Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

17 novembre 2019

"Le Roi fol" de Laurent Decaux

Le Roi fol de Laurent Decaux

Source: Externe

Résumé :

Au début de l'année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d'accoucher d'un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l'Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d'adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s'abattent sur le jeune roi.

Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s'agitent en coulisse. à la cour, le vice est l'affaire de tous et l'ambition n'est pas l'apanage des grands. Dans l'incroyable entreprise de démolition d'un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l'Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer.
La France en sera quitte pour cinquante années de chaos.

Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d'une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions.

Mon avis:

Nous sommes au 14ème siècle en 1392, Charles VI n'est pas encore le roi fou mais le bien aimé. A cette époque, il est un roi bien parti pour donner le meilleur à son royaume, mais il ne le pourra pas. A cause de sa folie, à cause de son entourage. Lecteur apprête-toi à plonger dans ce panier de crabe où tous les coups sont permis.

Ma lecture du Seigneur de Charny l’année dernière m’avait moyennement plu, j’avais trouvé le roman bien et pas bien à la fois. Certains sujets m’avaient plu et d’autres traînaient un peu trop en longueur pour moi, ce qui m'avait fait sortir mi-figue mi-raisin de cette expérience livresque. Cette année, dieu merci, l’expérience romanesque qui m’a été offerte avec ce livre a été cent fois meilleures ; avec son nouveau roman Le Roi fol, Laurent Decaux m’a offert une expérience de lecture franchement différente et franchement plus agréable que celle de 2018, étant donné que l’auteur a gagné en souplesse d’écriture, en maîtrise, en un mot : en talent.

En effet, contrairement au premier livre qui était pour moi long au démarrage, qui bloquait un peu, qui languissait dans son récit, le roman est ici à mon goût plus fluide, plus rapide, et j’ai trouvé accessoirement que le mélange des intrigues était mieux maîtrisé que dans le premier roman. Je m'explique, autant dans le Seigneur de Charny on distinguait deux voire trois histoires dans un livre, autant là on a pour un livre des histoires qui s’agglomèrent correctement entre-elles pour en former une seule à l’arrivée. Et une seule particulièrement prenante, il faut bien le dire.
Faut dire que c’est difficile de ne pas faire prenant avec ce roi et la Guerre de Cent ans. Oui pour ceux qui dormaient dans le fond, je rappelle que l’anglais n'est pas le seul ennemi à la France, et personnellement j’ai toujours pensé que le règne de Charles VI c’était le règne de ce roi qui pouvait permettre le pire comme le meilleur - et j’ai trouvé cette dichotomie bien mise en avant dans le livre au demeurant.

Bref ! Niveau écriture, y a pas à tortiller c’est 100 fois mieux maîtrisé que le Seigneur de Charny qui en soit n’était pas non plus mauvais. Je tape dessus depuis le début, mais la lecture avait des choses quand même intéressantes.

Outre ceci, un autre point que j’ai adoré, c’est le développement des personnages. Je dois dire que je les ai tellement trouvé bien fait, que pendant un moment je les ai cru réels. Alors, je sais que certains sont réels et d’autres pas, mais l’auteur leur a tellement bien fabriqué un caractère, une personnalité dans l’esprit de l’époque, que c’était difficile de ne pas y croire. Sans conteste, il y a dans ce livre une meilleure maîtrise du portrait aussi, après on n’adhère à ce qu’il a fait ou pas. Et quand je dis ça je pense surtout à la femme de Charles VI, mais personnellement je suis du même avis que l’auteur ; pour moi c’était une garce.

Bon, vous l'aurez compris, j'ai aimé ce livre et son histoire dans l'Histoire. On a dans ces pages ce qu'on est en droit d'attendre dans un roman histrorique, et le tout est amené avec érudition et talent. On gravite pleinement dans l'entourage de ce roi où on croise le pire comme le meilleur, et la plongée est totale.

En conclusion, c’était une bonne lecture avec une multitude d’intrigue, de personnage, bien écrite et bien remise dans son milieu. A lire pour vous faire plaisir ou/et à offrir avec plaisir.

XO Editions.

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24 octobre 2019

Texte de l'Association Laïque : Réseau 1905

 

« Est-il islamophobe celui qui appelle à la distinction claire et nette entre la terre et le ciel ? Celui qui déteste l’inégalité entre les hommes et les femmes ? Celui qui refuse de vivre sous le terrorisme théologique islamique, abhorre la lapidation des femmes adultères, l’amputation du voleur, la haine de l’autre, juif, chrétien, athée homosexuel… ? Le refus catégorique de ces habitudes est-il une haine contre les musulmans et la critique de l’intervention de la charia dans la vie intime des gens est-elle un dénigrement musulman ? la réponse est non, sauf si les musulmans se reconnaissent majoritairement dans cette idéologie barbare. »
Hamid Zanaz L'islamisme le vrai visage de l'Islam.

