Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

04 octobre 2018

"Les enquêtes de Clem : la mystérieuse Mrs Walton" de C. Kalengula & M. Gribouille

Les enquêtes de Clem : la mystérieuse Mrs Walton de C. Kalengula & M. Gribouille

 Source: Externe

Résumé :

Derrière son chignon impeccable et ses belles manières, Mrs Walton, la nouvelle hôte de la famille Neuville, semble cacher quelque chose.
Qu’est-elle vraiment venue faire au hameau?
Clémentine et ses cousins sont bien décidés à le découvrir!

Entre Clémentine et ses cousins, aucun indice ne laisse suspecter le lien familial. Mais quand il s'agit de mener l'enquête, leur complicité n'est plus à prouver!

Mon avis :

Clémentine emménage avec sa mère dans le hameau de feu ses grands-parents, avec ses cousins, tantes... Objectif : sauver le hameau en faisant des chambres d'hôtes. Cela fonctionne assez vite car une dame très chic loue une chambre. Toutefois, très vite cette dame a un comportement étrange qui titille la curiosité des enfants, les voilà donc partis pour jouer les apprentis détectives.

Ma première impression à la lecture de ce livre est plutôt agréable. La lecture est rapide et aérée, et les personnages résonnent bien avec notre époque. Ils aiment la technologie, vivent des tensions avec leur parents, sont de famille recomposée... Autre bon point pour un jeune enfant, c'est l'accessibilité du texte, aucun mot compliqué ou situation alambiquée, tout est clair et simple, ce qui facilitera la concentration des enfants.

Cependant, ma deuxième impression est un peu moins bonne. En effet, si le dernier point est un atout, c'est aussi une faiblesse pour les enfants qui peuvent en demander un peu plus. En effet, la simplicité du livre et son côté un peu gentillet, pourraient je pense rebuter les enfants qui aiment un peu plus l'action et les situations compliquées. Ceci fait, que je ne le conseillerai pas à ces enfants qui seraient habitués à lire des choses plus consistantes, plus sombres, mais toutefois je le conseillerai sans hésiter aux enfants un peu paresseux à la lecture ou vites impressionnables (si jamais ça existe encore).

En fait, à bien regarder, je pense que le problème ce n'est pas tant le livre, mais plutôt la tranche d'âge recommandé par l'éditeur, pour moi 8 ans c'est l'âge maximum et non minimum.

En résumé, c'est une lecture sympa pour les enfants, les mots sont simples et les situations aussi, mais si votre enfant aime la collection Chair de poule, les romans policiers pour enfants plus consistant je ne vous conseille pas ce livre car vous allez faire un déçu.

Merci aux éditions Flammarion Jeunesse, collection Père-Castor.


28 septembre 2018

"Carnaval noir" de Metin Arditi

Carnaval noir de Metin Arditi

Résultat de recherche d'images pour ""Carnaval noir" de Metin Arditi"

Résumé :

Janvier 2016 : une jeune étudiante à l'université de Venise est retrouvée noyée dans la lagune. C'est, le début d'une série d'assassinats dont on ne comprend pas le motif. Elle consacrait une thèse à l'une des principales confréries du XVIe siècle, qui avait été la cible d'une série de crimes durant le carnaval de Venise en 1575, baptisé par les historiens "Carnaval noir"... Cinq siècles plus tard, les mêmes obscurantistes qui croyaient faire le bien en semant la terreur seraient-ils toujours actifs ? Bénédict Hugues, professeur de latin à l'université de Genève, parviendra-t-il à déjouer une machination ourdie par l'alliance contre-nature d'un groupuscule d'extrême droite de la Curie romaine et de mercenaires de Daech, visant à éliminer un pape jugé trop bienveillant à l'égard des migrants ? A croire que l'Histoire se répète éternellement, que le combat entre le fanatisme et la raison n'en finit jamais, et que la folie des hommes est sans limite... Dans ce roman riche de suspense, de passion et de savoir, Metin Arditi se révèle, une fois encore, un conteur exceptionnel.

Mon avis :

C’est une histoire historico-policière qui a pour but de sauver la papauté et l’Europe endormie. Pour les moyens, une alliance entre islamistes et chrétiens intégristes doivent permettre d’arriver au but.
Comment vous dire que j’ai eu l’impression de lire un mauvais Dan Brown ? Et Dan Brown n’est pas le genre d’auteur à avoir beaucoup de talent dans son genre, excepté Anges & Démons.

Bon d’accord, le livre n’est pas entièrement mauvais, mais il sent quand même le réchauffé et le récit est en lui-même très inégal. Il alterne en effet longueurs (les personnages sont trop décrits) et passages intéressants. Pour faire simple, disons que ça a été pour moi une lecture en dent de scie, tantôt j’accrochais, tantôt j’avais envie de fermer le livre parce que c’était long, parce que je n’y croyais pas.

