Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

10 mai 2019

"Les Francs Royaumes : par deux fois tu mourras" de Eric Fouassier

Les Francs Royaumes : par deux fois tu mourras (T.1) de Eric Fouassier

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Résumé :

Palais de Rouen, 569. Galswinthe, la jeune épouse de Chilpéric, l’un des trois petits-fils de Clovis, meurt étouffée dans sa chambre. Juste après, son assassin est retrouvé poignardé… Quatre ans plus tard, la sœur de Galswinthe, la reine Brunehilde d’Austrasie, est persuadée que toute la lumière n’a pas été faite sur cette tragique affaire. Elle charge Arsenius Pontius, un jeune lettré gallo-roman, de se rendre à Rouen pour enquêter en toute discrétion.
Sur place, Wintrude, une ancienne princesse thuringienne devenue esclave des Francs, lui apporte des informations essentielles. La jeune femme, indirectement mêlée au meurtre de Galwsinthe, a dû se placer sous la protection de l’Église pour échapper à des proches de Chilpéric, qui cherchent à la réduire au silence… Victime lui-même d’une tentative de meurtre, Arsenius apprend qu’un conflit est sur le point d’éclater entre Neustrie et Austrasie. Dès lors, Wintrude et lui n’ont plus le choix : ils doivent faire éclater la vérité avant que le jeu des trônes n’embrase toute la Gaule mérovingienne.
Ressuscitant avec brio cet âge sombre qui fonda la France, où le meurtre, le sexe et la vengeance sont autant d’instrument de pouvoir, Éric Fouassier allie rigueur historique et inventivité romanesque pour emporter le lecteur dans une enquête trépidante.

Mon avis :

Childéric, ancêtre des trois rois de ce livre, avait eu une nuit une vision à propos de bêtes que sa femme Basine lui avait expliquée au petit matin. Il ressortait de cette prophétie, qu’après Clovis les descendants se conduiraient comme des bêtes et s’entredéchiraient pour la terre et le pouvoir. Je ne vais pas dire que cette vision fût réelle, mais quoi qu’il en soit l’histoire est telle que cette vision s’est avérée réelle, et c’est ce contexte que l’auteur de Par deux fois tu mourras a choisi pour son livre. Faut dire que l’époque se prête beaucoup aux trahisons, aux assassinats (sport national), aux girouettes, comme va en attester la suite de l’histoire…
Car tout commence en effet avec l’assassinat de Galswinthe, princesse wisigothe devenue Reine de Neustrie en se mariant avec Chilpéric, que sa sœur Brunehaut (Reine d’Austrasie et épouse de Sigebert), veut élucider. Bien que cette dernière ait déjà une petite idée de la commanditaire du meurtre : Frédégonde maîtresse du Roi Chilpéric.
Pour cela, elle envoie donc un émissaire en Neustrie, un jeune homme du nom d’Arsenius, afin que ce dernier fasse toute la lumière sur le meurtre de sa sœur. Mais ce qu’Arsenius va découvrir, va s’avérer plus compliqué que ce que pensait la Reine d’Austrasie ; coup fourrés, dangers, révélations, faux-semblants, ne vont pas ménager notre pauvre enquêteur malgré lui.

Vous l’aurez deviné, ce roman c’est une enquête historique où l’auteur va se faire plaisir avec ce que l’époque mérovingienne permet, mais si vous ne pensez que lire une enquête où plusieurs personnages vont risquer leur vie, détrompez-vous très vite. Car l’enquête n’est pas qu’une enquête, c’est toute une histoire qui appelle une faide et donc aura un impact non négligeable sur la stabilité de la Francia. Et tout cet impact politique, l’auteur va nous le faire découvrir ou redécouvrir en montrant les enjeux de ce meurtre, tout en rajoutant bien sûr au meurtre d’autres enjeux et une autre enquête avec des runes (je crois). Roman oblige !
Bien sûr dit comme ça, ça peut faire peur le lecteur plus novice en Histoire, mais (en sachant que je ne suis pas novice) pour ma part je trouve que ce bouquin est accessible à tous, tout en étant bien fait historiquement, du moins autant que faire se peut. Cependant, je n’ai pas trouvé qu’Eric Fouassier - et contrairement à ce qu’il dit - amoindrissait la légende noire du Néron et de la Néronne (oui, j’invente des mots), je trouve en effet Frédégonde toujours aussi garce, même si c’est vrai que pour le coup du meurtre de Galswinthe il envisage visiblement autre chose.

D’ailleurs petit aparté, je me demande comment ça va virer dans la suite. Car le rôle que joue un roi dans ces pages m’étonne un peu - surtout qu’il n’est pas réputé pour être un salopard -, du fait qu’avec Brunehaut ou Frédégonde il fera, fera plus, alliance. Du coup la question se pose, où est-ce que l’auteur va aller avec ce roi ? Est-ce le roi ou quelqu’un d’autre qui commandite le meurtre ? Comment l’auteur va rester au plus proche de l’Histoire avec son histoire comme dans le tome 1 ? Car oui dernier point, ce livre donne un début de réponse, mais ne résout pas l’enquête dans son entièreté, au contraire la lumière éclaire les ténèbres qui restent à parcourir.

