Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

15 janvier 2015

"Le coran"

"Le coran" (lu fin 2014 dans ma biblio depuis 2012)

coran

Mon avis :

Vite fait ce que j'ai pensé du Coran : c'est chiant à lire, de plus je ne supporte pas l'orgueil qui ressort de ce livre, et qui peut être résumé ainsi : MOI meilleur que toi. Sincèrement, après lecture j'ai remarqué que l'Islam est une religion prétentieuse qui n'admet pas la critique. 

Plus sérieusement, déjà ne comprends pas que l'on entend dire que c'est une religion de paix et de miséricorde.

De paix, parce que le djiah est prêché dedans, il est en effet pas rare de voir écrit "combattez pour le chemin de dieu" ou de voir des versets comme le verset 5 de la sourate 9 où s'est marqué "Une fois que les mois sacrés ont pris fin, tuez les associateurs partout où vous les trouvez..." (Sauf s'ils viennent à la fois islamique). Et de miséricorde, parce que seul sont concernés par la miséricorde les bons croyants musulmans -et j'insite sur bon- pour tous les autres, associateurs, négateurs, idolâtres, mécréants, juifs, le feu les attend, les 1000 tourments de l'enfer aussi. 

Alors c'est peut-être moi qui exagère, mais vous y voyez du bien là ? Bien sûr par moment - et je serais mauvaise langue de ne pas le dire - il est marqué, que n'importe qui peut croire à ce qu'il veut, mais comme c'est très très très minime par rapport à la condamnation de ceux qui ont mécru (parce que ça c'est constamment répété), autant dire que ça passe complètement à la trappe. Sérieusement on n'y fait plus gaffe, en tout cas pour ma part - et je pense que ça doit être le cas de beaucoup.
Bien sûr je sais qu'il faut remettre ces paroles dans le contexte de l'époque, d'ailleurs moulte musulmans le disent - alors qu'eux-mêmes pratiquent encore la mentalité arriéré de ce livre et d'autres...-, mais malgré ces belles paroles on ne peut pas pour autant ignorer qu'un message ne s'arrête jamais au contexte. Un message traverse les siècles, et il suffit de voir pour s'en convaincre toutes ces philosophies qui ont traversé les siècles alors que l'époque n'est plus la même. Il suffit aussi de voir leur problème a accepter l'idée de la liberté humaine, ou encore celle de l'égalité homme-femme, pour voir qu'un message ne s'arrête pas à une époque.

Ensuite, autre chose qui m'a énervée dans ce livre, ce sont les notes en bas de page. Elles m'ont parfois été nécessaires pour éclairer certains points sur le contexte et d'autres choses (d'ailleurs la définition du jihad m'a fait faire un bon de 10 mètres, car c'est marqué que ce n'est pas un acte fanatique ni impérialiste mais un acte de défense, alors que la défense des exemples rejoint clairement l'idée l'impérialiste cité avant...), mais par contre celles qui font passer le coran pour un livre scientifique c'est juste comique et énervant, car elles sont un doigt en l'air dressé au bon sens le plus basique et à l'histoire de la science.
Sur ce dernier point il y a beaucoup de chose qui m'ont choquée, comme par exemple le fait que les traducteurs osent affirmer que la science hellénistique n'était pas basée sur des constations réelles - ce qui est bien sûr faux, même s'il y a eu dans le lot des erreurs comme avec par exemple Ptolémée que musulmans et européens ont continué à suivre pendant longtemps -, ou encore le fait qu'ils tournent des versets à la lumière de la science actuelle, - un peu comme avec ces prophéties de Nostradamus où on se dit il a voulu dire ça une fois les évènements passés, alors qu'en faisant ça je pense qu'ils sortent juste les versets de leur contexte initial.
Bref ! Comme vous le voyez elles racontaient souvent n'importe quoi, notamment sur l'histoire des découvertes mais je ne vais pas parler de tout. 

Pour le sens général du livre maintenant, je me suis rendu compte dans premier temps que dieu est toujours aussi sadique, on avait déjà eu l'exemple avec l'épisode de l'Arche, Job..., ben là ça ne s'arrange pas, il n'hésite pas à tuer ; ensuite, dans un second temps je me suis vite rendu compte aussi que c'est un livre qui a instauré des codes de vie, ce qui fait qu'on comprend assez vite pourquoi aujourd'hui cette religion bloque avec nos gouvernements laïques et nos démocraties ; et honnêtement à la lumière de ce que j'ai lu, je ne pense pas qu'on puisse faire entendre les deux, à moins que les croyants (même ceux qu'on appelle modérés) prennent énormément de distance avec leur religion, et qu'ils acceptent aussi de ne plus être les esclaves de Dieu. Mais là on peut toujours rêver.

Oui j'ai bien dit : "les esclaves", ici dieu est le seigneur et maître, et il faut lui être entièrement soumis. Le libre arbitre existe bien sûr, mais que dans les limites instaurées dans le livre, après c'est à vos risques et périls. Ce qui au final me rend juste folle de rage, parce que je ne comprends pas qu'on puisse vouloir être esclave d'un dieu, et qu'on ait besoin d'un livre pour dicter notre conduite par peur d'un supposé châtiment divin. C'est ridicule, et on peut sérieusement s'intérroger sur la véritable nature de ces gens-là. Sont-ils à ce point-là mauvais qu'ils ont besoin d'un livre ? Sont-ils à ce point là peureux qu'ils ont peur de la liberté ?... (Et là je parle pour tous les croyants et de n'importe quelle religion.)

En résumé j'avais dit que je faisais court et je n'ai pas fait court. Mais pour voir si ces notes un peu foireuses, cet esprit de soumission, viennent seulement de ma traduction, je vais tenter une autre traduction du coran pour voir, Denise Masson peur-être celle de Jacques Berque sinon (si c'est bien une traduction ?). Mais si ça vient que du coran que j'ai (mais je ne pense pas), il y a du souci à se faire, car d'une part des croyants l'ont probablement chez eux, et d'autre part parce qu'il est souvent recommandé par les musulmans pratiquants.

Néanmoins, cette relecture je ne vais pas la faire dans l'immédiat, car pour commencer je vais lire d'autres livres en rapport avec cette religion, ensuite parce que c'est chiant à lire - ce n'est qu'une suite de petite phrase, non un vrai texte -, et pour finir parce que je veux lire la Bible avant vu que l'islam descend des deux autres religions qui sont dans ce livre. En tout cas sur la Bible j'espère ne pas voir tout ce que j'ai critiqué dans le Coran, car je vais officiellement péter une durite. Faut dire ce qui est, c'est que même si on est curieux, c'est chiant à lire quand on ne croit absolument pas en dieu.

Renseignement : Coran Français / Arabe. Traduction de Salah Ed-Dine Kechrid, selon plusieurs commentaires qui vont du Xème siècle à l'époque moderne (enfin je pense car à part le X ème siècle je n'ai pas d'autres dates).

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03 janvier 2015

"Le langage secret des lieux sacrés : des églises et des cathédrales" de Richard Stemp

"Le langage secret des lieux sacrés : des églises et des cathédrales" de Richard Stemp

le langage secret des églises et cathédrales

Résumé :

Découvrez les symboles et le sens qui se cachent dans la structure et les détails ornementaux des plus beaux édifices sacrés du monde.
Qui est le personnage représenté sur ce vitrail ? Quelle est la signification de ces motifs géométriques ? Pourquoi ces sculptures d'animaux terrifiants au milieu de tant de beauté ? Selon quel dessein la hauteur et la lumière furent-elles exploitées dans la nef ? Pourquoi un pélican pour rehausser ce lutrin ou un feuillage élaboré pour coiffer cas piliers ? Au Moyen Age, la mise en scène de ces symboles s'adressait à une population largement illettrée qui pouvait ainsi "lire" les récits dissimulés dans les églises et les cathédrales. Véritables supports d'éducation religieuse, ces lieux étaient un spectacle tel qu'ils savaient à la fois éblouir les croyants et nourrir leur âme. Pour nos contemporains, les édifices sacrés se réduisent souvent au génie de leur architecture. C'est précisément leur dimension spirituelle que cet ouvrage entend réhabiliter.
Le Langage secret des églises et des cathédrales offre des dés pour apprécier à leur juste valeur l'architecture, l'agencement et la décoration des lieux de culte chrétiens, et mettre en lumière leur signification sacrée. Pour les amateurs de symboles curieux de comprendre le sens caché de l'architecture religieuse, et pour tous ceux qui souhaiteraient pouvoir apprécier l'art chrétien à la lumière de ses secrets dévoilés, cet ouvrage richement illustré se révélera aussi instructif que passionnant.

