Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

25 mars 2017

"Prix Clara 2016" de Collectif

 Prix Clara 2016 de Collectif

 prix clara 2016

Résumé :

Depuis 2007 plusieurs centaines d'adolescents âgés de moins de 17 ans, en France et dans tous les pays francophones, ont participé à ce concours de nouvelles. Sur quelques six cents nouvelles envoyées, seulement une poignée sera retenue pour former ce recueil, offrant ainsi l'opportunité à des écrivains en herbe d'être publiés. Dévoilant une sensibilité à vif à travers des thématiques aussi diverses que la politique, la maladie, et le voyage, les nouvelles du Prix Clara ouvrent une fenêtre sur les rêves et les préoccupations des adolescents d'aujourd'hui. Amour, science-fiction, polar, témoignage, aventure : tous les genres sont explorés avec brio par ces jeunes, révélant ainsi leur intérêt et leur talent pour l'écriture. Ces nouvelles surprennent par leur fraîcheur, leur originalité, leur sincérité, et proposent un kaléidoscope de l'imaginaire adolescent.

Mon avis :

Pour une fois j’admets que je n’ai pas été emballée par ces nouvelles. Voilà 3 années d’affilées que je lis le Prix Clara, habituellement j’y trouve de la poésie, beaucoup d’imagination, de l’intensité, des histoires intéressantes à lire avec toujours quelque chose de peu commun. Là, rien de tout cela.

Alors, les histoires ne sont pas terriblement ennuyeuses à lire, elles se lisent très bien (sauf Terre-Happy qui fut trop SF pour moi), mais niveau lenteur, niveau histoires communes, banales, réchauffées, disons que ça se pose là. En effet, certaines sont molles et tournent un peu en rond comme On n’entend que ce qu’on écoute et Eclats de vie. Et d'autre comme La fuite raconte un peu trop ce qu’on entend déjà ailleurs chez les journaleux. Bref ! Rien de palpitant ni de vraiment nouveau.

En fait, les seules qui furent assez sympas à lire sont J’aimerais mieux être un superbe météore et Kolindre. Qui pour la dernière avait - à défaut d’originalité - une certaine intensité dans l’émotion et pour la première une idée sympa avec cette manière d’aborder l’auteur JL.

En conclusion, je ressors de cette lecture déçue par rapport aux années précédentes où la lecture de ce livre m'avait tant plu. Mais merci aux éditions  Héloïses d'Ormesson et Lecteurs.com.

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04 janvier 2017

"Les 9 premières vies de Pandora" de Renaud Santa Maria

Les 9 premières vies de Pandora de Renaud Santa Maria

Source: Externe

Résumé :

Il faut vous enivrer sans cesse... De vin de poésie ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !

Qui est Pandora ? Au fil de ces dix histoires, elle est la féminité, le compagnon fidèle des errances nocturnes, l'Humanité, l'indomptable amoureuse, la personnification d'un joyeux memento mori, celle qui réconcilie les frères ennemis dans les tranchées... Aux multiples facettes mais bien une seule et même chatte, Pandora est le fil conducteur et surtout, le lien à la vie. Tout l'inverse du chat noir d'Edgar Allan Poe...
Du Paris occupé d'Augustin et de Clara dans Le Coeur en berne– qui reste à ce jour la plus célèbre nouvelle de l'auteur – en passant par la figure du kamikaze japonais qui trouve un étrange écho dans notre époque, jusqu'au New York de Basquiat, Renaud Santa Maria nous livre le large spectre de son univers, entre espérances et quête d'absolu. Tiraillé par ce qui semble inéluctable à tous, l'auteur cherche, au travers de ce qu'il nomme « les néants en vacations », ce qui peut encore faire tenir debout les hommes blessés par la lucidité qu'ils ont de leur destinée. Le rêve, la beauté, l'art, l'amour, l'ivresse, la poésie, les idéaux, l'humour... Dieu ?

Mon avis :

Je dois avouer que je ne m'attendais pas à cela. Je croyais avoir un livre qui parlerait du rôle des hommes dans la vie d'une chatte,or ce fut l'inverse qui se produisît, le rôle d'une chatte dans la vie des hommes. Déçu ? Oui, sûrement un peu, surtout que Pandora apparaît plus dans ces pages en courant d'air, en figurante, plutôt qu'en actrice de premier rôle. Quel rôle trop petit pour une chatte au prénom si éloquent, si mystérieux, si mythique !