 

J'ai lu ce texte sur la toile, il vient d'une association de défense de la laïcité Réseau 1905. Ce texte a été écrit suite au rassemblement des islamistes Place de la République le 19 octobre 2019 à Paris ; ces derniers se réunissaient pour revendiquer le droit de porter en public leurs signes religieux ostentatoires, cracher sur la France et ses valeurs.
Ce rassemblement, qui aurait dû être condamné par les plus hautes sommités de l'Etat, a notamment vu une chose voilée brandir un panneau écrit en mauvais français qui recommandait aux VRAIS français (ceux qui respectent la République et leur pays) de quitter le pays, son pays, si son voile dérangé...
On aura tout vu dans l'indécence, une chose intégriste a osé faire la moral et donner une leçon !!!

Je ne vais pas revenir sur le voile intégriste, ça coule de source quand on regarde le scandale du voile à l'école, les Frères musulmans qui poussent au cul pour qu'elles aient le droit de le porter, etc., etc.
Bref, je ne reviendrai pas dessus. Cependant, je vais ici vous partager le texte que l'association Réseau 1905 a écrit suite à ce rassemblement. Texte salutaire qui a l'audace, le courage, de remettre les choses à leur place, et notamment les mots beaucoup trop galvaudés par les pleureuses professionnelles et leurs différents soutiens.


"Samedi 19 octobre, nous étions place de la République à Paris et il faisait plutôt beau. En plissant un peu les yeux sous le soleil, on aurait pu avoir un moment d’espoir. On aurait pu penser que ces rassemblements de « musulmans » se faisaient enfin en signe de protestation face aux attentats islamistes. Oui, nous aurions pu voir dans cette manifestation, un élan de solidarité et de fraternité face aux attentats qui meurtrissent notre pays. Exactement cet élan et cette révolte qui s’emparent logiquement de tout citoyen face à l’horreur, face à une « violence inouïe », comme écrivaient cette semaine, dans Le Monde, 90 personnalités dans leur tribune. Nous aurions pu imaginer cela, mais il aurait fallu garder les yeux plissés, afin de ne pas voir les pancartes invitant les Français opposés au voile « à quitter ce pays ». Nous aurions pu croire à un sursaut fraternel et républicain, mais il aurait fallu aussi nous boucher les oreilles pour ne pas entendre les discours hostiles aux lois de 2004, à la laïcité et à ses valeurs.
Nous nous sommes faits discrets, comme à chaque fois, nous avons observé, écouté. Jusqu’à l’écœurement, jusqu’à la nausée, nous avons entendu des gens nous parler de victimes, d’humiliations, de traumatisme, d’agression, de persécution, de racisme d’Etat. Comme si nous ne savions pas ce que c’est que des « victimes ». Comme si nous n’avions pas, tous les jours en tête, l’image de ces enfants de Maternelle, abattus à bout portant par Mohamed Merah. Comme si nous avions oublié que des journalistes sont morts pour des dessins « blasphématoires ». Comme si les photos de ces jeunes gens, au Bataclan, baignant dans leur sang ne nous hantaient pas. Comme si, le souvenir des promeneurs morts écrasés par un camion sur la promenade des Anglais n’était pas un traumatisme, notre traumatisme à tous. Jusqu’à l’écœurement, jusqu’à la nausée, nous avons regardé et écouté ces gens, pour qui une « persécution » c’est de devoir respecter les lois de la République. Des gens qui vivent comme une « démonstration de haine » de ne pas pouvoir afficher leur rigorisme religieux dans les écoles. Des femmes qui se sentent « humiliées » de ne pouvoir se baigner habillées dans une piscine publique.
Il y a en France comme partout, malheureusement, des manifestations de haine et de racisme. Nous les avons toujours dénoncées et nous les dénoncerons toujours. Notre association qui existe depuis 2015 est le reflet d’une diversité d’origine que nous chérissons plus que tout.
Mais jamais nous n’accepterons que les mots et les concepts soient ainsi galvaudés.
Jamais nous n’oublierons que « une vie brisée », ce n’est pas d’avoir eu à vivre un désagréable moment au Conseil général, suite à la remarque d’un élu en manque de buzz.
Une vie brisée, c’est vivre chaque jour de son existence en pensant à sa fille égorgée sur un quai de gare à Marseille, ou à son fils poignardé sur une esplanade à Villeurbanne. Et de devoir accepter que, avant même que le sang versé ait pu commencer à sécher, on nous intime de ne pas « faire d’amalgame » afin de ne pas stigmatiser.
Jamais l’image opportunément exploitée d’un enfant qui pleure dans les bras de sa mère voilée n’occultera une autre image, que nous n’avons jamais vue, mais qui nous hante pourtant : celle d’un petit garçon de 4 ans, dont les deux parents, policiers à Magnanville ont été égorgés sous ses yeux.
La « violence inouïe », elle est dans ce que nous vivons dans notre chair, depuis 2012. Elle est dans la mort, dans le sang versé par les islamistes. Elle est dans l’histoire de ces individus survivants qui n’arrivent même plus à vivre depuis ces drames et qui meurent de chagrin.
L’humiliation, elle est dans cette insupportable inversion accusatoire que l’on doit supporter - ces victimes qui deviendraient coupables, ces complices silencieux qui deviendraient victimes. L’humiliation, elle est dans ces injonctions à nous taire, dans cette impossibilité de dénoncer l’idéologie qui ravage notre pays - dans ses formes les plus violentes comme dans ses formes les plus lisses -, sous peine d’être accusé d’ « islamophobie » ou de racisme.
La honte, elle nous est infligée par ces élus de la République, qui, par clientélisme, entretiennent complaisamment le communautarisme, essentialisent tous les musulmans dans un amalgame victimaire malsain. Ces mêmes élus qui, pour tenter d’exister, défilent au côté de ceux qui haïssent la République et ses valeurs et s’empressent de revêtir leur écharpe tricolore pour mieux la piétiner et lui cracher dessus.
Samedi 19 octobre, nous étions place de la République à Paris, et nous témoignons de ce que nous avons vu et entendu. Nous témoignons de notre immense inquiétude, face à un danger qui nous parait imminent et bien réel.
Ce danger, il est dans ces discours inquiétants, dans ces appels à la sécession, dans ces menaces qui ne prennent même plus la peine d’être sous-entendues. Il est dans l’interview de cette femme qui explique qu’elle a choisi librement de porter le voile pour « avoir moins de risque de subir une agression sexuelle dans le métro ». Et qui rajoute qu’elle se sent « plus respectée » quand on l’aborde depuis qu’elle porte le voile. Le danger est dans ce journaliste qui ne prend même pas la peine de la questionner sur ce que ceci implique comme modèle de société pour une femme non voilée.
Le danger est aussi dans ce panneau, fièrement brandi et applaudi « ne nous fichez pas, fichez-nous la paix ». Qui est donc ce « nous » qui s’amalgame fièrement avec les Fichés S ?
Le danger, il est dans l’aveuglement de nos politiques, alors même que l’infiltration des islamistes dans les plus hautes sphères de la sécurité, au sein même de nos institutions est avérée et menace un peu plus encore notre sécurité.
Samedi 19 octobre, nous étions place de la République à Paris et il faisait plutôt beau. Nous en sommes toutefois repartis glacés."