° Un décryptage du symbolisme utilisé dans les églises et les cathédrales pour exprimer les différents aspects de la foi ;
° Une initiation au sens sacré de la structure, du mobilier et de la décoration des lieux de culte chrétiens ;
° Une exploration des édifices emblématiques du christianisme Notre-Dame de Paris, Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul à Londres, la Sagrada Familia à Barcelone ;
° Un éclairage sur l'histoire de l'architecture chrétienne depuis les premières basiliques jusqu'aux oeuvres contemporaines.

Mon avis :

C’est le même genre de livre que celui sur les lieux sacrés, sauf que là s’est consacré aux églises, cathédrales et autres lieux chrétiens.

Ici comme dans les lieux sacrés, l’auteur va par de magnifiques photos et des schémas nous aider à mieux déchiffrer les églises et autres bâtiments, mais aussi par extension à mieux comprendre le christianisme puisque ce livre d’architecture va aborder la religion et sa symbolique aussi. Du sol au plafond, du narthex au cœur, des jeux de lumière jusqu’aux peintures, absolument tout va être abordé ici, en étant de surcroît magnifiquement illustré et expliqué par des photos (qui viennent majoritairement d’Europe d’ailleurs), afin que le lecteur ne se perde pas.

A côté de ça, ce qui est géniale, c’est que ce n’est pas qu’un livre qui parle de l’histoire chrétienne et de ses bâtiments.

En effet, à travers les constructions religieuses on retrouve l’Histoire avec un grand H, puisque cette religion (comme nombres d’autres religions) a marqué l’histoire et a forgé la politique de beaucoup de pays. Alors bien sûr ce n’est pas ce qui est mis le plus en avant ici, l’auteur survolant surtout quelques moments clés de cette dernière pour situer les changements, mais c'est bon à prendre malgré tout. 

Au final, mélangeant art, histoire et religion, ce livre est intéressant à lire car le lecteur va traverser sans peine les siècles du christianisme, tout en apprenant de ses symboles.

Extrait : Les bibliothèques étaient indissociables des monastères. Dans ces lieux voués à la prière et à la contemplation, la quête de la vérité était essentielle. Religieux et religieuses étudiaient donc les textes chrétiens, mais aussi profanes, afin de pouvoir en débattre. Les monastères préservèrent les précieux manuscrits anciens durant le Moyen-Âge, et quand les humanistes de la Renaissance s'intéressèrent aux écrits classiques, ils se tournèrent vers les moines pour les retrouver. Plusieurs bibliothèques sont toujours fréquentées par les chercheurs et parfois ouvertes au public. C'est notamment le cas à la Biblioteca Laurenziana de San Lorenzo, à Florence. [...] Page 64.

J'ai voulu mettre des photos du livres, mais je n'en ai pas trouvé sur le net. Désolée.

28 décembre 2014

"Le royaume" d'Emmanuel Carrère

"Le royaume" d'Emmanuel Carrère

le royaume Carrère

Quatrième couverture :

A un moment de ma vie, j'ai été chrétien. Cela a duré trois ans, c'est passé.

Affaire classée alors? Il faut qu'elle ne le soit pas tout à fait pour que, vingt ans plus tard, j'aie éprouvé le besoin d'y revenir.

Ces chemins du Nouveau Testament que j'ai autrefois parcourus en croyant, je les parcours aujourd'hui - en romancier? en historien?

Disons en enquêteur.

Mon avis :

J’ai fini ce livre hier, et je me rends compte qu’il va être difficile d’en faire un avis. En fait je ne sais pas trop par où commencer, ni où l’auteur veut en venir exactement.

 

Ce livre est un récit qui se situe entre l’histoire et le roman, l’auteur s’amusant à écrire d’une autre manière les balbutiements du christianisme et l’histoire autour, c’est aussi un livre qui lui permet de se raconter, il dit qu’il a été chrétien et qu’il ne l’est plus. Soit. Dans les faits je n’ai rien contre tout ça, surtout qu’Emmanuel Carrère s’est montré très érudit pour aborder ce sujet. Mais ce que je ne comprends pas dans cette démarche, c’est le rapport entre les deux.

Qui peut me dire le rapport entre la foi, la perte de cette dernière, et le fait de décortiquer les textes religieux chrétiens ? Qui ?

Personnellement, je me dis que s’il voulait décortiquer ces textes (ce qu’il a fait et c’était son but comme il le rappelle à la page 405) et les expliquer de son point de vue, il n’avait pas besoin d’exposer sa période bigote -avec d’innombrables digressions pas toujours utiles-, même si ses carnets lui ont servi de base. (Surtout que finalement je n’ai pas trouvé que cette période-là lui ait énormément servi pour éplucher les textes, mais bon.)

Vraiment, ça c’est le point qui fait que je ne comprends pas trop où l’auteur veut en venir avec ce livre, surtout qu’à la fin il nous met bien en avant le summum de la bonté chrétienne et l’apogée du kitsch chrétien, alors qu’il a passé X page à aller contre cette religion. A démontrer que les écritures se contrarient, la stupidité de cette croyance qui veut qu’un jour un homme soit revenu d’entre les morts, et l‘absurdité de ce message chrétien qui est hors-norme et pas humain. Il ne manque pas de faire allusion à d’autres courants de pensée pour dire qu’il n’est pas d’accord avec la voix qu’emprunte le christianisme.

D’accord le passage de la fin montre comment cette religion a forgé des hommes, comment elle a ouvert l’amour de l’autre à des gens, il sert à montrer l’héritage de cette religion, mais qu’est-ce qu’il est allé faire là-dedans alors qu’il en est éloigné ? Il passe une plombe à dire que ça ne le concerne plus, mais il va quand même. Là je ne comprends pas, et de ce fait je ne comprends pas le but de ce livre. Où l'auteur veut-il en venir ? Telle est la question.

 

A côté de ça, qui est vraiment le gros point qui me gêne pour piger le but réel de ce livre, j’avoue que le reste est fort intéressant. C’est une version de l’histoire, des histoires, qui a le mérite d’exister. Ce que j’apprécie particulièrement dans cette démarche, c’est qu’en plus l’auteur dit clairement que sa version est du domaine du possible mais pas la seule valable. Néanmoins, le hic dans ce grand récit qui est raconté avec beaucoup de talent, qui a la méthode de l’historien et le scepticisme nécessaire, c’est que très vite les lecteurs lambda, qui s’y connaissent un tout petit peu (comme moi) ou pas (comme d’autre), peuvent être vite perdus dans ce monceau de personnage et de scène. Surtout que par moment c’est assez difficile de s’y retrouver au milieu des hors-sujets.

Cependant et malgré cela, j’ai énormément apprécié lire ce livre, le découvrir, parce que même si les sujets entre la vie de l’auteur et le christianisme sont mal accordés, les deux n’ont pas été inintéressants pour autant, même si sur la fin ça fait un peu long.