Cela étant, le livre ne fut pas mauvais pour autant. Bien qu'inégale en histoire, certaines nouvelles furent très agréables à lire. Riche en sentiment, en incompréhension mais aussi en poésie certains textes furent du pur bonheur à lire ; au point que Pandora passa au second plan dans mon esprit -et je vous garantis qu'il en fallait car c'était constamment le personnage que j'attendais.
Mais quand vous lirez Trompe-la-mort ou encore Le coeur en berne, vous comprendrez pourquoi Pandora s'éclipsa un instant de mon esprit.
Ces deux nouvelles furent des histoires merveilleuses, terribles certes, mais tellement magnifiques, que j'en ai même eu quelques larmes. Enfin surtout dans Trompe-la-mort où la poésie côtoie l'horreur et où d'ailleurs Pandora a le rôle de la poésie et l'innocence même.
Bon les autres ne sont pas mauvaises, elles se lisent sans problèmes et sont agréables, mais elles ne m'ont pas touchées autant que les deux cités précédemment. De toute manière ça aurait été impossible, avec Trompe-la-mort et Le coeur en berne l'auteur est allé trop haut, trop loin.

Bref. Je me rends compte que je vous parle assez mal de ce livre, mais si vous aimez les chats, que vous n'avez rien contre les nouvelles et la poésie, et qu'une héroïne furtive ne vous dérange pas, allez-y tentez ce livre. Je ne vous garantis pas un coup de coeur mais quand même une belle découverte.

Merci aux éditions Belfond.

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18 janvier 2016

Prix Clara 2015 de Collectif

Prix Clara 2015 de Collectif

Source: Externe

Résumé :

Plusieurs centaines d'adolescents âgés de moins de 17 ans, en France et dans tous les pays francophones, ont participé à ce concours de nouvelles. Sur quelques six cents nouvelles envoyées, seulement une poignée sera retenue pour former ce recueil, offrant ainsi l'opportunité à des écrivains en herbe d'être publiés. Dévoilant une sensibilité à vif à travers des thématiques aussi diverses que la politique, la maladie, et le voyage, les nouvelles du Prix Clara ouvrent une fenêtre sur les rêves et les préoccupations des adolescents d'aujourd'hui. Amour, science-fiction, polar, témoignage, aventure : tous les genres sont explorés avec brio par ces jeunes, révélant ainsi leur intérêt et leur talent pour l'écriture. Ces nouvelles surprennent par leur fraîcheur, leur originalité, leur sincérité, et proposent un kaléidoscope de l'imaginaire adolescent.

Mon avis :

Ce qui est bien avec ce prix Clara  c’est que d’une année sur l’autre nous sommes sûrs de ne pas lire les mêmes choses, cette année était en effet bien différente de l’an 2014.

Nous retrouvons ici le même principe que précédemment, des nouvelles écrites par des ados et qui abordent divers domaines. Les histoires sont toujours agréables à lire, tristes, surprenantes, matures, innovantes, même si je les ai trouvé pour la plupart plus terre à terre que précédemment.

Alors on note encore quelques maladresses, comme dans la nouvelle sur Le plus beau jour de ma vie où techniquement dans ces pays traditionnels la cadette ne se marie pas avant l’aîné, mais bon ça n’est pas méchant.

A l’inverse il y a par contre d’excellente nouvelle oùje ne retrouve rien à redire comme celle d’Elora La rumeur que pour ma part j’ai trouvé vraiment bien écrite et bien pensée et qui apportera aux jeunes qui liront ces lignes beaucoup de grain à moudre. Pour moi c’était vraiment la meilleure nouvelle du livre où la leçon est amenée d’une manière singulière et avec beaucoup de justesse. Ce rapprochement fallait y penser !

Bref.

Pour conclure outre la bonne cause, je conseille ce livre comme le précédent pour son bon moment de lecture, pour la découverte de voir les débuts, qui sait ?, des futurs auteurs de demain.

