Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

08 juin 2017

"Le fantôme de la Mary Celeste" de Valérie Martin

Le fantôme de la Mary Celeste de Valérie Martin

le fantôme de la mary celeste

Résumé :

Entre mythe et réalité, la grande romancière Valerie Martin, prix Orange pour Maîtresse, revisite l'histoire d'une des plus célèbres énigmes maritimes : le 4 décembre 1872, la Mary Celeste, un brigantin américain en route vers Gênes, est retrouvé dérivant au large des Açores. A son bord, aucune trace de l'équipage, de son capitaine, Benjamin Briggs, de son épouse et de sa fille qui l'accompagnaient. Pour le jeune écrivain Arthur Conan Doyle, cette disparition est une source d'inspiration inespérée. Pour Violet Petra, médium réputée dans les cercles huppés de Philadelphie, un cauchemar. Et pour le public de l'époque victorienne, obsédé par la mort, un fascinant mystère... Un navire surgi d'une brume semblable aux ténèbres, un écrivain naissant à la veille de la gloire, l'émergence d'une ferveur spirituelle troublante et inédite : trois trames qui convergent tout au long d'un récit aussi tumultueux que les océans menaçant d'engouffrer la Mary Celeste. Un roman ambitieux sur l'amour, la perte, et les légendes parfois plus fortes que la vérité.

Mon avis express :

Résumé alléchant, mais ça s'arrête là. J'ai tiré péniblement jusqu'à la page 100 environ, et après j'ai dû admettre mon propre naufrage... Long, assommant, embrouillant (mot français mais phrase absolument pas française), ce livre réunit pour moi toutes les définitions qui résument l'ennui.

Je crois que je devrais arrêter de vouloir tenter des livres qui parlent de la mer, à chaque fois ça m'emmerde ! (Disons la chose clairement.) En effet, je crois partir voyager au loin à chaque fois, et pourtant à chaque fois le bateau reste au port... Et à côté de cela j'ai toujours besoin d'un radeau de sauvetage pour ne pas sombrer dans l'abîme ou m'éclater sur les récifs de ce genre de livre. Généralement, un autre livre.

Vous l'aurez compris je n'ai pas aimé.

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31 octobre 2016

"Comme une feuille de thé à Shikoku" de Marie-Edith Laval

Comme une feuille de thé à Shikoku de Marie-Edith Laval

Source: Externe

Résumé :

« Comme une feuille de thé, j'ai progressivement infusé sur ce chemin du bout du monde. Je me suis immergée dans la réalité de cette terre bordée d'eau et m'en suis laissé imprégner. L'heure est venue de remonter à la surface pour exhaler la subtilité des saveurs de cette expérience singulière et en déguster les arômes. »
 
En 2013, Marie-Édith Laval, orthophoniste passionnée de méditation et de voyage, se lance dans une aventure hors du commun : le pèlerinage de Shikoku, ce légendaire chemin sacré du Japon, surnommé le «Compostelle japonais». 1 200 kilomètres à pied emplis de vie, de fraîcheur, d'émerveillement et d'épreuves. Un tour de l'âme en quatre-vingt-huit temples et quatre provinces – Éveil, Ascèse, Illumination, Nirvana.
Ses pérégrinations géographiques et intérieures sont une invitation à avancer avec confiance sur le chemin de la vie. Un récit de sagesse qui mêle sincérité, humour et profondeur.

Mon avis :

Comme une feuille de thé à Shikoku, parle d'une jeune femme orthophoniste qui après St Jacques de Compostelle part faire le pèlerinage des 88 temples au Japon. Ce récit est son voyage.

Un voyage aux pays du soleil levant ; charmant, zen, long, dépaysant, enchanteur, etc. mais qui curieusement n'a pas très bien pris avec moi. Moi qui pourtant suis généralement enthousiaste quand je lis des récits de voyage en Asie, - je vous ai bien assez saoulé avec Alexandra David-Néel n'est-ce pas ? Et ce même si je déteste voyager. (C'est ce qui fait mon charme.^^)
Bref. Là je n'ai marché qu'à moitié dans ce pèlerinage. En fait j'ai pris du plaisir à rentrer dans les temples, à voir les paysages sombres des forêts, à découvrir le pèlerinage au Japon, mais outre le récit beaucoup trop ponctué de citation !, je n'ai pris quasiment aucun plaisir à vivre ses "péripéties" (même si certaines en lien direct avec le pèlerinage comme la marche ne sont pas mal), ses rencontres merveilleuses juste pour elle (même si elles représentent bien la mentalité japonaise). En effet, c'était trop personnel comme récit.
Certes Alexandra David-Néel avait une démarche personnelle dans ses voyages, mais elle avait des réflexions sur un évènement, sur l'humanité, le bouddhisme, etc. qui étaient pertinentes sinon intéressantes. Des réflexions qui faisaient en clair réfléchir et c'était ça le plaisir du livre avant tout le reste ; mais ici avec Comme une feuille de thé à Skikoku c'était juste idiot ou juste niais. Ca ne volait pas bien haut et c'était plutôt simpliste comme dialogue intérieur, la preuve avec cette sempiternelle idée "toi et moi ne faisons qu'un". Surtout qu'en plus il alourdissait le récit par ses répétitions, ce qui prouve cependant qu'elle était sincère en le disant. Voilà d'ailleurs un des points positifs de ce livre sa sincérité, la sincérité de sa démarche et de sa pensée.

Bref, le charme n'a pris qu'à moitié et je suis un peu déçue de ne pas avoir été emportée dans de profondes réflexions et de rencontres réellement exceptionnelles, mais ça reste un livre intéressant pour découvrir ce pèlerinage méconnu. D'ailleurs avis à ceux qui veulent le faire à la fin il y a un guide du bon pèlerin.

