Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

02 mai 2017

"Jacques Coeur, le vif argent" de Michael de Kent

Jacques Coeur, le vif argent de Michael de Kent

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Résumé :

Riche marchand et homme puissant, Jacques Coeur est propriétaire d'une flotte commerciale qui arpente la Méditerranée et fait connaître à la Cour de Charles VII soieries luxueuses, bijoux, parfums d'Orient. Il ne tarde pas à devenir le conseiller du roi en ce qui concerne sa politique commerciale vers le Levant, ainsi que l'arbitre des élégances et prenant sous son aile Agnès Sorel, favorite du roi. En 1436, Charles VII le nomme Grand Argentier du royaume de France. Il se lance dans de nombreuses entreprises commerciales et industrielles, et amasse une fortune considérable qui lui permet d'aider Charles VII à reconquérir son territoire occupé par les Anglais. Mais sa réussite éclatante l'amène à la disgrâce : en invoquant diverses accusations, ses rivaux et ses nombreux débiteurs, dont le roi, provoquent sa chute en 1451. Emprisonné puis banni en 1456, il meurt à Chios, en Grèce, lors d'une expédition contre les Turcs.Après Yolande d'Aragon, son ancêtre, évoquée avec panache dans La Reine des quatre royaumes, puis Agnès Sorel, maîtresse de Beauté, qui évoquait le parcours brillant puis tragique de la favorite de Charles VII, la Princesse Michael de Kent fait revivre pour nous avec admiration et un sens captivant du détail le destin d'un homme épris d'aventures et de luxe, mais aussi de pouvoir...

Mon avis :

Voici enfin le troisième et dernier livre de cette saga écrite par la princesse Michael de Kent, et c’est avec Jacques Cœur riche marchand et grand argentier du roi Charles VII que se finit notre voyage au Moyen-âge. Et mes amis quel voyage !
Guerre de cent ans, complots politiques, noce, argent, trahison, cette saga offre de bon moment de lecture par son approche de cette fin du moyen-âge à travers ces trois personnages ; Yolande d’Aragon, Agnès Sorel et enfin Jacques Cœur. Je ne reviendrai pas sur les deux premiers romans que j’ai déjà abordé dans les deux autres avis, alors parlons de Jacques Cœur.

Jacques Cœur pour ceux qui ne savent pas et pour faire court, était un homme parti de rien, qui bâtit une fortune considérable grâce à son commerce et qui aida le roi Charles VII à financer la guerre de cent ans. Mais la bonne fortune attirant médisance et jalousie, quelques un oeuvreront à sa chute. Sa chute sera douloureuse et la sanction terrible après une farce en guise de procès ; ici, c’est cette vie que nous propose Michael de Kent de découvrir.
Comme pour les deux autres livres ce roman a une haute valeur biographique, l’auteure ne change rien à cette recette gagnante, elle mélange toujours habillement biographie et roman ; mais en ce qui me concerne, et si je mets de côté le côté biographique qui est déjà fortement appréciable, j’ai retrouvé le plaisir de la lecture que j’avais eu lors du livre sur Yolande d’Aragon et que j’avais un peu perdu avec le bouquin sur Agnès Sorel. En effet, dans le tome consacré à Agnès Sorel on tournait en rond, on vivait peu de chose à part une histoire d’amour, ici point du tout ! On renoue avec les messes basses, les trahisons de cour, la niak de réussir, les voyages. On renoue aussi avec un récit bruyant, coloré, vivant, comme c'était le cas avec le livre sur Yolande d'Aragon et qu'on avait un peu perdu avec Agnès Sorel maîtresse de Charles VII. Bref ! L'auteure retourne aux origines et qu'est-ce que ça fait plaisir ! C'est même triste d'un côté car finalement ça se lit très vite alors qu'après y a plus.

Ensuite, pour le reste sachez que rien ne change non plus, le décor riche, foisonnant de détail, luxueux est toujours présent, même plus et le contexte historique est quant à lui, lui aussi respecté, à un détail près toutefois. Le palais Farnèse à l’époque de Jacques Cœur n’existe pas encore, l’auteure est en avance de quelques dizaines d’années sur ce point, mais bon ce n’est pas très grave non plus.

En conclusion, c’était une lecture formidable qui clôt une saga merveilleuse et enrichissante, et c’est bien dommage.


