Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

09 mars 2012

Poésie de François Cheng

Bonjour les gens,

Comme vous le savez sans doute (moi je m'en suis souvenue grâce à Babelio, mais chut !), c'est la semaine de la poésie, du coup j'ai l'intention de vous mettre un peu de poésie. ^^ Mais, pas n'importe laquelle ! Pour changer un peu du classique français, et parce que j'adore tout ce qui vient de par là-bas, je vais vous mettre une poésie d'un auteur né en Chine, François Cheng.

 

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(Zhu Da)

Au bout de la nuit un seuil éclairé

Nous attire encore vers son doux mystère

Les grillons chantent l'éternel été

Quelque part la vie vécue reste entière.

 

François Cheng.

 

C'est court je sais, mais moi j'aime, et j'espère que vous aussi. A bientôt.

Florel.

 

PS :Je vous ai mis cette image car je l'ai étudié à mon second stage de peinture et calligraphie chinoise, et croyez moi j'ai souffert pour "reproduire" ces oiseaux, en fait, je crois qu'ils n'étaient pas du tout ressemblant. Mais ce peintre avait une tendance à voir les choses bizarrement. D'ailleurs j'ai bientôt fini mon stage de calligraphie et peinture chinoise, et c'est paaaaas juste.

 

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21 octobre 2011

Passagère du silence, de l'enfer, et du communisme meurtrier

"Passagère du silence" de Fabienne Verdier

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Résumé :

Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s'est pas posé la question en ce début des années 80, la jeune et brillante étudiante des Beaux-Arts est comme aimantée par le désir d'apprendre cet art pictural et calligraphique dévasté par la Révolution culturelle. Et lorsque, étrangère et perdue dans la province du Sichuan, elle se retrouve dans une école artistique régie par le Parti, elle est déterminée à affronter tous les obstacles : la langue et la méfiance des Chinois, mais aussi l'insupportable promiscuité, la misère et la saleté ambiantes, la maladie et le système inquisitorial de l'administration... Dans un oubli total de l'Occident, elle devient l'élève de très grands artistes méprisés et marginalisés qui l'initient aux secrets et aux codes d'un enseignement millénaire.

Mon avis :

Ce livre n'est pas qu'un livre qui parle du parcours artistique de Fabienne Verdier. C'est aussi un reportage sur la Chine d'après la révolution culturelle et sur la Chine reculée parfois oubliée.

A travers ces pages l'auteure nous raconte donc son arrivée dans ce pays, plus catastrophique qu'autre chose. La désillusion sur l'image qu'elle en avait, mais aussi l'état sanitaire pitoyable dans lequel beaucoup de chinois vivent et qu'elle aussi subira plus d'une fois. Elle nous raconte aussi sa mise à l'écart par le partie chinois dans l'établissement où elle apprend (par la suite ça s'améliora un peu), et sa constante surveillance, ainsi que l'encadrement quasi militaire des étudiants chinois. Elle nous racontera sa mission à l'ambassade de France en Chine ce monde de l'administration peuplé de faux-cul où seule l'image compte. Mais pourtant ceci n'est pas le plus important de ce livre, même s'il s'avère intéressant de savoir. 

Outre le fait qu'elle nous explique toutes les subtilités de la calligraphie où le Tao tient une grande place dans l'équilibre et l'esthétique des traits, pour moi le plus important, le plus parlant, c'est quand Fabienne Verdier raconte ses rencontres avec toutes sortes de personnes ou de communautés. Comme les Yi, les Miao ou encore les grands maîtres chinois, rejetés injustement par la société, avec souvent interdiction de peindre. Le plus parlant c'est aussi quand elle raconte la misère de ces peuples et l'indifférence total du gouvernement chinois à leur égard.

Pourtant ce qui m'a été le plus déchirant, c'est quand elle raconte le passé chinois qui a été détruit au nom de la révolution culturelle. Quand j'ai lu ce livre j'ai vraiment ressenti comme une perte énorme, toutes ces destructions du patrimoine Chinois et finalement humanitaire. Je vous assure qu'au même titre que les humains, cette révolution a été un véritable massacre de l'art et du patrimoine, et tout ça à cause de quoi ? A cause de la jalousie du savoir, de la sensibilité et de la culture des intellectuels par le gouvernement chinois ; pour moi très franchement ce n'est rien d'autre qui a pu pousser à cette incroyable bêtise.

