Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

19 juillet 2019

"Fille du silence" de Carole Declercq

Fille du silence de Carole Declercq

Source: Externe

Résumé :

Sous le soleil de plomb sicilien, Rina a vécu une enfance pleine de violence et de non-dits dans une famille différente des autres. Une famille gangrenée par la mafia, où les hommes disparaissent parfois mystérieusement, où la plupart des femmes sont veuves ou orphelines.

Lorsque le père de Rina, le « parrain » du village, est assassiné, le monde de l’adolescente s’effondre complètement. Doit-elle vraiment se résigner et accepter son destin, comme sa mère le lui demande ? Et son frère, le seul homme encore vivant de sa famille, finira-t-il lui aussi enterré dans un terrain vague ?

Pour Rina, c'est hors de question. Alors, elle va mener sa propre vendetta. En brisant la loi du silence, elle va s’attaquer au fragile équilibre qui avait jusqu’alors cimenté son existence. Au risque de faire voler en éclats sa vie et celle de sa famille...

Avis express :

"L’odeur de la mafia, je ne vous en ai pas encore parlé. Sachez juste qu’elle est en suspens partout où vous mettez les pieds ici. Elle précède tout. Même son silence."

J'ai reçu ce livre il y a à peu près plus d'un an, j'avais tenté de le lire une première fois mais j'avais laissé tomber au bout de deux pages. J'ai repris ce livre il y a peu, et je l'ai dévoré en deux jours.
Cette histoire vraie mais romancée de Rita Atria (Rina dans le livre), fille et soeur de mafioso qui aura le courage de s'élever contre le milieu après la mort de ses parents, est racontée avec tellement de délicatesse et de lucidité, qu'il est en faite impossible de ne pas apprécier ce livre, - et ceci même si parfois on a l'impression que l'autrice poétise trop son roman.

En effet, l'auteure a tellement bien réussi l'immersion du lecteur en mettant en avant les forces contraires, le consentement, le courage de Rina, la haine de sa mère, la vengeance sous le soleil écrasant de Sicile, qu'il est impossible de ne pas s'embarquer dans cette histoire terrible, savamment mélangée et dosée avec la vie d'une jeune fille. Par ailleurs comment ne pas admirer le courage de cette jeune fille qui va défier toutes les lois que la mafia impose ?

Bref ! J'ai eu un gros coup de coeur pour ce livre. Merci madame Declercq pour cette belle et terrible histoire, juste dommage que vous n'ayez pas plus de visibilité, car ce livre la mérite bien plus qu'un Nothomb...

Editions Terra Nova.

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05 juillet 2019

"Marie-Antoinette et ses soeurs, tome 2 : premiers bals" de Anne-Marie Desplat-Duc

Marie-Antoinette et ses soeurs, tome 2 : premiers bals de Anne-Marie Desplat-Duc

Source: Externe

Résumé :

Marie-Antoinette est la plus jeune fille de l’impératrice d’Autriche. Avant de devenir reine de France, elle grandit entourée de ses sœurs. Sa vie est faite d’aventures et de liberté.

Les bals et les fêtes se succèdent à la cour de Vienne, ce qui enchante la jeune Marie-Antoinette, qui aime tant danser et monter sur scène. Une fois grande, même si elle est reine, elle réalisera son rêve et deviendra comédienne!

Mon avis :

Comme le dit l’autrice, de Marie-Antoinette on ne connait que son règne en tant que Reine de France femme de Louis XVI. C’est-à-dire, au vu de sa courte vie, pas grand-chose. Heureusement pour les grands (oui aussi) comme pour les enfants surtout, Anne-Marie Desplat-Duc s’engage avec simplicité à réparer cette erreur.
Avec simplicité certes, mais c’est efficace ! En effet, en retraçant à grand trait l'enfance de Marie-Antoinette, les enfants vont en découvrir déjà beaucoup sur son âge tendre, ses frères et ses soeurs, sur la vie à la cour, ainsi que sur les intérêts politiques des enfants. Ce dernier point n’est pas le plus abordé, mais l’autrice en raconte assez pour que ça se devine.


