Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

27 juillet 2016

"Je voulais juste vivre" de Yeonmi Park

Je voulais juste vivre de Yeonmi Park

je voulais juste vivre park

Résumé :

Yeonmi a 13 ans, sa courte vie est déjà marquée par le désespoir. Elle n’a qu’une solution : fuir son pays, la Corée du Nord. Elle ne se doute pas que le chemin vers la liberté va l’entraîner en enfer…
 
Après des années de privations et de harcèlement, par une nuit glaciale, Yeonmi, 13 ans, et sa mère, réussissent à traverser le fleuve Yalu qui marque la frontière entre la Corée du Nord et la Chine. Elles laissent derrière elles leur pays natal et ses horreurs : la faim, la délation constante et surtout une répression impitoyable et le risque permanent d’être exécutées pour la moindre infraction. Mais leur joie n’est que de courte durée. Rien ne les a préparées à ce qui les attend entre les mains des passeurs. Après plusieurs années d’épreuves inhumaines et un périple à travers la Chine et la Mongolie, Yeonmi atteint finalement la Corée du Sud.
 
À 22 ans, Yeonmi est désormais une combattante : c’est l’une des plus influentes dissidentes nord-coréennes et une activiste reconnue des droits de l’homme.

« L’une des histoires les plus déchirantes, et des plus inspirantes, que j’ai jamais lues. On ne peut plus l’oublier » The Bookseller
 

Mon avis :

Il y a deux ans à peu près, j’avais déjà eu grâce à un roman réaliste La vie rêvée de Jun Do une première approche de ce qui se passait en Corée du Nord, pays fermé à l’extrême et dirigé par une famille horrible. Ce livre m’avait fait découvrir déjà beaucoup de chose en plus de venir affirmer ce que je savais déjà, mais aujourd’hui le livre de Yeonmi Park vient compléter ce sombre tableau. D’une part parce que Yeonmi Park va nous faire découvrir la véritable dimension psychologique que prend le régime dictatorial sur les coréens du nord à force de propagande, en plus de nous faire découvrir le mode de fonctionnement de la société, et d’autre part parce qu’elle va nous faire découvrir l’après Corée du Nord que l’auteure vivra avec sa famille suite à sa fuite de ce pays où il est interdit de se plaindre des magnifiques conditions de vie…

Ce livre raconte donc des histoires, c’est un témoignage qui parle de plusieurs vies, mais à l’inverse du témoignage nombriliste qui raconte juste pour raconter - genre de livre que l’on voit souvent -, ce bouquin cherche avant tout à dénoncer les crimes que la Corée du Nord fait subir à ses habitants mais aussi à dénoncer la position de la Chine sur les réfugiés Nord-Coréens, qui par manque de reconnaissance se trouvent être victimes du trafic humain et réduits à l’état de rien afin d’échapper au renvoi dans le paradis socialiste de Corée du Nord.

Dans ces pages, l’auteure, pour aborder ces différents sujets que sont ; l’exclusion, la misère, la maladie, la peur, la souffrance, l’injustice, la survie, la fatigue, la propagande, etc., part de son enfance, remonte à ses ascendants, raconte les trafics de son père pour faire vivre sa famille qui souffre comme tout le pays de la famine puis son arrestation et les conséquences que cela entraîne. (Et là on a une belle image de la Corée du Nord.)
Elle raconte encore son histoire de fille vendue, mais aussi sa nouvelle vie libre où l’adaptation fut difficile quand dans toute ta vie les autres ont tout choisi pour toi, quand tu n’as pas appris à penser par toi-même et quand en plus tu dois rattraper des années de retard d’éducation.

Bref. Vous vous en doutez, ce livre n’est pas facile à lire, il y a tellement de choses exécrables et tristes dedans. Tellement de combat. Mais quand même, à la fin quelle joie de la voir se battre et tenir tête à la famille Kim qui en fait une personne anormale et dangereuse dans sa propagande.
Cependant cette joie est en demi-teinte, en effet combien de personnes sont encore des esclaves en Chine ? En Corée du Nord ? Combien sont arrêtées arbitrairement pour une rumeur ? Pour avoir rêvées d’une vie meilleure ? Combien de jeunes prennent des risques pour vivre une jeunesse joyeuse ? Une jeunesse qui veut porter des jeans, regarder des films. Combien meurent dans des camps de rééducation ?...

Au final, ce livre n’est pas bouleversant, il est révoltant. Et même si je ne vois pas en quoi un livre ferait changer les choses, surtout quelque chose d'aussi grand et tenace, c’est malgré tout un livre que je conseille pour savoir. Et pour ma part et parmi tous les voeux que je souhaite faire, je souhaite qu'un jour la Chine et la Corée du Nord connaissent enfin la liberté. Oui, je souhaite en même temps que cette jeune fille, rejoignant ainsi le souhait de Tian'anmen, que ces dictatures tombent pour un régime meilleur.

Merci aux éditions Kero.


22 juillet 2016

"Mon père, ce collabo" de Jean Buvens

Mon père, ce collabo de Jean Buvens

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Résumé:

Jean Buvens a 10 ans, en 1944, lorsqu’il comprend peu à peu le rôle de ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale : sa mère parcourt les rues de Bruxelles à la recherche de noms juifs sur les sonnettes, son père revient les soirs de rafles les bras remplis de jouets d’enfants.
Chauffeur pour la Gestapo, son père aidera les nazis en tant que dénonciateur mais, une fois leur pion devenu inutile, les Allemands n’hésiteront pas à les exiler, lui et sa famille, dans une cave en Allemagne.
Jean, petit garçon, observe les actions de ses parents, perplexe, en tentant tant bien que mal de discerner leurs actes corrects et ceux, honteux, bien plus nombreux.
Voici les effets collatéraux de la guerre sur un enfant et le développement de relation d’amour et de haine entre un enfant et ses parents devenus collaborateurs de l’occupant pendant la Seconde Guerre mondiale.
Jean Buvens, aujourd’hui, veut exprimer, en son nom, les plus profonds et sincères regrets pour l’irréparable commis par ses parents.

