Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

05 avril 2016

"Un regard en arrière" de Edward Bellamy

Un regard en arrière de Edward Bellamy

Source: Externe

Résumé :

Julian West, un jeune et riche Bostonien, s’endort un soir de mai 1887 et se réveille en l’an 2000. Grâce à son hôte le Dr Leete, il découvre, incrédule et émerveillé, une Amérique radicalement différente. Plus de riches, plus de pauvres, plus de problèmes matériels… plus de décisions à prendre : une société-mécanique où chaque rouage est à sa juste place.

Mêlant engagement radical et imaginaire visionnaire, Bellamy accompagne son héros dans une fable politique, décrivant un futur à la fois sombre et lumineux. Anticipation rétro, Un regard en arrière ne peut que surprendre le lecteur du XXIe siècle, qui trouvera dans le rêve de perfection de Julian West une utopie glaçante aux relents totalitaires.

Mon avis :

Un regard en arrière, est le deuxième livre le plus vendu aux Etats-Unis au 19ème siècle après La case de l’oncle Tom de Harriet Beecher Stowe, mais pour ma part, je n’ai pas franchement aimé.

D’une part parce qu’il y a un fort écho de propagande socialiste-communiste, dans le système de fonctionnement de ces sociétés que notre personnage principal découvre par le biais des gens qui l’ont accueilli ; et d’autre part parce que ce livre ne ressemble pas à un roman, mais à un programme politique. Ni plus ni moins.
En effet, outre le fait qu’on ne découvre dans ces pages que les bons côtés de ce régime politique, jamais les mauvais côtés (!), Bellamy nous décrit en plus par le menu le système de fonctionnement de ce régime. Rien n’est oublié. Comme dans un vrai programme idéologique politique, on a toutes les données en main pour le mettre en place. Avec en plus le dénigrement des autres systèmes de pensé, pour bien mettre en avant la perfection du régime qu’il défend. Si ceci n’est pas politique tapez-moi !

A côté de cela, l’autre point qui dérange, et qui me dérange vraiment et plus que le reste, c’est que ce livre va encore plus loin qu'un exposé de programme politique, car 100 ans après le 19ème siècle, la totalité de la population a subit un véritable lavage de personnalité suite à l’avènement de cet ordre nouveau. Les personnalités toutes différentes qui font le charme et le malheur de notre 21ème siècle, ont ici toutes disparues ! Annihilées par un formatage où ressortent des robots humains tous identiques, qui se pensent parfait et pensent leur système parfait ; et là, y'a pas à dire on est quand même loin des dictatures passées, où il y avait toujours une part de la population qui refusait ces dernières. Triste monde, ici plus personne ne se révolte.

Alors on va me dire que c'est normal si personne se révolte, qui de sensé peut trouver mal de lutter contre la pauvreté, l’égalité des sexes, le gâchis, etc... mais vraiment, il ne pouvait pas imaginer son monde égalitaire autrement ? Il ne pouvait pas dénoncer son époque autrement que par un programme politique qui en a inspiré plus d'un ?!

 

Je me rends compte que dit comme ça, ce livre a l’air passionnant car il soulève des problèmes réels en dénonçant les sociétés inégalitaires et capitalistes de l’époque -qui gardent un écho actuel- tout en apportant une solution horrible, mais le hic c’est que c’est aussi ennuyeux à lire qu’un programme politique. C’est morne, c’est technique, c’est chiant. De plus ce côté « tout parfait » est épouvantable à supporter. J’ai perdu pour ma part mon sang froid plus d’une fois, même si le thème de la méritocratie était sympathique à suivre.

En résumé je comprends très bien l’engouement de l’époque pour ce livre qui apporte une vision totalement différente du monde, en mettant en avant un programme politique pour l’égalité des classes sociales, des sexes, propose de lutter contre le gâchis, l’anarchie du marché, et qui vulgarise le système financier de l'époque, mais vu comme s'est raconté je ne conseille pas la lecture de ce livre pour un moment de lecture agréable, cependant je le conseillerais pour découvrir un classique et aussi pour mieux comprendre l'influence que ce livre a pu avoir dans les programmes politiques passées. (Et aujourd'hui ?)

