Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

28 décembre 2014

"Le royaume" d'Emmanuel Carrère

"Le royaume" d'Emmanuel Carrère

le royaume Carrère

Quatrième couverture :

A un moment de ma vie, j'ai été chrétien. Cela a duré trois ans, c'est passé.

Affaire classée alors? Il faut qu'elle ne le soit pas tout à fait pour que, vingt ans plus tard, j'aie éprouvé le besoin d'y revenir.

Ces chemins du Nouveau Testament que j'ai autrefois parcourus en croyant, je les parcours aujourd'hui - en romancier? en historien?

Disons en enquêteur.

Mon avis :

J’ai fini ce livre hier, et je me rends compte qu’il va être difficile d’en faire un avis. En fait je ne sais pas trop par où commencer, ni où l’auteur veut en venir exactement.

 

Ce livre est un récit qui se situe entre l’histoire et le roman, l’auteur s’amusant à écrire d’une autre manière les balbutiements du christianisme et l’histoire autour, c’est aussi un livre qui lui permet de se raconter, il dit qu’il a été chrétien et qu’il ne l’est plus. Soit. Dans les faits je n’ai rien contre tout ça, surtout qu’Emmanuel Carrère s’est montré très érudit pour aborder ce sujet. Mais ce que je ne comprends pas dans cette démarche, c’est le rapport entre les deux.

Qui peut me dire le rapport entre la foi, la perte de cette dernière, et le fait de décortiquer les textes religieux chrétiens ? Qui ?

Personnellement, je me dis que s’il voulait décortiquer ces textes (ce qu’il a fait et c’était son but comme il le rappelle à la page 405) et les expliquer de son point de vue, il n’avait pas besoin d’exposer sa période bigote -avec d’innombrables digressions pas toujours utiles-, même si ses carnets lui ont servi de base. (Surtout que finalement je n’ai pas trouvé que cette période-là lui ait énormément servi pour éplucher les textes, mais bon.)

Vraiment, ça c’est le point qui fait que je ne comprends pas trop où l’auteur veut en venir avec ce livre, surtout qu’à la fin il nous met bien en avant le summum de la bonté chrétienne et l’apogée du kitsch chrétien, alors qu’il a passé X page à aller contre cette religion. A démontrer que les écritures se contrarient, la stupidité de cette croyance qui veut qu’un jour un homme soit revenu d’entre les morts, et l‘absurdité de ce message chrétien qui est hors-norme et pas humain. Il ne manque pas de faire allusion à d’autres courants de pensée pour dire qu’il n’est pas d’accord avec la voix qu’emprunte le christianisme.

D’accord le passage de la fin montre comment cette religion a forgé des hommes, comment elle a ouvert l’amour de l’autre à des gens, il sert à montrer l’héritage de cette religion, mais qu’est-ce qu’il est allé faire là-dedans alors qu’il en est éloigné ? Il passe une plombe à dire que ça ne le concerne plus, mais il va quand même. Là je ne comprends pas, et de ce fait je ne comprends pas le but de ce livre. Où l'auteur veut-il en venir ? Telle est la question.

 

A côté de ça, qui est vraiment le gros point qui me gêne pour piger le but réel de ce livre, j’avoue que le reste est fort intéressant. C’est une version de l’histoire, des histoires, qui a le mérite d’exister. Ce que j’apprécie particulièrement dans cette démarche, c’est qu’en plus l’auteur dit clairement que sa version est du domaine du possible mais pas la seule valable. Néanmoins, le hic dans ce grand récit qui est raconté avec beaucoup de talent, qui a la méthode de l’historien et le scepticisme nécessaire, c’est que très vite les lecteurs lambda, qui s’y connaissent un tout petit peu (comme moi) ou pas (comme d’autre), peuvent être vite perdus dans ce monceau de personnage et de scène. Surtout que par moment c’est assez difficile de s’y retrouver au milieu des hors-sujets.

Cependant et malgré cela, j’ai énormément apprécié lire ce livre, le découvrir, parce que même si les sujets entre la vie de l’auteur et le christianisme sont mal accordés, les deux n’ont pas été inintéressants pour autant, même si sur la fin ça fait un peu long.

De plus, lire ce livre confirme un peu plus ce que je pensais du christianisme, que c’est une religion terriblement perchée (comme beaucoup d’autres il est vrai), qui fait l’apologie de l'exclu, du malheur et du malheureux, et que par conséquent -de mon point de vue toujours- elle est un peu à côté de la plaque et bébête. J’avoue que beaucoup de choses dans le christianisme me paraissent stupides et me donnent envie de vomir -désolée si je choque-, vu que je pars du principe qu’il faut mettre des limites à tout pour que l'équilibre soit, ce que ne fait pas cette religion qui va dans les extrêmes. Par exemple je pense qu’on ne peut pas être éternellement charitable si on veut que les choses fonctionnent correctement, tout comme on ne peut pas pardonner éternellement pour cette même raison. Je pense aussi qu'on ne peut pas aimer tout le monde, tout comme on ne peut pas vivre à fond dans une chimère pour vivre bien dans ce monde. Bref. Ce n'était sûrement pas le but de ce livre, mais pour moi il confirme que cette religion, que les véritables religions ne vont pas avec le bon sens.