De plus, lire ce livre confirme un peu plus ce que je pensais du christianisme, que c’est une religion terriblement perchée (comme beaucoup d’autres il est vrai), qui fait l’apologie de l'exclu, du malheur et du malheureux, et que par conséquent -de mon point de vue toujours- elle est un peu à côté de la plaque et bébête. J’avoue que beaucoup de choses dans le christianisme me paraissent stupides et me donnent envie de vomir -désolée si je choque-, vu que je pars du principe qu’il faut mettre des limites à tout pour que l'équilibre soit, ce que ne fait pas cette religion qui va dans les extrêmes. Par exemple je pense qu’on ne peut pas être éternellement charitable si on veut que les choses fonctionnent correctement, tout comme on ne peut pas pardonner éternellement pour cette même raison. Je pense aussi qu'on ne peut pas aimer tout le monde, tout comme on ne peut pas vivre à fond dans une chimère pour vivre bien dans ce monde. Bref. Ce n'était sûrement pas le but de ce livre, mais pour moi il confirme que cette religion, que les véritables religions ne vont pas avec le bon sens.

En résumé c'est un livre fort intéressant, mais hélas un peu fourre-tout, qui pour moi n'a pas de but réel, ce qu fait cruellement défaut pour comprendre cette démarche d'écrivain.

 

Lu dans le cadre du match de la rentrée littéraire Priceminister.

27 novembre 2014

"Le langage secret des lieux sacrés : Décrypter les églises, les temples, les mosquées et autres lieux de culte de par le monde"

"Le langage secret des lieux sacrés : Décrypter les églises, les temples, les mosquées et autres lieux de culte de par le monde" de Jon Cannon

le langage secret des lieux sacrés

Résumé :

Qu'est-ce qui différencie un temple hindou d'un temple bouddhique ? Pourquoi une église ressemble-t-elle à une synagogue ou à une mosquée La disposition et la forme des espaces ont-elles une signification ? Découvrez les symboles et le sens de l'architecture des plus magnifiques édifices sacrés du monde Le Langage secret des lieux sacrés interprète le sens des édifices religieux les plus célèbres à partir du contexte historique et de la manière dont leurs bâtisseurs les adaptèrent à leur foi. Ce magnifique livre de référence passe en revue les monuments associés aux grandes religions actuelles - judaïsme, christianisme, islam, bouddhisme, hindouisme - tout en abordant quelques grands sites de la préhistoire et de l'Antiquité, dont Avebury et l'Acropole. L'ouvrage est illustré par de superbes photographies en couleurs et des doubles pages originales détaillant le "décryptage" d'une oeuvre particulière.

Mon avis :

Ce livre n’est probablement pas exhaustif en la matière, mais il décente bien le sujet, puisque de l’antiquité avec ses premières constructions, jusqu’à l’époque moderne, il va retracer l’histoire de l’architecture des lieux saints. En choisissant néanmoins les courants de pensées et les religions les plus habituels et les plus importants, car ce sont eux qui ont marqué le plus l’histoire de l’humanité.

 

Toutefois il ne faut pas croire que même amputé des autres courants spirituels ce livre est médiocre, loin de là d’ailleurs, puisque malgré ce manque l’auteur va arriver à montrer diverses choses importantes dans ce domaine, comme les influences d’un courant spirituel à l’autre, par exemple l’art maya mélangé à l’art chrétien, l’art gréco-bouddhiste ; les bases communes de l’architecture, les diverses constructions de l’antiquité restant avec ses coupoles, ses mosaïques, ses frontons… les bases principales en architecture malgré quelques créations par la suite ; ainsi que l’importance des lieux dans la conception de ces bâtiments. En effet il faut savoir que les montagnes, les fleuves, les étoiles, les superstitions, n’étaient jamais étrangères à la construction d’un bâtiment sacré, c’était même la première chose qui comptait. Mais d’autres paramètres rentraient en compte, et l’auteur va les expliquer.

Pour n'en citer qu'un, il va par exemple démontrer l’importance de ces bâtiments dans l’histoire. Ce qu’ils représentaient, ou représentent encore aujourd’hui, mais aussi leur utilité. Certes ils sont là pour dieu, pour affirmer et pratiquer un culte ou une philosophie, mais pas que. En effet il faut savoir que ces constructions servaient aussi à unir les peuples sous une même bannière -pour instaurer une certaine stabilité politique -, mais aussi et très souvent à affirmer le pouvoir du dirigeant et montrer la divinité de sa personne et de son pouvoir, ce qui, à la lumière de ce livre, aide à comprendre pourquoi tant de construction et l’importance de ces dernières dans l’histoire.  

 

Ensuite, autre atout du livre, c'est qu'en plus de décrire l'architecture, l'évolution des constructions, c'est qu'il aide aussi à la compréhension des monuments sacrés et des images qui les composent. En effet l’auteur va resituer en parallèle au contexte temporel, le contexte sacré. Ce qui est certes un peu normal mais très bien en soi, car en replaçant ainsi les bases du culte en même temps que le contexte matériel, le lecteur athée ou non pratiquant va comprendre ce qu’il lit et voit. Ce qui de mon point de vu est très bien, car par cette dimension ce bouquin montre qu'il s'adresse à tout le monde. Les livres, les légendes, ayant fortement influencé les images mais aussi les constructions, il serait un peu bête de lire ce genre d'ouvrage sans quelques connaissances, faut bien le dire.  

 

Néanmoins j’ai trouvé un défaut à ce livre, malgré les magnifiques photos et les descriptions, je trouve qu’il manque de schéma pour expliquer les différentes formes que l’architecture a pris. Un dessin pour expliquer ce qu’est l’arc outrepassé apparu au 5ème siècle ou pour expliquer la présentation d’un lieu, aurait été la bienvenue pour le néophyte, car parfois le texte était un peu dur à suivre dans le monceau de description. Là, j'avoue que j'ai relu plusieurs fois certains passages afin de bien comprendre.

Mais malgré ça, et comme dans Le langage secret des églises et des cathédrales, j'ai passé un agréable moment de lecture. Ce livre a été très enrichissant et je conseille à tous les curieux d’histoire, d’art, d’architecture, de spiritualité.

Merci aux éditions Prisma.

 

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07 novembre 2014

"Les hérétiques au Moyen-Âge ; Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ?" de André Vauchez

"Les hérétiques au Moyen-Âge ; Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ?" de André Vauchez

les hérétiques au moyen âge

Résumé :

An mille : les hérésies ne touchent qu'un nombre limité de personnes, appartenant à l'élite culturelle et sociale. Deux siècles plus tard, elles sont devenues de puissants mouvements contestataires qui remettent en cause l'emprise du clergé catholique. De l'Allemagne rhénane à l'Italie centrale et à l'Espagne du Nord en passant par le Languedoc, de nombreuses régions de la chrétienté sont alors "gangrenées" - pour reprendre le vocabulaire des textes pontificaux de l'époque - par diverses formes de dissidence religieuse : Cathares, Vaudois, Patarins... Un défi lancé à la papauté qui les condamne comme des hérésies et les combat par l'intermédiaire de l'Inquisition et des ordres mendiants (Dominicains et Franciscains) à partir de 1231. Aux XIVe et XVe siècles, les accusations d'hérésie se multiplient et visent désormais tous ceux qui désobéissent à l'Eglise ou s'opposent à son autorité, y compris dans le domaine temporel. Le cercle des poursuites ne cesse de s'élargir et l'on finit par considérer comme des hérétiques des hommes et des femmes dont le seul tort était de dénoncer publiquement les abus du clergé et les dérives autoritaires de la hiérarchie ecclésiastique. Une grande oeuvre sur ces prétendus "Suppôts de Satan".

Mon avis :

Suppôts de Satan ou chrétiens dissidents ? Assurément dissidents, quelques sorcières et jeteurs de sort aussi, mais ça c’était pour plus tard, et l’auteur ne s’attarde pas vraiment dessus. Alors pour être franche je n’ai pas tout retenu de cette lecture, parce que je ne vous cache pas qu’il faut bien être dedans pour le lire et j’ai d’ailleurs lu plusieurs fois quelques passages pour bien situer, mais malgré ça j’ai découvert beaucoup de choses intéressantes. En fait, je n’aurais jamais pensé un jour voir cette question sous cet angle-là, pour moi les hérétiques c’était les sorcières, les devins, les sataniques, mais aucunement des gens qui d’un point de vu spirituel voulait revenir à quelque chose de plus sincère, souvent à un mode de vie plus apostolique. Dans ma tête c’était même plutôt tant mieux pour l’église ces gens-là, mais visiblement non. Je suis sans doute un peu naïve…

Bon, je me doutais bien que ces différents courants religieux, - enfin pour ceux que je connaissais- qui se voulaient tous plus proche de Dieu que les voisins, n’étaient pas tous la bienvenus au sein de l’église. C’est connu l’église ne laisse pas si facilement sa place, et l’histoire nous a montré que ses privilèges, qu’ils soient matériels et spirituels, elle y tenait fermement, mais je ne pensais pas qu’ils étaient quand même à ce point honnis, alors que leur but était toujours Dieu finalement. Enfin pour ceux qui étaient réellement « hérétiques », parce que c’était aussi l’appellation idéale pour se débarrasser de ses ennemis. Enfin bref, comme vous le voyez l’hérésie est un problème assez complexe.