 

Merci à Libfly et aux éditions Aux Forges Vulcain

 


27 mai 2015

"Le cerveau à sornettes" de Roger Price

"Le cerveau à sornettes" de Roger Price

le cerveau à sornettes

Résumé :

Apprenez à ne rien faire ! Un des livres les plus fous et les plus drôles de la littérature américaine du XXe siècle.
Pourquoi s'adapter alors que c'est la civilisation qui est inadaptée ? Pourquoi s'activer quand on peut l'éviter ? Et comment s'exercer à ne rien faire ? Après des années de recherches approfondies en anthropologie, en psychologie, en laboratoire et sur Mlle Patricia Delray, l'auteur fonde dans ce livre les bases d'un mouvement révolutionnaire : l'Evitisme. Il nous raconte aussi le destin tragique de Melvin Ouk, l'inventeur de la roue, pionnier du cauchemar mécaniste actuel, et nous emmène en expédition chez les sauvages blancs du Pópotan, fétichistes de l'argent... Il nous enseigne par ailleurs «Comment combattre efficacement la publicité» ou «Comment les jeunes femmes et autres types de femmes peuvent éviter les hommes qui les enquiquinent dans les lieux publics». Hilarant manuel illustré de 80 dessins, Le Cerveau à sornettes vous convaincra de rejoindre le Mouvement !
Pamphlet anti-utilitariste virulent et chef-d'oeuvre d'humour nonsensique, pionnier «marxbrotherien» de la décroissance et du slow en plein maccarthysme, Le Cerveau à sornettes est un des livres les plus dingos de la littérature US, salué comme il se doit par l'Oulipien Georges Perec.

Mon avis :

Je ne sais pas vraiment si le propre de cette maison d’édition est de publier des choses loufoques, mais en additionnant Mémoires d’un vieux con de Topor (j’ai Vaches noires dans ma PAL mais toujours pas lu) et Le cerveau  à sornettes, je pourrais être tentée de le croire. Car comme le livre de Topor celui-là est tout aussi bizarre et nouveau.

Dans ce livre l’auteur va se proposer de nous faire découvrir sa philosophie « L’évitisme ». « L’évitisme » qu’est-ce que c’est ? Ca ressemble un peu au non-agir des bouddhistes mais en pire – cependant comme chez les bouddhistes il faut une longue pratique pour y parvenir, comptez un an pour apprendre trois poses pour ne rien faire.

Maintenant que les bases sont posées, venons-en au contenu.

Pour ce qui est de ce dernier je ne vous cache pas que ça va être dur d’en parler, car d’une part l’écriture est tellement délirante qu’il est parfois difficile de suivre le fil conducteur de « l’évitisme », et d’autre part ça part tellement dans tous les sens qu’en fait il est impossible d’en parler. En fait je suis à deux doigts de tenter l’évitisme moi aussi.

Plus sérieusement sachez que l’expression « part dans tous les sens » n’est pas exagérée. Car pour comprendre le malheur humain, et nous faire comprendre que sa philosophie l’évitisme ne peut être évitée et qu'elle peut nous être que bénéfique, l’auteur va démontrer par A+B et avec une variété d'exemples, que nos diverses philosophies habituelles, que nos manières de vivre et de penser, nous ont menés droits dans le mur et qu'il est donc grand temps d'en changer. Et sachez que pour étayer ses propos l'auteur n'hésitera pas à remonter à l'invention de la roue, c'est vous dire que c'est sérieux. Enfin au premier abord... 
Bref ! Comme vous le voyez, c’est à une véritable thèse que Roger Price s’est adonné tout en tapant sans arrêt sur le pauvre Dr. Carl Gassoway ennemi du mouvement de "l'évitisme" et terroriste sur les bords ^^ - et je précise que cette thèse est aussi bordélique que ce dernier paragraphe.

Bon, vous vous en doutez rien de sérieux là-dedans, encore que ce passage page 91 « (Def.) Existentialisme : toute l’humanité devrait aller se faire voir. Et plutôt deux fois qu’une. » « De l’avis général, l’homme moderne fonce vers le Néant. Cette situation est due au fait que l’homme souffre d‘une compulsion le poussant à sans cesse se lancer […] dans des projets, des plans et des actions. », montre que parfois ça peut être profond (mais vraiment parfois, en fait je n'ai retenu que ce passage).
Cela dit, sachez que ce qui fait le charme de ce livre c’est justement ça : son manque de sérieux, son bordel éclatant, son écriture drolatique, son esprit comique et farceur. Personnellement ça m'a arraché des rires et des sourires à chaque page, y compris quand il dit qu'il faut taper l'enfant pour le forcer à rire à une histoire crétine. D’ailleurs une anecdote de lecture, la connerie de la page 153 a marché avec ma mère. Je lui contais l’histoire, quand d’un coup j’ai crié « féroce rhinocéros » comme cela avait été conseillé au bas de la page, elle s’est quasiment pétée la gueule du canapé ! (J’en rigole encore.)

Bref ! Tout ça pour dire que c’est vraiment la lecture que je conseille, et ce que je disais de Topor à l’époque je le dis pour ce livre aussi sans hésiter, lisez-le vous n’en lirez jamais deux pareils. A moins que l’auteur en ait écrit deux identiques ? 

En tout cas je remercie Libfly & l'éditeur Wombat pour cette découverte plus qu'agréable.

Posté par Florell à 22:43 - Livre humoristique - Commentaires [0] - Permalien [#]
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