Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

21 mars 2019

"Une nuit à Aden : tome 1" de Emad Jarar

Une nuit à Aden : tome 1 de Emad Jarar

Source: Externe

Résumé :

« Mon père pensait qu’on “naissait musulman” et qu’être musulman était un statut qui dépendait du Tout Puissant uniquement. Et comme pour se soumettre à ses propres certitudes, il s’était convaincu que l’Islam était irréversible en ce qu’il l’emportait sur quelque autre religion ; il était de ceux pour lesquels l’Islam ne se limitait pas au seul culte, entretenant l’idée qu’être musulman préemptait pour ainsi dire tout autre choix de conscience. Pour lui, le christianisme ne serait qu’un avatar illégitime de son propre héritage, puisqu’il était désormais représenté par la religion vraie et transcendante qu’était l’islam. Sa suprématie sur les autres religions ou civilisations, et cette sorte d’inviolabilité du statut de musulman, semblaient d’ailleurs apaiser ses craintes : elles étaient censées me protéger de toute manœuvre rusée de la part de ma mère. »

Ce roman en deux tomes, à l'intrigue palpitante d'émotion, raconte la jeunesse d'un Palestinien qu'un destin étonnant et une histoire d'amour hors norme conduisent à la découverte de lui-même, de sa conscience et de sa relation avec les religions de son enfance, l'islam et le christianisme. Par une introspection à la fois insolite et spirituelle, il nous décrit comment les élans de la divine Providence le mèneront d'Alexandrie à New York, puis à Sanaa, Aden, Djibouti et enfin Paris.
Il est né musulman, certes; mais sa raison défie à laquelle il se croyait enchaîné, occulte en fait la vraie nature de ce rite à l'emprise implacable sur un milliard et demi de fidèles...
Un récit captivant. Une réflexion morale et spirituelle sans concession. Une lecture de rigueur pour comprendre le rôle du Coran au XXI ème siècle et son emprise sur la pensée islamique confrontée à la vie moderne.

Mon avis :

Indéniablement ce livre a ce quelque chose qui fait qu’on doit le lire. Pas tant pour la forme, qui est à revoir, mais pour le fond qui découle d’une observation lucide, calme et intelligente. Quand on lit ce livre on voit que l’auteur est une personne qui s’interroge et raisonne.

Dans ma vie, j’ai lu plusieurs livres qui ont eu trait à l’islam ou qui ont abordé cette religion-politique dans leur approche d’une problématique. Ces livres étaient d’historien Guy Rachet, Jean Louis Harouel, de philosophe comme Hamid Zanaz, des témoignages et j’en oublie. En 2014, j’ai même lu le Coran ! Livre ô combien abject par sa violence, sa prétention, sa haine… Bref ! Tout ça pour dire, qu’au final je n’ai pas vraiment découvert grand-chose sur l’islam en lisant ce livre. La haine, ses appels au meurtre, le communautarisme, la paranoïa, son racisme, sa politique, son droit, j’ai eu l’occasion d’en prendre connaissance plus d’une fois et pour certains points comme le racisme musulman nous avons tous été plus ou moins concernés. Mais malgré cela, j’ai quand même appris certaines petites choses et j’ai adoré prendre connaissance de la vision de l’auteur.

Toutefois et même si j’étais grandement en terrain connu, j’ai apprécié ce livre pour sa base de connaissance et sa vision très réaliste de l’islam et du monde musulman qui est : très communautaire ; très arriéré ; manquant de tête pensante bien droite et de talent que l’islam a bridé ; peuple frustré prompte à accuser les autres de ses malheurs, et j’en oublie. Peu flatteur tout ça, je vous le concède. C’est en effet un état des lieux sans concession - dans ce tome 1 du moins -, que l’auteur fait sur cette population croyante qui vit encore de nos jours à l’âge de pierre, et qui rejette le progrès, la raison, l’égalité entre les hommes et celle entre les hommes et les femmes, la liberté de penser, la liberté de croire puisque l’on né automatiquement musulman et qu’il est impossible dans cette religion, sans risquer sa vie, de la rejeter. (Paix et amour on vous dit !)

"L’apostasie musulmane est sévèrement réprimée (généralement par la peine capitale) dans des pays tels que les monarchies du Golfe ou à un degré moindre, tous les pays où le droit est basé sur la Charia (quasiment tous les pays arabes hormis le Liban), mais également au Maroc, par certain juges qui s’inspirent de la Charia dans leurs décisions [...]"

Outre ce portrait peu flatteur mais vrai du monde musulman que j’ai énormément apprécié, j’ai aussi apprécié les réflexions que l’auteur avait sur la religion islamique à travers son personnage. Quand on lit ce livre, on voit que c’est un mec qui a pas mal raisonné sur les interdits, les règles, les notions… de cette religion ; et il va en profiter justement pour exposer ses arguments et les conséquences qu’il en tire. En quelques mots, il va montrer comment certaines traductions du Coran sont pour lui déformées au nom de la ruse (hila) et du mensonge (taqiya) encouragés par le Coran ; il va mettre en avant l’absurdité de certains versets, celui sur le voile était pas mal ; et il va critiquer la place trop prépondérante de la religion dans la vie du croyant et aussi le problème que pose cette religion par sa violence, sa haine de l’humain, sa peur de la vie, sa frustration qu’elle engendre, sa dictature, etc. (Et elle pire que les autres. Et les autres ce ne sont déjà pas des cadeaux.)

Mais croire qu’il ne critique que l’islam serait faux. En effet, l’autre point non négligeable du livre, c’est qu’il critique les occidentaux aussi. Leur aveuglement par rapport à l’islam (leur connerie de différencier l’islam de l’islamisme), et leur idiotie généreuse qui accepte toutes les attaques contre des droits durement acquis au nom de l’amour de l’autre. Quand bien même l’autre ne soit absolument pas amour, surtout pas envers ce qui n’est pas musulman et pas franchement non plus envers le mauvais musulman. Les textes sacrés musulmans sont très clairs là-dessus et les faits aussi, et au demeurant l’auteur insiste beaucoup dessus.
Mais cette critique du monde occidentale va plus loin, en montrant comment le monde musulman profite du génie des occidentaux alors qu’eux sont loin d’en être, ou encore en montrant à quel point l’islamophilie et la haine de soi (je parle de l’occidental) incitent la communauté des croyants musulmans à devenir très envahissante sur l’individu, le groupe, et le pays où il cherche à reproduire – ici dans des pays laïcs, démocratiques et libres – leur société archaïque, où l’homme et la femme sont les esclaves de dieu et sans raisons, puisque l’islam n’admet pas que l’homme ou la femme soient doués de raison et libre. Et pour l’islam et les croyants les plus fous, seul l’Umma est pure.
Pour en revenir aux occidentaux, cette observation de l’auteur qui est très juste montre à quel point, si on tire le fil de sa pensée, la mouise dans laquelle se trouvent les sociétés occidentales qui se voient remettre en cause par l’islam conquérant et qu’on laisse faire parce que ça fait chic d’être un idiot généreux et aveugle. Pire ! cette vision montre à quel point le musulman ne peut plus compter sur l’Occident, qui marche main dans la main avec l’islam, pour se décharger d’une religion envahissante qu’il ne veut pas forcément et le maintien dans une prison de carcans absurdes, dans un état d’esclavage à un dieu et une politique religieuse débile. Oui certains aimeraient bien pouvoir s’en dépêtrer, mais pour leur survie ce n’est pas conseillé, même ici !
Certes, on pourrait dire que ce monsieur grossit le trait, que tous les musulmans ne sont pas des intégristes. C’est vrai qu’il y a divers niveaux d’intégrisme. Mais comme l’islam modéré n’existe pas, Mahomet ayant lui-même légitimé la violence dans cette religion, franchement j’aurai tendance à dire qu’il ne grossit rien. Bien sûr, tous ne sont pas ainsi (même moi j’ai connu des musulmans qui mangeaient du porc et dénonçaient l’islam), mais ce « tous » est tellement une minorité qu’on ne peut pas fermer les yeux sur la majorité. Et pour moi c’est bien parce que ce « tous » est une minorité, que je veux mettre en avant l’intégrisme de la majorité. Car c’est cette minorité éclairée qui devrait être écoutée en Orient et en Occident, et c’est hélas celle que personne n’écoute et celle que personne ne protège même en Occident. Beaucoup de politiques, de médias occidentaux dit progressistes sont au contraire des rageux qui n’admettent pas que l’on n’accepte pas l’intégrisme de l’autre. C’est raciste, quand on les écoute, dans les faits c’est juste suicidaire mais ils sont trop bêtes pour s’en apercevoir…

Comme vous le voyez le sujet traité par ce bouquin est à charge contre l’islam et l’idiot, et l’auteur a raison d’adopter cette position, car laisser faire, ne pas s’interroger et méconnaître le problème est trop dangereux. Toutefois, on peut saluer aussi la lumière que l’auteur tente de mettre sur cette religion à travers son personnage qui est de double culture, chrétienne et musulmane, et aussi à travers l’approche de quelques courants musulmans mais pas stupides comme le courant mutazilite. C’était il y a des siècles, avant la Sunna et toutes les raisons politiques qui vont avec.

En résumé c’est un livre à lire pour le fond pas pour la forme, qui est je le rappelle à revoir même si ce n’est pas inintéressant, car il y a beaucoup de chose abordées (dont je n’ai pas parlé) et qui sont une bonne base de réflexion par rapport à l’actualité. Quant au tome 2 j’ignore complètement ce qu’il raconte, mais promis je vous en ferai part assez vite.

Merci à Babelio (d'autres avis et extraits) et à l'auteur. Lien Amazon.

