Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

29 mai 2018

"Le cas zéro" de Sarah Barukh

Le cas zéro de Sarah Barukh

Source: Externe

Résumé :

Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la  terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.

Mon avis :

Je pensais que c’était un premier roman, mais en fait ce n’est pas le cas. Je me suis faite cette réflexion car j’ai trouvé ce livre vraiment pas mal pour un premier roman, mais comme ce n’est pas un premier ceci s’explique sûrement grâce à ça.
Bref ! Comme vous le voyez à cette intro un peu bizarre, cette lecture me fut agréable dans l’ensemble. Cette enquête médicale faite par un médecin, qui dose à merveille les règles du genre, se boit comme du petit lait de manière générale ; il y a du suspense, du chantage, des menaces, de l’exclusion, un accident... en clair tout ce qu’il faut pour un bon roman qui pourtant ne comporte pas tant de suspense que ça. Néanmoins et comme on peut en avoir avec le lait, il peut y avoir quelques problèmes digestifs, ça peut peser lourd sur l’estomac… Et dans mon cas, tout ce qui concerne les à côté de l’histoire principale, étaient très lourds à lire. C’était très intéressants, parfois très émouvants, mais ils alourdissaient le livre énormément.
Certes c’est un excellent moyen pour donner de la profondeur à l’histoire, aux personnages, pour en faire découvrir d’autres et élargir le propos, et ça aurait pu être parfait malgré les petites répétitions. Mais, ça aurait pu être parfait, si… si à côté de ça l’investissement du docteur Laurent n’avait pas été exagéré pour un unique patient.
En effet, le livre aurait pu être parfait, car il mélange les codes du genre assez savamment et parce qu’il retranscrit assez bien les sentiments qu’inspiraient le sida à l’époque, à savoir l’incompréhension et la peur ; mais l’acharnement du Docteur Valensi à vouloir sauver un patient comme si rien d’autre ne comptait ou n’existait à côté, faut pas exagérer ça perd en crédibilité. Et faut encore moins exagérer avec un karma de merde, où le monde s’effondre et s’acharne sur un seul homme en l’espace de même pas 48 heures. Oui d’accord, ce court laps de temps complètement moisi rajoute de la tension, mais quand même, j’avais l’impression que pour un service surchargé le docteur Valensi n’avait qu’un patient au monde, et j’avais en plus l’impression que le mec n’était pas né pour la chance. (Avec autant de mouise en 48 heures, ma positon se comprend.) Et que dire des journées qui donnent l'impression de durer 50H et non 24H… Bref ! C'était parfois un peu exagéré.
Pour autant c’était un très bon livre et je l’ai lu avec intérêt dans l'ensemble.

En résumé, j'ai apprécié la manière dont le sida est abordé, cette peur et incompréhension des soignants qui ne savaient encore rien sur le mode de transmission et ne savaient pas quoi faire pour soigner, mais à côté j'ai moins bien aimé, ce côté de l’exclusivité du patient et tout ce qui va avec niveau acharnement et situation WTF, sans parler de la légende des essais cliniques et des apprentis sorciers. Mais malgré ces défauts, c’est un livre que je conseille parce que c'est réellement un bon moment de lecture.

Merci Babelio et Albin Michel.

Posté par Florell à 14:02 - Livre policier, thriller - Commentaires [0] - Permalien [#]
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11 juin 2016

"Ma vie en suspens" de Susannah Cahalan

Ma vie en suspens de Susannah Cahalan

Source: Externe

Résumé :

Susannah Cahalan, vingt-quatre ans, se réveille entravée sur un lit d’hôpital. Incapable de bouger ou de parler, elle n’a aucun souvenir de la raison pour laquelle elle est là. Celle qui, quelques semaines plus tôt, était une jeune fille en bonne santé, vivant sa première relation sérieuse et promise à une brillante carrière de journaliste, se retrouve désormais cataloguée comme psychotique violente, abrutie de médicaments. Que s’est-il passé?
Ma vie en suspens est l’histoire incroyable mais vraie d’une plongée inexplicable dans la folie. Susannah Cahalan raconte sans fard et sans concession cette descente aux enfers et son combat pour reprendre le dessus, retrouver son identité. Adoptant le point de vue de la journaliste, elle dresse la chronique de sa maladie : les crises de violence alternant avec un état de catatonie, les examens coûteux ne donnant aucun résultat, l’éventualité d’un internement à vie et enfin, après un mois de calvaire, l’arrivée d’un nouveau médecin dont le diagnostic lui sauvera la vie.