Et ce problème complexe, sur une base d’archive et notamment beaucoup d’archives italiennes, André Vauchez va donc l’expliquer. Il va expliquer le déroulement de l’hérésie au Moyen-âge ; la naissance des divers courants religieux, leurs revendications (comme le droit de prêcher), leur vision sur le pouvoir ecclésiastique (pas du tout tendre mais pas fausse), et finalement leur poursuite par le pouvoir séculier mais aussi spirituel, car avec l’hérésie est apparue l’inquisition qui était là pour combattre ces hérétiques qui remettaient en cause le pouvoir ecclésiastique.

Et avec l’inquisition l’auteur va donc donner toute la dimension à ce problème, puisqu’en parallèle au développement de l’hérésie, il a dans le même temps développé l'inquisition et son mode de fonctionnement. Il va par ailleurs rappeler que le bûcher n’était pas toujours la solution finale (sans faire de mauvais jeu de mot), avant ça il y avait les pénitences, le port de la croix sur les vêtements, etc… Sans compter qu’à côté de ça, il y avait tout un système créé pour ramener la brebis égarée sur le chemin de la rédemption. Pour ça il va parler des ordres mendiants, et de l’utilité de certain mythe comme celui de Marie d’Oignies.

Néanmoins surprise. L'auteur va aussi montrer qu'il n'était pas toujours facile pour le pouvoir de l'église, de pratiquer sa justice et d'appliquer sa loi, car ces gens que l’on disait hérétiques étaient parfois tolérés par les populations, ainsi que par le roi.

Comme je vous le disais la question de l'hérésie n'est pas des plus facile.

Enfin je ne vais pas tout vous résumer ici, mais c’est vraiment un bon livre que je conseille. André Vauchez va donner à une question oubliée aujourd’hui et idéologique dans le passé, toute la base pour bien comprendre l’hérésie au Moyen-âge, certes c’est dense à lire, mais bien concentré c’est largement faisable, et le sujet est des plus passionnants. Je conseille aux curieux de l'histoire et je sais qu'il y en a.

Merci aux éditions du CNRS.


10 juillet 2014

"L'archipel des saints" de Alain Durel

"L'archipel des saints" de Alain Durel

alain durel archipels des saints

Résumé :

À la fois récit de voyage et traité de vie spirituelle, cette odyssée en Grèce orthodoxe transporte le lecteur à Athènes, Delphes et Thessalonique, puis d’île en île (Corfou, Mytilène, Samos, Patmos, Tinos, Égine, Santorin, Eubée) sur les traces des grandes figures spirituelles du christianisme hellène. Le voyage aboutit à l’île d’Andros, dans les Cyclades, où l’on découvre la figure provocatrice et fascinante d’un fol-en-Christ, qui éclaire en retour le destin tragique et sublime de la Grèce contemporaine. Aucun ouvrage en langue française n’avait abordé la vie de ces « athlètes du cœur » sur le ton du conte initiatique. Histoire et spiritualité se côtoient dans ce récit d’aventure non dénué d’humour et de poésie, initiation à la Grèce orthodoxe et périple ensoleillé au pays d’Homère et de Seféris.

Mon avis :

Alors je peux déjà vous dire que je n’ai pas aimé ce livre. Alors je ne l’ai pas aimé, mais je n’ai pas non plus entièrement détesté.

Dans ce récit l’auteur raconte à travers ses voyages les saints orthodoxes grecques qui ont marqué ces îles. Dans ce livre la Grèce contemporaine côtoie la Grèce antique. Les paysages font rêver, les histoires et les légendes ont leur charme. Pourtant, malgré ce tableau instructif et idyllique, je dois avouer que j’en ai vite eu marre de le lire.

Premièrement parce que je ne suis pas orthodoxe et même pas croyante, et je vous jure que c’est un gros frein à cette lecture ; car la miséricorde, l’amour, le pardon, le « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », qui sont constamment répétés par l’auteur, vont vites vous taper sur le système par leur manque de lucidité sur l’espèce humaine. D’ailleurs j’avoue que parfois j’ai trouvé l’auteur un peu naïf. Désolée.

Deuxièmement parce que ce qu’il raconte n’est pas toujours intéressant, comme par exemple ses rencontres, ses sentiments, ses voyages. Ils y en avaient qui été supers intéressants et d’autres pas du tout. Ca faisait un peu une lecture en dents de scie.

Et troisièmement parce que c’est mou. On peut très bien être calme, mais quand même avoir du tonus (j’en suis la preuve), et là non c’est ennuyeux à lire, c’est mou, c’est soporifique. J’en ai lu des récits de voyage dans cet esprit-là pourtant, j’ai beaucoup lu Alexandra David-Néel qui se place dans le même registre et j’ai souvent aimé, mais là non ça n’a pas le dynamisme d’Alexandra. Ca fait trop leçon.

Pourtant je le répète, découvrir les saints orthodoxes j’ai trouvé ça super intéressant malgré le fait que je ne sois pas croyante. Ca fait découvrir une autre facette de la Grèce, c’est une autre approche, c’est amusant aussi – parce que bon le rationalisme l’emporte toujours –, mais voilà je n’ai pas accroché. Il y avait trop de chose qui me gênée. Je pense que l'auteur aurait dû s'arrêter juste à l'histoire des saints.

En résumé ce n’est pas une lecture que j’ai apprécié, mais c’est à tenter pour ceux qui veulent.

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour ce partenariat.

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12 décembre 2013

"Geneviève de Paris : Lumière d'une sainte dans un siècle obscur" de Max Gallo

"Geneviève de Paris : Lumière d'une sainte dans un siècle obscur" de Max Gallo

sainte geneviève de paris livre

Résumé :

Paris, 451. Elle avait 28 ans. Fière et dressée contre les Huns, par sa force de conviction, son courage et sa détermination, elle parvint à éviter que Paris ne soit détruite par Attila. Ce fut elle aussi qui contribua à la conversion au christianisme de Clovis, le roi des Francs. Ce fut elle toujours qui décida la construction de la basilique Saint-Denis. La sainte patronne de Paris a particulièrement inspiré Max Gallo qui lui redonne vie avec élégance et passion. L’auteur prête sa voix aux proches de Geneviève, sa mère, l’évêque Germain d’Auxerre, pour nous permettre d’être au plus près de cette femme hors du commun qui sut défier les hommes et les armées au coeur d’un Ve siècle tourmenté.

mon avis :

Voilà bien plus d’une semaine que j’ai fini ce livre, et je me souviens qu’à l’instant où je l’ai fini je me suis demandé si le mot « sainte » n’était pas un peu exagéré…

Le livre en soi est très intéressant, mais très franchement la légende n’était pas à la hauteur de ce que j’avais imaginée. Au vu du résumé, je m’attendais à un genre de Jeanne d’Arc les armes en moins, c’est-à-dire une femme plutôt bonne stratège à défaut d’être guerrière, et non, pas du tout. Je me suis retrouvée devant une pure bigote qui pense que prier peut faire des miracles... Bon sang, ça n'existe pas des saints ou saintes avec deux sous de jugeote ? En plus, entre ce qu’elle a fait ou dit, j'ai trouvé qu'il n'y avait absolument rien de fantastique ou de divin, et ce quel que soit la version de la légende.
Car en effet il faut savoir qu’il existe plusieurs variantes de cette légende, celle qui dit qu’elle aurait sauvé Paris en empêchant les gens de partir et en disant qu'Atilla ne marcherait pas sur Lutèce, et en effet par un coup du hasard Attila n’est pas venu. (Version que l’auteur a choisie.)
Celle qui dit qu’elle aurait prévenu Attila d’une épidémie de choléra, ou encore cette autre version qui dit qu’Attila n’avait juste pas l’intention d’envahir Lutèce dans l’immédiat. Ce qui dans tous les cas, enlève du charme au plus gros de la légende, surtout dans la dernière version…  Et en fait c’est vraiment ça qui m’a déçu, j’ai trouvé le cœur de cette légende complètement vide par rapport à ce que laissé entendre le résumé. Pour moi cette Geneviève a été un peu trop portée aux nues par l’époque.