Merci aux éditions Eloise d'Ormesson et Lecteurs.com.

 

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11 juin 2015

"Anthologie maisons hantées" de Collectif

"Anthologie maisons hantées" de Collectif

anthologie maisons hantées

Résumé :

Anthologie avec : Chris Vilhelm – Raphaël Boudin – Quentin Foureau – Jérémy Bouquin – V.F.F. Pouget – Yann Isoardi – Antoine Techenet – Emmanuel Delporte – Mahaut Davenel – Vincent Tassy – Hélène Duc – Mickaël Feugray – Nicolas Saintier – Floriane Soulas – David Mons – Bruno Pochesci – Jean-Charles Flamion

Qu’elles soient perdues au milieu des bois, héritées d’un grand oncle ou cachées dans la brume, les maisons hantées sont des motifs familiers de l’horreur. Depuis Le Château d’Otrante de Walpole et l’apparition du roman noir anglais au XVIIIe siècle jusqu’au slasher moderne, il est devenu impossible de passer à côté de ces lieux maudits où la réalité se distord.
En hommage à l’intarissable production littéraire et cinématographique qui se plaît à abandonner ses personnages entre des murs de plus en plus étroits, dix-sept auteurs ont proposé leurs huis-clos les plus angoissants. De hautes tours gothiques, un appartement d’étudiant, un motel d’où on ne revient pas… chaque nouvelle présente un édifice dans lequel il serait imprudent de s’aventurer très longtemps. Spectres, démons, souvenirs d’un autre temps et monstres cannibales ont un sens de l’accueil particulier… Alors, comme le disait si bien Dante : Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance…
Des textes inquiétants, violents, insolents, qui n’hésitent pas à s’amuser de nos peurs les plus profondes.

Mon avis :

Il est vrai que je n’ai pas toujours été rassurée en lisant ce livre, les auteurs savent bien jouer avec les codes du genre que sont ; l’étrange, l’inconnu, le suspense, les semblants de légende, le fantastique… Cela étant et malgré une écriture maitrisée ça n’a pas été la lecture escomptée, en effet certaines nouvelles étaient un peu ennuyantes.

Alors pour celles-là, sûrement que ça vient de mon âge car il est vrai que ça cible plus les jeunes adolescents, sans doute que ça vient aussi des sujets qui n’étaient parfois pas très intéressants, et ensuite très probablement des personnages - j’admets que les junkys et autres paumés ne sont pas des personnages pour qui j’ai de la sympathie, même s’ils n’ont pas toujours été les personnages de ces nouvelles ennuyeuses -, mais quoi qu’il en soit et malgré les chutes parfois étonnantes, le charme n’a pas toujours opéré avec moi.

Toutefois je rappelle que ça concerne quelques nouvelles pas toutes ; certaines comme Kolka, Jeux d’enfants, Les murs de Blackat et quelques autres étaient vraiment pas mal. :)

En résumé, pour moi c’est un livre où il y a à boire et à manger, maintenant on peut imaginer que les aficionados du genre seront plus aptes à accueillir ces nouvelles que moi, parce que je pense que c’est aussi une question de caractère à défaut d'être entièrement de goût.  

Merci quand même aux éditions Luciférines et Babelio.

22 janvier 2015

"Femme nue jouant Chopin" de Louise Erdrich

"Femme nue jouant Chopin" de Louise Erdrich

femme nue jouant chopin

Résumé :

« L un de nos plus grands écrivains, remarquable par son audace stylistique et sa virtuosité artistique. Ces nouvelles sont une splendide démonstration de son talent et de son style »
The Washington Post

Rassemblées pour la première fois en deux volumes (La décapotable rouge et Femme nue jouant Chopin), les nouvelles de Louise Erdrich publiées initialement dans des revues littéraires et des magazines américains sont marquées par l imaginaire sensuel et fertile d un écrivain singulier
Ici, le rêve surgit du quotidien, le comique tourne au tragique, la violence et la beauté envahissent tout à coup un paysage banal. On y retrouve la genèse de ce qui a constitué, au fil des livres, un univers où poésie et magie s entrecroisent ; ce Dakota du Nord si cher à l écrivain, ces personnages passionnés, complexes et inoubliables qui peuplent ses lignes.
Louise Erdrich possède ce talent très particulier de savoir distiller des vies en quelques pages, parvenant à donner à ces femmes, hommes et enfants, une dimension universelle et singulière, en explorant sans retenue et sans relâche ces émotions et ces sentiments qui nous rendent humains.