En résumé, un bon premier tome. Bien écrit, bien clair, où l’imaginaire se mélange bien à l’Histoire. Vivement la suite.

Editions JC Lattès.

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04 avril 2019

"Entre ici Jean Moulin" de Aude Terray

Entre ici Jean Moulin de Aude Terray

Source: Externe

Résumé :

C’était un matin de décembre, dans le froid et le vent, devant les marches du Panthéon, la voix caverneuse et lyrique d'André Malraux, les roulements de tambour qui martèlent la tristesse…
La République, toute à sa liturgie, sacrait Jean Moulin.
Aude Terray a choisi d'explorer ce moment historique et fondateur.
Elle s'interroge et mène l'enquête : comment expliquer le choix de panthéoniser
Jean Moulin qui ne faisait pas l'unanimité au sein de la Résistance ? Pour quelles raisons deux jours de cérémonies ? Pourquoi le discours de Malraux, sans doute le plus beau de la Vème République, a-t-il été si douloureux à écrire ?
Aude Terray scrute les coulisses, traque les secrets et les états d'âme. Elle mêle dans une fresque vivante et intime le Général de Gaulle, Georges Pompidou, André Malraux, Daniel Cordier, Maurice Papon aux héros anonymes de ces deux jours, un sacristain, une fleuriste, une gardienne d'immeuble, un commissaire adjoint et tant d’autres. 
Cette France des années 60 est encore meurtrie mais regarde vers l'avenir.
Ses contradictions et ses espérances hantent nos mythologies les plus contemporaines.

Mon avis :

Avec ce livre, Aude Terray nous plonge dans une époque et une histoire intimement liée à la Vème République, celle de la panthéonisation de Jean Moulin. Cendre de conséquence qu’on tire tantôt à droite, tantôt à gauche.

Je ne connaissais pas la vie de Jean Moulin, à part ce que tout le monde en sait, c’est-à-dire son rôle dans la résistance. Avec son livre, Aude Terray m’a comblé un peu cette lacune en présentant l’homme et ses femmes. Elle abordera même la supposé homosexualité de Moulin qui a l’air d’être qu’une affabulation selon les personnes qui l’ont connu.

Mais là n’est pas tout à fait le sujet du livre, car ce qui nous intéresse ici, c’est surtout les journées du 18 et 19 décembre 1964. Jours de la panthéonisation de Jean Moulin que l’autrice va faire revivre avec ses grands personnages comme Malraux, De Gaulle, et ses inconnus, la fleuriste, le proviseur d’école, etc.
En abordant ce moment, Aude Terray va en outre nous montrer toute l’effervescence, les préparations, qui a autour de cet évènement, mais aussi les angoisses qui pèsent sur cette journée. Les menaces écrites ou par téléphone, ou encore la douleur de Malraux pour rédiger son discours. Selon l’autrice un des plus beaux qui soit, mais qui soulève dans ce livre plusieurs voix discordantes. Toute comme la présence d’une certaine personne à l’hommage de Jean Moulin, celle de René Hardy connu pour avoir selon certaines sources de l’époque dénoncé Jean Moulin. (Et selon la page Wikipédia est passé à travers de la condamnation au "bénéfice « de la minorité de faveur »".)

Ce livre qui se partage entre deux époques, raconte aussi les recherches et questionnements de l’écrivaine : les archives plus ou moins parlantes ; les lieux visités ; les personnes qu’elle a dû rencontrer, dont Daniel Cordier qui a connu Jean Moulin. Et dans l’ensemble, ces points étaient intéressants à lire, mais pour être franche, pas à tous les coups…
Bien sûr, c’était captivant de voir comment Jean moulin a pu être perçu : homme ouvert à tous les courants ; communiste ; gaulliste. De prendre connaissance des diverses versions sur son arrestation, les guerres d’historien, la guerre des femmes - bien mise en avant dans le livre d’ailleurs. Mais à côté, la description des lieux ou encore le questionnement débile sur Johnny Hallyday (what ?!), j’avoue que je m’en serais passée. Par moment j’avais un peu cette impression qu’il fallait broder.

D’ailleurs je ne sais pas si ça vient de ça et le fait que le livre fasse un peu roman avec les personnages secondaires, les inconnus, mais finalement je trouve ce bouquin plutôt vide. Tellement peu rempli que j’en viens à me demander si Aude Terray a répondu aux questions écrites dans le résumé. Alors oui, certaines ont été plus ou moins abordées, mais par exemple la raison des deux jours je crois que je ne l’ai pas vu. En tout cas j’ai rien retenu. Le trou. Le vide. Le néant.
Et au final, autant j’ai trouvé que livre abordé bien les esprits, celui douloureux de Malraux, celui tourné vers l’avenir de Pompidou, ou encore la vie de Madeleine Malraux, mais pas tant l’importance de l’évènement et ce qu’il représente. Par contre la description de l’évènement, oui, là l’auteure a été jusqu’au bout.