Néanmoins et malgré cela, le livre est très intéressant à lire. Que la légende plaise ou pas, elle fait partie de la légende de Paris et de la France, ce qui pour la passionnée d’histoire que je suis convient très bien. En plus faut bien admettre que malgré sa bigoterie cette fille avait un fort tempérament, par exemple elle n’a pas hésité à s’opposer à Childéric 1er qui siégé Paris et à forcer le blocus pour nourrir les parisiens que ce dernier affamé, ce qui faut le dire efface un peu le vide de la légende.

Après pour plus de détail sur Sainte Geneviève, je vous conseille premièrement de lire ce livre, il est court et reste une bonne base, surtout que Max Gallo en plus d’être un écrivain sérieux possède une très belle écriture (ce n’est pas le premier livre que je lis de cet auteur), et ensuite pour le reste de la légende je vous conseille de faire une petite recherche sur Internet. Car tout n’est pas dit ici, l’auteur faisant parler un contemporain de Geneviève, il n’est guère allé au-delà, mais pourtant tout ne s’arrête pas avec sa mort. Par exemple dans une autre bataille où les Normands envahissaient Paris, on a déplacé la châsse de Sainte Geneviève pour redonner courage aux combattants, et à la période de la révolution en 1793, les révolutionnaires (qui n’ont encore une fois pas pu s’empêcher de tout détruire), ont brûlé ses restes. Bon après qu’ils aient décidé de faire du Panthéon le lieu pour honorer les Femmes (oui je sais cela vient après) et Hommes de la patrie, et non l’église pour la châsse de Geneviève, ma foi ça, ça ne me dérange pas. Il en faut bien pour tout le monde.

En résumé et même si une partie de la légende peut être décevante, disons pas à la hauteur de ce qu'on peut attendre, j’ai malgré tout pris beaucoup de plaisir à lire ce livre car c’est de l’histoire et visiblement une histoire qui a marqué la France.

Merci à XO éditions.

Voici un lien si vous voulez en savoir un peu plus. http://www.paris.catholique.fr/652-Sainte-Genevieve.html

02 décembre 2013

"Le roman de Jérusalem" de Tania Velmans

"Le roman de Jérusalem" de Tania Velmans

le roman de jérusalem

Résumé :

Jérusalem ! S’agit-il uniquement d’une ville ou est-ce aussi un mythe, un rêve où se confondent passé et présent, où se sont croisés des destins d’hommes hors normes, tel Moïse qui parla avec l’Eternel et Jésus qui devint le Christ ? Ne doit-on pas penser également à Jérusalem comme à un nœud qui réunit les fils conducteurs de trois religions et de nombreuses sectes, toutes soucieuses d’entrevoir ce qui éternellement se dérobe à l’homme ?
Ce mystère, les Hébreux ont cru le toucher du doigt, par l’intermédiaire du Temple qui abritait l’Arche de l’Alliance et avait sellé le pacte d’un peuple avec Dieu. Mais de part et d’autre les promesses ne furent pas tenues. Depuis deux mille ans les Juifs pleurent la destruction de ces saintes reliques en s’inclinant devant un mur demeuré intacte et dont les pierres, taillées avec une précision d’orfèvre, s’étaient laissées dorer par le temps.

Mon avis :

J’ai découvert cette collection avec Le Roman de la Pologne de Beata de Robien, et bien que celui-ci fût présenté comme un véritable livre d’histoire, Le roman de Jérusalem se présente quant à lui différemment. En effet ce livre est plus un livre d’histoire avec une touche de roman dedans. Roman qui par contre ne sert à rien, car l’auteure Tania Velmans fait réciter toute l’histoire de Jérusalem et même au-delà par ses personnages, ce qui revient au même résultat qu’un livre classique d’histoire finalement, d’ailleurs pour être franche les quelques courts passages de roman ne m’ont pas du tout intéressé, sans ça aurait été mieux. Mais de ça je m’en fous en fait, car ce livre est malgré cela génialissime à lire. Jérusalem quelle ville ! Existe-il une ville aussi importante en ce monde ? Aussi fascinante ? Vraiment je ne crois pas, riche en histoire, en architecture, vieille de plusieurs milliers d’années, cette ville qui est trois fois sainte, - car elle contient des lieux ou monuments des trois religions monothéismes (judaïsme, chrétienne, islamique) -, à tout pour attirer.

Bien sûr dans ce livre tout n’est pas dit, car il est tout bonnement impossible de tout dire en 248 pages, pourtant l’auteur a su faire un excellent tour de l’histoire de Jérusalem pour la profane que je suis. Tout d’abord sur l’histoire religieuse de cette ville, l’auteure va développer les mythes et personnages comme Salomon, Moïse ou encore Jésus, qui font tous partis des livres saints que sont la Torah, la Bible, le Coran. Alors si sur ce dernier point je n’ai fait aucune découverte, ni même spécialement sur Jésus, j’avoue que sur Salomon ou encore sur Moïse j’en ai fait des pas mal, et notamment sur la fameuse fuite d’Egypte où d’après l’histoire Moïse aurait guidé les hébreux en dehors de ce pays. En effet d’après des fouilles archéologiques qui ont eu lieu en 1970 au Sinaï, et d’après un autre rapprochement avec des bas-reliefs dans le temple d’Amon à Karnak, cette fuite n’a apparemment jamais eu lieu pour cause de forteresse. D’ailleurs en parlant de Moïse j’ai trouvé très intéressant de découvrir l’épisode du Veau d’orMoïse aurait cassé les tablettes des 10 commandements, ou encore cette ressemblance qui a entre son histoire et celle du roi Akkadien Sargon d’Akkad, à propos du nourrisson dans la rivière. Bien que celle de Sargon d’Akkad soit écrite 16 siècles après ce supposé évènement. Oui c’est marrant je visualise plutôt bien la vie de Jésus mais pas celle de Moïse. ^^ Mais outre Moïse, Jésus et compagnie, l’auteur va aussi aborder rapidement la naissance du monothéisme en Israël, qui serait apparu avec l’exil de Babylon  en 587 avant JC, car entre le 10ème et 7ème avant notre ère il y avait d’autres Dieux qui étaient vénérés, elle va encore aborder la politique de Constantin 1er  qui fut soit dit en passant un très grand constructeur, les persécutions chrétiennes que Néron a lancé, ou encore la vision qu'on avait des chrétiens dans l'antiquité. Voici un passage plutôt intéressant qui en parle :

« L’empereur Marc-Aurèle (121-180) dont la sagesse et l’humanité ont été maintes fois soulignés, note dans ses pensées qu’il trouvait absurde d’associer le singulier et l’universel, comme le faisaient les chrétiens en prêtant une double nature au Christ. Enfin, les chrétiens refusaient d’honorer les dieux de l’Empire, or, un tel refus était puni de mort, conformément à la législation en vigueur. Cette sévérité n’était pas gratuite, mais fondée sur la croyance qu’un tel rejet mettait l’Empire et la fameuse pax romana en danger à cause du courroux qu’il provoquerait dans le monde divin. D’ailleurs, les diverses calamités qui s’abattirent sur Rome au 2ème et 3ème et 4ème siècle, dont une épidémie de peste et la présence des barbares à leurs frontières, furent attribuées à la colère des dieux provoquée par les chrétiens. Mais bien avant, Néron, qui fut peut-être responsable de l’incendie dévastateur de Rome, accusait les adeptes de la nouvelle religion d’en être les auteurs. »