Merci aux éditions Livre de Poche.

18 août 2016

Suivons les pas des amants désunis

Romanesque de Tonino  Benacquista

Source: Externe

Résumé :

Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique : Les mariés malgré eux. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

Mon avis :

Romanesque : le titre sied à merveille au contenu de ce livre. Ce livre mes amis, quel livre ! Quelle aventure ! Quelle inventivité ! Quelle lecture ! Sans pour autant être un coup de cœur – mais pas loin –, ce livre m’a enchantée par son histoire hors du commun et ô combien riche en trouvailles, évènements, surprises, et j’en passe.

Nous suivons l’histoire de deux amants qui dérangent par leur façon de vivre et de penser leur amour, punis sur terre comme au ciel et enfin aux enfers, ils devront traverser plusieurs épreuves qui calmeront la colère de dieu et le désarroi du diable devant son échec à les séparer.
Mais les épreuves stressantes et terribles de nos amants, qui traversent le temps et les continents avec ruse et force, n’est pas le seul point positif de ce livre. En effet, ce dernier m’a énormément plu par son côté légendaire. J’ai aimé voir comment l’imaginaire de l’auteur a pu concevoir la transcription des légendes qui peuplent notre terre. J’y ai trouvé un côté enfantin et très nouveau. Car on n’imagine pas les légendes s’écrire ainsi avec un parcours aussi fou.

Outre ceci, et dans cette chance que nos amants ont eu à parcourir le temps, j’ai aussi goûté cette petite critique de l’incertitude historique que l'auteur glisse par-ci par-là. Cette avance que les amants avaient sur elle et qui leur permettait de critiquer certaines choses était en effet sympathique à suivre pour l'étudiante en histoire et histoire d'art que je suis. Car cela montre qu'on ne peut pas tout savoir et que parfois l'Histoire comme les légendes s'écrivent avec des lambeaux d'histoire et de l'imagination, ce qui ne les rend pas forcément très fiables. Et ceci c'est un sentiment que je ressens souvent dans mes études, du coup comme ça me parlait, ben forcément j'ai apprécié.

Enfin, pour finir, je dois dire que l’élégance du livre vient aussi de nos deux amoureux. Alors certes, c’est un peu beaucoup niais une histoire d’amour, mais malgré cela j’ai trouvé du charme dans cette histoire. Nos deux tourtereaux qui s’aiment mal pour l’opinion et envers et contre tout sans pour autant être écœurant d’amour, sont attachants par cette envie de vivre simplement ensemble et la persévérance qu'ils y mettent.
De plus, d’un point de vue du caractère je les ai trouvé surprenants ; ils sont débrouillards, ne se démontent pas face à l’hostilité des vents ou des hommes, et surtout, ils savent ce qu’ils veulent. L’auteur ne remplit pas des pages en les faisant jouer la girouette, là ça reste un but, une idée et pas autre chose, et je dois dire qu’en plus des épreuves incroyables qu’ils traversent, ce but à atteindre qui ne varie pas d’un point et ce qui fait que j'ai été happée par le récit. Car je n'avais qu'une question en tête de toute ma lecture.

Malgré cet avis un peu dithyrambique, je le rappelle ce livre n’est pas un coup de cœur parce que certains passages à l’époque contemporaine ne m’ont pas emballée autant que ça, mais malgré tout, cette histoire d’amour servie à la fois par une plume commune, délicate et poétique, et qui nous propose de suivre des personnages hors du commun dans des épreuves hallucinantes, est une perle. C’est un livre de cette rentrée littéraire à ne pas rater. C’est du roman, de la nouveauté comme on aime. C’est Romanesque !

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard.

 

Extraits :

"Vexés par l'insubordination des amants, les fâcheux s'en sont allés, mais déjà une ombre morbide et souveraine plane sur la scène. L'insolence s'efface par pudeur, l'heure n'est plus à la farce : on se meurt."

"Temps,
Toi qui m'oppresses depuis mon premier jour, toi qui me rappelles à chaque instant que tu m'octroies combien je suis mortel. Sache que dorénavant je serai lent quand tu voudras me hâter, et je perdrai plus mes heures à t'attendre quand je voudrai me hâter. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais."

22 février 2015

"Odysseus tome 2 : le retour d'Ulysse" de Valerio Manfredi

"Odysseus tome 2 : le retour d'Ulysse" de Valerio Manfredi

le retour d'ulysse

Résumé :

Il a fallu dix années de guerre et de sang, d'amours féroces et de haines inextinguibles pour vaincre les Troyens. À présent, Odysseus doit regagner Ithaque avec ses hommes, là où l'attendent sa fidèle épouse Pénélope et son fils qu'il a quitté encore en bas âge.
Mais le retour se transforme en épreuve car Odysseus doit défier les hommes, les forces obscures de la nature et la volonté capricieuse et impénétrable des dieux. Avec ses compagnons, il lui faudra affronter des ennemis aussi périlleux que le cyclope Polyphème, les mangeurs de lotos, la fleur qui procure l'oubli, ou encore les Sirènes au chant merveilleux mais meurtrier...
Odysseus aux mille talents, le rusé Personne, devra atteindre les confins du monde et oser invoquer les morts au seuil des Enfers. Après avoir chanté la naissance et la formation du héros dans sa variation sur L'Iliade, Valerio Manfredi donne une voix nouvelle à l'autre grand récit fondateur : L'Odyssée.

Mon avis :

Deuxième et dernier tome d’Odysseus, histoire qui reprend Homère (en plus rapide).