Bref ! Je ressors de cette lecture mitigée. J’ai découvert avec plaisir des choses sur Jean Moulin, les hommes et les femmes de décembre 1964 (à moi d’aller plus loin), mais je trouve le livre un peu maigre et pas très bavard. Je m’attendais à un peu plus, mais bon ça reste une bonne intro, mais juste une intro.

Editions Grasset.

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17 mars 2019

"Esther et Mandragore : une sorcière et son chat" de Sophie Dieuaide

Esther et Mandragore : une sorcière et son chat de Sophie Dieuaide

Source: Externe

Résumé :

Événement à l'école des sorcières : Esther, élève de première année, a reçu le Premier prix de Curiosité ! Elle reçoit un laissez-passer pour l'Autre monde, celui des humains. C'est Mandragore, son chat, qui va être content, lui qui ne pense qu'à faire la sieste ! D'autant qu'il leur faut aider Zoé à retrouver son chat. Quelques tours de magie ne seront pas de trop !

Mon avis :

Esther et Mandragore, c’est une histoire de sorcière sympathique et de son chat grincheux. (Oui comme le nain.) Grâce à sa curiosité et à l’école des sorcières, elle vit dans notre monde pour un certain temps, où elle est logée chez une sorcière qui y vit depuis longtemps. Pourquoi ? mystère. Et on n’en sera pas plus dans ce livre là.

Dans l’ensemble, j’ai apprécié ce petit livre rapide, car l’histoire sans être folichonne est agréable, vu qu’Esther détourne un peu le règlement qui interdit de faire de la magie devant les humains. De plus, avec Mandragore le chat qui parle parfois devant les autres ça donne quelques scènes qui rajoutent un peu du comique à l’histoire. Surtout que le félin ne manque pas d’humour.
Cependant petit point négatif, je regrette que tout soit trop rapide au niveau des descriptions, et des descriptions des mondes en particulier. Surtout celui de la magie où l’auteure laisse planer quelques mystères, mais même pas un début de réponse... Un peu rageant pour une série qui est censée vendre du rêve ! Mais comme c’est une série, peut-être que le lecteur en sera plus par la suite. C’est à souhaiter en tout cas.
Néanmoins, je précise que le décalage entre les deux mondes est plutôt bien raconté, toujours très vite, mais là c’est un peu plus développé, on voit bien l’incompréhension, le décalage des habitudes, etc...

En résumé, un début prometteur, une mise en page claire accompagnée par quelques beaux dessins, mais à souhaiter que la suite soit un peu plus descriptive. L’aventure ça va, c’est banal mais ça passe, par contre je trouve qu’il manque un peu de profondeur même pour des enfants. Toutefois, ce n’est pas ça qui les empêchera d’apprécier cette mimi petite série aux couleurs Halloween.

Merci à Lecteurs.com et les éditions Talents Hauts.

09 mars 2019

"Les cages de la Kempeitaï : Les français sous la terreur japonaise. Indochine, mars-août 1945" de Guillaume Zeller

Sur Encre d'époque mon 2ème blog :

Mon avis sur Les cages de la Kempeitaï : les français sous l'occupation japonaise. Indochine, mars-août 1945 de Guillaume Zeller.

Les cages de la Kempeitaï Guillaume Zeller

Résumé :

9 mars 1945. Les Japonais s’emparent de l’Indochine française alors que l’issue de la guerre du Pacique en faveur des Alliés ne fait plus le moindre doute. Après ce coup de force, ponctué de nombreux massacres, des milliers de Français, civils ou militaires, sont déportés dans des camps, incarcérés dans des prisons ou assignés à résidence.

Ces hommes et ces femmes connaissent des conditions de détention effrayantes dans les cachots et bagnes qui jalonnent la péninsule du nord du Tonkin jusqu’au sud de la Cochinchine. Sous la surveillance de la Kempeitaï, surnommée la « Gestapo japonaise », ils participent à des travaux harassants, souffrent de la faim et de la soif, subissent coups et tortures quand ils ne sont pas entassés dans des cages à tigres fétides d’où ils ne voient jamais le jour.

On estime que plus de 3 000 Européens sont morts pendant cette période. Les rescapés, dont les grands-parents de l’auteur, ont toujours été convaincus de ne devoir la vie qu’aux explosions nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki. Ces Français du bout du monde demeurent pourtant oubliés, écrasés entre la libération de la métropole et la guerre d’Indochine qui s’annonce, quand ils ne sont pas soupçonnés de complaisance envers le régime de Vichy. Plus de 70 ans après, il est temps que cette tragédie occupe sa juste place dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

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04 octobre 2018

"Les enquêtes de Clem : la mystérieuse Mrs Walton" de C. Kalengula & M. Gribouille

Les enquêtes de Clem : la mystérieuse Mrs Walton de C. Kalengula & M. Gribouille

 Source: Externe

Résumé :

Derrière son chignon impeccable et ses belles manières, Mrs Walton, la nouvelle hôte de la famille Neuville, semble cacher quelque chose.
Qu’est-elle vraiment venue faire au hameau?
Clémentine et ses cousins sont bien décidés à le découvrir!