Ensuite un autre point que l’auteur a particulièrement bien développé c’est l’histoire architecturale et picturale de cette ville, et là première surprise ! J’étais restée au fait que les orthodoxes ne représentaient jamais les images saintes, mais apparemment l’art byzantin existe même pour la religion, du coup là j’ai appris un truc super intéressant en découvrant qu’en 843 la crise iconoclaste était finie. J’avais ce qu’on peut dire quelques trains de retard ^^.  Et heureusement que cette crise eût une fin car à travers l’art pictural des décors ecclésiaux byzantins, on a des renseignements sur des martyres mais aussi des témoignages sur les persécutions des empereurs romains et de celles perpétrées par les musulmans à l’encontre des chrétiens d’orient qui eut lieu un peu plus tard. En parlant de peinture ce passage page 199 est plutôt intéressant car il montre l’évolution de la vision de l’essence du Christ mais aussi du message biblique, jugez donc :

"C’est seulement après la victoire des iconophiles, en 843, et le rétablissement du culte des images, que le Christ apparut sur la croix les yeux fermés et les genoux fléchis, autrement dit, mort. En Occident, cette évolution iconographique eut lieu beaucoup plus tard, malgré la forte influence qu’exerçait l’art byzantin sur celui d’Italie.

-                  -     C’est aussi un tournant important dans la piété.

-         Certes, mais il ne faut pas exagérer non plus. A Byzance même, l’évolution se fit très lentement. Ce n’est qu’à partir du 12ème siècle que le corps du crucifié trahit quelque peu la souffrance, que la Vierge et saint Jean sont attristés. Auparavant ils étaient figurés comme impassibles parce qu’ils étaient supposés connaître la divinité du Christ ; ils figuraient de part et d’autre de la croix comme témoin de l’évènement. Le christianisme des premiers siècles était très porté sur le triomphe de Seigneur et sur la joie du salut. Ce n’est que plus tard qu’a commencé la rumination autour du péché, surtout en Occident d’ailleurs. […]

C’est plutôt vers le 15ème siècle que le dolorisme s'épanouit. La douleur devient une valeur, voire une vertu, et les souffrances de Jésus sont exaltées à tel point qu’elles deviennent aussi importantes que son message."

Comme je l’ai dit Tania Velmans ne s’arrête pas à la peinture elle va aussi parler de l’architecture. L’auteure va nous décrire les temples et églises à coupole et pilier, ou encore les mosquées, qui seront parfois juste des anciennes églises transformées ou des mosquées nouvelles inspirées de l’art byzantin. En passant il est dit dans ces pages que l’image des anges a été fixée depuis les victoires antiques, mais j’ai lu je ne sais plus trop où que les anges ont des ailes depuis le 4ème siècle alors qui peut me dire ce qu’il en est exactement ? Car j’avoue que j’aimerai bien savoir depuis quand les anges ont des ailes et d’où est tiré cette représentation. Oui je sais je suis hors sujet. ^^ 

Et pour finir on va bien sûr avoir droit à toutes l’histoire de Jérusalem, c’est-à-dire du commencement (ou presque) les révoltes du peuple juif (zélote), aux conquêtes de l’empire romain, en passant par les croisades chrétiennes qui étaient des reconquêtes de leur terre après que les musulmans les en aient chassés. Alors certes ça c’est un sujet qui en fâchent certains, pourtant c’est une vérité historique, - tout comme l’esclavage qui n’a pas été que l’apanage des blancs -, et du coup c’est un côté du livre que j’ai particulièrement apprécié car il a au moins le mérite de dire que les atrocités ont été commise autant par les chrétiens que par les musulmans. En effet contrairement à ce qu’on croit et lors de leurs conquêtes puis dominations, ces derniers ne se sont pas toujours montrés tendre avec les non-musulmans, loin de là ! Et sans vouloir jouer les trublions, pour moi il est important d’en parler pour qu’on arrête d’entendre des erreurs à tout bout de champs sur ce sujet, en plus c’est bien connu je déteste l’histoire qui marche à sens unique. D’ailleurs chose que j’ignorais de ces croisades ou que j’avais oublié, c’est qu’elles feront naître les Etats Latins d’Orient, où les chevaliers d’occident bâtiront des grands bâtiments.

Enfin bref en relisant mon avis je m’aperçois que je vous ai déjà bien cassé les pieds, aussi je vais m’arrêter là, mais franchement ce livre est génial, je l’ai vraiment adoré et je sais que c’est un livre que je prendrai plaisir à relire. Alors si l’histoire vous intéresse, et je sais qu’il y en a, lisez-le ! Surtout que même si je ne suis pas du tout experte sur le sujet, ce que l’auteure dit ici j’ai pu le lire ailleurs dans des livres qu’elle cite ou pas, du coup je trouve son travail super sérieux et ça c’est très important. Maintenant je vais peut-être me motiver à sortir la Bible et le Coran de ma bibliothèque, allez savoir pourquoi ça m’a donné envie de les lire, bien que quand je feuillette le Coran je fais des bons de 10 mètre 50 et quand je feuillette la Bible je m’endors tout simplement. Mais en attendant je vais tenter un autre livre de l’auteur qui est : La fabuleuse histoire de l'icône moins cher que Byzance, Constantinople, Istanbul. Il me tente énormément et j’espère qu’il sera aussi bon.  

Je remercie en passant les Editions du Rochers pour ce SP.

17 octobre 2013

"Thérèse, vivre d'amour" de Thérèse de Lisieux. Dieu que c'est bête !

"Thérèse, vivre d'amour" de Thérèse de Lisieux

 thérèse vivre d'amour

Résumé :

Thérèse Martin : une si courte vie pour un si grand destin ! La petite Thérèse perd sa mère à l’âge de quatre ans et cette disparition entraîne le déménagement de sa famille à Lisieux. Quelques mois plus tard, sa sœur aînée Pauline, qui veillait sur elle, entre au Carmel. Désemparée, fragilisée, Thérèse tombe gravement malade. Mais sa foi l’éclaire, la guérit, et à quatorze ans elle décide de se faire à son tour carmélite. L’âge requis pour l’entrée au Carmel est de dix-sept ans ? Qu’à cela ne tienne : elle va jusqu’à Rome plaider sa cause auprès du pape Léon XIII et… devient sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face !
Dix ans plus tard, elle s’éteint à l’âge de vingt-quatre ans.
Auteur prolifique, elle nous a laissé des poèmes, des pensées, des correspondances, des mises en scène théâtrales… Ses Mémoires, publiées un an après sa mort, ont ému des milliers de lecteurs. Elle a été béatifiée en 1923, canonisée en 1925. Sainte Thérèse de Lisieux a même été proclamée docteur de l’église par Jean-Paul II en 1997.
Thérèse, Vivre d’amour nous fait revisiter cette existence exemplaire, faite de courage et de joie transcendante qui a marqué tant d’êtres humains. Ce livre nous transmet un message de sagesse d’une rare maturité, des pensées simples et pures qui rafraîchissent l’âme, et un souffle d’amour universel qui réchauffe les cœurs.

Mon avis :

Je ne sais pas du tout ce qui m’a pris d’acheter ce livre, moi qui suis une athée convaincue, surtout quand l'amour de Dieu est exprimé à ce niveau-là, au point que vous avez envie de vomir... ;  mais bon, je l’ai acheté et je l’ai même lu ! Ce que malgré tout je ne regrette pas, car je me suis quand même bien éclatée de rire.