Mais le sujet du livre c’est Marie-Antoinette dans son jeune âge, et que dire ? Que malgré les siècles et toute proportion gardée, que c’est une petite fille très actuelle. Une petite fille moqueuse, jalouse, frivole qui aime les rubans et se mettre en spectacle, qui apprécie ses proches et les animaux. Bien sûr, elle vit à la cour et a donc un code à respecter, par ailleurs ses parents n’ont que peu de temps à lui accorder, mais il n’en demeure pas moins qu’elle reste une petite fille proche de nous qui possède des rêves et des passions.
Au-delà de l’agréable découverte du caractère de Marie-Antoinette et de sa vie à la cour de Viennes, ce qui a été plaisant à découvrir aussi, c’est l’histoire de sa famille. Je parlais plutôt du rôle des enfants dans la politique, mais outre ceci l’autrice a pris soin de les aborder dans le privé, dans leurs peines de cœur, la maladie, leurs joies... Et cette approche a été très appréciable je dois dire, car ça a permis de rendre le livre vivant, loin de la poussière. Anne-Marie Desplat-Duc dépassant ainsi la simple leçon d’histoire, pour faire de ces vies un roman.

Enfin, en plus de l’écriture, il faut aussi que je souligne les illustrations éparpillées dans le livre. Je les ai trouvé pour ma part très belles, très présentes sans être pour autant envahissantes, et ça a rajouté une petite touche sympathique à ce livre déjà grandement sympathique.

En résumé, c’était bien écrit et bien illustré sur une idée originale. Excellent pour cultiver les enfants. Je n’ai qu’une chose à dire, vivement la suite ! (Elle arrivera autour du mois d’octobre 2019, mais hélas je ne l’ai pas choisi dans la sélection – j’ai fait ma nouille – donc je ne vous en parlerai pas. Mais allez-y les yeux fermés.)

Editions Flammarion Jeunesse.

02 juillet 2019

"Le sabordage de la noblesse : mythe et réalité d'une décadence" de Fadi El Hage

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Fadi El Hage Le sabordage de la noblesse.

le sabordage de la noblesse fadi el hage

Résumé :

Au XVIIIe siècle, la noblesse française comme l'aristocratie, minorité ô combien plus "médiatisée", sont perçues comme décadentes par la grande majorité du peuple de France. Rongée par les dissensions internes, minée par les rumeurs et les scandales, contestée dans sa légitimité à revendiquer une supériorité sociale, la noblesse paraissait au plus grand nombre indigne de sa vocation à servir le royaume. Elle vivait alors la clôture d'un cycle, dont 1789 ne serait que l'ultime conséquence. En somme, et l'image perdure jusqu'à nos jours, la noblesse, en dérogeant à l'honneur, aurait perdu sa raison d'être. Mais y avait-il, dans les faits, une inconscience collective de la noblesse ? Pour démêler le vrai du faux, Fadi El Hage retrace son histoire au XVIIIe, dans toutes ces composantes, de l'aristocratie versaillaise aux vieilles familles prestigieuses mais désargentées, sans oublier la noblesse de robe. Fondé sur une relecture des sources et l'étude de documents inédits, cet essai novateur invite le lecteur à s'interroger sur la place et le rôle d'une noblesse victime autant de fantasmes que de l'image sociale et morale qu'elle renvoyait au public.

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25 mai 2019

"Les suppliciées du Rhône" de Coline Gatel

Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel

Source: Externe

Résumé :

Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle.
Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l'enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu'il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu'intrigant ?
Entouré d'Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au cœur d'un Lyon de notables, d'opiomanes et de faiseuses d'anges. Jusqu'à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.

Mon avis :

Trois jeunes gens, une journaliste polonaise et deux jeunes médecins légistes, mènent l’enquête pour résoudre les meurtres de jeunes femmes avortées. Dans un Lyon mal fréquenté à la fin du 19ème siècle, nous voici donc embarquez avec ces trois jeunes gens pour résoudre l’enquête à l’époque des balbutiements de la science policière…

Embarquez oui, mais pas entièrement, et pour deux raisons en ce qui me concerne.
Première raison, j’ai trouvé que l’auteure s’éparpillait beaucoup trop dans le récit, en abordant beaucoup trop de sujet comme la drogue, l’avortement, la prostitution, la misogynie… qui donne un peu cette impression d’avoir une enquête qui passe au second plan.
Deuxième raison, j’ai trouvé les personnages beaucoup, beaucoup trop bruyants, et de fait beaucoup trop fatigants. A cause de leurs oppositions constantes, leurs prises de bec incessantes, mais aussi à cause de leur personnalité trop forte. La journaliste polonaise par exemple, m’a fatiguée au plus haut point - et je crois que c’est la première fois de ma vie qu’un personnage fictif me fatigue !

