Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

25 février 2020

"Le bon sens" de Michel Bernard

Le bon sens de Michel Bernard

le bon sens michel bernard

Résumé :

Novembre 1449, dix-huit ans après la condamnation pour hérésie de Jeanne d’Arc, Charles VII chasse les Anglais de Rouen. La fin de la guerre de Cent Ans est proche : il faut achever la reconquête du territoire, panser les plaies des provinces dévastées et réconcilier les partis engagés dans la guerre civile. Promettant le pardon et l’oubli, le roi ordonne pourtant une enquête sur le procès de 1431. Malgré la résistance d’une partie de l’Église et de l’Université, quelques hommes opiniâtres, rusant avec la raison d’État, vont rechercher preuves et témoins pour rétablir la vérité, le droit et l’honneur de la jeune fille.
Après Le Bon Cœur, Michel Bernard relate l’histoire d’une poignée d’hommes en quête de justice. Bouleversés par la parole qu’ils découvrent dans les actes du procès, ils conduiront Charles VII à rendre à Jeanne un peu de ce qu’elle lui a donné. Chez cet homme insaisissable qui fut un grand roi, ils feront jouer au bon moment le bon ressort. Il a le visage d’Agnès Sorel, la beauté morte fixée par Jean Fouquet.

Mon avis :

Pardonnez-moi d’avance, si cet avis sera succinct. C’est que je n’ai pas grand-chose à en dire, si ce n’est que ce livre retrace une bonne partie de la vie de Charles VII roi de France.
Est-ce un roman ? Une enquête ? Un croisement entre plusieurs biographies ? Franchement je ne saurais le dire. Mais ce dont je suis certaine, c’est que Jeanne d’Arc et son enquête de réhabilitation – songez donc, un roi ne peut devoir son trône à une sorcière –, m’ont paru finalement comme des sujets bien secondaires. Et ce n'est point ce à quoi je m'attendais.

Le livre est-il pour autant mauvais ? Assurément non, pour prendre quelques connaissances des hommes de l’époque et de cette réhabilitation il est très bien. Si je dois en effet lui reconnaître une qualité, c’est le désir de faire de l’histoire correctement ; mais je dois bien avouer quand même, que c’est plat et d’une écriture commune. Je me suis ennuyée entre ces pages… tout en m’y intéressant. Chose curieuse…

Bon, tout n’est pas qu’ennui. En effet j’admets que la description psychique de certains personnages : le peintre Jean Fouquet, Charles VII, Dunois est plutôt agréable à suivre. Le retournement ou comportement de certains personnages, pouvoir oblige, aussi. Mais il ne faut pas m’en demander plus.

En conclusion, c’est un livre à lire si jamais l’histoire vous intéresse, si jamais vous avez l’occasion de le lire, mais ce n’est pas un bouquin qui vous manquera non plus.

Merci à Babelio et les Editions de la Table Ronde.


17 novembre 2019

"Le Roi fol" de Laurent Decaux

Le Roi fol de Laurent Decaux

Source: Externe

Résumé :

Au début de l'année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d'accoucher d'un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l'Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d'adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s'abattent sur le jeune roi.

Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s'agitent en coulisse. à la cour, le vice est l'affaire de tous et l'ambition n'est pas l'apanage des grands. Dans l'incroyable entreprise de démolition d'un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l'Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer.
La France en sera quitte pour cinquante années de chaos.

Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d'une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions.

Mon avis:

Nous sommes au 14ème siècle en 1392, Charles VI n'est pas encore le roi fou mais le bien aimé. A cette époque, il est un roi bien parti pour donner le meilleur à son royaume, mais il ne le pourra pas. A cause de sa folie, à cause de son entourage. Lecteur apprête-toi à plonger dans ce panier de crabe où tous les coups sont permis.

Ma lecture du Seigneur de Charny l’année dernière m’avait moyennement plu, j’avais trouvé le roman bien et pas bien à la fois. Certains sujets m’avaient plu et d’autres traînaient un peu trop en longueur pour moi, ce qui m'avait fait sortir mi-figue mi-raisin de cette expérience livresque. Cette année, dieu merci, l’expérience romanesque qui m’a été offerte avec ce livre a été cent fois meilleures ; avec son nouveau roman Le Roi fol, Laurent Decaux m’a offert une expérience de lecture franchement différente et franchement plus agréable que celle de 2018, étant donné que l’auteur a gagné en souplesse d’écriture, en maîtrise, en un mot : en talent.

En effet, contrairement au premier livre qui était pour moi long au démarrage, qui bloquait un peu, qui languissait dans son récit, le roman est ici à mon goût plus fluide, plus rapide, et j’ai trouvé accessoirement que le mélange des intrigues était mieux maîtrisé que dans le premier roman. Je m'explique, autant dans le Seigneur de Charny on distinguait deux voire trois histoires dans un livre, autant là on a pour un livre des histoires qui s’agglomèrent correctement entre-elles pour en former une seule à l’arrivée. Et une seule particulièrement prenante, il faut bien le dire.
Faut dire que c’est difficile de ne pas faire prenant avec ce roi et la Guerre de Cent ans. Oui pour ceux qui dormaient dans le fond, je rappelle que l’anglais n'est pas le seul ennemi à la France, et personnellement j’ai toujours pensé que le règne de Charles VI c’était le règne de ce roi qui pouvait permettre le pire comme le meilleur - et j’ai trouvé cette dichotomie bien mise en avant dans le livre au demeurant.