Dans ce tome-ci la guerre de Troie est finie après dix années de combat, nos héros rentrent chez eux couvert d’or et de gloire, après avoir récupérer Hélène et détruit Troie. Enfin tous ne rentrerons pas couvert de gloire comme Agamemnon, ou encore vivant de cette guerre (mort sur le champ de bataille ou mort en mer), mais à la base c’était censé être ça.

Pour commencer je dois souligner que ce tome deux est plus envoûtant que le premier. Les dieux et autres êtres fabuleux menant la danse, et notre pauvre Ulysse n’ayant pas fini de subir la colère de Poséidon, ce livre nous sert des aventures à un rythme effréné qui fait qu’on ne le lâche pas avant le dernier mot de l’histoire.

Du coup comme vous vous en doutez et contrairement au premier livre, ici nous retrouvons l’Ulysse des grands exploits, l’Ulysse combattant, l’Ulysse que l’on connaît tous, de ce fait il est vrai, rien de nouveau pour le lecteur qui connaît précisément ou vaguement le cycle d’Homère, mais malgré cela ça reste un bonheur à lire ; avant tout pour l’histoire d’Ulysse racontée différemment et avec beaucoup de vie, de sentiment et de passion, mais aussi pour ça fin qui va plus loin que le retour d’Ulysse, qui va vers un nouveau départ mais cette fois-ci sur terre. Sur une terre où la mer est inconnue, et où notre héros devra sacrifier à Poséidon trois animaux afin d’apaiser la colère de ce dernier.

Une fin surprise donc, mais qui pour ma part et en toute franchise m’a bien un peu fait chier, car j’étais terriblement triste pour les personnages et surtout pour Ulysse. Après toutes ces aventures qui l’ont tenu éloigné de sa patrie, de sa famille, j’ai ressentie une espèce de déchirure à le voir obliger de se séparer encore une fois des êtres qu’il aime, même si lui ressent une espèce de fièvre moitié-joyeuse moitié-honteuse pour cette nouvelle aventure tirée de la légende d’Odysseus. Cela dit, ça montre bien que l’auteur a su réécrire cette histoire en y mettant de la profondeur

Pour finir, je voudrais souligner un autre point agréable du bouquin qui est l'évolution des personnages, enfin surtout d'Ulysse car c'est lui que l'on suit. Dans le premier tome il me paraissait un peu trop sage, limite peu sûr de lui malgré son intelligence, là plus du tout ; il s'affirme, prend du caractère - trop parfois au point qu'il lui arrive de dire un mot plus haut que l'autre -, tout en gardant néanmoins un côté humble qui le rend humain et attachant. Pour moi Ulysse c'est vraiment le personnage idéal pour un roman, car il est ni parfait ni mauvais.

Comme vous l'avez donc probablement deviné, ce livre a été pour moi un coup de coeur, contrairement au premier tome je ne trouve rien à redire, tout s'enchaîne très vite, l'ambiance reste mystérieuse et terrible, les personnages gagnent en intensité. Bref. Là on assiste à l'apothéose du cycle d'Homère. Mais malgré ça je dois quand même conseiller de lire les deux tomes à la suite, pour ma part j'ai eu plusieurs mois de séparation entre les deux tomes, du coup j'avoue que j'avais un peu oublié certaines choses nécessaires. 

En conclusion, je vous ordonne de lire cette duologie qui a tout pour plaire. (Oui j'ordonne, rien que ça. ^^)

Merci aux éditions JC Lattès.

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31 octobre 2014

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

"Chemins de poussière rouge" de Ma Jian

ma jian chemins de poussière rouge

Résumé :

Victime de la répression menée par les autorités chinoises sur les artistes dans les années 1980, Ma Jian a trente ans quand il décide de quitter Beijing. Au cours d'un périple de trois ans, il découvre un pays aux multiples facettes déchiré entre ses traditions et les effets de sa modernisation. Des plaines de l'extrême ouest au Tibet aux côtes du sud, l'artiste-aventurier livre une vision sans concession du pays qui l'a vu naître, mais dans lequel il n'est plus qu'un étranger.

Mon avis :

Ma Jian est un auteur dissident chinois, Gao Xingjian le prix Nobel de littérature de l’année 2000 en fait une des voix les importantes et une des plus courageuses de la Chine actuelle. N’ayant lu que ce livre-là de Ma Jian je ne peux pas en affirmer autant, cependant il est vrai qu’à première vue il n’a pas tort, car dans ce livre l’auteur ne se montre pas tendre envers le régime chinois, mais en plus à côté de ça il donne à voir une autre face de la Chine. Qui est une face oubliée, pauvre, misérable, traditionnelle, mais aussi multi-traditionnelle malgré le fait que ça soit qu’une Chine sur la carte. En cela c’est vrai que Ma Jian est une voix pour cette Chine oubliée et aussi pour les victimes de ce régime communiste chinois, lui-même en a été victime en tant que journaliste – artiste, ce qui est le point de départ de ce livre d’ailleurs.

Cela dit même si Ma Jian se montre assez critique  sur ce régime unique, ce n’est pas ce que j’ai retenu en premier lieu dans ce livre. Non. Pas du tout. De même pour la quête spirituelle, bien que je l’ai énormément appréciée même si ce n’est pas ce qui a de plus mis en avant.

En fait ce qui m’a vraiment plu dans ce livre, c’est cette découverte de la Chine profonde et quasiment oubliée du gouvernement chinois. Une Chine éloigné de la mondialisation et de ses richesses. Une Chine pauvre, du système D, un peu sauvage et malhonnête ; où les traditions, les superstitions, sont encore très présentes, du moins à l’époque du voyage dans les années 80, depuis ça a pu changer. Mais même s’il est possible que ça ait changé, c’est vraiment quelque chose qui m’a marqué car parfois c’était juste purement dégoûtant, ou même carrément peu scrupuleux, honnêtement le côté traditionnelle et superstitieux m’a bien moins dérangé.  