31 janvier 2017

"Béziers 1209" de Jean d'Aillon

Les aventures de Guilhem d'Ussel chevalier troubadour : Béziers 1209 de Jean d'Aillon

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 Résumé :

1208 : Après avoir perdu son épouse Sanceline, Guilhem d'Ussel est devenu prévôt de l'Hôtel de Philippe Auguste. Le roi le charge de découvrir les meurtriers d'une prostituée égorgée dans l'église Saint-Gervais. Sur leurs traces, Guilhem tombera dans un infâme traquenard.

Qui tente ainsi de l'éloigner de Philippe Auguste alors que le Saint-Père Innocent III exerce une pression de plus en plus forte sur le royaume
de France afin que ses barons se rassemblent dans une croisade contre les hérétiques albigeois ?

Un an plus tard, emprisonné, affaibli, Guilhem parviendra-t-il à identifier ses ennemis et à préserver Lamaguère. Enfermé dans Béziers assiégé par les croisés, peut-il encore sauver Amicie de Villemur ?

Mon avis :

Pour une première approche ce n’est pas vraiment une réussite. Je ressors de cette lecture très mitigé et j’avoue que j’ai bâclé la fin. En effet j’ai trouvé des passages très intéressants, en fait le livre entier était sûrement intéressant, mais y avait beaucoup trop de personnage ! Je me suis noyée dedans et ceci malgré le récapitulatif de ces derniers au début du livre. Du coup forcément je suis quasiment passée à côté du livre. J’ai bien compris qu’il y avait une histoire de croisade contre les cathares et que le meurtre d’une fille de rien sur lequel Guilhem d’Ussel enquête été liée à cette croisade, mais je me suis perdue quand même, même en comprenant l'histoire... Je n'ai rien pu faire, j'ai regardé le livre s'éloigner au loin sur le rivage de l'incompréhension.

Dommage, car sincèrement l’auteur sait raconter l’histoire, nous plonger dans l’époque, faire ressortir l’ambiance tendue quand il y a des évènements, faire partager les états d’âme de ses personnages... bref, il sait représenter un tas de chose mais tout cela n’a pas suffi pour faire face à la vague de personnage. C’était trop complexe à suivre, en tout cas pour moi.
D’ailleurs il est possible que ça vienne juste de moi ce problème, car peut-être que je n’étais pas forcément dans la bonne période pour lire ce bouquin - j’étais en plein dans mes partiels d’histoire -, mais quoi qu’il en soit ça n’a pas marché et j’espère que ça marchera avec les autres livres de Jean d’Aillon qui sont dans ma PAL. Parce que oui j’en ai d’autres ^^

Cela étant c’est un livre que je peux conseiller sans problème car si on est un peu attentif à tous les personnages et qu’on élimine les moins importants (ce que je n’ai pas fait) c’est un livre qui se lit très bien et qui promet beaucoup d’évènement, de plaisir mais aussi un excellent bon dans le temps avec le décor et la mentalité ; et tout ça avec, certes de l'imagination, mais aussi une touche d'érudition pas désagréable du tout.
D'ailleurs une chose que le livre a bien mis en avant c'est le rapport entre l'église, l'état royal, les comtes... L'auteur met bien en avant les tensions et les pressions que ces pouvoirs exerçaient les uns sur les autres via ici surtout la fameuse croisade. Bien sûr elle ne s'explique pas juste à cause de l'église, ni à cause des ambitions personnelles que l'on retrouvent dans le livre, il y avait aussi des raisons politiques (pas spécialement présente dans le livre mais ce n'est pas plus mal), mais quoi qu'il en soit par cette histoire l'auteur éclaire tous ces rapports entre souverains, avec les féodaux... en plus d'aborder la question hérétique cathare. Ce qui fait qu'au final c'est un bon tableau d'époque.

Bref. Même si je n'ai pas spécialement accroché je conseille néanmoins ce livre car il est intéressant et je pense vraiment qu'il se lit très bien si on est bien dedans. Et je confirmerai cela ou pas à ma prochaine lecture de cet auteur. ;)

Merci aux éditions Flammarion.