Quoi qu'il en soit et malgré le commerce avec la Chine nécessaire à toute nation aujourd'hui (hélas), espérons qu'un jour, qu'au même titre que le Tibet, la Chine retrouve sa pleine liberté. Un livre que je recommande.

Extrait livre :

"Nous possédions de nombreux souvenirs après avoir passé l'un et l'autre tant d'année en Chine. Nous en avons expédié une partie par bateau mais il y'a certains objets dont un peintre ne se sépare jamais : ses pinceaux, ses sceaux. certains sceaux, très anciens m'avaient été offerts par de vieux lettrés. A l'aéroport les douaniers ont fouillé mes affaires et en ont confisqué beaucoup. [...] On me les a repris, comme si j'étais une voleuse du patrimoine chinois, alors que les officiels détruisaient au même moment des centres historiques d'une valeur inestimable dans les grandes villes de Chine."

""Quand tu te crois perdue dans le chaos, m'avait dit mon maître, tu reviens à l'origine à partir de laquelle on peut créer.""

 

12 avril 2011

"Nuée d'oiseaux blancs" de Yasunari Kawabata

"Nuée d'oiseau blancs" de Yasunari Kawabata

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Résumé :

Ce qui distingue Kawabata, ce sensualiste, c'est d'arriver à envelopper ses personnages d'une sorte de buée légère et tendre tout en gardant au récit une ligne très lisse, très nette, il fait naître d'étranges rapports entre ses amants... Ses romans sont dominés par le blanc et nous sommes gagnés par cet éblouissement, par cette lumière incomparable, à ce point que nous avons tendance à oublier un fait majeur : le blanc, s'il est au Japon, comme en Occident, le symbole de la pureté, il est aussi la couleur funéraire, et pour bien comprendre Kawabata, il faut sans cesse penser que la vie, et la vie la plus physiquement amoureuse, la plus sensuelle, comporte toujours cet arrière-plan métaphysique le destin mortel de l'homme, jamais nommé et cependant apparent.

Mon avis :

 

Sans doute le meilleur Kawabata que j’ai lu, pas parce qu’il est plus aboutie mais parce qu’il sonne plus vrai que d’autres que j’ai lu précédemment.

Niveau écriture ça ne change pas, la plume est toujours aussi bien maniée, ça glisse tout seul sans un accroc sur la page.

Mais ce qui fait que j’ai vraiment apprécié cette lecture c’est cette omniprésence de blanc, de transparence, d’image quasi onirique, où tout semble hors d’atteinte. Cette dernière impression est d’ailleurs fortement appuyée par ces moitiés de secret, ces non-dits qui s’entendent tout du long du livre, puisque c’est un peu la partie inaccessible du livre.

En ce qui concerne la trame de ce livre maintenant, elle n’est ma foi pas transcendante, même si elle est très plaisante, bien que les drames, les jalousies, les rancœurs, les gênes, ne sont pas -à mon goût-, toutes aussi catastrophiques, ou aussi gênantes que l’auteur voudrait bien nous faire croire. En effet pour moi, certaines situations ne méritent vraiment pas tant de bienveillance ou de théâtralité dans les faits et gestes, du coup par moment j'ai trouvé que l’auteur en a fait un peu trop… et c’est là à mon sens le seul point presque négatif de ce livre.

Mais outre ceci, oui c’est un très bon livre, et j’ai passé un agréable moment de lecture avec ces personnages déchirés ou mauvais, et la fin à défaut d’être surprenante est plaisante, même si bien sûr elle est loin d’être joyeuse.

 

Ce livre rentre dans mon Challenge Nécrophile : En 2011 je me tape des auteurs morts. Catégorie auteur suicidé.

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11 avril 2011

Poésie, peinture, légèreté... que du plaisir dans ces pages

"Neige" de Maxence Fermine

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Résumé :

Ce petit livre est le poème de la neige et l'histoire de son poète Yuko, une sorte de funambule des mots.
C'est aussi une très belle histoire d'amour, au délicieux parfum zen, étrange et originale.
Un très beau poème d'amour donc.