Je disais plus haut de Dan Brown qu’il n’avait pas beaucoup de talent, mais qu’on aime ou pas, on ne peut pas nier qu’il maîtrise à peu près selon ses bouquins l’art de faire croire, et dans ce livre cet art est absent. Effectivement, je n’y ai pas cru un seul instant car ce n’est pas raconté avec fougue, avec passion, avec suspense, avec cette sorte de fausse érudition et de pression qui fait qu’on peut y croire. Par ailleurs, je n’imagine pas les chrétiens s’allier avec des musulmans pour tuer le Pape dans un attentat dans la cité du Vatican. Le bâtiment a trop de valeur et les chrétiens aiment l’art.
Finalement, le seul point réellement inquiétant et intéressant du bouquin, c’était l’islamisme. C’est en effet le seul point où l’auteur s’est montré assez convainquant, vu que la menace est réelle et que l'islamisme a encore des beaux jours dans cette Europe endormie.

En résumé c’était une lecture inégale, tantôt on n’accroche, tantôt pas. Le livre n’est pas mauvais, mais pas inoubliable pour autant. Il est trop inégale. Quant à moi, j’espère que les autres livres de cet auteur qui m’attendent me plairont d’avantage.

 

Editions Grasset.

Posté par Florell à 13:33 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

19 septembre 2018

"Les fantômes du passé" de Gaëlle Perrin-Guillet

Les fantômes du passé de Gaëlle Perrin-Guillet

Les fantômes du passé de Gaëlle Perrin Guillet

Résumé :

ondres, 1893  : une calèche explose, tuant sur le coup un notable. La police est désemparée, d’autant que le meilleur inspecteur de la ville, Henry Wilkes, a rendu son insigne. Aux prises avec ses démons intérieurs, il dépérit sous le regard inquiet de son fidèle Billy, le gamin des rues qu’il a recueilli.

Mais quand le «  meurtre de la calèche  » prend une autre dimension, Henry ne peut rien faire d’autre que reprendre du service. En effet, tous les indices désignent un coupable  : Gareth, le propre frère d’Henry… mort des années plus tôt  ! Est-ce une machination  ? Ou bien son frère serait-il encore vivant  ?

L’inspecteur déchu risque fort de réveiller les fantômes du passé dans cette ville où trahison et mensonges sont monnaie courante et où le danger est à chaque coin de rue…

Intrigues, menaces et complots  : une enquête dans les bas-fonds du Londres victorien.

 

Mon avis :

Dans un Londres du 19ème siècle, où riches et pauvres se côtoient, où le crime n’est jamais bien loin dans ses ruelles sombres ou lumineuses, un inspecteur à la retraite, Henry Wilkes, va devoir reprendre du service pour voir si c’est bien le fantôme de son frère qui a tué un riche patron dans une explosion.

Tentant, non ? Allons voir ça de plus près.

Pour commencer, je voudrais dire que même si l’idée du livre n’est pas folle et n’a rien d’unique, l’idée de départ est malgré tout sympathique, vu qu'elle promet quelques bons remous dans chez les personnages. Toutefois, si l'idée originelle est sympa et l'écriture aussi, je n’en ferai pas un coup de cœur comme Gérard Collard. Et ceci, même si cette ambiance londonienne du 19ème siècle me plaît énormément, et même si l’enquête ne manque pas de rebondissement et de coup bas. Le pauvre inspecteur Thomson est vraiment le mal aimé de l’histoire.

Bref ! Comme je le disais, je n’en fais pas un coup de cœur ni une lecture inoubliable malgré ses qualités, car j’ai trouvé que ce livre manquait de peps et d'originalité.
De peps, à cause de quelques longueurs et de quelques scènes sans trop d’intérêt pour moi, comme par exemple les soirées de Billy ; certes elles ne servent pas à rien, bien au contraire on aborde les workhouse et la pauvreté, mais pour moi elles ralentissent pas mal l’action. Ensuite, ça manque d'originalité, parce que il y a quand même beaucoup de référence à Sherlock Holmes notamment chez les personnages. Ce qui, quand on regarde bien, ne donne pas d’originalité propre au roman et donne même pour l’ensemble un sentiment de plagiat ou « de pas d’idée », en tout cas de déjà-vu car il n’y a pas vraiment de création ex-nihilo. En effet, les références sont particulièrement visibles, comme par exemple le coup du déguisement, le laudanum ou même la haine entre Tompson et Wilkes, qui rappellerait Lestrade/Holmes.
D’accord ça peut être une sorte d’hommage, mais là il y en a un peu trop je trouve, et il y en a tellement trop que ça fait oublier les touches personnelles que l'auteur tente de mettre chez Wilkes via son enfance et les relations avec son frère.

Toutefois, tout n'est pas du déjà-vu, le livre comporte un peu d'originalité avec Miss Pickman par exemple ou la description de la société londonienne, et franchement c'est sympa.

En résumé, ça se lit très bien quand même, malgré les longueurs et le déjà-vu, et même si ce n’est pas un livre qui m’a marqué je pense que je vais suivre ces aventures de près. Au moins voir encore une fois.

Merci aux Editions City.

