Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

27 décembre 2016

"Le journal de Mary" de Alexandra Echkenazi

Le journal de Mary de Alexandra Echkenazi

Source: Externe

Résumé :

Mary Meyer ? Son nom n'évoque rien et pourtant.
Plongée fascinante dans l'Amérique des années 1960, ce roman nous révèle le destin complexe de celle qui joua un rôle déterminant dans l'une des plus grandes énigmes du XXème siècle...

Fin des années 1950, États-Unis. Mary Meyer vit à Langley avec son mari haut gradé de la CIA et leurs trois enfants. Artiste peintre, féministe, pacifiste – elle est fichée par le FBI comme une activiste de gauche –, Mary est à l'affût de nouvelles expériences.
Quand l'un de ses enfants meurt accidentellement, tout s'effondre. Mary décide de s'installer seule avec ses deux garçons dans le quartier de Georgetown, à Washington, où résident toute la classe politique et la haute société. C'est alors qu'elle recroise un certain Jack, rencontré vingt
ans plus tôt à l'université, et que naît une passion qui va durer plusieurs années. Mary accepte de rester l'amour secret de cet homme qui ne peut l'officialiser en raison de ses fonctions. Elle est pourtant celle qui agit dans l'ombre, à ses côtés.
Celui qu'elle aime meurt à Dallas le 22 novembre 1963.
Mary est assassinée un an plus tard au bord du fleuve Potomac.
Le journal qu'elle tenait n'a jamais été retrouvé.
LE JOURNAL DU VÉRITABLE AMOUR DE JFK...

Mon avis :

Ce livre parle de la relation entre Mary Meyer et JFK, en s’attardant particulièrement sur la vie de Mary qui a été assassinée un an après le président des États-Unis. Bien que basé sur des faits réels, l’auteure invente beaucoup, toutefois beaucoup de fait comme les visites de Mary à la maison blanche sont réelles.

Le journal de Mary est un roman qui parle beaucoup d’amour, et comme vous le savez je ne suis pas du tout fan de ce genre de livre. Pourtant, malgré quelques passages longs et un peu répétitifs, j’ai dans l’ensemble assez bien apprécié cette lecture. D’une part grâce à l’écriture qui est très simple mais très efficace, et d’autre part grâce à l’imagination de l’auteure qui a bien su mélanger fiction et réalité, et tout ça sans répéter à l’infini le même genre de scène. Un exploit avec ce genre très sentimental. Certes, j’ai parlé de longueurs et de quelques répétitions mais comparé à d’autres livres du genre elles sont minimes.

Ensuite, l’autre atout de ce bouquin qui fait que j'ai été happée par ces pages ; c’est qu’en moins de 300 pages Alexandra Echkenazi a su planter un décor, une ambiance d’époque et d’un milieu sans en faire des caisses. Malgré une écriture qui va à l’essentiel, elle a très bien su retranscrire par quelques évènements, quelques phrases, la mentalité de cette époque américaine très rigide et très arrêtée sur certaines idées, donnant ainsi à son livre une touche de réalité des plus agréables qui immerge le lecteur jusqu’au bout et tout de suite. Mais toutefois cet atout possède une deuxième moitié encore plus agréable, c’est que cette mentalité va beaucoup jouer entre les personnages. Devenant source de tension et de danger.

Mais au final, que serait tout cela sans les deux personnages principaux ? Eh bien pas grand chose, car tout l'intérêt du roman réside là, dans ces deux personnalités qui se fuient ou se cherchent, se questionnent et souffrent soit de la distance ou de leur position. Et là aussi sans en faire des tonnes, mais utilisant tantôt des lettres ou du récit, l'auteure a doté ces personnages d'une profondeur psychologique intéressante à suivre vu qu'ils sont toujours un peu le cul entre deux chaises, coupés entre une envie et le refus, le raisonnable et le déraisonnable.
Et même si c'est un point que je critique souvent dans les romans qui parlent trop d'amour, là c'était tellement bien dosé que ça ne m'a gêné, surtout que comme la base de l'histoire est vraie, on peut se douter que ces sentiments, ces doutes... furent plus ou moins vrais eux aussi.

