Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

26 mai 2017

"Madeleine Pauliac, l'insoumise" de Philippe Maynial

Madeleine Pauliac, l'insoumise de Philippe Maynial

Source: Externe

Résumé :

L’extraordinaire histoire du docteur Madeleine Pauliac, l’héroïne du film Les Innocentes, nommé 4 fois aux César 2017 !

Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. Profondément insoumise. L’histoire de Madeleine Pauliac, médecin et lieutenant, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, quelques semaines après la déroute nazie, elle prend la tête à Varsovie de l’Escadron bleu : onze Françaises de la Croix-Rouge d’à peine vingt ans qui, inlassablement, le jour comme la nuit, rapatrient les blessés français et volent au secours des rescapés des camps de concentration, de Majdanek, en Pologne, à Dachau, en Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, Madeleine Pauliac fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises. Plusieurs d’entre elles se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine Pauliac les aide à accoucher. C’est ce drame que raconte le film d’Anne Fontaine Les innocentes.

Avec l’Escadron bleu, Madeleine Pauliac accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne, n’hésitant pas à « kidnapper » des blessés français dans des hôpitaux russes.

Jusqu’à ce jour de février 1946 où elle périt en voiture, sur une route verglacée près de Varsovie. Une vie brisée… au service des autres.

Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film les innocentes et livre ici le portrait bouleversant d’une héroïne oubliée.

Mon avis :

Philippe Maynial raconte l’histoire de sa tante Madeleine Pauliac, qu’il n’a connu qu’à travers sa mère et ses recherches. Qui est Madeleine Pauliac ? Une femme médecin et militaire qui durant la seconde guerre mondiale œuvra dans la résistance et après 1945 œuvra à l’Est pour rapatrier les français avant qu’ils ne partent pour le grand inconnu en URSS, en plus de soulager dans le même temps les souffrances des populations autochtones. C’est sûr ces missions à l’Est où son neveu va s’attarder. Bonnes sœurs violées, ouverture des camps concentrationnaires, ces pages vont voir défiler la misère humaine en période de crise que Madeleine Pauliac a tenté d’adoucir.
Pour autant à côté de cette misère humaine, ces pages vont nous offrir aussi des leçons de courage, de culot, mais aussi une belle amitié entre ces membres volontaires de la Croix-Rouge française.

Mais j’avoue, si j’ai apprécié ce bouquin ce n’est pas tant pour l’amitié qu’il montre, ni pour l’altruisme de ces femmes, ou encore cette aventure dangereuse dans des pays dévastés où l’Armée Rouge se comporte comme le dernier des monstres. Non, si j’ai avant tout apprécié ce livre c’est parce qu’il raconte l’histoire de femmes libres et courageuses et qu’en faisant cela l’auteur a replacé la femme dans l’Histoire, avec un grand H. Il a montré qu’elles pouvaient être aussi fortes, douées, utiles, meilleures, que les hommes. Oui je vais jusqu'à là !
En outre, Philippe Maynial a en plus permis de sortir de l’oubli cette aventure de l’Escadron Bleu qui mériterait d’être bien plus connue, tout comme l’histoire des rapatriements. En effet, la seconde guerre mondiale ne s’arrête pas en Europe au 8 mai 1945, ses effets vont se faire sentir encore longtemps après la capitulation, notamment à travers les mouvements de population (retour de camp ou des exilés) et l’avantage de ce livre c’est qu’il permet d’avoir un aperçu sur cela et de la difficulté d’effectuer des rapatriements dans un contexte de Guerre froide. L’URSS est déjà maître de l’Europe de l’Est et les actions de la Croix-Rouge vont se heurter très vite au nouveau pouvoir, comme on va le voir avec l’Escadron Bleu notamment.
Alors certes le livre n’est pas aussi pointu qu’un ouvrage d’historien, mais il a se mérite d’élargir la problématique de la seconde guerre mondiale et de la recontextualiser, en plus de rendre à l’Histoire des personnages, des actions, oubliés ; et tout ça, oui tout ça, c’est merveilleux ! Personnellement il ne m'en faut pas plus.