En résumé c'est un livre fort intéressant, mais hélas un peu fourre-tout, qui pour moi n'a pas de but réel, ce qu fait cruellement défaut pour comprendre cette démarche d'écrivain.

 

Lu dans le cadre du match de la rentrée littéraire Priceminister.


21 octobre 2014

"La vie volée de Jun Do" de Adam Johnson

"La vie volée de Jun Do" de Adam Johnson

la vie volée de jon do

Résumé :

"Citoyens, rassemblez-vous devant vos haut-parleurs! Dans votre cuisine, votre bureau, votre atelier, partout où vous pouvez nous entendre, montez le son, et écoutez l'histoire de la plus grande nation du monde, la République populaire démocratique de Corée !"

Jun Do grandit bercé par la voix de la propagande nord-coréenne. Devenu soldat, il exécute sans ciller les ordres criminels du leader Kim Jong-il. On le fête comme un héros. Mais sous les cieux du "royaume ermite", la disgrâce est aussi terrible qu'imprévisible : Jun Do est torturé et doit changer d'identité. Hanté par son passé, mais porté par sa rencontre avec l'actrice Sun Moon, il décide alors de réaliser son rêve. Epopée littéraire aux accents orwelliens, La Vie volée de Jun Do nous immerge au coeur d'une nation bien réelle jusqu'alors cachée de tous, terre de violence et de corruption. Adam Johnson, parti enquêter dans ce "pays interdit", nous en restitue les échos dans ce roman époustouflant qui lui a valu le prix Pulitzer en 2013.

Mon avis :

Saisissant ! Un mot pour décrire ce livre ? Ça serait celui-là, saisissant. Il vous saisit du début à la fin, tout est hallucinant dans ce bouquin. Personnages, ambiances, péripéties, tout est à couper le souffle. Bien que le portrait politique de ce pays reste sans nul doute le plus marquant pour moi.

Bien sûr le régime dictatorial de la Corée du Nord n’est pas une découverte pour moi, d’ailleurs personne ne l’ignore je pense, mais là le vivre de l’intérieur, le vivre avec les personnages, c'est une expérience différente. Honnêtement, quand j’ai lu ce livre plus aucune distance n’existait entre les personnages et moi. Je vivais avec eux. J’avais peur avec eux. Je m’inquiétais pour eux. Je me révoltais même pour eux ! Car pour moi c’était juste impossible de rester de marbre face à ce régime monstrueux, qui prône le culte de la personnalité, qui est vicieux, qui est injuste, qui est mensonger, qui ne devrait pas exister.

J'insiste peut-être, mais malgré le fait que ça soit un roman j’ai ressenti comme si j’y étais cette ombre menaçante et oppressante qui pèse sur chaque habitant, qui les empêche de s’exprimer librement, et qui instaure un climat délétère, d’hypocrisie, même au sein d’une même famille. Un noyau censé être sûr !

A côté de ça, la multitude des personnages fait aussi vivre cette histoire. Les différentes personnalités et les différents niveaux de la population qu’ils représentent, aide bien sûr à l’ambiance de ce roman, mais pas seulement, puisque là ils donnent vie à l'intrigue. Il n'y a aucune page qui ressemble à une autre grâce aux milles vies des divers personnages.

L’histoire prend certes du temps, 608 pages en l’occurrence, mais c’est tellement fluide, tellement riche qu’on ne les voit pas passer, à la différence des personnages qui ne cessent de défiler.

Un seul regret dans ce bouquin finalement, c’est la fin. J’aurai aimé qu’elle se finisse autrement, même si autrement elle aurait sûrement gâché tout ce qui avait avant. (Jamais contente cette fille ^^)

Pour résumer c'est un excellent livre que je recommande, si vous voulez vivre quelque chose de différent et découvrir de l'intérieur un pays très fermé.

Merci aux éditions de l'Olivier.

10 octobre 2014

"Le fils" de Philipp Meyer. Une saga américaine !

"Le fils" de Philipp Meyer

le fils meyer

Résumé :

Roman familial, vaste fresque de l’Amérique des années 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux Prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages – trois générations d’une famille texane, les McCullough – dont les voix successives tissent et explorent avec brio la part d’ombre du rêve américain.
Eli, le patriarche que l’on appelle " le Colonel " est enlevé à l’âge de onze ans par les Comanches et passera avec eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu à la civilisation, il prend part à la conquête de l’Ouest avant de s’engager dans la guerre de Sécession et de devenir un grand propriétaire terrien et un entrepreneur avisé.
À la fois écrasé par son père et révolté par l’ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.
Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouve à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l’œuvre du « Colonel ». Mais comme ceux qui l’ont précédée, elle a dû sacrifier beaucoup de choses sur l’autel de la fortune.
Et comme tous les empires, celui de la famille McCullough est plus fragile qu’on ne pourrait le penser.

