Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

06 décembre 2020

"Babylone, tome 1 : Le réveil des passions" de Françoise Bouron et Catherine David

Babylone, tome 1 : Le réveil des passions de Françoise Bouron et Catherine David

Françoise Bouron, Catherine David

Résumé :

Dans les secrets de la cité disparue…

VIe siècle avant Jésus-Christ.
La rumeur gronde dans Babylone…
Devant chacun des temples de la cité millénaire, des cadavres mutilés sont découverts.
Punition divine pour châtier les babyloniens ou crimes abjects ?
Ces meurtres incompréhensibles réveillent les passions enfouies, alors que la peur, la suspicion et l’angoisse traversent les ruelles de cette capitale en proie à de terribles luttes de pouvoir.

Un vieux roi malade, une reine conspiratrice, un prince fou, un général fougueux, un armateur blessé dans son honneur, mais aussi une jeune fille rêvant d’émancipation… Tous veulent connaître la vérité sur ces forfaits et protéger la grandeur de la ville mythique.

Trahisons, ambitions, intrigues amoureuses…
Entre thriller et saga historique, ce roman flamboyant nous entraîne au cœur de la vibrante et sulfureuse Babylone.

Ce roman est accompagné, en fin d’ouvrage, d’une visite guidée de Babylone, ville splendide située au bord de l’Euphrate, dont il ne reste aujourd’hui qu’un site archéologique inscrit au patrimoine mondial de l’unesco. les jardins suspendus de Babylone étaient l’une des sept merveilles du monde antique.

Mon avis :

Je ne sais pas si je vais être aussi originale que d’autres lecteurs, mais en effet ce livre ne casse pas trois pattes à un canard. Le sexe, les intrigues royales, les meurtres, la peur du châtiment divin c’est récurrent dans l’histoire et pas uniquement réservés à Babylone. Certes ce livre n’avait pas cette prétention première il me semble, il voulait ressuscitait un décor et une dynastie à travers ces diverses intrigues afin d’offrir aux lecteurs un peu d’inconnu que le sempiternel médiéval ou époque moderne. Mais honnêtement… ce n’est pas franchement une réussite.

Oui bien sûr, il y a un décor – mais à la limite, on n’imagine pas l’Egypte pharaonique si différente –, il y a aussi le panthéon divin légèrement abordé ainsi que la pratique religieuse, il y a aussi la dynastie de Napobolossare présente ici. Mais outre le traitement du personnage de Lâbâsi-Marduk dans le texte que j’ai trouvé réussit, tout le reste a pour ma part fait… pschitt.

On nous promettait de l’action, un décor grandiose (la couverture va dans ce sens également),  un lieu mystérieux, une dynastie marquante, mais finalement j’ai vraiment l’impression de n’avoir rien eu de tout ça, - à part une éternité devant moi pour m’ennuyer. Des trop longues descriptions, des scènes qui s’éternisent, de la lenteur, du déjà vu, et finalement rien de vraiment consistant à l’arrivée qui pourrait me donner l’envie de continuer à lire cette saga. Même sur le côté historique je n’ai pas trouvé grand-chose. Sauf les photos en fin de volume très intéressantes. Peut-être plus que le reste du livre.

Je viens de le dire c’est une saga, ce premier tome - tome de présentation - peut peut-être expliquer cette lenteur, espérons que le second soit plus nerveux.

Merci aux éditions XO.

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11 mai 2020

"Horemheb, le retour de la lumière" de Christian Jacq

Horemheb, le retour de la lumière de Christian Jacq

Résumé :

« Horemheb contempla la Grande Épouse royale, nimbée de la lumière dorée du couchant. Une beauté presque irréelle.
– Viens, exigea-t-elle en se relevant.
Serrant très fort sa main, elle l’ emmena au bord de la terrasse.
– Que discernes-tu, mon roi ?
Dans la lumière de l’ occident se dessinaient les formes des pyramides qu’ avaient érigées les pharaons de l’ âge d’ or.
– Nos ancêtres ont bâti l’ éternité, rappela la reine, et nous devons poursuivre leur œuvre. Ce qu’ Akhénaton a tenté de détruire, consolide-le ! »

Avec Horemheb, le retour de la lumière, Christian Jacq raconte l’ extraordinaire destin du scribe qui, aux côtés de Toutânkhamon, devient général puis pharaon, évitant à l’Égypte de sombrer dans le chaos.
Uni à une remarquable Grande Épouse royale, Horemheb n’ aura d’ autre enfant que l’Égypte et ouvrira son pays à la dynastie des Ramsès.

Mon avis :

Avec Horemheb on retrouve mon couple favori de la littérature, Vent du Nord et Le Vieux. Mais cette fois-ci on les retrouve à l’époque de la fin du règne d’Akhenaton et à l’avènement – et fin – de Toutankhamon. Cette période, on s’en doute, et donc l’idéal pour un roman où se mêle intrigue politique et religieuse ; les partisans d’Aton œuvrent dans l’ombre pour rétablir le culte de ce dernier, et il faut relever l’Egypte mise à mal par Akhenaton et donc en passer par plusieurs réformes. Bref ! Une belle ambiance explosive en perspective. 