20 janvier 2016

"Agnès Sorel, maîtresse de beauté" de Michael de Kent

Agnès Sorel, maîtresse de beauté de Michael de Kent

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Résumé :

La Reine des Quatre Royaumes est morte. Agnès Sorel, belle et innocente suivante de quatorze ans, attire l'attention de la cour en deuil grâce à son talent pour provoquer les confidences. Nantie de la confiance de la défunte reine Yolande, Agnès séduit tous ceux qu'elle rencontre, mais pas autant que le roi de France nouvellement couronné, Charles VII.
Employée comme demoiselle de compagnie par la reine Marie d'Anjou, Agnès se retrouve installée à la cour, et malgré son honnêteté ne peut s'empêcher de tomber amoureuse du roi. Comme leur relation s'approfondit et que l'influence d'Agnès sur le roi grandit, elle est considérée avec suspicion par le tribunal. Tourmentée par la culpabilité mais incapable de repousser les avances du roi, Agnès est forcée de choisir entre son amour pour Charles et son estime d'elle-même.
Dans ce roman extraordinaire, Son Altesse Royale la princesse Michael de Kent raconte l'histoire qui fait de l'empathie le pouvoir ultime.

Mon avis :

Ce livre fut d’une lecture fort agréable. Il commence avec l’enterrement de Yolande d’Aragon (héroïne du premier excellent tome) et finit par celui d’Agnès Sorel - et je ne pense pas vous spolier puisque on sait tous que depuis le 15ème siècle elle est desséchée depuis longtemps. Entre ces deux enterrements, l’auteure va donc continuer à nous faire découvrir cette période à cheval entre le Moyen-âge et la Renaissance par le biais de la vie de cette première maîtresse royale que fut Agnès Sorel.

Pour les décors et l’ambiance rien n’a changé. Mickael de Kent y met toujours autant de détail que précédemment, elle nous fait partager la richesse des tissus et des atours, l’ambiance de la cour et son esprit, et nous fait aussi côtoyer les plus grands noms de cette époque : Jacques Cœur ; Pierre de Brézé…
Cela étant et même si j’ai vraiment aimé replonger dans cette époque, cette lecture ne fut pas le coup de cœur tant attendu après le 1er tome sur Yolande d’Anjou. En effet et même s’il est bien, qu’il se lit facilement, j’ai trouvé quand même que par rapport au premier livre il manquait de vie, d’action, d’intrigue. Cela ne serait pas en soi un problème parce que ce n'est pas un roman vide non plus, mais le hic c'est que pour pallier ce manque d'action, l'auteure fait énormément de répétition et ça plus les niaiseries amoureuses qui donnent un petit côté Sissi Impératrice, fait que c'est un peu fatiguant à lire. En tout cas pour moi.
Alors c’est vrai que par rapport au précédent bouquin l’époque est moins troublée, le petit roi de Bourges a retrouvé son trône et les anglais posent moins de problème, mais du coup il faut bien admettre que cette ambiance quasi normale n’aide pas à faire un récit palpitant comme le précédent, riche en retournement et intrigue. Ici à part vaguement le dauphin on n’a en effet pas grand-chose à se mettre sous la dent. De ce fait et surtout quand on a adoré le premier tome, c'est peut-être un peu normal d'avoir la réaction que j'ai, parce que je m'attendais vraiment à quelque chose d'énorme.

Bien sûr c’est tout à l’honneur de l’auteure de ne pas vouloir rajouter des choses, mais du coup je me demande si vraiment ce tome était nécessaire. Certes il introduit Jacques Cœur, qui sera le personnage du dernier roman et qui sera pendant un temps accusé de la mort d’Agnès Sorel, il laisse aussi découvrir la thèse qui veut que ça soit la cousine d’Agnès Sorel qui a empoissonné cette dernière, mais à côté de ça je trouve que ce livre manque de matière. Pour moi si on enlève la fin, il fait plus effet de remplissage qu’autre chose. Le troisième tome me dira si j’ai tort, car peut-être qu’il sera impossible de le comprendre sans lire le deuxième, mais pour l’heure c’est ce sentiment qui domine.

Mais attention ce n’est pas du tout un mauvais livre, il est bien écrit même s’il manque de piment, et en fait à part le fait qu’il soit un peu redondant et presque inutile de mon point de vu je n’ai rien à lui reprocher, et en réalité juste pour son côté historique je le conseille. Parce que pour celui qui ne connaît pas Agnès Sorel ben ça reste une bonne présentation de cette femme, même si ça reste du roman et même si j’ai du mal à ignorer Agnès Sorel si niaise. (Parce que oui par moment elle fait un peu niaise.)