Extraits :

"Je veux en venir maintenant à tous ces interdits qui assomment le croyant : ne crois-tu pas qu’ils tendent à traiter l’homme pareil à un animal, telle une créature dépourvue de sens moral ?" p.20

"Mais revenons un instant sur le port du voile dans le Coran. Fallait-il percevoir ces deux versets comme des commandements, des injonctions ? Leur lecture ne laisse pas cette impression, tant s’en faut. Il ne pouvait dès lors ne s’agir que d’une recommandation de l’Envoyé de Dieu, rien de plus. Il ne fut jamais donné par le Prophète aucun détail sur la tenue de la musulmane, hormis celle de ses épouses, lesquelles devaient se soustraire au regard des hommes. De telle sorte que, dans la société arabe du VIIème siècle, il s’agissait plus de préserver un ordre moral en public, une certaine décence. Certes, et quelle que soit d’ailleurs l’interprétation qu’on pouvait en retirer, pour autant le Coran eût jugé négativement toute libéralité des mœurs pour mieux condamner et la luxure, et la débauche, je me retenais toutefois de penser que l’archange Gabriel eût pu s’attarder sur des tenues vestimentaires ou des effets d’élégance féminine, dans ses révélations au Prophète. N’était-ce même grotesque de concéder à Dieu un thème aussi futile ? Comment pouvait-on croire que Dieu eût pu s’éterniser sur un problème aussi frivole pour jauger de la valeur de la vertu de l’homme sur terre. Fallait-il que l’on conditionne autant le sens moral de l’homme au port d’une étoffe pour la femme, et à sa façon de la porter ? Que valaient toutes ces contraintes vestimentaires pour la vertu de l’homme musulman, comme de la femme de les suivre ? Se couvrir le corps d’un jilbab ou d’un foulard (khimar) comme l’indique le Coran, ou bien encore la tête, un peu plus haut, un peu moins bas, en totalité : que tout cela paraît peu crédible ! Et je restais persuadé que cette histoire de voile, foulard, niqab, khimar, jilbab etc. étaient bien autre chose qu’une véritable révélation du messager. Compte fait, j’en venais à penser plutôt à des précisions et ajouts que les compagnons du Prophète ou leurs ascendants, et surtout d’autres personnes, avaient résolu d’inclure par la suite (pour former le corpus de la Sunna). Ceux-là avaient une idée en tête : prophétiser à leur façon la Révélation pour servir leur propre agenda politique ou sociétal."

"En parlant des ablutions. […] Il n’empêche, cet exercice, comme la plupart des nombreux rites collectifs de l’islam (le jeûne, le pèlerinage, l’immolation du mouton, l’aumône) n’a pas uniquement une fonction normative religieuse : il aboutit à l’intégration (corps et âme) complète de l’individu à la communauté des croyants. Une communauté solidaire, et selon les termes du Père Mohammed Abdeljalil, une ombrageuse ou agressive face à tous ceux qui lui sont étrangers… car ils doivent assistance et solidarité. Malheur à celui qui ouvre les yeux et sort de cette Communauté. En d’autres mots, ce rite honore cet esprit panurgique, grégaire, qui forme la trame confessionnelle d’intégration ou d’exclusion du croyant : une solidarité islamique qui constitue le liant symbolique par lequel l’individualité s’efface au profit de l’incorporation de chaque musulman au collectif, à la Communauté. En islam, le groupe prime sur l’individu, la foi collective sur l’individuelle, car le chemin du salut est plus évident à plusieurs." p.57

"N’épouse pas les femmes associatrices (chrétiennes, juives, polythéistes) avant qu’elles ne croient [se convertissent à l’islam], une esclave croyante vaut mieux qu’une femme associatrice… ne mariez pas vos filles à des associateurs (chrétiens, juifs) » (II,221)."

"A savoir, comment le musulman pourrait-il réconcilier l’obéissance au Coran et à la Sunna, avec le droit civil dans un pays où la base du droit n’est pas la Sharia ? De quelle manière un musulman pieux peut-il même envisager de s’intégrer et de respecter les principes et les lois de la société occidentale  où il a choisi de vivre, tout en suivant les préceptes du Coran et de la Sunna, alors même que l’Envoyé de Dieu lui ordonne de ne pas le faire ?
Et c’est effectivement  ce que l’Islam désire du musulman vivant en terre d’infidélité : organiser sa vie en marge de la société dans laquelle il aurait choisi de s’implanter (le communautarisme). Le Coran lui demande de se replier dans sa communauté et de lutter sous une forme ou une autre (Violence ou Fath, ou encore, Taqiya, Hila, Niya, mais également pacifiquement, par le truchement de l’immigration ou la natalité dans les démocraties occidentales) pour imposer l’islam en devenant le rite majoritaire. La difficulté d’intégration  de nous autres, musulmans, en territoire non-musulman (et vice-versa d’ailleurs), n’est jamais que la résultante de cette incompatibilité patente de notre dogme religieux avec les sociétés extérieures à l’Islam." P.137


02 mars 2019

"Mon fils, ce djihadiste" de Alexandra Gil

Mon fils, ce djihadiste de Alexandra Gil

Mon fils ce djihadiste alexandra Gil

Résumé :

Nathalie, Marie-Agnès, Françoise, Michelle... Toutes ces mères ont vu leur enfant partir en Syrie pour participer au djihad. Un phénomène d’ampleur touchant chaque année plus de 5 000 jeunes Européens qui n’hésitent pas à rejoindre l’État Islamique. Dans ce livre, des mères de djihadistes français et belges témoignent. Pourquoi ces enfants qu’elles ont portés et éduqués ont-ils pris un tel engagement ? Comment supporter l’absence d’un fils que l’on continue d’aimer, envers et contre tout ? Ces mères font le récit d’une vie quotidienne devenue un calvaire : les interrogatoires interminables, les voisins suspicieux, et cette peur terrible d'allumer la télévision après un attentat qui aurait pu être commis par leur fils. Avec parfois pour seule conclusion, un texto laconique les informant que leur enfant n'est plus de ce monde…

Un document exceptionnel pour comprendre le djihadisme européen.

Mon avis :

                                                          "Les Saint Jean bouche d'or
Qui prêchent le martyre
Le plus souvent d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées
C'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas.
[...]
Ô vous, les boutefeux
Ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu !
Laissez vivre les autres !
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas."

Mourir pour des idées de Georges Brassens.



     Voilà un livre qui soulève des sentiments différents en moi, mais après un petit point sur moi-même, finalement je m’aperçois que je ressens plus de colère que de compassion. Colère contre les familles, colère contre l’Etat.

     Pour commencer, je tiens à préciser que je comprends ces mères ou ces pères qui sont déboussolés, dépressifs, perdus, quand ils ont su que leur enfant était parti faire le djihad. Je me doute en effet que ça ne soit pas facile à apprendre, surtout quand on sait quelles atrocités vont être commises contre des innocents à cause de la connerie religieuse. Je comprends aussi très bien ce sentiment de ne pas être à sa place dans une société qui souffre de cette connerie religieuse islamique par plusieurs attentats et autres atteintes aux Droits de l’Homme.
      Toutefois, ma compassion pour ces familles a tout de même eu ses limites. En effet, j’admets que j’ai eu aussi beaucoup moins de sympathie pour quelques familles quand je lisais certains passages. La compassion n’était pas tout à fait absente, mais entre la sœur qui ne voulait pas dénoncer son frère quand il reviendra (en espérant qu’il ne revienne jamais et qu’il crève là-bas), la mère qui fait comprendre à son fils de ne pas se pointer au resto habituel de peur qu’il soit arrêté, ou encore la mère qui refuse d’admettre que son fils ait changé (parole de mère !), j’avoue que j’ai fait quelques bons.
L’amour c’est probablement beau, mais là c’était juste idiot. Et j’avoue que je ne comprends pas cette attache à ce membre assassin de la famille, qui m'a particulièrement agacée quand les parents ont peur que leur monstre d’enfant meurt. Dans ma tête, ce n’est pas admis d’avoir peur pour des monstres, quand bien même ils soient de ta famille...
      Nonobstant cela, tous ne sont heureusement pas ainsi, à l’image de ce père de famille qui dit qu’il ne pourra plus jamais avoir confiance en ce fils qui est rentré en France (hélas pour nous).
     Bref ! Certains témoignages ont soufflé en moi le chaud et le froid. Mais malgré tout, et malgré l’énormité de ce que je vais dire, je ne peux qu’encourager ces familles amputées d’un membre à continuer leur vie, car leur vie vaut mieux que cet échec.

      Pour continuer, je disais dans l’intro que l’Etat était la seconde source de ma colère. Sur ce point, ce que j’ai apprécié voir, c’était de voir que cette colère était partagée avec les familles, comme l’atteste les témoignages qui dénoncent :

1- La collusion entre l’Etat et les islamistes ;

2- Les discours qui jouent avec la théorie de l’amalgame comme celui du Maire de Sevran et qui servent si bien les islamistes ;

3- L’inaction de l’Etat qui ne fait rien pour lutter contre ce fléau, et laisse en liberté en France ou en Belgique des gens qui ne doivent pas connaître cet état de faveur. (Pour moi une balle dans la tête, c’est un cadeau pour l’humanité.)

      Néanmoins, en lisant ce livre ma colère est allée plus loin que ces choses-là, en effet quand je sais que certains débiles de dieu ressortiront un jour de prison comme le fils d’Omar, ça m’a révoltée. Car je trouve le droit pas assez sévère avec ces choses-là, et là pour moi réside une des faiblesses des démocraties.
Effectivement, il ne doit pas être admis que ces monstres là ressortent un jour de prison, ni même rentre de Syrie. Les Bisounours ça n’existent pas en vrai, et on ne revient jamais de la folie divine et meurtrière. On ne peut de ce fait donner une seconde chance à ces choses-là !!!
     Sinon pour en revenir au livre, nous savons tous que dénoncer les trois points s’est enfoncer les portes ouvertes, c’est des choses que l’on dit depuis longtemps et que l’on voit tous les jours sans que ça choque pour autant les bien-pensants… Cependant j’ai trouvé qu’il était intéressant de voir comment ces familles le ressentaient. Tantôt comme une injustice, notamment quand les recruteurs, les imams sont dehors en liberté ; tantôt comme une défaite annoncée, à l’image de ce père qui se dit que vu l’inactivité des états de droit, on a déjà perdu. Et ça c'est terrible...