Toutefois, si tout ceci a mal joué sur ce moment de lecture, que je ne qualifierai pas de spécialement bon donc, je dois dire que la fin était par contre bien trouvée, et qu’elle a réussi à rattraper un peu mes deux défauts. Elle était un peu compliquée à suivre pour ma part car je n’ai pas été très concentrée sur ma lecture, mais ces dernières scènes où il y avait de la haine, de la vengeance, de la folie, de la colère étaient surprenantes et agréables à lire malgré tout. Et j'avoue que j'ai été contente de voir que je n'ai pas souffert pour rien, que la fin au moins était à la hauteur d'un bon roman policier.

En résumé, je n’ai pas été si emballée que ça par cette lecture, mais si les ambiances tendues vous plaisent, pourquoi pas.

Merci à Lecteurs.com et aux éditions Préludes.

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10 mai 2019

"Les Francs Royaumes : par deux fois tu mourras" de Eric Fouassier

Les Francs Royaumes : par deux fois tu mourras (T.1) de Eric Fouassier

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Résumé :

Palais de Rouen, 569. Galswinthe, la jeune épouse de Chilpéric, l’un des trois petits-fils de Clovis, meurt étouffée dans sa chambre. Juste après, son assassin est retrouvé poignardé… Quatre ans plus tard, la sœur de Galswinthe, la reine Brunehilde d’Austrasie, est persuadée que toute la lumière n’a pas été faite sur cette tragique affaire. Elle charge Arsenius Pontius, un jeune lettré gallo-roman, de se rendre à Rouen pour enquêter en toute discrétion.
Sur place, Wintrude, une ancienne princesse thuringienne devenue esclave des Francs, lui apporte des informations essentielles. La jeune femme, indirectement mêlée au meurtre de Galwsinthe, a dû se placer sous la protection de l’Église pour échapper à des proches de Chilpéric, qui cherchent à la réduire au silence… Victime lui-même d’une tentative de meurtre, Arsenius apprend qu’un conflit est sur le point d’éclater entre Neustrie et Austrasie. Dès lors, Wintrude et lui n’ont plus le choix : ils doivent faire éclater la vérité avant que le jeu des trônes n’embrase toute la Gaule mérovingienne.
Ressuscitant avec brio cet âge sombre qui fonda la France, où le meurtre, le sexe et la vengeance sont autant d’instrument de pouvoir, Éric Fouassier allie rigueur historique et inventivité romanesque pour emporter le lecteur dans une enquête trépidante.

Mon avis :

Childéric, ancêtre des trois rois de ce livre, avait eu une nuit une vision à propos de bêtes que sa femme Basine lui avait expliquée au petit matin. Il ressortait de cette prophétie, qu’après Clovis les descendants se conduiraient comme des bêtes et s’entredéchiraient pour la terre et le pouvoir. Je ne vais pas dire que cette vision fût réelle, mais quoi qu’il en soit l’histoire est telle que cette vision s’est avérée réelle, et c’est ce contexte que l’auteur de Par deux fois tu mourras a choisi pour son livre. Faut dire que l’époque se prête beaucoup aux trahisons, aux assassinats (sport national), aux girouettes, comme va en attester la suite de l’histoire…
Car tout commence en effet avec l’assassinat de Galswinthe, princesse wisigothe devenue Reine de Neustrie en se mariant avec Chilpéric, que sa sœur Brunehaut (Reine d’Austrasie et épouse de Sigebert), veut élucider. Bien que cette dernière ait déjà une petite idée de la commanditaire du meurtre : Frédégonde maîtresse du Roi Chilpéric.
Pour cela, elle envoie donc un émissaire en Neustrie, un jeune homme du nom d’Arsenius, afin que ce dernier fasse toute la lumière sur le meurtre de sa sœur. Mais ce qu’Arsenius va découvrir, va s’avérer plus compliqué que ce que pensait la Reine d’Austrasie ; coup fourrés, dangers, révélations, faux-semblants, ne vont pas ménager notre pauvre enquêteur malgré lui.