Mon avis :

Mon père ce collabo est un livre qui a l’avantage de raconter la guerre vue par les enfants et de montrer les conséquences que les choix parentaux peuvent laisser sur les poches.

Mais avant toute chose, ce livre va d’avantage mettre en avant une série d’anecdote en rapport avec la guerre, nous montrant ainsi comment les parents de cet homme (à l’époque un enfant), s’y prenaient pour dénicher les juifs, pourquoi ils ont probablement choisi ce camp - la vénalité n’était pas étrangère à cela -, et nous montrant comment s’est passé la fuite de ses parents collaborateurs et donc la sienne puisqu’il les a suivi, et cette dernière lors de la débâcle allemande n’étant pas sans danger entre les bombardements et le reste.

Outre la guerre l’auteur va nous raconter les bons et mauvais moments qui ont suivi la guerre, les bons avec son grand-père, quelques professeurs, etc., et les mauvais avec quelques professeurs (bonjour la prison en guise de collège) et ses parents et en particulier sa mère qui l’abandonna quasiment lors de leur fuite. Mais au-delà de la simple anecdote ces passages-là sont particulièrement intéressants pour comprendre le comportement un peu rebelle de l’auteur à l’adolescence, qui était probablement à la recherche d’un peu d’amour paternel et maternel ( ?) et de stabilité. Mais aussi comprendre l’homme actuel.
On notera aussi qu’encore aujourd’hui Jean Buvens a encore beaucoup de griefs contre ses parents décédés. On sent qu’il a du mal à pardonner leur comportement de collabo et parental.   

Bref!

Comme vous l’avez compris c’est un récit personnel émaillé de faits historiques, cela étant pour ces derniers je ne sais pas trop comment les prendre. En effet comme j’ai trouvé une erreur de date à la page 106, les bombes atomiques ont été lâchées sur Hiroshima et Nagasaki le 6 et 9 août 1945 et non en septembre 1945, je ne sais du coup pas trop si l’auteur a bien su retranscrire certaines choses qu’il aurait vu. Bon après c’est peut-être juste une erreur d’inattention mais cette erreur réduit un peu la confiance qu’on peut avoir sur le livre et ces faits.
Mais malgré ça c'était une bonne lecture qui fait découvrir la guerre autrement. A tenter si 39-45 vous intéresse.

Merci aux éditions Jourdan.

11 juin 2016

"Ma vie en suspens" de Susannah Cahalan

Ma vie en suspens de Susannah Cahalan

Source: Externe

Résumé :

Susannah Cahalan, vingt-quatre ans, se réveille entravée sur un lit d’hôpital. Incapable de bouger ou de parler, elle n’a aucun souvenir de la raison pour laquelle elle est là. Celle qui, quelques semaines plus tôt, était une jeune fille en bonne santé, vivant sa première relation sérieuse et promise à une brillante carrière de journaliste, se retrouve désormais cataloguée comme psychotique violente, abrutie de médicaments. Que s’est-il passé?
Ma vie en suspens est l’histoire incroyable mais vraie d’une plongée inexplicable dans la folie. Susannah Cahalan raconte sans fard et sans concession cette descente aux enfers et son combat pour reprendre le dessus, retrouver son identité. Adoptant le point de vue de la journaliste, elle dresse la chronique de sa maladie : les crises de violence alternant avec un état de catatonie, les examens coûteux ne donnant aucun résultat, l’éventualité d’un internement à vie et enfin, après un mois de calvaire, l’arrivée d’un nouveau médecin dont le diagnostic lui sauvera la vie.

Mon avis :

Ma vie en suspense est l’histoire incroyable mais vraie d’une jeune fille de 24 ans qui va voir sa vie et sa raison bouleverser pour une maladie rare qui avant d’être découverte la fera passer pour bonne à interner. Crise d’angoisse, comportement maniaco-dépressif, paranoïa, hallucination, cette jeune fille a en effet tout du comportement psychologique dérangé. Pourtant malgré les apparences Susannah est atteinte d’une maladie rare qui met son esprit et son corps en grand danger.

Ce livre raconte ce parcours…, semé d’embûche, d’incompréhension, et de souffrance. D’amour et de patience aussi. Malgré sa maladie on peut dire que Susannah a eu beaucoup de chance d’être aussi bien traitée et entourée. Famille, médecins (certains pas tous), amis, ne l’ont jamais abandonnée et ont tout fait pour l’aider, même si le départ n’a pas toujours été simple.

Ce livre est raconté par Susannah elle-même, c’est un mélange de journalisme et de récit et il se lit comme un roman, mais figurez-vous qu’elle ne garde que peu de souvenir de cette période, voilà pourquoi au début elle n’oublie pas de préciser au lecteur que malgré ses différentes sources qui vont des vidéos de surveillances de l’hôpital, au carnet qu’entretenaient ses parents pour parler car ils sont divorcés, en passant par son dossier médicale, etc., elle peut se montrer partiale dans ses propos. Cela étant je n’ai pas vraiment remarqué une prise de position particulière de la part de l’auteure, au contraire je l’ai trouvé juste avec elle-même, ne se pardonnant aucune méchanceté et n’excusant aucunement son comportement. On ressent d’ailleurs une grande souffrance chez-elle, souffrance dû à sa méchanceté paranoïaque, son comportement terrible, et à l’impact de sa maladie sur ses proches. Honnêtement j’ai eu beau chercher je ne l’ai pas trouvé partiale.

Mais à côté de toute cela, ce livre comme tant d’autres, montre encore une fois les limites de la médecine mais aussi sa rapidité à émettre des diagnostiques qui peuvent se révéler lourd de conséquence que ça soit par l’enfermement ou la mort. Que serait-il advenu de Susannah si elle n’était pas tombée sur un médecin compétent qui a pris le temps de chercher ? Elle encore a eu de la chance mais combien d’autres passent au travers ?
Bien plus qu’un témoignage ce livre est aussi utile par son côté de mise en garde sur un système trop bien huilé. Attention, je ne veux pas dire que la médecine est nulle mais je remarque un peu partout qu’elle se remet rarement en question sur son fonctionnement. Car là je parle d’un mauvais diagnostique, mais le comportement de certains médecins que l’on retrouve dans ce livre est lui aussi abject. Ils parlent de cas, mais ne regardent pas où ils en parlent ni devant qui ils en parlent, pas plus qu'ils n'hésitent pas à écrire n'importe quoi sur les patients. Ici un médecin traitant n'hésitera pas à dire qu'elle fait un sevrage alcoolique !!! Alors qu'elle est juste en train de mourir car des anticorps s'en prennent à son cerveau. (Voyez l'écoute attentive du médecin et le professionnalisme...)