Un dernier point qui m’a rendu aussi admirative de ce livre, donc de l’auteur, c’est la facilité que Ma Jian possède pour s’adapter à toutes les situations. Vous vous doutez bien que ce voyage à travers la Chine (même si je crois qu’il a été un peu romancé) n’a pas été sans danger et sans problème, et pourtant malgré cela, toujours l’auteur a trouvé un moyen pour gagner deux sous, ou pour se sortir d’une situation fâcheuse ou dangereuse – quitte à mentir ou autre.

Et personnellement cela me rend admirative, car je trouve que cette force de caractère, cette débrouillardise, cette façon qu’il a toujours d’aller de l’avant, sont une belle leçon de vie, même s’il n’a pas toujours fait des choses très légales, - arnaquer les gens par exemple c’est un truc que je ne peux pas faire.

Mais bon malgré ça, ça reste un livre agréable à lire pour cette distance qu’il peut apporter sur la vie, sur notre condition… Quand on lit ce livre on remarque que l’on n’est pas si mal par rapport à d’autre. Même si à côté de ça je mets en garde de prendre pour acquis ce que l’on a, et ceci que ça soit sur n’importe quel plan, tant niveau personnel que social ou encore politique.

Bref ! Tout ça pour dire que c’est un livre à lire pour élargir son horizon. Et quant à moi je vais continuer à découvrir et lire cet auteur car ses oeuvres m'attirent pas mal finalement. D'ailleurs j'avais dû le sentir car j'ai acheté début septembre son dernier roman ^^

Je remercie en passant les éditions J'ai lu.

Extrait : "J'ai traversé ces terres en sachant que jamais je n'y retournerais. Ces villages appartiennent au passé. Ma destination se trouve toujours devant moi, quelque part, sur un autre chemin."


22 juillet 2014

"Les cavaliers afghans" de Louis Meunier

"Les cavaliers afghans" de Louis Meunier

les cavaliers afghans

Résumé :

" Dans ce pays sans âge, on ne parle pas en nationalités, mais en peuples. On ne compte pas en kilomètres, mais en jours de route. Quand on se quitte, on se dit Zenda Bashi, sois vivant, parce que l'existence est incertaine. " En 2002, Louis Meunier, tout juste diplômé, décide de plaquer une carrière tracée d'avance et de partir à l'aventure en Afghanistan. Il est ébloui par la beauté du pays et la dignité de ses habitants. Mais surtout, fasciné par la lecture des Cavaliers de Kessel, il rêve d'assister à un buzkashi, tournoi où les cavaliers ont droit à tous les coups pour déposer dans le cercle de justice, une dépouille de chèvre. Ces cavaliers redoutables, les tchopendoz, ne craignent ni les blessures ni la mort. Les combats sont d'une violence inouïe. Louis n'aura bientôt plus qu'une idée en tête : trouver le cheval de ses rêves pour, à son tour, devenir tchopendoz. Louis Meunier livre un puissant récit initiatique dans l'Afghanistan des légendes et des esprits : l'Ashvagan, littéralement en persan, " la Terre des chevaux ".

Mon avis :

Les cavaliers afghans est un agréable récit de voyage à lire, pour tout dire, j’ai pris autant de plaisir à lire ce livre que les récits de voyage d’Alexandra David-Néel que j’adore comme vous le savez probablement ou pas.

Les atouts de ce livre sont nombreux, l’écriture, la vie mouvementée de ce jeune homme, les paysages, certaines rencontres, les chevaux… font autant le charme de ces pages que l’ardeur que Louis Meunier met à réaliser ses buts. Et des buts il en a quelques-uns, comme devenir Tchopendoz ou encore traverser à cheval l’Afghanistan.

Mais au-delà d’un simple récit de voyage, ce livre est aussi un livre descriptif sur l’Afghanistan. Un livre où l’auteur met un point d’honneur à montrer l’Afghanistan autrement que par la guerre.

Alors bien sûr Louis Meunier subira cette guerre et vivra des faits dangereux qui seront dû à cette dernière et aux talibans, mais sans s’attarder dessus il va surtout mettre en avant les difficultés que rencontrent les afghans, ce qu’ils pensent de la présence étrangère –et hélas il y a eu beaucoup d’erreur à ce niveau-là-, mais aussi ce désir qu’ils ont de vouloir sortir du noir dans lesquels les talibans les ont plongés, par exemple en voulant faire revire les tournois de buzkashis que les crétins nommés avant avaient supprimés en même temps qu’un tas d’autres choses agréables à l’humain ; faisant ainsi de l’Afghanistan un monde sans vie, un monde triste, sans plaisir, sans rire, sans joie, sans rien. A-t-il d’ailleurs le mérite et l’utilité d’exister ainsi ? *Mode philosophique one*

Comme vous l'aurez compris, ce livre est un portrait géopolitique de l’Afghanistan et aussi un portrait plus intime.