     Enfin, pour conclure cet avis, l’autre atout de ce livre, c’est qu’on peut aussi découvrir certaines situations, comme la DGSI qui ne fait rien car l’Etat n’est pas réactif ou encore la corruption qui règne à divers endroit.

     En résumé, c’est un livre témoignage très intéressant à lire – et qu’il faut lire –pour découvrir comment se transforme l’enfant ; renseigner sur les dérives qui doivent inquiéter ; et aussi avoir une meilleure vue sur l’état actuel de l’Europe qui laisse beaucoup trop faire les musulmans et leur donne beaucoup trop de droit (islam-islamiste ce n’est pas différent). Mais quand vous lirez ce livre, gardez une dose de zen en vous car la colère viendra titiller vos chakras plus d’une fois ! Que ça soit dans les témoignanges, dans les actions, dans les écrits.

Merci aux Editions City.

Extraits :

"Je viens d'Algérie, je sais de quoi je parle. Quand j’étais môme, les islamistes ont commencé à fonder des associations, soi-disant pour venir en aide à la population. Et je l'ai constaté. Si tu étais sans ressources, ils t'accueillaient à la mosquée et te donnaient à manger... Ils étaient discrets et paraissaient inoffensifs, parce qu'à l'époque ils n'étaient pas encore en position de force. Mais dans les années quatre-vingt, quand j'avais 20 ans, leur heure de gloire est arrivée, ils ont gagné du terrain et se sont imposés par la force. Et c'est exactement ce qui est en train de se passer en ce moment même en Europe. Ces gens-là sont en Europe et se servent de la loi, du droit, de la démocratie précisément pour combattre la démocratie". Omar.

"Elle n'a pas non plus oublié que le maire de sa ville, Sevran, a refusé de divulguer le numéro vert mis en place par le gouvernement pour aider les familles témoins de signes de radicalisation chez les proches. Elle se rappelle clairement sa réponse dévastatrice : "A quoi bon stigmatiser la communauté musulmane ? il ne faut pas exagérer, il y a seulement 14 jeunes originaires de Sevran qui sont partis en Syrie." La mère de Quentin hausse le ton quand elle m'avoue que ce "seulement" l'obsède et la met au supplice depuis deux ans. Car, pour elle, un garçon c'est déjà de trop. Elle est convaincue qu'il existe un clientélisme politique envers l'islam, et que cette complaisance est motivée par la crainte de perdre des électeurs parmi les citoyens de confession musulmane." Véronique.

"Ce sont des lâches, des hypocrites. Ils dénoncent un système dont-ils se servent à leur avantage." Véronique.(En parlant de la justice française).

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06 octobre 2018

"Une diversité menacée : les chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme" de Joesph Yacoub

Une diversité menacée : les chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme de Joesph Yacoub

Source: Externe

Résumé :

Aujourd’hui, les chrétiens d’Orient sont menacés. Alors que notre monde est fait de diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse,le Moyen-Orient se vide de cette richesse et se prive d’un apport essentiel pour favoriser la compréhension entre les groupes et les minorités. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Comment cette diversité a-t-elle été gérée, voire malmenée dans le monde arabe ? Que dire d’un tel drame ?
À travers des rappels historiques indispensables, Joseph Yacoub cible deux menaces principales. Dans sa volonté d’arabisation à outrance, le nationalisme arabe, fût-il laïcisant, s’est montré par choix idéologique peu respectueux des chrétiens, comme on l’a vu en Syrie et en Irak. À cela s’est ajoutée la montée d’un islam radical et violent, dont les nouvelles formes atteignent l’Occident même. Face à cette tragédie qui rappelle à maints égards le génocide de 1915, qui toucha Assyro-Chaldéens-Syriaques et Arméniens, il s’agit tout à la fois de comprendre et de suggérer quelques pistes concrètes en termes d’alternative pour que survive ce christianisme autochtone et apostolique, fortement enraciné et universel, riche de culture et de modernité.

Mon avis :

     J'ai enfin fini le livre et je peux affirmer que certains passages n'étaient pas faciles à lire. Cela étant c'était une lecture très intéressante qui rejoint d'ailleurs ma lecture du Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, où les pays musulmans tenaient la première place.
Il le rejoint, mais pas tout à fait non plus, toutefois ils se complètent bien. En effet si le Livre noir est un état des lieux actuels de la situation des chrétiens dans le monde, celui de Monsieur Joseph Yacoub va surtout développer l'aspect historique, politique et culturel de la question chrétienne en Orient. Certes il va aborder un peu l'actualité en parlant notamment du calvaire des otages chrétiens, mais ce n'est pas la part la plus grosse du bouquin. Les trois aspects cités plus haut, remplissent vraiment le livre.

     Déjà d'un point de vue historique et culturel, Joseph Yacoub va rappeler que les chrétiens étaient là avant et ont donc participé activement à l'histoire et à la culture de ces pays, notamment par des débats via les innombrables écoles antiques (Antioche, Alexandrie...) et aussi via les chrétiens syriaques qui ont eux-mêmes fortement participé à l'âge d'or islamique avec les juifs. Sans eux les musulmans n'auraient probablement pas eu grand-chose du savoir antique. D'ailleurs l'âge d'or peut être aussi plus tardif et contemporain.


"L'histoire ne s'arrête pas à la fin du 13ème siècle, période qui correspond généralement au déclin. Sous l'influence des idées de la Modernité occidentale, des voyageurs et des missionnaires, le 19ème siècle fut un tournant. Il a donné un élan sans précédent qui marque le retour de la langue et de la littérature syriaques (ique et moderne) après des siècles de régression. Les voyages d'études en Occident se multiplient. A partir de 1840, le syriaque connaîtra une floraison de publications autochtones et des traductions, accompagnées d'anthologies, de grammaires et de dictionnaires. Depuis les revues se sont multipliées. A l'époque moderne et contemporaine, les chrétiens ont participé activement à la renaissance arabe comme théoriciens, acteurs et traducteurs." Page 176


      Ensuite et toujours pour les mêmes catégories, il va rappeler dans un but pédagogique et par soucis de vérité historique, ceux qui étaient là avant les chrétiens (babyloniens, grecques, juifs...) et qui ont eux-mêmes laissé leur trace dans l'histoire de ces pays.
L'auteur va même plus loin en dépassant les frontières orientales, en parlant de ce que les chrétiens d'Orient ont apporté à l'Occident, notamment des hommes d'église comme Jacques premier évêque de la Tarentaise. Ceci dans le but de montrer les liens qui uni le christianisme d'Occident et d'Orient, et rappeler par ces petits points que l'Occident devrait aujourd'hui adopter une position plus ferme sur les problèmes que traverses les chrétiens d'Orient, comme par exemple au niveau des discriminations (qui sont énormes et ont toujours été car l'Islam est une religion discriminatoire de base).
      De même, Joseph Yacoub rappelle via quelques citations de chrétiens d'Orient, que l'Occident devrait un peu plus les écouter, et notamment quand ils dénoncent le manque de réciprocité dans le traitement des hommes et des femmes en orient à cause de la religion.

« Nous, chrétiens syriens, souhaiterions seulement être traités dans ce pays à majorité musulmane comme les musulmans le sont en Europe dans les pays de tradition chrétienne. [...] Et nous en voulons un peu aux Occidentaux de ne pas avoir appuyés pour demander l'application de la réciprocité. » (Propos de François Abou Mokh, évêque. Page 201.)     

     Et effectivement, on peut comprendre que ça énerve, si ici les musulmans ont trop de droit qui fait que l'Europe est envahie par l'islamisme au nom des Droits de l'Homme détournés, il faut bien penser que les chrétiens d'Orient n'en ont pas autant chez eux qui est pourtant leurs terres ancestrales. Ce qui est anormal on en convient.

      Comme vous commencez peut-être déjà à le voir, ce livre n'est pas qu'un livre d'histoire, qui retracerai dans de grandes lignes précises l'Histoire de l'Orient depuis l'époque de la Mésopotamie. En effet, il est aussi un appel à changer pour les pays musulmans, notamment en remettant dans l'Histoire de ces pays les peuples et cultures qui étaient là avant et qui ont laissé des traces matérielles et immatérielles dans les paysages, dans les langues, dans les cultures, et qui sont pourtant absents des musées ou des livres d'histoire à cause du nationalisme arabe et de l'islamisme. Comme le dit joliment l'auteur « L'homme n'est pas un être abstrait, né ex nihilo. Il est le produit de l'histoire. », un pays c'est pareil, et il serait temps pour les musulmans de s'en rappeler...
      Pour continuer dans la description du livre, j'ai laissé voir aussi dans les lignes un peu plus hautes, que ce livre était aussi un appel à l'Occident qui devraient appuyer le principe de réciprocité et soutenir les chrétiens d'Orient dans leur demande d'égalité ; toutefois il est bon de préciser que ces pages ne sont pas qu'un « appel », puisque ce bouquin est aussi un état de fait.
Un état de fait en montrant notamment que même laïc ou imprégné de bon sentiment, les pays musulmans et/ou arabes (difficile de séparer ces deux termes) restent imprégnés de cette culture religieuse qui concerne le plus gros pourcentage de la population, de fait et à cause de cela il existe une réelle difficulté de liberté et d'égalité pour les populations non musulmanes. L'auteur décrit notamment la situation irakienne qui fait un pas en avant, un pas en arrière, entretient le flou, et tout cela dans la même constitution !
      Cela étant et pour une touche d'espoir (?), l'auteur nous montre à côté qu'il existe au moins un pays musulman non arabe, le Kirghizistan, qui est purement et simplement laïc – notamment grâce à l'occupation soviétique – et qui n'hésite pas à partir à la recherche de son passé chrétien nestorien. Si cela laisse de l'espoir et montre que la laïcité et la diversité sont possibles en terre islamique (même si ça ne concerne pas un pays arabe), il ne faut pas non plus oublier comme le précise l'auteur que ça reste aussi un pays assez faible et jeune, qui n'est pas à l'abri d'un retournement d'idée à cause de violence. Mais voilà, l'auteur a eu l'honnêteté de parler de ce pays et ceci malgré sa passion chrétienne. Et j'insiste sur ce dernier point car il est vrai qu'il cache mal ses passions, mais d'un côté tout ce qui écrit là est juste, donc ça se comprend qu'il vive cet effacement de l'histoire très mal lui qui est né en Syrie. Nous même en Occident on ne le vit pas mieux d'ailleurs...