Mon avis :

C’est une saga familiale parmi tant d’autre. C’est une saga qui se déroule sur plusieurs générations, comme plein d’autres ; mais c’est une saga étonnante. Ce n’est pas pour autant un coup de cœur car le livre souffre de quelques longueurs, comme quand par exemple l’auteur raconte sur des pages entières la manière de dépecer un bison ou de fabriquer des outils. Mais excepté ça je dois reconnaître que cette saga est servie par une écriture fluide, qui fait quand même que les pages défilent sans vraiment qu’on s’en rende compte. Mais l’histoire n’est peut-être pas étrangère à cela non plus. Car l’aventure, la famille, l’argent, les guerres, les jalousies, les désaccords, l’amour –alors ça c’est ce qui m’a le moins intéressée j’admets – vont pimenter cette fresque dans un état encore balbutiant, le Texas.

Ici on va trouver d’une part le côté historique comme la révolution mexicaine, les indiens, les blancs, la justice un peu arbitraire, etc… qui est raconté cependant sans parti pris, - en tout cas je n’ai pas remarqué quoi ce soit, pour moi l’auteur raconte juste froidement une histoire. Et d’autre part, dans les turpitudes de l’Histoire, on va découvrir cette famille puissante qui va donner toute la vie de ce roman par sa variété de membre ; elle est pleine de conflit, de jalousie, d’incompréhension, d’envie différente, qui conduiront parfois à des choses étonnantes.

Alors j’ai dit un peu plus haut que l’auteur raconte une histoire sans parti pris, froidement malgré le fait que ses personnages ressentent des choses. La variété des scènes et des personnages me pousse à croire cela, de mon point de vu ce mélange ne pousse pas à prendre parti pour quoi que ce soit. Cependant ce bouquin n’en reste pas moins une réflexion sur l’homme, sur la construction de son histoire, de sa richesse, etc… D’ailleurs on remarquera que pour tous les hommes elle reste assez semblable, sans être identique pour autant.

Quoi qu'il en soit même si parfois certains passages paraissent un peu fastueux, c'est un livre que je recommande si les pavés ne vous font pas peurs.

Je remercie en passant grandement les éditions Albin Michel. :)

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06 octobre 2014

"Un jeune homme prometteur" de Gautier Battistella

"Un jeune homme prometteur" de Gautier Battistella

un jeune homme prometteur

Résumé :

« J’ai découvert l’existence du mal un samedi matin. Je m’en souviens, il n’y avait pas école. »

Tout commence à Labat, petit village des Pyrénées. Orphelin rêveur et blessé par un premier amour déçu, le narrateur quitte son frère et leur enfance buissonnière pour monter à l’assaut de la capitale. Que cherche ce Rastignac en herbe démangé par la vocation romanesque ? Une mère inconnue, la liberté, une revanche, la gloire peut-être. Mais au lieu du noble parnasse littéraire dont il avait rêvé, il découvre un univers de faux-semblants : celui des grands imposteurs du monde des lettres. Bien décidé à s’en débarrasser, le voici embarqué dans une quête dangereuse qui l’entraînera au-delà de lui-même, au bout du monde et au bord de la folie.

Un premier roman d’une ambition peu commune, tour à tour émouvant, sarcastique et cruel, porté par une écriture dont le souffle évoque les grandes fresques initiatiques.

Mon avis :

[ ATTENTION RISQUE DE SPOILIER ! ]

Ce livre est un premier roman, et pour un premier roman c’est juste extra. A part un seul point qui ne me convainc pas, tout le reste est parfait. Gautier Battistella possède une maîtrise évidente dans l’art de raconter des histoires. Rien n’est laissé au hasard, chaque mot joue avec chaque image, chaque image joue avec chaque mot. Il y a vraiment de la recherche, et je trouve que ça donne une note très poétique et folle à l’ensemble. On voit que l’auteur cherche à rendre le décor aussi vivant que les personnages, voyez plutôt :

« Je me suis habitué à Paris, et j’ai laissé Paris s’habituer à moi. Pourquoi hâter les choses ? Les premiers temps, la ville a montré les muscles. C’est comme ça dans les relations, amicales ou amoureuses. Un réflexe. La greffe pouvait ne pas prendre : moi l’homme crotté, plein de fierté, elle la divine, forcément susceptible. »

Ensuite, car l’écriture ne fait pas tout, l’histoire est juste grandiose. Bon elle n’a rien d’exceptionnelle non plus, mais elle a quand même cette touche de jamais vu. Un jeune homme talentueux au passé tragique, et qui cherche à réduire à néant la médiocrité littéraire en employant les moyens les plus radicaux, ce n’est pas très courant dans les livres faut bien le dire. Bon après c’est vrai que le côté schizophrène n’a rien de très nouveau, et c’est un peu ça qui m’a gêné d’ailleurs.