Entre Clémentine et ses cousins, aucun indice ne laisse suspecter le lien familial. Mais quand il s'agit de mener l'enquête, leur complicité n'est plus à prouver!

Mon avis :

Clémentine emménage avec sa mère dans le hameau de feu ses grands-parents, avec ses cousins, tantes... Objectif : sauver le hameau en faisant des chambres d'hôtes. Cela fonctionne assez vite car une dame très chic loue une chambre. Toutefois, très vite cette dame a un comportement étrange qui titille la curiosité des enfants, les voilà donc partis pour jouer les apprentis détectives.

Ma première impression à la lecture de ce livre est plutôt agréable. La lecture est rapide et aérée, et les personnages résonnent bien avec notre époque. Ils aiment la technologie, vivent des tensions avec leur parents, sont de famille recomposée... Autre bon point pour un jeune enfant, c'est l'accessibilité du texte, aucun mot compliqué ou situation alambiquée, tout est clair et simple, ce qui facilitera la concentration des enfants.

Cependant, ma deuxième impression est un peu moins bonne. En effet, si le dernier point est un atout, c'est aussi une faiblesse pour les enfants qui peuvent en demander un peu plus. En effet, la simplicité du livre et son côté un peu gentillet, pourraient je pense rebuter les enfants qui aiment un peu plus l'action et les situations compliquées. Ceci fait, que je ne le conseillerai pas à ces enfants qui seraient habitués à lire des choses plus consistantes, plus sombres, mais toutefois je le conseillerai sans hésiter aux enfants un peu paresseux à la lecture ou vites impressionnables (si jamais ça existe encore).

En fait, à bien regarder, je pense que le problème ce n'est pas tant le livre, mais plutôt la tranche d'âge recommandé par l'éditeur, pour moi 8 ans c'est l'âge maximum et non minimum.

En résumé, c'est une lecture sympa pour les enfants, les mots sont simples et les situations aussi, mais si votre enfant aime la collection Chair de poule, les romans policiers pour enfants plus consistant je ne vous conseille pas ce livre car vous allez faire un déçu.

Merci aux éditions Flammarion Jeunesse, collection Père-Castor.


28 septembre 2018

"Carnaval noir" de Metin Arditi

Carnaval noir de Metin Arditi

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Résumé :

Janvier 2016 : une jeune étudiante à l'université de Venise est retrouvée noyée dans la lagune. C'est, le début d'une série d'assassinats dont on ne comprend pas le motif. Elle consacrait une thèse à l'une des principales confréries du XVIe siècle, qui avait été la cible d'une série de crimes durant le carnaval de Venise en 1575, baptisé par les historiens "Carnaval noir"... Cinq siècles plus tard, les mêmes obscurantistes qui croyaient faire le bien en semant la terreur seraient-ils toujours actifs ? Bénédict Hugues, professeur de latin à l'université de Genève, parviendra-t-il à déjouer une machination ourdie par l'alliance contre-nature d'un groupuscule d'extrême droite de la Curie romaine et de mercenaires de Daech, visant à éliminer un pape jugé trop bienveillant à l'égard des migrants ? A croire que l'Histoire se répète éternellement, que le combat entre le fanatisme et la raison n'en finit jamais, et que la folie des hommes est sans limite... Dans ce roman riche de suspense, de passion et de savoir, Metin Arditi se révèle, une fois encore, un conteur exceptionnel.

Mon avis :

C’est une histoire historico-policière qui a pour but de sauver la papauté et l’Europe endormie. Pour les moyens, une alliance entre islamistes et chrétiens intégristes doivent permettre d’arriver au but.
Comment vous dire que j’ai eu l’impression de lire un mauvais Dan Brown ? Et Dan Brown n’est pas le genre d’auteur à avoir beaucoup de talent dans son genre, excepté Anges & Démons.

Bon d’accord, le livre n’est pas entièrement mauvais, mais il sent quand même le réchauffé et le récit est en lui-même très inégal. Il alterne en effet longueurs (les personnages sont trop décrits) et passages intéressants. Pour faire simple, disons que ça a été pour moi une lecture en dent de scie, tantôt j’accrochais, tantôt j’avais envie de fermer le livre parce que c’était long, parce que je n’y croyais pas.

