Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

05 juillet 2017

"Quand la météo fait l'histoire" de Louis Bodin

Quand la météo fait l'histoire de Louis Bodin

louis bodin

Résumé :

Depuis la nuit des temps, les désordres météorologiques influent sur le cours de l'histoire : des pluies ont fait basculer l'issue des plus grandes batailles, comme à Waterloo ou à Azincourt ; les mauvaises récoltes de 1788 et 1789 ont attisé la fureur populaire et les grondements de la Révolution ; la pluie et la boue de la dramatique année 1914 ont freiné l'offensive française et précipité la guerre des tranchées ; la vague de froid de 1954 a entraîné le mouvement de solidarité de l'abbé Pierre ; et les canicules de 1976 ou 2003 ont fait vaciller les gouvernements... Grand spécialiste de la météorologie, Louis Bodin nous invite à un voyage inattendu et passionnant, qui nous montre que le climat a toujours été un acteur incontournable de notre histoire !

Mon avis :

La météo n’est jamais seule responsable des échecs, des défaites, des révoltes, des crises, mais il est certain qu’elle est un facteur non négligeable de ces équations et qu’elle aura plus d’une fois fait trembler les gouvernements.
Loin du réchauffement climatique, du trou de la couche d’ozone, Louis Bodin va nous montrer dans son petit livre intéressant que la météo a toujours imposé sa loi aux hommes et que ces derniers ne sont pas toujours responsables de la colère naturelle. Certes, le réchauffement climatique aujourd’hui - et quoi qu’en dise l’auteur - est responsable de beaucoup de catastrophe, mais avec ce livre qui combine évènements historiques, anecdotes (qui sert souvent d’intro au sujet du chapitre) et un recul sur la situation, on va se rendre compte, si ce n’est pas déjà fait,
que ce n’est pas toujours le cas vu qu’à l’époque où il n’était point vraiment question d’une grosse activité humaine, le temps déjà n’en faisait qu’à sa tête.

Mais si ce livre met en avant le facteur temps au cœur d’une équation pour expliquer certaines défaites, situations critiques, il va aussi au-delà car l’auteur montre comment le facteur humain prend une grosse place dans la tragédie et comment le temps joue sur nous. L’entêtement de Napoléon, les faux pas d’un gouvernement qui les fonts vaciller, les comportements et l’impatience des citoyens ou du bas peuple à l’époque où la citoyenneté n’existait pas, etc. montrent que la question météorologique va plus loin que des phénomènes atmosphériques et que cette dernière est inextricablement liée à l’espèce humaine et sa nature. D’ailleurs je parle de tragédie mais parfois cela a été aussi source de solidarité.

Cela étant et au-delà de tout cela ; temps, nature humaine, faux pas gouvernementaux, ce livre est aussi intéressant d’un point de vue pédagogique car on apprend certaines causes de mauvais temps comme l’éruption du volcan Tambora en 1815 responsable de mauvaise récolte en Europe, mais aussi l’évolution de cette science toujours incertaine et la manière dont elle est perçue par la population ou encore les états-majors.

Bref ! C’est un petit livre sans prétention mais franchement agréable à lire. Il nous apprend beaucoup de chose et est intéressant.

Merci aux éditions J'ai lu.

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24 juin 2015

"Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

"Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

Source: Externe

Résumé :

Les évaporés Ici, lorsque quelqu'un disparaît, on dit simplement qu'il s'est évaporé. Personne ne cherche à le retrouver, pas de crime pour la police, honte et silence du côté de la famille. Sans un mot, Kase un soir a disparu. Comment peut-on s'évaporer si facilement sans laisser de trace ? Et pour quelles raisons ? C'est ce que cherche à comprendre Richard B., venu au Japon afin d'aider Yukiko à retrouver son père. Pour cette femme qu'il aime encore, il mène l'enquête dans les quartiers pauvres de Sanya à Tokyo. Ce roman profondément poétique allie découverte du Japon, encore bouleversé par la catastrophe de Fukushima, et réflexion sur notre désir, parfois, de prendre la fuite. « C'est un roman au charme mystérieux, un roman entre chien et loup, rêve et réalité, où la poésie malgré tout finit par l'emporter. » Michel Abescat - Télérama

Mon avis :

Avec Les évaporés, Thomas B. Reverdy signe un livre d’une grande actualité qui va nous emmener à porter un autre regard sur cet archipel.

