre cela en avant, bien avant le reste. Certes, l’émotion n’est pas tout à fait absente non plus, il y quelques petites phrases qui la dévoilent, mais le livre est raconté tellement de manière froide, lucide, historique, que l’émotion passe à travers. On ne s’y attarde pas et on regarde le reste : l’absurdité des ordres qui tiennent la vie d’un homme ; la violence ; l’innocence et l’honneur d’un homme ; la tuerie ; le jugement des hommes entre eux, comme celui de l’intellectuel face aux paysans.

Ces derniers points étaient d’ailleurs très bien abordés, et c’était même agréable de les voir aborder, car ils font - tout comme l’éducation anti-allemande - intégralement parties de l’époque et de cette guerre. Bien sûr, il faut nuancer cette approche catégorique qui met en avant la tuerie de masse des paysans et le mépris social, les deux dépendent des régions et des personnes, et je ne pense pas que l’on puisse affirmer que l’incompréhension entre les hommes soit du mépris social. Toutefois, cela n’empêche en rien la réalité du propos, et ça ne fait que conforter la réalité historique du livre prouvant ainsi le sérieux de l’auteur.
Enfin, sur le point historique toujours, j’ai aussi énormément apprécié le fait que l'auteur aborde d’autres points, comme l’inadaptation de l’équipement français dans cette guerre ou encore l’histoire des mentalités qui fut abordée via les soldats et les villageois.

Enfin et pour finir, les autres atouts du livre que j’ai apprécié, c’est cette critique des grands hommes de l’époque et des officiers (qui ont eu des idées fixes stupides comme Floch avec son chiffre 11), ainsi que le fait que l’auteur ne s’attardent pas seulement sur Augustin Trébuchon, mais parle des autres morts, des derniers vivants, des derniers personnages, des derniers combats. Jusqu’au bout la boucherie, jusqu’au bout tuer.

En résumé et même si l’émotion était absente de cette lecture, je l’ai énormément aimé par le fait qu’elle aborde l’histoire et les mentalités de l’époque. A lire, pour se plonger dans la guerre.

 

Extraits :

"Un premier avis, rédigé, sur le moment même, a fait décéder Augustin le 13 novembre 1918, suite à ses blessures. Puis un deuxième a raccourci la vie du soldat de trois jours, finalement mort pour la France le 10 novembre 1918, date que l’on a gravée sur la trentaine de tombes, dont la sienne. « Il n’était tout simplement pas possible de mourir pour la France le jour de l’armistice, le jour de la victoire », écrira Charles de Berterèche de Menditte, officier d’infanterie dans ses Souvenirs de la guerre 1914-1918."

"Delalucque retournerait en Normandie, il y serait ouvrier agricole puis clochard, vivant tantôt dans un hangar, tantôt à la rue. On dit que c’est sa compagne qui l’a tué quelques années plus tard à coups de couteau. Personne ne se souviendra qu’il a sonné, le 11 novembre 1918 à 11 heures, sur le dernier champ de bataille français de la Première Guerre mondiale, le clairon annonçant la fin de la Grande Guerre. On l’oublie tellement que ce n’est pas même son clairon qui trône dans les vitrines du musée de l’Armée à paris : c’est celui du soldat Pierre Sellier, originaire de Belfort qui fut chargé, le 7 novembre au soir, de sonner le cessez-le-feu pour permettre aux plénipotentiaires allemands chargés de négocier l’armistice de traverser les lignes françaises à Haudroy dans l’Aisne"


13 octobre 2018

"Concours pour le Paradis" de Clélia Renucci

Concours pour le Paradis de Clélia Renucci

Source: Externe

Résumé :

« Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. »

Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.