Je disais plus haut de Dan Brown qu’il n’avait pas beaucoup de talent, mais qu’on aime ou pas, on ne peut pas nier qu’il maîtrise à peu près selon ses bouquins l’art de faire croire, et dans ce livre cet art est absent. Effectivement, je n’y ai pas cru un seul instant car ce n’est pas raconté avec fougue, avec passion, avec suspense, avec cette sorte de fausse érudition et de pression qui fait qu’on peut y croire. Par ailleurs, je n’imagine pas les chrétiens s’allier avec des musulmans pour tuer le Pape dans un attentat dans la cité du Vatican. Le bâtiment a trop de valeur et les chrétiens aiment l’art.
Finalement, le seul point réellement inquiétant et intéressant du bouquin, c’était l’islamisme. C’est en effet le seul point où l’auteur s’est montré assez convainquant, vu que la menace est réelle et que l'islamisme a encore des beaux jours dans cette Europe endormie.

En résumé c’était une lecture inégale, tantôt on n’accroche, tantôt pas. Le livre n’est pas mauvais, mais pas inoubliable pour autant. Il est trop inégale. Quant à moi, j’espère que les autres livres de cet auteur qui m’attendent me plairont d’avantage.

 

Editions Grasset.

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19 septembre 2018

"Les fantômes du passé" de Gaëlle Perrin-Guillet

Les fantômes du passé de Gaëlle Perrin-Guillet

Les fantômes du passé de Gaëlle Perrin Guillet

Résumé :

ondres, 1893  : une calèche explose, tuant sur le coup un notable. La police est désemparée, d’autant que le meilleur inspecteur de la ville, Henry Wilkes, a rendu son insigne. Aux prises avec ses démons intérieurs, il dépérit sous le regard inquiet de son fidèle Billy, le gamin des rues qu’il a recueilli.

Mais quand le «  meurtre de la calèche  » prend une autre dimension, Henry ne peut rien faire d’autre que reprendre du service. En effet, tous les indices désignent un coupable  : Gareth, le propre frère d’Henry… mort des années plus tôt  ! Est-ce une machination  ? Ou bien son frère serait-il encore vivant  ?

L’inspecteur déchu risque fort de réveiller les fantômes du passé dans cette ville où trahison et mensonges sont monnaie courante et où le danger est à chaque coin de rue…

Intrigues, menaces et complots  : une enquête dans les bas-fonds du Londres victorien.

 

Mon avis :

Dans un Londres du 19ème siècle, où riches et pauvres se côtoient, où le crime n’est jamais bien loin dans ses ruelles sombres ou lumineuses, un inspecteur à la retraite, Henry Wilkes, va devoir reprendre du service pour voir si c’est bien le fantôme de son frère qui a tué un riche patron dans une explosion.

Tentant, non ? Allons voir ça de plus près.

Pour commencer, je voudrais dire que même si l’idée du livre n’est pas folle et n’a rien d’unique, l’idée de départ est malgré tout sympathique, vu qu'elle promet quelques bons remous chez les personnages. Toutefois, si l'idée originelle est sympa et l'écriture aussi, je n’en ferai pas un coup de cœur comme Gérard Collard. Et ceci, même si cette ambiance londonienne du 19ème siècle me plaît énormément, et même si l’enquête ne manque pas de rebondissement et de coup bas. Le pauvre inspecteur Thomson est vraiment le mal aimé de l’histoire...

Bref ! Comme je le disais, je n’en fais pas un coup de cœur ni une lecture inoubliable malgré ses qualités, car j’ai trouvé que ce livre manquait de peps et d'originalité.
De peps, à cause de quelques longueurs et de quelques scènes sans trop d’intérêt pour moi, comme par exemple les soirées de Billy ; certes elles ne servent pas à rien, bien au contraire on aborde les workhouse et la pauvreté, mais pour moi elles ralentissent pas mal l’action.
Ensuite, j'ai trouvé que ça manquait d'originalité, parce que pour moi il y a quand même beaucoup de référence à Sherlock Holmes notamment chez les personnages. Ce qui, quand on regarde bien, ne donne pas d’originalité propre au roman et donne même pour l’ensemble un sentiment de plagiat ou « de pas d’idée », en tout cas de déjà-vu car il n’y a pas vraiment de création ex-nihilo. En effet, les références sont particulièrement visibles, comme par exemple le coup du déguisement, le laudanum, ou même la haine entre Tompson et Wilkes qui rappellerait Lestrade/Holmes.
D’accord ça peut être une sorte d’hommage, mais là il y en a un peu trop je trouve, et il y en a tellement trop que ça fait oublier les touches personnelles que l'auteur tente de mettre chez Wilkes via son enfance et les relations avec son frère.

Toutefois, tout n'est pas du déjà-vu, le livre comporte un peu d'originalité avec Miss Pickman par exemple ou la description de la société londonienne, et franchement c'est sympa.

En résumé, ça se lit très bien quand même, malgré les longueurs et le déjà-vu, et même si ce n’est pas un livre qui m’a marqué je pense que je vais suivre ces aventures de près. Au moins voir encore une fois.

Merci aux Editions City.