En conclusion c’était un livre prenant mais aussi hallucinant de par son histoire. Je recommande !

Merci aux éditions Denoël.

 

Editions Denoël 400 pages
Collection : Impacts
Traduit de l'anglais américain par Elsa Maggion
Parution 26/05/2016

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25 septembre 2015

"1945. Le retour des absents" d'Alain Navarro

"1945. Le retour des absents" d'Alain Navarro

1945 le retour des absents

Résumé :

Plus de deux millions de Français sont rapatriés entre le printemps et l’été 1945. C’est le grand retour des absents. Une séquence capitale pour signifier qu’une parenthèse se referme. 
Le message offi ciel : la nation est prête à les accueillir, tous égaux, pour reconstruire une France unie. Au-delà des slogans, la rentrée en masse va se charger de remettre chacun à sa place. En haut de la « hiérarchie » vont vite fi gurer les déportés politiques.
Puis viennent les prisonniers militaires, exilés du pays et de l’histoire depuis cinq ans. À l’égard des autres, les travailleurs volontaires et requis du STO, ou encore des « Malgré-nous »,Alsaciens et Mosellans, enrôlés sous uniforme allemand, le regard traduit la gêne. Et puis le fl ou et l’opacité se font sur les victimes juives, ainsi au Lutetia, où parviennent les rescapés des camps de la mort. C’est tout ceci que révèle le fonds d’une exceptionnelle richesse des archives de photographies et de récits oubliés de l’Agence France-Presse.

Écrit d’une plume alerte, cet ouvrage se lit comme un recueil de nouvelles.
Il enrichit grandement notre connaissance de l’immédiat après-Seconde Guerre mondiale, donne profondeur et sens à certaines photos que l’on connaissait tout en mettant en lumière de très nombreux documents rares ou inédits.

Annette Wieviorka
Mon avis :

Avant de lire le résumé de ce livre j’avoue que je ne m’étais jamais posée la question sur ceux qui étaient revenus de leur emprisonnement après 39-45, et sur l’état de France. Bon comme tout le monde je savais que l’on ne parlait pas des déportés car on ne voulait pas en entendre parler, comme tout le monde je savais que la France comme bien d’autres pays était ruinée, et qu'elle voulait garder et valoriser une image de résistance, mais ça s’arrêtait à peu près là.
Enfin presque, car pour ma part j’imaginais aussi une France heureuse d’être délivrée, qui comprenait les problèmes de pénurie, mais qui était aussi animée d’un esprit de franche camaraderie et prête à tout reconstruire.
He ben en faite j’étais loin des réalités ! Surtout sur l’esprit de franche camaraderie en fait, vu qu’il y a eu des manifestations de prisonniers de guerre, des récupérations politiques et autres dissensions gouvernementales, sans oublier bien sûr celles au sein de la population – et ceci en plus de l’épuration.

Pour le reste par contre, j’étais finalement assez ignorante en fin de compte, puisqu’en effet je n’imaginais même pas les difficultés des juifs pour récupérer leur appartement occupé par d’autres et que ces derniers avaient acheté honnêtement, pas plus que j’imaginais les différences de valeurs entre les prisonniers. Pour ça je dois avouer que ce livre tout en photo et textes explicatifs m’a bien ouvert les yeux, sur cette période que finalement on est beaucoup à méconnaître.

Autre atout du livre c’est qu’il aborde aussi de très près la détresse humaine. Inconnu ou célébrité comme Léon Blum, Alain Navarro va nous faire découvrir quelques parcours qui donnent à voir, l’horreur de cette guerre (bien que ça ne soit pas nouveau), l’incertitude dans laquelle certains prisonniers de marques vivaient, la difficulté de reprendre une vie normale comme ce fut le cas pour cette petite fille Viviane qui s’est retrouvée à la libération avec deux mères, ou bien encore la difficulté qu’il y a eu à rapatrier des personnes qui ne souhaitaient qu’à rentrer.

Bref, c’est un livre qui fait un tour d’horizon varié sur cet après-guerre, qui approfondit un sujet dont on parle peu ; et je n’ai pas tout dit ici, mais d’autres sujets comme celui de l’église sont abordés aussi. C'est un livre que je conseille sans problème.

Merci aux éditions Stock.

25 juin 2015

"Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde" de Collectif

"Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde" de Collectif

le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde

Résumé :

La religion chrétienne est aujourd'hui la plus menacée au monde. 150 à 200 millions de chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes) sont discriminés ou persécutés à travers la planète. Au Proche-orient, en Afrique subsaharienne, en Asie, les chrétiens sont la cible de groupes armés et d'organisations terroristes. Ils subissent aussi des pressions sociales et des répressions d'appareils d'État. Surveillance, intimidations, assassinats, " épuration religieuse " comme en Irak sur le territoire de l'État islamique : la condition des chrétiens provoque une inquiétude de plus en plus forte dans la communauté internationale. Plus qu'une question de liberté religieuse, cette hostilité grandissante compromet l'existence même d'une civilisation et de ses valeurs. Le sort des chrétiens interpelle non seulement les croyants, mais aussi les non-croyants, les intellectuels, les gouvernements et les organisations non-gouvernementales. Plus de 70 témoignages, reportages et analyses d'experts de 17 nationalités Dirigé par le français Jean-Michel di Falco, le britannique Timothy Radcliffe et l'italien Andrea Riccardi, le Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, coordonné par Samuel Lieven, regroupe les contributions des plus grands experts mondiaux : historiens, journalistes, observateurs, représentants d'oNG et personnalités religieuses. Un livre indispensable pour savoir et comprendre

Mon avis :

Ce livre a été écrit par 70 auteurs, et il réunit études et témoignages afin de nous faire découvrir la vie des chrétiens dans le monde, et plus particulièrement les persécutions dont ils sont victimes - puisqu’aujourd’hui les chrétiens sont les plus persécutés dans le monde, même si bien-sûr ce ne sont pas les seuls.
Maintenant, pour parler de ce livre je vais le couper en deux parties. Je vais mettre d’un côté les pays musulmans ou à forte majorité musulmane (qui tiennent la plus grande place dans le livre), et de l’autre côté, le reste.