 

Pour revenir sur un sentiment un peu plus personnel, j’avoue néanmoins que je n’ai pas toujours ressenti le charme que l’auteur a pu ressentir pour ce pays. Deux exemples à ça ; premièrement je ne comprends pas la passion qui habite ce dernier pour les tournois de buzkashis. Personnellement je trouve cela aussi barbare qu’une corrida. C’est violent, c’est dangereux, c’est cruel, c’est… moche. Franchement, ça a quoi de charmant de voir des chevaux qui se mordent et qui frappent, de voir des humains qui les encouragent dans ce sens, et d’avoir le cadavre d’une pauvre chèvre qui n’avait rien demandé en guise de balle ?! ; et deuxièmement l’âme des afghans. Je n'ai pas du tout été touchée par cela. Alors c’est vrai que le fait qu’ils soient misogynes, considèrent la femme comme une merde, c’était mal barré pour eux. Je l’avoue, je ne supporte pas tous ceux qui ont cette mentalité d’abrutie. Mais outre cela, j’ai trouvé que les afghans avaient une mentalité plutôt sournoise, fausse et belliqueuse.
Alors bien sûr ils ne sont pas tous comme ça, l’auteur a rencontré quelques gens qui sont loin de ce portrait peu flatteur, mais il en a rencontré beaucoup de ce portrait aussi, et du coup - bien que je leur souhaite de sortir de l’obscurantisme - je n’ai pas spécialement de sympathie envers ce pays et ses habitants, même si j’ai conscience que la guerre peut expliquer ce genre de comportement. Bref, le charme n'a pas entièrement opéré chez-moi.

Mais malgré ça, c'est un agréable voyage épique et dépaysant à lire. Une aventure humaine utile qui aide à la compréhension d'un pays et qui fait aussi office de signal d'alarme. 

Je remercie les éditions Kero et Babelio pour ce partenariat.

10 juillet 2014

"L'archipel des saints" de Alain Durel

"L'archipel des saints" de Alain Durel

alain durel archipels des saints

Résumé :

À la fois récit de voyage et traité de vie spirituelle, cette odyssée en Grèce orthodoxe transporte le lecteur à Athènes, Delphes et Thessalonique, puis d’île en île (Corfou, Mytilène, Samos, Patmos, Tinos, Égine, Santorin, Eubée) sur les traces des grandes figures spirituelles du christianisme hellène. Le voyage aboutit à l’île d’Andros, dans les Cyclades, où l’on découvre la figure provocatrice et fascinante d’un fol-en-Christ, qui éclaire en retour le destin tragique et sublime de la Grèce contemporaine. Aucun ouvrage en langue française n’avait abordé la vie de ces « athlètes du cœur » sur le ton du conte initiatique. Histoire et spiritualité se côtoient dans ce récit d’aventure non dénué d’humour et de poésie, initiation à la Grèce orthodoxe et périple ensoleillé au pays d’Homère et de Seféris.

Mon avis :

Alors je peux déjà vous dire que je n’ai pas aimé ce livre. Alors je ne l’ai pas aimé, mais je n’ai pas non plus entièrement détesté.

Dans ce récit l’auteur raconte à travers ses voyages les saints orthodoxes grecques qui ont marqué ces îles. Dans ce livre la Grèce contemporaine côtoie la Grèce antique. Les paysages font rêver, les histoires et les légendes ont leur charme. Pourtant, malgré ce tableau instructif et idyllique, je dois avouer que j’en ai vite eu marre de le lire.

Premièrement parce que je ne suis pas orthodoxe et même pas croyante, et je vous jure que c’est un gros frein à cette lecture ; car la miséricorde, l’amour, le pardon, le « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », qui sont constamment répétés par l’auteur, vont vites vous taper sur le système par leur manque de lucidité sur l’espèce humaine. D’ailleurs j’avoue que parfois j’ai trouvé l’auteur un peu naïf. Désolée.

Deuxièmement parce que ce qu’il raconte n’est pas toujours intéressant, comme par exemple ses rencontres, ses sentiments, ses voyages. Ils y en avaient qui été supers intéressants et d’autres pas du tout. Ca faisait un peu une lecture en dents de scie.

Et troisièmement parce que c’est mou. On peut très bien être calme, mais quand même avoir du tonus (j’en suis la preuve), et là non c’est ennuyeux à lire, c’est mou, c’est soporifique. J’en ai lu des récits de voyage dans cet esprit-là pourtant, j’ai beaucoup lu Alexandra David-Néel qui se place dans le même registre et j’ai souvent aimé, mais là non ça n’a pas le dynamisme d’Alexandra. Ca fait trop leçon.

Pourtant je le répète, découvrir les saints orthodoxes j’ai trouvé ça super intéressant malgré le fait que je ne sois pas croyante. Ca fait découvrir une autre facette de la Grèce, c’est une autre approche, c’est amusant aussi – parce que bon le rationalisme l’emporte toujours –, mais voilà je n’ai pas accroché. Il y avait trop de chose qui me gênée. Je pense que l'auteur aurait dû s'arrêter juste à l'histoire des saints.

En résumé ce n’est pas une lecture que j’ai apprécié, mais c’est à tenter pour ceux qui veulent.

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour ce partenariat.

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05 juin 2014

"Le fabuleux destin d'une vache qui ne voulait pas finir en steak haché" de David Safier

"Le fabuleux destin d'une vache qui ne voulait pas finir en steak haché" de David Safier

Le fabuleux destin d'une vache qui ne voulait pas finir en steak haché de David Safier

Résumé :

Mis à part l'infidélité de son taureau, le bien nommé Champion, Lolle, une vache laitière, mène une vie tranquille dans un pré du nord de l'Allemagne.

Jusqu'au jour où elle apprend de la gueule de Giacomo, un chat errant qu'elle a sauvé de la noyade, que le fermier a décidé de vendre le troupeau de bovins pour régler ses dettes.

Afin d'éviter de finir entre deux tranches de pain de hamburger, Lolle, maligne comme un singe, décide de s'enfuir avec ses congénères pour rejoindre le pays où les vaches sont sacrées, l'Inde !

Mais la route est longue et semée de dangers, à commencer par Old Dog, le chien sanguinaire du fermier.

Débute alors pour Lolle et ses amis un périlleux voyage qui les conduit de l'autre côté de l'Atlantique, de New York à l'Ouest américain, territoire des bisons, jusqu'aux contreforts de l'Himalaya ...