Mon avis :

« Les artistes ne sont que les marionnettes du pouvoir, interchangeables tant qu’un nom ne vient pas légitimer les œuvres qu’ils réalisent. »

Le Palais des Doges brûle, la salle du Conseil symbole du pouvoir vénitien et de sa politique, n’est plus que ruine fumante. En cette année 1577, Venise se réveille stupéfaite et le Paradis est mort ! Brûlé par la fournaise, il n’en reste qu’un tas de cendre. Tout est à reconstruire pour le triomphe de Venise, tout est à redécorer. Tout n’est donc pas perdu pour tout le monde. Les artistes y trouveront leur compte. Mais pour l’apothéose de la salle qui est cet espace vide derrière l’estrade des doges, un concours désignera celui qui aura le privilège de peindre cet immense espace.
Ce livre, nous raconte cette histoire. Personnages, peintres, religion et politique, ici tout se croise et se mêle, et c’est une plongée dans la Venise du 16ème siècle que nous offre Clélia Renucci.

Avec beaucoup d’érudition et un peu d’imagination, elle va donc nous raconter la technique des peintres, les difficultés de l’exécution du Paradis et l’impossible entente entre les peintres accomplis et les « petits jeunes ». Elle va narrer aussi cette compétition entre peintres, et les appuis qu’ils ont au sein du gouvernement, permettant ainsi d’aborder que l’idée et l’originalité ne sont pas toujours la clé pour la commande. (Même si l’originalité n’est pas trop de mise en cette époque du Concile de Trente qui doit permettre de renforcer l'Église face aux hérésies profanes et religieuses.)
Bref ! Clélia Renucci, va donc aborder dans ce livre le système du mécénat, ainsi que la vie des peintres. Elle va aborder par ailleurs, cette Venise des passions et des caractères, ainsi que les tensions religieuses et politiques.

Toutefois si c’est un roman artistique intéressant à suivre, d’un point de vue narratif ce n’est pas la joie. En effet, si j'ai réellement apprécié le côté réel où j'apprends des choses, je n'ai que moyennement apprécié l'écriture, vu qu'il n’y a pas cette passion romanesque de vouloir raconter les choses en beau et en grand, alors que Venise s’y prête largement. Pour moi, ça reste trop instructif, trop solennel, trop didactique pour être un roman au pouvoir accaparant. Et pour tout dire, après lecture de ce livre, j'ai eu l'impression qu'il y avait plus une volonté de recherche et de partager les connaissances, que d'écrire un roman. Alors qu’il y a pourtant du roman dans ces pages, allez comprendre !

En fin de compte, c’est à lire pour la connaissance, mais pas pour l’histoire romancée, niveau écriture ça manque trop d'étincelle.

 

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.

31 août 2018

"Mes 150 pourquoi : les animaux" de Emmanuel Trédez & Stéphane Nicolet

Mes 150 pourquoi : les animaux de Emmanuel Trédez & Stéphane Nicolet

Mes 150 pourquoi les animaux

Résumé :

Les animaux sont fascinants et suscitent de nombreuses questions.

Pourquoi le CASTOR construit-il des barrages ?
Pourquoi le FLAMANT ROSE est-il rose ?
Pourquoi les SERPENTS sortent-ils leur langue ?
Pourquoi l’ABEILLE meurt-elle après avoir piqué ?

Ouvre vite ton livre pour le savoir !

Mon avis :

Sur le livre il est écrit à partir de 7 ans, pour être honnête l’éditeur aurait pu écrire de 7 à 77 ans. Sans rire, car malgré l’âge de mes artères (bon OK je suis juste une demi-vieille) j’ai appris moi aussi des choses en lisant ce petit livre, et en plus sur des questions que je ne me suis jamais posée. Honte à moi !