Merci à vous.

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18 octobre 2019

"Histoires des Pays d'Or : tome II" de Jean Marcel

Histoires des Pays d'Or : tome II de Jean Marcel

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Résumé :

Entre fables et contes, ces courts récits, empruntés au patrimoine mythologique du Siam, de la Birmanie, du Laos, du Vietnam et du Cambodge, nous emmènent joyeusement et pour notre plus grand bonheur dans un monde de légendes.
Nous voilà replongés au royaume de notre enfance, des amours contrariées de belles princesses, des valeureux princes, des animaux rusés ou cruels, grâce à ces textes drôles, voire espiègles, à la chute étudiée, qui mettent à notre portée les clés de l’imaginaire sud-est asiatique.

« Entre les sables blancs, les ondes bleues, le ciel azur et les îles au loin ombrées de jade, elle a bien fière allure sur son caillou de soleil. Toute d’argent et de grâces, elle lisse lentement sa longue chevelure dans un geste qui pourrait être un reste d’éternité. La première fois qu’on la voit, si l’on vient d’Occident, on croit qu’elle est propre à évoquer la petite sirène d’Andersen, égarée en ces parages exotiques... »
La sirène de Songkhla.

Jean Marcel est médiéviste, essayiste et romancier.
Après une prolifique carrière universitaire en qualité d’enseignant et de chercheur, il a fait de la Thaïlande son pays d’adoption, où il continue aujourd’hui sa réflexion et son oeuvre pour laquelle il a reçu plusieurs prix littéraires.

Mon avis :

En premier lieu, je tiens à dire qu’Histoires des pays d’or est un livre qui a une apparence fort jolie mais trompeuse. En effet, quand j’ai vu qu’il était illustré, j’imaginais qu’il était illustré comme la couverture et non « grossièrement » aux crayons à papier. Ce ne fut pas le cas. Grosse déception.

Toutefois, passé cette petite contrariété, je me suis lancé dans sa lecture, et je dois dire que je n’ai pas été déçue dans l’ensemble ; car les histoires assez courtes, sont toutes différentes et possèdent chacune leur morale et leur personnalité qui fait que je me suis souvent retrouvée partagée entre la « peine » et l’émerveillement.