Bref ! Niveau écriture, y a pas à tortiller c’est 100 fois mieux maîtrisé que le Seigneur de Charny qui en soit n’était pas non plus mauvais. Je tape dessus depuis le début, mais la lecture avait des choses quand même intéressantes.

Outre ceci, un autre point que j’ai adoré, c’est le développement des personnages. Je dois dire que je les ai tellement trouvé bien fait, que pendant un moment je les ai cru réels. Alors, je sais que certains sont réels et d’autres pas, mais l’auteur leur a tellement bien fabriqué un caractère, une personnalité dans l’esprit de l’époque, que c’était difficile de ne pas y croire. Sans conteste, il y a dans ce livre une meilleure maîtrise du portrait aussi, après on n’adhère à ce qu’il a fait ou pas. Et quand je dis ça je pense surtout à la femme de Charles VI, mais personnellement je suis du même avis que l’auteur ; pour moi c’était une garce.

Bon, vous l'aurez compris, j'ai aimé ce livre et son histoire dans l'Histoire. On a dans ces pages ce qu'on est en droit d'attendre dans un roman histrorique, et le tout est amené avec érudition et talent. On gravite pleinement dans l'entourage de ce roi où on croise le pire comme le meilleur, et la plongée est totale.

En conclusion, c’était une bonne lecture avec une multitude d’intrigue, de personnage, bien écrite et bien remise dans son milieu. A lire pour vous faire plaisir ou/et à offrir avec plaisir.

XO Editions.

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26 septembre 2019

"La non pareille" de Michel Peyramaure

La non pareille de Michel Peyramaure

Source: Externe

Résumé :

Née en 1364 à Venise, Christine de Pizan n’a que quatre ans lorsqu’elle rejoint la cour de Charles V où son père, astrologue réputé, a été appelé. Mariée encore adolescente à un jeune savant picard, elle donne naissance à trois enfants avant que la maladie ne lui prenne son époux.
Veuve à vingt-cinq ans, Christine se retrouve face à un dilemme  : se remarier pour assurer l’avenir de sa famille ou se battre pour demeurer indépendante. Contre les mœurs de son temps, elle décide de vivre de ses écrits. Jusqu’à sa mort, de sa plume féconde et de sa remarquable érudition naîtra une soixantaine d’œuvres, en prose et en vers.
Féministe, humaniste et pacifiste avant l’heure, elle sera la première à écorner les représentations misogynes dans l’art de son époque, à défendre l’amour courtois et à dénoncer les horreurs de la guerre.
Sensible à la misère du peuple parisien, engagée dans son siècle, elle en a traversé toutes les tempêtes : la guerre de Cent Ans, la guerre civile opposant Armagnac et Bourguignons, la folie du roi Charles VI et les dévergondages de la reine Isabeau.
 
Par son formidable talent de conteur, Michel Peyramaure nous fait partager l’intimité d’un des personnages féminins les plus fascinants du Moyen Âge, une héroïne d’une incroyable modernité dont la liberté de pensée et la détermination à vivre selon ses convictions ont encore de quoi nous inspirer aujourd’hui.

Mon avis :

Dans mes cours d’histoire j’ai bien sûr entendu parler de Christine de Pizan. Toutefois je n’ai encore jamais eu l’occasion de me pencher sur son œuvre et sa vie, c’est maintenant presque chose faite. « Presque » car ça reste un roman, mais après un petit tour sur Wikipédia (dieu du savoir) les grandes lignes de sa vie que sont son mariage, son veuvage, ses œuvres, etc. sont, semble-t-il, respectés. Chose heureuse, car on découvre ainsi et sans ennui, la force de caractère et le talent de cette femme qui malgré sa situation de veuvage préférera sa liberté.
Connue surtout comme femme de lettre, l’auteur a agrémenté aussi son roman avec quelques bribes de ses œuvres et idées, nous faisant ainsi partager la plume et les pensées de cette femme hors du commun, tout en n’hésitant pas à dire via le personnage de Laurette les limites de ses textes et de son écriture. Ne faisant pas de ce livre, et c’est là un point agréable, un panégyrique à la gloire de cette écrivaine qui a traversé le temps.

Mais ce roman ne se contente pas que de décrire l’existence de Christine, en effet, à travers ces pages nous allons découvrir les vicissitudes de la France et plus particulièrement de Paris. Bon, je ne vais pas vous mentir, en pleine Guerre de Cent ans c’est souvent mauvais (la révolte des cabochiens, Jean sans peur, la folie de Charles VI, etc.), mais les bons moments sont néanmoins là, telles des petites lumières dans ces temps difficiles.

Enfin, dernière chose agréable à ce livre, la résurrection d’autres femmes écrivaines comme Marguerite Porete ou encore Marie de France, par quelques petites références çà et là. Pour ma part, je trouve qu'il est toujours agréable de voir des choses qu’on ne voit pas toujours.

En définitive, ce livre n’est pas un coup de cœur car l’écriture est somme toute banale, mais il était très intéressant pour découvrir une époque, une femme, des œuvres. Là-dessus le livre tient sa promesse. A lire pour sa culture et son plaisir.

Editions Calmann-Lévy.

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29 mai 2019

"Les fils de Canaan : l'esclavage au Moyen-Âge" de Sandrine Victor

 

Sur Encre d'époque :

Mon avis sur le livre de Sandrine Victor Les fils de Canaan : l'esclavage au Moyen-âge : ici.