Mon avis :

Femme nue jouant Chopin, titre étrange et rêveur s’il en est. A l’image  des nouvelles qui composent ce livre. Cependant, je ne dirais pas que toutes les nouvelles qui composent ce livre sont rêveuses, mais elles ont néanmoins toutes ce côté étrange, déroutant, où l’auteure surprend par la tournure qu’elle donne aux évènements ou par les situations qu’elle a mis en place initialement.

Ici on sort des situations communes, à part quelques nouvelles comme Hasta namast, baby, pour se retrouver nez à nez avec une sœur qui abandonne sa voie pour le piano, un vieil homme qui a un lien tout particulier avec son violon, ou avec un autre homme qui donne le sein. Dans ces pages le surnaturel, la bizarrerie, côtoient le plus simple des mondes ; qu’il soit sauvage ou civilisé.

Mais ces histoires un peu troubles, ne seraient rien si elles n'étaient pas desservies par une écriture des plus sublimes. Les sentiments, les pensées, les situations, les  personnages sont décrits avec une sensibilité, un réalisme, une finesse toute naturelle mais aussi poétique, qui donne à ces nouvelles une légèreté particulière, une profondeur intense et des images douloureuses et fabuleuses, comme cette image des lèvres où perle un sang pourpre.

Néanmoins, toutes les nouvelles n’ont pas le même charme, mais dans l’ensemble elles ont toutes  une note qui fait qu’elles se lisent malgré tout très bien - sûrement à cause du petit secret, de la colère sourde -, et ce même si le début n’est pas forcément accrocheur.

Pour conclure, je conseille ce livre pour son écriture mais aussi et surtout pour ses histoires étranges.

 

Merci aux édition Albin Michel de m'avoir permise de découvrir cette auteure.

Extrait : "Au début quand on attend quelqu'un, chaque ombre est une arrivée. Puis les ombres deviennent la substance même de l'effroi. [...] Ils ont laissé le violon ici avec moi. Chaque nuit je joue pour toi, mon frère, et quand je ne pourrai plus jouer, j'attacherai notre violon dans la canoë et l'enverrais vers toi, pour qu'il te trouve où que tu sois. Je n'aurai pas à le percer pour qu'il parcoure le fond du lac. Tes trous feront l'affaire, Frère, comme mon sale tour t'a fait ton affaire."

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18 novembre 2014

"Nouvelles d'ados" Prix Clara 2014

"Nouvelles d'ados" Prix Clara 2014

nouvelles d'ados 2014

Résumé :

Plusieurs centaines d'adolescents âgés de moins de 17 ans, en France et dans tous les pays francophones, ont participé à ce concours de nouvelles. Sur quelques six cents nouvelles envoyées, seulement une poignée sera retenue pour former ce recueil, offrant ainsi l'opportunité à des écrivains en herbe d'être publiés. Dévoilant une sensibilité à vif à travers des thématiques aussi diverses que la politique, la maladie, et le voyage, les nouvelles du Prix Clara ouvrent une fenêtre sur les rêves et les préoccupations des adolescents d'aujourd'hui. Amour, science-fiction, polar, témoignage, aventure etc. : tous les genres sont exploités par ces jeunes avec brio, révélant ainsi leur intérêt et leur talent pour l'écriture. Ces nouvelles surprennent par leur fraîcheur, leur originalité, leur sincérité, et forment une manière de polaroïd de l'imaginaire adolescent.

Mon avis :

Nouvelles d’ados est un petit livre qui réunit quelques nouvelles écrites par des adolescents. Reflet des préoccupations de ces derniers, de leur imaginaire, j’ai énormément apprécié ce petit recueil, qui se montre tour à tour profond, simple, tendre, terrible, existentiel, imaginatif, et où les protagonistes des nouvelles sont autant variés que les sujets.