06 avril 2018

"Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues" Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues. Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

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Résumé :

Que la violence y ait régné sans partage, que les puissants y aient exercé une impitoyable domination sur les faibles, que la justice y ait été cruelle et expéditive, qu'une religion fanatique y ait régenté la vie des hommes, à peine tempérée par les superstitions les plus extravagantes, qu'on n'y ait eu que de très approximatives connaissances dans les domaines de la science, de la médecine ou de l'hygiène, qu'on y ait méprisé les femmes et méconnu tout ce qui était étranger aux frontières de l'Occident, pour la majorité d'entre nous, cela ne fait aucun doute : le Moyen Âge, interminable parenthèse entre les accomplissements de l'Antiquité et les merveilles de la Renaissance, est le point de référence obligé lorsqu'on veut dénigrer les temps obscurs auxquels nous avons échappé pour accéder enfin à la modernité. Autant d'idées reçues que les plus grands spécialistes français de la question contestent avec force.

Contributeurs : Dominique Barthélemy, Colette Beaune, Ziad Bou Akl, Alain Boureau, Boris Bove, Nicolas Carrier, Franck Collard, Philippe Contamine, Patrick Gautier Dalché, Danielle Jacquart, Philippe Josserand, Didier Kahn, Gabriel Martinez-Gros, Laurence Moulinier, Marilyn Nicoud, Jacques Paviot, Valérie Toureille, André Vauchez, Jacques Verger, Catherine Verna, Laurent Vissière et Nicolas Weill-Parot.

Mon avis :

J’ai mis du temps - étude oblige – mais je l’ai fini ! Et malgré le temps à le lire je peux dire que j’ai été ravie de lire ce livre. Un gros coup de cœur.

Loin du politiquement correct, de la réécriture comme des louanges, ce livre est une mine d’or d’information sur le Moyen Âge. Déjà pour les étudiants, pour ma part je trouve qu’il complète bien mes cours, ce qui est un peu logique car certains sont mes profs comme Monsieur Collard mais pour ceux qui ne sont pas mes profs ça marche aussi - et je regrette d’ailleurs que certains ne soient pas mes profs, ça aurait évité quelques catastrophes… Ensuite, il est aussi parfait pour le lecteur lambda qui veut se cultiver et sortir des clichés que l’on entend sans cesse sur l'époque médiévale habituellement vu que ce livre a pour mission de bousculer les idées reçues et qu'il temporise les ardeurs des discours.

Par ailleurs comme il est écrit par des vrais historiens ce bouquin est aussi une mine d’or sur ce qui fait le sel de ce métier, à savoir : la méthode, la vue d’ensemble, la relativisation, la déduction, la projection… Quand on lit ce livre on voit bien qu’être historien ne s’improvise pas, qu’il faut du temps et de la recherche et que ça va plus loin que répéter une liste de faits comme ça, sans réfléchir.
En effet, les faits s’analysent et comme le montre ce bouquin ça prend du temps pour les analyser et aussi les partager, d’où le fait qu’on peut franchement critiquer ces gens à la TV, à la radio, dans les journaux… qui tentent de donner des leçons d’histoire en 5 minutes et qui se veulent être exhaustifs en plus de ça - même s'ils ne sont pas tous ainsi faut bien l'admettre.
Ce genre de programme c’est très bien pour avoir une première approche, ouvrir sa curiosité, mais pour l’approfondissement et pour une bonne vue d’ensemble ça ne suffit pas, et ce livre le met particulièrement bien en lumière. Il montre vraiment que dans les discours souvent politiques (l’histoire est très politique) on fait usage de trop de raccourci et d’idée fausse qui suffisent hélas pour beaucoup de personne et de ce fait entretient les fausses légendes et facilite la déconstruction...
Outre la méthode, ce livre est aussi une bonne critique sur l’historiographie comme des discours sur l’histoire qui s’inscrivent dans un cadre politique.
Et moi, toutes ces qualités et connaissances me laissent rêveuse… J’aimerai être aussi douée que ça un jour. (Ce qui n’arrivera jamais.)

Enfin, le dernier atout de ce bouquin collectif, c’est la pluralité des thèmes abordés ; de la médecine à la ville, en passant par la femme, la science loin d'être irrationnelle contrairement à ce qu'on pense généralement, les seigneurs, l’hygiène, l’université (je ne digère toujours pas mon mauvais cours sur ce sujet), les traductions beaucoup du fait des chrétiens et des juifs dans le monde islamique, etc., etc. tout passe à la lumière de l’historien, et ceci pour le plus grand bonheur du lecteur qui veut apprendre et sortir des clichés ou compléter ses connaissances.
Le seul défaut qu’on pourrait éventuellement trouver à ce livre - et encore que pour moi ça n’est pas un défaut -, c’est la manière un peu enfantine d’aborder les pistes de réflexion sur cette période par le jeu des questions-réponses, mais personnellement je trouve que ce procédé a au moins le mérite d’être clair et de faciliter la lecture et je n’y vois rien à redire même si beaucoup ne trouveront pas cela sérieux.