 

Alors pour commencer et en ce qui concerne les pays musulmans on remarquera de suite à cette lecture que c’est là où les chrétiens sont les plus vulnérables aujourd’hui, et ce quel que soit le régime. Je veux dire par là qu’il soit extrémiste ou modéré, bien que dans le premier cas c’est pire que dans le deuxième. En effet, si dans le deuxième cas ils souffrent « seulement » de discrimination avec par exemple l’interdiction de faire certains métiers, d’injustice, d’inégalité, de décisions arbitraires venant des autorités comme avec par exemple le choix de la religion, de violence ; dans le premier cas ça va jusqu’à la conversion forcée, au massacre, en passant par la pratique cachée de la foi.

Pour continuer sur ces pays, ce livre va bien sûr s’avérer utile pour découvrir la vie des chrétiens en terre d’islam, mais s’avérer aussi utile pour découvrir une partie de l’histoire de ces nations et l’importance de l’identité musulmane sur ces pays. Une importance qui va jusqu’aux refus de considérer les minorités religieuses, jusqu’au refus de donner la liberté de religion notamment aux musulmans (à part la Tunisie aucun pays n’accepte la liberté de choisir sa religion, quand on est musulman on doit le rester à vie même si ce fut une erreur d'enregistrement à la naissance), et le refus d’égalité entre humains comme le montre la déclaration du Caire sur les droits de l’homme en Islam (1992).

Cela dit je dois quand même préciser, que dans certains pays la religion n’est parfois que le prétexte d’une lutte pour le pouvoir, et parfois que le prétexte pour régler des vieux comptes entre tribus. Même si bien sûr dans beaucoup d’autres cas le réveil d’un islam rigoriste ne cache pas la haine de l’occident et de ses valeurs, et sert aussi de protection afin de refuser le progrès sociales et le fonctionnement du monde, et ça c’est d’ailleurs une mentalité que l’on peut remarquer dans nos pays

 

En ce qui concerne le reste maintenant, c’est-à-dire les autres pays, les histoires contre les chrétiens sont par contre plus différentes et variées. En Amérique Latine se sont des mafias qui s’en prennent aux chrétiens et à leurs représentants, car ces derniers luttent pour la démocratie, l’éducation, l’égalité, la justice et les droits des plus défavorisés (ce que généralement les chrétiens font de partout). Alors qu’en Chine ou en Corée du Nord ce sont des régimes politiques dictatoriaux qui ont une approche particulière des religions, en voyant ça d’un très mauvaise œil soit parce que comme en Amérique Latine ils veulent amener la démocratie et les droits de l’homme, ou soit parce qu’il est interdit de vénérer autre chose que le dirigeant.

Cela étant les tensions religieuses existent aussi dans ces pays. En effet, on le voit par exemple avec les bouddhistes du Sri-Lanka ou en Inde, où là les chrétiens sont la cible préférés des hindouistes car ils sont non-violents et moins dangereux que les musulmans. Sans oublier que le pétrole et autres idées politiques jouent aussi un rôle dans ce dernier cas.

 

Cependant si des choses m’ont fait halluciner en lisant ce livre, je dois quand même dire que je ne suis pas tombée des nues à chaque fois. Certaines choses on les connait déjà où on s’en doute déjà, comme avec par exemple la Corée du Nord où on sait que les religions sont persécutées car seul le dirigeant doit être vénéré, ou encore avec la Chine où on se doute que ça ne passe pas très bien avec les chrétiens et le Vatican, quand on voit que ça ne passe déjà pas avec le Dalaï-Lama.
Idem aussi quant à la déclaration des droits de l’homme en Islam, à part le fait que j’en avais déjà entendu parler ailleurs, on sait que ça n’a rien d’étonnant quand on s’attarde un peu plus sur leurs mentalités, sur leur régime politique, et sur leurs textes sacrés qui sont loin de parler que d’amour, de paix, et d’égalité.
Bref, en lisant ce livre on ne sera pas toujours étonné. Cependant j’admets qu’une chose m’a déconcertée dans ces pages, et cette chose c’est cette propension des chrétiens à être non-violents. J’avoue que là-dessus je n’ai pas pu m’empêcher de les trouver stupides. En effet, j’ai beau ne pas aimer la violence, j’admets que je ne vois pas l’intérêt d’être non-violent dans des milieux violents et même barbares. Honnêtement prier, attendre un miracle, attendre que ça passe, ou « vouloir » jouer les martyrs je trouve ça bête.
Aussi bête que d'avoir besoin d'un livre pour dicter sa conduite en fait.

Bien sûr on peut me dire que répondre à la violence par la violence c’est stupide, ça l’est probablement -ou presque-, mais je trouve ça moins stupide que de subir sans rien dire et sans presque rien faire face à la violence et la haine. Alors tous ne sont pas dans ce cas-là heureusement, dans certains pays d’Afrique notamment, quelques chrétiens ne se laissent pas faire, mais beaucoup d’autres n’ont hélas pas compris cela. Certes le message évangélique rentre en ligne de compte dans ce comportement (si on leur donnait des armes ils les refuseraient) beaucoup restent aussi parce que c’est leur terre, par solidarité aussi, mais chez-moi ce n’est pas une raison suffisante pour subir sans rien faire de concret.

