Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

17 mars 2019

"Esther et Mandragore : une sorcière et son chat" de Sophie Dieuaide

Esther et Mandragore : une sorcière et son chat de Sophie Dieuaide

Source: Externe

Résumé :

Événement à l'école des sorcières : Esther, élève de première année, a reçu le Premier prix de Curiosité ! Elle reçoit un laissez-passer pour l'Autre monde, celui des humains. C'est Mandragore, son chat, qui va être content, lui qui ne pense qu'à faire la sieste ! D'autant qu'il leur faut aider Zoé à retrouver son chat. Quelques tours de magie ne seront pas de trop !

Mon avis :

Esther et Mandragore, c’est une histoire de sorcière sympathique et de son chat grincheux. (Oui comme le nain.) Grâce à sa curiosité et à l’école des sorcières, elle vit dans notre monde pour un certain temps, où elle est logée chez une sorcière qui y vit depuis longtemps. Pourquoi ? mystère. Et on n’en sera pas plus dans ce livre là.

Dans l’ensemble, j’ai apprécié ce petit livre rapide, car l’histoire sans être folichonne est agréable, vu qu’Esther détourne un peu le règlement qui interdit de faire de la magie devant les humains. De plus, avec Mandragore le chat qui parle parfois devant les autres ça donne quelques scènes qui rajoutent un peu du comique à l’histoire. Surtout que le félin ne manque pas d’humour.
Cependant petit point négatif, je regrette que tout soit trop rapide au niveau des descriptions, et des descriptions des mondes en particulier. Surtout celui de la magie où l’auteure laisse planer quelques mystères, mais même pas un début de réponse... Un peu rageant pour une série qui est censée vendre du rêve ! Mais comme c’est une série, peut-être que le lecteur en sera plus par la suite. C’est à souhaiter en tout cas.
Néanmoins, je précise que le décalage entre les deux mondes est plutôt bien raconté, toujours très vite, mais là c’est un peu plus développé, on voit bien l’incompréhension, le décalage des habitudes, etc...

En résumé, un début prometteur, une mise en page claire accompagnée par quelques beaux dessins, mais à souhaiter que la suite soit un peu plus descriptive. L’aventure ça va, c’est banal mais ça passe, par contre je trouve qu’il manque un peu de profondeur même pour des enfants. Toutefois, ce n’est pas ça qui les empêchera d’apprécier cette mimi petite série aux couleurs Halloween.

Merci à Lecteurs.com et les éditions Talents Hauts.


08 décembre 2016

Sorcière, sorcière, prends garde à ton derrière.

Les plus terribles affaires de sorcellerie de Louise-Marie Libert

Source: Externe

Résumé :

Dans l’imagination populaire, la grande vague hystérique de sorcellerie, de sabbats et de procès terrifiants de cruauté, avec leurs interrogatoires sadiques et l’horrible issue du bucher, est indissociable de l’image d’un Moyen Âge obscurantiste.

Or, la majorité des hallucinants procès de sorcellerie se déroulèrent du XVe à la fin du XVIIIe siècle et servirent à focaliser, sur des boucs émissaires, la colère d’une population mise à mal par les famines et les guerres interminables.

Le dégoût et la peur qu’inspirent les maléfices – potions répugnantes, meurtres rituels d’enfants,… – au peuple justifient des exorcismes obscènes et des procès accompagnés de tortures effroyables. Cependant, derrière ce tableau effarant de la sorcellerie « ordinaire », se dessine une autre réalité, celle des faux procès de sorcellerie qui sont en fait des règlements de comptes politiques déguisés, bien plus nombreux qu’on le pense. Cet autre visage de l’usage d’accusation de sorcellerie recèle bien des surprises et révèle de curieux mystères…

Mon avis :

Les plus terribles affaires de sorcellerie parle de l’histoire de la sorcellerie à travers le Moyen-âge et l’Ancien régime.
Découpant le livre en différente partie, l’auteure va aborder les divers aspects que ce sujet soulève. Après une courte et triste présentation des livres et des auteurs qui ont guidé l’Inquisition dans ses jugements et ses pratiques ; Louise-Marie Libert va ensuite aborder quelques grandes, ou moins grandes, affaires de sorcellerie qui ont marqué l’histoire comme : le procès Jeanne d’Arc, Gilles de Rais, Urbain Grandier…, où la politique n’est jamais bien loin ; pour finir par approcher la problématique par qui tous les malheurs du monde arrive : la femme. (Bien plus victime de l’inquisition que les Hommes).