En outre, et outre le fait que l’auteur nous raconte des contes d’autres contrées avec leur merveille, leur magie, leur mystère, leur peine, etc. ; j’ai apprécié mais sans trop, les petites touches personnelles que Jean Marcel a inséré dans ces textes. Des touches personnelles, qui vont de la référence à nos contes à des petites réflexions bien senties comme dans l’histoire Le pas du Bouddha, qui certes surprennent au premier abord il est vrai, mais sur lesquelles on passe assez vite étant donné que parfois ça rajoute un petit truc en plus. Bien que certaine fois ça casse quelquefois un peu l’exotisme, en effet il y a des emplois peu poétiques comme dans la première histoire. Je ne vous cache pas que ça pique un peu au mot « fringue » nippe me semblait par exemple plus approprié. Mais bon.

En résumé, le contenant est un peu décevant (oui j’en reviens à mes dessins), mais le contenu est agréable. Un beau moment en Asie.

Merci aux éditions Gope et Babelio.

26 septembre 2019

"La non pareille" de Michel Peyramaure

La non pareille de Michel Peyramaure

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Résumé :

Née en 1364 à Venise, Christine de Pizan n’a que quatre ans lorsqu’elle rejoint la cour de Charles V où son père, astrologue réputé, a été appelé. Mariée encore adolescente à un jeune savant picard, elle donne naissance à trois enfants avant que la maladie ne lui prenne son époux.
Veuve à vingt-cinq ans, Christine se retrouve face à un dilemme  : se remarier pour assurer l’avenir de sa famille ou se battre pour demeurer indépendante. Contre les mœurs de son temps, elle décide de vivre de ses écrits. Jusqu’à sa mort, de sa plume féconde et de sa remarquable érudition naîtra une soixantaine d’œuvres, en prose et en vers.
Féministe, humaniste et pacifiste avant l’heure, elle sera la première à écorner les représentations misogynes dans l’art de son époque, à défendre l’amour courtois et à dénoncer les horreurs de la guerre.
Sensible à la misère du peuple parisien, engagée dans son siècle, elle en a traversé toutes les tempêtes : la guerre de Cent Ans, la guerre civile opposant Armagnac et Bourguignons, la folie du roi Charles VI et les dévergondages de la reine Isabeau.
 
Par son formidable talent de conteur, Michel Peyramaure nous fait partager l’intimité d’un des personnages féminins les plus fascinants du Moyen Âge, une héroïne d’une incroyable modernité dont la liberté de pensée et la détermination à vivre selon ses convictions ont encore de quoi nous inspirer aujourd’hui.

Mon avis :

Dans mes cours d’histoire j’ai bien sûr entendu parler de Christine de Pizan. Toutefois je n’ai encore jamais eu l’occasion de me pencher sur son œuvre et sa vie, c’est maintenant presque chose faite. « Presque » car ça reste un roman, mais après un petit tour sur Wikipédia (dieu du savoir) les grandes lignes de sa vie que sont son mariage, son veuvage, ses œuvres, etc. sont, semble-t-il, respectés. Chose heureuse, car on découvre ainsi et sans ennui, la force de caractère et le talent de cette femme qui malgré sa situation de veuvage préférera sa liberté.
Connue surtout comme femme de lettre, l’auteur a agrémenté aussi son roman avec quelques bribes de ses œuvres et idées, nous faisant ainsi partager la plume et les pensées de cette femme hors du commun, tout en n’hésitant pas à dire via le personnage de Laurette les limites de ses textes et de son écriture. Ne faisant pas de ce livre, et c’est là un point agréable, un panégyrique à la gloire de cette écrivaine qui a traversé le temps.

Mais ce roman ne se contente pas que de décrire l’existence de Christine, en effet, à travers ces pages nous allons découvrir les vicissitudes de la France et plus particulièrement de Paris. Bon, je ne vais pas vous mentir, en pleine Guerre de Cent ans c’est souvent mauvais (la révolte des cabochiens, Jean sans peur, la folie de Charles VI, etc.), mais les bons moments sont néanmoins là, telles des petites lumières dans ces temps difficiles.

Enfin, dernière chose agréable à ce livre, la résurrection d’autres femmes écrivaines comme Marguerite Porete ou encore Marie de France, par quelques petites références çà et là. Pour ma part, je trouve qu'il est toujours agréable de voir des choses qu’on ne voit pas toujours.

En définitive, ce livre n’est pas un coup de cœur car l’écriture est somme toute banale, mais il était très intéressant pour découvrir une époque, une femme, des œuvres. Là-dessus le livre tient sa promesse. A lire pour sa culture et son plaisir.

Editions Calmann-Lévy.

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19 juillet 2019

"Fille du silence" de Carole Declercq

Fille du silence de Carole Declercq

Source: Externe

Résumé :

Sous le soleil de plomb sicilien, Rina a vécu une enfance pleine de violence et de non-dits dans une famille différente des autres. Une famille gangrenée par la mafia, où les hommes disparaissent parfois mystérieusement, où la plupart des femmes sont veuves ou orphelines.

Lorsque le père de Rina, le « parrain » du village, est assassiné, le monde de l’adolescente s’effondre complètement. Doit-elle vraiment se résigner et accepter son destin, comme sa mère le lui demande ? Et son frère, le seul homme encore vivant de sa famille, finira-t-il lui aussi enterré dans un terrain vague ?