En résumé, c’est une biographie, mais une biographie utile. Une vraie biographie utile qui instruit.

Merci à XO éditions.

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14 mai 2013

"Fugue polonaise" de Beata de Robien

"Fugue polonaise" de Beata de Robien

 

fugue polonaise

Résumé :

« Staline vient de mourir. J ai 16 ans. Je m appelle Bashia. Je suis polonaise et je n ai toujours pas fait l'amour. »


Cracovie 1953. Alors que Staline vient de mourir, Bashia, adolescente rebelle, s accroche à son rêve de quitter un pays affamé par les restrictions alimentaires et muselé par la police politique. Contrainte de composer avec les membres d une famille tous plus originaux les uns que les autres ainsi qu avec les locataires de leur appartement communautaire, Bashia essaie tant bien que mal de goûter aux joies de son âge. Quitte à y laisser quelques plumes... La liberté à un prix, et Bashia en fait la douloureuse expérience.
Ce récit drôle et émouvant, tout en nous immergeant dans la réalité de la Pologne communiste de l'après-guerre, dresse un beau portrait d'adolescente qui restera longtemps dans notre mémoire.

Mon avis :

L’avantage de ce livre c’est qu’il raconte deux histoires. Une histoire d’amour entre la polonaise Bashia et le français Christian, et celle de la Pologne sous le régime dictatorial communiste. Et je ne pense pas vous choquer si je vous dis que j’ai préféré la grande Histoire de la Pologne à celle d’amour, ceux qui me suivent n’ignore pas que j’ai beaucoup de mal avec les histoires à l’eau de rose sauf exception. Pourtant, ici j’ai pris quand même grand plaisir à suivre l’histoire d’amour Bashia et l’histoire plus générale de sa famille, pour la seule et unique raison que l’histoire de ces gens est intrinsèquement liée à celle de la Pologne communiste, puisque tout dans leur vie est policé, surveillé, etc, etc… mais à un point inimaginable. Par exemple l’oncle Roman est surveillé parce qu’il ne travaille pas, la grand-mère parce qu’elle était une ancienne bourgeoise et Bashia parce qu’elle aime un français ! Un français bien crétin au demeurant mais j’y reviendrai plus tard.

En fait quand on lit ce livre on se rend compte que vivre sous le régime communiste c’était vivre l’enfer pour les populations, car c’était vivre avec la peur d’être à tout moment arrêté parce qu’on avait mal fait une chose ou fait une chose qui ne fallait pas, qu’importe ! Bon certes on sait aujourd’hui que ce régime-là a été une vrai plaie pour les populations qui ont vécu sous son joug ; les goulags, le bourrage de crâne, la propagande, les privations alimentaires pour le petit peuple (car les nouveaux bourgeois ne manquaient absolument de rien), les passeports ou déclarations obligatoires pour chaque voyage, on le sait déjà. Mais ce que l’on sait moins par contre, c’est qu’ils pouvaient aussi loger des habitants sous votre toit jugé trop grand, sans vous demander votre avis ! Et ceci est une chose parmi d’autre, car je vous assure qu’en lisant ce livre, je suis allée jusqu’à la fin de surprise en surprise au point que j’ai enquillé les pages à une vitesse surprenante, (j’allais dire comme un polonais les verres de vodka ^^).

Maintenant niveau personnage y’en a une que j’ai beaucoup aimé c’est la grand-mère de Bashia. Elle a ce charme un peu suranné et celui des répliques qui font mouche qui m’ont séduite. Elle a aussi ce charme de la fierté, et de ce caractère solide qui attire la confiance. Rien sur le coup ne semble l’ébranler, elle paraît solide comme un roc et toujours prête à combattre pour les siens, même si à la fin un évènement viendra bouleverser cela. Enfin bref c’est un personnage que j’ai beaucoup aimé… à la différence du jeune Christian.