Comme on le constat, l’approche n’est pas si mal et elle est assez complète. L’auteure va bien décrire la mentalité de l’époque et notamment celle du clergé frustré sexuellement, illuminé, sadique et qui voit dans toute femme trop laide, originale, indépendante un signe du malin ; elle va bien décrire aussi les procès expéditifs et les enjeux qu’ils pouvaient cacher surtout avec les hauts personnages où souvent on accusait une personne de sorcellerie pour l’écarter politiquement et/ou récupérer ses biens : les Templiers, la comtesse Báthory et j’en passe en ont fait les frais - mais faut dire que la démarche n’est pas nouvelle déjà dans l’antiquité on recourait au accusation mensongère pour écarter un rival politique. Et enfin, pour finir, elle va aussi aborder l’hérésie qui est l’origine de la chasse aux sorcières. Effectivement, avant les sorcières faisant le sabbat, le problème numéro un était les chrétiens dissidents qui ne suivaient pas fidèlement les dogmes de l’église et ainsi la remettait en cause comme les Vaudois.
Bref, il y a une belle approche du sujet, et je n’ai pas tout cité je précise.

A première vue, tout cela semble bien noir, et c’est vrai que ça n’est pas jojo, cela étant elle nuancera cette époque en mettant en avant quelques personnages comme des ecclésiastiques qui dénonceront les hystéries collectives sur la sorcellerie et qui ont souvent pour origine une folle accusation ou une folle rumeur.

Mais puisque je parle de propos nuancer, à ce niveau je voudrais souligner qu’il y a un gros manque. Je le répète l’auteure explique très bien que les mauvais chrétiens étaient les premiers à être victimes de l’Inquisition, mais sur ce point elle oublie juste un peu de préciser qu’ils n’étaient pas automatiquement torturés et brûlés. En effet si elle explique bien qu’ils étaient pourchassés, elle oublie de préciser qu’ils avaient avant tout la possibilité de se racheter, par des pénitences, des pèlerinages, etc. Et personnellement je trouve que ce manque est énorme, car ça donne une information un peu biaisé du sujet.
Autre chose qui m’a un peu fait sursauter se trouve page 155. En parlant de l’empereur Frédéric II elle approche la figure d’un religieux italien du nom de Salimbe de Adam.
Avec ce personnage, Louise-Marie Libert va raconter à son propos que par un de ses textes il a relancé les terreurs de l’an mil. OK, mais disons que pour relancer les terreurs il y aurait déjà fallu les lancer une fois. En effet il est plutôt admis aujourd’hui que cette fameuse terreur est d’avantage un mythe qu’une réalité. Si une chose inquiétée à l’époque c’était plutôt le Salut - comme à toutes les époques au demeurant, mais pas "le jour du Dies irae" comme dirait l'autre.

Le dernier point que je trouve un peu bizarre (enfin y en a d'autres mais c'est plus affaire d'opinion personnelle), c’est la « conclusion ». Citer une lettre de 1913 de Paul Claudel à un abbé, pour appuyer l’idée que la croyance en la sorcellerie dans nos sociétés modernes serait encore tenace et ne serait pas que "l'apannage" des "esprits imbéciles", ce n’était pas très judicieux. S'il y a des gens qui croient vraiment en la vraie sorcellerie encore aujourd’hui on ne peut que qualifier ces personnes d’arriérées, mais je ne pense pas qu’on puisse penser que c’est une pratique répandu comme le sous-entend pour moi ce passage. Peut-être que ça vient de moi, mais j’ai vraiment trouvé ce passage curieux. Tout comme prendre une lettre de plus de 100 ans d'un imbécile - quand bien que ça soit Paul Claudel - qui y croyait pour décrire une époque très actuelle. J'admets que lé démarche je la trouve un peu bizarre là.

Bref. C’était une lecture sympa, instructive et beaucoup plus facile à lire que Les hérétiques au Moyen-Âge de André Vauchez (éditions CNRS), mais voilà je ne conseillerais pas que ce livre pour le sujet. Y a certaines choses qui fait que je conseillerai d’autres lectures sur le sujet pour compléter celui-là,qui je le rappelle n'est vraiment pas mauvais.

 

Merci aux éditions La boîte à Pandore.