Mon avis :

Un petit livre de 96 pages qu’il faut avoir lu ! Ce livre est tout bonnement magnifique ! C’est une perle, une beauté, une poésie, une peinture et j’en passe.

Avec ce livre, sans chichi mais tout en délicatesse, j’ai vraiment eu l’impression de voyager dans le Japon d’un temps reculé. L’atmosphère est lisse, paresseuse, transparente, du moins en apparence car à l’intérieur des personnages c’est un véritable feu qui dévore, la lecture est délicieuse, pour les images qu'elle délivre ainsi que pour sa poésie, et le style de l’auteur, bien que ce soit écrit par un français, est léger comme le style japonais et non pesant comme le style français.

En fait si je devais décrire ce livre en très peu de mot, je dirais que c'est un livre qui regroupe toutes les formes d'arts, tout comme les Haïku que l'auteur dépeint dans ce livre. C'est juste magnifique !

Je ne pourrais jamais vous parlez correctement de ce livre, il ne se décrit pas il se ressent avant tout. Tout ce que je peux vous dire c’est que ces quelques pages sont une perle, une beauté pure et tourmenté, une poésie au bonheur fragile, une peinture légère mais terrible. Un peu comme ces dessins japonais, les sumi-e, qui sont d'une simplicité déconcertante mais qui en disent tellement long. C'est un livre à lire.

Extraits du livre ici.

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13 mars 2011

"Dojoji et autres nouvelles" de Yukio Mishima

"Dojoji et autres nouvelles" de Yukio Mishima

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Résumé :

De l'univers des geishas aux rites sacrificiels des samouraïs, de la cérémonie du thé à la boutique d'un antiquaire, Mishima explore toutes les facettes d'un japon mythique, entre légende et tradition. D'une nouvelle à l'autre, les situations tendrement ironiques côtoient les drames les plus tragiques : que ce soit la jolie danseuse qui remet du rouge à lèvres après avoir renoncé à se défigurer avec de l'acide en souvenir de son amant, Masako, désespérée, qui voit son rêve le plus cher lui échapper, ou l'épouse qui se saisit du poignard avec lequel son mari vient de se transpercer la gorge...

Mon avis :

Voilà le deuxième livre que je lis de cet auteur, et décidément j'adore son écriture et ses histoires. Dans ce livre de nouvelle, comme dans Une soif d'amour, l'écriture est fluide, touche juste, simple, et façonne une ambiance lointaine, feutré, brumeuse, incertaine, sans vraiment l'être tout à fait. Ça fait un peu un côté surnaturel et intouchable. C'est vraiment particulier, mais extrêmement agréable à lire.

Toutes les nouvelles ont quelque chose pour plaire, cependant mes préférés sont sans nul doute la première et la deuxième. La première parce que je l'ai trouvé très belle et pudique. Cette femme qui veut détruire sa beauté avec de l'acide est touchante, car elle montre une sensibilité exacerbé, mais calme. La seconde je l'ai apprécié pour sa fin, ne pas savoir ce que pense Mina, -même si j'imagine un truc dessus-, m'a pas mal titillé, et j'aurais aimé savoir ce qu'il en était exactement. En attendant et à défaut de réponse, pour moi ça montre, -disons que c'est ce que je ressens-, que l'auteur a voulu montrer un côté sombre et inaccessible de l'être humain. Le côté secret, mais sans doute pas le meilleur. Bon après c'est peut être pas cela non plus.

La troisième nouvelle est sans doute la plus dure. En la lisant j'avoue avoir fait quelques poses. Quand Mishima raconte le seppuku de l'homme, ce qui entraîne fatalement la mort de sa femme par jigai (suicide en se tranchant la carotide) c'est juste atroce. Il raconte la douleur, et les gestes avec tellement de réalisme qu'on en a froid dans le dos. Quand il le décrit, c'est comme s'il y était, où l'avait déjà fait pour le transposer avec réalisme dans sa nouvelle. Il le fera assurément, mais ne sera plus là pour raconter.

Mais ce qui est le plus étrange dans cette nouvelle, hormis ce suicide par seppuku, c'est qu'on a l'impresion que cette histoire était prédestinée. La raison du suicide présente dans ces pages, n'est pas bien différente de sa raison à lui. Mishima aimé et voulait le japon traditionnel et impérial, et dans la nouvelle le japon impérial est grandement mis en valeur. Du coup ben ça donne vraiment à cette nouvelle un côté autoportrait un peu étrange à lire.

