Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

05 juillet 2015

"L'affaire Thomas Quick" de Hannes Rastam

"L'affaire Thomas Quick" de Hannes Rastam

Source: Externe

Résumé :

Dans les années 1990, Thomas Quick fut reconnu coupable de huit meurtres et en confessa vingt-cinq autres, commis entre 1964 et 1993. On le considéra comme le violeur, cannibale et tueur en série le plus impitoyable de l'histoire scandinave. En 2008, le journaliste Hannes Råstam lui rend visite à l'hôpital psychiatrique où il est interné à vie. Il rassemble ensuite les documents liés à l'enquête, décortique les interviews et les déclarations de Quick, étudie les verdicts, les reconstitutions des crimes. Il découvre alors l'impensable : Thomas Quick est un mythomane, mais pas un criminel. Comment un affabulateur inoffensif peut-il, sans preuves et sans témoins, être accusé et condamné ? Depuis la parution de cet ouvrage, Thomas Quick a été acquitté, puis libéré en 2014.

Ce livre se dévore les yeux écarquillés d’effroi. Une réflexion acérée sur les mécanismes de la justice et de la psychothérapie. Glaçant. Clémentine Goldszal, Les Inrockuptibles.

Mon avis :

Ce livre L’affaire Thomas Quick va remettre en cause un système judiciaire et médical qui présente à l’aube de cette affaire de grosse lacune d’intégrité.

Journaliste d’investigation Hannes Rastam va nous expliquer comment il en est venu à s’occuper de cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre dans son pays, et comment petit à petit il est arrivé à remettre en doute des jugements qui on fait de Thomas Quick à chaque fois un coupable.
C’est donc sur presque 700 pages que nous allons suivre la contre-enquête de ce journaliste qui va nous faire découvrir à son tour et par de longues recherches, les déficiences de la première enquête et les méthodes discutables que les enquêteurs et médecins ont employé, et ce en dépit du bon sens.

Bien sûr quand on commence à lire cela, on est au départ dubitatif, on se demande si l’auteur ne va pas droit dans le mur avec cette nouvelle enquête, car après-tout Thomas Quick à avouer ces meurtres. Pourtant, quand on commence à cerner la psychologie du personnage, et qu’on découvre comment fonctionne sa manière de raisonner, on en vient très vite à comprendre pourquoi il s’est accusé de meurtre.
Évidemment, les aveux ne suffisent généralement pas pour condamner, pourtant ici ils suffiront amplement, car niveau preuve la justice ne trouvera jamais rien de concret, mais jamais. Thomas Quick se servant surtout de ce qu’il voyait dans les journaux pour aiguiller les enquêteurs dans leur enquête (et là autant dire que ça pourrait être limite comique quand on découvre à quoi cela ressemblait), et des réponses que glissaient ces derniers dans leurs questions.

A première vu tout cela ressemble seulement à un scandale judicaire, où des juges, des enquêteurs, cherchaient avant tout la facilité, la renommée et la fortune plutôt que la vérité. Pourtant cette affaire est aussi un scandale médical, d’une part à cause du traitement que recevait Thomas Quick en hôpital psychiatrique - il était devenu complètement toxicomane -, et d’autre part à cause des méthodes qu’employaient cette pseudo-branche de la médecine qu’est la psychiatrie. Ils se sont par exemple beaucoup servis de la théorie des souvenirs refoulés, qui aujourd’hui - et déjà à l’époque - passe pour complètement absurde.
Cela étant croire que leur rôle s’arrête là est une erreur, car Thomas Quick qui avait fait déjà plusieurs séjours en HP avant ces histoires d’homicide, s’est aussi accusé de meurtre à cause d’eux. En effet ce dernier pensait - et vu leur indifférence à son égard -, que pour devenir intéressant à leurs yeux il fallait s’accuser de meurtre et mentir sur son enfance, en accusant par exemple ses parents de sévices sur sa personne.
Bref, on remarquera que niveau écoute on peut trouver mieux chez le curé du village.