Bien sûr parfois les mots paraissent mal choisis, comme le mot « Smoothie » ou « magazine » dans la première nouvelle, mais malgré quelques tournures maladroites, les nouvelles n’en restent pas moins pleines de charmes. L’écriture est soignée, poétique, et amène avec finesse la diversité des histoires et des messages que ces dernières font passer.

A ce propos, j’ai vraiment apprécié la diversité des nouvelles, alors que j’avais peur que les sujets soient trop superficiels où trop représentatifs de la mode des jeunes, avec leur goût pour la technologie par exemple, je me suis finalement retrouvée dans un monde différent à chaque fois, où souvent la simplicité des messages et des histoires primés sur le reste, et ce même dans les nouvelles un peu imaginaires comme dans La main de l’écrivain, où le stylo et le papier ne sont pas un ordinateur et son clavier. Néanmoins mes nouvelles préférées restent, Je suis un chat, peut-être parce que j’ai des chats moi aussi ? Et, Ex hedera, qui aborde la vie, la mort et l’éternité à travers la flore ; mais honnêtement toutes sont très agréables à lire.

Pour finir je tiens à féliciter ces jeunes qui possèdent un talent certain, les éditions Héloïse d’Ormesson, et Lecteurs.com ; quant à moi moi je vous conseille vivement ce petit livre magnifique qui vous étonnera.

Prix Clara 2014. Les bénéfices de la vente de ce livre seront versés à l'Associtation pour la recherche en cardiologie du foetus à l'adulte (Arfac)

Auteurs & titres : Je suis un chat – Oriane Laurent / Helmut – Siloé Cazals / Ex hedera – Héloïse Stöckel / De chair et de fibres – Théo Ruel / La main de l’écrivain – Matias Feldman / La mélodie du vent – Esther Friess

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13 août 2013

"Quand Satan raconte la terre au Bon Dieu" de Mark Twain

"Quand Satan raconte la terre au Bon Dieu" de Mark Twain

quand satan raconte la terre au bon dieu

Résumé :

L'irrévérence de ce livre contre la religion est telle que sa publication n'a été autorisée que cinquante ans après la mort de Mark Twain. On y découvre ses textes les plus provocateurs : lettres de Satan à ses archanges, autobiographie d'Eve, journal de Mathusalem, chacun plus férocement désopilant que l'autre. Au tribunal de son rire, Mark Twain condamne l'absurdité de Dieu.


Mon avis :

La quatrième couverture dit déjà beaucoup sur l’esprit de ce livre, quand on la lit on s’aperçoit très vite que ce livre va être irrévérencieux, dérangeant, percutant, mais pourtant ô combien pertinent et réaliste. En fait ce livre est même bien plus qu’une critique de la religion, car dans certaines nouvelles, vu que ce sont des nouvelles ou des écrits divers, Mark Twain va critiquer aussi des nations ou encore des peuples, comme les anglais (un peu) et les français (beaucoup). (Et là  il ne vaut mieux pas être chauvin, car il n’y va pas avec le dos de la cuillère, cela étant il y a matière à réfléchir.) Mais pour autant que je sache, il ne s’arrête pas à ces quelques pays, d’une manière générale à travers ces histoires et l’Histoire il critique l’espèce humaine et sa bêtise, allant même jusqu’à les comparer avec les animaux. Plaçant ces derniers bien au-dessus de l’humain.