 

06 avril 2018

"Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues" Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues. Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

le vrai visage du MA

Résumé :

Que la violence y ait régné sans partage, que les puissants y aient exercé une impitoyable domination sur les faibles, que la justice y ait été cruelle et expéditive, qu'une religion fanatique y ait régenté la vie des hommes, à peine tempérée par les superstitions les plus extravagantes, qu'on n'y ait eu que de très approximatives connaissances dans les domaines de la science, de la médecine ou de l'hygiène, qu'on y ait méprisé les femmes et méconnu tout ce qui était étranger aux frontières de l'Occident, pour la majorité d'entre nous, cela ne fait aucun doute : le Moyen Âge, interminable parenthèse entre les accomplissements de l'Antiquité et les merveilles de la Renaissance, est le point de référence obligé lorsqu'on veut dénigrer les temps obscurs auxquels nous avons échappé pour accéder enfin à la modernité. Autant d'idées reçues que les plus grands spécialistes français de la question contestent avec force.

Contributeurs : Dominique Barthélemy, Colette Beaune, Ziad Bou Akl, Alain Boureau, Boris Bove, Nicolas Carrier, Franck Collard, Philippe Contamine, Patrick Gautier Dalché, Danielle Jacquart, Philippe Josserand, Didier Kahn, Gabriel Martinez-Gros, Laurence Moulinier, Marilyn Nicoud, Jacques Paviot, Valérie Toureille, André Vauchez, Jacques Verger, Catherine Verna, Laurent Vissière et Nicolas Weill-Parot.

Mon avis :

J’ai mis du temps - étude oblige – mais je l’ai fini ! Et malgré le temps à le lire je peux dire que j’ai été ravie de lire ce livre. Un gros coup de cœur.

Loin du politiquement correct, de la réécriture comme des louanges, ce livre est une mine d’or d’information sur le Moyen Âge. Déjà pour les étudiants, pour ma part je trouve qu’il complète bien mes cours, ce qui est un peu logique car certains sont mes profs comme Monsieur Collard mais pour ceux qui ne sont pas mes profs ça marche aussi - et je regrette d’ailleurs que certains ne soient pas mes profs, ça aurait évité quelques catastrophes… Ensuite, il est aussi parfait pour le lecteur lambda qui veut se cultiver et sortir des clichés que l’on entend sans cesse sur l'époque médiévale habituellement vu que ce livre a pour mission de bousculer les idées reçues et qu'il temporise les ardeurs des discours.

Par ailleurs comme il est écrit par des vrais historiens ce bouquin est aussi une mine d’or sur ce qui fait le sel de ce métier, à savoir : la méthode, la vue d’ensemble, la relativisation, la déduction, la projection… Quand on lit ce livre on voit bien qu’être historien ne s’improvise pas, qu’il faut du temps et de la recherche et que ça va plus loin que répéter une liste de faits comme ça, sans réfléchir.
En effet, les faits s’analysent et comme le montre ce bouquin ça prend du temps pour les analyser et aussi les partager, d’où le fait qu’on peut franchement critiquer ces gens à la TV, à la radio, dans les journaux… qui tentent de donner des leçons d’histoire en 5 minutes et qui se veulent être exhaustifs en plus de ça - même s'ils ne sont pas tous ainsi faut bien l'admettre.
Ce genre de programme c’est très bien pour avoir une première approche, ouvrir sa curiosité, mais pour l’approfondissement et pour une bonne vue d’ensemble ça ne suffit pas, et ce livre le met particulièrement bien en lumière. Il montre vraiment que dans les discours souvent politiques (l’histoire est très politique) on fait usage de trop de raccourci et d’idée fausse qui suffisent hélas pour beaucoup de personne et de ce fait entretient les fausses légendes et facilite la déconstruction...
Outre la méthode, ce livre est aussi une bonne critique sur l’historiographie comme des discours sur l’histoire qui s’inscrivent dans un cadre politique.
Et moi, toutes ces qualités et connaissances me laissent rêveuse… J’aimerai être aussi douée que ça un jour. (Ce qui n’arrivera jamais.)

Enfin, le dernier atout de ce bouquin collectif, c’est la pluralité des thèmes abordés ; de la médecine à la ville, en passant par la femme, la science loin d'être irrationnelle contrairement à ce qu'on pense généralement, les seigneurs, l’hygiène, l’université (je ne digère toujours pas mon mauvais cours sur ce sujet), les traductions beaucoup du fait des chrétiens et des juifs dans le monde islamique, etc., etc. tout passe à la lumière de l’historien, et ceci pour le plus grand bonheur du lecteur qui veut apprendre et sortir des clichés ou compléter ses connaissances.
Le seul défaut qu’on pourrait éventuellement trouver à ce livre - et encore que pour moi ça n’est pas un défaut -, c’est la manière un peu enfantine d’aborder les pistes de réflexion sur cette période par le jeu des questions-réponses, mais personnellement je trouve que ce procédé a au moins le mérite d’être clair et de faciliter la lecture et je n’y vois rien à redire même si beaucoup ne trouveront pas cela sérieux.