      En résumé, et comme vous le devinez ce livre est nécessaire pour comprendre le présent des minorités en terre musulmane et voir leur traitement. C'est accessoirement un bon complément au Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, et un excellent bouquin pour prendre de la distance sur les sempiternels discours de l'amitié entre religion, puisqu'ici l'auteur montre bien que ça doit aller plus loin qu'une supposée amitié ; toutefois c'est très « difficile » à lire car on est vite saturé par l'information. Donc à lire, oui, mais doucement et calmement, et ne pas hésiter à relire des passages si besoin.

Editions Salvator.

 

Extraits :

"Au confluent de l'Orient et de l'Occident, accepter le principe de réciprocité de traitement. Les musulmans qui revendiquent, à juste titre, des droits et des libertés publiques pour eux en Occident, devraient aussi avoir le souci de ces mêmes droits dans leurs pays d'origine pour tous ceux qui ne partagent pas la religion musulmane, comme les chrétiens et les autres minorités. Défendre cette diversité menacée les honorerait, car on est loin de l'égalité de traitement."

 "Les syriaques ont traité de tous les sujets. Si les intellectuels nationalistes arabes avaient pris la peine de chercher, ils y auraient trouvé des idées y compris sur le patriotisme et la justice sociale, sujets qu'ils chérissaient.
La pensée syriaque embrasse en effet tous les domaines du savoir, religieux, philosophique, éthique, moral, juridique, politique, spirituel, ascétique, poétique, historique, linguistique, grammatical, encyclopédique... Autrement dit, contrairement à ce que certains affirment, elle ne se limite pas à la dimension religieuse malgré son importance. Son âge d'or commence à fleurir à partir du 4ème siècle, qui vit depuis le début des publications et des traductions du grec en syriaque et des contributions de grand intérêt."

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10 septembre 2018

"Demain les chats" de Bernard Werber

Demain les chats de Bernard Werber

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Résumé :

Pour nous une seule histoire existait : celle de l'Humanité. Mais il y a eu LA rencontre.
Et eux, les chats, ont changé à jamais notre destinée.

Mon avis :

« De manière plus globale, les hommes de dieux n’aiment pas la connaissance. Ils mettent tout sur le dos de la volonté divine. »

Ca fait longtemps que je n’ai pas lu de Werber, et ce retour à l’auteur ne s’est pas fait avec un des meilleurs livres. En effet, Demain les chats, a été pour moi assez pénible à lire. Très long au démarrage, j’ai failli laisser tomber assez vite ce livre. Mais en sautant quelques passages, et une fois arrivée au déclenchement de la guerre civile et mondiale sur fond de fanatisme religieux, j’ai abandonné l’idée de le laisser tomber. Pas que ça devient prenant, mais c’est autre chose que l’éducation d’une minette Bastet par un minet Pythagore.

Alors, ne vous y trompez pas, le rythme est toujours aussi lent, mais la description de cette guerre dont notre monde n’a jamais été aussi proche, certaines paroles prononcées par les chats même si elles méritent parfois des grosses nuances – non le moyen-âge n’est pas un âge obscure où il n’y a eu aucun progrès , et non la science - du moins en occident - n’a pas toujours été rejetée par l’église ! (lire par exemple Le vrai visage du Moyen-âge) –,  fait que ce livre se dote d’un intérêt qu’il n’y a pas avant ce déclenchement d’hostilité. Sans oublier qu’il y a enfin de l’action à partir de ce moment-là. Ca bouge un peu plus, pas beaucoup plus, mais quand même un peu.

Là, j'ai un peu l'impression de vous dire que le livre n'a pas grand intérêt avant la guerre et même pendant en fait. Je voudrais toutefois nuancer cela. En effet, il y a une chose qui m'a plu dans ce bouquin et ceci malgré la lenteur du récit, c'est que c'est à travers les chats que l'auteur va critiquer l’Homme et aborder sa perte, ici le fanatisme religieux au nom d’un barbu imaginaire, son cerveau ramolli et sa mollesse devant les faits précédents la guerre (vous reconnaissez les fleurs et les bougies ?) mais aussi sa beauté. Signe que des lendemains peuvent encore chanter et prendre une autre direction que celle du KO, même s’il tempère son propos en faisant comprendre qu’on échappera pas à une guerre et que le fanatisme ne sera jamais entièrement vaincu comme l’indique l’histoire des rats et de la bataille à la fin (oui ce n’est pas un happy-end). En tout cas c’est ainsi que je ressens les choses.

Bref ! Pour moi, pas le meilleur Werber, loin de là ! Mais il y a cependant plusieurs choses à prendre dans ce livre, juste dommage que ça ne soit pas amené de manière un peu plus vivante. A lire donc, pour les messages mais pas pour l’histoire.

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03 mars 2018

"Une confession" de Maxime Gorki

Une confession de Maxime Gorki

une confession

Résumé :

Ce court roman (1908), considéré par Gorki comme son oeuvre «la plus mûre», salué à sa sortie par un immense concert d'applaudissements - et de sarcasmes (Lénine condamnera sans appel son «mysticisme») -, traduit en français dès 1909 (mais de façon scandaleusement amputée), sera exclu des Oeuvres complètes de l'écrivain par la censure marxiste... et condamné, par le fait, à près d'un siècle d'oubli.
C'est donc un quasi inédit que l'on propose aujourd'hui aux lecteurs de langue française. Et un inédit de la meilleure eau...
Raconteur-né (comme Jack London à qui il fait souvent penser), Gorki empoigne dès les premières pages les rênes de sa troïka pour un galop picaresque de sa façon... et fouette, cocher!... Matveï, son héros - qui lui ressemble comme un frère -, fait ses classes sur la route avec les vagabonds, pratique tous les métiers, et finit par trouver la Voie - celle d'un christianisme social parfaitement hérétique - au fil de rencontres hautes en couleur.
La sainte Russie est vaste, et vaste aussi ce court roman qui contient la terre immense. Cette générosité-là, seuls les Russes de la grande espèce savent la pratiquer. Et peu importe, dès lors, qu'on adhère ou non aux idées de l'écrivain, aussi sympathiques qu'irréalistes. Il nous suffit d'aller avec lui sur ces chemins perdus semés d'embûches et de merveilles.

Mon avis :

C’est l’histoire d’un enfant pas gâté par la vie. Abandonné par sa famille à la naissance, recueillit plusieurs fois, la mort frappant, Matveï découvre la vie et commence à approcher Dieu.
C’est l’histoire d’un jeune homme qui s'éloigne de Dieu, qui se marie mais qui perd sa femme en couche et son premier fils.
Finalement c'est l'histoire d'un jeune homme qui s’en va sur les chemins pour apaiser son âme et trouver des réponses à ses questions.
Ici, commence l'histoire d’une quête.
Mais le plus important dans ce livre ce n’est pas la vie de cet homme, mais ses questionnements sur Dieu comme ses rencontres.

Du religieux qui honnit la femme à cause de sa propre faiblesse, du religieux qui accuse le diable derrière toutes questions déplacées et derrières toutes vérités, du religieux qui pense que la police est le bras armé du divin, de la femme qui affirme que dieu n’existe pas, du bas peuple qui répugne Matveï par son comportement… Ce livre est une succession de rencontres. Des rencontres qui vont être autant de chance que de portrait religieux intéressant à interroger pour notre vagabond – et oui dedans je mets aussi ce bas peuple qui n’a pas le temps de verser dans la philosophie biblique car vivre leur prend toutes leurs forces et la misère aussi. Même si Dieu n’est pas au centre de leur vie, on comprend leur place dans ce bouquin, car il est légitime pour notre personnage de s’interroger sur ce qui guide leur vie, leur âme, dans le contexte du livre où le protagoniste cherche désespérément l'âme fuyante de Dieu. D'ailleurs, est-ce que le fait que Dieu ne soit pas leur vie fait d’eux des êtres méprisables comme le pense au début Matveï ?

Peu importe ! Revenons-en à notre personnage.

Comme vous le voyez ce livre est une suite de rencontre et de portrait dans la religion ou la non-religion, et une chose en entraînant une autre on va forcément voir notre personnage évoluer. Et pour moi c’est cette évolution qui est intéressante, car on va finalement  le voir évoluer et quitter son monde céleste pour des êtres, des choses plus terre-à-terre, ce qui va le rendre moins pédant à la fin – oui il y a des passage où je l’ai trouvé très pédant vis-à-vis des autres – et donc plus agréable à suivre dans sa quête divine, dans sa quête d’absolu. En effet, il va devenir plus intéressant à suivre car en fonction de ce qu'il voit, vit et entend, il va deviner en Dieu un être qu’on cherche, un être silencieux, un être absent, un être imaginaire, un être qu’on est certain d’avoir trouvé et qui un jour n’est plus là.
En ça il est un peu le portrait de beaucoup de personne, voire de tout le monde, car je doute qu’une personne au monde ait vécu une vie entière sans s’interroger sur ces questions métaphysiques.