Mais au-delà de tout ça, ce livre posent les questions suivantes : jusqu’à quel point peut-on faire confiance à la justice ? A cette pseudo branche scientifique qu’est la psychiatrie ? Ne risquons pas nous même à cause de la nature humaine à rechercher la facilité, la gloire et la fortune, d’être nous aussi victime un jour d’une erreur judiciaire et/ou médicale ? Comme dit sur la quatrième couverture ce livre à en effet quelque chose de glaçant malgré le fait qu'il soit parfois un peu lassant.

En conclusion c'est un livre intéressant qui se lit aussi bien qu'un roman sauf que là c'est véridique. Et ce n'est pas rassurant.

Et ici un extrait qui résume assez bien ce livre je trouve :

« 1- Le patient n’a-t-il eu aucun souvenir des faits pendant un long moment ? Ces souvenirs ont-ils « refait surface » au cours du processus thérapeutique ? Si oui, il y a de grandes chances qu’il s’agisse de souvenirs inventés.
2- Les entretiens se penchant sur ces souvenirs ont-ils été enregistrés ? Si oui, il est possible d’analyser toute influence exercée. Sinon, il se peut que le thérapeute ne puisse isoler l’interaction ayant mené à de faux souvenirs.
3- Les suspicions s’appuient-elles sur autre chose que sur les propres déclarations du patient  (empreintes digitales, tests ADN, preuves matérielle) ? Si ces déclarations sont les seules sources de suspicion, il convient alors de les analyser en détail afin de déterminer si ces informations ont pu être tirées de sources extérieures, par exemple des médias.
S’il y a le moindre risque que des souvenirs aient pu voir le jour au cours de la thérapie, les déclarations du patient doivent être soumises à l’expertise d’un psychiatre ayant suivi une formation universitaire dans le domaine de la psychologie des témoins. […] Si le verdict de la cour se fonde sur de tel souvenirs sans avoir procédé à l’analyse recommande il y a risque d’erreur judiciaire.

Nils Wiklund.
Psychiatre agrée,
maître de conférences en psychiatrie légale, spécialiste en psychiatrie clinique. »

Merci aux éditions du Livre de poche.

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29 mai 2014

"Contre la justice laxiste" de Philippe Bilger (Taubira carton rouge)

"Contre la justice laxiste" de Philippe Bilger (Taubira carton rouge)

contre la justice laxiste

Résumé :

Durant sa vie professionnelle, notamment à la cour d’assises de Paris, Philippe Bilger a affronté et aussi tenté de comprendre les criminels. Face à la montée d’une délinquance de plus en plus juvénile, il ne supporte plus la mansuétude perverse de la gauche, les explications sociologiques hypocrites, la culpabilisation des élites. Non, estime-t-il, ce n’est pas la prison qui crée le crime, c’est le criminel ! La justice selon Mme Taubira, obsédée par la surpopulation carcérale et qui ne pense qu’à vider les prisons, oublie juste un détail : les victimes !
Peines de substitution, probation : du vent, de la démagogie, de l’idéologie. L’actuelle Garde des Sceaux pratique la politique du verbe. Elle incarne toutes les tares d’une gauche morale qui fait fi des réalités.
Cet essai dresse un tableau sans concession de notre justice… qui n’est d’ailleurs pas l’apanage de la seule gauche et qu’une certaine droite a parfois essayé de copier.

Mon avis :

Ce livre est un constat de la politique judiciaire de la gauche, et comme on s’y attend il est catastrophique. Nul comme sa représentante Christiane Taubira.

Vision erronée du monde, vivant loin des réalités, trop bisounours, trop dangereuse, trop laxiste (et Taubira en est l’incarnation parfaite), trop mauvaise…, ce livre met en avant ce qui plombe les avancées judicaires et les milles et une facéties désastreuses qui sortent de l’esprit de la Garde des sceaux actuelle et qui encourage ainsi la criminalité ; puisqu’on ne peut en effet décemment pas admettre que la politique « justice sans peine » prêchée par la gauche pétrie de charité chrétienne, est ce qu’il faut pour régler les problèmes d’insécurités toujours plus grandissant et violent. Non c’est un fait, contrairement à ce que pense la gauche et comme le dit si bien l’auteur, c’est le criminel qui fait la prison et non l’inverse, ce n’est donc pas en supprimant les prisons (comme le pense le clown de service Taubira) que l’on fera baisser les crimes et les récidives qui vont avec.