D’accord pour les gens de 77 ans et un peu moins, ce livre n’est pas exhaustif, j’exagère donc un peu quand je dis que l’éditeur pouvait aller jusqu’à 77 ans, toutefois je n’exagère pas quand je dis que ce livre est réellement intéressant et fait apprendre des choses aux enfants en les présentant de manière simple et rapide, avec une mise en page aérée. Ce qui me semble idéal pour un jeune enfant qui vient d'apprendre à lire.
Le seul reproche que je peux vraiment lui trouver, c’est le fait qu’il n’y ait pas des illustrations pour toutes les questions et le fait que les dessins ne me semblent pas toujours parlant, notamment pour les animaux moins courants où je pense vraiment que des photos auraient été mieux que des dessins. Mais à part cela, tout est parfait et je n'ai rien à dire de plus en négatif, à part que pour certaines bêtes, ça aurait été bien de ne pas mettre d'image du tout ; serpent, scorpion, araignée, je m’en serais passée, d’ailleurs je me suis passée des pages (j’ai assez de ces bêtes chez-moi), heureusement il n'y en avait que 4. ^^

En résumé, ce livre est excellent pour les enfants, peut-être même qu’il ouvrira quelques vocations ou passions chez les jeunes enfants, car c’est riche de renseignement, accessible et joliment présenté. Et si le livre sur le corps humain est présenté de la même manière, je pense que ça vaut le coup d'oeil aussi, avis aux parents ou au reste de la famille.

Merci aux éditions Flammarion jeunesse.
Collection Père Castor.

27 août 2018

"K.O" de Hector Mathis

K.O de Hector Mathis

KO hector Mathis

Résumé :

Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d’ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante...
Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone - « la grisâtre », le pays natal de Sitam. C’est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l’Europe et la précarité...
Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d’un sentiment d’urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l’amitié et l’errance. Il s’y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.

Mon avis :

Hector Mathis joue de l’écriture comme de la musique.

Des syllabes, des mots, qui font les notes et les résonances.
Avant d’être une histoire, ce livre est une écriture, une partition au rythme saccadé, tourmenté, poétique, qui comporte quelques notes tragi-comiques.
Avant d’être une histoire ce livre est une musique.
Sans nul doute l’auteur manie la plume avec brio. Trop sans doute… car souvent je suis restée devant ma page à relire une phrase, un passage qui me plaisait, plutôt que de penser à continuer à lire l’histoire.
Une histoire finalement bien pâlotte, peu importante, qui a glissé sur moi comme l'eau sur un rocher, et ceci même si elle a son intérêt en étant un éloge à la vie, où coup bas et coup d'éclat se répondent.
A côté les personnages sont eux-mêmes peu marquants. Certes, ils sont sympas, agréables, simples, ce sont des gens de tous les jours, mais ayant été hypnotisée par l’écriture je ne peux en dire plus. A part, finalement, que je suis passée à côté de ce court roman.

Finalement ce qui m’a le plus plu, c’est l’écriture profonde et poétique, c’est certaines phrases dans l’action, mais pas tant l’histoire, et je retiendrai de ce livre cela.

Merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel.

Extraits :

"C'est drôle comme on apprend de la vie aux côtés des malades, de la marche auprès d'hémiplégiques, et de la langue auprès des étrangers. On comprend toujours par l'absence, c'est une histoire de maths ça, les scientifiques connaissent, on ne découvre pas x en le tournant dans tous les sens, mais en le faisant jouer de son absence."

"Les sentiments provoqués c'est dégueulasse. Ce n'est pas que je ne suis jamais ému, il ne faudrait pas me faire passer pour un grossier, mais c'est qu'autant de volonté à s'émouvoir ça me dépasse ! La pudeur c'est la délicatesse des grands sensibles, aujourd'hui tout le monde court à l'émotion, c'est la grande bourse des sensibleries et les enchères n'en finissent plus... Les autres ils disent tout ce qui les émeut avant que ça soit fini. Ils gâchent même leur Saint-Graal parce que le dernier plaisir à la mode c'est d'être ému. Faut qu'ils le disent, faut que la terre le sache ! Parfois même ils se forcent, comme s'il s'agissait de course à pied."