Mon avis :

J’avais été déçue par les livres qui ont suivi Maudit Karma, d’ailleurs je pense que David Safier ne pourra jamais faire mieux, mais je dois avouer que ce livre m’a en partie réconcilié avec l’auteur. Il n’est pas aussi sympathique que Maudit Karma, mais il est très agréable à lire. En effet, contrairement à d’autres livres de cet auteur, j’ai rigolé en lisant les aventures burlesques de ces vaches et du chat Giacomo, qui est comme son nom l’indique un coureur de jupon patenté. Un peu comme le Giacomo Casanova de Maudit Karma d'ailleurs; est-ce d’ailleurs un clin d’œil à ce premier succès ? Possible... ou pas. ^^

Bref. Pour en revenir à mes vaches, je dois dire qu’au début je trouvais le livre mal parti, car quand j’ai vu que l’auteur leur avait attribué des sentiments mais aussi des comportements humains, j’avoue qu’au début ça m’a un peu rebuté, les animaux étant très franchement au-dessus de la trahison sentimentale par exemple. Cela dit une fois que j’ai mieux connu ces vaches et que je suis rentrée un peu plus dans l’aventure, ce sentiment peu avantageux sur le bouquin s’est très vite estompé. Même s'il est vrai que le lecteur peut faire la transposition des sentiments de ces vaches sur des humains, on ne peut que remarquer malgré tout que cette aventure ne peut appartenir qu’à des vaches qui rêvent d’un Éden terrestre. De plus elles forment ensemble un tableau tellement comique, que je n’ai pu finalement que les apprécier.

Faut dire qu’avec la vache naïve, la vache carrément chieuse, la vache qui lâche des reparties assassines à tout bout de champ, la vache meneuse mais un peu têtue, et le taureau amnésique, ça ne pouvait pas en être autrement. Je me suis vraiment retrouvée -et ça sera le cas de tout lecteur je pense- plongée dans un monde complètement barge, mais aussi dans une aventure « meuhesque » comme je n’en ai jamais lu et comme je ne suis pas prête de relire. C’était drôle, c’était frais, c’était changeant, c’était plaisant, même si parfois c’était un peu trop niais pour moi, comme l’histoire du bébé. Je n’en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, mais comme je ne suis pas une personne attendrie devant les manifestations maternelles, c'est vrai que du coup certains passages m’ont plus ennuyée qu’autre chose, mais là après c'est une question de personnalité. Chaque lecteur ne réagira pas comme moi...


Mais passons, car malgré ceci ça reste une aventure rocambolesque agréable à lire.

Je remercie en passant les éditions Presse de la cité et Babelio pour ce partenariat.

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10 mai 2014

"Créatures, légendes et mystères" de Mureil Zürcher & Karim Friha

"Créatures, légendes et mystères" de Mureil Zürcher & Karim Friha

Créatures, légendes et mystères

Résumé :

Au cœur de la brume du Loch Ness, dans la cave voutée d'un château anglais, dans les montagnes enneigées du Japon, sommeillent de bien étranges créatures : la bête du Gévaudan aurait fait plus de 100 victimes, les fantômes du Hollandais volant ne se montreraient que les soirs de tempête, la créature de Frankenstein aurait tué son maître... Réalité ou fiction, légende ou vérité ? Ces créatures, beaucoup les ont vues, entendues, aperçues, mais peu sont encore là pour en parler...

Mon avis :

Pour être franche je ne pensais pas aimer ce livre après l’avoir feuilleté à réception. Non parce qu’il y avait Dracucul dedans, mais plutôt parce que sur le coup j’ai cru que c’était des légendes revisitées en histoire, en conte… ce qui dans ma tête faisait que finalement le fond était dénaturé, et la légende vidée ainsi de sa substance, donc sans grand intérêt… (Oui je ne fais pas les choses à moitié quand je pense n’importe quoi ^^)

Du coup là je me marre, car ça n’a pas été du tout le cas ! En effet et à ma grande surprise, j’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à lire ce livre, même s’il vise visiblement les plus jeunes. Ce qui fait que j’ai adoré ce livre ? Plein de chose !

Premièrement je l’ai aimé parce qu’il m’a permis de découvrir de véritable légendes venues du monde entier (même si Frankenstein, et dans une moindre mesure les Gremlins et Dracula n’en font pas réellement partie et sont plutôt des personnages de fiction).

Deuxièmement parce que d’après ce que j’ai pu trouver en cherchant des infos sur le net, ce qui est raconté là-dedans est assez « vrai », ce que je veux dire par là c’est que les histoires ne sont pas entièrement inventées les bases sont réellement tirées du folklore.

Et troisièmement parce qu’il y a à la fin de chaque histoire, «  La gazette des mystères », qui reprend dans les grandes lignes les fondements des légendes, des histoires, en mettant en avant les dates clés, les origines, et aussi les évènements qui ont marqué ces dernières, comme par exemple avec la bête du Gévaudan, où là les auteurs ont repris les grandes lignes de l’histoire en quelques mots et raconter ainsi comment cela s’est fini, enfin supposé fini…

Honnêtement, je ne suis vraiment pas mécontente d’avoir lu ce livre qui a été un pur bonheur à lire et à voir (c’est un très bel objet), et pour ma part je compte bien acheter dès que possible le tome sur Paris. Que voulez-vous je suis devenue fan !