Mais pourtant pour bien critiquer l’homme, faire comprendre la dimension de ce dernier, Mark Twain va surtout se servir de la religion, la base même selon certain de la civilisation. Ainsi il va montrer dans des écrits étonnants, marrants même (l’histoire de la mouche m’a énormément plu), les incohérences de la Bible. Mais il va aussi dans la première nouvelle, « Quand Satan raconte la terre au Bon Dieu », raconter les travers de Dieu ; sa jalousie, sa méchanceté, son orgueil… Et là, si on ne s’en était pas déjà aperçu avant, -ce qui n’était pas tout à fait mon cas-, on va vite se rendre compte que Dieu n’est en fait pas l’homme du pardon et de l’amour.  Et pour appuyer ces dires, l’auteur va prendre un exemple parmi tant d’autre : l’aventure de la pomme. Il va rappeler que Dieu a chassé Adam et Eve du paradis terrestre car ils ont acquis suite à cet épisode le sens moral en croquant ce fameux fruit, ce qui montre aux yeux de l’auteur, et ce n’est pas faux finalement, que le pardon n’est pas la nature première de Dieu, car en plus la descendance en subira elle aussi les conséquences, - et je ne parle même pas de l’enfer. Il va aussi avec un autre exemple, très connu lui aussi, montrer la cruauté de Dieu avec l’épisode du déluge. Dieu voulait nettoyer la terre de toute souillure, soit. Pourtant il existait sûrement des humains noyés dans ce déluge qui ne méritait pas ce sort, mais Dieu en avait cure.  En plus avec cette partie de l’histoire religieuse, l’auteur va montrer l’incohérence de cette arche. Comment pouvoir réunir un couple de chaque espèce animale, dans une simple arche ? Finalement on se rend compte que l'homme se raconte lui même des mensonges sur ce Dieu éternel.

« Que les démarches de l’esprit humain sont déconcertantes ! Les chrétiens part de cette proposition nette, catégorique, péremptoire : Dieu est omniscient et tout puissant.

Tel était le cas, rien n’advient qu’il ne sache à l’avance ; rien n’arrive sans sa permission ; nul évènement ne se produit s’il décide de s’y opposer.

C’est clair, n’est-ce pas ? Cela implique indéniablement que le Créateur est responsable de tout ce qui arrive, n’est-ce pas ? Les chrétiens le concèdent dans la formule en italique. Ils le concèdent de tout cœur, avec enthousiasme même.

Puis, ayant ainsi rendu le Créateur responsable de toutes souffrances, maladies et misères ci-dessus énumérées, et dont il aurait pu les préserver, les chrétiens comblés, l’appellent suavement « Notre Père » !

C’est pure vérité. Le chrétien dote le Créateur de tous les éléments qui entrent dans la genèse d’un démon, et arrive à cette conclusion qu’un démon et un père sont une seule même chose ! Mais il nierait, et non sans vigueur, qu’un fou dangereux et un directeur de patronage sont essentiellement identiques.

Que pensez-vous de l’esprit humain ? J’entends, au cas où vous estimeriez que pareille chose existe. »

Tout cela c’est pour la première nouvelle, sûrement celle que j’ai préféré, mais beaucoup des nouvelles qui suivent sont tout aussi intéressantes, car il y critique encore la religion avec un œil moderne et curieusement d’actualité, mais pas seulement puisqu'il va aussi critiquer la surpopulation en se servant de la religion, et malgré que ce fût écrit en 920 après le commencement du monde dans le livre, il y a fort à parier que le parallèle est à faire avec le 20ème siècle et même plus tard le 21ème siècle. Finalement quand on tourne les pages de ce livre on se rend compte que l’auteur était même assez visionnaire et observateur, beaucoup de problèmes actuels se retrouvent ici, ce n’était pas seulement une plume corrosive qui critiquait sans penser pour déverser son fiel. Non, loin de là. C’est un auteur qui pensait. Jugez donc : « L’homme est l’animal religieux. Le seul. Et le seul qui détienne la vraie religion – il y en a un certain nombre. Il est le seul animal qui aime son prochain comme lui-même et lui coupe la gorge si sa théologie n’est pas dans la ligne. Il a transformé le globe terrestre en cimetière à force de s’évertuer à aplanir pour ses frères la route du Ciel et du bonheur éternel. Il s’y est employé sous les Césars, à l’époque de Mahomet, sous l’Inquisition en France pendant quelques deux siècles, en Angleterre au temps de Marie ; il n’a cessé d’y consacrer ses soins depuis que ses yeux se sont ouverts à la lumière, il s’en occupe aujourd’hui même en Crête ; il s’y appliquera demain, en quelque autre région de la planète. Les animaux supérieurs n’ont pas de religion. Et l’on nous dit qu’on les laissera à la porte, dans l’au-delà. Je me demande bien pourquoi. L’idée me paraît saugrenue. »

Enfin là je vous résume ce livre, mais pour être honnête je pense qu’une seule lecture n’est pas suffisante pour saisir toute la profondeur de ce bouquin. Voilà pourquoi je le relirai sûrement et voilà pourquoi je vous invite à le faire aussi car ce bouquin c'est quelque chose.