Sandrine Victor Histoire esclavage Moyen age

Résumé :

L’esclave, tel qu’on se le représente généralement c’est tantôt l’homme-bétail de l’Antiquité, pliant le genou sous les coups de fouet des pharaons, tantôt l’homme-machine de l’époque contemporaine, chaînes aux pieds dans les plantations de coton nord-américaines… Quant au Moyen Âge, on l’a longtemps cru réservé à un autre type de subordination, celle du serf, attaché à la terre et au seigneur.
Or, à rebours de ces idées reçues, la chute de l’Empire romain est loin d’avoir marqué la fin de l’esclavage. Bien au contraire, les nombreux conflits du temps, des intrusions mongoles aux raids vikings, ont assuré la pérennité de cet asservissement de l’homme par l’homme : du bassin méditerranéen aux confins septentrionaux en passant par les terres byzantines, l’esclavage fut un phénomène très largement répandu durant les mille ans que dura l’époque médiévale.
Slaves transitant vers les contrées méridionales, populations d’Afrique noire vendues par les commerçants ibériques, chrétiens en terre d’islam, musulmans en terre chrétienne, les esclaves sont partout, aussi bien en ville qu’à la campagne, affectés à des tâches domestiques, artisanales, industrielles, dans une diversité de situations et de statuts qui a longtemps dissuadé les historiens de considérer le phénomène dans son ensemble – c’est précisément le défi que relève aujourd’hui cet ouvrage pionnier.

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10 mai 2019

"Les Francs Royaumes : par deux fois tu mourras" de Eric Fouassier

Les Francs Royaumes : par deux fois tu mourras (T.1) de Eric Fouassier

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Résumé :

Palais de Rouen, 569. Galswinthe, la jeune épouse de Chilpéric, l’un des trois petits-fils de Clovis, meurt étouffée dans sa chambre. Juste après, son assassin est retrouvé poignardé… Quatre ans plus tard, la sœur de Galswinthe, la reine Brunehilde d’Austrasie, est persuadée que toute la lumière n’a pas été faite sur cette tragique affaire. Elle charge Arsenius Pontius, un jeune lettré gallo-roman, de se rendre à Rouen pour enquêter en toute discrétion.
Sur place, Wintrude, une ancienne princesse thuringienne devenue esclave des Francs, lui apporte des informations essentielles. La jeune femme, indirectement mêlée au meurtre de Galwsinthe, a dû se placer sous la protection de l’Église pour échapper à des proches de Chilpéric, qui cherchent à la réduire au silence… Victime lui-même d’une tentative de meurtre, Arsenius apprend qu’un conflit est sur le point d’éclater entre Neustrie et Austrasie. Dès lors, Wintrude et lui n’ont plus le choix : ils doivent faire éclater la vérité avant que le jeu des trônes n’embrase toute la Gaule mérovingienne.
Ressuscitant avec brio cet âge sombre qui fonda la France, où le meurtre, le sexe et la vengeance sont autant d’instrument de pouvoir, Éric Fouassier allie rigueur historique et inventivité romanesque pour emporter le lecteur dans une enquête trépidante.

Mon avis :

Childéric, ancêtre des trois rois de ce livre, avait eu une nuit une vision à propos de bêtes que sa femme Basine lui avait expliquée au petit matin. Il ressortait de cette prophétie, qu’après Clovis les descendants se conduiraient comme des bêtes et s’entredéchiraient pour la terre et le pouvoir. Je ne vais pas dire que cette vision fût réelle, mais quoi qu’il en soit l’histoire est telle que cette vision s’est avérée réelle, et c’est ce contexte que l’auteur de Par deux fois tu mourras a choisi pour son livre. Faut dire que l’époque se prête beaucoup aux trahisons, aux assassinats (sport national), aux girouettes, comme va en attester la suite de l’histoire…
Car tout commence en effet avec l’assassinat de Galswinthe, princesse wisigothe devenue Reine de Neustrie en se mariant avec Chilpéric, que sa sœur Brunehaut (Reine d’Austrasie et épouse de Sigebert), veut élucider. Bien que cette dernière ait déjà une petite idée de la commanditaire du meurtre : Frédégonde maîtresse du Roi Chilpéric.
Pour cela, elle envoie donc un émissaire en Neustrie, un jeune homme du nom d’Arsenius, afin que ce dernier fasse toute la lumière sur le meurtre de sa sœur. Mais ce qu’Arsenius va découvrir, va s’avérer plus compliqué que ce que pensait la Reine d’Austrasie ; coup fourrés, dangers, révélations, faux-semblants, ne vont pas ménager notre pauvre enquêteur malgré lui.

Vous l’aurez deviné, ce roman c’est une enquête historique où l’auteur va se faire plaisir avec ce que l’époque mérovingienne permet, mais si vous ne pensez que lire une enquête où plusieurs personnages vont risquer leur vie, détrompez-vous très vite. Car l’enquête n’est pas qu’une enquête, c’est toute une histoire qui appelle une faide et donc aura un impact non négligeable sur la stabilité de la Francia. Et tout cet impact politique, l’auteur va nous le faire découvrir ou redécouvrir en montrant les enjeux de ce meurtre, tout en rajoutant bien sûr au meurtre d’autres enjeux et une autre enquête avec des runes (je crois). Roman oblige !
Bien sûr dit comme ça, ça peut faire peur le lecteur plus novice en Histoire, mais (en sachant que je ne suis pas novice) pour ma part je trouve que ce bouquin est accessible à tous, tout en étant bien fait historiquement, du moins autant que faire se peut. Cependant, je n’ai pas trouvé qu’Eric Fouassier - et contrairement à ce qu’il dit - amoindrissait la légende noire du Néron et de la Néronne (oui, j’invente des mots), je trouve en effet Frédégonde toujours aussi garce, même si c’est vrai que pour le coup du meurtre de Galswinthe il envisage visiblement autre chose.