"Parfois je regardais dehors, j'essayais d'y voir le visage de l'Occident. Comme si j'allais découvrir la vérité de ce temps en scrutant les boulevards. Comme s'il y avait autre chose que la mort à deviner. Les gens traversaient la place, abondaient dans les boutiques. Elle n'avait pas l'air grande, elle n'avait pas l'air fière, la foule. Une société qu'ils appelaient ça les spécialistes, une civilisation, même quand ils avaient le goût des cathédrales. Cette civilisation plus personnes ne l'aimait j'avais l'impression, n'empêche que tout le monde y barbotait finalement. J'avais le sentiment que les décennies à venir étaient une sorte de préparation au repos, parce qu'elle était sénile, notre civilisation, plus du tout redoutable tellement elle pensait peu. Elle avait une démarche de malade !"

15 juin 2018

"Damalis" de Marie Barthelet

Damalis de Marie Barthelet

damalis

Résumé :

VIIe siècle avant Jésus-Christ. Fils de chef promis à un avenir glorieux, un jeune Thrace perd soudain tous les siens dans un véritable massacre. Il est alors vendu comme esclave à une famille d'aristocrates grecs. Une vie qu'il n'aurait jamais dû vivre et qu'il n'aurait jamais imaginée, commence pour lui... Damalis, deuxième roman de Marie Barthelet, est une véritable épopée. Aventure, fureur et passion sont au rendez-vous. Marie Barthelet est animatrice du patrimoine et responsable du musée de la Charité-sur-Loire. Ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

Mon avis :

Damalis, c’est une histoire d’esclave, de plusieurs amours, de politique, d’évolution, de complot… C’est aussi une histoire qui se déroule sur plusieurs années. Sans surprise cela vous annonce un pavé en perspective, un gros pavé de plus de 600 pages, où l’autrice va prendre son temps pour narrer l’aventure. Oh ! Ce n’est pas lent, les scènes, les péripéties s’enchaînent à une allure normale, mais faut avouer que le début est long et j’ai eu du mal à accrocher. Mais une fois passé le début, c’est-à-dire la capture et la vente de Damalis, tout va pour le mieux ensuite, car le monde du roman s’agrandit enfin ! S’agrandit, par l’approche politique de la cité et de la guerre, par l’apprentissage de Damalis, par les rencontres, etc., ce qui nous permet par la même occasion de voir différentes facettes de la vie dans une cité grecque. Alors on ne voit pas tout, et parfois c’est très rapide, mais on aborde tout de même la vie religieuse, les mœurs amoureuses, le commerce, les hétaïres… dans la Grèce antique.
Cela étant, tout n’est pas traité de manière  superficiel, en effet la condition d’esclave est par exemple très bien développée. Et c’est même le meilleur sujet développé, car l’autrice va bien mettre en avant qu’un esclave peut avoir une place excellente dans une maison, et parfois meilleure que celle des hommes libres ou des autres membres de l’oikos, et ce même si les maîtres ont le droit de vie et de mort sur ces derniers. De plus elle ne raconte pas que les bons côtés, en effet elle parle des châtiments corporels, de la soumission, de tout ce qui est déplaisant. A tout cela s’ajoute aussi l’étonnant, puisque les esclaves tissaient des liens affectifs avec leur maîtres. Un fait pas si étonnant en fait, vu qu’ils ne leur restaient rien à part cette condition et leur famille, même si parfois ils rêvaient peut-être d’autre chose. En fait pour moi ce livre est avant tout le reste, un excellent livre sur la condition d’esclave dans la Grèce antique. Bon, ce n’est pas un livre d’histoire mais c’est quand même une approche raisonnable, en tout cas je trouve, et pour ça il vaut le coup d’œil.

Au-delà de ce sujet d'esclave, je n’ai pas vraiment grand-chose à dire sur ce bouquin. C’est un livre qui se lit très bien passé la première partie, il donne à voir divers sentiments et diverses situations où on voit les personnages évoluer. Il y a de la tension avec cette histoire de guerre et de trahison, il y a de l’incompréhension entre les personnages et donc des actions en fonction de cela. Bref ! Il y a vraiment de tout, et on remarque que l’autrice a bien su rebondir sur un fait, une parole, pour donner de la suite à son histoire, par exemple avec Iros qui comprend que l’esclavage c’est le sort des vaincus.