En résumé, c'est un livre à lire, c'est un livre fabuleux, c'est un livre nécessaire que tout le monde doit lire. Vraiment j'insiste.

Extraits : (Difficile de choisir !)

"Parleriez-vous d'un sentiment national français au Moyen Âge ?

L'expression "sentiment national" ne se rencontre pas à l'époque. Si l'on considère que, pour qu'une idée existe, il faut qu'elle ait une expression linguistique, alors il faudrait conclure cette idée n'existe pas au Moyen Âge. Mais peut-on être aussi catégorique ? Je retiens un élément : le roi de France passe pour une incarnation de la France, indépendamment de ses qualités propres ; donc s'il est chassé, supplanté, la France elle-même est menacée dans sa survie. L'idée était admise et ancrée que le roi de France devait être un Français. Des textes produits au XIVème siècle dans l'entourage de Charles V le disent expressément, cela pour ruiner les prétentions des rois d'Angleterre, présentés comme des étrangers : "Nul de succède [à la couronne de France] qui est d'étrange pays." Christine de Pizan dit très nettement que les français ont la chance d'avoir toujours été gouvernés par des gens de chez-eux. Il y a donc bien une sorte d'identification entre le roi et ceux qui lui sont soumis dans les limites de sa souveraineté, de son ressort et de son hommage ; et d'un point de vue émotionnel, effectivement, la présence anglaise a été vécue comme une invasion suivie d'une occupation

La France existait donc bien au Moyen Âge...

Il ne paraît pas absurde, en effet, de parler de France et de Français dans les derniers siècles du Moyen Âge. C'ets dire que je suis loin de blâmer les historiens du XIXème siècle, de Michelet à Lavisse, qui ont comme on dit maintenant, crée et raconté le "roman national". Pour eux, ce n'était pas un roman, c'était un récit, composé de bonne foi. Ce n'était pas l'histoire d'un mythe, c'était l'histoire d'une réalité. Il se peut qu'ils aient surestimé tel élément et qu'ils aient volontiers retenu des textes ou des faits répondant ç leur attente et à celle de leur public, mais ils ne les ont pas inventés. Lorsque Jeanne d'Arc déclare dans sa fameuse lettre au roi d'Angleterre (mars-avril 1429) qu'elle veut le "bouter hors de toute France", il ne s'agit évidemment pas simplement de la région parisienne. Entendons-nous bien : être Français, être bon Français, à l'époque, c'est une détermination géographique, mais c'est aussi l'adhésion à la lignée des Valois. En disant tout cela j'ai l'impression de proférer de évidences, mais apparemment, cela mérite encore d'être dit." Pages 20-21. Historien : Franck Collard.

"Selon une idée générale très répandue, dans les médias, dans la classe politique, parfois dans les manuels scolaires, il y aurait eu au coeur de ces conflits de civilisation une oasis de paix et de tolérance : al-Andalus.

Jacques Berque a écrit un livre pour tenter de rapprocher les deux rives de la Méditerranée, un de ses derniers, qui s'intitule Andalousies. Comme se ce mot magique suffisait, un peu comme la lecture d'Avérroès, à rapprocher les civilisations. C'est malheureusement totalement faux. Ce qu'on présente comme la tolérance andalouse, c'est la tolérance du monde islamique à l'égard des religions qui ne sont pas l'islam mais qui font partie des "religions du livre" citées dans la Coran ; cependant, cette tolérance, la dhimma, implique une forme de soumission, un statut d'infériorité. Ce qu'on mesure mal dans notre civilisation moderne, où la tolérance date de la fin du 17ème siècle, c'est que, lorsque la tolérance s'est exercée dans le monde ancien, y compris dans l'Empire romain, mais surtout dans le monde islamique, elle ne signifiait jamais l'égalité. Au contraire, la condition de la tolérance est l'inégalité. En d'autres termes, vous tolérez un inférieur,celui qui vous prête son concours, qui vous donne ses impôts, son travail. [...]" Pages 79-80. Historien : Gabriel Martinez-Gros.

"Récemment encore, un journaliste me disait : "il y a encore des gens pour dire que le jihad, c'est la guerre sainte, alors que tout le monde devrait savoir que c'est un combat intérieur ; le jihad comme la guerre sainte, cela n'a jamais existé, cela a été inventé de toute pièce par les Européens..."
C'est évidemment lui qui se trompait. Dans la revue L'Histoire, à chaque fois qu'il est question d'un article sur l'islam, on me demande de préciser ce qu'est le jihad, et à chaque fois je suis obligé de réécrire les mêmes 3 lignes donnant la définition banale mais juste. Eh oui, le jihad c'est la guerre sainte ou légale."