Pour Rina, c'est hors de question. Alors, elle va mener sa propre vendetta. En brisant la loi du silence, elle va s’attaquer au fragile équilibre qui avait jusqu’alors cimenté son existence. Au risque de faire voler en éclats sa vie et celle de sa famille...

Avis express :

"L’odeur de la mafia, je ne vous en ai pas encore parlé. Sachez juste qu’elle est en suspens partout où vous mettez les pieds ici. Elle précède tout. Même son silence."

J'ai reçu ce livre il y a à peu près plus d'un an, j'avais tenté de le lire une première fois mais j'avais laissé tomber au bout de deux pages. J'ai repris ce livre il y a peu, et je l'ai dévoré en deux jours.
Cette histoire vraie mais romancée de Rita Atria (Rina dans le livre), fille et soeur de mafioso qui aura le courage de s'élever contre le milieu après la mort de ses parents, est racontée avec tellement de délicatesse et de lucidité, qu'il est en faite impossible de ne pas apprécier ce livre, - et ceci même si parfois on a l'impression que l'autrice poétise trop son roman.

En effet, l'auteure a tellement bien réussi l'immersion du lecteur en mettant en avant les forces contraires, le consentement, le courage de Rina, la haine de sa mère, la vengeance sous le soleil écrasant de Sicile, qu'il est impossible de ne pas s'embarquer dans cette histoire terrible, savamment mélangée et dosée avec la vie d'une jeune fille. Par ailleurs comment ne pas admirer le courage de cette jeune fille qui va défier toutes les lois que la mafia impose ?

Bref ! J'ai eu un gros coup de coeur pour ce livre. Merci madame Declercq pour cette belle et terrible histoire, juste dommage que vous n'ayez pas plus de visibilité, car ce livre la mérite bien plus qu'un Nothomb...

Editions Terra Nova.

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05 juillet 2019

"Marie-Antoinette et ses soeurs, tome 2 : premiers bals" de Anne-Marie Desplat-Duc

Marie-Antoinette et ses soeurs, tome 2 : premiers bals de Anne-Marie Desplat-Duc

Source: Externe

Résumé :

Marie-Antoinette est la plus jeune fille de l’impératrice d’Autriche. Avant de devenir reine de France, elle grandit entourée de ses sœurs. Sa vie est faite d’aventures et de liberté.

Les bals et les fêtes se succèdent à la cour de Vienne, ce qui enchante la jeune Marie-Antoinette, qui aime tant danser et monter sur scène. Une fois grande, même si elle est reine, elle réalisera son rêve et deviendra comédienne!

Mon avis :

Comme le dit l’autrice, de Marie-Antoinette on ne connait que son règne en tant que Reine de France femme de Louis XVI. C’est-à-dire, au vu de sa courte vie, pas grand-chose. Heureusement pour les grands (oui aussi) comme pour les enfants surtout, Anne-Marie Desplat-Duc s’engage avec simplicité à réparer cette erreur.
Avec simplicité certes, mais c’est efficace ! En effet, en retraçant à grand trait l'enfance de Marie-Antoinette, les enfants vont en découvrir déjà beaucoup sur son âge tendre, ses frères et ses soeurs, sur la vie à la cour, ainsi que sur les intérêts politiques des enfants. Ce dernier point n’est pas le plus abordé, mais l’autrice en raconte assez pour que ça se devine.


Mais le sujet du livre c’est Marie-Antoinette dans son jeune âge, et que dire ? Que malgré les siècles et toute proportion gardée, que c’est une petite fille très actuelle. Une petite fille moqueuse, jalouse, frivole qui aime les rubans et se mettre en spectacle, qui apprécie ses proches et les animaux. Bien sûr, elle vit à la cour et a donc un code à respecter, par ailleurs ses parents n’ont que peu de temps à lui accorder, mais il n’en demeure pas moins qu’elle reste une petite fille proche de nous qui possède des rêves et des passions.
Au-delà de l’agréable découverte du caractère de Marie-Antoinette et de sa vie à la cour de Viennes, ce qui a été plaisant à découvrir aussi, c’est l’histoire de sa famille. Je parlais plutôt du rôle des enfants dans la politique, mais outre ceci l’autrice a pris soin de les aborder dans le privé, dans leurs peines de cœur, la maladie, leurs joies... Et cette approche a été très appréciable je dois dire, car ça a permis de rendre le livre vivant, loin de la poussière. Anne-Marie Desplat-Duc dépassant ainsi la simple leçon d’histoire, pour faire de ces vies un roman.

Enfin, en plus de l’écriture, il faut aussi que je souligne les illustrations éparpillées dans le livre. Je les ai trouvé pour ma part très belles, très présentes sans être pour autant envahissantes, et ça a rajouté une petite touche sympathique à ce livre déjà grandement sympathique.