D’ailleurs petit aparté, je me demande comment ça va virer dans la suite. Car le rôle que joue un roi dans ces pages m’étonne un peu - surtout qu’il n’est pas réputé pour être un salopard -, du fait qu’avec Brunehaut ou Frédégonde il fera, fera plus, alliance. Du coup la question se pose, où est-ce que l’auteur va aller avec ce roi ? Est-ce le roi ou quelqu’un d’autre qui commandite le meurtre ? Comment l’auteur va rester au plus proche de l’Histoire avec son histoire comme dans le tome 1 ? Car oui dernier point, ce livre donne un début de réponse, mais ne résout pas l’enquête dans son entièreté, au contraire la lumière éclaire les ténèbres qui restent à parcourir.

En résumé, un bon premier tome. Bien écrit, bien clair, où l’imaginaire se mélange bien à l’Histoire. Vivement la suite.

Editions JC Lattès.

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26 avril 2019

"Le sang des mirabelles" de Camille de Peretti

Le sang des mirabelles de Camille de Peretti

Source: Externe

Résumé :

« Depuis le début de la cérémonie, la tête légèrement penchée en avant, elle avait gardé les paupières baissées comme l’aurait fait une fiancée soumise, mais son corps criait la roideur et l’orgueil. Malgré son jeune âge, il n’y avait en elle aucune douceur, aucune fragilité, aucune enfance. La parfaite beauté de la jeune fille, sa peau d’une pâleur extrême, ses petites mains jointes en prière, la finesse pointue de ses articulations que l’on devinait sous le lourd manteau vert doublé de fourrure, tout cela était tranchant comme la lame d’une épée. »
Au cœur du Moyen Âge, le destin de deux sœurs en quête d’émancipation à une époque vouant les femmes au silence. Un magnifique voyage dans le temps, qui dépoussière le genre du roman historique.

Chronique expresse :

Le sang des mirabelles, parle de l’histoire de deux jeunes sœurs qui se retrouvent dans un monde inconnu après le mariage de l'aînée. Ce monde inconnu leur réserve bien des surprises, bonnes ou non.

Je vais être franche, ce livre n’est pas un coup de cœur pour moi. Cela étant, si je ne ressors pas à 100% enchantée de cette lecture, j’admets que j’en ressors tout de même agréablement surprise. Agréablement surprise par le langage employé qui donne une touche désuète au roman ; agréablement surprise par ce moyen-âge un peu imaginaire, où les personnages n’ont pas de nom et où la géographie ne dit pas son nom ; et enfin agréablement surprise par ce conte cruel, où la rancœur, l’amour, la haine, la curiosité, la religion, promettent le pire comme le meilleur.

Vous l’aurez deviné, ici point de grande épopée, de grande aventure, plutôt des querelles et de la sournoiserie qui vous donneront envie d'estriller quelques personnages comme le chapelain vicieux et salopard. Toutefois, cette ambiance des coeurs et des esprits fait son effet sur le lecteur, et promet un bon moment de lecture et de réflexion, notamment sur l'inquisition.

A lire pour le plaisir.

Calmann-Levy.

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06 avril 2018

"Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues" Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

Le vrai visage du Moyen Âge : au-delà des idées reçues. Sous la dir. de N. Weill-Parot et V.Sales

le vrai visage du MA

Résumé :

Que la violence y ait régné sans partage, que les puissants y aient exercé une impitoyable domination sur les faibles, que la justice y ait été cruelle et expéditive, qu'une religion fanatique y ait régenté la vie des hommes, à peine tempérée par les superstitions les plus extravagantes, qu'on n'y ait eu que de très approximatives connaissances dans les domaines de la science, de la médecine ou de l'hygiène, qu'on y ait méprisé les femmes et méconnu tout ce qui était étranger aux frontières de l'Occident, pour la majorité d'entre nous, cela ne fait aucun doute : le Moyen Âge, interminable parenthèse entre les accomplissements de l'Antiquité et les merveilles de la Renaissance, est le point de référence obligé lorsqu'on veut dénigrer les temps obscurs auxquels nous avons échappé pour accéder enfin à la modernité. Autant d'idées reçues que les plus grands spécialistes français de la question contestent avec force.

Contributeurs : Dominique Barthélemy, Colette Beaune, Ziad Bou Akl, Alain Boureau, Boris Bove, Nicolas Carrier, Franck Collard, Philippe Contamine, Patrick Gautier Dalché, Danielle Jacquart, Philippe Josserand, Didier Kahn, Gabriel Martinez-Gros, Laurence Moulinier, Marilyn Nicoud, Jacques Paviot, Valérie Toureille, André Vauchez, Jacques Verger, Catherine Verna, Laurent Vissière et Nicolas Weill-Parot.

