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10 septembre 2015

"La neige noire" de Paul Lynch

"La neige noire" de Paul Lynch

 

Source: Externe

Résumé :

L’âpreté lyrique du premier roman de Paul Lynch, Un ciel rouge, le matin, métamorphosait le paysage irlandais en un vaste territoire à l’horizon sans limites, au fil d’une impitoyable chasse à l’homme qui poussait inéluctablement un jeune métayer vers l’exil américain, dans un récit visuel fracassant.

Son nouveau roman raconte le retour d’un émigré irlandais au pays. Après des années passées à New York, Barnabas Kane retrouve le Donegal en 1945 et s’installe sur une ferme avec sa femme et son fils. Mais l’incendie, accidentel ou criminel, qui ravage son étable, tuant un ouvrier et décimant son bétail, met un frein à ce nouveau départ. Confronté à l’hostilité et à la rancœur d’une communauté qui l’accuse d’avoir tué l’un des leurs, il devient un étranger sur son propre sol. Confiné sur cette terre ingrate où l’inflexibilité des hommes le dispute à celle de la nature, Barnabas Kane va devoir choisir à quel monde il appartient.

« Brillant et hypnotique, un roman dans lequel le lecteur plonge en se laissant habiter par les sons et les rythmes. Paul Lynch fait chanter chacune de ses pages comme le faisaient les grands maîtres. » Philipp Meyer

« Un roman sur une Irlande que je reconnais, et que devraient envier tous les écrivains. » Robert McLiam Wilson

Mon avis :

Des paysages humides et sauvages parsemé çà et là par des vieilles demeures où la vie s’écoule sans trop de remous depuis des années, c'est le paradis pour nous au 21ème siècle. Pourtant en cette première partie du 20ème siècle dans ce pays irlandais où il n'y a pas grand chose, ça ne l'est pas... En effet, même si la population acceptent son sort, il n'en reste pas moins que la misère, les aléas de la vie, sont le quotidien de ces petites gens trop enclaver pour avancer.
C’est donc dans ce décor ingrat, malgré la beauté des paysages, que nous allons suivre la vie de Barnabas et de sa petite famille. Que nous allons suivre leur misère, leur peur, leur condition de paria après l’incendie de leur ferme qui emporta un des habitants du village.

Cependant ce roman qui commence par cet incendie va nous révéler plus que la condition misérable d’une famille qui a perdu son outil de travail et donc sa seule source de revenu. Il va nous révéler, plus qu'une famille qui subit plusieurs attaquent, et qui essaye de se reconstruire. En effet à côté de cela, il va nous révéler aussi toute une mentalité sur ces coins ruraux reculés où les habitants ne vont jamais plus loin que les limites de leur village, et supportent plutôt mal ceux qui ont eu le malheur de s’exiler ailleurs, de voir d’autres choses et de penser autrement. C'est vraiment une vieille Irlande que l'auteur nous décrit avec réalisme.
A côté de cela, il va aussi mettre en avant une famille qui ne peut se reconstruire après un drame. Et dans toutes ces situations on verra clairement l’incompréhension, l’impuissance, la colère, s’installer petit à petit malgré les efforts des personnages pour tout arranger.

A côté de cela, ce récit est servi par une écriture simple, il est un peu lent mais comme les combats intérieurs et matériels sont constamment présents cela n’est pas si dérangeant, car même si c’est lent les personnages tentent de vivre et de s’en sortir, ce qui donne une touche de réalisme, de sursaut et de vie à ce roman.
Quant aux paysages ils sont par contre magnifiques : sauvages, irlandais, ce roman est très tellurique ; mais mieux que ça, les sensations que l’auteur nous offre en nous décrivant le bruit de la pluie dehors, le froid de la pièce avant de la faire chauffer, le gris du ciel, font tout le charme de ce sombre tableau.

En résumé ce fut une lecture sympathique même si je n’en fais pas un coup de cœur, mais pour cette vie simple qui cherche le retour à ses racines, la rencontre de cette humanité grise - personne n’est tout noir ou tout blanc -, je le conseille.

 

Merci aux éditions Albin Michel.

Posté par Florell à 18:02 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
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