Je remercie en passant les éditions Grasset pour ce SP.

09 juillet 2013

"Burqa de chair" de Nelly Arcan

"Burqa de chair" de Nelly Arcan

burqa de chair

Résumé :

Septembre 2001-septembre 2009 : en l’espace de huit ans, une jeune femme déploie son chant et disparaît. Huit ans seulement pour entrer avec fracas dans la littérature et pour s’échapper du monde tout aussi violemment. Nelly Arcan était une guerrière, sous les fragiles apparences d’un ange blond. Son courage intellectuel n’avait d’égal que son effroi de vivre, c’est-à-dire d’habiter un corps. Un corps de femme, exposé et convoité, prison et camisole, étendard et linceul. Burqa de chair, disait-elle dans une formule saisissante. Il semblerait que très tôt elle ait appris à poser les bonnes questions, celles qui dérangent, et que s’emploie à détailler Nancy Huston dans sa préface. Les textes qu’on lira ici sont du meilleur Nelly Arcan. Dernières pierres blanches au bord d’une route interrompue, ils nous donnent l’occasion d’entendre encore une fois la beauté de cette langue inimitable, étourdissante, et qui laisse le lecteur hors d’haleine.

Top chrono :

Une bonne écriture et un ton assez violent, mais j'ai trouvé cela un peu trop vulgaire et tordu. Il ne faut peut-être pas s'attendre à autre chose avec cette auteure, mais pour ma part je n'ai pas été si emballée. C'est beaucoup trop délirant, psychotique, fou et abusé. Pour moi l'autreure a trop forcée, et si cela était bien sa vie -on peut le supposer vu qu'elle s'est suicidée- je n'arrive pas à la prendre en pitié, il ne tenait qu'à elle de se prendre en main et d'arrêter ses délires, ses mensonges, ses films. Enfin bref, le livre comme la personnalité de l'auteure me sont restés hermétiques, bien que la plume soit présente malgré tout.

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17 novembre 2011

Classique pour frissoner, ou pas

"Contes méphitiques" de Collectif

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Résumé :

" Ce jour-là, je quittai la maison de la mort, en proie à un indescriptible sentiment d'horreur. Il me semblait que j'étais à peine éveillé. J'entendais et je voyais les choses comme sous l'emprise d'un cauchemar. "
Une épouse est menacée par une revenante, un hypnotiseur ensorcelle une jeune fiancée, une femme-oiseau use de la " fleur du cauchemar " pour endormir son mari et se livrer à des pratiques occultes... Dans ces onze contes noirs, où la magie et l'épouvante règnent en maîtres, démons et fantômes s'infiltrent dans vos maisons, s'agrippent à vos draps, s'immiscent dans vos rêves... et vous empêchent de fermer l'oeil.

Mon avis :

J'étais contente de lire ce bouquin, se sont des textes classiques et méconnus, et en plus la quatrième couverture était alléchante. Sauf que dans la réalité, la couverture est plutôt menteuse.

Certains textes ne sont pas mal, mais voilà le frisson promis par la quatrième couverture n'était pas au rendez-vous. Je m'attendais à des vrais frissons, mais à part quelques scènes tous justes étranges, ce livre n'a rien d'un livre affreux. Ce sont pour la plupart des nouvelles avec une histoire d'enfer ou de diable, mais d'un diable qui n'a rien d'effrayant, pas plus que l'enfer d'ailleurs.

En fait ces textes jouent tellement, sur les éternelles images du diable et de l'enfer, du bien et du mal, avec lesquels les curés et autres prélats, sermonnaient leurs ouailles quand ils avaient une vie peu vertueuse, ou alors pour mettre en garde les autres, qu'ils n'ont, à l'heure actuelle, plus rien d'effrayants... Les auteurs vivants avec leur temps, et nous dans le notre. Cependant vu l'époque où ils ont été écrits -ils ont tous entre 100 et 200 ans- on ne peut pas leur en vouloir non plus et c'est à nous dans ce cas d'être bon lecteur.

Un petit mot sur le style d'écriture avant de partir.