En ouvrant ce livre je m'attendais à une espèce d'enquête policière, mais à ma grande surprise il n'en a rien était. Car bien plus qu'une simple enquête, ce roman se révèle être avant tout un portrait du Japon d'aujourd'hui, mais un portrait nouveau, un portrait à découvrir.
Loin des images hautes en couleur que l'on imagine, ici nous allons apercevoir un Japon inexploré, un Japon secret, avec son côté sombre et sa misère, avec ses meurtres et ses disparitions, avec ses décombres et sa fatalité.
Comme vous l'avez deviné, loin du Japon imaginaire, mais tout en gardant quand même un certain exotisme, ce livre se trouve être un portrait humain extrêmement surprenant, où la vie incertaine des personnages se suit avec intérêt.

Cependant tout cela ne fait pas tout.

En effet si ce livre se lit si bien c'est parce qu'il a aussi à côté toute une ambiance pudique, brumeuse, incertaine, qui nous enveloppe et dans laquelle on se meut agréablement car elle rajoute du mystère au mystère.
Dit comme ça, tout cela sonne comme une fatalité et pas très joyeusement, et c'est vrai. Ici on subit et on fait avec, on se questionne, on reste silencieux…, d'une manière générale le récit flirte souvent avec le chaos, pourtant c'est un côté du livre que j'ai adoré car ça collait parfaitement avec ce que l'auteur nous faisait découvrir de ce Japon contemporain où tout est incertain, où l'avenir paraît bien sombre. 
Bon, il y a bien quelques petites légèretés à côté de cela qui allègent ce roman, mais même celles-là au final sont un peu amers et/ou tristes.

En fait, je dirais que c'est un roman tout japonais, où tout se passe et où tout continuera cahin-caha parce que la vie est ainsi.

En conclusion, j’ai trouvé que c’était un livre très intéressant à lire car il montre comme je l’ai dit une autre face du Japon, par conséquent- et même si elle ne restera pas la lecture de votre vie - je la conseille.

Merci aux éditions J'ai lu.

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04 mai 2015

"Beijing coma" de Ma Jian

"Beijing coma" de Ma Jian

beijing coma jian

Résumé :

4 juin 1989. Des milliers d'étudiants occupent depuis un mois la place Tian'anmen, et parmi eux, Dai Wei. Une blessure par balle le plonge dans un coma profond, son corps devient sa prison, mais son âme se souvient : son père dissident qui revient des camps, ses premières amours contrariées, l'éveil de sa conscience politique... Au-delà d'une critique sans équivalent de la dictature chinoise, Beijing coma ramène chacun à ses angoisses et désirs les plus intimes, et révèle les conséquences personnelles d'une lutte pour la liberté.

Mon avis :

Critique du régime communiste chinois, chronologie romancée des évènements de Tian'anmen que l'on découvre à travers le regard d'un jeune homme dans le coma depuis le massacre, ce livre est par essence génial. Hélas, il est un peu long et trop répétitif pour ne pas devenir indigeste au bout de 500 pages, et il en fait presque 900...

Je suis allée jusqu'au bout de ce livre, mais j'admets que j'ai sauté des passages, notamment sur les éternels dissensions qui naquirent au sein du mouvement étudiant de mai-juin 1989.
Mais en fait, il faut savoir que je suis super énervée d'avoir fait cela, car je suis certaine d'avoir raté à cause de ceci des choses très intéressantes, sur le coma de Dai Wei, sur le côté répressif de cette manifestation, sur le côté historique que peut porter ce livre.
Je vous jure que je suis super frustrée de ne pas avoir pu le lire correctement ! Car c'est un livre qui vaut la peine d'être lu. C'est un livre qui laisse sans voix, qui secoue quand on sait comment ça s'est fini, quand on sait la répression qui a suivi, ou encore quand on sait que la dictature chinoise à fait passer ce mouvement pour un mouvement de criminel. Alors que ça n'avait rien de criminel, ces jeunes puis ces travailleurs ne demandaient que la démocratie et une vie meilleure. (Putain de gouvernement chinois !)