En conclusion même si j’ai largement préféré le 1er tome, je conseille malgré tout ce 2ème tome pour son côté historique et son personnage. Et qui sait ce que je reproche peut ne pas être un problème pour vous. Perso j’ai du mal avec les histoires d’amour, mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde, donc à vous de voir. Et venez me dire. :)

Je remercie grandement les éditions Télémaque pour leur gentillesse.

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23 octobre 2015

Une autre idée du silence de Robyn Cadw Allader

Une autre idée du silence de Robyn Cadw Allader

une autre idée du silence

Résumé :

Angleterre, 1255. À seulement dix-sept ans, Sarah décide de devenir anachorète. Dévouée à Dieu, elle vivra recluse dans une petite cellule mesurant neuf pas sur sept à côté de l’église du village. Fuyant le deuil de sa sœur adorée, morte en couches, et la pression d’un mariage imposé, elle choisit de renoncer au monde – à ses dangers, ses désirs et ses tentations – pour se tourner vers une vie de prière. Mais petit à petit elle comprend que les murs épais de sa cellule ne pourront la protéger du monde extérieur.

Une autre idée du silence raconte l’histoire intemporelle d’une femme rebelle, prête à des sacrifices inimaginables pour se libérer des chaînes de la société. Elle enchante et hante le lecteur jusqu’à la dernière page.

Mon avis :

De par son résumé cette histoire me rappelait étrangement Du domaine des murmures de Carol Martinez, et bien que j’avais un peu peur de relire la même histoire, je l’ai choisi justement pour ça car j’avais plutôt bien apprécié Du domaine des murmures. Et après lecture, je ne crois pas me tromper en affirmant que j’ai préféré ce livre à celui de Carol Martinez et en disant qu’il est meilleur. Certes l’écriture n’est pas la même, le livre de Carol Martinez y gagne largement dans ce domaine, mais niveau histoire et contenu y’a pas à dire Une autre idée du silence est bien meilleur. Alors que dans Du domaine des murmures l’histoire est principalement centrée autour de la recluse, ici l’auteur nous fait partager en plus toute la vie du village.

En effet, ici nous allons côtoyer les saisons qui rythmes la vie, les fêtes, les malheurs, les lois qui règlent l’existence des villageois. Forcément cela n’est qu’effleuré, mais c’est tout de même largement suffisant pour donner du souffle au livre et donner un aperçu de la vie au moyen-âge.

A côté bien sûr il y a aussi la recluse Sarah, et là aussi j’ai trouvé cette recluse plus intéressante que celle du roman de Carol Martinez. D’une part parce que Robyn Cadw Allader nous décrit sa santé qui se détériore dans cette cellule presque noire, et d’autre part parce qu’elle nous décrit ses pensées, ses sentiments, ses hontes, ses doutes, ses questions, ses soucis, avec beaucoup d’intensité, ce qui donne au final une dimension très profonde à ce roman. (Même si je ne vous le cache pas qu’il peut parfois énerver, parce que ben voilà… l’église c’est de la merde.)
De plus ce sentiment de profondeur est aussi appuyé par le fait que la recluse Sarah est une personne au caractère finalement assez prononcé. En effet, parfois on assiste à des coups de sang, des coups de cœur, qui montre que même morte à la vie elle est toujours intensément vivante, ce qui de ce fait donne encore plus de vie à ce roman, - en plus de protéger le lecteur de la morosité et de faire un peu oublier cette image noire et pas drôle de recluse.
Bon cela est présent dans Du domaine des murmures, mais dans mon souvenir ce n’est pas aussi bien fait.

Bref ! Peu importe tout ce que je raconte, je crois que vous avez compris que ce livre m’a beaucoup plu et n’est pas loin du coup de cœur, par conséquent je ne peux que vous le conseiller.

Merci aux éditions Denoël.