 

Bon là je parle surtout des persécutions, mais sachez que ce livre n’aborde pas que ce côté-là. A travers quelques passages il va faire un état des lieux plus général de l’espèce humaine et de nos sociétés, pour voir où tout cela peut mener.
Néanmoins, j’avoue que certains de ces passages m’ont parfois inquiétée quand par exemple ils disent que nos sociétés devront faire avec la religion (je prends ça pour une régression), quand ils ne m’ont pas carrément énervée par leur côté moralisateur.
Bon je ne dis pas que ce n’était pas intéressant, loin de-là !, j’ai même souvent partagé les opinions de ces auteurs, mais en toute franchise ça n’a pas toujours été le cas, par exemple avec certains passages sur les chrétiens en France (comme beaucoup je pense sincèrement que les agressions contre les chrétiens et leur lieux de cultes n’intéressent pas le gouvernement, et je précise que je ne suis pas croyante), ou encore avec un passage de la page 806.

A propos de ce dernier d’ailleurs, j’ai juste envie de dire que je n’ai pas envie de soutenir ni de comprendre les musulmans qui remettent en cause certains aspects de la culture occidentale qui selon eux dégradent la femme. Certes je suis d’accord une nana à poil et bourrée dans la rue à 2 heures du matin c’est lamentable (idem pour un mec en passant), mais comme elles ont choisi de faire la fête et de s’habiller très léger, je ne vois pas pourquoi on doit les blâmer. Sincèrement je ne vois pas en quoi c’est condamnable, vu que ce sont leurs choix et qu’on ne les a pas forcées à finir ainsi. A la différence des femmes musulmanes qui sont soit voilées de force ou qui se voile par « plaisir » parce qu’elles sont persuadées que c’est normal d’être victimes de la misogynie des garçons vu qu’elles ont été endoctrinées là-dedans, -  oui on ne me fera pas croire qu’on porte le voile par réel plaisir. Je ne peux en effet concevoir qu’on aime être esclave de pratique discriminatoire et de devoir payer la faiblesse des autres, là en l’occurrence l’esprit mal-placé des mecs. (A moins d'être compètement conne ?!)

Tout ça pour dire qu’en toute franchise, j’ai trouvé que par moment il y avait des choses trop bizarres et idiotes dans ce livre. Mais bon c'était à prévoir, car ça c’est une question de point de vue après-tout.

 

Alors cela est la partie importante du livre, mais il faut savoir que ce dernier met aussi en avant quelques lueurs d’espoir –pour celui qui veut y croire- en parlant par exemple de toutes ses actions qui sont entreprises pour que les chrétiens soient considérés dans ces sociétés où ils vivent, où en parlant des quelques rapprochements entre chrétiens et musulmans. Mais personnellement de ces côtés-là je n’attends pas grand-chose, mais qui sait ? Peut-être que l’avenir me surprendra.

 

En résumé c’est un livre que je conseille, car outre le fait que c’est une référence, il est très intéressant pour nous alerter sur une situation terrible et qui ne doit pas nous laisser indifférent qu’on soit athée ou croyant. Cela étant prenez parfois vos distances avec certains passages parce que certains de ces derniers pourraient vous agacer. Bon je n’oublie pas que c’est un terrible documentaire et non un simple roman, mais malgré ça je n’ai pas pu laisser de côté mes convictions et de trouver des choses bêtes de mon point de vue, même si ça était rare.

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31 octobre 2014

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

ma jian chemins de poussière rouge

Résumé :

Victime de la répression menée par les autorités chinoises sur les artistes dans les années 1980, Ma Jian a trente ans quand il décide de quitter Beijing. Au cours d'un périple de trois ans, il découvre un pays aux multiples facettes déchiré entre ses traditions et les effets de sa modernisation. Des plaines de l'extrême ouest au Tibet aux côtes du sud, l'artiste-aventurier livre une vision sans concession du pays qui l'a vu naître, mais dans lequel il n'est plus qu'un étranger.

Mon avis :

Ma Jian est un auteur dissident chinois, Gao Xingjian le prix Nobel de littérature de l’année 2000 en fait une des voix les importantes et une des plus courageuses de la Chine actuelle. N’ayant lu que ce livre-là de Ma Jian je ne peux pas en affirmer autant, cependant il est vrai qu’à première vue il n’a pas tort, car dans ce livre l’auteur ne se montre pas tendre envers le régime chinois, mais en plus à côté de ça il donne à voir une autre face de la Chine. Qui est une face oubliée, pauvre, misérable, traditionnelle, mais aussi multi-traditionnelle malgré le fait que ça soit qu’une Chine sur la carte. En cela c’est vrai que Ma Jian est une voix pour cette Chine oubliée et aussi pour les victimes de ce régime communiste chinois, lui-même en a été victime en tant que journaliste – artiste, ce qui est le point de départ de ce livre d’ailleurs.

Cela dit même si Ma Jian se montre assez critique  sur ce régime unique, ce n’est pas ce que j’ai retenu en premier lieu dans ce livre. Non. Pas du tout. De même pour la quête spirituelle, bien que je l’ai énormément appréciée même si ce n’est pas ce qui a de plus mis en avant.

En fait ce qui m’a vraiment plu dans ce livre, c’est cette découverte de la Chine profonde et quasiment oubliée du gouvernement chinois. Une Chine éloigné de la mondialisation et de ses richesses. Une Chine pauvre, du système D, un peu sauvage et malhonnête ; où les traditions, les superstitions, sont encore très présentes, du moins à l’époque du voyage dans les années 80, depuis ça a pu changer. Mais même s’il est possible que ça ait changé, c’est vraiment quelque chose qui m’a marqué car parfois c’était juste purement dégoûtant, ou même carrément peu scrupuleux, honnêtement le côté traditionnelle et superstitieux m’a bien moins dérangé.  

Un dernier point qui m’a rendu aussi admirative de ce livre, donc de l’auteur, c’est la facilité que Ma Jian possède pour s’adapter à toutes les situations. Vous vous doutez bien que ce voyage à travers la Chine (même si je crois qu’il a été un peu romancé) n’a pas été sans danger et sans problème, et pourtant malgré cela, toujours l’auteur a trouvé un moyen pour gagner deux sous, ou pour se sortir d’une situation fâcheuse ou dangereuse – quitte à mentir ou autre.