Alors ce que je vais dire va paraître scandaleux pour beaucoup, mais très franchement j’ai purement détesté cette Thérèse de Lisieux. A mes yeux cette nana était complètement siphonnée.
Déjà parce qu’elle a des délires mystiques, elle prend des coïncidences pour des miracles ou encore ses délires pour des réalités, comme par exemple la fois où le sourire de la vierge l’aurait soi-disant soigné, (d’une maladie purement psychologique faut dire ), ensuite parce qu’elle a un amour du martyre, de la souffrance mais aussi de Jésus, Dieu, la sainte Vierge et toute la clique, franchement mal placé et carrément exagéré pour ne pas dire surjoué même pour une soeur (je l’aurais d’ailleurs bien vu comédienne, mourir mille fois telle Sarah Bernhardt au théâtre !), et pour finir parce qu’elle est finalement trop simple d’esprit, comme par exemple quand elle a été malade psychologiquement enfant, elle appelle ça le Démon !  (Et encore plus tard elle y fera référence pour d’autres choses, notamment lors des doutes qui l’assailliront quand elle mourra de la tuberculose. Et d’ailleurs à ce moment précis je vous jure qu’on part loin dans le délire de cet esprit dérangé.)

Vraiment je suis désolée, mais pour moi, cette fille était une cinglée. Elle exagérait trop les choses, et j’avoue que j’ai souvent levé les yeux au ciel durant ma lecture, et notamment et surtout, surtout, quand elle raconte son contretemps pour rentrer au Carmel à 15 ans, là ça a été le pompon je dois dire, et vous allez vite comprendre pourquoi. Déjà dans ce passage, le mot « épreuve » est employé à tout bout de champ ! Ce qui est légèrement agaçant quand on compare à d’autres choses bien plus graves… Ensuite, imaginez que cette fille appelle « EPREUVE » le fait qu’elle ne peut rentrer au Carmel qu’à 21 ans et non à 15 ans !!! Tout le monde lui dit – Pape compris – que ce n’est pas grave de rentrer si tard, surtout si elle a la vocation, ben non madame refuse de comprendre cela et le fait qu’elle ne rencontre que des refus sur sa route, elle appelle ça une dure épreuve qui allait éprouver ses forces… (Là dommage que vous ne voyez pas ma tête.) Limite si elle ne compare pas ceci avec les épreuves du Christ ! (Hé ! Vous n’allez pas me dire que ce n’est pas exagéré quand même ?! Franchement ? Bon pour l’anecdote faut savoir qu’elle a tellement pété les couilles à tout le monde, qu’ils ont fini par lui dire oui.)

D’ailleurs en parlant de cette vocation, je me demande si elle n’a pas été conditionnée pour. Ses parents étant très pieux, - et en passant ils ont été béatifiés par l’église en 2008 car ils représentent la famille chrétienne parfaite -, et comme ses sœurs ont toutes étaient dans un couvent, est-ce que finalement et malgré tout, elle n’a pas été conditionnée pour servir Dieu ? Surtout que j’ai trouvé qu’elle manquait de caractère, ce qui aurait été facile de la modeler. Sûr elle possédait un amour démesuré pour son Dieu, mais n’aurait-elle pas fini par se lasser si elle avait vécu plus vieille ? A se demander si tout ceci était bien raisonnable ? N’aurait-elle pas trouvé cela vain à la longue ? D’ailleurs je me demande si elle n’a pas été déçue une fois morte, autant il n’y avait rien de ce à quoi elle croyait de l'autre côté... Bon là d’accord c’est mon côté immoral qui s’exprime. Mais quand-même, vivre cloîtré dans un couvent pour l’espèce humaine je trouve cela franchement idiot autant se rendre utile autrement. Puis l’amour et le pardon, honnêtement, il n’y a pas plus crétin. Personnellement j’aurai plutôt tendance à croire en la Justice et à la Raison (toutes deux humaines je précise), qui elles ont fait leurs preuves plus d’une fois et qui s’avèrent utiles, plutôt qu’à l’amour de Dieu et à sa miséricorde. Le pardon et l’amour c’est bon pour les bisounours !

A ce niveau de mon avis, on pourrait arguer que c’est mon côté athée qui s’exprime, mais sincèrement si demain je vois une religieuse à qui je peux accorder des mérites je le ferais avec plaisir, mais au petit mouton Thérèse, elle qui était trop faible de caractère, trop dans son délire d’obéissance, d’amour, de martyr et de soumission, ce n'est pas possible. Franchement ce n'est pas de la mauvaise foi, mais je ne lui trouve aucune qualité. Enfin bon.

Cependant outre tout cela, un autre point du livre qui m’a dérangé, c’est la religion chrétienne. Elle est faite d’amour et de pardon, ça je l’ai bien compris et vous le comprendrez très bien si un jour vous lisez ce bouquin (!), mais malgré cela qu’est-ce qu’elle est triste ! La souffrance est omniprésente dans cette doctrine, qu’est-ce-que c’est dépriment ! En plus rajoutez à cela le dévouement et le dénuement, mais vous avez de quoi vous exploser la cervelle à la fin de la journée. Personnellement je préfère distribuer la joie et la bonne humeur, plutôt qu’endurer la souffrance pour le don de l’amour et j’en passe.

Sinon pour résumer un peu plus ce livre, on ne va pas seulement découvrir que « la petite voie » que prêchée Thérèse, on va la suivre de son enfance à sa mort, donc la découvrir plus intime. Nous allons découvrir certains de ses textes, - qui je dois reconnaître pour quelque-uns ne sont pas mal -, mais aussi, tout ce culte qui a autour d’elle depuis sa mort ; elle a été reconnue par le pape Pie XII patronne secondaire de la France derrière Jeanne d’Arc (qui était une de ses idole), elle a été faite docteur de l’église par Jean-Paul II, elle est la sainte patronne de plusieurs congrégations, et on lui attribue aussi des miracles (Edith Piaf aurait recouvert la vue grâce à elle à l’âge de sept ans), - mais ces miracles ne sont-ils pas juste dus à la force de la ferveur elle-même, plutôt qu’a l’objet de la ferveur ? Enfin là je ne donne que mon avis.
Bref, on découvre aussi tous les à côté.

En résumé, je ne suis pas mécontente d’avoir lu ce livre car ma foi j’ai découvert la vie d’une fille que l’on dit Sainte, mais croyez-moi j’ai été bien contente de finir ce délire perpétuel d’une Sarah Bernhardt de couvent.

11 octobre 2013

"Nos mal-aimés : ces musulmans dont la France ne veut pas" de Claude Askolovitch

"Nos mal-aimés : ces musulmans dont la France ne veut pas" de Claude Askolovitch

nos mal aimés

Résumé :

« C’est l’histoire d’un journaliste vaguement connu et qui en a vu d’autres, qui se retrouve chômeur pour avoir défendu la viande halal. Il décide d’en faire un livre, pour comprendre ce qui nous arrive, dans ce pays où Madame Le Pen est proclamée « normale » et où des socialistes veulent bannir les puéricultrices voilées.
C’est l’histoire de ces musulmans de France, que l’on n’aime pas avec les meilleures intentions du monde, et qu’on oblige à se fondre ou à se cacher, à mentir sur eux-mêmes ou à périr socialement.
C’est l’histoire d’une banquière qui prie en cachette dans un placard à balais, d’une étudiante qui retire son voile pour décrocher un stage, d’un salafiste qui conduit des bus et visite Disneyland, d’un médecin qui venge sa mère universitaire qui n’a jamais pu travailler - parce que la République ne voulait pas de son voile. Et celle d’un écolo qui aurait pu devenir ministre en Tunisie islamiste, d’un rappeur marié à 15 ans devant monsieur l’Imam, d’un footballeur chaste par amour de Dieu, et d’un prédicateur frère musulman qui cite Camus et écrit des poèmes.
Ce sont des Français râleurs qui mangent du tournedos halal et trouvent parfois bien des raisons au Hamas – car rien n’est simple, que croyez-vous?
C’est l’histoire d’un pays, le nôtre, qui traite mal une partie de lui-même, qui se ment sur la République et la laïcité quand il piétine les gens et rate ce qu’il devient : une France métisse et aussi musulmane, instable et complexe, une France riche, si elle osait, si elle arrêtait de trembler et de se complaire dans son déclin. »

Mon avis :

Je ne sais pas par quoi commencer pour résumer ce livre, cette erreur, ce parti pris ? C'est bien beau de vouloir écrire sur ce genre de sujet, mais à quoi ça sert quand on est pas suffisamment éclairé sur le problème ? Car voilà le problème de ce bouquin ; l'auteur minimise un peu trop ce qui est grave, et il est de surcroît le premier à jouer sur les clichés en voulant parait-il les combattre. Si j'avais l'auteur en face de moi, j'aurai vraiment envie de m’expliquer avec lui, pour lui montrer que ces français qu’il critique, et qu’il ose traiter de racistes ou d’islamophobes, vivent à côté de ces musulmans. Ces mêmes musulmans dont il chante les louanges, quand il ne s’attendrit pas devant la débilité du radicalisme, ou encore l’ostentation de la foi. Que c'est triste...