Mon avis :

J’ai mis du temps - étude oblige – mais je l’ai fini ! Et malgré le temps à le lire je peux dire que j’ai été ravie de lire ce livre. Un gros coup de cœur.

Loin du politiquement correct, de la réécriture comme des louanges, ce livre est une mine d’or d’information sur le Moyen Âge. Déjà pour les étudiants, pour ma part je trouve qu’il complète bien mes cours, ce qui est un peu logique car certains sont mes profs comme Monsieur Collard mais pour ceux qui ne sont pas mes profs ça marche aussi - et je regrette d’ailleurs que certains ne soient pas mes profs, ça aurait évité quelques catastrophes… Ensuite, il est aussi parfait pour le lecteur lambda qui veut se cultiver et sortir des clichés que l’on entend sans cesse sur l'époque médiévale habituellement vu que ce livre a pour mission de bousculer les idées reçues et qu'il temporise les ardeurs des discours.

Par ailleurs comme il est écrit par des vrais historiens ce bouquin est aussi une mine d’or sur ce qui fait le sel de ce métier, à savoir : la méthode, la vue d’ensemble, la relativisation, la déduction, la projection… Quand on lit ce livre on voit bien qu’être historien ne s’improvise pas, qu’il faut du temps et de la recherche et que ça va plus loin que répéter une liste de faits comme ça, sans réfléchir.
En effet, les faits s’analysent et comme le montre ce bouquin ça prend du temps pour les analyser et aussi les partager, d’où le fait qu’on peut franchement critiquer ces gens à la TV, à la radio, dans les journaux… qui tentent de donner des leçons d’histoire en 5 minutes et qui se veulent être exhaustifs en plus de ça - même s'ils ne sont pas tous ainsi faut bien l'admettre.
Ce genre de programme c’est très bien pour avoir une première approche, ouvrir sa curiosité, mais pour l’approfondissement et pour une bonne vue d’ensemble ça ne suffit pas, et ce livre le met particulièrement bien en lumière. Il montre vraiment que dans les discours souvent politiques (l’histoire est très politique) on fait usage de trop de raccourci et d’idée fausse qui suffisent hélas pour beaucoup de personne et de ce fait entretient les fausses légendes et facilite la déconstruction...
Outre la méthode, ce livre est aussi une bonne critique sur l’historiographie comme des discours sur l’histoire qui s’inscrivent dans un cadre politique.
Et moi, toutes ces qualités et connaissances me laissent rêveuse… J’aimerai être aussi douée que ça un jour. (Ce qui n’arrivera jamais.)

Enfin, le dernier atout de ce bouquin collectif, c’est la pluralité des thèmes abordés ; de la médecine à la ville, en passant par la femme, la science loin d'être irrationnelle contrairement à ce qu'on pense généralement, les seigneurs, l’hygiène, l’université (je ne digère toujours pas mon mauvais cours sur ce sujet), les traductions beaucoup du fait des chrétiens et des juifs dans le monde islamique, etc., etc. tout passe à la lumière de l’historien, et ceci pour le plus grand bonheur du lecteur qui veut apprendre et sortir des clichés ou compléter ses connaissances.
Le seul défaut qu’on pourrait éventuellement trouver à ce livre - et encore que pour moi ça n’est pas un défaut -, c’est la manière un peu enfantine d’aborder les pistes de réflexion sur cette période par le jeu des questions-réponses, mais personnellement je trouve que ce procédé a au moins le mérite d’être clair et de faciliter la lecture et je n’y vois rien à redire même si beaucoup ne trouveront pas cela sérieux.

En résumé, c'est un livre à lire, c'est un livre fabuleux, c'est un livre nécessaire que tout le monde doit lire. Vraiment j'insiste.

Extraits : (Difficile de choisir !)

"Parleriez-vous d'un sentiment national français au Moyen Âge ?

L'expression "sentiment national" ne se rencontre pas à l'époque. Si l'on considère que, pour qu'une idée existe, il faut qu'elle ait une expression linguistique, alors il faudrait conclure cette idée n'existe pas au Moyen Âge. Mais peut-on être aussi catégorique ? Je retiens un élément : le roi de France passe pour une incarnation de la France, indépendamment de ses qualités propres ; donc s'il est chassé, supplanté, la France elle-même est menacée dans sa survie. L'idée était admise et ancrée que le roi de France devait être un Français. Des textes produits au XIVème siècle dans l'entourage de Charles V le disent expressément, cela pour ruiner les prétentions des rois d'Angleterre, présentés comme des étrangers : "Nul de succède [à la couronne de France] qui est d'étrange pays." Christine de Pizan dit très nettement que les français ont la chance d'avoir toujours été gouvernés par des gens de chez-eux. Il y a donc bien une sorte d'identification entre le roi et ceux qui lui sont soumis dans les limites de sa souveraineté, de son ressort et de son hommage ; et d'un point de vue émotionnel, effectivement, la présence anglaise a été vécue comme une invasion suivie d'une occupation

La France existait donc bien au Moyen Âge...