En attendant je vous le conseille vivement, si découvrir tout le folklore qui marque les pays, les peuples, vous intéresse ; perso je trouve que découvrir des légendes typiques à chaque nation c’est une autre manière d’approche qui n’a absolument rien de désagréable. C’est amusant, c’est étonnant, c’est original, enfin bref c’est que du bonheur tout en découvrant. Et d’ailleurs maintenant que j’y pense, je trouve que ça rajoute du charme à ce qu’on s’imagine déjà, par exemple on sait tous que l’Irlande c’est magnifique pour ses paysages mais faut bien dire qu’avec les leprechauns elle gagne en cachet (je précise qu’il n’est pas question de leprechaun dans ce livre). Idem pour la Bretagne et l’Ankou, (dans le livre), le Japon et Yuki Onna (dans le livre aussi) ou encore les mers et leurs bateaux fantômes (dans le livre aussi)… Enfin bref c’était GENIAL !

Je remercie en passant les éditions graines 2 et Babelio pour ce partenariat.

 

02 décembre 2013

"Le roman de Jérusalem" de Tania Velmans

"Le roman de Jérusalem" de Tania Velmans

le roman de jérusalem

Résumé :

Jérusalem ! S’agit-il uniquement d’une ville ou est-ce aussi un mythe, un rêve où se confondent passé et présent, où se sont croisés des destins d’hommes hors normes, tel Moïse qui parla avec l’Eternel et Jésus qui devint le Christ ? Ne doit-on pas penser également à Jérusalem comme à un nœud qui réunit les fils conducteurs de trois religions et de nombreuses sectes, toutes soucieuses d’entrevoir ce qui éternellement se dérobe à l’homme ?
Ce mystère, les Hébreux ont cru le toucher du doigt, par l’intermédiaire du Temple qui abritait l’Arche de l’Alliance et avait sellé le pacte d’un peuple avec Dieu. Mais de part et d’autre les promesses ne furent pas tenues. Depuis deux mille ans les Juifs pleurent la destruction de ces saintes reliques en s’inclinant devant un mur demeuré intacte et dont les pierres, taillées avec une précision d’orfèvre, s’étaient laissées dorer par le temps.

Mon avis :

J’ai découvert cette collection avec Le Roman de la Pologne de Beata de Robien, et bien que celui-ci fût présenté comme un véritable livre d’histoire, Le roman de Jérusalem se présente quant à lui différemment. En effet ce livre est plus un livre d’histoire avec une touche de roman dedans. Roman qui par contre ne sert à rien, car l’auteure Tania Velmans fait réciter toute l’histoire de Jérusalem et même au-delà par ses personnages, ce qui revient au même résultat qu’un livre classique d’histoire finalement, d’ailleurs pour être franche les quelques courts passages de roman ne m’ont pas du tout intéressé, sans ça aurait été mieux. Mais de ça je m’en fous en fait, car ce livre est malgré cela génialissime à lire. Jérusalem quelle ville ! Existe-il une ville aussi importante en ce monde ? Aussi fascinante ? Vraiment je ne crois pas, riche en histoire, en architecture, vieille de plusieurs milliers d’années, cette ville qui est trois fois sainte, - car elle contient des lieux ou monuments des trois religions monothéismes (judaïsme, chrétienne, islamique) -, à tout pour attirer.

Bien sûr dans ce livre tout n’est pas dit, car il est tout bonnement impossible de tout dire en 248 pages, pourtant l’auteur a su faire un excellent tour de l’histoire de Jérusalem pour la profane que je suis. Tout d’abord sur l’histoire religieuse de cette ville, l’auteure va développer les mythes et personnages comme Salomon, Moïse ou encore Jésus, qui font tous partis des livres saints que sont la Torah, la Bible, le Coran. Alors si sur ce dernier point je n’ai fait aucune découverte, ni même spécialement sur Jésus, j’avoue que sur Salomon ou encore sur Moïse j’en ai fait des pas mal, et notamment sur la fameuse fuite d’Egypte où d’après l’histoire Moïse aurait guidé les hébreux en dehors de ce pays. En effet d’après des fouilles archéologiques qui ont eu lieu en 1970 au Sinaï, et d’après un autre rapprochement avec des bas-reliefs dans le temple d’Amon à Karnak, cette fuite n’a apparemment jamais eu lieu pour cause de forteresse. D’ailleurs en parlant de Moïse j’ai trouvé très intéressant de découvrir l’épisode du Veau d’orMoïse aurait cassé les tablettes des 10 commandements, ou encore cette ressemblance qui a entre son histoire et celle du roi Akkadien Sargon d’Akkad, à propos du nourrisson dans la rivière. Bien que celle de Sargon d’Akkad soit écrite 16 siècles après ce supposé évènement. Oui c’est marrant je visualise plutôt bien la vie de Jésus mais pas celle de Moïse. ^^ Mais outre Moïse, Jésus et compagnie, l’auteur va aussi aborder rapidement la naissance du monothéisme en Israël, qui serait apparu avec l’exil de Babylon  en 587 avant JC, car entre le 10ème et 7ème avant notre ère il y avait d’autres Dieux qui étaient vénérés, elle va encore aborder la politique de Constantin 1er  qui fut soit dit en passant un très grand constructeur, les persécutions chrétiennes que Néron a lancé, ou encore la vision qu'on avait des chrétiens dans l'antiquité. Voici un passage plutôt intéressant qui en parle :

« L’empereur Marc-Aurèle (121-180) dont la sagesse et l’humanité ont été maintes fois soulignés, note dans ses pensées qu’il trouvait absurde d’associer le singulier et l’universel, comme le faisaient les chrétiens en prêtant une double nature au Christ. Enfin, les chrétiens refusaient d’honorer les dieux de l’Empire, or, un tel refus était puni de mort, conformément à la législation en vigueur. Cette sévérité n’était pas gratuite, mais fondée sur la croyance qu’un tel rejet mettait l’Empire et la fameuse pax romana en danger à cause du courroux qu’il provoquerait dans le monde divin. D’ailleurs, les diverses calamités qui s’abattirent sur Rome au 2ème et 3ème et 4ème siècle, dont une épidémie de peste et la présence des barbares à leurs frontières, furent attribuées à la colère des dieux provoquée par les chrétiens. Mais bien avant, Néron, qui fut peut-être responsable de l’incendie dévastateur de Rome, accusait les adeptes de la nouvelle religion d’en être les auteurs. »