En résumé, c'est un livre à lire, c'est un livre fabuleux, c'est un livre nécessaire que tout le monde doit lire. Vraiment j'insiste.

Extraits : (Difficile de choisir !)

"Parleriez-vous d'un sentiment national français au Moyen Âge ?

L'expression "sentiment national" ne se rencontre pas à l'époque. Si l'on considère que, pour qu'une idée existe, il faut qu'elle ait une expression linguistique, alors il faudrait conclure cette idée n'existe pas au Moyen Âge. Mais peut-on être aussi catégorique ? Je retiens un élément : le roi de France passe pour une incarnation de la France, indépendamment de ses qualités propres ; donc s'il est chassé, supplanté, la France elle-même est menacée dans sa survie. L'idée était admise et ancrée que le roi de France devait être un Français. Des textes produits au XIVème siècle dans l'entourage de Charles V le disent expressément, cela pour ruiner les prétentions des rois d'Angleterre, présentés comme des étrangers : "Nul de succède [à la couronne de France] qui est d'étrange pays." Christine de Pizan dit très nettement que les français ont la chance d'avoir toujours été gouvernés par des gens de chez-eux. Il y a donc bien une sorte d'identification entre le roi et ceux qui lui sont soumis dans les limites de sa souveraineté, de son ressort et de son hommage ; et d'un point de vue émotionnel, effectivement, la présence anglaise a été vécue comme une invasion suivie d'une occupation

La France existait donc bien au Moyen Âge...

Il ne paraît pas absurde, en effet, de parler de France et de Français dans les derniers siècles du Moyen Âge. C'ets dire que je suis loin de blâmer les historiens du XIXème siècle, de Michelet à Lavisse, qui ont comme on dit maintenant, crée et raconté le "roman national". Pour eux, ce n'était pas un roman, c'était un récit, composé de bonne foi. Ce n'était pas l'histoire d'un mythe, c'était l'histoire d'une réalité. Il se peut qu'ils aient surestimé tel élément et qu'ils aient volontiers retenu des textes ou des faits répondant ç leur attente et à celle de leur public, mais ils ne les ont pas inventés. Lorsque Jeanne d'Arc déclare dans sa fameuse lettre au roi d'Angleterre (mars-avril 1429) qu'elle veut le "bouter hors de toute France", il ne s'agit évidemment pas simplement de la région parisienne. Entendons-nous bien : être Français, être bon Français, à l'époque, c'est une détermination géographique, mais c'est aussi l'adhésion à la lignée des Valois. En disant tout cela j'ai l'impression de proférer de évidences, mais apparemment, cela mérite encore d'être dit." Pages 20-21. Historien : Franck Collard.

"Selon une idée générale très répandue, dans les médias, dans la classe politique, parfois dans les manuels scolaires, il y aurait eu au coeur de ces conflits de civilisation une oasis de paix et de tolérance : al-Andalus.

Jacques Berque a écrit un livre pour tenter de rapprocher les deux rives de la Méditerranée, un de ses derniers, qui s'intitule Andalousies. Comme se ce mot magique suffisait, un peu comme la lecture d'Avérroès, à rapprocher les civilisations. C'est malheureusement totalement faux. Ce qu'on présente comme la tolérance andalouse, c'est la tolérance du monde islamique à l'égard des religions qui ne sont pas l'islam mais qui font partie des "religions du livre" citées dans la Coran ; cependant, cette tolérance, la dhimma, implique une forme de soumission, un statut d'infériorité. Ce qu'on mesure mal dans notre civilisation moderne, où la tolérance date de la fin du 17ème siècle, c'est que, lorsque la tolérance s'est exercée dans le monde ancien, y compris dans l'Empire romain, mais surtout dans le monde islamique, elle ne signifiait jamais l'égalité. Au contraire, la condition de la tolérance est l'inégalité. En d'autres termes, vous tolérez un inférieur,celui qui vous prête son concours, qui vous donne ses impôts, son travail. [...]" Pages 79-80. Historien : Gabriel Martinez-Gros.

"Récemment encore, un journaliste me disait : "il y a encore des gens pour dire que le jihad, c'est la guerre sainte, alors que tout le monde devrait savoir que c'est un combat intérieur ; le jihad comme la guerre sainte, cela n'a jamais existé, cela a été inventé de toute pièce par les Européens..."
C'est évidemment lui qui se trompait. Dans la revue L'Histoire, à chaque fois qu'il est question d'un article sur l'islam, on me demande de préciser ce qu'est le jihad, et à chaque fois je suis obligé de réécrire les mêmes 3 lignes donnant la définition banale mais juste. Eh oui, le jihad c'est la guerre sainte ou légale."

20 mars 2018

"Charles VIII" de Didier le Fur

Charles VIII de Didier le Fur

Source: Externe

Résumé :

Moins prestigieux que son père Louis XI ou que son épouse Anne de Bretagne, Charles VIII  est généralement considéré comme un prince sans intérêt. Didier Le Fur démontre qu'il eut au contraire un rôle capital en sachant conclure la reconstruction de la France ruinée par la guerre de Cent Ans et mener vers l'Italie une politique que ses successeurs François Ier et Henri II s'employèrent  à prolonger.