Et personnellement cela me rend admirative, car je trouve que cette force de caractère, cette débrouillardise, cette façon qu’il a toujours d’aller de l’avant, sont une belle leçon de vie, même s’il n’a pas toujours fait des choses très légales, - arnaquer les gens par exemple c’est un truc que je ne peux pas faire.

Mais bon malgré ça, ça reste un livre agréable à lire pour cette distance qu’il peut apporter sur la vie, sur notre condition… Quand on lit ce livre on remarque que l’on n’est pas si mal par rapport à d’autre. Même si à côté de ça je mets en garde de prendre pour acquis ce que l’on a, et ceci que ça soit sur n’importe quel plan, tant niveau personnel que social ou encore politique.

Bref ! Tout ça pour dire que c’est un livre à lire pour élargir son horizon. Et quant à moi je vais continuer à découvrir et lire cet auteur car ses oeuvres m'attirent pas mal finalement. D'ailleurs j'avais dû le sentir car j'ai acheté début septembre son dernier roman ^^

Je remercie en passant les éditions J'ai lu.

Extrait : "J'ai traversé ces terres en sachant que jamais je n'y retournerais. Ces villages appartiennent au passé. Ma destination se trouve toujours devant moi, quelque part, sur un autre chemin."

02 juillet 2014

"A l'ombre des arbres millénaires" de Vaddey Ratner

"A l'ombre des arbres millénaires" de Vaddey Ratner

à l'ombre des arbres millénaires

Résumé :

Cambodge, 1975. Raami a sept ans et marche avec une attelle, séquelle de la polio contractée quelques années plus tôt. Elle vit une enfance choyée à Phnom Penh. Son père, poète reconnu, homme doux et raffiné, est un prince de sang royal et règne sur le clan familial. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges envahissent la ville. Aussitôt débute l'horreur, qui va durer presque quatre ans. Les soldats ordonnent à tous les habitants de quitter leurs maisons. L'exode est terrifiant : les malades sont chassés des hôpitaux, des femmes soldats abattent à bout portant des vieillards récalcitrants. Les Khmers rouges décrètent la séparation des familles et la chasse aux familles puissantes comme aux intellectuels. Un jour, l'un des commissaires politiques croit reconnaître le prince et ordonne à la petite Raami de dénoncer ce père qu'elle aime de toutes ses forces. Cette trahison forcée poursuivra Raami toute sa vie...
À l'ombre des arbres millénaires est l'histoire de Vaddey Ratner, un récit d'une force inoubliable, qui reste gravé dans la mémoire, non seulement par son style littéraire mais par la force de son message historique. À travers les liens indéfectibles d'une famille, on découvre la résilience, mais aussi la terreur et la lâcheté.

Mon avis :

C’est terrible à dire, mais j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce bouquin. Je dis que c’est terrible  car trouver si beau un tel livre, c’est au fond peut-être mal placé, puisqu’il montre l’horreur, la stupidité, la méchanceté… du régime Khmer rouge au Cambodge. Et cela est d’autant plus dur à ressentir, quand on sait que l’auteure s’est largement inspirée de sa propre histoire pour écrire ce récit. C’est même dur à lire, car on sait que ça va inévitablement mal se passer. Mais pourtant malgré ça, ce livre m’a véritablement bouleversée, et ça faisait longtemps que cela ne m’étais pas arrivée.

La première raison qui fait que ce livre m’a bouleversée, c’est que l’horreur et le désespoir quotidien, côtoient la poésie, la magie des légendes et des images fantastiques, où les êtres perdus vivent toujours. Des légendes, des poésies, des histoires, dans lesquelles la petite Raami s’enivre chaque jour, et trouve une sorte d’apaisement, même si ça ne la console pas vraiment, puisqu’elle est pétrie de culpabilité et se sent fautive de beaucoup de chose.

Ensuite, et bien au-delà de Raami et de ses images fantasmagoriques, ce qui m’a véritablement bouleversée dans ces pages, c’est bien sûr l’histoire, et plus particulièrement l’espoir sous-jacent qui vit dans cette dernière.

Alors oui bien sûr, l’horreur, la bêtise, la cruauté… du régime communiste Khmer rouge m’ont rendue folle de rage et m’ont remué les tripes, je ne suis pas à ce point-là insensible je vous rassure. Mais cet espoir qui né du sacrifice d’un homme, d’un père, d’un mari, d’un frère, d’un fils, est ce qui a véritablement de plus touchant pour moi dans ce livre. Déjà parce que cet espoir paraît fou et impossible, en tout cas absolument hors-contexte, mais aussi parce qu’il sonne comme un éternel adieu, un éternel pardon, une éternelle leçon... Une éternité qui accompagnera la petite Raami comme une sempiternelle mélodie, il sera son point d’ancrage dans la vie. Et ça c’est juste quelque chose qui est indescriptible. Bien que je n’aie pas pu m’empêcher de trouver ce sacrifice d’espérance parfaitement inutile, un peu trop fou et poétique. Mais il est sûrement trop simple de le trouver inutile longtemps après l’histoire… Surtout que je dois bien admettre que si le sacrifice n’a servi à rien à mon sens, l’espoir, lui, a été payant, malgré les nombreux deuils, malgré les épreuves, malgré l’horreur, malgré les chutes.

Enfin, je me rends compte que je ne vous parle pas de ce livre comme je le voudrais. Je voudrais vous parler du déchirement que j’ai ressenti à la fin et après chaque séparation, des souvenirs qui hantent les êtres, de la culpabilité qui vous assomme après chaque perte. Je voudrais tellement vous parler plus longuement de ce livre, vous montrer à quel point c’est un bijou, mais voilà je n’y arrive pas. Alors je n’ai qu’une chose à dire, lisez-le ! Il en vaut la peine.

Je remercie les éditions Denoël pour cette magnifique découverte.