Alors Christian ce n’est pas un poème à lui tout seul, mais juste une tête à claque. A part le fait qu’il soit un tantinet obsédé, il est aussi un véritable crétin qui soutient le régime communiste. Alors oui on pourrait me dire : « Oui mais ce sont ses idées politiques. » Soit. Soit. Soit. Mais quand on vient en Pologne pour admirer le « génie communiste », et qu’on refuse de voir la réalité du pays et la misère des habitants, c’est autre chose, et une chose qui révèle juste de la stupidité. Sincèrement c‘est même plutôt insupportable au lecteur de le voir si fasciné par le socialisme, quand on voit derrière ses idées la vie bien difficile des autres personnages du roman. Surtout que je suis certaine qu’il n’aurait jamais voulu vivre lui-même sous un régime pareil, qui n’avait rien à voir avec le paradis imaginé mais plutôt avec l’enfer. Alors oui on peut mettre cela sur le compte de la jeunesse, mais quand même j’ai eu beaucoup de mal à trouver un côté sympa à Christian.

Enfin bref, pour résumer c’est un livre que je conseille pour plusieurs raisons. Déjà pour sa facilité de lecture, mais aussi pour l’histoire qu’il raconte, car ce n’est pas qu’une histoire d’amour, l’histoire d’une famille, c’est aussi l’Histoire d’un pays, et l’Histoire de la Pologne Beata de Robein la maîtrise plus que bien. Ne vous fiez donc pas au titre poétique de ce bouquin car il cache quelque chose...

Je remercie au passage les éditions Albin Michel pour ce service presse, et je remercie aussi grandement l’auteure d’avoir voulu me faire partager son livre et de me lire.

 

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13 octobre 2012

Le roman de la Pologne ou la belle histoire de la Pologne

"Le roman de la Pologne" de Beata de Robien

pologne

Résumé :

Le Roman de la Pologne n'est pas l'histoire romancée de la Pologne. C'est l'histoire de la Pologne qui est un véritable roman. La Pologne est une terre de passions. Entre Orient et Occident, elle semble avoir puisé sa force de sa position géopolitique fragile. Tantôt glorieuse, indépendante, tantôt soumise, déchirée ou annexée, elle a appris à dompter ses faiblesses pour affronter les aléas de l'Histoire. Le Roman de La Pologne nous invite à découvrir ou redécouvrir ce pays, au fil de ses transformations politiques, sociales et culturelles. Il nous conduit surtout à saisir l'âme polonaise, dans ce qu'elle peut avoir de plus poétique et indomptable. Sur les bords de la Vistule, plusieurs personnages nous serviront de guide : les rois Piast et Jagellon, Sigismund Auguste, Chopin, mais aussi Marie Leszczynska, reine de France, Madame Hanska, dont Balzac fut follement amoureux ou Marie Walewska à qui Napoléon a bien failli offrir la Pologne. Car la terre polonaise entretient avec la France une intimité profonde. Jamais une guerre ne vint entacher l'entente de ces deux pays, unis plusieurs fois à travers l'histoire, souvent par les liens du cœur. Les femmes tiennent une large place dans ce roman. Artistes, amantes ou souveraines, elles portent en elles l'essence de leur terre natale, subtil mélange de romantisme et d'ardeur impétueuse. Véritable fresque de couleurs et d'émotions, cet ouvrage nous plonge au cœur d'un pays attachant. Étonnamment proche.

Mon avis :

J’ai fini ce livre il y a plus d’un mois et même si le début a été assez laborieux, pour cause de nom inconnu ou quasiment, j’avoue que finalement j’ai grandement apprécié cette lecture.

L’histoire de la Pologne est finalement tout aussi passionnante que celle d’autres pays et tout aussi surprenante. En fait, je ne l’imaginais pas du tout comme ça. Sincèrement je la voyais assez sauvage voire barbare, et finalement non. A l’heure où la France se bat pour une couronne, ou pour une religion… en Pologne il fait dans l’ensemble bon y vivre pour beaucoup de peuple. Sans compter que la Pologne est en avance sur son temps. Alors qu’à l’étranger nous avons des monarchies absolues, là-bas ils ont une monarchie républicaine, en effet en Pologne le roi est élu, la couronne n’est pas héréditaire. Autre chose où la Pologne a été assez en avance c’est sur le commerce, la justice du peuple ou encore la religion. Bien que la Pologne soit catholique, elle n’a jamais eu de difficulté à vivre avec les juifs ou encore les protestants, même si pour gouverner il faut être automatiquement catholique et aimer la fête !