Ensuite un autre point que l’auteur a particulièrement bien développé c’est l’histoire architecturale et picturale de cette ville, et là première surprise ! J’étais restée au fait que les orthodoxes ne représentaient jamais les images saintes, mais apparemment l’art byzantin existe même pour la religion, du coup là j’ai appris un truc super intéressant en découvrant qu’en 843 la crise iconoclaste était finie. J’avais ce qu’on peut dire quelques trains de retard ^^.  Et heureusement que cette crise eût une fin car à travers l’art pictural des décors ecclésiaux byzantins, on a des renseignements sur des martyres mais aussi des témoignages sur les persécutions des empereurs romains et de celles perpétrées par les musulmans à l’encontre des chrétiens d’orient qui eut lieu un peu plus tard. En parlant de peinture ce passage page 199 est plutôt intéressant car il montre l’évolution de la vision de l’essence du Christ mais aussi du message biblique, jugez donc :

"C’est seulement après la victoire des iconophiles, en 843, et le rétablissement du culte des images, que le Christ apparut sur la croix les yeux fermés et les genoux fléchis, autrement dit, mort. En Occident, cette évolution iconographique eut lieu beaucoup plus tard, malgré la forte influence qu’exerçait l’art byzantin sur celui d’Italie.

-                  -     C’est aussi un tournant important dans la piété.

-         Certes, mais il ne faut pas exagérer non plus. A Byzance même, l’évolution se fit très lentement. Ce n’est qu’à partir du 12ème siècle que le corps du crucifié trahit quelque peu la souffrance, que la Vierge et saint Jean sont attristés. Auparavant ils étaient figurés comme impassibles parce qu’ils étaient supposés connaître la divinité du Christ ; ils figuraient de part et d’autre de la croix comme témoin de l’évènement. Le christianisme des premiers siècles était très porté sur le triomphe de Seigneur et sur la joie du salut. Ce n’est que plus tard qu’a commencé la rumination autour du péché, surtout en Occident d’ailleurs. […]

C’est plutôt vers le 15ème siècle que le dolorisme s'épanouit. La douleur devient une valeur, voire une vertu, et les souffrances de Jésus sont exaltées à tel point qu’elles deviennent aussi importantes que son message."

Comme je l’ai dit Tania Velmans ne s’arrête pas à la peinture elle va aussi parler de l’architecture. L’auteure va nous décrire les temples et églises à coupole et pilier, ou encore les mosquées, qui seront parfois juste des anciennes églises transformées ou des mosquées nouvelles inspirées de l’art byzantin. En passant il est dit dans ces pages que l’image des anges a été fixée depuis les victoires antiques, mais j’ai lu je ne sais plus trop où que les anges ont des ailes depuis le 4ème siècle alors qui peut me dire ce qu’il en est exactement ? Car j’avoue que j’aimerai bien savoir depuis quand les anges ont des ailes et d’où est tiré cette représentation. Oui je sais je suis hors sujet. ^^ 

Et pour finir on va bien sûr avoir droit à toutes l’histoire de Jérusalem, c’est-à-dire du commencement (ou presque) les révoltes du peuple juif (zélote), aux conquêtes de l’empire romain, en passant par les croisades chrétiennes qui étaient des reconquêtes de leur terre après que les musulmans les en aient chassés. Alors certes ça c’est un sujet qui en fâchent certains, pourtant c’est une vérité historique, - tout comme l’esclavage qui n’a pas été que l’apanage des blancs -, et du coup c’est un côté du livre que j’ai particulièrement apprécié car il a au moins le mérite de dire que les atrocités ont été commise autant par les chrétiens que par les musulmans. En effet contrairement à ce qu’on croit et lors de leurs conquêtes puis dominations, ces derniers ne se sont pas toujours montrés tendre avec les non-musulmans, loin de là ! Et sans vouloir jouer les trublions, pour moi il est important d’en parler pour qu’on arrête d’entendre des erreurs à tout bout de champs sur ce sujet, en plus c’est bien connu je déteste l’histoire qui marche à sens unique. D’ailleurs chose que j’ignorais de ces croisades ou que j’avais oublié, c’est qu’elles feront naître les Etats Latins d’Orient, où les chevaliers d’occident bâtiront des grands bâtiments.

Enfin bref en relisant mon avis je m’aperçois que je vous ai déjà bien cassé les pieds, aussi je vais m’arrêter là, mais franchement ce livre est génial, je l’ai vraiment adoré et je sais que c’est un livre que je prendrai plaisir à relire. Alors si l’histoire vous intéresse, et je sais qu’il y en a, lisez-le ! Surtout que même si je ne suis pas du tout experte sur le sujet, ce que l’auteure dit ici j’ai pu le lire ailleurs dans des livres qu’elle cite ou pas, du coup je trouve son travail super sérieux et ça c’est très important. Maintenant je vais peut-être me motiver à sortir la Bible et le Coran de ma bibliothèque, allez savoir pourquoi ça m’a donné envie de les lire, bien que quand je feuillette le Coran je fais des bons de 10 mètre 50 et quand je feuillette la Bible je m’endors tout simplement. Mais en attendant je vais tenter un autre livre de l’auteur qui est : La fabuleuse histoire de l'icône moins cher que Byzance, Constantinople, Istanbul. Il me tente énormément et j’espère qu’il sera aussi bon.  

Je remercie en passant les Editions du Rochers pour ce SP.