Date de parution le 03/09/2015
Traduit de l'anglais (Australie) par Arnaud Baignot & Perrine Chambon
Collection : denoël & d'ailleurs

07 août 2015

"Bienvenue au moyen-âge" de Michel Zink

"Bienvenue au moyen-âge" de Michel Zink

bienvenue au moyen age

Mon avis :

Bienvenue au Moyen-Age ! Ou plutôt bienvenue dans le merveilleux, l’imaginaire, l’aventure du Moyen-Age. Il nous est à la fois familier, des chevaliers de la table ronde à la série télévisée Kaamelott, et il nous paraît si lointain : "Nous ne sommes plus au Moyen-Age". En quarante séquences vivantes et imagées, Michel Zink, l’un des plus grands spécialistes mondiaux de la littérature médiévale nous fait entrer dans le monde des poèmes, des romans, des chansons, des légendes du Moyen-Age. L’univers des troubadours n’était pas celui des baba-cool à guitare mais celui des poètes exigeants et des hommes de cour. Ils recherchaient avant tout l’élégance des manières, de l’esprit, des sentiments. Le Moyen-Age, c’est aussi la voix amoureuse des femmes qui se fait entendre en poésie. Sait-on par exemple que "Malbrough s’en va t’en guerre" est une chanson du XVIIe siècle mais héritière d’une tradition qui remonte au Xe siècle. La légende de Roland a t-elle existé réellement ou est-elle une invention qui a modelé notre histoire nationale ? Qui était le roi Arthur imaginé par Chrétien de Troyes ? L’amour occupe une place essentielle au Moyen-Age et particulièrement l’amour conjugal. Ici, la vie est une quête au plus près de la nature : Quête du Graal et du merveilleux. Entrez de plain-pied dans le Moyen-Age, voici sans doute la plus belle des invitations au voyage proposé avec humour et légèreté par un troubadour du XXe siècle. Ces chroniques ont pour origine une série d’émissions diffusées pendant l’été 2014 sur France Inter.

Mon avis :

 

J’aime beaucoup écouter ces très vieux textes du moyen-âge ou pas, que peuvent être certaines chansons comme « Le roi Renaud », « Le prince d’Orange » ou « Ô fortuna » que l’on attribue aux goliards. J’aime beaucoup les écouter, mais soyons honnête, je n’en connais pas des masses non plus ; et bien que je ne dirais pas qu’après lecture de ce livre j’en connais un rayon (comme le précise l’auteur ce livre est une introduction à la poésie du moyen-âge non une encyclopédie) je peux quand même affirmer que j’ai découvert un tas d’informations intéressantes sur cette dernière.
D’une part parce que j’ai découvert divers auteurs, divers courants, et donc une variété de textes, de légendes et d’images, et d’autre part parce que j’ai aussi découvert tous ces à côté qui donnent une autre approche de ces derniers mais aussi de l’époque, comme avec la différence entre ménestrel et troubadour ou encore la position de l’église sur les poésies féminines par exemple.

Tout cela est certes très bien, mais pourtant l’avantage de ce livre ne réside pas que dans cette présentation de la poésie, puisque qu’il donne aussi une autre approche de la vie intellectuelle au moyen-âge, et montre ainsi que ce dernier n’a pas été la période stupide et sans raffinement que les fausses idées ont imposé. D’ailleurs, ces textes sont remplis d’images, de poésie, de courtoisie, de passion… qui aujourd’hui font bien souvent cruellement défaut, et pourrait limite faire penser que les plus bêtes ne sont pas ceux que l’on imagine…

Bref, c’était une petite lecture rapide mais très enrichissante, je conseille à tous les curieux.

Merci aux éditions des équateurs.

Posté par Florell à 10:26 - Documentaire / Essai - Commentaires [0] - Permalien [#]
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07 novembre 2014

"Les hérétiques au Moyen-Âge ; Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ?" de André Vauchez

"Les hérétiques au Moyen-Âge ; Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ?" de André Vauchez

les hérétiques au moyen âge

Résumé :

An mille : les hérésies ne touchent qu'un nombre limité de personnes, appartenant à l'élite culturelle et sociale. Deux siècles plus tard, elles sont devenues de puissants mouvements contestataires qui remettent en cause l'emprise du clergé catholique. De l'Allemagne rhénane à l'Italie centrale et à l'Espagne du Nord en passant par le Languedoc, de nombreuses régions de la chrétienté sont alors "gangrenées" - pour reprendre le vocabulaire des textes pontificaux de l'époque - par diverses formes de dissidence religieuse : Cathares, Vaudois, Patarins... Un défi lancé à la papauté qui les condamne comme des hérésies et les combat par l'intermédiaire de l'Inquisition et des ordres mendiants (Dominicains et Franciscains) à partir de 1231. Aux XIVe et XVe siècles, les accusations d'hérésie se multiplient et visent désormais tous ceux qui désobéissent à l'Eglise ou s'opposent à son autorité, y compris dans le domaine temporel. Le cercle des poursuites ne cesse de s'élargir et l'on finit par considérer comme des hérétiques des hommes et des femmes dont le seul tort était de dénoncer publiquement les abus du clergé et les dérives autoritaires de la hiérarchie ecclésiastique. Une grande oeuvre sur ces prétendus "Suppôts de Satan".