Enfin explosive au sens figuré ; il n'est pas encore question de bombe à l'époque, ce n'était pas encore la mode. Toutefois il faut bien dire que le succès de ce livre commence bien par le fait que l’auteur nous plonge dans une époque mouvementée, où les intérêts divergent et créent ainsi des situations dangereuses et complotistes. Des morts, des arrestations injustes, des trahisons, des coups du sort, il y en aura beaucoup.

Mais le succès du livre ne réside pas que dans de cette base somme toute classique du roman historique. En effet, les autres points agréables du livre sont : les personnages, l'absence de redondance et son côté "didactique".
Pour la redondance et la pédagogie je n'ai pas grand chose à en dire, si ce n'est que sur la pédagogie l'auteur prend le temps de décrire rapidement mais efficacement les rites et les fonctions, de manière à ce que ça soit compréhensible par tous et un minimum facile à retenir.
Pour les personnages, je vais être par contre un peu plus loquace, parce qu'il y en a beaucoup et ce beaucoup permet justement une large palette de caractère et d'ambition qui vont jouer sur l'intrigue. A l'exemple d'Horemheb qui est un personnage efficace et très intègre envers son pharaon, mais qui va forcément s'opposer à Nakhtmin qui est un fourbe en puissance mais lui aussi bien placé à la cour. A l'exemple encore d'Amenta (la première femme d'Horemheb) qui s'avère être un personnage entreprenant, et qui va donc forcément être utile à l'histoire par sa fidélité et son caractère.
A l'exemple encore de plein d'autres, puisqu'en effet on pourrait faire ça pour tous les personnages, du premier au dernier, qui par leur peur ou leur honneur vont bien montrer l'importance du règne et de ce qui s'y joue. En clair, ils ne sont pas là juste pour meubler et les capacités ou défauts de chacun ne sont pas gâchés.

De la dire que tout est parfait dans ce livre ? Non. Je note juste une fausse note ou alors j'ai raté un passage, c'est que je ne comprends pas comment Horemheb peut en venir à soupçonner Nakhtim d'être ce qu'il est. Mais excepté ceci, vous l'aurez compris ce livre m'a énormément plu, et si l'action vous plaît, l'Egypte Antique aussi, n'hésitez pas à lire ce livre. Bon temps garanti.

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09 mars 2020

"Louis XIV l'enfant roi" de François Guillaume Lorrain

Louis XIV l'enfant roi de François Guillaume Lorrain

Source: Externe

Résumé :

On connaît le Roi-Soleil, mais comment le jeune Louis est-il devenu ce monarque qui fit briller si haut la grandeur de la France ?

L’enfance de Louis XIV est aussi romanesque que douloureuse. Écrasé de professeurs, surveillé par Mazarin qui l’initie aux intrigues et à l’art d’être roi, fouetté par sa mère Anne d’Autriche, qui ne lui passe rien, il reçoit une éducation qui s’apparente à un dressage.

Souverain à cinq ans, il se retrouve projeté dans l’une des périodes les plus tourmentées de notre histoire, la Fronde. Le Parlement le malmène, les princes le défient, le peuple envahit son palais. Louis est à la fois un enfant, capricieux, buté, et un jeune roi qui doit subir en silence le mépris de ses aînés.

Parce qu’il fut très humilié, Louis XIV ne songera ensuite qu’à démontrer toute sa puissance. Avant que le soleil ne se lève, il y avait un « petit homme ». Et c’est à cette intimité que François-Guillaume Lorrain, en romancier passionné d’histoire, redonne vie sous nos yeux.

Mon avis :

François Guillaume Lorrain réussit dans ce roman biographique le délicat exercice de nous faire partager l’enfance d’un roi pris entre ses obligations et sa lourde éducation, et ses instants de liberté avec ses compagnons de jeu.
D’une écriture simple, sans superflu, mais rythmée et vivante, nous allons découvrir l’intimité de ce roi soleil dont l’enfance est une éternelle difficulté, dans une France secouée de toute part.

Nous imaginons souvent la vie de ce roi douillette, tendre, facile, sa personne respectée - hormis lors de la période de la Fronde -, à la lecture de ce roman vrai nous allons vite réviser notre jugement. De par l’époque mouvementée et la charge qui pèse sur ses épaules, nous allons en effet découvrir grâce à ce livre que l’enfance de ce petit roi n’avait finalement rien d’une partie de plaisir ; assommé de professeur, régulièrement écarté des personnes qui lui étaient agréables, ayant des obligations dus à son rang - mais n’étant pas non plus livré à lui-même et sans joie -, Louis XIV n'a pas eu l'enfance heureuse qu'on lui imagine. En effet, prisonnier d'un rang, d'obligations, d'une éducation profane et religieuse, on peut dire que son système d'éducation a contenu très vite la fougue de ce jeune homme en lui donnant très vite les traits d'un adulte sur qui repose une lourde charge.

Cependant, si toutes ces obligations sont pénibles à supporter et l’auteur le met fort bien en avant, ce dernier va quand même prendre le temps de raconter ces moments joyeux et simples que Louis XIV a pu partager avec ses amis ou encore sa famille. Ainsi, ces scènes décrites de manière très réaliste, vont nous permettre de découvrir que l'enfance de Louis XIV est malgré tout plus joyeuse, plus aimante, plus dorée que celle du commun des mortels, et qu'il a grandi entouré d'attention et d'affection.
Bien sûr, il a ses obligations très lourdes, mais c’est néanmoins un enfant qui peut se permettre des caprices, des largesses, une insouciance que d’autres n’ont pas. 