Couronné à l'âge de 13 ans en 1484, accueilli par la population comme un espoir après le règne tyrannique de son père Louis XI, Charles VIII fut d'abord un prince-enfant, enjeu d'un pouvoir qu'il n'exerçait pas et que se disputaient les diverses factions en œuvre autour de lui : le parti des princes mené par Louis d'Orléans, et le parti Beaujeu, qui finira par l'emporter.

L'arrestation du duc d'Orléans en juillet 1488, la mort de François II duc de Bretagne en septembre de la même année et la fin de la guerre de succession en Bretagne en 1491 conclurent cette période au bénéfice du jeune roi. Dès lors, le pouvoir est entre ses mains. En épousant Anne de Bretagne, fille de François II, il rétablit la paix dans le pays et fit de la France le plus riche et le plus puissant royaume de la chrétienté. A 24 ans, reprenant à son compte un projet offert à Louis XI et inabouti, il entreprend la conquête du royaume de Naples. Ses premiers succès sont éclatants, mais brutalement interrompus par sa mort prématurée, à 27 ans, en 1498. Didier Le Fur porte un regard nouveau et original sur ce roi au destin fulgurant, et sur son règne d'une particulière richesse, fondateur d'une ère de prestige pour la France, qu'on appellera Renaissance.

Docteur en histoire, Didier Le Fur a récemment publié chez Perrin : Louis XII, un autre César et Marignan.

Mon avis express :

Très intéressant, plus facile à lire que celui sur Diane de Poitiers, mais parfois un peu fastidieux et tout particulièrement les entrées dans les villes très expliquées. Sinon, j'ai bien aimé voir les décisions politiques, les rapports avec les Beaujeu et Orléans (futur Louis XII), la personnalité de ce roi, mais parfois c'était très long dans le détail (entrée et guerre d'Italie). Je n'en demandais pas autant pour mon cours.
Enfin, maintenant je visualise mieux l'histoire du duché de Bretagne, les rapports avec Louis XII, et les débuts de son règne. Le plus important pour mon cours.

Posté par Florell à 11:42 - Biographie - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

27 janvier 2018

"Victor Hugo vient de mourir" de Judith Perrignon

Victor Hugo vient de mourir de Judith Perrignon

victor hugo

 

Résumé :

Vibrez de la ferveur et de la fureur de Paris, vivez les funérailles de l'Immortel.

Le poète vient de rendre son dernier souffle et, déjà, la nouvelle court les rues, entre dans les boutiques, les ateliers, les bureaux. Paris est pris de fièvre. Chacun veut rendre un dernier hommage et participer aux obsèques nationales qui mèneront l'Immortel au Panthéon. Deux millions de personnes se presseront sur le parcours du corbillard en ce jour de funérailles intense et inoubliable.
D'un événement historique et en tout point exceptionnel naît un texte intime et épique où tout est vrai, tout est roman.

Cet ouvrage a reçu le prix Révélation de la SGDL et le prix Tour Montparnasse.

Mon avis :

Voilà plusieurs semaines que j'ai fini ce livre sans savoir quoi raconter dessus, mais puisqu'il faut que j'écrive quelque chose dessus, faisons mais faisons court !

Alors ce livre parle du moment de la mort de Victor Hugo à son "enterrement" au Panthéon anciennement église Sainte Geneviève.  Il retrace l'agitation et les attentes autour de la mort du grand homme, celle du peuple, des ouvriers, des simples, mais aussi celle de la police qui craint anarchistes et autres agitateurs.
Il parle aussi du bal des hypocrites qui se serviront des idées de Victor Hugo pour en faire un grand homme, et qu'importe s'ils ne les soutiennent pas, ils arriveront peut-être à en faire un homme à eux.

Ce livre c'est aussi la vie d'un bâtiment, le Panthéon. C'est la fin d'une église au nom de la sainte de Paris et le véritable début de ce monument aux Hommes et Femmes de la Patrie. La victoire de la République sur l'Eglise. Et bien que le christianisme ne soit pas entièrement effacé du bâtiment, ces pages représentent aussi toute l'agitation entre ces deux états que Judith Perrignon dépeint avec beaucoup de réalisme.

Par conséquent et par ces agitations diverses, Judith Perrignon raconte une certaine mentalité de l'époque, une certaine attente, une certaine envie d'être pris en compte, tout ça avec un brin de poésie un peu populaire et un peu d'histoire, mais si ce tableau semble idyllique Victor Hugo n'en finit pas de mourir et d'être inhumé. Ca traîne, ça traîne, ça traîne trop.

Merci à Lecteur.com.

