Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

25 décembre 2018

"Le Facteur Cheval : jusqu'au bout du rêve" de Nils Tavernier

Le Facteur Cheval : jusqu'au bout du rêve de Nils Tavernier

facteur cheval

Résumé :

En 1879, à Hauterives dans la Drôme, le facteur Cheval effectue chaque jour dix heures de marche pour boucler sa tournée de 32 kilomètres... Pas un instant de repos pour ce fils de paysan qui n’est allé que six ans à l’école. Et pourtant, la maturité venant, il se lance dans l’une des aventures les plus extraordinaires du siècle. Trente-trois années durant, sans aucune connaissance de l’architecture, il va bâtir pour l’amour de sa fille Alice un Palais idéal «vu en songe». Un palais aujourd’hui classé monument historique et visité par le monde entier... Auteur et réalisateur, Nils Tavernier a été bouleversé par la destinée étonnante de ce simple facteur devenu un artiste reconnu. Sa vie lui a inspiré un film magnifique ainsi que le présent livre, première grande biographie de Ferdinand Cheval nourrie d’archives inédites, notamment de son journal.

Mon avis :

Nous voilà dans la Drôme pendant le 19ème siècle. Dans une France pré-révolutionnaire et révolutionnaire riche en changement, dans les campagnes le paysan, le petit ouvrier, ne voient pas vraiment d’amélioration à sa misère. Obligés qu’ils sont, d’exercer divers métiers pour survivre, la révolution ne leur a jamais réellement appartenu…
Nous voilà dans la Drôme pendant le 19ème siècle, et c’est dans cette France rurale encore superstitieuse, que né Ferdinand Cheval enfant de paysan et précurseur de l’architecture naïve.

Nous connaissons quasiment tous l’œuvre de Cheval, de visu ou sur photo. On sait aussi du sculpteur qu’il était facteur et qu’il a imaginé son château de longue année avant de passer à l’action. Mais au fond, qu’en savons-nous exactement ? Et qui peut prétendre apprécier l’œuvre sans connaître sa vie ? Les souffrances, les rêves, les envies de cet homme ? Car oui, une fois n’est pas coutume pour l’art contemporain, je vais penser pour le coup que ce château est intime lié à cet homme, à ce qu’il portait dans ses tripes, sa tête et son cœur. En effet, d’un terrain de jeu pour sa fille à une justification pour s’évader de la peine, d’une envie furieuse à réaliser un rêve à cette envie d’entreprendre, chaque parcelle de ce château répond au désire de cet homme. Et c’est cette histoire, cette tête, cette vie que l’auteur Nils Tavernier nous propose de découvrir.

Fruit d’une longue recherche et conclusion d’un travail minutieux, Nils Taverniers va donc nous faire découvrir la France d’alors (un peu), mais aussi et surtout la vie de cet homme qu’il n’a pas exposée dans la totalité de son film. Et mes amis quelle vie !
Comment vous dire que quand vous lirez ce livre, il est probable qu’une impression d’admiration devant la ténacité de cet homme naisse en vous très vite ? Car devant les malheurs de cet homme, mais qui n’a jamais cessé de croire et qui n’a pas chômé un instant, la force de ce simple facteur va vous éblouir. Et vous éblouir autant que son imagination à laquelle il ne refusait rien ; cosmopolite (merci de ne pas y voir un hymne à la mondialisation), sauvage, religieux, naturel, marin… tout se mélange, se fusionne, dans un bâtiment pour ne former qu’un.

L’admiration est une chose, la vision onirique de l’artiste aussi. Mais quid de la personnalité de ce dernier ? Là aussi l’auteur, ne l’a pas oublié.
Considéré comme un peu fou, même si finalement on apprécie les touristes qui affluent dans ce petit village, car c'est un peu comme Rodia aux EU de l'art spectacle, il est intéressant de voir que ce simple facteur, discret, et acceptant de supprimer certaines choses écrites dans la description de son Palais pour les articles nationaux, prenne de l’assurance au fur et à mesure que le temps passe, et arrive à s’imposer comme le seul artiste de sa gloire, que d’autres ont tenté de s’approprier. Mais n’allez pas croire pour autant qu’il prit la grosse tête, cet homme a su rester humble toute sa vie, comme toute les petites gens de l’époque.

Toutefois, si vous pensez ne lire que l’histoire d’un homme qui va évoluer et n’a jamais lâché prise, détrompez-vous. Car si Le Palais idéal et son créateur tiennent la plus grosse place dans ces pages, tout n’est pourtant pas que cela. En effet, il est aussi beaucoup question du bâtiment, que ça soit dans la description et sa construction - c’est même parfois là un peu long -, mais aussi dans son combat pour la reconnaissance au monument historique. Car en effet, si aujourd’hui l’œuvre de Cheval est qualifiée d’art brut, d’art naïf, d’aucuns à l’époque n’appelaient pas cela de l’art, et il aura fallu la ténacité de Malraux et que les surréalistes s’y intéressent et le revalorisent en même temps que Gaudi, pour que ce Palais idéal, ce château improbable, soit protégé du temps et de ses ravages. Avec toutefois quelques difficultés à ce niveau-là.

En résumé, ce fut un livre agréable à lire malgré quelques longueurs, et si vous voulez lire et prendre connaissance d’un homme qui marqua l’histoire de l’art mais qui jamais n’aura des centaines biographies sur sa personne, ce livre est franchement pas mal. Car il a l’air plutôt bien complet.