Enfin, outre la vie bien visible d’un roi je dirais, basé sur des faits assez matériels disons, F.G Lorrain va aussi nous dépeindre en parallèle aux évènements, un portrait psychologique d’un petit roi qui va nous montrer à quel point l’âge adulte est une revanche sur son enfance. Humilié par le Parlement, un oncle jaloux, des personnages orgueilleux et ambitieux, Louis XIV n’oubliera pas en grandissant toutes les vexations qu’il a subies à l’époque de son apprentissage.
En parallèle à ce portrait psychologique, on sentira en outre déjà poindre chez ce jeune garçon sa passion pour le théâtre, les choses de la guerre et la haute idée qui a de lui-même. Ce dernier point ne le rendra pas forcément agréable au demeurant…

Bref, vivant, turbulent, affectueux, curieux, désagréable aussi, l’auteur nous offre un portrait d’un jeune roi dans toute sa jeunesse et sa gravité, une esquisse d’une France déchirée et mouvementée.

XO éditions.

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18 décembre 2019

"La petite voleuse de la soie" de José Frèches

La petite voleuse de la soie de José Frèches

Source: Externe

Résumé :

Quelques œufs de ver à soie et graines de mûrier… et voilà qu’un secret jalousement gardé en Chine pendant des millénaires finira par être divulgué au dehors de la Grande Muraille, ce qui entraînera la chute de la puissante dynastie des Han.
Nous sommes au IIIe siècle de notre ère, et la « petite voleuse de la soie » s’appelle étoile du Nord. Menacée de mort, cette brodeuse aux doigts d’or fera le bonheur d’un roitelet du Khotan et la richesse de cette oasis, l’un des plus anciens pays bouddhistes.
Sa fuite est le début d’une étourdissante cavalcade sur la légendaire route de la soie, épopée pleine de rebondissements, de fureur et de sensualité, où le lecteur croisera, tour à tour, un vieil ermite taoïste, un général sans peur ni scrupules, un empereur autiste et une redoutable Persane.
Avec ce roman, José Frèches nous fait partager sa passion pour la Chine. Il nous montre combien la soie était, pour tous les Chinois, une étoffe sacrée, symbole de beauté, de douceur, mais aussi de rayonnement et de domination.
Jusqu’à ce qu’un coup de foudre ne vienne tout renverser…

Un grand roman au cœur des mystères de la Chine.

Mon avis :

Depuis Moi, Confucius je n’ai pas lu de José Frèches aussi prenant. J’ai apprécié découvrir Gengis Khan, 2500 ans de la Chine, j’avais beaucoup moins apprécié le Père David et le Panda, avec La petite voleuse de la soie je retrouve enfin ce que j’apprécie dans le roman et chez cet auteur : une écriture prenante, un fond  historique, un soupçon énorme de connaissance.
Je suis toujours ravie d’apprendre des choses, surtout quand ça concerne des régions pour lesquelles j’ai de l’intérêt, mais pour moi l’intérêt de ce roman ne réside pas que dans son savoir - même s'il en fait indubitablement partie.

En effet, pour commencer, je salue le roman par le traitement des personnages. Ces derniers, variés et nombreux, assurent déjà à eux seuls une part importante de l’intrigue. Chacun a son caractère, ses petites ambitions, sa petite histoire, ses petites haines, qui donnent très vite du rebondissement à l’intrigue et fait que ce livre n’est pas un long fleuve tranquille. On sent que ça va dégénérer. Surtout si on ne perd pas de vue qu’à l’époque la justice peut être assez expéditive, et qu’il est facile de piéger quelque-un.
Je ne vais pas vous mentir tous les personnages ne sont pas sympathiques, bien sûr que parfois on a envie d’en tuer quelques-uns, mais à part ça rien de grave, le roman s’en chargera bien tout seul. (J’ai un sourire sadique qui se dessine sur les lèvres. Oui.)

Outre les personnages qui donnent déjà à eux seuls la substance intéressante du livre, l’autre atout de ces pages est bien évidemment l’approche de la Chine ancienne par l'auteur. A travers ce livre José Frèches qui est un grand connaisseur de la Chine, a su trouver les mots justes et l'ambiance juste pour dépayser son lecteur et le transporter dans une Chine hautaine, brillante, secouée par les révoltes, injuste par sa misère et le traitement de certains personnages. Pas une Chine toujours sympathique... Mais un vrai cours d'histoire sur fond de légende, écrit d'une écriture qui éloigne l'exotisme songeur, - quand bien même le décor et la soie qui me laissent toujours cette petite image de palais féerique chinois en tête. (On ne se refait pas.)

En conclusion, je n'écrirai pas 150 lignes pour vous dire de lire ce livre, car c'est juste un livre à lire pour découvrir un peu plus la Chine. Et ça devrait être suffisant pour vous le faire lire, acheter, offrir.

XO éditions.