Pour finir cet avis, je voudrais dire que quand j'ai fini ce bouquin j'ai eu un énorme poids sur le coeur même si je ne l'ai pas lu correctement sur la fin (bien que je ne garantis pas ne pas la reprendre) ; ce mouvement est resté sans suite, et tant de gâchis pour rien... ça ne laisse pas indifférent. J'ai ressenti énormément de colère et de peine, et pour toutes ces victimes aujourd'hui j'ai une énorme pensée.

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31 octobre 2014

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

ma jian chemins de poussière rouge

Résumé :

Victime de la répression menée par les autorités chinoises sur les artistes dans les années 1980, Ma Jian a trente ans quand il décide de quitter Beijing. Au cours d'un périple de trois ans, il découvre un pays aux multiples facettes déchiré entre ses traditions et les effets de sa modernisation. Des plaines de l'extrême ouest au Tibet aux côtes du sud, l'artiste-aventurier livre une vision sans concession du pays qui l'a vu naître, mais dans lequel il n'est plus qu'un étranger.

Mon avis :

Ma Jian est un auteur dissident chinois, Gao Xingjian le prix Nobel de littérature de l’année 2000 en fait une des voix les importantes et une des plus courageuses de la Chine actuelle. N’ayant lu que ce livre-là de Ma Jian je ne peux pas en affirmer autant, cependant il est vrai qu’à première vue il n’a pas tort, car dans ce livre l’auteur ne se montre pas tendre envers le régime chinois, mais en plus à côté de ça il donne à voir une autre face de la Chine. Qui est une face oubliée, pauvre, misérable, traditionnelle, mais aussi multi-traditionnelle malgré le fait que ça soit qu’une Chine sur la carte. En cela c’est vrai que Ma Jian est une voix pour cette Chine oubliée et aussi pour les victimes de ce régime communiste chinois, lui-même en a été victime en tant que journaliste – artiste, ce qui est le point de départ de ce livre d’ailleurs.

Cela dit même si Ma Jian se montre assez critique  sur ce régime unique, ce n’est pas ce que j’ai retenu en premier lieu dans ce livre. Non. Pas du tout. De même pour la quête spirituelle, bien que je l’ai énormément appréciée même si ce n’est pas ce qui a de plus mis en avant.

En fait ce qui m’a vraiment plu dans ce livre, c’est cette découverte de la Chine profonde et quasiment oubliée du gouvernement chinois. Une Chine éloigné de la mondialisation et de ses richesses. Une Chine pauvre, du système D, un peu sauvage et malhonnête ; où les traditions, les superstitions, sont encore très présentes, du moins à l’époque du voyage dans les années 80, depuis ça a pu changer. Mais même s’il est possible que ça ait changé, c’est vraiment quelque chose qui m’a marqué car parfois c’était juste purement dégoûtant, ou même carrément peu scrupuleux, honnêtement le côté traditionnelle et superstitieux m’a bien moins dérangé.  

Un dernier point qui m’a rendu aussi admirative de ce livre, donc de l’auteur, c’est la facilité que Ma Jian possède pour s’adapter à toutes les situations. Vous vous doutez bien que ce voyage à travers la Chine (même si je crois qu’il a été un peu romancé) n’a pas été sans danger et sans problème, et pourtant malgré cela, toujours l’auteur a trouvé un moyen pour gagner deux sous, ou pour se sortir d’une situation fâcheuse ou dangereuse – quitte à mentir ou autre.