20 mars 2018

"Charles VIII" de Didier le Fur

Charles VIII de Didier le Fur

Source: Externe

Résumé :

Moins prestigieux que son père Louis XI ou que son épouse Anne de Bretagne, Charles VIII  est généralement considéré comme un prince sans intérêt. Didier Le Fur démontre qu'il eut au contraire un rôle capital en sachant conclure la reconstruction de la France ruinée par la guerre de Cent Ans et mener vers l'Italie une politique que ses successeurs François Ier et Henri II s'employèrent  à prolonger.

Couronné à l'âge de 13 ans en 1484, accueilli par la population comme un espoir après le règne tyrannique de son père Louis XI, Charles VIII fut d'abord un prince-enfant, enjeu d'un pouvoir qu'il n'exerçait pas et que se disputaient les diverses factions en œuvre autour de lui : le parti des princes mené par Louis d'Orléans, et le parti Beaujeu, qui finira par l'emporter.

L'arrestation du duc d'Orléans en juillet 1488, la mort de François II duc de Bretagne en septembre de la même année et la fin de la guerre de succession en Bretagne en 1491 conclurent cette période au bénéfice du jeune roi. Dès lors, le pouvoir est entre ses mains. En épousant Anne de Bretagne, fille de François II, il rétablit la paix dans le pays et fit de la France le plus riche et le plus puissant royaume de la chrétienté. A 24 ans, reprenant à son compte un projet offert à Louis XI et inabouti, il entreprend la conquête du royaume de Naples. Ses premiers succès sont éclatants, mais brutalement interrompus par sa mort prématurée, à 27 ans, en 1498. Didier Le Fur porte un regard nouveau et original sur ce roi au destin fulgurant, et sur son règne d'une particulière richesse, fondateur d'une ère de prestige pour la France, qu'on appellera Renaissance.

Docteur en histoire, Didier Le Fur a récemment publié chez Perrin : Louis XII, un autre César et Marignan.

Mon avis express :

Très intéressant, plus facile à lire que celui sur Diane de Poitiers, mais parfois un peu fastidieux et tout particulièrement les entrées dans les villes très expliquées. Sinon, j'ai bien aimé voir les décisions politiques, les rapports avec les Beaujeu et Orléans (futur Louis XII), la personnalité de ce roi, mais parfois c'était très long dans le détail (entrée et guerre d'Italie). Je n'en demandais pas autant pour mon cours.
Enfin, maintenant je visualise mieux l'histoire du duché de Bretagne, les rapports avec Louis XII, et les débuts de son règne. Le plus important pour mon cours.

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27 janvier 2018

"Victor Hugo vient de mourir" de Judith Perrignon

Victor Hugo vient de mourir de Judith Perrignon

victor hugo

 

Résumé :

Vibrez de la ferveur et de la fureur de Paris, vivez les funérailles de l'Immortel.

Le poète vient de rendre son dernier souffle et, déjà, la nouvelle court les rues, entre dans les boutiques, les ateliers, les bureaux. Paris est pris de fièvre. Chacun veut rendre un dernier hommage et participer aux obsèques nationales qui mèneront l'Immortel au Panthéon. Deux millions de personnes se presseront sur le parcours du corbillard en ce jour de funérailles intense et inoubliable.
D'un événement historique et en tout point exceptionnel naît un texte intime et épique où tout est vrai, tout est roman.

Cet ouvrage a reçu le prix Révélation de la SGDL et le prix Tour Montparnasse.

Mon avis :

Voilà plusieurs semaines que j'ai fini ce livre sans savoir quoi raconter dessus, mais puisqu'il faut que j'écrive quelque chose dessus, faisons mais faisons court !

Alors ce livre parle du moment de la mort de Victor Hugo à son "enterrement" au Panthéon anciennement église Sainte Geneviève.  Il retrace l'agitation et les attentes autour de la mort du grand homme, celle du peuple, des ouvriers, des simples, mais aussi celle de la police qui craint anarchistes et autres agitateurs.
Il parle aussi du bal des hypocrites qui se serviront des idées de Victor Hugo pour en faire un grand homme, et qu'importe s'ils ne les soutiennent pas, ils arriveront peut-être à en faire un homme à eux.

Ce livre c'est aussi la vie d'un bâtiment, le Panthéon. C'est la fin d'une église au nom de la sainte de Paris et le véritable début de ce monument aux Hommes et Femmes de la Patrie. La victoire de la République sur l'Eglise. Et bien que le christianisme ne soit pas entièrement effacé du bâtiment, ces pages représentent aussi toute l'agitation entre ces deux états que Judith Perrignon dépeint avec beaucoup de réalisme.

Par conséquent et par ces agitations diverses, Judith Perrignon raconte une certaine mentalité de l'époque, une certaine attente, une certaine envie d'être pris en compte, tout ça avec un brin de poésie un peu populaire et un peu d'histoire, mais si ce tableau semble idyllique Victor Hugo n'en finit pas de mourir et d'être inhumé. Ca traîne, ça traîne, ça traîne trop.

Merci à Lecteur.com.

Posté par Florell à 12:23 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
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