Bref ! Ce personnage est très intéressant à suivre dans sa quête, mais finalement ce qui est plus marquant pour moi dans ce livre, outre la fin où il abandonne un Dieu céleste pour une humanité divinisée, c’est son questionnement sur comment les hommes voient Dieu et comment ils l’utilisent. J’en ai vaguement approché le concept au début du billet, mais le personnage a des réflexions parfois étonnantes pour un croyant. Est-ce croire c’est être forcément un mouton ? Est-ce que croire justifie le mépris de la femme ? Est-ce que croire c’est une excuse pour ne pas voir la réalité ? Est-ce que la croyance est une fuite ? Est-ce que le Saint c’est vraiment le gars dans une église qui pratique le pêché et prie ou un paysan qui retourne son champ et vie dans l’alcool pour oublier son malheur ? Etc., etc.
Et moi ces questions c’est ce que je retiens avant tout de cette lecture, parce que finalement avec ces interrogations il a une approche réelle de la croyance, de son utilisation et aussi de l’impiété ; finalement qu’est-ce qui est mal ? Qu’est-ce qui est bon ? Et même et surtout a-t-on vraiment besoin d’un Dieu pour améliorer le sort de l’humanité ? Et si l’humanité c’était Dieu ? En plus d’une mémoire et d’une histoire.

En conclusion, je me rends compte que j’ai très mal abordé ce livre ici, je n’ai même pas abordé du silence imposé par le pouvoir ou encore de la lutte de conscience entre le désir intérieur et les gestes que nous sommes amenés à faire dans la vie, car la vie ne répond toujours pas aux principes de Dieu. J’avoue, c’est un livre tellement riche que j’en ai fait une approche imparfaite et même probablement fausse d’un point de vue professionnel en littérature. Mais qu’à cela ne tienne ! Car c’est ma façon de voir les choses, de les ressentir, et même si dans la forme le livre ressemble à un livre avec une histoire banale, dans le fond l’histoire en est une autre, et juste pour ce fond je conseille la lecture.

Merci Babelio et Libretto.

Quelques phrases :

"Saint est l'homme tant que les diables dorment"

"Je me rappelais l'union avec Dieu que j'éprouvais naguère dans mes prières : il était si bon de disparaître de sa propre mémoire, de cesser d'exister ! Mais dans cette fusion avec les hommes, je ne m'éloignais pas de moi, je semblais au contraire grandir, m'élever au-dessus de moi, et la force de mon esprit se trouvait multipliée. Là aussi, il y avait oubli de soi, cependant cet oubli ne m'anéantissait pas, il éteignait seulement mes pensées amères, et l'inquiétude d'être isolé"

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19 février 2018

"Jésus, une encyclopédie contemporaine" de Collectif

Jésus, une encyclopédie contemporaine de Collectif

jésus

Résumé :
Ce livre, exceptionnel, tant par son aspect que par la richesse de ses textes et de ses illustrations, constitue un formidable panorama des connaissances actuelles sur Jésus.
Y sont présentés, par les plus grands exégètes, biblistes et historiens les découvertes archéologiques majeures et les points de vue historique, théologique et artistique les plus récents.
Les textes prennent des formes variées : récits, encadrés, tableaux, interviews et les illustrations sont nombreuses (environ 400).
Un foisonnement de savoirs passionnants sur le Christ, qui unit et oppose les trois monothéismes et qui demeure une figure spirituelle fondatrice de notre monde occidental.

Mon avis :
Croyez-moi la couverture de ce livre n’est en rien trompeuse ! Car ce livre est tout bonnement magnifique. Magnifique à regarder ; des photos, des peintures, des décors de feuillage sur les pages parcourent ce livre, mais aussi magnifique à lire. Je ne suis pas croyante mais je constate qu’on en aura jamais fini de creuser le christianisme et à chaque lecture je découvre encore et c’est toujours un plaisir.
Ceci n’est en rien étonnant, vu que je n’ai encore jamais lu la Bible qui m’attend sagement sur une étagère et que je ne suis pas théologienne, mais dans ce livre j’ai été étonnée de voir que toutes les facettes ont été abordées –du moins il me semble. En même temps c’est une encyclopédie rien d’étonnant, mais ça change des livres plus restrictifs que je lis habituellement. Certes ici c'est abordé rapidement mais quand même assez rigoureusement, et finalement le jeu en vaut la chandelle ;  la géographie de la Bible, Jésus, la crucifixion, sa nature, dans les autres religions mais aussi dans les divers courants du christianisme, le contexte historique de l’époque, l’art, la femme, etc. voyez la vision d'ensemble ! Bref, on fait un gros tour du monde antique et du christianisme via sa sagesse et son premier représentant bien malgré lui. Fonder une nouvelle religion n’était pas son but.

Pour en revenir à ce que je disais et en toute franchise, je suis moi-même étonnée de parler de sagesse, depuis longtemps je considère le christianisme comme une religion d’idiot, mais d’idiot trop généreux et trop cons. Ce livre ne fera pas de moi non plus une croyante et ne changera pas l’opinion que j’en ai, mais quand même pour la première fois j’ai été saisie de la dimension « sagestique » qu’on peut voir dedans. J’en avais déjà bien sûr une vision avant, mais là elle est un peu mieux abordée et j’ai remarqué surtout qu’on la retrouve dans les idéaux de notre société. Ça saute aux yeux !
Oui, même athée, même laïque, ça ressemble beaucoup aux droits de l’homme, à la devise française, ou encore à la définition même de l’homme ou de la femme libre mais qui devra répondre de ses actes devant un juge. Alors dans ce cas chrétien Dieu, mais on pourrait la transposer aisément à notre société cadrée et réglementée où chacun des mauvais gestes, des mauvaises paroles sont condamnés (souvent avec abus quand même) et qui te rappelles que tu ne devrais pas faire à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. Bref. Une espèce de « vivre-ensemble » avant la lettre. Et cela est un point parmi d’autre à remarquer, bien sûr on le sait tous plus ou moins mais c'est un exemple.

Ensuite, en lisant ce livre j’ai été aussi étonnée de voir que finalement l’église n’a pas spécialement suivi l’idéologie visible dans les faits et gestes de Jésus. Ce n’est pas une découverte, Jésus qui prêchait l’abandon de soi et de toute richesse, n’a jamais été suivi par la tête de l’église on le sait tous.
Mais là je pense particulièrement aux femmes, sujet rarement abordé à part pour discuter sur le fait que de Marie-Madeleine serait ou pas sa femme (Merci Da Vinci code) et enfin de compte l’image de toutes les femmes (La Vierge Marie est une image inaccessible alors que Marie-Madeleine est plus proche des gens). En quelques pages la femme est donc abordée et j’ai été surprise de découvrir que Jésus traitait d’égale à égale avec les femmes et tout ça dans un contexte religieux juif (religion de Jésus) peu favorable aux femmes. Ce mec prêchait déjà à l'époque pour moi l’égalité homme-femme et la libération de la femme, un homme finalement précurseur, en avance sur son temps même si personne n'en a saisi le sens profond à l'époque et même après.

Je ne vais pas aborder tous les côtés de ce livre, il est trop vaste pour cela. Il aborde beaucoup trop de question, de découverte, de recherche, pour que j’en parle ici. Mais comme vous l’aurez deviné c’est un livre que je conseille. Certes il est gros, certains passages sont moins intéressants que d’autres (la géographie de la Bible par exemple), mais on apprend beaucoup sur Jésus, sur Marie, sur les évangiles, sur le christianisme ailleurs, les religions antiques, sur le contexte politique de l’époque - qui d’ailleurs me fait penser, qu’un de mes prof n’a pas tout à fait raison quand il dit que les chrétiens ont tapé sur les juifs en les accusant de la mort du Christ pour dédouaner l’Empire Romain, afin de ne pas être trop « persécuté » par ce dernier vu que Jésus avait été perçu comme un rebelle. Enfin bon, je sens que je n’ai pas fini de m’interroger et c’est tant mieux, même si l'idéologie chrétienne actuelle prêchée par un pape abruti est trop nocive à mon goût.

En conclusion, c’était une belle lecture autant à regarder qu’à lire. Même long, même lourd à porter, je conseille ce livre qui ouvre autant de perspectives qu’il y a d’auteurs.

Merci à Babelio et aux éditions Bayard.

Extrait : "Les miracles opérés sur la nature enfin - que l'on pense à la "multiplication des pains", à la transformation de l'eau en vin, à la marche sur la mer ou à la tempête apaisée - expriment la certitude que Dieu règne sur le cosmos et que le dernier mot prononcé sur le monde n'appartient pas au mal, mais à Dieu. Le Jésus qui marche sur les eaux déchaînées est la figure même de l'autorité de Dieu sur la création qui ne bascule pas dans le chaos. Les miracles de prodigalité, qui évoquent le pain ou le vin abondant, signalent que le but de la création est d'être l'espace d'une vie marquée par le sceau de la joie, l'abondance et de la plénitude." Page 200.

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21 avril 2017

"La Bible racontée comme un roman : tome 2" de Christine Pedotti

La Bible racontée comme un roman : tome 2 de Christine Pedotti

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Résumé :

Le grand roman des passions humaines « Du fond de notre mémoire, quelques souvenirs surgissent : les trompettes de Jéricho, Samson et Dalila, David et Goliath. Mais la Bible est bien plus que cela : un véritable trésor d’histoires plus incroyables les unes que les autres ! » Décidément, la Bible est le grand roman des passions humaines. Avec une plume toujours aussi alerte, Christine Pedotti poursuit le récit fascinant des mille et une histoires contenues dans le livre sacré : des histoires où les ennemis sont partout et qui résonnent du fracas des combats ! Cette humanité-là ressemble à la nôtre. Elle est faite de grands élans, de générosité, de rancune, de jalousie, et parfois de haine… « Une histoire rédigée tambour battant, de celles que n’aurait pas reniées un Alexandre Dumas de la meilleure veine. » Samuel Lieven, La Croix Christine Pedotti est journaliste et écrivain. Elle est l’auteur de Jésus, cet homme inconnu, aux Éditions XO, et du premier volume de La Bible racontée comme un roman, paru en 2015.