Mais pouvons-nous expliquer ce désastreux bilan, cette politique judiciaire qui a bien plus de considération pour les coupables que les victimes, par la personnalité de la femme qui le représente à savoir Christiane Taubira ? A vous de voir, en tout cas l’auteur, lui le pense. Magistrat, avocat général…, faut dire qu’il est bien placé pour comprendre les rouages du système judicaire, et comprendre mieux que n’importe qui les dangers des très mauvaises idées de Taubira. Et personnellement je pense qu’en effet on peut le croire. Il est de notoriété public, quand une presse bien-pensante et moqueuse du peuple ne s’en mêle pas, que Taubira est nulle. Ego surdimensionné, égocentrique, menteuse (sur ses diplômes), sélective, hypocrite, dédaigneuse… sont en effet autant de défaut qui fait que Taubira ne peut accomplir correctement cette tâche. Loin des réalités, proposant des réformes absurdes, détestant cette France (et ça on ne me l’enlèvera pas) qu’elle est censée servir, accusant -avec son parti- le peuple de s’inventer des histoires d’insécurité, de basculer dans le sentiment populisme, et d’être sauvage et arriéré pour vouloir le tout carcéral, sont autant de preuves que cette incompétente n’est pas à sa place là où elle se trouve aujourd’hui.

Il est vrai qu’on peut m’accuser, comme je n’aime pas Taubira et ne l’ayant jamais caché, de vision fausse et partiale sur sa personne, pourtant l’auteur met en évidence tous les défauts énumérés ci-dessus, je n’invente rien ! Par exemple elle peut être menteuse sur ses diplômes qu’elle n’a jamais eu -excepté en économie -, et hypocrite et sélective, avec sa loi sur l'esclavage (qui met VOLONTAIREMENT de côté certaines populations ou qui ne parle pas de certains esclavages), ou encore avec son indignation. L’auteure rappelle bien toutes les fois où elle s’est tue, et où pourtant elle aurait pu défendre ces femmes des partis opposés au nom de la femme, elle, la féministe si prompte à s’enflammer !

Je la dirais hypocrite et sélective encore, par rapport à la crise identitaire française qu'elle refuse de comprendre. En effet elle traite ces gens-là de Lepiniste, qu'il convient de bâillonner et de ne pas écouter, alors qu'elle même a été proche, selon l'auteur, des idées de Elie Domota, et qu'elle a clairement tenu des propos identitaires sur RFI en 2006 à propos de la Guyanne. Voici ce qu'elle disait : « Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leurs propres terres ». Elle se fout un peu de la gueule du monde-là ; non ? 

Quant à son égo, il suffit juste pour s’en apercevoir de l’entendre parler pleine de suffisance et d’arrogance, persuadée que ses idées (enfin le peu qu’elle a) sont suivis par tous. C’est pourtant être sourde de ne pas entendre le bas peuple, la plèbe, râler et manifester contre cette justice qui fait ouvertement fi des victimes, et ne console et cajole que les coupables qui sont eux-mêmes (peuchère) victime du monde et de ses tentations. Pourtant quand j’y pense, nous vivons tous dans le même monde, et dans une échelle plus petite le même pays. On connait tous des grosses galères et des malheurs, est-ce pour autant que l’on devient tous des criminels ? Non. Et cela s’explique sûrement par le fait que certains plus que d’autres ont le respect d’autrui et de ses biens malgré tout. Alors une question me taraude ; pourquoi la gauche refuse-t-elle de se rendre compte que le problème ce n’est pas la société, mais bel et bien ces gens corrompus qui cherchent la solution de facilité ? Pourquoi refuser d’admettre que les individus ne sont pas tous des anges ? Et que malgré les libertés conditionnelles ou les peines probatoires ils ne changeront pas. Un tel déni conduit au drame des récidives (victime qui aurait pu n’en être pas une) et à l’application de la justice personnelle, comme ce fut le cas avec le bijoutier de Nice (que je comprends), alors pourquoi, si ce n’est que dans un but suicidaire, continuer dans une fausse voie ? Pourquoi laisser cette femme incapable à l’évidence et qui incarne le laxisme que les français détestent tant, au pouvoir ? Si ce n’est que pour marquer le profond mépris que le peuple inspire.