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17 novembre 2019

"Le Roi fol" de Laurent Decaux

Le Roi fol de Laurent Decaux

Source: Externe

Résumé :

Au début de l'année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d'accoucher d'un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l'Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d'adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s'abattent sur le jeune roi.

Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s'agitent en coulisse. à la cour, le vice est l'affaire de tous et l'ambition n'est pas l'apanage des grands. Dans l'incroyable entreprise de démolition d'un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l'Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer.
La France en sera quitte pour cinquante années de chaos.

Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d'une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions.

Mon avis:

Nous sommes au 14ème siècle en 1392, Charles VI n'est pas encore le roi fou mais le bien aimé. A cette époque, il est un roi bien parti pour donner le meilleur à son royaume, mais il ne le pourra pas. A cause de sa folie, à cause de son entourage. Lecteur apprête-toi à plonger dans ce panier de crabe où tous les coups sont permis.

Ma lecture du Seigneur de Charny l’année dernière m’avait moyennement plu, j’avais trouvé le roman bien et pas bien à la fois. Certains sujets m’avaient plu et d’autres traînaient un peu trop en longueur pour moi, ce qui m'avait fait sortir mi-figue mi-raisin de cette expérience livresque. Cette année, dieu merci, l’expérience romanesque qui m’a été offerte avec ce livre a été cent fois meilleures ; avec son nouveau roman Le Roi fol, Laurent Decaux m’a offert une expérience de lecture franchement différente et franchement plus agréable que celle de 2018, étant donné que l’auteur a gagné en souplesse d’écriture, en maîtrise, en un mot : en talent.

En effet, contrairement au premier livre qui était pour moi long au démarrage, qui bloquait un peu, qui languissait dans son récit, le roman est ici à mon goût plus fluide, plus rapide, et j’ai trouvé accessoirement que le mélange des intrigues était mieux maîtrisé que dans le premier roman. Je m'explique, autant dans le Seigneur de Charny on distinguait deux voire trois histoires dans un livre, autant là on a pour un livre des histoires qui s’agglomèrent correctement entre-elles pour en former une seule à l’arrivée. Et une seule particulièrement prenante, il faut bien le dire.
Faut dire que c’est difficile de ne pas faire prenant avec ce roi et la Guerre de Cent ans. Oui pour ceux qui dormaient dans le fond, je rappelle que l’anglais n'est pas le seul ennemi à la France, et personnellement j’ai toujours pensé que le règne de Charles VI c’était le règne de ce roi qui pouvait permettre le pire comme le meilleur - et j’ai trouvé cette dichotomie bien mise en avant dans le livre au demeurant.

Bref ! Niveau écriture, y a pas à tortiller c’est 100 fois mieux maîtrisé que le Seigneur de Charny qui en soit n’était pas non plus mauvais. Je tape dessus depuis le début, mais la lecture avait des choses quand même intéressantes.

Outre ceci, un autre point que j’ai adoré, c’est le développement des personnages. Je dois dire que je les ai tellement trouvé bien fait, que pendant un moment je les ai cru réels. Alors, je sais que certains sont réels et d’autres pas, mais l’auteur leur a tellement bien fabriqué un caractère, une personnalité dans l’esprit de l’époque, que c’était difficile de ne pas y croire. Sans conteste, il y a dans ce livre une meilleure maîtrise du portrait aussi, après on n’adhère à ce qu’il a fait ou pas. Et quand je dis ça je pense surtout à la femme de Charles VI, mais personnellement je suis du même avis que l’auteur ; pour moi c’était une garce.

Bon, vous l'aurez compris, j'ai aimé ce livre et son histoire dans l'Histoire. On a dans ces pages ce qu'on est en droit d'attendre dans un roman histrorique, et le tout est amené avec érudition et talent. On gravite pleinement dans l'entourage de ce roi où on croise le pire comme le meilleur, et la plongée est totale.

En conclusion, c’était une bonne lecture avec une multitude d’intrigue, de personnage, bien écrite et bien remise dans son milieu. A lire pour vous faire plaisir ou/et à offrir avec plaisir.

XO Editions.

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11 juin 2019

"Il était une fois la Chine : 4500 ans d'histoire" de José Frèches

tiIl était une fois la Chine : 4500 ans d'histoire de José Frèches

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Résumé :

Qui mieux que José Frèches, à la fois historien et conteur passionné, pouvait nous dévoiler les beautés et les mystères de la Chine, acteur majeur de notre monde, omniprésente dans notre vie quotidienne et dans nos médias ? On ne peut comprendre ce qui se passe aujourd'hui avec la Chine sans prendre en compte son passé immémorial. C'est la seule civilisation vieille de plus de 4 500 ans qui n'a jamais disparu. Les traditions, les coutumes, l'héritage culturel d'un Chinois d'aujourd'hui viennent en droite ligne de ces millénaires d'histoire. Récits de la vie quotidienne, biographies, légendes et anecdotes insolites... Avec ce livre, José Frèches établit un pont entre nos deux mondes, nous transmettant avec enthousiasme et simplicité son savoir sur l'Histoire et les histoires de la Chine. Parce que nous avons tous envie de connaître la place qu'occupera ce pays immense et fascinant dans notre vie, demain.