Ce livre m’a beaucoup appris sur la Pologne mais finalement aussi sur l’Europe entière. J’avoue que j’ignorai qu’Henri III avait été roi de Pologne avant d’être roi France, par contre un roi de Pologne peu heureux et plutôt voleur. Il s’est enfuit de Pologne en pleine nuit avec tous les joyaux de la Pologne à la mort de son frère le roi Charles IX.

Tout comme j’ignorais cette grande bataille en 1683 contre l’empire Ottoman de Mohammed IV. Qui voulait faire de l’Europe chrétienne une Europe musulmane, le Vatican les écuries du Sultan. Ce fut une grande bataille assez décisive sur l’avenir de l’Europe ; allez savoir ce que serez l’Europe aujourd’hui sans Jan Sobieski III qui a été le seule roi d’Europe à envoyer son armée à Vienne pour repousser les troupes de Mohammed IV et de son vizir Kara Mustafa pacha. D’ailleurs il y a eu un échange entre le vizir et le roi de Pologne que je suis obligée de vous faire part tellement j’ai apprécié la répartie du roi de Pologne.

Page 183 – 184: « Tandis que la garnison de Vienne prolonge une résistance héroïque, le roi polonais marche sur la capital assiégée. Arrogant, Kara Mustafa lui envoie une pinte remplie de graines de pavot, accompagnée de ce commentaire.

 « Mon armée contient autant de soldats qu’il y a de graine dans cette mesure. »

  Le roi de Pologne lui dépêche une pinte de poivre avec ce message :

 « Cette pinte contient peut-être moins de graine de poivre que la vôtre de pavot, mais essayer de les avaler ! » »

Un héros quoi !

Pourtant, cet exploit des polonais n’empêchera pas La Prusse, La Russie et l’Autriche de séparer la Pologne en trois parts à partir 1772 pour la rayer de la carte en 1795. Et c’est d’ailleurs à partir de cette date, que la culture polonaise a failli disparaitre au même titre que son pays, si les polonais n’avait pas été un peuple fier. Ils ont, pour lutter contre l'extinction de leur racine, continué à apprendre clandestinement leur langue, leur coutume… au mépris du danger et des sanctions. D’ailleurs à partir de là, on a deux ou trois fois le sourire aux lèvres en lisant certains passages ; j’ai particulièrement apprécié le moment où on apprend que les habitants de Varsovie s’habillaient tous en noir pour porter le deuil de leur nation, alors qu’ils avaient, dans le même moment, enlevé des vitrines des magasins et de la rue toutes couleurs à l’exception du noir et du blanc. Cette résistance aux couleurs du deuil ne fera curieusement pas rire le Tsar de Russie qui décidera de rajouter de la couleur dans les rues, qui elles disparaîtront la nuit venue. Néanmoins, tout cela ne permettra pas à la Pologne de retrouver son identité avant la chute du communisme en 1990.

Autre point intéressant du livre c’est que l’auteur a développé dans des chapitres, la vie de grand nom polonais, Chopin, Marie Curie, karol Wojtyla dit Jean Paul II, et il est amusant de voir comment la petite histoire de ces gens-là a parfois rejoint la grande histoire, et c’est particulièrement vrai pour Jean-Paul II et le communisme.

Y aurait encore beaucoup à dire ce bouquin, mais ça ferait vraiment trop long, du coup je vous laisse découvrir cette Pologne par vous-même si jamais un jour l’envie vous prend. J’avoue que dans mon cas c’est surtout mon nom de famille qui m’a donné l’envie d’en apprendre plus, même si je suis une 100% française. ^^