Là où moi je n’ai pas d’autre opinion que celle cité dessus, l’auteur complète pourtant avec une autre réponse cette question. Il pense que c’est parce qu’elle incarne l’icône d’une gauche perdue, rêveuse, humaniste jusqu’à la bêtise, insensé, etc, etc… Personnellement je ne sais pas, mais le fait est que grâce à ses origines guyennaises et bénéficiant d’une aura d’intouchable (qui rend impossible tout jugement et sanction sur son action car elles passeront pour des attaques racistes), elle arrive à rendre occulte et faire passer au deuxième plan ce pourquoi elle devrait être jugée : son action politique. Ce qui est prodigieux vous en conviendrez quand on sait le résultat médiocre (le peuple ne s'y trompe pas). Mais il n'empêche qu'à cause de ce rêve perdu, c’est la France d’en-bas, celle de la terrible réalité, qui en subit les conséquences dramatiques... Des vies détruites qui pourraient ne pas l’être, si la gauche et les médias en place -qui sont de mèche avec ce parti- regardaient les réalités en face, et n’essayeraient pas de nous faire croire que vivre hier c’était pire que vivre aujourd’hui. (Je me souviens que l’article m’avait fait bondir.)  La presse moque, ment, mais elle ne sert pas le peuple en étant trop politisé.

Bien sûr la droite a fait aussi des erreurs, mais au moins elle agissait, Taubira à part brasser de l’air et manier le verbe creux, ne fait pas grand-chose, et quand elle fait c’est pire ! Cela dit, ses idées sont à l’image de son parti, qui donne des leçons de moral tout en refusant d’en avoir.
Car comme le raconte ce livre, mais comme on peut absolument tous s’en apercevoir, la gauche reste hermétiquement fermée aux sentiments du peuple. Elle préfère vivre dans le déni et l’erreur, se confortant avec des intellos ou des experts qui marchent dans leur sens ou qui tiennent à faire triompher leurs idées au détriment du bon sens. Bon les autres partis le font aussi on ne va pas se mentir, mais la gauche bat des records !
La preuve de ce que j’avance, si celle des journaux ne vous éclate pas aux yeux, se trouve dans ce livre, quand par exemple Taubira a fait interdire lors d’une émission le représentant de L’institut pour la justice Xavier Bébin, parce que selon ses paroles : « Elle ne veut pas entrer dans ce jeu médiatique malsain », la vérité est que sûrement son égo refuse d’entendre les critiques contre sa politique. Il y en a tellement qui l’attendent !

Enfin bref. Pour résumer ce livre et comme vous l’aurez compris c’est un constat sans appel sur la politique de Taubira, et même sur la gauche, et si certain trouve que l’auteur ne propose pas trop de solution (était-ce le but de ce livre ?) je trouve qu’il en fait déjà pas mal en faisant ce simple constat.

Chose qui est sûr c’est qu’à laisser Taubira aux rênes du pouvoir on court droit à la catastrophe, et une France qui donnera la médaille aux délinquants finira véritablement par arriver. Soyons honnête on n’a rien à attendre de cette femme, elle n’a rien de logique ou de sensé à proposer. Même ces prisons sur lesquels elle pleure tant par image, elle ne fait rien pour les arranger, à part relâcher des individus dangereux pour la société, pas pour elle évidemment qui vit dans sa petite tour dorée.
Ils sont si arriérés ceux qui s’accrochent à la sanction et refuse d’aimer son prochain même si c’est un assassin, un violeur, un voleur…, voilà le fond de sa pensée. Car voilà clairement ce qu'elle demande, qu’on se laisse marcher dessus au nom des bons sentiments, qui là basculent purement et simplement dans la bêtise. Les idiots généreux veulent faire le monde mais il ne sera pas meilleur pour autant, trop de gens en abuseront et en abuse déjà. Bref !

Pour faire simple je vous conseille ce livre, il montre clairement que depuis Hollande la justice est au plus mal, après pour les solutions ne serait-il pas plus simple de punir fermement les gens qui l’ont mérités. Désolée, j’ai beaucoup trop de commisération pour les véritables victimes.

 

Je remercie en passant les éditions l'Archipel pour leur gentillesse.