Mon avis :

Si vous me suivez depuis un moment vous savez probablement que j’ai eu un véritable coup de cœur pour le tome 1 l’année dernière, j’avais adoré ce que ça racontait comme l’approche des histoires de la Bible pendant un voyage à travers le désert ; pour le tome 2 c’est un ton en-dessous. Non qu’il ne soit pas intéressant, loin de là même si au début il est un peu répétitif, mais le fait qu’il manque cette notion de voyage et d’ambiance au coin du feu m’a manquée terriblement.
Cela étant, ce voyage dans le temps, le temps immémorial de la Bible, enfin plutôt de l’ancien testament, et la découverte plus approfondie de ces personnages que je ne connaissais que vaguement pour certains, m’ont tout autant charmée que pour le tome 1.

Effectivement, j’ai pris énormément de plaisir à redécouvrir des légendes - que j’avais même parfois oublié qu’elles étaient dans la Bible tellement elles sont connues, à l’exemple de David et Goliath -, comme j’ai pris énormément de plaisir à mieux les situer dans l’histoire, à mieux les visualiser dans les faits, les paroles et les gestes. Certes, ça ne parle que des éléments importants de l’ancien testament, comme pour le 1er tome, mais c’est quand même un bagage culturel appréciable et non négligeable. Surtout que ces récits montrent une humanité biblique à un caractère bien réel, temporel, très d’ici-bas, ce qui casse ce mythe de perfection qui accompagne généralement les textes sacrés et donne finalement plus de plaisir à la lecture.

Bref, même si je ne suis pas partie voyager dans le désert dans une ambiance de veillée, de réunion au coin du feu, j’ai quand même apprécié ce livre pour ce qu’il raconte et son bagage culturel qu’il apporte. A lire, le tome 1 comme le tome 2.

Merci à XO éditions.

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08 décembre 2016

Sorcière, sorcière, prends garde à ton derrière.

Les plus terribles affaires de sorcellerie de Louise-Marie Libert

Source: Externe

Résumé :

Dans l’imagination populaire, la grande vague hystérique de sorcellerie, de sabbats et de procès terrifiants de cruauté, avec leurs interrogatoires sadiques et l’horrible issue du bucher, est indissociable de l’image d’un Moyen Âge obscurantiste.

Or, la majorité des hallucinants procès de sorcellerie se déroulèrent du XVe à la fin du XVIIIe siècle et servirent à focaliser, sur des boucs émissaires, la colère d’une population mise à mal par les famines et les guerres interminables.

Le dégoût et la peur qu’inspirent les maléfices – potions répugnantes, meurtres rituels d’enfants,… – au peuple justifient des exorcismes obscènes et des procès accompagnés de tortures effroyables. Cependant, derrière ce tableau effarant de la sorcellerie « ordinaire », se dessine une autre réalité, celle des faux procès de sorcellerie qui sont en fait des règlements de comptes politiques déguisés, bien plus nombreux qu’on le pense. Cet autre visage de l’usage d’accusation de sorcellerie recèle bien des surprises et révèle de curieux mystères…

Mon avis :

Les plus terribles affaires de sorcellerie parle de l’histoire de la sorcellerie à travers le Moyen-âge et l’Ancien régime.
Découpant le livre en différente partie, l’auteure va aborder les divers aspects que ce sujet soulève. Après une courte et triste présentation des livres et des auteurs qui ont guidé l’Inquisition dans ses jugements et ses pratiques ; Louise-Marie Libert va ensuite aborder quelques grandes, ou moins grandes, affaires de sorcellerie qui ont marqué l’histoire comme : le procès Jeanne d’Arc, Gilles de Rais, Urbain Grandier…, où la politique n’est jamais bien loin ; pour finir par approcher la problématique par qui tous les malheurs du monde arrive : la femme. (Bien plus victime de l’inquisition que les Hommes).

Comme on le constat, l’approche n’est pas si mal et elle est assez complète. L’auteure va bien décrire la mentalité de l’époque et notamment celle du clergé frustré sexuellement, illuminé, sadique et qui voit dans toute femme trop laide, originale, indépendante un signe du malin ; elle va bien décrire aussi les procès expéditifs et les enjeux qu’ils pouvaient cacher surtout avec les hauts personnages où souvent on accusait une personne de sorcellerie pour l’écarter politiquement et/ou récupérer ses biens : les Templiers, la comtesse Báthory et j’en passe en ont fait les frais - mais faut dire que la démarche n’est pas nouvelle déjà dans l’antiquité on recourait au accusation mensongère pour écarter un rival politique. Et enfin, pour finir, elle va aussi aborder l’hérésie qui est l’origine de la chasse aux sorcières. Effectivement, avant les sorcières faisant le sabbat, le problème numéro un était les chrétiens dissidents qui ne suivaient pas fidèlement les dogmes de l’église et ainsi la remettait en cause comme les Vaudois.
Bref, il y a une belle approche du sujet, et je n’ai pas tout cité je précise.

A première vue, tout cela semble bien noir, et c’est vrai que ça n’est pas jojo, cela étant elle nuancera cette époque en mettant en avant quelques personnages comme des ecclésiastiques qui dénonceront les hystéries collectives sur la sorcellerie et qui ont souvent pour origine une folle accusation ou une folle rumeur.

Mais puisque je parle de propos nuancer, à ce niveau je voudrais souligner qu’il y a un gros manque. Je le répète l’auteure explique très bien que les mauvais chrétiens étaient les premiers à être victimes de l’Inquisition, mais sur ce point elle oublie juste un peu de préciser qu’ils n’étaient pas automatiquement torturés et brûlés. En effet si elle explique bien qu’ils étaient pourchassés, elle oublie de préciser qu’ils avaient avant tout la possibilité de se racheter, par des pénitences, des pèlerinages, etc. Et personnellement je trouve que ce manque est énorme, car ça donne une information un peu biaisé du sujet.
Autre chose qui m’a un peu fait sursauter se trouve page 155. En parlant de l’empereur Frédéric II elle approche la figure d’un religieux italien du nom de Salimbe de Adam.
Avec ce personnage, Louise-Marie Libert va raconter à son propos que par un de ses textes il a relancé les terreurs de l’an mil. OK, mais disons que pour relancer les terreurs il y aurait déjà fallu les lancer une fois. En effet il est plutôt admis aujourd’hui que cette fameuse terreur est d’avantage un mythe qu’une réalité. Si une chose inquiétée à l’époque c’était plutôt le Salut - comme à toutes les époques au demeurant, mais pas "le jour du Dies irae" comme dirait l'autre.

Le dernier point que je trouve un peu bizarre (enfin y en a d'autres mais c'est plus affaire d'opinion personnelle), c’est la « conclusion ». Citer une lettre de 1913 de Paul Claudel à un abbé, pour appuyer l’idée que la croyance en la sorcellerie dans nos sociétés modernes serait encore tenace et ne serait pas que "l'apannage" des "esprits imbéciles", ce n’était pas très judicieux. S'il y a des gens qui croient vraiment en la vraie sorcellerie encore aujourd’hui on ne peut que qualifier ces personnes d’arriérées, mais je ne pense pas qu’on puisse penser que c’est une pratique répandu comme le sous-entend pour moi ce passage. Peut-être que ça vient de moi, mais j’ai vraiment trouvé ce passage curieux. Tout comme prendre une lettre de plus de 100 ans d'un imbécile - quand bien que ça soit Paul Claudel - qui y croyait pour décrire une époque très actuelle. J'admets que lé démarche je la trouve un peu bizarre là.

Bref. C’était une lecture sympa, instructive et beaucoup plus facile à lire que Les hérétiques au Moyen-Âge de André Vauchez (éditions CNRS), mais voilà je ne conseillerais pas que ce livre pour le sujet. Y a certaines choses qui fait que je conseillerai d’autres lectures sur le sujet pour compléter celui-là,qui je le rappelle n'est vraiment pas mauvais.

 

Merci aux éditions La boîte à Pandore.

27 novembre 2016

"L'homme qui voyait à travers les visages" de Eric-Emmanuel Schmitt

L'homme qui voyait à travers les visages de Eric-Emmanuel Schmitt

l'homme qui voyait à travers visages

Résumé :

Après La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit son exploration des mystères spirituels dans un roman troublant, entre suspense et philosophie.
 
Tout commence par un attentat à la sortie d’une messe. Le narrateur était là. Il a tout vu. Et davantage encore.
 
Il possède un don unique : voir à travers les visages et percevoir autour de chacun les êtres minuscules – souvenirs, anges ou démons  qui le motivent ou le hantent.
 
Un sage qui déchiffre la folie des autres ? Son investigation sur la violence et le sacré va l’amener à la rencontre dont nous rêvons tous…

Mon avis :

Nous allons suivre dans ce livre la vie d’Augustin jeune homme sans le sou et sans famille, qui a la particularité de voir les morts et de se mettre dans des situations invraisemblables après l’attentat auquel il échappe. Se mettant à dos la police, se faisant épauler et manipuler par une avocate un brin excentrique, voilà notre pauvre jeune homme parti dans une aventure malgré-lui.