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09 février 2012

"La nuit de San Remo" de Phillipe Brunel : L'art de modifier les paroles pour faire un roman à sa sauce

"La nuit de San Remo" de Phillipe Brunel

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Résumé :

Janvier 1967, Festival de San Remo. Ce pourrait être une simple idylle entre Dalida, déjà une star, et ce ténébreux à la voix troublante quand il chante « Ciao, amore, ciao ». Sauf qu’on trouve Luigi Tenco mort d'une balle dans la tête, dans sa chambre de l'Hôtel Savoy. Un suicide d'après les enquê-teurs. Mais on n'a jamais retrouvé trace du projectile. Pour-quoi avoir ramené la dépouille de Tenco de la morgue au Savoy où les policiers l'avaient redéposé dans sa chambre et dans son propre sang "comme ils l'avaient trouvé », sur le dos, au pied de son lit ? Dalida a-t-elle assisté à la scène macabre ? Étaient-ils vraiment amants ? Ou les acteurs con-sentants d'une « picture story » orchestrée par la presse ? Pourquoi Dalida quitte-t-elle San Remo dans la nuit, au terme d'un interrogatoire sommaire ? Que craignait-elle ? Comment expliquer son absence aux obsèques de Tenco dont elle avait porté le deuil en France? Et que faisait sur les lieux son ancien mari et impresario, Lucien Morisse qui se suicidera trois ans plus tard, à Paris, avec un Walther PPK, une arme identique à celle de Tenco ? Fallait-il y voir un signe ?
Des années plus tard, le narrateur interroge les lieux et les rares témoins de cette tragédie qui le renvoie à l'Italie puritaine des années soixante. Mais surtout à ses propres fan-tômes ? « Qu’est-ce que la gloire ? Sinon l’autre face de la persécution ? »

Un roman-vrai. Des destins qui s'entrecroisent. Et Dalida, à contre-jour de sa légende.

 

Mon avis :

Je sais ce blog est fermé, pourtant le livre que je viens de finir La nuit de San Remo, me fait reprendre la plume.

Beaucoup d'entre vous savent que j'apprécie beaucoup Dalida. Du coup ayant lu plusieurs biographies de cette dernière je ne pouvais pas ne rien dire sur ce livre, qui relate l'affaire de San Remo, le suicide de Luigi Tenco par une nuit de janvier 1967.

Même si dans l'ensemble ce livre est plaisant, et ne manque pas d'ouvrir de nouvelles pistes sur cette histoire, je dois dire que certains points me contrarient ; pas parce que c'est Dalida, mais parce que je trouve qu'ils manquent des choses. Bien sûr l'auteur a fait un minimum de travail de recherche sur cette histoire, suffit de la lire pour s'en apercevoir, mais curieusement même si déjà les pistes de ce livre se contrarient entre elles, je trouve dommage que Philippe Brunel n'ait pas plus parlé de la version officielle pour rendre son livre plus complet. Pour être franche, là à chaud pour moi, c'est comme-s'il l'avait occultée pour mieux rendre son livre plausible.

Par exemple, il parle beaucoup de cette histoire d'amour controversée qui unissait ces deux êtres, mais pourtant à aucun moment dans le bouquin, il parle du soit disant mariage prévu entre Dalida et Luigi Tenco, ce qui pourtant pourrait être utile à savoir, histoire de se faire une bonne idée de l'histoire ; pas plus qu'il ne cite clairement que Lucien Morisse possédait des idées suicidaires bien avant cette nuit de janvier 1967, ce qui pourtant serait utile à savoir vu que l'auteur se sert du suicide de Morisse pour preuve de culpabilité et "étayer sa thèse". Mais c'est vrai que s'il avait fait ça, le livre n'aurait eu plus aucun sens.

Certes les versions officielles sont souvent enjolivées, mais de là à dire que tout est faux je ne pense pas, et pour ma part je trouve que l'auteur croit trop qu'elles sont fausses puisque d'ailleurs il n'en parle quasiment pas, voire pas du tout. Ce qui au final fait comme un gros manque, où sonne comme une manipulation...

Car franchement, à bien regarder et contrairement à tout ce que raconte l'auteur, en quoi est-il impossible que Dalida n'ait pas assisté aux obsèques de Tenco, parce qu'elle était tout bonnement incapable psychologiquement d'y arriver comme dit dans la version officielle ? En quoi est-il impossible que Tenco et Dalida cachent leur histoire d'amour aux yeux du monde pour sauvegarder leurs vies privées ? (même si on peut se demander si ce dernier l'aimé). Pourquoi, quand Dalida en reparlera en janvier 1987, le passage que l'auteur choisit sonne dans son contexte curieusement comme un aveu de complicité de meurtre, et non comme le chagrin d'une femme gravement dépressive qui s'en veut de ne pas avoir sauver l'homme qu'elle aimait ? Honnêtement, ce que je viens d'énoncer paraît si incroyable que ça, pour que l'auteur décide de ne pas en tenir compte et ce pour appuyer la culpabilité de Dalida et d'autres personnes mortes aujourd'hui ?

En fait c'est surtout ceci que je reproche à ce livre, c'est que la manière dont il raconte l'histoire, ça fait automatiquement basculer l'histoire dans un fait divers sordide. Bon Ok, y'a eu des manquements à l'enquête, il s'est passé des choses bizarres, y'a eu des rumeurs qui ont couru et aussi différentes versions, mais de là à vouloir mettre cette thèse bancale (celle de l'auteur, pas celle du meurtre) bien au devant des autres, la faire passer pour vraie, là je ne marche pas, et pour toutes les raisons expliqué avant.

En résumé, c'est un livre fort intéressant à lire car il y'a sans doute du vrai, mais pour moi ce livre est quand même assez torchon. En effet, je trouve vraiment dommage que l'auteur ait occulté la version officielle, modifié le contexte de certaines paroles, pour faire rentrer son histoire dans le schéma qu'il avait décidé.