En résumé et malgré quelques longueurs, ce livre fut une lecture intéressante qui embarque le lecteur dès les premières pages dans une histoire vraie et romancée sans excès. 


20 août 2016

Je n'm'enfuis pas je vole. Comprenez bien je vole.

Je partirai pour les terres lointaines de Paul Couturiau

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Résumé :

Le 23 novembre 1923, Philippe, fils de Léon Daudet, fondateur de L'Action française, journal royaliste, antisémite et antimaçonnique, fugue. L'adolescent est coutumier du fait. Cette fois-ci, pourtant, il part avec l'intention de s'embarquer pour le Canada et la grande aventure. Devant l'impossibilité de mener à bien son projet, il regagne Paris où il va, sous un nom d'emprunt, frapper à la porte du Libertaire, journal anarchiste. Il annonce aux rédacteurs vouloir tuer le président de la République, Millerand ou son prédécesseur, Poincaré ou encore… Léon Daudet ! Quatre jours plus tard, il est retrouvé sur le siège arrière d'un taxi, une balle dans la tête. Suicide ? Meurtre à caractère politique ? La question reste ouverte.

Mon avis :

Je partirai pour les terres lointaines est un roman qui raconte la courte vie de Philippe Daudet, fils de Léon Daudet grand activiste de l’Action Française. Raconté par Marie-Sarah une prostitué a qui Philippe se confit avant sa mort, l’auteur a fait le choix de romancer la vie de ce jeune homme et de privilégier la version officielle de sa mort, donnant de ce fait un petit côté trompeur au résumé qui à travers les mots « énigme judicaire » laisse plus supposer autre chose dans le genre enquête.

Cela étant même si je ne suis pas tombée entièrement sur ce que pensais le livre bien raconté m’a assez plu et je l’ai lu même avec plaisir. Mais ceci plutôt grâce au côté touchant, émotionnel de l’écriture et du cœur de Marie-Sarah, qui met dans sa version de l’histoire beaucoup de pudeur et de compréhension et tente de rétablir certains faits contradictoires par rapport aux écrits de l’époque ; que grâce au personnage principal qu’est Philippe Daudet.

Un jeune homme doux-dingue, doux rêveur, très idéaliste et à côté de la plaque. Certes l’antisémitisme qu’il abhorre est tout à fait normal (et aujourd’hui comme hier je ne le comprends pas), mais de là à oublier dans son jugement que c’est le propre de la nature humaine d’aimer ET de détester (pas une personne au monde aime tout le monde, ça n’existe pas) ça me l’a rendue tellement immature que je l’ai trouvé un peu soûlant à suivre. Pour moi c’était au final plus un ado qui faisait une crise d’adolescence, qu’autre chose. Un ado qui avait parfois des bonnes convictions mais ne réflechissez pas beaucoup. D’ailleurs petite question, qui sommes-nous pour juger les sentiments d’autrui ? Juger des actes oui, mais des sentiments et les raisons bonnes ou mauvaises de ces sentiments, c’est autre chose - et si c’est faisable ça demande un peu plus que de la simple conviction. Bref, Philippe ne m’a pas inspiré autant de sympathie que j’aurais voulue.

Enfin, sur le déroulement de l’histoire et les autres personnages secondaires là j’ai été par contre plus  enchantée. Déjà par les diverses rencontres comme celle de Marcelle ou encore de Provis, deux personnages très simples et doux, et ensuite par le fait que l’auteur a retranscrit visiblement fidèlement (d’après ce que j’ai pu voir sur le net) l’itinéraire de ce jeune homme perdu.

En conclusion, malgré un personnage principal qui m’a laissé assez indifférente, j’ai apprécié lire ce livre pour Marie-Sarah, l’écriture (même si les nombreuses citations peuvent parfois être dérangeante), pour certaines personnages secondaires et pour ce qu’il raconte. Une affaire qui marqua le temps d’une rose son temps. 

 

Merci aux édition Jourdan.