Il ne paraît pas absurde, en effet, de parler de France et de Français dans les derniers siècles du Moyen Âge. C'ets dire que je suis loin de blâmer les historiens du XIXème siècle, de Michelet à Lavisse, qui ont comme on dit maintenant, crée et raconté le "roman national". Pour eux, ce n'était pas un roman, c'était un récit, composé de bonne foi. Ce n'était pas l'histoire d'un mythe, c'était l'histoire d'une réalité. Il se peut qu'ils aient surestimé tel élément et qu'ils aient volontiers retenu des textes ou des faits répondant ç leur attente et à celle de leur public, mais ils ne les ont pas inventés. Lorsque Jeanne d'Arc déclare dans sa fameuse lettre au roi d'Angleterre (mars-avril 1429) qu'elle veut le "bouter hors de toute France", il ne s'agit évidemment pas simplement de la région parisienne. Entendons-nous bien : être Français, être bon Français, à l'époque, c'est une détermination géographique, mais c'est aussi l'adhésion à la lignée des Valois. En disant tout cela j'ai l'impression de proférer de évidences, mais apparemment, cela mérite encore d'être dit." Pages 20-21. Historien : Franck Collard.

"Selon une idée générale très répandue, dans les médias, dans la classe politique, parfois dans les manuels scolaires, il y aurait eu au coeur de ces conflits de civilisation une oasis de paix et de tolérance : al-Andalus.

Jacques Berque a écrit un livre pour tenter de rapprocher les deux rives de la Méditerranée, un de ses derniers, qui s'intitule Andalousies. Comme se ce mot magique suffisait, un peu comme la lecture d'Avérroès, à rapprocher les civilisations. C'est malheureusement totalement faux. Ce qu'on présente comme la tolérance andalouse, c'est la tolérance du monde islamique à l'égard des religions qui ne sont pas l'islam mais qui font partie des "religions du livre" citées dans la Coran ; cependant, cette tolérance, la dhimma, implique une forme de soumission, un statut d'infériorité. Ce qu'on mesure mal dans notre civilisation moderne, où la tolérance date de la fin du 17ème siècle, c'est que, lorsque la tolérance s'est exercée dans le monde ancien, y compris dans l'Empire romain, mais surtout dans le monde islamique, elle ne signifiait jamais l'égalité. Au contraire, la condition de la tolérance est l'inégalité. En d'autres termes, vous tolérez un inférieur,celui qui vous prête son concours, qui vous donne ses impôts, son travail. [...]" Pages 79-80. Historien : Gabriel Martinez-Gros.

"Récemment encore, un journaliste me disait : "il y a encore des gens pour dire que le jihad, c'est la guerre sainte, alors que tout le monde devrait savoir que c'est un combat intérieur ; le jihad comme la guerre sainte, cela n'a jamais existé, cela a été inventé de toute pièce par les Européens..."
C'est évidemment lui qui se trompait. Dans la revue L'Histoire, à chaque fois qu'il est question d'un article sur l'islam, on me demande de préciser ce qu'est le jihad, et à chaque fois je suis obligé de réécrire les mêmes 3 lignes donnant la définition banale mais juste. Eh oui, le jihad c'est la guerre sainte ou légale."

05 février 2018

"Le seigneur de Charny" de Laurent Decaux

Le seigneur de Charny de Laurent Decaux

Source: Externe

Résumé :

Champagne, 1382. Quand, après six années de croisade, Jacques de Charny regagne enfin ses terres, il découvre, stupéfait, une foule immense massée devant l’église du château.

De toute l’Europe, des pèlerins affluent pour prier devant la relique extraordinaire détenue par la famille : le saint suaire, sur lequel apparaît le corps martyrisé du Christ. Pour sauver le domaine de la faillite, Jeanne, la mère de Jacques, a décidé d’exposer publiquement cette relique cachée aux yeux du monde depuis des décennies.

Alors qu’il espérait être accueilli à bras ouverts, Jacques se heurte à la défiance et l’hostilité de tous. Sa mère, la première, lui reproche d’avoir ruiné la seigneurie avec ses voyages en Orient. Pierre d’Arcis, l’implacable évêque de Troyes, veut interdire l’exposition du drap sacré. Et même sa promise, la ravissante Hélène, s’est mariée à un barbon…  Seuls ses deux amis d’enfance, Miles, le bouillonnant comte de Brienne, et Arnaut, le fougueux chevalier de Jaucourt, semblent se réjouir de son retour.

C’est alors qu’un jeune seigneur et sa suite arrivent en Champagne pour admirer la sainte relique. Pour Jacques, cette visite inattendue va s’avérer providentielle…

Mon avis :

Le seigneur de Charny est le premier roman de Laurent Decaux. Ce livre n'apporte rien de neuf sous le soleil, pour autant il se lit bien. Descriptif d'une époque - avec des arrangements - son histoire se déroule au sein d'une seigneurie en ruine suite à la croisade entreprise par le fils de Charny. Seigneurie désargenté certes, mais riche du Saint Suaire autour duquel il existe un désaccord et qui sera source de pas mal d’ennui. Via ce linceul pourtant, le livre montre comment à l’époque on tentait d’attirer les pèlerins pour faire rentrer quelques argents dans les caisses afin de relancer ou d’enrichir la seigneurie, ou pour donner un écrin à quelques reliques rares afin de s’attirer quelques faveurs du ciel.
Ce ciel, dont les représentants menacent d'excommunication ceux qui vénèrent des faux et menacent la vie de toute une bourgade par leurs positions. Positions qui peuvent dépendre des rois comme des papes, comme dans ce livre où notre histoire du Suaire se passe lors du grand schisme de l’Eglise d’Occident et se base sur une opposition véritable de Pierre d’Arcis.