Vous l’aurez deviné, ce roman c’est une enquête historique où l’auteur va se faire plaisir avec ce que l’époque mérovingienne permet, mais si vous ne pensez que lire une enquête où plusieurs personnages vont risquer leur vie, détrompez-vous très vite. Car l’enquête n’est pas qu’une enquête, c’est toute une histoire qui appelle une faide et donc aura un impact non négligeable sur la stabilité de la Francia. Et tout cet impact politique, l’auteur va nous le faire découvrir ou redécouvrir en montrant les enjeux de ce meurtre, tout en rajoutant bien sûr au meurtre d’autres enjeux et une autre enquête avec des runes (je crois). Roman oblige !
Bien sûr dit comme ça, ça peut faire peur le lecteur plus novice en Histoire, mais (en sachant que je ne suis pas novice) pour ma part je trouve que ce bouquin est accessible à tous, tout en étant bien fait historiquement, du moins autant que faire se peut. Cependant, je n’ai pas trouvé qu’Eric Fouassier - et contrairement à ce qu’il dit - amoindrissait la légende noire du Néron et de la Néronne (oui, j’invente des mots), je trouve en effet Frédégonde toujours aussi garce, même si c’est vrai que pour le coup du meurtre de Galswinthe il envisage visiblement autre chose.

D’ailleurs petit aparté, je me demande comment ça va virer dans la suite. Car le rôle que joue un roi dans ces pages m’étonne un peu - surtout qu’il n’est pas réputé pour être un salopard -, du fait qu’avec Brunehaut ou Frédégonde il fera, fera plus, alliance. Du coup la question se pose, où est-ce que l’auteur va aller avec ce roi ? Est-ce le roi ou quelqu’un d’autre qui commandite le meurtre ? Comment l’auteur va rester au plus proche de l’Histoire avec son histoire comme dans le tome 1 ? Car oui dernier point, ce livre donne un début de réponse, mais ne résout pas l’enquête dans son entièreté, au contraire la lumière éclaire les ténèbres qui restent à parcourir.

En résumé, un bon premier tome. Bien écrit, bien clair, où l’imaginaire se mélange bien à l’Histoire. Vivement la suite.

Editions JC Lattès.

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04 avril 2019

"Entre ici Jean Moulin" de Aude Terray

Entre ici Jean Moulin de Aude Terray

Source: Externe

Résumé :

C’était un matin de décembre, dans le froid et le vent, devant les marches du Panthéon, la voix caverneuse et lyrique d'André Malraux, les roulements de tambour qui martèlent la tristesse…
La République, toute à sa liturgie, sacrait Jean Moulin.
Aude Terray a choisi d'explorer ce moment historique et fondateur.
Elle s'interroge et mène l'enquête : comment expliquer le choix de panthéoniser
Jean Moulin qui ne faisait pas l'unanimité au sein de la Résistance ? Pour quelles raisons deux jours de cérémonies ? Pourquoi le discours de Malraux, sans doute le plus beau de la Vème République, a-t-il été si douloureux à écrire ?
Aude Terray scrute les coulisses, traque les secrets et les états d'âme. Elle mêle dans une fresque vivante et intime le Général de Gaulle, Georges Pompidou, André Malraux, Daniel Cordier, Maurice Papon aux héros anonymes de ces deux jours, un sacristain, une fleuriste, une gardienne d'immeuble, un commissaire adjoint et tant d’autres. 
Cette France des années 60 est encore meurtrie mais regarde vers l'avenir.
Ses contradictions et ses espérances hantent nos mythologies les plus contemporaines.

Mon avis :

Avec ce livre, Aude Terray nous plonge dans une époque et une histoire intimement liée à la Vème République, celle de la panthéonisation de Jean Moulin. Cendre de conséquence qu’on tire tantôt à droite, tantôt à gauche.

Je ne connaissais pas la vie de Jean Moulin, à part ce que tout le monde en sait, c’est-à-dire son rôle dans la résistance. Avec son livre, Aude Terray m’a comblé un peu cette lacune en présentant l’homme et ses femmes. Elle abordera même la supposé homosexualité de Moulin qui a l’air d’être qu’une affabulation selon les personnes qui l’ont connu.