En ce qui concerne la quatrième nouvelle, je n'ai pas grand chose à raconter, je l'ai juste trouvé moins bien que les autres.

En résumé c'est un petit livre pas cher, mais agréable à lire.

 

Ce livre rentre dans mon challenge Nécrophile : En 2011 je me tape des auteurs morts. Catégorie : Auteur suicidé.

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08 mars 2011

Ces lettres représentent sans doute la meilleure biographie de cette dame

"Journal de voyage, tome 1 : Lettres à son mari 11/08/1904 - 26/12/1917" d'Alexandra David-Néel

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Résumé :

Journal de voyage, journal intime, livre de réflexions, conversation à bâtons rompus, ces lettres envoyées par Alexandra David-Néel à son mari sont une invitation à suivre, pendant les années les plus captivantes de sa vie, une femme hors du commun. Orientaliste, exploratrice, Alexandra David-Néel décrit tout avec un véritable talent d'écrivain : ses expéditions entre l'Inde et la Chine, ses rencontres, ses étonnements, ses réactions face aux coutumes locales, son adhésion à la sagesse et au mode de vie orientaux. Voici peut-être le plus personnel de cette femme exceptionnelle. Alexandra David-Néel telle qu'elle était et racontée par elle-même !

Mon avis :

Voilà déjà quelques années que je n'avais pas lu de livre d'Alexandra David-Néel, quel plaisir pourtant de la retrouver ! Bien que ces pages diffèrent de ce que j'ai pu lire d'elle jusqu'à aujourd'hui, (récit de voyage, document, roman ou légende), j'ai malgré tout apprécié cette lecture, qui nous montre le véritable caractère de cette femme d'exception, puisqu'elle raconte ce qui lui arrive et ce qu'elle ressent sans censure, sans avoir peur de choquer. Tantôt cru, tantôt directe, toujours franche et pas toujours agréable, ces lettres sont la plus juste des biographies sur Alexandra David-Néel. Bien qu'il n'y ait pas toutes ses missives -il aurait fallu cinq volumes sinon et il y'en a déjà deux- et que les présentes de ce livre aient été coupés, car trop longues ou parfois illisibles, le résultat est tout de même assez proche du personnage que j'ai déjà pu croiser dans d'autres livres. Femme au fort caractère, avec une certaine sagesse.

En plus ! Le plus dans ce livre, et c'est ça qui est encore mieux car on voit que ce n'est finalement pas des lettres si ordinaires, c'est qu'ces dernières favorisent aussi grandement la compréhension d'une époque, d'une région du monde, mais aussi d'une religion. En effet grâce à ces courriers j'ai appris encore davantage sur le bouddhisme, -ce qui me parle le plus actuellement- mais aussi découvert l'hindouisme, et j'ai même été assez rassurée de voir que cette grande orientaliste, bouddhiste (reconnue comme telle par les gens de là-bas, et même le Dalaï-Lama) s'est posée les mêmes questions que moi et a ressenti les mêmes choses. Même si en ce qui me concerne j'ai beaucoup moins de connaissance qu'elle, -malgré plusieurs lectures dessus-, et que je suis de très loin une bonne bouddhiste ! Mais faut bien un début. Cependant contente de voir que je ne suis pas dépourvue de sagesse.

En résumé j'ai bien aimé ce livre car j'ai voyagé à peu de frais, et j'ai beaucoup appris. Et si le bouddhisme, les explorations, les voyages, les découvertes... vous intéressent, ce livre est fait pour vous. Quant à moi je vous donne rendez-vous pour bientôt avec le tome 2 de ces lettres.

Quelques passages de texte ici.

 

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13 octobre 2010

"Une soif d'amour" de Yukio Mishima : Folie & amour

"Une soif d'amour" de Yukio Mishima

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Résumé :

La jeune veuve Etsuko est amoureuse d'un domestique de la maison de son beau-père Yakichi, chez qui elle vit. Ses beaux-frères, belles-sœurs et leurs enfants vivent sous le toit de l'ancêtre, qui est devenu l'amant d'Etsuko. Une nuit, Etsuko donne rendrez-vous au garçon qu'elle désire. Comprenant enfin ce qu'elle veut, il se jette sur elle. Elle perd connaissance. Quand elle revient à elle, il s'enfuit. Elle le poursuit, le rattrape, le frappe d'un coup de houe et le tue - Yakichi était là. Roman d'une grande force sournoise, obscure et nerveuse, cette œuvre est une peinture d'une passion bridée par un milieu, mais qui finit par tout consumer.