Bref ! Toute cette histoire du Suaire apporte déjà beaucoup d’intrigue, de description et de rebondissement à ce livre, c’est même la principale intrigue, mais pour être honnête… pas la meilleure.
En effet, pas la meilleure, du coup heureusement que ce livre compte dans ses pages la présence de Charles VI (avant qu’il ne soit le roi fou) et les intrigues qui l’entourent pour mettre un peu de piment dans cette langueur campagnarde.
Effectivement et même si finalement ce n’est pas si présent, les quelques aventures avec ce roi et son entourage font un bien fou ! Comme cette histoire de Suaire est finalement assez molle et tire en longueur - ce qui peut vite devenir lénifiant, sauf sur la fin où elle devient vraiment intéressante - voir ce roi vivre dans un panier de crabe, opposer un refus et entreprendre la guerre, réveille fortement l’intérêt du lecteur et donc l'intérêt du livre vu qu'on s'éloigne un peu du sujet principal qu'est le Suaire.

Mais que serait ce livre sans son personnage Jacques de Charny et ses amis coureurs de jupons et bons vivants ? Amis qui lui remontent au demeurant le moral vu que le retour n’est pas celui escompté, puisqu’il est accueilli froidement par sa mère et qu’il est délaissé par sa promise qui a épousé un riche barbon.
Pour être franche, là aussi ce ne sont pas les personnages du siècle, mais leur compagnie, leurs 400 coups et leur amitié rajoutent de l’agréable au roman qui sans ça serait encore plus long à lire, surtout au début.
Le plus cependant avec ces trois personnages, c'est qu'ils ne sont pas invincibles, ils ne sont pas les meilleurs, ils ne sont pas les plus forts, ce qui met quand même une touche de réalité agréable dans ces portraits, parce que c'est chiant mine de rien ces chevaliers qui s'en sortent à trois contre cent !

En conclusion, j’ai apprécié ce livre et surtout la fin qui est terrible, mais le début a été un peu difficile, ça devient vraiment intéressant pour moi dès le départ de Charles VI et l’action de l’évêque sur le Suaire. Avant pour moi, ça colle au décollage, mais je sais qu’à d’autres il n’a pas fait cet effet-ci, donc à tenter pour ceux qui veulent, car au fond il est vrai que l’on ne passe pas un trop mauvais moment non plus. Il y a quand même des choses agréables en plus de l’époque médiévale. Et en plus l'auteur est assez bien renseigné, ce qui est indéniablement un plus.

Merci à XO Editions.

02 mai 2017

"Jacques Coeur, le vif argent" de Michael de Kent

Jacques Coeur, le vif argent de Michael de Kent

Jacques-Coeur-le-vif-argent

Résumé :

Riche marchand et homme puissant, Jacques Coeur est propriétaire d'une flotte commerciale qui arpente la Méditerranée et fait connaître à la Cour de Charles VII soieries luxueuses, bijoux, parfums d'Orient. Il ne tarde pas à devenir le conseiller du roi en ce qui concerne sa politique commerciale vers le Levant, ainsi que l'arbitre des élégances et prenant sous son aile Agnès Sorel, favorite du roi. En 1436, Charles VII le nomme Grand Argentier du royaume de France. Il se lance dans de nombreuses entreprises commerciales et industrielles, et amasse une fortune considérable qui lui permet d'aider Charles VII à reconquérir son territoire occupé par les Anglais. Mais sa réussite éclatante l'amène à la disgrâce : en invoquant diverses accusations, ses rivaux et ses nombreux débiteurs, dont le roi, provoquent sa chute en 1451. Emprisonné puis banni en 1456, il meurt à Chios, en Grèce, lors d'une expédition contre les Turcs.Après Yolande d'Aragon, son ancêtre, évoquée avec panache dans La Reine des quatre royaumes, puis Agnès Sorel, maîtresse de Beauté, qui évoquait le parcours brillant puis tragique de la favorite de Charles VII, la Princesse Michael de Kent fait revivre pour nous avec admiration et un sens captivant du détail le destin d'un homme épris d'aventures et de luxe, mais aussi de pouvoir...

Mon avis :

Voici enfin le troisième et dernier livre de cette saga écrite par la princesse Michael de Kent, et c’est avec Jacques Cœur riche marchand et grand argentier du roi Charles VII que se finit notre voyage au Moyen-âge. Et mes amis quel voyage !
Guerre de cent ans, complots politiques, noce, argent, trahison, cette saga offre de bon moment de lecture par son approche de cette fin du moyen-âge à travers ces trois personnages ; Yolande d’Aragon, Agnès Sorel et enfin Jacques Cœur. Je ne reviendrai pas sur les deux premiers romans que j’ai déjà abordé dans les deux autres avis, alors parlons de Jacques Cœur.