Mais là n’est pas tout à fait le sujet du livre, car ce qui nous intéresse ici, c’est surtout les journées du 18 et 19 décembre 1964. Jours de la panthéonisation de Jean Moulin que l’autrice va faire revivre avec ses grands personnages comme Malraux, De Gaulle, et ses inconnus, la fleuriste, le proviseur d’école, etc.
En abordant ce moment, Aude Terray va en outre nous montrer toute l’effervescence, les préparations, qui a autour de cet évènement, mais aussi les angoisses qui pèsent sur cette journée. Les menaces écrites ou par téléphone, ou encore la douleur de Malraux pour rédiger son discours. Selon l’autrice un des plus beaux qui soit, mais qui soulève dans ce livre plusieurs voix discordantes. Toute comme la présence d’une certaine personne à l’hommage de Jean Moulin, celle de René Hardy connu pour avoir selon certaines sources de l’époque dénoncé Jean Moulin. (Et selon la page Wikipédia est passé à travers de la condamnation au "bénéfice « de la minorité de faveur »".)

Ce livre qui se partage entre deux époques, raconte aussi les recherches et questionnements de l’écrivaine : les archives plus ou moins parlantes ; les lieux visités ; les personnes qu’elle a dû rencontrer, dont Daniel Cordier qui a connu Jean Moulin. Et dans l’ensemble, ces points étaient intéressants à lire, mais pour être franche, pas à tous les coups…
Bien sûr, c’était captivant de voir comment Jean moulin a pu être perçu : homme ouvert à tous les courants ; communiste ; gaulliste. De prendre connaissance des diverses versions sur son arrestation, les guerres d’historien, la guerre des femmes - bien mise en avant dans le livre d’ailleurs. Mais à côté, la description des lieux ou encore le questionnement débile sur Johnny Hallyday (what ?!), j’avoue que je m’en serais passée. Par moment j’avais un peu cette impression qu’il fallait broder.

D’ailleurs je ne sais pas si ça vient de ça et le fait que le livre fasse un peu roman avec les personnages secondaires, les inconnus, mais finalement je trouve ce bouquin plutôt vide. Tellement peu rempli que j’en viens à me demander si Aude Terray a répondu aux questions écrites dans le résumé. Alors oui, certaines ont été plus ou moins abordées, mais par exemple la raison des deux jours je crois que je ne l’ai pas vu. En tout cas j’ai rien retenu. Le trou. Le vide. Le néant.
Et au final, autant j’ai trouvé que livre abordé bien les esprits, celui douloureux de Malraux, celui tourné vers l’avenir de Pompidou, ou encore la vie de Madeleine Malraux, mais pas tant l’importance de l’évènement et ce qu’il représente. Par contre la description de l’évènement, oui, là l’auteure a été jusqu’au bout.


Bref ! Je ressors de cette lecture mitigée. J’ai découvert avec plaisir des choses sur Jean Moulin, les hommes et les femmes de décembre 1964 (à moi d’aller plus loin), mais je trouve le livre un peu maigre et pas très bavard. Je m’attendais à un peu plus, mais bon ça reste une bonne intro, mais juste une intro.

Editions Grasset.

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17 mars 2019

"Esther et Mandragore : une sorcière et son chat" de Sophie Dieuaide

Esther et Mandragore : une sorcière et son chat de Sophie Dieuaide

Source: Externe

Résumé :

Événement à l'école des sorcières : Esther, élève de première année, a reçu le Premier prix de Curiosité ! Elle reçoit un laissez-passer pour l'Autre monde, celui des humains. C'est Mandragore, son chat, qui va être content, lui qui ne pense qu'à faire la sieste ! D'autant qu'il leur faut aider Zoé à retrouver son chat. Quelques tours de magie ne seront pas de trop !

Mon avis :

Esther et Mandragore, c’est une histoire de sorcière sympathique et de son chat grincheux. (Oui comme le nain.) Grâce à sa curiosité et à l’école des sorcières, elle vit dans notre monde pour un certain temps, où elle est logée chez une sorcière qui y vit depuis longtemps. Pourquoi ? mystère. Et on n’en sera pas plus dans ce livre là.

Dans l’ensemble, j’ai apprécié ce petit livre rapide, car l’histoire sans être folichonne est agréable, vu qu’Esther détourne un peu le règlement qui interdit de faire de la magie devant les humains. De plus, avec Mandragore le chat qui parle parfois devant les autres ça donne quelques scènes qui rajoutent un peu du comique à l’histoire. Surtout que le félin ne manque pas d’humour.
Cependant petit point négatif, je regrette que tout soit trop rapide au niveau des descriptions, et des descriptions des mondes en particulier. Surtout celui de la magie où l’auteure laisse planer quelques mystères, mais même pas un début de réponse... Un peu rageant pour une série qui est censée vendre du rêve ! Mais comme c’est une série, peut-être que le lecteur en sera plus par la suite. C’est à souhaiter en tout cas.
Néanmoins, je précise que le décalage entre les deux mondes est plutôt bien raconté, toujours très vite, mais là c’est un peu plus développé, on voit bien l’incompréhension, le décalage des habitudes, etc...