Mon avis :

4500 ans c’est long ! C’est aussi beaucoup de personnage, de changement, d’évolution ou de régression, donc autant vous dire que je n’ai pas reconnu beaucoup de cette lecture. Pour autant, l’impression générale que j’ai en sortant de cette lecture c’est que ce pays exotique possède une histoire riche. On sait tous que la Chine a été première dans pas mal de domaine et d’invention ; la poudre à canon, la boussole, l’imprimerie c’est eux. On sait tous qu’elle a été un exemple pendant longtemps pour le Japon, et que quand l’Europe l’a mieux découverte elle en fut elle-même éblouie.

Plus profondément pourtant, on sait peu de la politique et de l'histoire de ce pays, à part éventuellement la fin du 19ème siècle et le 20ème siècle. Voilà donc un livre, qui sans rentrer dans les détails, va réparer cette lacune, en nous présentant les révoltes paysannes, le système administratif, les conquêtes, la pensée chinoise, les rapports avec les autres, le quadrillage de la population, les changements de dynastie avec leur bienfaits ou pas. Hé oui ! La Chine, comme dans beaucoup de pays du monde, c’est parfois des belles avancées mais aussi des reculs. Tout n’est pas beau et excellent, voyez le communisme qui a détruit des perles chinoises artistiques ou autres (le pire c’est qu’après ça va hurler sur Taiwan pour récupérer ce que eux auraient détruit sans scrupule).
Outre, l'histoire, l'autre atout de ce bouquin c'est qu'il a aussi une petite ouverture sur la Chine de demain. En montrant le monstre que deviendra ce pays d'un point de vue économique et commercial, et en l'interrogeant sur les revanches historiques. En plus de cela, il aborde quelques problèmes comme l'énergie et l'immobilier.

Toutefois, ce que je regrette un peu avec ce livre, qui est une excellente première approche au demeurant, c’est que l’on ne retient finalement pas grand-chose. Car il approche peut-être l’histoire de manière trop large, ce qui n’aide pas à en retenir le maximum. Pour moi, après lecture de ce livre, je me dis qu’il vaut peut-être mieux lire plusieurs livres qui abordent chacun une époque, un personnage, un évènement, plutôt qu’un condensé, car finalement l’histoire chinoise se répète pas mal et ça ressemble à l’arrivée à un gloubi-boulga de connaissance et d’impression. En tout cas pour moi. Excepté ce que je connaissais déjà fin 19ème siècle et 20ème siècle, le reste me reste assez flou au final... - à part les encadrés qui s'attardent sur un point particulier que j'ai plus ou moins retenu.

En résumé, c’est une bonne approche, l’auteur connaît très bien son sujet, mais finalement pour moi c’est trop vaste et je n’en retiens que peu de chose à mon grand désarroi. Mais j'y retournerai souvent.

XO éditions.

Extrait :

"L'accumulation, sous les Yuan et sous les Ming, des catastrophes naturelles (séismes, débordement des grands fleuves, pluies torrentielles) et des famines consécutives à celles-ci incita Zhuxiao le cinquième fils de l'empereur Hongwu, à pilier (1406) un ouvrage censé permettre aux plus pauvres de se nourrir "en cas de disette". Il s'agit du Précieux Herbier pour la Survie en cas de Disette (Jiu Huang Bencao) qui recense 444 plantes comestibles susceptibles de servir d'ingrédients au "repas de famine". On y trouve quantité de recettes sur la façon, par exemple, de combiner la feuille d'ortie à la tige de sorgho et de mélanger le tout avec des écorces tendres, ou encore piler certaines racines pour obtenir "une pâte nourrissante et au goût délicieux"... L'administration encouragea la diffusion du manuel de survie de Zhuxiao, mais sans pour autant empêcher les malheureux, qui n'avaient plus rien à se mettre sous la dent et erraient de village en village à la recherche de quelques grains de riz, de se révolter et de se livrer au pillage..."
p. 264

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24 octobre 2018

"Pharaon : mon royaume est de ce monde" de Christian Jacq

Pharaon : mon royaume est de ce monde de Christian Jacq

Source: Externe

Résumé :

« Mon nom est Thoutmosis, et j'ai construit un monde.
Un monde aux frontières menacées par les ténèbres et la barbarie.
Un monde qui aurait pu disparaître sous le poids de l'avidité, du mensonge et de la médiocrité.
Mais j'ai combattu, jour après jour, avec l'aide des dieux pour que rayonne la lumière, et qu'elle nourrisse les humains.
Et mon royaume fut de ce monde. »

Dans la suite des grands romans qui ont fait son succès, Christian Jacq nous fait revivre l'incroyable histoire du pharaon Thoutmosis III (1504-1450), celui que l'on surnomma plus tard le Napoléon égyptien.

Redoutable stratège, guerrier intrépide, Thoutmosis repoussa toutes les attaques contre l'Égypte. Mais l'homme était aussi un savant qui ne cessa de vouloir améliorer le sort de son peuple. Follement épris de la musicienne Satiâh, il fut le premier roi égyptien à être appelé Pharaon.

Passion, combats, sagesse ancestrale et recherche de l'harmonie, Christian Jacq, avec ce roman, nous plonge dans les aventures et les secrets d'un des plus grands rois d'Égypte.