Posté par Florell à 12:23 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

05 octobre 2017

"Servir le roi : vie et mort des Maréchaux de France au XVIIIème s." de Simon Surreaux

Servir le roi : vie et mort des Maréchaux de France au XVIIIème siècle de Simon Surreaux

vie et mort maréchaux france

Résumé :

Dans la France des Lumières, être maréchal, c'est avoir reçu la dignité la plus importante de la hiérarchie militaire. Grands officiers de la Couronne, appartenant à l'ordre nobiliaire, les maréchaux sont des hommes de guerre qui doivent tenir leur rang, en temps de paix comme sur le champ de bataille. Cette obligation se manifeste par un train de vie spécifique : importante domesticité, religiosité démonstrative, dépenses somptuaires destinées à affirmer la puissance du lignage et à exprimer sa supériorité sociale. Autant de comportements et de préoccupations témoignant d'une réelle conscience de classe. En dépassant l'histoire glorieuse pour se concentrer sur l'intime et le domaine du privé, cette étude permet d'entrer dans l'intimité des membres de cette élite, de comprendre la réalité de leur quotidien et de mieux cerner leurs mentalités. Pour la première fois, les moeurs et les représentations de cet univers nobiliaire sont analysées de l'intérieur, grâce à des archives jusqu'alors inexplorées.

Mon avis :

Simon Surreaux a fait sa thèse sur les Maréchaux de France, c’est donc tout naturellement qu’il en fait partager les résultats au plus grand nombre via ce livre.

Personnellement, j’ai tout d’abord apprécié ce livre car il donne un aperçu des esprits du 18ème siècle notamment sur la déchristianisation des esprits et l’intériorisation de la foi, qui se manifestent par l’absence ou la présence de formule rituelle sur le testament, les prières et messes aux défunts commandées ou encore par les funérailles, qui éclairent accessoirement sur la personnalité humble ou « clinquante » des maréchaux.
A côté de cela, j’ai apprécié aussi découvrir un peu plus le monde des maréchaux ; l’évolution de la récompense, comment on le devient, ou encore ses « scandales », etc…

Mais outre l’aspect public du personnage, l’auteur nous donne à (re)découvrir aussi les liens qui unit un maître à ses serviteurs, et même des serviteurs aux serviteurs, il est en effet pas rare de voir un jardinier épouser la cuisinière du couple par exemple. L'intérêt de cette approche privée, c'est qu'elle permet de voir comment ces derniers étaient traités par leurs maîtres, et de comprendre les liens qui les unissaient à ces derniers. Liens que l'auteur met en avant et éclaire par les testaments. En effet, derrières les testaments aux formules convenues, l'auteur nous fait comprendre qu'un lien entre un maître et un serviteur, se mesure à la récompense au décès du supérieur ; ceci peut être une pension viagère, une aide pour apprendre un métier ou autre.

Bref ! Par ces points et d'autres dont je n’ai pas parlé, l’auteur nous donne à découvrir la mentalité d’une époque arrivée à un point de rupture ( il y a vraiment un basculement des esprits dans la population au 18ème siècle ), et et d’une « profession » en particulier. Ce qui est fort appréciable. Cela étant je ne vois pas pourquoi un lecteur lambda irait lire ce livre. Je le conseille avec sincérité surtout qu’il est accessible à tout le monde, mais à part des étudiants en histoire (et encore) et des profs d’histoire ça pourrait intéresser qui ? Mais si la question vous intéresse ou le 18ème siècle d’une manière générale, n’hésitez pas, ce chemin en vaut bien un autre.

Merci aux éditions Vendémiaire.

28 juillet 2017

"Une aventure monumentale" de Olivier Dutaillis

Une aventure monumentale de Olivier Dutaillis

Source: Externe

Résumé :

Qui aurait pu imaginer que cette élégante touriste anglaise visitant les sites historiques de la France était une pilleuse de trésors ? Dans les années 1830, la séduisante Emily Dingham écume nos provinces pour faire main basse sur les chefs-d'oeuvre laissés à l'abandon qu'elle revend à prix d'or à Londres. La belle aventurière séduit des adversaires d'envergure : le jeune écrivain Prosper Mérimée, fraîchement nommé inspecteur général des Monuments historiques et chargé de sauvegarder les oeuvres qu'elle pille, l'architecte Viollet-le-Duc, et même, le bouillant Victor Hugo, chantre des cathédrales gothiques.

Une vaste fresque, érudite et enlevée, à travers les bouleversements d'un xixe siècle qui se découvre une passion pour le passé et voit naître les premiers grands chantiers de restauration monumentale, de Notre-Dame de Paris à Vézelay, du Pont-du-Gard à Carcassonne. Au coeur de ce passionnant roman historique, la confrontation inédite de deux pionniers, Mérimée et Hugo, qui, par des voies si différentes, joueront un rôle décisif dans le sauvetage du patrimoine culturel.

Mon avis (express) :

"Il faut plaindre les peuples qui renient leur passé car il n'y a pas d'avenir pour eux"

Eugène Viollet-le-Duc

Pas si aventuresque que ça, mais lecture malgré tout intéressante pour découvrir le grand lancement de la sauvegarde du patrimoine à laquelle Mérimée et Eugène Viollet-Le-Duc ont participé. On apprend beaucoup sur ces deux personnages et Victor Hugo aussi, on apprend un peu sur les controverses qu'ont suscité les restaurations d'Eugène. On découvre aussi la fin d'un monde...
Bref, on découvre et on remercie ce mouvement de sauvegarde du patrimoine gardien de notre passé aujourd'hui pourtant si menacé dans le budget et par les mentalités.