Les époques étant différentes, on n'a donc droit à différent style, ça reste toujours du classique mais un classique qui évolue au fur et à mesure des nouvelles, ce qui m'a assez plu au final. Néanmoins je dois avouer qu'il y'a une nouvelle que j'ai abandonné, car là le langage était bizarre, c'est celle de Stevenson. Ce n'est pas du patois, mais disons que c'est un langage tellement cul-terreux, on va dire, que j'ai eu du mal à comprendre certains mots employés, du coup ça m'a vite gonflé.

Pour résumer, c'est un livre agréable mais voilà il n'a pas répondu à mes attentes.

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13 mars 2011

"Dojoji et autres nouvelles" de Yukio Mishima

"Dojoji et autres nouvelles" de Yukio Mishima

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Résumé :

De l'univers des geishas aux rites sacrificiels des samouraïs, de la cérémonie du thé à la boutique d'un antiquaire, Mishima explore toutes les facettes d'un japon mythique, entre légende et tradition. D'une nouvelle à l'autre, les situations tendrement ironiques côtoient les drames les plus tragiques : que ce soit la jolie danseuse qui remet du rouge à lèvres après avoir renoncé à se défigurer avec de l'acide en souvenir de son amant, Masako, désespérée, qui voit son rêve le plus cher lui échapper, ou l'épouse qui se saisit du poignard avec lequel son mari vient de se transpercer la gorge...

Mon avis :

Voilà le deuxième livre que je lis de cet auteur, et décidément j'adore son écriture et ses histoires. Dans ce livre de nouvelle, comme dans Une soif d'amour, l'écriture est fluide, touche juste, simple, et façonne une ambiance lointaine, feutré, brumeuse, incertaine, sans vraiment l'être tout à fait. Ça fait un peu un côté surnaturel et intouchable. C'est vraiment particulier, mais extrêmement agréable à lire.

Toutes les nouvelles ont quelque chose pour plaire, cependant mes préférés sont sans nul doute la première et la deuxième. La première parce que je l'ai trouvé très belle et pudique. Cette femme qui veut détruire sa beauté avec de l'acide est touchante, car elle montre une sensibilité exacerbé, mais calme. La seconde je l'ai apprécié pour sa fin, ne pas savoir ce que pense Mina, -même si j'imagine un truc dessus-, m'a pas mal titillé, et j'aurais aimé savoir ce qu'il en était exactement. En attendant et à défaut de réponse, pour moi ça montre, -disons que c'est ce que je ressens-, que l'auteur a voulu montrer un côté sombre et inaccessible de l'être humain. Le côté secret, mais sans doute pas le meilleur. Bon après c'est peut être pas cela non plus.

La troisième nouvelle est sans doute la plus dure. En la lisant j'avoue avoir fait quelques poses. Quand Mishima raconte le seppuku de l'homme, ce qui entraîne fatalement la mort de sa femme par jigai (suicide en se tranchant la carotide) c'est juste atroce. Il raconte la douleur, et les gestes avec tellement de réalisme qu'on en a froid dans le dos. Quand il le décrit, c'est comme s'il y était, où l'avait déjà fait pour le transposer avec réalisme dans sa nouvelle. Il le fera assurément, mais ne sera plus là pour raconter.

Mais ce qui est le plus étrange dans cette nouvelle, hormis ce suicide par seppuku, c'est qu'on a l'impresion que cette histoire était prédestinée. La raison du suicide présente dans ces pages, n'est pas bien différente de sa raison à lui. Mishima aimé et voulait le japon traditionnel et impérial, et dans la nouvelle le japon impérial est grandement mis en valeur. Du coup ben ça donne vraiment à cette nouvelle un côté autoportrait un peu étrange à lire.

En ce qui concerne la quatrième nouvelle, je n'ai pas grand chose à raconter, je l'ai juste trouvé moins bien que les autres.

En résumé c'est un petit livre pas cher, mais agréable à lire.

 

Ce livre rentre dans mon challenge Nécrophile : En 2011 je me tape des auteurs morts. Catégorie : Auteur suicidé.

challengenecrophile

 

Posté par Florell à 08:45 - Littérature - Commentaires [0] - Permalien [#]
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