Mon avis :

"Quand l'écoute est bonne, la parole est bonne." Ptah-Hotep.

Plus de trente ans et je n’ai jamais lu de Christian Jacq, car les romans qui se passent dans l’Egypte antique je les imagine souvent poussiéreux et ennuyeux (je ne sais pas pourquoi). Bien mal m’en pris, car c’est plutôt agréable à lire, et même très agréable, vu que se marie à merveille roman et histoire par un savant dosage de connaissance et d’imagination. En effet, tout se tient si bien, tout est si bien écrit et amené, que j’ai eu l’impression d’avoir eu accès à toutes les connaissances sur ces gens-là et cette époque-là. L’auteur arrive vraiment à faire oublier le roman, pour nous plonger dans une époque qu’on peut parfois avoir du mal à imaginer.

Outre le décor, les connaissances et l’histoire, ce que j’ai aussi apprécié avec ce roman, c’est qu’il rappelle que l’Egypte n’est pas qu’une terre de momie poussiéreuse, vu qu'elle fut habitée autrefois par des gens très intelligents qui avaient une culture immense pour leur époque, ainsi que par des gens bien vivants. Sur ce dernier point, et même si là on part dans une bonne dose de fiction, j'ai adoré la personnalité que Christian Jacq a donnée à chacun de ses personnages, car chacun par leurs qualités, leurs travers, leurs rancunes, leurs peurs, leurs doutes, tissent le roman pour écrire l’épopée d’un règne qui est rythmé par les douze heures. Et quel règne mes amis, quel règne ! On n’avait pas le temps de s’ennuyer à l’époque, du coup le lecteur non plus.

Enfin, le petit plus que j’ai apprécié dans ce roman, c’est l’humour qui ne manque pas à travers le Vieux et Vent du Nord. Là il y a vraiment une belle originalité qui mérite d’être souligné, car ce point-ci rend la lecture doublement agréable. Déjà par l’humour qui est toujours appréciable, mais aussi parce qu’il fait oublier que parfois certaines scènes reviennent très régulièrement comme les campagnes militaires. En effet, Thoutmosis III n’ayant pas chômé, ces scènes sont récurrentes, du coup une dose de Vent du Nord fait du bien dans cette "répétition". Même si le mot répétition n'est pas tout à fait juste, étant donné que Christian Jacq a eu l’intelligence de ne pas toutes les développer dans les détails, faisant ainsi échapper aux lecteurs le sentiment de redite.

En résumé et pour faire court. J’ai adoré ma première rencontre avec cet auteur, il y a de l’aventure, de la haine, de la passion, de l’humour, des connaissances… Bref ! Tout ce qu’il faut pour faire un excellent roman. A lire sans modération.

Merci aux éditions XO.

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29 avril 2018

"Le Père David, l'Impératrice et le panda" de José Frèches

Le Père David, l'Impératrice et le panda de José Frèches

panda frèches

Résumé :

Un grand roman épique
L’histoire passionnante d’un animal devenu une légende

« Vous le connaissez tous, avec sa splendide livrée noir et blanc, son air bonhomme, son appétit insatiable et sa démarche rigolote… le panda ! L’ami des enfants et le symbole de la préservation de la nature…

Ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’un missionnaire français, le père Armand David, en 1869, est à l’origine de sa découverte. Sans lui, le panda aurait été décimé par la chasse et la déforestation.

C’est en m’inspirant de cette histoire vraie que je vous invite à me suivre jusqu’aux forêts du Sichuan, le territoire du panda géant, à remonter le fleuve Bleu, à explorer la fabuleuse Cité interdite et Shanghai la mystérieuse, sur les traces de mon héros, le père David Etcheparre, à la rencontre de l’impératrice Cixi et de Fleur de Sang, une jeune fille amoureuse des pandas.

Ensemble, nous découvrirons une Chine plus mystérieuse que jamais, soumise à tous les assauts, rongée par l’opium et pourtant insubmersible… mais aussi cet animal magnifique, dont le pays a fait l’un de ses principaux ambassadeurs. »

Mon avis :

Faisons court.

Je ne suis pas une grande fan de l’écriture de José Frèches, mais malgré ça j’aime quand même le lire car je découvre toujours plein de chose sur la Chine, son histoire, ses personnages… et ça j'aime !
Je me sentais prête à démolir ce pavé car j'étudiais en parallèle et avec passion la Chine et l'Europe en histoire d'art moderne, et que ça faisait une assez bonne base à ce bouquin, vu que l'on n'aborde pas l'histoire d'art de la période moderne en Chine sans aborder la question des missionnaires, la fascination européenne pour la Chine, etc., etc.

Mais là... là… ouille, ouille, ouille, je n’y suis pas arrivée. J’ai arrêté ma lecture bien avant la fin, car trop de description, trop de longueur, trop didactique. Trop de trop gâche ce livre.
Certes, c’est toujours didactique avec Frèches, mais habituellement c’est bien mélangé dans le récit, la connaissance se fond dans l’histoire pour donner quelque chose de fluide à l’arrivée, mais là il n’y a rien de tout ça. C’est lourd, c’est long, c'est sorti en bloc et on sent que l’auteur veut en dire beaucoup trop, veut trop étaler ses connaissances au détriment de l’histoire, des péripéties et des personnages.
Des personnages eux aussi trop développés en bloc au demeurant et le décor idem, et j'ai envie de dire à propos du décor que la cabine du bateau on s’en fout un peu. Tout comme le détail du kamasutra chinois, dont j’ai oublié le nom en passant…. Sur ce dernier point le lecteur n’en demandait pas tant, il demandait même rien vu que ça n'a pas de rapport avec le panda. Trop de digression ? Oui aussi.