Surtout qu'en plus de cela, il essaye même de nous les faire passer pour des anges où encore des gens avec des colères légitimes !!! Si si je vous jure, et c’est peut-être bien ça le pire ! Bien qu’on puisse saluer les actions de certain (mais bon la solidarité c’est mondiale donc quitte à la saluer, je salue celle de tout le monde), bien que c’est vrai que des fois je ne comprends pas certaines réactions décrites dans ce livre, l'auteur passe son temps à nous les victimiser, et j’avoue que ça, ça m'a énervée. Car je ne vois pas pourquoi c’est légitime d’être constamment en colère contre la France, quand par exemple on n’a pas l’autorisation de porter son voile au travail, à l'école, une burqa dans la rue, ni même une salle pour prier au boulot ? En quoi c’est légitime dans un pays laïque de surcroît, et aux racines absolument pas musulmanes en plus ?

D’ailleurs tournons le problème dans l’autre sens ; n'est-il pas plus légitime d'être en colère, quand on interdit le porc dans les cantines sous prétexte d'élèves musulmans ? Ou encore normal de devoir interdire le père-noël dans des classes parce qu’il y a des musulmans que ça choque ? Toutes ces choses et d’autres, ne sont-elles pas finalement des injustices légitimes elles aussi, qui ont de quoi énerver les français aussi ? Bafouer ceux qui sont là depuis des lustres (ou pas), vouloir censurer leur façon de vivre, mais par contre imposer d’autres manières de vivre, c’est normal ça ? Puisque que l'auteur n'en parle pas, je suppose que oui.

Et ce silence, est exactement la chose que je reproche à l'auteur, car en choisissant son parti il a pris le problème que d'un seul côté ; et tout ça pour au final accuser - comme d'autres avant lui - la France et ses habitants de ne pas faire assez d'effort pour intégrer une communauté hostile dans sa majorité à la république et qui n'a pas envie envie de s'intégrer. On marche sur la tête !

Et ça pour moi c'est vraiment l'idéologie qui m'énerve prodigieusement, parce que d'une part ce n'est pas vrai, mais en plus c'est avec ce genre de comportement qui fait qu'aujourd'hui on marche ouvertement sur nos valeurs, puisque pour calmer ces esprits belliqueux les politiques disent oui à tout, alors que jamais dans le passé la France n'a eu ce souci d'intégration avec les autres courants migratoires et ce malgré les tensions. Et en écrivant ce livre l'auteur n'aurait pas dû l'oublier...

Tout comme il n'aurait pas dû oublier, que leur bigoterie et leur esprit assez conservateur ne collent pas avec la république et l'esprit des Lumières. D'ailleurs je déplore que ce dernier n'est pas mis dans son livre, la chance de vivre dans une république laïque qui permet de s'émanciper de tout ces dogmes religieux pour enfin exister par soi-même. Parce que ça mine de rien, c'est une chance.

Je précise que je n'ai rien contre ces petits trucs qui fait qu'ils ne mangent pas de porc, ne fument soi-disant pas... mais à côté de ça je ne comprendrai jamais qu'on ait besoin d'un simple livre pour vivre, pour mener sa vie. C'est quelque chose qui m'échappe complètement.

Pour en revenir au livre, tout ce que j'ai à dire à l'auteur c'est que ces musulmans dont il parle, ne sont pas que des pauvres innocentes victimes d’une société qui, paraît-il, ne les aime pas et n’a jamais voulu d’eux - personnellement je trouve au contraire qu’il y en a eu plus pour eux que pour d’autres-, mais qu’ils peuvent être aussi à l’origine du mal qui a fait naître le mal qu’il dénonce, à savoir l’islamophobie. Car oui, personne ne devient haineux par l’opération du Saint-Esprit, ne porte de si lourd jugement sans savoir, sans vécu, où alors très peu de crétin. Il y a ce que j’ai décrit dessus qui dérange, mais pas seulement. Il y a d’autres raisons. Maintenant ce qu’il faut se demander c’est : pourquoi ? Quelles sont donc ces raisons ? D’où peuvent-elles venir ? L’auteur ne se le demande même pas, et c’est dommage, il devrait, ça éviterai les erreurs de jugement, les faux clichés.... Et par la même occasion il comprendrait aussi ces français de la France d’en bas qui vivent tous les jours à côté, mais qui sont eux même victimes de ces mêmes musulmans ; racisme (non ce n'est pas anecdotique !), sexisme, intolérance, violence et j’en oublie… Mais pour ça, il faut avoir envie de les écouter. Finalement le déni n’est sans doute pas là où l’auteur le pense… Mais je comprends que ça puisse faire mal, et que du coup il préfère vivre avec une vision unilatérale de la France, surtout que ça évite de répondre à toutes ces choses qui sont éludées dans ces pages, - banlieue en feu dès que quelque chose ne va pas, policier, SAMU, pompier caillaissés, Marseillaise sifflé, etc, etc…

En toute honnêteté. C’est beau de mettre en avant dans ce livre les qualités des musulmans interrogés, parce qu'il est important de montrer qu'ils ne sont pas tous niouks ou à moitué niouk, mais bon, là pour faire oublier le reste, il en a peut-être un peu trop fait. Ou alors c’est qu’il est vraiment naïf. (?)

Mais qu’importe ce que je dis en fin de compte, car de toute manière pour l’auteur ces cons de français sont en bonne partie islamophobes. D’ailleurs plutôt que de prendre des dizaines de pages pour le dire, pourquoi n'a t-il pas dit clairement sa pensée, à savoir que pour lui ces français sont : abjectes, arriérés et trop étriqués pour penser aux autres, et qu'ils emmerdent le monde avec leur laïcité, leur neutralité, leur identité, leur histoire, leur Lumière, leur sécurité et même avec leur athéisme ?! Et que finalement une France archaïque, pas mixte, bien religieuse…, ce n’est pas la fin du monde et ni un retour dans le temps comme les gens auraient tendance à le croire. Car tout arrive à cela.

Et quant à tous ces intellectuels qui commencent à beaucoup (trop ?) s’exprimer dessus, l’auteur sait ce qu’ils sont : justes des vieux nostalgiques du musette, de la craie sur le tableau noir ou des églises humides… (Ce n'est pas un peu expéditif quand même ?)

Mais quid des jeunes dans tout ça ? Et que dire de ces musulmans laïques qui tirent eux-mêmes la sonnette d’alarme sur toute la planète ? Que dire aussi de ce que l'histoire et le présent nous montre ? A savoir que c'est la seule intégration qui ne marche pas, - c'est bien la preuve qu'il y a un gros problème de leur côté.

Pour résumer, ça aurait pu être un livre utile s’il y a avait eu toute la France et les français représentés dedans, mais ce n’est pas le cas… Enfin bon, dans ce livre l’auteur veut montrer que les musulmans sont incompris et pas mauvais, ça tombe bien j’ai envie de dire, car les autres aussi ! Mais au final c'est juste un livre qui ne sert à rien, les livres qui cherchent des excuses, racontent des bêtises, pardon, mais ça sert à rien.

En passant merci aux éditions Grasset pour ce SP.

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