Mon avis :

Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ? Assurément dissidents, quelques sorcières et jeteurs de sort aussi, mais ça c’était pour plus tard, et l’auteur ne s’attarde pas vraiment dessus. Alors pour être franche je n’ai pas tout retenu de cette lecture, parce que je ne vous cache pas qu’il faut bien être dedans pour le lire et j’ai d’ailleurs lu plusieurs fois quelques passages pour bien situer, mais malgré ça j’ai découvert beaucoup de choses intéressantes. En fait, je n’aurais jamais pensé un jour voir cette question sous cet angle-là, pour moi les hérétiques c’était les sorcières, les devins, les sataniques, mais aucunement des gens qui d’un point de vu spirituel voulait revenir à quelque chose de plus sincère, souvent à un mode de vie plus apostolique. Dans ma tête c’était même plutôt tant mieux pour l’église ces gens-là, mais visiblement non. Je suis sans doute un peu naïve…

Bon, je me doutais bien que ces différents courants religieux, - enfin pour ceux que je connaissais- qui se voulaient tous plus proche de Dieu que les voisins, n’étaient pas tous la bienvenus au sein de l’église. C’est connu l’église ne laisse pas si facilement sa place, et l’histoire nous a montré que ses privilèges, qu’ils soient matériels et spirituels, elle y tenait fermement, mais je ne pensais pas qu’ils étaient quand même à ce point honnis, alors que leur but était toujours Dieu finalement. Enfin pour ceux qui étaient réellement « hérétiques », parce que c’était aussi l’appellation idéale pour se débarrasser de ses ennemis. Enfin bref, comme vous le voyez l’hérésie est un problème assez complexe.

Et ce problème complexe, sur une base d’archive et notamment beaucoup d’archives italiennes, André Vauchez va donc l’expliquer. Il va expliquer le déroulement de l’hérésie au Moyen-âge ; la naissance des divers courants religieux, leurs revendications (comme le droit de prêcher), leur vision sur le pouvoir ecclésiastique (pas du tout tendre mais pas fausse), et finalement leur poursuite par le pouvoir séculier mais aussi spirituel, car avec l’hérésie est apparue l’inquisition qui était là pour combattre ces hérétiques qui remettaient en cause le pouvoir ecclésiastique.

Et avec l’inquisition l’auteur va donc donner toute la dimension à ce problème, puisqu’en parallèle au développement de l’hérésie, il a dans le même temps développé l'inquisition et son mode de fonctionnement. Il va par ailleurs rappeler que le bûcher n’était pas toujours la solution finale (sans faire de mauvais jeu de mot), avant ça il y avait les pénitences, le port de la croix sur les vêtements, etc… Sans compter qu’à côté de ça, il y avait tout un système créé pour ramener la brebis égarée sur le chemin de la rédemption. Pour ça il va parler des ordres mendiants, et de l’utilité de certain mythe comme celui de Marie d’Oignies.

Néanmoins surprise. L'auteur va aussi montrer qu'il n'était pas toujours facile pour le pouvoir de l'église, de pratiquer sa justice et d'appliquer sa loi, car ces gens que l’on disait hérétiques étaient parfois tolérés par les populations, ainsi que par le roi.

Comme je vous le disais la question de l'hérésie n'est pas des plus facile.

Enfin je ne vais pas tout vous résumer ici, mais c’est vraiment un bon livre que je conseille. André Vauchez va donner à une question oubliée aujourd’hui et idéologique dans le passé, toute la base pour bien comprendre l’hérésie au Moyen-âge, certes c’est dense à lire, mais bien concentré c’est largement faisable, et le sujet est des plus passionnants. Je conseille aux curieux de l'histoire et je sais qu'il y en a.

Merci aux éditions du CNRS.