En résumé, un début prometteur, une mise en page claire accompagnée par quelques beaux dessins, mais à souhaiter que la suite soit un peu plus descriptive. L’aventure ça va, c’est banal mais ça passe, par contre je trouve qu’il manque un peu de profondeur même pour des enfants. Toutefois, ce n’est pas ça qui les empêchera d’apprécier cette mimi petite série aux couleurs Halloween.

Merci à Lecteurs.com et les éditions Talents Hauts.

09 mars 2019

"Les cages de la Kempeitaï : Les français sous la terreur japonaise. Indochine, mars-août 1945" de Guillaume Zeller

Sur Encre d'époque mon 2ème blog :

Mon avis sur Les cages de la Kempeitaï : les français sous l'occupation japonaise. Indochine, mars-août 1945 de Guillaume Zeller.

Les cages de la Kempeitaï Guillaume Zeller

Résumé :

9 mars 1945. Les Japonais s’emparent de l’Indochine française alors que l’issue de la guerre du Pacique en faveur des Alliés ne fait plus le moindre doute. Après ce coup de force, ponctué de nombreux massacres, des milliers de Français, civils ou militaires, sont déportés dans des camps, incarcérés dans des prisons ou assignés à résidence.

Ces hommes et ces femmes connaissent des conditions de détention effrayantes dans les cachots et bagnes qui jalonnent la péninsule du nord du Tonkin jusqu’au sud de la Cochinchine. Sous la surveillance de la Kempeitaï, surnommée la « Gestapo japonaise », ils participent à des travaux harassants, souffrent de la faim et de la soif, subissent coups et tortures quand ils ne sont pas entassés dans des cages à tigres fétides d’où ils ne voient jamais le jour.

On estime que plus de 3 000 Européens sont morts pendant cette période. Les rescapés, dont les grands-parents de l’auteur, ont toujours été convaincus de ne devoir la vie qu’aux explosions nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki. Ces Français du bout du monde demeurent pourtant oubliés, écrasés entre la libération de la métropole et la guerre d’Indochine qui s’annonce, quand ils ne sont pas soupçonnés de complaisance envers le régime de Vichy. Plus de 70 ans après, il est temps que cette tragédie occupe sa juste place dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

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04 octobre 2018

"Les enquêtes de Clem : la mystérieuse Mrs Walton" de C. Kalengula & M. Gribouille

Les enquêtes de Clem : la mystérieuse Mrs Walton de C. Kalengula & M. Gribouille

 Source: Externe

Résumé :

Derrière son chignon impeccable et ses belles manières, Mrs Walton, la nouvelle hôte de la famille Neuville, semble cacher quelque chose.
Qu’est-elle vraiment venue faire au hameau?
Clémentine et ses cousins sont bien décidés à le découvrir!

Entre Clémentine et ses cousins, aucun indice ne laisse suspecter le lien familial. Mais quand il s'agit de mener l'enquête, leur complicité n'est plus à prouver!

Mon avis :

Clémentine emménage avec sa mère dans le hameau de feu ses grands-parents, avec ses cousins, tantes... Objectif : sauver le hameau en faisant des chambres d'hôtes. Cela fonctionne assez vite car une dame très chic loue une chambre. Toutefois, très vite cette dame a un comportement étrange qui titille la curiosité des enfants, les voilà donc partis pour jouer les apprentis détectives.

Ma première impression à la lecture de ce livre est plutôt agréable. La lecture est rapide et aérée, et les personnages résonnent bien avec notre époque. Ils aiment la technologie, vivent des tensions avec leur parents, sont de famille recomposée... Autre bon point pour un jeune enfant, c'est l'accessibilité du texte, aucun mot compliqué ou situation alambiquée, tout est clair et simple, ce qui facilitera la concentration des enfants.