Cela ne vous aura pas échappé, avec ce livre E.E.S. fait écho à l’actualité : attentat, fou de dieu, questions métaphysiques, vont être le fils rouge de ce livre, et ceci dans le but d’exposer deux explications sur cette violence et ses origines.  
Avec deux personnages opposés qui vont jouer le rôle d’introducteur dans les deux conceptions qui s’affrontent sur le rôle de Dieu dans cette guerre sainte : est-il la main qui commande la violence ?  Ou est-il la victime de l’incompréhension des hommes ? Éric-Emmanuel Schmitt va élargir notre champs de vision par cette histoire où Augustin doit mener l’enquête qui répondra à ses questions.
Pour tout vous dire, j’ai apprécié l’idée de faire un procès à charge contre Dieu qui servait à démontrer la première conception sus-cité, en effet même si je suis une athée convaincue l’idée avait quelque chose de sympathique pour moi. Pourtant quand fut venu le temps d’exposer les points de vue pour ces conceptions ou pour autre chose, je n’ai pas été emballée par les mots de l’auteur, en effet parfois j’ai trouvé ces derniers niais, stupides, convenus et ridicules, comme par exemple au moment où il va nous faire un discours sur l’ouverture, l’amour, etc. pour contrer le plan des terroristes. Là j’admets que j’ai même un peu décroché de ma lecture car le pouvoir de l’amour pour contrer des crétins ça ne le fait pas avec moi. L’amour, la paix, l’ouverture je veux bien mais dans la limite du raisonnable et quand j’entends ce genre de discours j’ai vraiment l’impression que le raisonnable et la lucidité n’en font pas partis, en effet à mon humble avis il y a des choses plus urgentes et sensées à faire pour contrer le terrorisme.
Outre les mots, les idées pour défendre les conceptions n’étaient parfois pas les meilleures, en effet l’idée première était bonne mais la manière de la présenter était passable. Par exemple en voulant donner une autre lecture des religions pendant un rendez-vous d'Augustin avec quelqu'un, il est allé chercher des idées réchauffées et des concepts capillotractés ; Dieu faiseur de saga à travers des nègres ! Qui l’eut-cru ?
Mais même sans ça en fait ce discours m’a dérangée par ce qu’il racontait, déjà parce que dedans je n’ai pas beaucoup retrouvé l’idée que la création d’une religion s’apparente à la recherche du pouvoir, et ensuite si j’ai beaucoup aimé l’idée que ces livres peuvent avoir plusieurs lectures j'avoue que je ne vois pas trop comment la violence peut en avoir, surtout quand elle est limpide dans ce qu’elle défend.
Bon là je parle du discours et critique l'approche des idées réchauffées, mais y avait bien encore une ou deux choses étranges dans ce livre, l’attitude d’Augustin par exemple. Quelle personne réfléchie irait être pote avec un terroriste en herbe ???

En me relisant, je me rends compte que j’ai beaucoup noirci ce livre, pourtant y a des choses bien dedans, comme cette idée de fantôme qui accompagne les vivants. Bon, sur ce sujet le twist se trouve surtout à la fin mais ces morts qu’on n’en entend pas mais qui guideraient nos vies c’était sympathique à lire. Au-delà du fait que ça donnait une ambiance particulière au bouquin, ça interpelait d'une manière générale sur les rapports des morts et des vivants. Jusqu’à quel point un mort peut influencer nos choix ? Et même si je ne me sens pas concernée par cette position, avec ceci j’ai malgré tout trouvé une question philosophique à creuser, un point où rebondir.

En résumé c’était une lecture mitigée, mais malgré le mauvais qui m’a bloquée j’ai eu du bon qui m’a fait continuer. En clair je suis arrivée au bout tant bien que mal, mais au final j’y suis arrivée sans regret. C'est un peu le super pouvoir de cet auteur j'ai l'impression, même si je ne l'ai lu pour le moment que deux fois.

Merci aux éditions Albins Michel et Gilles Paris.

30 août 2016

"Djihad : d'Al-Qaïda à l'état à l'état islamique, combattre et comprendre" de Claude Moniquet

"Djihad : d'Al-Qaïda à l'état à l'état islamique, combattre et comprendre" de Claude Moniquet

djihad claude moniquet

Résumé :

On croyait avoir connu le pire le 11 septembre 2001. On pensait qu'aucune organisation terroriste ne pourrait jamais égaler la dangerosité d'al-Qaïda. On s'inquiétait de voir des dizaines d'Européens rejoindre le Djihad. Mais tout cela, c'était avant l'irruption de Da'ïch, l'État islamique. Aujourd'hui, on a droit aux décapitations en direct, aux massacres médiatisés, aux prisonniers brûlés vifs, enterrés vivants ou crucifiés, aux femmes lapidées et aux homosexuels jetés du haut des toits. Aujourd'hui on a droit aux femmes esclaves dont les prix se discutent sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, ce ne sont plus quelques dizaines de djihadistes que l'Europe doit craindre, mais des milliers. Aujourd'hui nous assistons à des attentats à Bruxelles, Paris, Strasbourg, Tunis, Sousse, Sydney. Aujourd'hui, l'horreur djihadiste est omniprésente et l'islamofascisme continue à progresser. Et demain ? Ce livre explique ce qu'est Da'ïch, d'où vient son succès et ce qui pourrait provoquer sa chute. Sans concessions, il démontre surtout ce qu'ont été nos erreurs et ce que sont nos faiblesses. À lire d'urgence pour ne pas dire, demain, " je ne savais pas ! " Et pour se préparer à une guerre qui sera longue.

Biographie de l'auteur

Claude Moniquet a été journaliste et a travaillé vingt ans pour la DGSE. Il est le cofondateur de l'ESISC, une société de renseignement privé et d'analyse stratégique qui conseille les plus grands groupes mondiaux et plusieurs gouvernements. Hôte fréquent et incontournable des plus grands médias internationaux, il est l'un des meilleurs spécialistes contemporains de la violence politique et du terrorisme.

Mon avis :

Vu le CV du bonhomme, je pense qu’on peut affirmer sans problème que Claude Moniquet est un expert du djihadisme et donc de l’intégrisme musulman vu que l’un et l’autre ne peuvent se concevoir séparément. Ce livre est le neuvième qu’il écrit sur le sujet, le premier que je lis.

Pour commencer, l’auteur va commencer par nous faire un rapide cours d’histoire sur l’Islam (là j’ai par contre préféré mes cours d’histoire plus justes et complets) et sur l’idéologie intégriste à l’époque contemporaine en citant quelques noms et thèses qui vont avec.
Ensuite, il va nous faire un rapide portrait du djihadiste ici en occident, qui a un pied dans la religion et l’autre dans la délinquance –d’ailleurs la délinquance sert à financer les réseaux terroristes – ou qui parfois sort de milieu tout à fait correct ; vient après un rapide topo sur les raisons de l’augmentation de l’intégrisme et donc de l’explosion du djihad en pointant particulièrement la politique inefficace des pays musulmans qui se résume par leur incapacité à se réformer, à se libérer de la dictature religieuse, et à combattre la corruption, et en pointant aussi pour certains pays la politique mal pensée de certains état occidentaux à certains moments. Ce qui est dommage sur ce point c’est qu’il ne dénonce pas la politique occidentale avec ses mensonges étatiques qui ont fait aussi le nid de l’intégrisme ici en occident, comme avec par exemple les mensonges qui font des autochtones des coupables et les musulmans les éternelles victimes de la société soi-disant raciste et qui n’en fait pas assez pour eux. (Il suffit pourtant de regarder par rapport aux autochtones et aux anciens flux migratoires pour savoir que c’est faux.)

Cela exposé, il va enfin arriver à l’année du basculement : 1979. La chute du Shah d’Iran qui verra un régime islamique dur s’installer dans ce même pays et enfin l’invasion de l’Afghanistan par les soviétiques, qui pousseront les américains à jouer sur le sentiment religieux et identitaire pour repousser les soviétiques et ouvriront de ce fait un territoire où les moudjahidines pourront avec l’aide d’autres pays perfectionner leur idéologie. C’est d’ailleurs à cette occasion que le moudjahidine tristement célèbre Ben Laden sera formé.

Cette mise en place faite, et qui se révèle très intéressante, le livre va passer à d’autre chose. Alors je ne vais pas parler des portraits qu’il fait sur les débiles de dieu venant de partout, et qui sont justes des dégénérés effrayants d’imbécilité (je reprends là quelques mots de l’auteur). Mais je vais par contre vous parler des beaux jours que l’extrémisme et le djihad ont encore devant eux.

Et oui triste constat, on est mal barré pour gagner cette guerre, qui va durer longtemps. Alors je ne pars pas vaincue car je pense qu’avec beaucoup d’audace et de cran on pourra la gagner cette guerre (à condition de changer ce gouvernement qui est à la botte des extrémistes, dernière exemple en date le burkini, et la droite pas mieux), mais cependant je n’ai pu que remarquer en lisant ce livre que les choses traînent pour changer, et que beaucoup de choses sont anormales dans notre système de fonctionnement, ce qui permettra à l’idéologie extrémiste-terroriste de durer dans le temps.
A commencer déjà par la justice, aujourd’hui un terroriste risque en France maxi 30 ans de prison ! Outre le fait que c’est absurde et que c’est mettre en danger la vie d’autrui en laissant ressortir à l’air libre des choses dangereuses pour le peuple, il n’est pas normal qu’un terroriste ou qu’une chose qui épouse les idées extrémistes ne risquent pas plus comme la perpétuité. (Et je ne parle même pas dans ce domaine de la connerie d’empêcher les gens de partir faire le djihad en Syrie, alors que le bon sens voudrait qu’on les laisse partir et qu’on les empêcher définitivement de rentrer, car rien ne les empêche d’agir même s’ils ne partent pas en Syrie.)