En résumé, à défaut d'avoir une aventure palpitante on a de l'érudition et des libertés, ce qui rattrape à mon sens le manque d’intérêt pour la forme. Le fond rien à redire.

10 juillet 2017

"Apatride" de Shumona Sinha

Apatride de Shumona Sinha

S7302226

Résumé :

Esha a quitté Calcutta pour s’installer à Paris, la ville dont elle rêvait. Or, d’année en année les déceptions s’accumulent, tout devient plus sombre et plus violent autour d’elle. Elle s’épuise dans d’innombrables batailles, et ne se sent plus en sécurité.

Issue d’une famille de paysans pauvres, Mina vit près de Calcutta. Par ignorance, ou par crédulité, elle est entraînée à la fois dans un mouvement d’insurrection paysanne qui la dépasse et dans une passion irraisonnée pour son cousin Sam, qui lui fait commettre l’irréparable.

Les destins de Mina et d’Esha se répondent dans ce roman qui ne ménage ni notre société ni la société indienne. L’écriture de Shumona Sinha est animée par la colère, une colère éloquente, aux images aussi suggestives que puissantes.

Mon avis :

Apatride de Shumona Sinha parle de deux destins de femmes (voire trois) qui se trouvent chacune d’un côté du monde, une à Paris et les deux autres en Inde. C’est l’histoire de femme mais aussi de pays et de civilisation ; en Inde on retrouve les problèmes avec le gouvernement et la manière dont sont traitées les femmes qualifiés de facile mais dans les faits amoureuses, et en France on retrouve la violence de la société mais aussi le supposé rejet de l’autre. Et si pour l’Inde je n’ai rien à redire car je ne connais que très peu la politique de ce pays, je n’en dirais pas autant de la France.
Je suis tout à fait d’accord avec l’autrice quand elle dénonce cette explosion de violence en France, cet irrespect total venant d’une grand part de la population, mais aussi ce problème de religion très communautariste avec l’Islam et l’indifférence des autres qui laissent faire au nom des droits de l’homme détournés ou par lâcheté et donnent du crédit à toutes les plaintes mêmes les plus absurdes.

« Les émeutes au nom de la religion sur le sol d’Europe bouleversaient Esha non seulement par leur violence, mais aussi parce qu’elle croyait avoir laissé derrière elle un sous-continent entier ravagé par les émeutes communautaristes, les trains incendiés, les corps jetés vifs dans les flammes, les foules hystériques manifestant avec les tridents et des sabres, des drapeaux et des bandanas couleur safran. A présent elle vivait dans le pays des élus, des éclairés et des nantis. Elle n’aurait pas pensé que se déclarer athée était encore un tabou ici, que la chute de la croyance avait laissé place à l’ignorance, laquelle n’était qu’une réaction passive et soumise, une désillusion, un désarroi, un vide. Elle n’aurait pas pensé qu’il existait dans ce pays qui croyaient qu’au-delà des nuages il y avait un barbu, deux, trois barbus, son fils, la mère et la pute, les mille deux cents vierges, toute une clique, et qu’ils allaient bientôt rétablir le pouvoir du plus grand, qu’ils allaient provoquer un bain de sang au nom de sa clémence et de sa magnanimité. »

Mais si j’ai apprécié cela sur la France, car c’est très juste, le côté politiquement correct du rejet de l’autre, de l’exclusion de l’autre ou le nom et la couleur de peau seraient un frein à la réussite, m’a plus qu’agacée ! Pourquoi ? Parce que c’est faux. Et ce que je déteste dans cette démarche outre le fait que ça joue sur des clichés médiatiques et les mensonges politiques et autres, c’est que ça met de côté la réalité qui n’est pas celle-là. En effet la galère et la pauvreté concernent tout le monde et pas que les étrangers, et personne n’a selon sa couleur de peau où ses origines un métier bien définit, et bien sûr pour l’autrice forcément venu d’ailleurs veut dire sous-métier… Bref ! De tels clichés m’ont énervé. Et ceci a fait que j’ai eu du mal avec ce livre où la plainte, la douleur, semble être leitmotive de ces pages, et d’ailleurs passé la page 138 j’ai survolé complètement le reste, sauf les dernières pages que j’ai lu correctement et qui n’ont fait que confirmer mon opinion plombée sur ce livre. J’avoue que je n’ai pas compris ce qu’elle faisait là cette fin et je n’arrive pas à lui donner sens. Faut croire que le malheur colle à la peau et doit rester coller.

Alors certes ce livre permet de voir le recul de la France (et de l’Europe) sur ces valeurs qui avaient fait de cette terre et de ce continent un lieu éclairé. Il permet de voir la lâcheté des hommes, d’avoir un aperçu très mince sur la femme en Inde, mais pour voir cela faut lire le reste, hélas… C’est-à-dire les clichés mais aussi l’histoire d’amour pas intéressante avec Julien. Bref, un cri de révolte quasiment raté.