Et personnellement cela me rend admirative, car je trouve que cette force de caractère, cette débrouillardise, cette façon qu’il a toujours d’aller de l’avant, sont une belle leçon de vie, même s’il n’a pas toujours fait des choses très légales, - arnaquer les gens par exemple c’est un truc que je ne peux pas faire.

Mais bon malgré ça, ça reste un livre agréable à lire pour cette distance qu’il peut apporter sur la vie, sur notre condition… Quand on lit ce livre on remarque que l’on n’est pas si mal par rapport à d’autre. Même si à côté de ça je mets en garde de prendre pour acquis ce que l’on a, et ceci que ça soit sur n’importe quel plan, tant niveau personnel que social ou encore politique.

Bref ! Tout ça pour dire que c’est un livre à lire pour élargir son horizon. Et quant à moi je vais continuer à découvrir et lire cet auteur car ses oeuvres m'attirent pas mal finalement. D'ailleurs j'avais dû le sentir car j'ai acheté début septembre son dernier roman ^^

Je remercie en passant les éditions J'ai lu.

Extrait : "J'ai traversé ces terres en sachant que jamais je n'y retournerais. Ces villages appartiennent au passé. Ma destination se trouve toujours devant moi, quelque part, sur un autre chemin."

17 novembre 2011

Classique pour frissoner, ou pas

"Contes méphitiques" de Collectif

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Résumé :

" Ce jour-là, je quittai la maison de la mort, en proie à un indescriptible sentiment d'horreur. Il me semblait que j'étais à peine éveillé. J'entendais et je voyais les choses comme sous l'emprise d'un cauchemar. "
Une épouse est menacée par une revenante, un hypnotiseur ensorcelle une jeune fiancée, une femme-oiseau use de la " fleur du cauchemar " pour endormir son mari et se livrer à des pratiques occultes... Dans ces onze contes noirs, où la magie et l'épouvante règnent en maîtres, démons et fantômes s'infiltrent dans vos maisons, s'agrippent à vos draps, s'immiscent dans vos rêves... et vous empêchent de fermer l'oeil.

Mon avis :

J'étais contente de lire ce bouquin, se sont des textes classiques et méconnus, et en plus la quatrième couverture était alléchante. Sauf que dans la réalité, la couverture est plutôt menteuse.

Certains textes ne sont pas mal, mais voilà le frisson promis par la quatrième couverture n'était pas au rendez-vous. Je m'attendais à des vrais frissons, mais à part quelques scènes tous justes étranges, ce livre n'a rien d'un livre affreux. Ce sont pour la plupart des nouvelles avec une histoire d'enfer ou de diable, mais d'un diable qui n'a rien d'effrayant, pas plus que l'enfer d'ailleurs.

En fait ces textes jouent tellement, sur les éternelles images du diable et de l'enfer, du bien et du mal, avec lesquels les curés et autres prélats, sermonnaient leurs ouailles quand ils avaient une vie peu vertueuse, ou alors pour mettre en garde les autres, qu'ils n'ont, à l'heure actuelle, plus rien d'effrayants... Les auteurs vivants avec leur temps, et nous dans le notre. Cependant vu l'époque où ils ont été écrits -ils ont tous entre 100 et 200 ans- on ne peut pas leur en vouloir non plus et c'est à nous dans ce cas d'être bon lecteur.

Un petit mot sur le style d'écriture avant de partir.

Les époques étant différentes, on n'a donc droit à différent style, ça reste toujours du classique mais un classique qui évolue au fur et à mesure des nouvelles, ce qui m'a assez plu au final. Néanmoins je dois avouer qu'il y'a une nouvelle que j'ai abandonné, car là le langage était bizarre, c'est celle de Stevenson. Ce n'est pas du patois, mais disons que c'est un langage tellement cul-terreux, on va dire, que j'ai eu du mal à comprendre certains mots employés, du coup ça m'a vite gonflé.

Pour résumer, c'est un livre agréable mais voilà il n'a pas répondu à mes attentes.

Posté par Florell à 09:07 - Les classiques - Commentaires [0] - Permalien [#]
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