Mon avis :

Ce livre est un bijou. Une perle de l'écriture, douce, poétique mais surtout juste, ainsi qu'une perle de la nature humaine. Les sentiments décrits dans ces pages sont sur le fil du rasoir, et pourtant les personnalités qui nous sont révélées, au cour d'une situation ou au fil d'une pensée, nous paraissent sans grandes ambiguïtés, ce qui est juste un tour de force.

Futurs lecteurs, dans ce livre vous allez découvrir que du néant, d'un rien, d'une envie, on bascule en quelque instant dans la folie, la passion, le meurtre... comme cela peut être le cas dans la vie réelle. Certes beaucoup de livre représente cette situation, mais là c'est autre chose je vous assure, puisque l'auteur représente en plus de cela, la contradiction, l'éloignement, le silence, le déchirement des sentiments.

Dans ce livre j'ai aussi particulièrement adoré, Etsuko, le personnage principal qui vit dans la torpeur depuis la mort de son mari. On la croit assez impénétrable et froide, mais finalement je l'ai trouvé très vraie et proche de nous. En effet l'auteur nous en dépeint un portrait psychologique très vivant, même si aux yeux des autres personnages elle paraît plutôt comme un arbre en train de se dessécher.

En ce qui me concerne, Etsuko m'a particulièrement touchée par ses sentiments contraires qui l'enchaînent, elle est tout à la fois, passionnée et désintéressée, elle ne sait pas trop où elle en est, et même si la passion l'envahit elle dégage une certaine léthargie aussi. C'est vraiment un personnage qui nous ressemble dans la détresse, assez pur, contradictoire et très fouillé. C'est LE personnage de ce roman et je n'oublierai pas de sitôt Etsuko vous pouvez me croire !

Petite précision avant de finir : le résumé concerne plus la fin du livre, avant cela toute une histoire est racontée et développée pour arriver à ce résumé. Mais peu importe ce détail, un livre d'une rare beauté qu'il faut lire.

Extrait du livre par ici.

 

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18 septembre 2010

"Les belles endormies" de Yasunari Kawabata. : Dodo, l'enfant do, L'enfant dormira bientôt.

"Les belles endormies" de Yasunari Kawabata.

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Résumé :

Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchissait le seuil des Belles Endormies ?
Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal de plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d'adolescentes endormies sous l'effet de puissants narcotiques.
Pour Eguchi ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de son passé, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait ? au seuil de la mort, à la douceur de l'enfance et au pardon de ses fautes.

Mon avis :

Ce livre pas très épais est un petit plaisir à lire. Il est tendre, simple, émouvant, et à ma grande surprise assez pudique, je dois avouer qu'en lisant le résumé j'avais un peu peur qu'il soit scabreux, ce vieille homme Eguchi qui dort de temps à autre avec les fameuses Belles endormies, qui ne sont que de jeunes prostituées vierges au sommeil de plomb artificiel, me paraissait un peu voire carrément malsain, mais finalement non... Et bien au contraire et à ma grande surprise ! Car ce livre est avant tout chose écrit et pensée dans la douceur, enfin je trouve.

Les souvenirs sont tendres, tristes ou agréables, remplis de mélancolies, de remords ou encore de questions. Ce vieille homme Eguchi, reste malgré tout assez paisible et délicat en toute circonstance, et l'image que le texte développe -l'imminence de la mort et toute une vie de souvenir-, est abordée avec tellement délicatesse et d'une écriture si fine et simple, qu'on glisse sur la lecture comme un bateau sur l'eau. Tout dans ce livre, disons plutôt le fond du livre, respire la paix, sauf un peu la fin sans doute, et cela a été magnifique pour moi.

Une lecture que je recommande vivement et un grand auteur à découvrir. Prix Nobel de littérature en 1968 premier auteur japonais à le recevoir.

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