Alors ce n'est pas tant le fait qu'il se soit servi de cette ficelle qui me dérange, mais en fait j'ai trouvé ce côté-là un peu gros à avaler par rapport à tout ce qui se trouve avant, qui fait que tout paraît très réel aux lecteurs. Ensuite le petit truc qui déçoit aussi, c'est que cette révélation est prévisible. Celle du père aussi d'ailleurs. Et ces derniers points font que cette lecture n'a pas été un coup de cœur pour moi, cela dit tout le reste j'ai adoré. Les personnages font autant l'histoire que l'intrigue elle-même. L'écriture de même.

Pour résumer, c’est un roman qui annonce un écrivain prometteur. Je le suivrai de très près.

Je remercie les éditions Grasset.

 

25 septembre 2014

"Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder

"Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder

oona et salinger roman

Résumé :

« Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O’Neill, 15 ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant... quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood.
Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant. »

Mon avis :

Comme vous le savez j’adore Beigbeder, et si j’ai voulu lire ce livre c’est bien à cause du nom de l’auteur, et non pour Salinger, car L’attrape-cœur et moi nous ne sommes pas très copain. D’ailleurs, généralement j’ai du mal avec les écrivains classiques américains, mais là je digresse... Pour en revenir au livre « Onna et Salinger » je dois dire que Beigbeder a fait un très bon cru, avec ce genre romanesque, mélangé à du biographique et de l’historique, même si parfois les passages historiques m’ont un peu étonnée.

Cela étant, même s'il surprend avec ce roman, ça reste du Beigbeder. Même écriture, même tournure, même style, c'est tour à tour cruel, étonnant, profond, superficiel, drôle, ou encore terriblement terre à terre comme le prouve ce  passage : « Je suppose qu’un romancier professionnel décrirait ici le paysage océanique les entourant, et le vent, les nuages, les pelouses couvertes de rosée, mais je ne le fais pas pour deux raisons. Premièrement parce qu’Oona et Jerry n’en avaient rien à foutre du paysage ; deuxièmement, parce qu’on y voyait rien, le jour n’étant toujours pas levé. » Ce qui à défaut de rajouter de la poésie, rajoute de l’humour, et finalement allège même un peu ce roman assez sombre.

Car oui ce livre est très sombre. Derrière les apparences, alors que Oona O’neil, Chaplin, Salinger, font partie d’un monde de paillette, de talent et de reconnaissance, ce roman reste malgré tout assez pesant dans l’ensemble. La seconde guerre mondiale et l’horreur du terrain que Salinger a vécu étant retranscrit dedans, l’abandon de Oona par son père aussi, ainsi que le rejet de Chaplin par les Etats-Unis, font que l'ambiance n'est pas à la fête, même s'il y a parfois un côté léger, un côté fabuleux, vu qu'on rencontre Truman Capote ou encore Ernest Hemingway.

Cependant ce n'est pas suffisant, pour effacer cet effet obscur qui est vraiment appuyé par le fait que Beigbeder a clairement fait ressortir le côté sombre des personnages. Salinger est très sévère avec lui-même à propos de la guerre, il est désespéré de cet amour sans retour pour Onna, et il a en plus pour elle une espèce d’obsession étrange qui l’apaise surtout lors de la guerre. Oona est de son côté quelqu’un de très sombre, déprimée, elle a un côté enfant perdu, qui plaît d’ailleurs beaucoup à l’auteur. Quant à Chaplin, même si Beigbeder s’attarde bien moins sur lui, on se doute que le rejet des Etats-Unis l’a sûrement affecté.

Mais malgré tout ça, ce roman empreint de désespoir mais aussi d’amour, reste agréable à lire. Frédéric Beigbeder a vraiment bien écrit cette histoire, il a vraiment bien su la romancer tout en lui donnant un côté véridique, en décrivant à la perfection l’amour fou, l’amour calme, les ténèbres, la nostalgie qui pince le cœur.

Je recommande vivement ce livre, qui change du Beigbeder extravagant et expansif habituel.

Je remercie les éditions Grasset.

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19 septembre 2014

"J'aurai dû apporter des fleurs" d'Alma Brami

"J'aurai dû apporter des fleurs" d'Alma Brami

alma brami

Résumé :

«N'apporte rien, Gérault, on a tout !» Toujours cette générosité qui écrase. Ben tiens, c'est vrai, qu'est-ce que je pourrais bien leur apporter, moi, dans leur foyer parfait ! Une pauvre bouteille de pinard ? Qui sera bu le nez bouché avant d'entamer les grands crus de leur cave à vin personnelle. Des fleurs ? Qui se retrouveront dans l'évier, humiliées par tous les bouquets qui, eux, auront eu le privilège de trôner dans des vases. Mieux vaut des mains vides et l'honneur sauf, qu'un «oh, mais fallait pas» qui accable. Fallait pas, vraiment pas, tu nous déranges avec ton cadeau minable, remporte-le. Je viendrai avec rien. Rien et mon manteau et malgré tout, peut-être qu'ils auront droit à mon sourire, peut-être, si je suis grand seigneur. Gérault tente d'offrir une image idéale de lui-même, mais quand on est seul, au chômage à cinquante ans, ce n'est pas chose facile. Homme empêché, il s'interdit de dire ce qu'il pense et retient en lui sa colère, sa violence. Sa voix intérieure prendra-t-elle peu à peu le dessus ? Ironique et tendre, Alma Brami révèle un personnage lucide, terriblement humain, reflet des travers de notre société tout entière.