Bref. Comme le voyez un gros raté pour ce livre là, pourtant j’avais une folle envie de connaître cette histoire, surtout que dedans il y a Cixi, est Cixi est un personnage que j’aime croiser depuis que j’ai lu un livre sur elle il y a quelques années, mais force est de constater que Cixi ne fait pas tout et ni le panda d’ailleurs. Je ne suis pas arrivée à lire ce livre jusqu’au bout même en m’imposant tant de page par jour.

En conclusion vous l'avez deviné je n'ai pas aimé, avec des paragraphes en moins ce livre aurait gagné en clarté et en légèreté, mais peut-être que parmi vous certains l'aimeront. Essayez.

XO éditions.

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05 février 2018

"Le seigneur de Charny" de Laurent Decaux

Le seigneur de Charny de Laurent Decaux

Source: Externe

Résumé :

Champagne, 1382. Quand, après six années de croisade, Jacques de Charny regagne enfin ses terres, il découvre, stupéfait, une foule immense massée devant l’église du château.

De toute l’Europe, des pèlerins affluent pour prier devant la relique extraordinaire détenue par la famille : le saint suaire, sur lequel apparaît le corps martyrisé du Christ. Pour sauver le domaine de la faillite, Jeanne, la mère de Jacques, a décidé d’exposer publiquement cette relique cachée aux yeux du monde depuis des décennies.

Alors qu’il espérait être accueilli à bras ouverts, Jacques se heurte à la défiance et l’hostilité de tous. Sa mère, la première, lui reproche d’avoir ruiné la seigneurie avec ses voyages en Orient. Pierre d’Arcis, l’implacable évêque de Troyes, veut interdire l’exposition du drap sacré. Et même sa promise, la ravissante Hélène, s’est mariée à un barbon…  Seuls ses deux amis d’enfance, Miles, le bouillonnant comte de Brienne, et Arnaut, le fougueux chevalier de Jaucourt, semblent se réjouir de son retour.

C’est alors qu’un jeune seigneur et sa suite arrivent en Champagne pour admirer la sainte relique. Pour Jacques, cette visite inattendue va s’avérer providentielle…

Mon avis :

Le seigneur de Charny est le premier roman de Laurent Decaux. Ce livre n'apporte rien de neuf sous le soleil, pour autant il se lit bien. Descriptif d'une époque - avec des arrangements - son histoire se déroule au sein d'une seigneurie en ruine suite à la croisade entreprise par le fils de Charny. Seigneurie désargenté certes, mais riche du Saint Suaire autour duquel il existe un désaccord et qui sera source de pas mal d’ennui. Via ce linceul pourtant, le livre montre comment à l’époque on tentait d’attirer les pèlerins pour faire rentrer quelques argents dans les caisses afin de relancer ou d’enrichir la seigneurie, ou pour donner un écrin à quelques reliques rares afin de s’attirer quelques faveurs du ciel.
Ce ciel, dont les représentants menacent d'excommunication ceux qui vénèrent des faux et menacent la vie de toute une bourgade par leurs positions. Positions qui peuvent dépendre des rois comme des papes, comme dans ce livre où notre histoire du Suaire se passe lors du grand schisme de l’Eglise d’Occident et se base sur une opposition véritable de Pierre d’Arcis.

Bref ! Toute cette histoire du Suaire apporte déjà beaucoup d’intrigue, de description et de rebondissement à ce livre, c’est même la principale intrigue, mais pour être honnête… pas la meilleure.
En effet, pas la meilleure, du coup heureusement que ce livre compte dans ses pages la présence de Charles VI (avant qu’il ne soit le roi fou) et les intrigues qui l’entourent pour mettre un peu de piment dans cette langueur campagnarde.
Effectivement et même si finalement ce n’est pas si présent, les quelques aventures avec ce roi et son entourage font un bien fou ! Comme cette histoire de Suaire est finalement assez molle et tire en longueur - ce qui peut vite devenir lénifiant, sauf sur la fin où elle devient vraiment intéressante - voir ce roi vivre dans un panier de crabe, opposer un refus et entreprendre la guerre, réveille fortement l’intérêt du lecteur et donc l'intérêt du livre vu qu'on s'éloigne un peu du sujet principal qu'est le Suaire.

Mais que serait ce livre sans son personnage Jacques de Charny et ses amis coureurs de jupons et bons vivants ? Amis qui lui remontent au demeurant le moral vu que le retour n’est pas celui escompté, puisqu’il est accueilli froidement par sa mère et qu’il est délaissé par sa promise qui a épousé un riche barbon.
Pour être franche, là aussi ce ne sont pas les personnages du siècle, mais leur compagnie, leurs 400 coups et leur amitié rajoutent de l’agréable au roman qui sans ça serait encore plus long à lire, surtout au début.
Le plus cependant avec ces trois personnages, c'est qu'ils ne sont pas invincibles, ils ne sont pas les meilleurs, ils ne sont pas les plus forts, ce qui met quand même une touche de réalité agréable dans ces portraits, parce que c'est chiant mine de rien ces chevaliers qui s'en sortent à trois contre cent !