En résumé, c’était bien écrit et bien illustré sur une idée originale. Excellent pour cultiver les enfants. Je n’ai qu’une chose à dire, vivement la suite ! (Elle arrivera autour du mois d’octobre 2019, mais hélas je ne l’ai pas choisi dans la sélection – j’ai fait ma nouille – donc je ne vous en parlerai pas. Mais allez-y les yeux fermés.)

Editions Flammarion Jeunesse.

02 juillet 2019

"Le sabordage de la noblesse : mythe et réalité d'une décadence" de Fadi El Hage

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Fadi El Hage Le sabordage de la noblesse.

le sabordage de la noblesse fadi el hage

Résumé :

Au XVIIIe siècle, la noblesse française comme l'aristocratie, minorité ô combien plus "médiatisée", sont perçues comme décadentes par la grande majorité du peuple de France. Rongée par les dissensions internes, minée par les rumeurs et les scandales, contestée dans sa légitimité à revendiquer une supériorité sociale, la noblesse paraissait au plus grand nombre indigne de sa vocation à servir le royaume. Elle vivait alors la clôture d'un cycle, dont 1789 ne serait que l'ultime conséquence. En somme, et l'image perdure jusqu'à nos jours, la noblesse, en dérogeant à l'honneur, aurait perdu sa raison d'être. Mais y avait-il, dans les faits, une inconscience collective de la noblesse ? Pour démêler le vrai du faux, Fadi El Hage retrace son histoire au XVIIIe, dans toutes ces composantes, de l'aristocratie versaillaise aux vieilles familles prestigieuses mais désargentées, sans oublier la noblesse de robe. Fondé sur une relecture des sources et l'étude de documents inédits, cet essai novateur invite le lecteur à s'interroger sur la place et le rôle d'une noblesse victime autant de fantasmes que de l'image sociale et morale qu'elle renvoyait au public.

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25 mai 2019

"Les suppliciées du Rhône" de Coline Gatel

Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel

Source: Externe

Résumé :

Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle.
Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l'enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu'il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu'intrigant ?
Entouré d'Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au cœur d'un Lyon de notables, d'opiomanes et de faiseuses d'anges. Jusqu'à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.

Mon avis :

Trois jeunes gens, une journaliste polonaise et deux jeunes médecins légistes, mènent l’enquête pour résoudre les meurtres de jeunes femmes avortées. Dans un Lyon mal fréquenté à la fin du 19ème siècle, nous voici donc embarquez avec ces trois jeunes gens pour résoudre l’enquête à l’époque des balbutiements de la science policière…

Embarquez oui, mais pas entièrement, et pour deux raisons en ce qui me concerne.
Première raison, j’ai trouvé que l’auteure s’éparpillait beaucoup trop dans le récit, en abordant beaucoup trop de sujet comme la drogue, l’avortement, la prostitution, la misogynie… qui donne un peu cette impression d’avoir une enquête qui passe au second plan.
Deuxième raison, j’ai trouvé les personnages beaucoup, beaucoup trop bruyants, et de fait beaucoup trop fatigants. A cause de leurs oppositions constantes, leurs prises de bec incessantes, mais aussi à cause de leur personnalité trop forte. La journaliste polonaise par exemple, m’a fatiguée au plus haut point - et je crois que c’est la première fois de ma vie qu’un personnage fictif me fatigue !

Toutefois, si tout ceci a mal joué sur ce moment de lecture, que je ne qualifierai pas de spécialement bon donc, je dois dire que la fin était par contre bien trouvée, et qu’elle a réussi à rattraper un peu mes deux défauts. Elle était un peu compliquée à suivre pour ma part car je n’ai pas été très concentrée sur ma lecture, mais ces dernières scènes où il y avait de la haine, de la vengeance, de la folie, de la colère étaient surprenantes et agréables à lire malgré tout. Et j'avoue que j'ai été contente de voir que je n'ai pas souffert pour rien, que la fin au moins était à la hauteur d'un bon roman policier.

En résumé, je n’ai pas été si emballée que ça par cette lecture, mais si les ambiances tendues vous plaisent, pourquoi pas.

Merci à Lecteurs.com et aux éditions Préludes.

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10 mai 2019

"Les Francs Royaumes : par deux fois tu mourras" de Eric Fouassier

Les Francs Royaumes : par deux fois tu mourras (T.1) de Eric Fouassier

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Résumé :