Ensuite, autre chose anormale dans nos sociétés, l’extrémisme qui a pignon sur rue grâce à la faiblesse de nos gouvernements. Alors je sais ça choque, et pourtant c’est le cas.
En France par exemple l’extrémisme et donc son idéologie terroriste, a vu son installation facilité par l’encouragement des idiots utiles qui ont toujours reculé devant les coups de butoir donnés à nos valeurs au nom des droits de l’homme par des gens qui n’ont jamais voulu s’intégrer. Coups de butoir qui ont vu de surcroît leur légitimité s’installer à travers le CCIF, les Indigènes de la République et autres associations intégristes du genre comme SOS Racisme qui ont pour but de poursuivre la soi-disant islamophobie afin d’empêcher tout débat et tout retour à la Lumière et à la paix. (Et là-dessus je ne m’explique pas, à part pour raison électorale (?), que des crétins leur accordent la bénédiction de détourner les droits de l’homme dans le but d’être l’esclave d’un dieu et pour ne pas respecter nos lois, nos valeurs et notre démocratie, leur autorisant par la même occasion le racisme contre l'occident et dons les blancs.)
Mais les associations salafistes à but politiques, les idiots généreux, ce n’est pas tout ; en effet vous allez être étonnés en lisant ce livre de voir que les territoires cédés par la République à l'extrémisme islamique dans la précipitation et la peur d’une guerre (moralité la guerre on l’aura quand même et elle y est déjà) sont connus des renseignements intérieurs comme des politiques mais que rien ne bouge. Permettant ainsi l’enracinement de l’extrémisme.
Effectivement, Claude Moniquet montre clairement que la situation empire depuis des années et qu’elle dure depuis très très longtemps déjà, mais curieusement on remarquera que y a pas grand-chose qui change sur ces fameux territoires, aucune reconquête de nos gouvernements par exemple, aucun vrai nettoyage. D’ailleurs  pourquoi ont-ils laissé cette chose-là s’installer sans problème ? Ca n’aurait pas été plus simple d’empêcher la graine de germer sur nos territoires afin d’éviter la contamination et les dégâts actuels ? Surtout que c’était faisable de deviner ce qui allait arriver vu que les salafistes ont eu la gentillesse de les prévenir avant de leur plan de conquête de l'Europe.

Alors oui y a eu des opérations, ils ont empêché des attentats, ont aussi échoué par manque de moyen et d’efficacité de la hiérarchie (autres points anormaux), mais ces opérations de petites envergures ne font pas grand mal au salafisme et à son idéologie terroriste, et je pense qu’elles ne feront pas grand mal tant que les gouvernements n’adopteront pas un appareil judiciaire efficace et une mentalité de guerre.
Pour moi tant que les états occidentaux n’agiront pas de manière ferme, en cessant d’être timoré face à une religion de conquête par les armes et le prosélytisme, en cessant d’être des idiots utiles, en cessant de se coucher devant les revendications extrémistes (et ce point est partagé par l’auteur) et en cessant de laisser impunies ces revendications, rien de ce qu’on fera sera utile, car tous ces défauts servent l’idéologie extrémiste. Oui. Notre faiblesse c’est leur force.

Alors, beaucoup disent que se montrer ferme avec les musulmans attirera des ennuis (on la revue récemment avec le burkini), car encore une fois les intégristes trouveront un prétexte pour les faire passer pour des victimes de nos sociétés - et eux sont assez dans leur délire victimaire pour y croire - mais même si ça ne plaît pas aux intégristes de tout poil, je pense que ce n'est pas une raison pour ne pas se montrer ferme avec eux. Car plier devant cette peur de déplaire et donc de s'attirer des ennuis, que l'on a déjà au demeurant, c'est plier devant Daech et accepter qu'ils appliquent leur politique ici. Et de plus je suis intimement persuadée qu’on risque plus à ne rien faire qu’à laisser faire. Des morts y en aura dans tous les cas de toute manière.

Bref. Beaucoup de points dans ce livre laissent montrer que les gouvernements n’ont pas encore compris l’état d’urgence dans lequel nos pays se trouvent face à l’ennemi extérieur et intérieur (et bien installé). Ils agissent toujours comme si on était toujours en paix, et comme si rien n’avait changé, que le vieux modèle de la tolérance poussé jusqu’à l’absurde (surtout qu’ils ne s’arrêteront pas de revendiquer) et le dialogue pouvaient encore tout arranger. Bon OK j'exagère ils ont rajouté les bombes, mais... là-bas pas ici.

En plus de ce triste descriptif de l'état actuel de notre reconquête de la liberté et de la paix, que les portraits des djihadistes complètent car ils montrent le système de fonctionnement de nos services de renseignement, l’auteur va aussi aborder le sort des femmes (et ça me fait mal au fion d’appeler ces choses des femmes) fascinées par l’intégrisme islamiste et qui partent là bas, en montrant ce qui les attend. (Et je ne vais pas les plaindre.)
En plus de cela, il va expliquer que le terrorisme n’est pas mort le 11 septembre 2001, au contraire cette date a su donner un nouveau souffle et des bases aux terrorismes, et enfin pour finir l’auteur va aborder dans une partie très intéressant le mode de fonctionnement politique et de communication employé par l’EL et même Al-Qaïda. Ce qui permet de comprendre pourquoi des idiots décérébrés non répugnés par la violence crasse les rejoignent et y restent.
Et enfin à la fin (parce que je vais arrêter-là) il proposera des solutions pour mieux combattre le terrorisme comme le rétablissement des valeurs, le durcissement des lois, le concept de résilience pour mieux se battre, etc.

Bref, je n'ai pas tout raconté mais c’était une lecture très intéressante et que je conseille pour savoir ce qui se joue actuellement, et désolée si encore une fois j’ai débordé avec mes opinions. Je ne sais jamais m'en tenir à ce que je lis avec ce genre de livre.

Merci aux éditions Jourdan.

 

Extraits :

« Ignorants de la laïcité parce que leur religion se confond avec la loi et structure l’Etat, les musulmans se sont en général également montrés hostiles  à son importation ou à son imposition par l’Occident. »

« Comme les trotskystes l’avaient fait dans la gauche et les appareils d’Etat occidentaux, entre les années 50 et les années 70, les Frères musulmans se sont fait une spécialité de la pratique de « l’entérisme » : la confrérie est longtemps restée occulte, voire secrète, mais ses membres tentaient de prendre le contrôle des organisations caritatives ou culturelles et, dans les pays dans lesquels ils existent, des organes de représentation du culte musulman. Le mouvement acquiert ainsi une influence réelle sans aucune mesure avec son importance numérique et est à même de peser lourdement dans l’existence des communautés musulmanes en Europe. Tactiquement, les Frères, sous couvert de légalisme (en Europe, ils condamnent officiellement le terrorisme), entretiennent ou suscitent les conflits qui permettent d’unifier et de souder les communautés musulmanes et de les radicaliser. Ainsi, c’est sans surprise qu’on les retrouve un peu partout, depuis des années, en première ligne dans le combat pour la défense du voile islamique. » (Un simple bout de tissus vous dites ? Croyez-vous que les Frères musulmans (et autre comme le CCIF et j'en passe) pousseraient au cul si ça ne servirait par leur cause ? D'ailleurs souvenez-vous en 1989 l'affaire du voile islamique mettez déjà en cause l'intégrisme, mais on a dit que ce n'était rien, sauf que depuis le bout de tissus s'est agrandi... Hijab, burka, burkini).

« Quand on bombarde l’Etat Islamique, on tue des djihadistes. Parmi eux, il y a des Européens. Et c’est une excellente nouvelle, car ceux qui ne reviendront pas ne commettront pas d’attentats en Europe. Morte la bête, morte le venin ! A ceux qui s’en offusqueront de cette idée, je ferai simplement remarquer que personne n’a été forcé de se rendre en Syrie ou ailleurs pour participer au djihad et aux multiples crimes commis en son nom. Ceux qui sont partis l’ont fait de leur plein gré. A eux d’en assumer les conséquences. »

"La première chose à faire est, clairement, de défendre nos valeurs.
Je ne veux pas, ici, entrer dans une stérile polémique ni même prétendre que les « valeurs européennes » seraient supérieurs à d’autres. Je constaterai seulement que ce socle de références éthiques, philosophiques et politiques dans lequel nous nous reconnaissons a permis la naissance d’un système qui, pour imparfait qu’il soit, est le seul au monde à garantir à la fois le fonctionnement relativement équilibré de la société et les droits individuels.

 [...]

L’immense majorité des musulmans d’Europe, d’ailleurs se conforme à notre mode de vie. (là j’émets quand même des gros doutes). Or que voyons-nous : depuis 20 ans, les milieux islamistes mènent une offensive en règle  contre notre mode de vie. Des revendications communautarisme se sont multipliées : port du voile islamique dans l’entreprise ou l’administration, demande d’ouverture de salles de prières dans les mêmes lieux, remise en question de la liberté d’expression (avec, par exemple la volonté de faire passer des « lois contre le blasphème » qui nous feraient régresser de plusieurs siècles), demande d’une alimentation différenciée dans les cantines, remise en cause de la mixité, refus de travailler  avec des personnes de sexe différent, remise en cause des programmes scolaires (sur l’évolution, l’histoire, l’éducation sexuelle…).  Chaque jour apporte de trop nombreux exemples de ce néfaste activisme. Extrémistes parmi les extrémistes, les salafistes eux, n’hésitent plus, depuis longtemps, à rependre leur haine des juifs, des chrétiens, haine des homosexuels…  Or, trop souvent […], nous cédons. Dans trop de pays, on compose, on tergiverse, on faiblit et on finit par accepter l’inacceptable. Ou par fermer les yeux. Comment pouvons-nous, dans le même temps, accorder le droit du mariage aux homosexuels et consentir à ce que des établissements publics aient des horaires différents pour les hommes et pour les femmes ? Cette faiblesse encourage l’extrémisme. Chaque avancée est, pour les salafistes et leurs alliés une étape vers d’autres revendications qui, à court terme, sapent le « vivre-ensemble ». Notre faiblesse alimente cette offensive et lui permet de séduire les fanges de plus en plus larges des communautés musulmanes d’Europe. En témoignent notamment quelques études universitaires, malheureusement trop rares parce que politiquement peu correctes.

Cette schizophrénie doit cesser et il est temps de camper fermement sur nos valeurs. Ceux qui ne s’y reconnaissent pas n’ont qu’à aller vivre sous d’autres cieux."