Mon avis :

Ma vie en suspense est l’histoire incroyable mais vraie d’une jeune fille de 24 ans qui va voir sa vie et sa raison bouleverser pour une maladie rare qui avant d’être découverte la fera passer pour bonne à interner. Crise d’angoisse, comportement maniaco-dépressif, paranoïa, hallucination, cette jeune fille a en effet tout du comportement psychologique dérangé. Pourtant malgré les apparences Susannah est atteinte d’une maladie rare qui met son esprit et son corps en grand danger.

Ce livre raconte ce parcours…, semé d’embûche, d’incompréhension, et de souffrance. D’amour et de patience aussi. Malgré sa maladie on peut dire que Susannah a eu beaucoup de chance d’être aussi bien traitée et entourée. Famille, médecins (certains pas tous), amis, ne l’ont jamais abandonnée et ont tout fait pour l’aider, même si le départ n’a pas toujours été simple.

Ce livre est raconté par Susannah elle-même, c’est un mélange de journalisme et de récit et il se lit comme un roman, mais figurez-vous qu’elle ne garde que peu de souvenir de cette période, voilà pourquoi au début elle n’oublie pas de préciser au lecteur que malgré ses différentes sources qui vont des vidéos de surveillances de l’hôpital, au carnet qu’entretenaient ses parents pour parler car ils sont divorcés, en passant par son dossier médicale, etc., elle peut se montrer partiale dans ses propos. Cela étant je n’ai pas vraiment remarqué une prise de position particulière de la part de l’auteure, au contraire je l’ai trouvé juste avec elle-même, ne se pardonnant aucune méchanceté et n’excusant aucunement son comportement. On ressent d’ailleurs une grande souffrance chez-elle, souffrance dû à sa méchanceté paranoïaque, son comportement terrible, et à l’impact de sa maladie sur ses proches. Honnêtement j’ai eu beau chercher je ne l’ai pas trouvé partiale.

Mais à côté de toute cela, ce livre comme tant d’autres, montre encore une fois les limites de la médecine mais aussi sa rapidité à émettre des diagnostiques qui peuvent se révéler lourd de conséquence que ça soit par l’enfermement ou la mort. Que serait-il advenu de Susannah si elle n’était pas tombée sur un médecin compétent qui a pris le temps de chercher ? Elle encore a eu de la chance mais combien d’autres passent au travers ?
Bien plus qu’un témoignage ce livre est aussi utile par son côté de mise en garde sur un système trop bien huilé. Attention, je ne veux pas dire que la médecine est nulle mais je remarque un peu partout qu’elle se remet rarement en question sur son fonctionnement. Car là je parle d’un mauvais diagnostique, mais le comportement de certains médecins que l’on retrouve dans ce livre est lui aussi abject. Ils parlent de cas, mais ne regardent pas où ils en parlent ni devant qui ils en parlent, pas plus qu'ils n'hésitent pas à écrire n'importe quoi sur les patients. Ici un médecin traitant n'hésitera pas à dire qu'elle fait un sevrage alcoolique !!! Alors qu'elle est juste en train de mourir car des anticorps s'en prennent à son cerveau. (Voyez l'écoute attentive du médecin et le professionnalisme...)

En conclusion c’était un livre prenant mais aussi hallucinant de par son histoire. Je recommande !

Merci aux éditions Denoël.

 

Editions Denoël 400 pages
Collection : Impacts
Traduit de l'anglais américain par Elsa Maggion
Parution 26/05/2016

Posté par Florell à 18:39 - Livre témoignage - Commentaires [0] - Permalien [#]
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