En conclusion, j’ai apprécié ce livre et surtout la fin qui est terrible, mais le début a été un peu difficile, ça devient vraiment intéressant pour moi dès le départ de Charles VI et l’action de l’évêque sur le Suaire. Avant pour moi, ça colle au décollage, mais je sais qu’à d’autres il n’a pas fait cet effet-ci, donc à tenter pour ceux qui veulent, car au fond il est vrai que l’on ne passe pas un trop mauvais moment non plus. Il y a quand même des choses agréables en plus de l’époque médiévale. Et en plus l'auteur est assez bien renseigné, ce qui est indéniablement un plus.

Merci à XO Editions.

26 mai 2017

"Madeleine Pauliac, l'insoumise" de Philippe Maynial

Madeleine Pauliac, l'insoumise de Philippe Maynial

Source: Externe

Résumé :

L’extraordinaire histoire du docteur Madeleine Pauliac, l’héroïne du film Les Innocentes, nommé 4 fois aux César 2017 !

Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. Profondément insoumise. L’histoire de Madeleine Pauliac, médecin et lieutenant, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, quelques semaines après la déroute nazie, elle prend la tête à Varsovie de l’Escadron bleu : onze Françaises de la Croix-Rouge d’à peine vingt ans qui, inlassablement, le jour comme la nuit, rapatrient les blessés français et volent au secours des rescapés des camps de concentration, de Majdanek, en Pologne, à Dachau, en Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, Madeleine Pauliac fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises. Plusieurs d’entre elles se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine Pauliac les aide à accoucher. C’est ce drame que raconte le film d’Anne Fontaine Les innocentes.

Avec l’Escadron bleu, Madeleine Pauliac accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne, n’hésitant pas à « kidnapper » des blessés français dans des hôpitaux russes.

Jusqu’à ce jour de février 1946 où elle périt en voiture, sur une route verglacée près de Varsovie. Une vie brisée… au service des autres.

Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film les innocentes et livre ici le portrait bouleversant d’une héroïne oubliée.

Mon avis :

Philippe Maynial raconte l’histoire de sa tante Madeleine Pauliac, qu’il n’a connu qu’à travers sa mère et ses recherches. Qui est Madeleine Pauliac ? Une femme médecin et militaire qui durant la seconde guerre mondiale œuvra dans la résistance et après 1945 œuvra à l’Est pour rapatrier les français avant qu’ils ne partent pour le grand inconnu en URSS, en plus de soulager dans le même temps les souffrances des populations autochtones. C’est sûr ces missions à l’Est où son neveu va s’attarder. Bonnes sœurs violées, ouverture des camps concentrationnaires, ces pages vont voir défiler la misère humaine en période de crise que Madeleine Pauliac a tenté d’adoucir.
Pour autant à côté de cette misère humaine, ces pages vont nous offrir aussi des leçons de courage, de culot, mais aussi une belle amitié entre ces membres volontaires de la Croix-Rouge française.

Mais j’avoue, si j’ai apprécié ce bouquin ce n’est pas tant pour l’amitié qu’il montre, ni pour l’altruisme de ces femmes, ou encore cette aventure dangereuse dans des pays dévastés où l’Armée Rouge se comporte comme le dernier des monstres. Non, si j’ai avant tout apprécié ce livre c’est parce qu’il raconte l’histoire de femmes libres et courageuses et qu’en faisant cela l’auteur a replacé la femme dans l’Histoire, avec un grand H. Il a montré qu’elles pouvaient être aussi fortes, douées, utiles, meilleures, que les hommes. Oui je vais jusqu'à là !
En outre, Philippe Maynial a en plus permis de sortir de l’oubli cette aventure de l’Escadron Bleu qui mériterait d’être bien plus connue, tout comme l’histoire des rapatriements. En effet, la seconde guerre mondiale ne s’arrête pas en Europe au 8 mai 1945, ses effets vont se faire sentir encore longtemps après la capitulation, notamment à travers les mouvements de population (retour de camp ou des exilés) et l’avantage de ce livre c’est qu’il permet d’avoir un aperçu sur cela et de la difficulté d’effectuer des rapatriements dans un contexte de Guerre froide. L’URSS est déjà maître de l’Europe de l’Est et les actions de la Croix-Rouge vont se heurter très vite au nouveau pouvoir, comme on va le voir avec l’Escadron Bleu notamment.
Alors certes le livre n’est pas aussi pointu qu’un ouvrage d’historien, mais il a se mérite d’élargir la problématique de la seconde guerre mondiale et de la recontextualiser, en plus de rendre à l’Histoire des personnages, des actions, oubliés ; et tout ça, oui tout ça, c’est merveilleux ! Personnellement il ne m'en faut pas plus.

En résumé, c’est une biographie, mais une biographie utile. Une vraie biographie utile qui instruit.

Merci à XO éditions.

Posté par Florell à 19:18 - Biographie - Commentaires [0] - Permalien [#]
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