Cependant, ma deuxième impression est un peu moins bonne. En effet, si le dernier point est un atout, c'est aussi une faiblesse pour les enfants qui peuvent en demander un peu plus. En effet, la simplicité du livre et son côté un peu gentillet, pourraient je pense rebuter les enfants qui aiment un peu plus l'action et les situations compliquées. Ceci fait, que je ne le conseillerai pas à ces enfants qui seraient habitués à lire des choses plus consistantes, plus sombres, mais toutefois je le conseillerai sans hésiter aux enfants un peu paresseux à la lecture ou vites impressionnables (si jamais ça existe encore).

En fait, à bien regarder, je pense que le problème ce n'est pas tant le livre, mais plutôt la tranche d'âge recommandé par l'éditeur, pour moi 8 ans c'est l'âge maximum et non minimum.

En résumé, c'est une lecture sympa pour les enfants, les mots sont simples et les situations aussi, mais si votre enfant aime la collection Chair de poule, les romans policiers pour enfants plus consistant je ne vous conseille pas ce livre car vous allez faire un déçu.

Merci aux éditions Flammarion Jeunesse, collection Père-Castor.

28 septembre 2018

"Carnaval noir" de Metin Arditi

Carnaval noir de Metin Arditi

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Résumé :

Janvier 2016 : une jeune étudiante à l'université de Venise est retrouvée noyée dans la lagune. C'est, le début d'une série d'assassinats dont on ne comprend pas le motif. Elle consacrait une thèse à l'une des principales confréries du XVIe siècle, qui avait été la cible d'une série de crimes durant le carnaval de Venise en 1575, baptisé par les historiens "Carnaval noir"... Cinq siècles plus tard, les mêmes obscurantistes qui croyaient faire le bien en semant la terreur seraient-ils toujours actifs ? Bénédict Hugues, professeur de latin à l'université de Genève, parviendra-t-il à déjouer une machination ourdie par l'alliance contre-nature d'un groupuscule d'extrême droite de la Curie romaine et de mercenaires de Daech, visant à éliminer un pape jugé trop bienveillant à l'égard des migrants ? A croire que l'Histoire se répète éternellement, que le combat entre le fanatisme et la raison n'en finit jamais, et que la folie des hommes est sans limite... Dans ce roman riche de suspense, de passion et de savoir, Metin Arditi se révèle, une fois encore, un conteur exceptionnel.

Mon avis :

C’est une histoire historico-policière qui a pour but de sauver la papauté et l’Europe endormie. Pour les moyens, une alliance entre islamistes et chrétiens intégristes doivent permettre d’arriver au but.
Comment vous dire que j’ai eu l’impression de lire un mauvais Dan Brown ? Et Dan Brown n’est pas le genre d’auteur à avoir beaucoup de talent dans son genre, excepté Anges & Démons.

Bon d’accord, le livre n’est pas entièrement mauvais, mais il sent quand même le réchauffé et le récit est en lui-même très inégal. Il alterne en effet longueurs (les personnages sont trop décrits) et passages intéressants. Pour faire simple, disons que ça a été pour moi une lecture en dent de scie, tantôt j’accrochais, tantôt j’avais envie de fermer le livre parce que c’était long, parce que je n’y croyais pas.

Je disais plus haut de Dan Brown qu’il n’avait pas beaucoup de talent, mais qu’on aime ou pas, on ne peut pas nier qu’il maîtrise à peu près selon ses bouquins l’art de faire croire, et dans ce livre cet art est absent. Effectivement, je n’y ai pas cru un seul instant car ce n’est pas raconté avec fougue, avec passion, avec suspense, avec cette sorte de fausse érudition et de pression qui fait qu’on peut y croire. Par ailleurs, je n’imagine pas les chrétiens s’allier avec des musulmans pour tuer le Pape dans un attentat dans la cité du Vatican. Le bâtiment a trop de valeur et les chrétiens aiment l’art.
Finalement, le seul point réellement inquiétant et intéressant du bouquin, c’était l’islamisme. C’est en effet le seul point où l’auteur s’est montré assez convainquant, vu que la menace est réelle et que l'islamisme a encore des beaux jours dans cette Europe endormie.

En résumé c’était une lecture inégale, tantôt on n’accroche, tantôt pas. Le livre n’est pas mauvais, mais pas inoubliable pour autant. Il est trop inégale. Quant à moi, j’espère que les autres livres de cet auteur qui m’attendent me plairont d’avantage.

 

Editions Grasset.

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