14 juillet 2016

"Escroqueries légendaires et autres histoires de la délinquance astucieuse" de Eric Yung

Escroqueries légendaires et autres histoires de la délinquance astucieuse de Eric Yung

Source: Externe

Résumé :

Les Nobels de l'escroquerie

1918. Le très officiel « escroc légendaire » des États-Unis, Romulus Brinkley, se vante d’avoir mis au point la greffe de testicules de bouc pour les Américains en mal de virilité et, a-t-on dit, pour le bonheur des dames. Ainsi, durant seize ans, ce faux docteur, assisté de vrais chirurgiens, a effectué plus de 5 000 greffes. Une imposture qui a rapporté tellement d’argent qu’elle a fait de lui l’un des hommes les plus riches d’Amérique. Mais ce genre d’arnaque est légion. Ainsi, en 1925, Victor Lustig, un Austro-Hongrois, monnaye à un ferrailleur de la région parisienne la tour Eiffel en pièces détachées. Cette escroquerie peu banale traverse l’Atlantique pour arriver aux oreilles du parrain de la mafia de l’époque, le célèbre Al Capone, qui, du coup, fera de Victor Lustig… son conseiller financier ! De son côté, Léonarda Da Silva, une voyante très connue au Brésil, réussit à vendre à des acheteurs de rêve des appartements… au paradis.

La liste est longue et ce livre recèle tout un florilège d’astuces frauduleuses qui ont, en leur temps, défrayé la chronique publique et judiciaire. Éric Yung en a sélectionné parmi les plus insolites et les plus drôles. Savoureux !

Mon avis :

Escroqueries légendaires est un livre qui se lit avec plaisir. On va de découverte en surprise, de surprise en admiration.

Comme l’indique son titre et son résumé il parle des arnaques légendaires qui ont parfois rapporté gros aux Arsène Lupin audacieux, je ne vais donc pas m’étendre dessus. Toutefois je dois vous parler de ce sentiment d’admiration que j’ai parfois ressenti en lisant ces pages. En effet malgré leur forfait et ma personnalité honnête, je n’ai pas pu m’empêcher d’admirer ces génies de l’escroquerie qui pour mettre un peu de piment dans leur vie ou rajouter du beurre aux épinards, ont trouvé des trésors d’astuce, de mensonge, de magouille, d’idée, d’audace, sans en être en plus particulièrement inquiété par les créanciers ou la justice, certes pas à tous les coups mais même en cas de poursuite faut savoir que les créanciers peu glorieux de s’être fait avoir n’en feront pas un grand tapage et chercheront à cacher leur mauvaise histoire.

Dans ce monceau d’histoire il y a donc différentes histoires à différentes époques, mais même si toutes m’ont plu je dois avouer que certaines m’ont davantage satisfaites soit de par la personnalité des escrocs et leur génie, soit de par leur histoire et le culot des canailles. Et là, deux histoires se sont particulièrement démarquées celle de Monsieur Victor qui même en prison a quand même arnaqué Al Capone (visiblement tout allait bien dans sa vie, il ne voulait pas vivre vieux) et L’étonnante affaire Humbert qui est étonnante de par la grosseur des mensonges qui ont pourtant fonctionné et ont permis à cette famille de récolter plusieurs centaines de milliers de francs de l’époque même si au final ils ont fini ruiné ; et ce qui est plus incroyable dans cette histoire c’est que ça a touché des artistes célèbres, des hommes d’affaires ou encore la Banque de France ! Et en passant cette histoire n’est pas la seule à avoir touché des institutions étatiques.
En fait, ces arnaques à grande échelle sont celles qui d’une manière générale m’ont le plus plu car dans ces affaires on retrouve le culot, le sang-froid et le génie de personnes surdouées et sûres d’elles qui sont magnifiques même dans le crime (je vous jure que ce n’est pas une déclaration d’amour).  Surtout si on compare aux autres histoires à petite échelle qui sont justes de la magouille sans réel génie pour moi et sans trop d’ambition, là-dedans je pourrai citer Les passagers fantômes, La bande des cinq, etc.

Bon, là j’ai l’air de faire l'apologie de l'arnaque juste pour le plaisir de la lecture, mais je vous rassure je trouve cela pas bien et il ne faut pas faire ça, mais honnêtement pour certaines histoires j’ai eu autant de plaisir à les lire que l’auteur a eu à les écrire. Franchement même si ce n’est pas beau c’était superbe à lire car ça laisse admiratif, perso je ne pourrai pas en faire autant.

 

Je remercie les éditions Cherche Midi.