Merci à Lecteurs.com (livre gagné suite à un jeu, voici mon texte :

Mon cher « Amant noir », mon frère,

Je suis toujours dans les îles, là-bas en Inde les « Premières neiges sur Pondichéry » tombent, et dans le jardin de « Ronce Rose » où je me trouve, un pianiste sans talent joue « La sonate à Bridgetower » d’un air mélancolique.
« Trois saisons d’orage » se sont écoulées sans toi, mon frère, bientôt la quatrième commencera. Sous peu « L’été des charognes », des touristes, cessera… Trois ans que je suis là sur cette île, à vivre sans vie, que j’ère « Par amour » pour toi sans but. T’enlever à moi c’était signer ma mort. Aujourd’hui pourtant, j’ai envie de voyager, mon âme. Retrouver la vie en bougeant... Certes, depuis que tu n’es plus, je n’arrive pas à résister à l’appel du départ, « Apatride » malgré une terre où l’on m’attend, je n’arrive plus à mener une vie sédentaire avec « Une activité respectable » même si j’essaye. Mais là je sens que c’est différent, mon frère. Il faut que je bouge, mon âme, pour m’échapper de toi, mon « Hadamar », ma camisole, ma prison.

Je sais qu’il est « Un peu tard dans la saison » pour cela, la saison des pluies arrive… Mais dans cette lettre que je t’envoie au vent et qui j’espère te parviendra, je veux te faire part de mon envie de « Retourner à la mer » malgré tout ; afin de m’échapper de toi, de ma mélancolie, et aussi échapper à « La vie automatique » qui m’attend si je rentre à Paris dans notre maison que l’on a nommée enfant « Winter is coming ». Je n’ai pas envie de vendre « Les parapluies d’Erik Sati » ! Tu comprends !?
En fait, mon frère, peut-être que je vais embrasser une vie de marin, sur un bateau que je nommerai « La téméraire ». J’embrasserai avec une vie d’océan et d’étendues vides.
Voilà mon frère, je pars. Cette dernière lettre pour te dire cela. Non ! N’essayes pas de me retenir dans les eaux sombres de ton souvenir. « Arrêtes avec tes mensonges » ! On ne revient pas du monde des morts !
C’est dit mon âme, je partirai bientôt sur le bateau que je vais construire. Je te laisse ici mon frère, « Ressentiments distingués » ta sœur. )

 

 

Posté par Florell à 23:53 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

27 juin 2017

"Quand sort la recluse" de Fred vargas

Quand sort la recluse de Fred Vargas

fred vargas

Résumé :

— Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
— Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
— Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
— Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
— Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?

Mon avis :

Je me demande toujours comment Fred Vargas arrive à écrire et faire tenir debout des histoires si étranges. Il n’y a qu’elle pour jouer avec les choses improbables, les différents sens d’un mot, une impression lointaine, pour écrire une enquête à l’aura mystérieuse à un rythme entraînant.

Après un retour en France suite à une affaire point facile à élucider pour l’équipe d’Adamsberg, ce dernier s’intéresse à des morts par piqûre d’araignée  violoniste. D’apparence banale et de « la faute à pas de chance », Adamsberg trouve néanmoins cela étrange, il va donc se mettre à enquêter - avec une partie de son équipe - en cachette de sa hiérarchie sur cette affaire qui le gratte, qui le picote et qu’il est sûr n’est pas normale.
De découvertes terribles, de rebondissement en rebondissement, d’échec en échec, Adamsberg va finir par résoudre cette affaire qui sort du commun et qui a mis en danger la cohésion de l’équipe.

Je ne vous cache pas que cette affaire est complètement capilotracté ; explication, déroulement, extraction de souvenir, tout paraît trop forcé et peu naturel, pourtant, malgré cela, ça marche, faut bien l’admettre. Malgré un petit coup de mou sur la fin pour ma part, le tout en effet fonctionne et emporte le lecteur très vite et très loin ; car voyez-vous ce n’est pas seulement une enquête qui accapare le livre mais diverses histoires (y compris de volatiles) et diverses personnalités. Diverses histoires et personnalités qui font changer le lecteur de préoccupation et d’atmosphère et permettent quelques digressions, quelques à-côté pour nous faire découvrir un peu plus cette équipe sans lasser le lecteur. Car bien plus que dans les autres livres, j’ai en effet cru voir que Fred Vargas avait passé plus de temps ici à nous faire découvrir toute l’équipe d’Adamsberg même s’il existe néanmoins quelques redites. D’ailleurs qu’il ait du changement dans les prochains livres paraît plus que probable, visiblement dans cette brigade la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Bref ! C’était une lecture agréable, originale, prenante, riche en rebondissement et cheminement tortueux malgré le côté peu naturel. Je recommande, Fred Vargas est vraiment une valeur sûre, elle prend le temps de bien ficeler ses livres.

 

Editions Flammarion.

Posté par Florell à 17:28 - Livre policier, thriller - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,