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21 octobre 2011

Passagère du silence, de l'enfer, et du communisme meurtrier

"Passagère du silence" de Fabienne Verdier

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Résumé :

Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s'est pas posé la question en ce début des années 80, la jeune et brillante étudiante des Beaux-Arts est comme aimantée par le désir d'apprendre cet art pictural et calligraphique dévasté par la Révolution culturelle. Et lorsque, étrangère et perdue dans la province du Sichuan, elle se retrouve dans une école artistique régie par le Parti, elle est déterminée à affronter tous les obstacles : la langue et la méfiance des Chinois, mais aussi l'insupportable promiscuité, la misère et la saleté ambiantes, la maladie et le système inquisitorial de l'administration... Dans un oubli total de l'Occident, elle devient l'élève de très grands artistes méprisés et marginalisés qui l'initient aux secrets et aux codes d'un enseignement millénaire.

Mon avis :

Ce livre n'est pas qu'un livre qui parle du parcours artistique de Fabienne Verdier. C'est aussi un reportage sur la Chine d'après la révolution culturelle et sur la Chine reculée parfois oubliée.

A travers ces pages l'auteure nous raconte donc son arrivée dans ce pays, plus catastrophique qu'autre chose. La désillusion sur l'image qu'elle en avait, mais aussi l'état sanitaire pitoyable dans lequel beaucoup de chinois vivent et qu'elle aussi subira plus d'une fois. Elle nous raconte aussi sa mise à l'écart par le partie chinois dans l'établissement où elle apprend (par la suite ça s'améliora un peu), et sa constante surveillance, ainsi que l'encadrement quasi militaire des étudiants chinois. Elle nous racontera sa mission à l'ambassade de France en Chine ce monde de l'administration peuplé de faux-cul où seule l'image compte. Mais pourtant ceci n'est pas le plus important de ce livre, même s'il s'avère intéressant de savoir. 

Outre le fait qu'elle nous explique toutes les subtilités de la calligraphie où le Tao tient une grande place dans l'équilibre et l'esthétique des traits, pour moi le plus important, le plus parlant, c'est quand Fabienne Verdier raconte ses rencontres avec toutes sortes de personnes ou de communautés. Comme les Yi, les Miao ou encore les grands maîtres chinois, rejetés injustement par la société, avec souvent interdiction de peindre. Le plus parlant c'est aussi quand elle raconte la misère de ces peuples et l'indifférence total du gouvernement chinois à leur égard.

Pourtant ce qui m'a été le plus déchirant, c'est quand elle raconte le passé chinois qui a été détruit au nom de la révolution culturelle. Quand j'ai lu ce livre j'ai vraiment ressenti comme une perte énorme, toutes ces destructions du patrimoine Chinois et finalement humanitaire. Je vous assure qu'au même titre que les humains, cette révolution a été un véritable massacre de l'art et du patrimoine, et tout ça à cause de quoi ? A cause de la jalousie du savoir, de la sensibilité et de la culture des intellectuels par le gouvernement chinois ; pour moi très franchement ce n'est rien d'autre qui a pu pousser à cette incroyable bêtise.

Quoi qu'il en soit et malgré le commerce avec la Chine nécessaire à toute nation aujourd'hui (hélas), espérons qu'un jour, qu'au même titre que le Tibet, la Chine retrouve sa pleine liberté. Un livre que je recommande.

Extrait livre :

"Nous possédions de nombreux souvenirs après avoir passé l'un et l'autre tant d'année en Chine. Nous en avons expédié une partie par bateau mais il y'a certains objets dont un peintre ne se sépare jamais : ses pinceaux, ses sceaux. certains sceaux, très anciens m'avaient été offerts par de vieux lettrés. A l'aéroport les douaniers ont fouillé mes affaires et en ont confisqué beaucoup. [...] On me les a repris, comme si j'étais une voleuse du patrimoine chinois, alors que les officiels détruisaient au même moment des centres historiques d'une valeur inestimable dans les grandes villes de Chine."

""Quand tu te crois perdue dans le chaos, m'avait dit mon maître, tu reviens à l'origine à partir de laquelle on peut créer.""

 

20 mai 2010

"Des croix sur la mer" de Jean-François Coatmeur

"Des croix sur la mer" de Jean-François Coatmeur

 

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Résumé :

Août 1944. Un village de Bretagne. Jean Palu attend, avec 17 autres otages civils, son exécution. Une seule chose obsède le condamné : une lettre restée sur son bureau...
Au début de la guerre, Palu l'infirmier a rêvé de la Résistance. Mais son corps l'a trahi, faisant de lui un éternel convalescent que sa femme, Françoise, a trompé avec un jeune maquisard. Palu est devenu Palu le cocu, un mari complaisant. Pour se venger des amants, il a écrit une lettre, adressée à la Kommandantur. Une lettre de dénonciation jamais envoyée... Détruire ce document ignoble, c'est le seul espoir qu'il reste à Palu de mourir plus noblement qu'il a vécu.

Mon avis :

Jean-François Coatmeur est connu pour ses livres policier, mais ce livre bien que romancé reste basé sur des faits réels. Le 5 août 1944 vers 10 heures, l'auteur a été arrêté avec des compatriotes par des soldats allemands et alignés contre un mur jusqu'à 17 heures. Tous attendaient la mort quand miraculeusement un ordre a libéré tous les otages.

Dans ce livre Palu, le personnage principal qui est un jeune infirmier, vit le même enfer sauf que dans son bureau il a écrit une lettre à la Kommandantur, qui dénonce l'amant de sa femme car ce dernier se bat dans la résistance. Une lettre qu'il n'a jamais envoyé, mais qui dans ces dernières heures le gêne et qu'il faut détruire absolument afin de mourir dignement. Est ce qu'il y arrive ? Si oui ; Comment ? Je vous le laisse découvrir...

Cela dit il faut souligner un autre point sur ce livre, en plus d'une histoire à moitié romancée assez bien mise en scène, ce livre décrit très simplement l'horreur et la connerie de la guerre ; la peur d'une mise à mort certaine, et la vie d'un petit village de Bretagne sous l'occupation allemande. Qu'on découvre aussi avant la guerre, par le biais des souvenirs de Palu.
Petit bémol cependant, le personnage s'attarde peut être trop sur ses souvenirs, on en vient un peu à oublier l'histoire d'origine du livre, bien que malgré tout la mort surtout et la vie un peu moins, restent les seigneurs de ce livre.

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