Jacques Cœur pour ceux qui ne savent pas et pour faire court, était un homme parti de rien, qui bâtit une fortune considérable grâce à son commerce et qui aida le roi Charles VII à financer la guerre de cent ans. Mais la bonne fortune attirant médisance et jalousie, quelques un oeuvreront à sa chute. Sa chute sera douloureuse et la sanction terrible après une farce en guise de procès ; ici, c’est cette vie que nous propose Michael de Kent de découvrir.
Comme pour les deux autres livres ce roman a une haute valeur biographique, l’auteure ne change rien à cette recette gagnante, elle mélange toujours habillement biographie et roman ; mais en ce qui me concerne, et si je mets de côté le côté biographique qui est déjà fortement appréciable, j’ai retrouvé le plaisir de la lecture que j’avais eu lors du livre sur Yolande d’Aragon et que j’avais un peu perdu avec le bouquin sur Agnès Sorel. En effet, dans le tome consacré à Agnès Sorel on tournait en rond, on vivait peu de chose à part une histoire d’amour, ici point du tout ! On renoue avec les messes basses, les trahisons de cour, la niak de réussir, les voyages. On renoue aussi avec un récit bruyant, coloré, vivant, comme c'était le cas avec le livre sur Yolande d'Aragon et qu'on avait un peu perdu avec Agnès Sorel maîtresse de Charles VII. Bref ! L'auteure retourne aux origines et qu'est-ce que ça fait plaisir ! C'est même triste d'un côté car finalement ça se lit très vite alors qu'après y a plus.

Ensuite, pour le reste sachez que rien ne change non plus, le décor riche, foisonnant de détail, luxueux est toujours présent, même plus et le contexte historique est quant à lui, lui aussi respecté, à un détail près toutefois. Le palais Farnèse à l’époque de Jacques Cœur n’existe pas encore, l’auteure est en avance de quelques dizaines d’années sur ce point, mais bon ce n’est pas très grave non plus.

En conclusion, c’était une lecture formidable qui clôt une saga merveilleuse et enrichissante, et c’est bien dommage.

31 janvier 2017

"Béziers 1209" de Jean d'Aillon

Les aventures de Guilhem d'Ussel chevalier troubadour : Béziers 1209 de Jean d'Aillon

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 Résumé :

1208 : Après avoir perdu son épouse Sanceline, Guilhem d'Ussel est devenu prévôt de l'Hôtel de Philippe Auguste. Le roi le charge de découvrir les meurtriers d'une prostituée égorgée dans l'église Saint-Gervais. Sur leurs traces, Guilhem tombera dans un infâme traquenard.

Qui tente ainsi de l'éloigner de Philippe Auguste alors que le Saint-Père Innocent III exerce une pression de plus en plus forte sur le royaume
de France afin que ses barons se rassemblent dans une croisade contre les hérétiques albigeois ?

Un an plus tard, emprisonné, affaibli, Guilhem parviendra-t-il à identifier ses ennemis et à préserver Lamaguère. Enfermé dans Béziers assiégé par les croisés, peut-il encore sauver Amicie de Villemur ?

Mon avis :

Pour une première approche ce n’est pas vraiment une réussite. Je ressors de cette lecture très mitigé et j’avoue que j’ai bâclé la fin. En effet j’ai trouvé des passages très intéressants, en fait le livre entier était sûrement intéressant, mais y avait beaucoup trop de personnage ! Je me suis noyée dedans et ceci malgré le récapitulatif de ces derniers au début du livre. Du coup forcément je suis quasiment passée à côté du livre. J’ai bien compris qu’il y avait une histoire de croisade contre les cathares et que le meurtre d’une fille de rien sur lequel Guilhem d’Ussel enquête été liée à cette croisade, mais je me suis perdue quand même, même en comprenant l'histoire... Je n'ai rien pu faire, j'ai regardé le livre s'éloigner au loin sur le rivage de l'incompréhension.

Dommage, car sincèrement l’auteur sait raconter l’histoire, nous plonger dans l’époque, faire ressortir l’ambiance tendue quand il y a des évènements, faire partager les états d’âme de ses personnages... bref, il sait représenter un tas de chose mais tout cela n’a pas suffi pour faire face à la vague de personnage. C’était trop complexe à suivre, en tout cas pour moi.
D’ailleurs il est possible que ça vienne juste de moi ce problème, car peut-être que je n’étais pas forcément dans la bonne période pour lire ce bouquin - j’étais en plein dans mes partiels d’histoire -, mais quoi qu’il en soit ça n’a pas marché et j’espère que ça marchera avec les autres livres de Jean d’Aillon qui sont dans ma PAL. Parce que oui j’en ai d’autres ^^

Cela étant c’est un livre que je peux conseiller sans problème car si on est un peu attentif à tous les personnages et qu’on élimine les moins importants (ce que je n’ai pas fait) c’est un livre qui se lit très bien et qui promet beaucoup d’évènement, de plaisir mais aussi un excellent bon dans le temps avec le décor et la mentalité ; et tout ça avec, certes de l'imagination, mais aussi une touche d'érudition pas désagréable du tout.
D'ailleurs une chose que le livre a bien mis en avant c'est le rapport entre l'église, l'état royal, les comtes... L'auteur met bien en avant les tensions et les pressions que ces pouvoirs exerçaient les uns sur les autres via ici surtout la fameuse croisade. Bien sûr elle ne s'explique pas juste à cause de l'église, ni à cause des ambitions personnelles que l'on retrouvent dans le livre, il y avait aussi des raisons politiques (pas spécialement présente dans le livre mais ce n'est pas plus mal), mais quoi qu'il en soit par cette histoire l'auteur éclaire tous ces rapports entre souverains, avec les féodaux... en plus d'aborder la question hérétique cathare. Ce qui fait qu'au final c'est un bon tableau d'époque.

Bref. Même si je n'ai pas spécialement accroché je conseille néanmoins ce livre car il est intéressant et je pense vraiment qu'il se lit très bien si on est bien dedans. Et je confirmerai cela ou pas à ma prochaine lecture de cet auteur. ;)

Merci aux éditions Flammarion.