Mon avis :

Ce n’est pas un livre qui rend très bavard, du coup ça va être un peu difficile pour moi de vous faire un avis  même si j’ai beaucoup apprécié ce roman.

Alors je préviens de suite ce n’est pas un coup de cœur pour autant parce que faut bien dire que c’est un peu répétitif, mais comme c’est terriblement humain et vrai, c’est un livre qui se lit très bien malgré sa simplicité, voire même sa banalité. Parce que oui voilà, ce livre est banal ; puisqu’il raconte juste la vie d’un mec mangé par la vie, sa famille (sa mère plus précisément), ses peurs, ses doutes, ses lâchetés…. Enfin bref, rien de très nouveau et de folichon comme vous le voyez.

Néanmoins au-delà de ça, et c’est la première chose qui m’a plu dans ce livre, c’est que le personnage Mr. Gérault est très sarcastique. Mais pas moqueur pour être moqueur, mais plutôt moqueur pour montrer son dégoût de la médiocrité du quotidien, de la normalité, alors que chose étrange, d’un côté il n’aspire qu’à ça.

Personnage un peu girouette, et même si parfois ses envies et ses attentes me restaient incomprises, j’ai apprécié suivre cet individu terriblement humain fait de paradoxe, de colère, de dégoût, d’envie… pour voir son évolution dans le temps et la finalité qu’il donnera à cette histoire, car cette dernière n’est pas vraiment prévisible. Et d'ailleurs la finalité est sûrement ce qui a de meilleure dans ce livre.

Alors j’avoue, sur le coup je l’ai trouvé un peu rapide. Mais après coup je m’aperçois que cette fin violente, ce changement de position brutal, se révèle parfait. Ça claque comme une porte que l’on ferme d’un geste décisif. La promesse au personnage d’une vie meilleure…

Maintenant beaucoup pourront penser que c’est peut-être un peu salaud de la part de l’auteure de critiquer cette situation via son personnage, car vu de l’autre on possède tous des défauts de la société - et beaucoup pourraient se sentir viser -, mais personnellement je ne l’ai pas mal pris, et c’est vrai qu’on ne peut pas non plus nier qu’il existe des quotidiens tristes à mourir, qui finalement n’appellent pas autre chose que la moquerie. Le seul petit hic à ce roman finalement, c’est qu’Alma Brami bascule un peu beaucoup dans les clichés pour faire ressortir ces traits, mais l’écriture tantôt imagée tantôt drôle arrive à atténuer ce côté.

En résumé ce livre possède d’innombrables atouts ; un personnage terriblement humain agréable à suivre, une écriture fluide et agréable, un ton « tragi-comique »... Heureusement cependant qu’il ne soit pas plus long car on tournerait vite en rond.

D'autres avis sur lecteurs.com

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17 septembre 2014

"La langue des oiseaux" de Claudie Hunzinger

"La langue des oiseaux" de Claudie Hunzinger

la langue des oiseaux

Résumé :

« La nuit où j’ai rencontré Kat-Epadô, j’étais seule dans une baraque isolée, porte fermée à double tour. Autour de moi, la tempête. À perte de vue, des forêts. »
 ZsaZsa, une romancière, quitte Paris pour aller dans les montagnes étudier la langue des oiseaux. Elle n’imaginait pas que le soir même, allumant l’écran, elle allait rencontrer une étrange Japonaise dont l’écriture la fascine aussitôt par son charme maladroit. Un jour, celle-ci débarque. Elle a peur. Pourquoi ces deux jeunes femmes vont-elles fuir ensemble à travers les forêts ? De nuit ? Qu’est-ce qui les lie ? Qui les poursuit ?

Mon avis :

Je ressors de ce livre avec un sentiment indéfinissable. Ce n’est pas un mauvais livre, mais il n’est pas non plus inoubliable. L’histoire est, ma foi assez bizarre. Très bizarre même, mais pas désagréable du tout. L’écriture est fluide et cache quelques belles phrases.

Mais à côté de ça, la manière dont a été tournée l’histoire me dérange un peu.
Alors déjà je trouve que c’est un peu long à se mettre en place, disons que l’auteure prend son temps pour décrire la japonaise qui est le centre de l’histoire et responsable de cette mystérieuse fuite dans la forêt.
Ensuite un autre petit problème, c’est qu’en plus d’être ouverte, la fin paraît un peu trop rapide comme bâclée. Alors bien que bizarrement avec le recul cela me parait faire sens, vu que ça colle à l’ambiance générale du livre, le point d’interrogation restant vraiment la marque de ce livre, j’avoue que sur le coup je l'ai trouvé un peu frustrante, car voilà on ne sait rien de concret et ça fait peu une aventure sans la faire.