Bref ! Comme vous le devinez, c’est vraiment un roman construit et mûrement réfléchit, même si ce n’est pas le roman du siècle parce que ben tout ne m’a pas plu, la première partie est longue et certaines histoires comme celle de Nikanor me passait au-dessus de la tête (et fait exprès elle revenait souvent sur la table). Pour autant, c’est un roman qui vaut le détour parce qu’il aborde l’histoire grecque intime, celle de la population et surtout celle d’un esclave. Certes, c’est romancé, mais tout n’est pas éloigné de la réalité, voilà pourquoi il mérite sa chance.

Merci Babelio et Buchet-Chastel.

 

29 mai 2018

"Le cas zéro" de Sarah Barukh

Le cas zéro de Sarah Barukh

Source: Externe

Résumé :

Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la  terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.

Mon avis :

Je pensais que c’était un premier roman, mais en fait ce n’est pas le cas. Je me suis faite cette réflexion car j’ai trouvé ce livre vraiment pas mal pour un premier roman, mais comme ce n’est pas un premier ceci s’explique sûrement grâce à ça.
Bref ! Comme vous le voyez à cette intro un peu bizarre, cette lecture me fut agréable dans l’ensemble. Cette enquête médicale faite par un médecin, qui dose à merveille les règles du genre, se boit comme du petit lait de manière générale ; il y a du suspense, du chantage, des menaces, de l’exclusion, un accident... en clair tout ce qu’il faut pour un bon roman qui pourtant ne comporte pas tant de suspense que ça. Néanmoins et comme on peut en avoir avec le lait, il peut y avoir quelques problèmes digestifs, ça peut peser lourd sur l’estomac… Et dans mon cas, tout ce qui concerne les à côté de l’histoire principale, étaient très lourds à lire. C’était très intéressants, parfois très émouvants, mais ils alourdissaient le livre énormément.
Certes c’est un excellent moyen pour donner de la profondeur à l’histoire, aux personnages, pour en faire découvrir d’autres et élargir le propos, et ça aurait pu être parfait malgré les petites répétitions. Mais, ça aurait pu être parfait, si… si à côté de ça l’investissement du docteur Laurent n’avait pas été exagéré pour un unique patient.
En effet, le livre aurait pu être parfait, car il mélange les codes du genre assez savamment et parce qu’il retranscrit assez bien les sentiments qu’inspiraient le sida à l’époque, à savoir l’incompréhension et la peur ; mais l’acharnement du Docteur Valensi à vouloir sauver un patient comme si rien d’autre ne comptait ou n’existait à côté, faut pas exagérer ça perd en crédibilité. Et faut encore moins exagérer avec un karma de merde, où le monde s’effondre et s’acharne sur un seul homme en l’espace de même pas 48 heures. Oui d’accord, ce court laps de temps complètement moisi rajoute de la tension, mais quand même, j’avais l’impression que pour un service surchargé le docteur Valensi n’avait qu’un patient au monde, et j’avais en plus l’impression que le mec n’était pas né pour la chance. (Avec autant de mouise en 48 heures, ma positon se comprend.) Et que dire des journées qui donnent l'impression de durer 50H et non 24H… Bref ! C'était parfois un peu exagéré.
Pour autant c’était un très bon livre et je l’ai lu avec intérêt dans l'ensemble.

En résumé, j'ai apprécié la manière dont le sida est abordé, cette peur et incompréhension des soignants qui ne savaient encore rien sur le mode de transmission et ne savaient pas quoi faire pour soigner, mais à côté j'ai moins bien aimé, ce côté de l’exclusivité du patient et tout ce qui va avec niveau acharnement et situation WTF, sans parler de la légende des essais cliniques et des apprentis sorciers. Mais malgré ces défauts, c’est un livre que je conseille parce que c'est réellement un bon moment de lecture.

Merci Babelio et Albin Michel.

Posté par Florell à 14:02 - Livre policier, thriller - Commentaires [0] - Permalien [#]
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