Palais de Rouen, 569. Galswinthe, la jeune épouse de Chilpéric, l’un des trois petits-fils de Clovis, meurt étouffée dans sa chambre. Juste après, son assassin est retrouvé poignardé… Quatre ans plus tard, la sœur de Galswinthe, la reine Brunehilde d’Austrasie, est persuadée que toute la lumière n’a pas été faite sur cette tragique affaire. Elle charge Arsenius Pontius, un jeune lettré gallo-roman, de se rendre à Rouen pour enquêter en toute discrétion.
Sur place, Wintrude, une ancienne princesse thuringienne devenue esclave des Francs, lui apporte des informations essentielles. La jeune femme, indirectement mêlée au meurtre de Galwsinthe, a dû se placer sous la protection de l’Église pour échapper à des proches de Chilpéric, qui cherchent à la réduire au silence… Victime lui-même d’une tentative de meurtre, Arsenius apprend qu’un conflit est sur le point d’éclater entre Neustrie et Austrasie. Dès lors, Wintrude et lui n’ont plus le choix : ils doivent faire éclater la vérité avant que le jeu des trônes n’embrase toute la Gaule mérovingienne.
Ressuscitant avec brio cet âge sombre qui fonda la France, où le meurtre, le sexe et la vengeance sont autant d’instrument de pouvoir, Éric Fouassier allie rigueur historique et inventivité romanesque pour emporter le lecteur dans une enquête trépidante.

Mon avis :

Childéric, ancêtre des trois rois de ce livre, avait eu une nuit une vision à propos de bêtes que sa femme Basine lui avait expliquée au petit matin. Il ressortait de cette prophétie, qu’après Clovis les descendants se conduiraient comme des bêtes et s’entredéchiraient pour la terre et le pouvoir. Je ne vais pas dire que cette vision fût réelle, mais quoi qu’il en soit l’histoire est telle que cette vision s’est avérée réelle, et c’est ce contexte que l’auteur de Par deux fois tu mourras a choisi pour son livre. Faut dire que l’époque se prête beaucoup aux trahisons, aux assassinats (sport national), aux girouettes, comme va en attester la suite de l’histoire…
Car tout commence en effet avec l’assassinat de Galswinthe, princesse wisigothe devenue Reine de Neustrie en se mariant avec Chilpéric, que sa sœur Brunehaut (Reine d’Austrasie et épouse de Sigebert), veut élucider. Bien que cette dernière ait déjà une petite idée de la commanditaire du meurtre : Frédégonde maîtresse du Roi Chilpéric.
Pour cela, elle envoie donc un émissaire en Neustrie, un jeune homme du nom d’Arsenius, afin que ce dernier fasse toute la lumière sur le meurtre de sa sœur. Mais ce qu’Arsenius va découvrir, va s’avérer plus compliqué que ce que pensait la Reine d’Austrasie ; coup fourrés, dangers, révélations, faux-semblants, ne vont pas ménager notre pauvre enquêteur malgré lui.

Vous l’aurez deviné, ce roman c’est une enquête historique où l’auteur va se faire plaisir avec ce que l’époque mérovingienne permet, mais si vous ne pensez que lire une enquête où plusieurs personnages vont risquer leur vie, détrompez-vous très vite. Car l’enquête n’est pas qu’une enquête, c’est toute une histoire qui appelle une faide et donc aura un impact non négligeable sur la stabilité de la Francia. Et tout cet impact politique, l’auteur va nous le faire découvrir ou redécouvrir en montrant les enjeux de ce meurtre, tout en rajoutant bien sûr au meurtre d’autres enjeux et une autre enquête avec des runes (je crois). Roman oblige !
Bien sûr dit comme ça, ça peut faire peur le lecteur plus novice en Histoire, mais (en sachant que je ne suis pas novice) pour ma part je trouve que ce bouquin est accessible à tous, tout en étant bien fait historiquement, du moins autant que faire se peut. Cependant, je n’ai pas trouvé qu’Eric Fouassier - et contrairement à ce qu’il dit - amoindrissait la légende noire du Néron et de la Néronne (oui, j’invente des mots), je trouve en effet Frédégonde toujours aussi garce, même si c’est vrai que pour le coup du meurtre de Galswinthe il envisage visiblement autre chose.

D’ailleurs petit aparté, je me demande comment ça va virer dans la suite. Car le rôle que joue un roi dans ces pages m’étonne un peu - surtout qu’il n’est pas réputé pour être un salopard -, du fait qu’avec Brunehaut ou Frédégonde il fera, fera plus, alliance. Du coup la question se pose, où est-ce que l’auteur va aller avec ce roi ? Est-ce le roi ou quelqu’un d’autre qui commandite le meurtre ? Comment l’auteur va rester au plus proche de l’Histoire avec son histoire comme dans le tome 1 ? Car oui dernier point, ce livre donne un début de réponse, mais ne résout pas l’enquête dans son entièreté, au contraire la lumière éclaire les ténèbres qui restent à parcourir.

En résumé, un bon premier tome. Bien écrit, bien clair, où l’imaginaire se mélange bien à l’Histoire. Vivement la suite.

Editions JC Lattès.