Pourtant malgré ces premières impressions pas vraiment positives, ça reste une agréable lecture, car comme ZsaZsa (la romancière retirée dans les bois), je ne savais pas trop où j’allais, ce qui se cachait, ce qui allait arriver. J’étais complètement dans la brume, tout comme cette romancière. Et ça c’est vrai que peu de roman de ma connaissance peuvent se vanter de faire vivre en même temps au lecteur les sentiments d’un personnage. Il y a des livres où on sait comment ça va finir ou au moins on sait à peu près à quoi s’attendre, et il y a les autres où on ne peut vraiment pas tirer de plan.

Alors je vous ai parlé de cette ambiance vaporeuse et incertaine qui entoure le lecteur et ce livre, mais une autre ambiance mérite d’être aussi soulignée c’est ce goût de la poésie qui ressort dans ces pages. Alors pour Kat-Epadô cette poésie se retrouve dans l’écriture des annonces sur Ebay, mais en ce qui concerne ZsaZsa c’est un peu plus « subtile », car elle se retrouve plus dans sa retraite, ce quasi dénuement qu’elle vit au quotidien dans la petite baraque de la forêt. Dans cette vie toute simple qu’elle a choisie pour un an, où là elle va se balader, découvrir la vie d’une forêt –et aussi d’une vielle dame- et réentendre au détour d’un arbre un chant d’oiseau. Ce livre joue beaucoup sur les impressions et ça c’est quand même un bon point. Ca a un côté authentique pas désagréable, d’ailleurs ça colle bien avec la fascination du personnage pour l’Extrême-Orient asiatique.

En résumé, malgré une certaine lenteur et une fin un peu frustrante, c’est un livre que je recommande pour sa poésie, son ambiance particulière et son inaccessibilité.

Je remercie en passant les éditions Grasset.

13 septembre 2014

"Les tribulations du derniers Siljimassi" de Fouad Laroui

"Les tribulations du derniers Siljimassi" de Fouad Laroui

les tribulations du dernier siljimassi

Résumé :

Adam Sijilmassi revenait d'Asie où il avait négocié brillamment la vente de produits chimiques marocains. Alors qu'il survolait la mer d'Andaman, il se posa soudain une question dérangeante : " Que fais-je ici ? " Pourquoi était-il transporté dans les airs, à des vitesses hallucinantes, alors que son père et son grand-père, qui avaient passé leur vie dans les plaines des Doukkala, n'avaient jamais dépassé la vitesse d'un cheval au galop ? Ce fut une illumination. Il décida de renoncer à cette vie qui ne lui ressemblait pas, se résolut à ne plus jamais mettre les pieds dans un avion et à changer totalement de mode de vie. Funeste décision ! Arrivé à l'aéroport de Casablanca, il entreprit de rejoindre la ville à pied, ce qui lui valut de rentrer chez lui encadré par deux gendarmes. Dès que sa femme comprit ce qu'il voulait faire, elle retourna vivre chez sa mère, en emportant le chat. À peine avait-il donné sa démission que son employeur le mettait à la porte de son appartement de fonction. Qu'importe, il ne céderait pas. Il se débarrasserait de cette défroque d'ingénieur, nourri au lait du lycée français de Casablanca. Il viderait sa tête de tout ce fatras de fragments de littérature française qui lui compliquait la vie. Il redeviendrait le Marocain authentique qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être. Il partit (à pied...) vers son village natal. Fatale décision ! Certes, il redécouvrit la bibliothèque de son grand-père et dévora la littérature et la philosophie qu'avaient produites quelques génies au temps béni de l'Andalousie arabe. Mais, dans son village, personne ne comprenait pourquoi un ingénieur de Casablanca venait s'enfermer dans la maison délabrée de sa famille. Était-il un fou ? Ou un perturbateur ? Un prophète ? Fallait-il l'abattre ou le vénérer ? Dans son style inimitable, Fouad Laroui nous entraîne à la suite de son héros dans une aventure échevelée et picaresque où se dessine en arrière-plan une des grandes interrogations de notre temps : qui saura détruire le mur que des forces obscures sont en train d'ériger entre l'Orient et l'Occident ?