Merci aux éditions Flammarion.

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13 octobre 2018

"Concours pour le Paradis" de Clélia Renucci

Concours pour le Paradis de Clélia Renucci

Source: Externe

Résumé :

« Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. »

Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.

Mon avis :

« Les artistes ne sont que les marionnettes du pouvoir, interchangeables tant qu’un nom ne vient pas légitimer les œuvres qu’ils réalisent. »

Le Palais des Doges brûle, la salle du Conseil symbole du pouvoir vénitien et de sa politique, n’est plus que ruine fumante. En cette année 1577, Venise se réveille stupéfaite et le Paradis est mort ! Brûlé par la fournaise, il n’en reste qu’un tas de cendre. Tout est à reconstruire pour le triomphe de Venise, tout est à redécorer. Tout n’est donc pas perdu pour tout le monde. Les artistes y trouveront leur compte. Mais pour l’apothéose de la salle qui est cet espace vide derrière l’estrade des doges, un concours désignera celui qui aura le privilège de peindre cet immense espace.
Ce livre, nous raconte cette histoire. Personnages, peintres, religion et politique, ici tout se croise et se mêle, et c’est une plongée dans la Venise du 16ème siècle que nous offre Clélia Renucci.

Avec beaucoup d’érudition et un peu d’imagination, elle va donc nous raconter la technique des peintres, les difficultés de l’exécution du Paradis et l’impossible entente entre les peintres accomplis et les « petits jeunes ». Elle va narrer aussi cette compétition entre peintres, et les appuis qu’ils ont au sein du gouvernement, permettant ainsi d’aborder que l’idée et l’originalité ne sont pas toujours la clé pour la commande. (Même si l’originalité n’est pas trop de mise en cette époque du Concile de Trente qui doit permettre de renforcer l'Église face aux hérésies profanes et religieuses.)
Bref ! Clélia Renucci, va donc aborder dans ce livre le système du mécénat, ainsi que la vie des peintres. Elle va aborder par ailleurs, cette Venise des passions et des caractères, ainsi que les tensions religieuses et politiques.

Toutefois si c’est un roman artistique intéressant à suivre, d’un point de vue narratif ce n’est pas la joie. En effet, si j'ai réellement apprécié le côté réel où j'apprends des choses, je n'ai que moyennement apprécié l'écriture, vu qu'il n’y a pas cette passion romanesque de vouloir raconter les choses en beau et en grand, alors que Venise s’y prête largement. Pour moi, ça reste trop instructif, trop solennel, trop didactique pour être un roman au pouvoir accaparant. Et pour tout dire, après lecture de ce livre, j'ai eu l'impression qu'il y avait plus une volonté de recherche et de partager les connaissances, que d'écrire un roman. Alors qu’il y a pourtant du roman dans ces pages, allez comprendre !

En fin de compte, c’est à lire pour la connaissance, mais pas pour l’histoire romancée, niveau écriture ça manque trop d'étincelle.

 

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.

01 novembre 2015

"D'art d'art tome 3" de Frédéric et Marie-Isabelle Taddeï

"D'art d'art tome 3" de Frédéric et Marie-Isabelle Taddeï

Source: Externe

Résumé :

Dans ce troisième volume de D'art d'art, découvrez de nouvelles œuvres expliquées à tous. Retrouvez tout l'esprit de l'émission désormais culte de France 2 : de l'humour et une foule d'anecdotes pour tout savoir des plus grandes œuvres d'art ! Manet, Renoir, Canaletto ou Doisneau, les plus grands artistes dévoilent ici leurs histoires, pour l'amour de l'art !

Mon avis :

Une double page, une œuvre. Une pour le tableau et une pour l’explication. Voilà le schéma du livre, ce qui en fait, vous vous en doutez, un livre à lire sérieusement ou à picorer au gré des envies.

Ca c’est pour l’ambiance générale du livre, pour en venir un peu plus au contenu qui se place par rapport à mon point de vue, je dois avouer là par contre - et même si j’applaudis la variété des œuvres et des époques- que tout n’était pas dans mes goûts et que j’ai même trouvé certaines choses de mauvais goût. Ce qui me fait forcément penser que l’on appelle parfois n’importe quoi de l’art, un exemple ? Les étagères de Donald Clarence Judd.  Un autre ? Lullaby de Maurizo Cattelan. (Désolée je n’appelle pas cela de l’art malgré ce que cela raconte.) Une dernière ? La nuit de Diane de Jan Fabre.

Ca dit et même si toutes les pages ne m'ont pas enchantée, et même si parfois je me demande ce qui fait dire certaines choses sur certains tableaux, ce livre reste agréable à lire car il n’assomme pas de détail et qu’il approche toutes les formes d’arts, ce qui est sympathique pour ce culturer un peu sans trop s'embêter. Surtout que chaque oeuvre est accompagné d'une petite biographie de l'auteur.

En résumé ce fut un livre très agréable à lire, à regarder, même si visiblement et par moment je ne comprends rien à l’art ! (Y a pas à dire mes études d'histoire d'art sont bien parties...^^)

Merci aux éditions du Chêne et Babelio.

 

Posté par Florell à 10:22 - Divers - Commentaires [0] - Permalien [#]
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