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04 avril 2019

"Entre ici Jean Moulin" de Aude Terray

Entre ici Jean Moulin de Aude Terray

Source: Externe

Résumé :

C’était un matin de décembre, dans le froid et le vent, devant les marches du Panthéon, la voix caverneuse et lyrique d'André Malraux, les roulements de tambour qui martèlent la tristesse…
La République, toute à sa liturgie, sacrait Jean Moulin.
Aude Terray a choisi d'explorer ce moment historique et fondateur.
Elle s'interroge et mène l'enquête : comment expliquer le choix de panthéoniser
Jean Moulin qui ne faisait pas l'unanimité au sein de la Résistance ? Pour quelles raisons deux jours de cérémonies ? Pourquoi le discours de Malraux, sans doute le plus beau de la Vème République, a-t-il été si douloureux à écrire ?
Aude Terray scrute les coulisses, traque les secrets et les états d'âme. Elle mêle dans une fresque vivante et intime le Général de Gaulle, Georges Pompidou, André Malraux, Daniel Cordier, Maurice Papon aux héros anonymes de ces deux jours, un sacristain, une fleuriste, une gardienne d'immeuble, un commissaire adjoint et tant d’autres. 
Cette France des années 60 est encore meurtrie mais regarde vers l'avenir.
Ses contradictions et ses espérances hantent nos mythologies les plus contemporaines.

Mon avis :

Avec ce livre, Aude Terray nous plonge dans une époque et une histoire intimement liée à la Vème République, celle de la panthéonisation de Jean Moulin. Cendre de conséquence qu’on tire tantôt à droite, tantôt à gauche.

Je ne connaissais pas la vie de Jean Moulin, à part ce que tout le monde en sait, c’est-à-dire son rôle dans la résistance. Avec son livre, Aude Terray m’a comblé un peu cette lacune en présentant l’homme et ses femmes. Elle abordera même la supposé homosexualité de Moulin qui a l’air d’être qu’une affabulation selon les personnes qui l’ont connu.

Mais là n’est pas tout à fait le sujet du livre, car ce qui nous intéresse ici, c’est surtout les journées du 18 et 19 décembre 1964. Jours de la panthéonisation de Jean Moulin que l’autrice va faire revivre avec ses grands personnages comme Malraux, De Gaulle, et ses inconnus, la fleuriste, le proviseur d’école, etc.
En abordant ce moment, Aude Terray va en outre nous montrer toute l’effervescence, les préparations, qui a autour de cet évènement, mais aussi les angoisses qui pèsent sur cette journée. Les menaces écrites ou par téléphone, ou encore la douleur de Malraux pour rédiger son discours. Selon l’autrice un des plus beaux qui soit, mais qui soulève dans ce livre plusieurs voix discordantes. Toute comme la présence d’une certaine personne à l’hommage de Jean Moulin, celle de René Hardy connu pour avoir selon certaines sources de l’époque dénoncé Jean Moulin. (Et selon la page Wikipédia est passé à travers de la condamnation au "bénéfice « de la minorité de faveur »".)

Ce livre qui se partage entre deux époques, raconte aussi les recherches et questionnements de l’écrivaine : les archives plus ou moins parlantes ; les lieux visités ; les personnes qu’elle a dû rencontrer, dont Daniel Cordier qui a connu Jean Moulin. Et dans l’ensemble, ces points étaient intéressants à lire, mais pour être franche, pas à tous les coups…
Bien sûr, c’était captivant de voir comment Jean moulin a pu être perçu : homme ouvert à tous les courants ; communiste ; gaulliste. De prendre connaissance des diverses versions sur son arrestation, les guerres d’historien, la guerre des femmes - bien mise en avant dans le livre d’ailleurs. Mais à côté, la description des lieux ou encore le questionnement débile sur Johnny Hallyday (what ?!), j’avoue que je m’en serais passée. Par moment j’avais un peu cette impression qu’il fallait broder.

D’ailleurs je ne sais pas si ça vient de ça et le fait que le livre fasse un peu roman avec les personnages secondaires, les inconnus, mais finalement je trouve ce bouquin plutôt vide. Tellement peu rempli que j’en viens à me demander si Aude Terray a répondu aux questions écrites dans le résumé. Alors oui, certaines ont été plus ou moins abordées, mais par exemple la raison des deux jours je crois que je ne l’ai pas vu. En tout cas j’ai rien retenu. Le trou. Le vide. Le néant.
Et au final, autant j’ai trouvé que livre abordé bien les esprits, celui douloureux de Malraux, celui tourné vers l’avenir de Pompidou, ou encore la vie de Madeleine Malraux, mais pas tant l’importance de l’évènement et ce qu’il représente. Par contre la description de l’évènement, oui, là l’auteure a été jusqu’au bout.


Bref ! Je ressors de cette lecture mitigée. J’ai découvert avec plaisir des choses sur Jean Moulin, les hommes et les femmes de décembre 1964 (à moi d’aller plus loin), mais je trouve le livre un peu maigre et pas très bavard. Je m’attendais à un peu plus, mais bon ça reste une bonne intro, mais juste une intro.

Editions Grasset.

Posté par Florell à 14:44 - Documentaire / Essai - Commentaires [0] - Permalien [#]
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