Mon avis :

Je n'ai jamais lu cet auteur, et pour une première c'est ma foi une réussite. Bon ce n'est pas un coup de cœur, car j'ai trouvé quelques longueurs, notamment sur la fin avec les discussions entre notre héros et son cousin. Mais malgré ça j'ai passé un bon moment de lecture, car je suis allée de surprise en surprise.
Tout d'abord sur le ton du livre. Alors au début ça a l'air un peu loufoque, le ton est à la plaisanterie, et je dois dire que je ne m'attendais pas à quelque chose de vraiment sérieux malgré le côté existentiel qui taraude notre héros. Grosse erreur ! Car au fur et à mesure que j'ai avancé dans ces pages, je me suis vite rendue compte que l'auteur dirigeait le lecteur dans quelque chose de plus grave. Qui finalement laisse présager autre chose qu'un roman qui raconte de simple fait juste pour le plaisir d'en raconter.
Alors bien sûr l'auteur va inventer toute une intrigue un peu invraisemblable basée sur la chance des Sijilmassi pour exprimer ses idées. Mais cette intrigue, même si elle est capillotractée, encore qu'elle apporte du sens à l'histoire, m'a quand même conduite à quelque chose d'intense ; car déjà j'ai apprécié découvrir certains philosophes (même si je prends certaines infos avec des pincettes), et ensuite j'ai surtout énormément aimé ce que l'auteur faisait ressentir à son personnage dans ces moments d'errements philosophiques. Et ce même si Adam m'a un peu énervée au début par son côté « rejet des philosophes occidentaux », mais comme il n'est pas mauvais bougre et comme il est sensé heureusement ça n'a pas
durée.


En effet et bien que ça soit l'auteur qui s'exprime à travers Adam, j'ai ressenti tout le regret d'Adam sur le fait que les arabes musulmans soient aujourd'hui énormément arriérés, et ne puissent pas se défaire d'une religion qui en fait des moutons et des humains dominés. Alors que dans un passé assez lointain on pouvait plus ou moins les prendre au sérieux. (Bien que tous les philosophes de cette périodes ne fussent pas arabes et musulmans, mais bref faisons au plus simple.) Et ce côté-là donc, et LE côté qui m'a le plus plu, car ça peut s'adresser à d'autres religions, mais aussi parce que je n'ai pu qu'être d'accord avec lui sur les pensées qu'il avait. Toutes, je ne sais plus, mais une bonne partie en tout cas.


Niveau écriture maintenant, je n'ai pas grand-chose à dire, c'est très facile d'accès avec une pointe d'humour pas désagréable du tout, mais à cela il y a quand même un bémol. Il y a trop de citation. Alors j'aime beaucoup les citations, j'adore les citations même ! Mais le fait qu'Adam s'en raconte constamment agace. Ca le rend beaucoup moins réel. Mais bon à part ça et les quelques longueurs rien à dire. A part peut-être sur la fin qui m'a laissée mi-figue mi-raisin, elle était bien partie mais elle ne se finit pas très bien. du coup faut bien dire que c'est un peu rageant, même si cette scène est très riche. Les hommes qui détruisent toutes sources de Lumière (ou qui essayent de l'attirer à soi) par intérêt, par haine, par peur, c'est toujours triste faut bien le dire.


En résumé c'est une lecture très riche que je conseille.

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31 août 2014

"Le ruban" d'Ito Ogawa

"Le ruban" d'Ito Ogawa

le ruban roman

Résumé :

Sumire est passionnée par les oiseaux. Quand elle trouve un oeuf tombé du nid, elle le met à couver et offre l'oisillon à sa petite-fille Hibari, en lui expliquant qu'il est le ruban les reliant à jamais. Mais un jour l'oiseau s'enfuit de sa cage, apportant joie et réconfort partout où il passe.

Mon avis :

IL n’y a que les asiatiques et particulièrement les japonais pour écrire ce genre de roman un peu excentrique au premier abord mais qui finalement se révèle très simple et profond.

Alors il est vrai que passé la magie de la découverte du livre, j’ai commencé à m’ennuyer assez rapidement sur cette lecture comme je le disais dans la page 100. La première partie s’étalant un peu trop dans le train-train quotidien de Sumire et Hibari, où, il faut bien dire qu’il ne se passe pas grand-chose et où les personnages restent un peu trop nébuleux à mon goût.

Néanmoins, passé toute cette partie de présentation et de train-train, au moment où Ruban prend son envol, le roman qui se transforme en nouvelle devient beaucoup plus intéressant à lire, car de là il possède une toute autre dimension. Une dimension plus furtive comme un vol d’oiseau, une profondeur plus proche de l’existence et de sa condition, avec ses surprises, ses bonheurs, ses déceptions, ses calmes et ainsi de suite.

A ce moment précis des nouvelles, c’est avec plaisir que j’ai quitté le monde intérieur d’une petite fille, pour toucher plus vastement celui de la vie humaine et ses vicissitudes plus graves. Néanmoins les retrouver sur la fin m’a énormément plu, car Sumire et Hibari ont quitté ce côté brumeux et inaccessibles, pour devenir plus réelles, plus mûres.

Bref. « Le ruban » d’Ito Ogawa, fait typiquement partie des romans qui enchantent, qui touchent (j’ai eu des fois ma larme à l’œil) le lecteur par sa simplicité et sa profondeur.

Mais au-delà de ça, « Le ruban » c’est aussi un roman où l’occident et l’extrême orient s’entremêlent, et c’est une autre partie de ce livre que j’ai adoré, puisque j’ai trouvé ce Japon occidental qui a les mêmes préoccupations que nous, mélangé à cet esprit calme et lucide qui sculpte la culture et l’identité du Japon. Personnellement j’ai vraiment senti et apprécié leur lucidité sur la condition humaine, qui est notamment magnifiquement représentée par les quelques phrases sur la rose. Et ça ma doublement plu car déjà je suis très proche de cette manière de vivre et de pensée, mais aussi parce que ça change des romans occidentaux que j’ai l’habitude de lire, et où tout a une fâcheuse tendance à tout se transformer en drame de fin du monde.

Dernier point qui m’a enchantée dans ce livre, le message qu’il comporte. A savoir cette idée que le bonheur ne doit pas être égoïste et prisonnier, qu’il faut savoir le laisser voler de ses propres ailes quand le jour sera venu. C'est une très belle leçon je trouve, et ça m'a beaucoup plu de la voir. D’ailleurs ce livre m’a rappelé ces quelques vers de William Blake que je trouvais très approprié :

 Qui veut lier à lui-même une joie

De la vie brise les ailes.

Qui embrasse la joie dans son vol

Dans l’aurore de l’éternité demeure

Enfin bref, c’est vraiment un livre que je recommande pour sa vision de la vie, ses blessures et ses guérisons. Pour cet espoir, cette lumière que représente cet oiseau. Pour ce fil ténu qui relie l’invisible au visible. Pour faire simple ce livre c’est une bulle de coton. Je suis conquise !

 

D'autres avis ici.

25 août 2014

"Faux nègres" de Thierry Beinstingel

"Faux nègres" de Thierry Beinstingel

roman faux nègres

Résumé :

Lors de la dernière présidentielle, c’est dans un petit village de l’est de la France qu’un parti d’extrême droite réalise son meilleur score. Des journalistes sont dépêchés pour se pencher sur le phénomène. Parmi eux, de retour en France après avoir passé vingt ans au Moyen-Orient, coupé du pays natal depuis trop longtemps pour manier un discours de circonstance, Pierre arrive sur les lieux. Accompagné d’un preneur de son aveugle, hébergé dans un gîte rural, il écoute les habitants éluder ses questions, parler d’invasions qu’ils n’ont pas subies ou évoquer une pierre préhistorique enfouie sous les fondations de l’église. Chacun réinvente une histoire différente mais les protagonistes ignorent encore qu’un drame va les réunir. Mêlant une narration romanesque avec le langage collectif, Faux nègres confronte notre histoire avec l’actualité la plus récente.

Thierry Beinstingel est l’auteur de dix romans, parmi lesquels Retour aux mots sauvages (2010) et Ils désertent (2012) pour lequel il a reçu le prix Eugène-Dabit du roman populiste et le prix Jean-Amila-Meckert.

Mon avis:

Alors je vais être franche de suite, je n’ai pas fini ce livre. Je n’y suis pas du tout arrivée, à titre d’information il m’a fallu deux semaines pour lire moins de 200 pages ! Je vous jure que le mot « soporifique », ne décrirait pas assez bien ce que j’ai ressenti en lisant ces feuilles. En fait sur ce que j’ai lu, il ne se passe absolument rien ! A part une succession de détail sans importance, je pense notamment à une clôture et sa maison, ce livre ne comporte rien de consistant et de passionnant. (D’ailleurs message à ceux qui l’ont fini, je veux bien que vous me dites quand commence l’histoire.)

Ce livre comporte donc une tonne de description qui ne sert à rien, mais en plus de cela j’ai eu aussi l’impression qu’il s’éparpillait dans tous les sens. En effet, on a droit à la vie de Rimbaud, à celle du personnage principal, de son collègue, mais aussi à celle du village entier (ou presque). Ce qui fait un peu beaucoup pour une question au final je trouve.

Et d’ailleurs tout ça pourquoi ? Je ne sais pas. On ne sait pas. Sur les 200 pages que j’ai lu, alors que le livre en comporte 422, l’auteur ne raconte rien de concret. Alors il raconte des choses, mais c’est tellement hachée dans l’écriture, ce n’est tellement pas passionnant que… stop ! Impossible d’aller plus loin.

En fait si je devais comparer ce livre à quelque chose d’autre, je le comparerais à un épisode de Derrick. Je vous jure que c’est aussi fun, et très franchement j’ai vraiment eu l’impression que l’auteur a écrit un livre pour ne rien dire, parce que j’ai survolé le reste, et même en survolant je n’ai rien vu d’intéressant. Pourtant ce n’est pas ce que laisser entendre le résumé, dommage.

Alors je suis vraiment navrée auprès de tout le monde de ne pas avoir aimé ce livre, mais je n’ai pas pu faire autrement. Maintenant pardonnez mes offenses, soyez sympa.

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